Disclamer: Je ne possède pas Harry Potter.

Note: Je suis en avance! Bon, pas de beaucoup mais quand même! Bonne lecture ^^

Beta: Blues-moon.


Voilà, les vacances sont terminées.
La petite « famille » était rentrée le samedi tôt dans la soirée ; Severus avait retrouvé avec une joie sans borne son cher Hypolite, Harry et Draco leurs amis respectifs et Sirius ses jouets préférés.

Le dîner se déroulait très bien, le petit groupe à nouveau à la table des Serdaigles où leurs amis les avaient rejoints.
Harry et Ron discutaient de tout et de rien pendant que ce dernier lançait des regards énamourés (qu'il pensait être discret) vers Blaise. Celui-ci, le visage totalement impassible, lui faisait sournoisement du pied tout en acquiesçant de temps à autre aux affirmations de Draco, qu'il n'écoutait pas vraiment.
Hermione, elle, regardait avec une désapprobation non feinte Luna donner le biberon à Severus tout en racontant au petit garçon des histoires de Ronflaks Cornus. A la surprise de tout le monde, le petit ténébreux si timide et peu enclin à quitter les capes de ses parents adorait la présence de la blondinette excentrique et acceptait même qu'elle le nourrisse. Sirius, lui aussi, avait porté sur la jeune Serdaigle un regard suspicieux, voire menaçant, avant de se rendre compte qu'elle ne ferait rien de mal au petit brun.

Tout allait bien dans le meilleur des mondes jusqu'à l'heure du coucher.

Après la bataille quotidienne avec Sirius pour le mettre en pyjama et le coucher dans sa turbulette, vint enfin l'heure de l'histoire du soir.
C'est toujours Harry qui la raconte, Draco préférant regarder la scène et accessoirement écouter le conte. C'était peut-être bête, mais il appréciait ces moments de détente et de complicité avec les enfants et son ami.
En les regardants, le serpentard eu une bouffée d'affection pour ces trois-là qui lui fît presque peur.

- L'ainée essaya le soulier, mais ne put l'enfiler. "Coupe tes orteils, dit sa mère. Quand tu seras reine, tu n'auras plus besoin de marcher." C'est ce que fit la fille ainée, puis elle se rendit auprès de prince sans montrer sa douleur.

- Mais... qu'est que tu leur racontes là !? réagit soudain le blond.

- Bah... Cendrillon, pourquoi?

- Mais parce que c'est horrible!

- Allons bon! Tout de suite les grands mots... Sirius aime bien et Severus, du moment que ça finit bien, tout lui va.

- Ouais, mais quand même... T'as rien d'autre?

- Alors, autre chose... fit mine de chercher Harry en feuilletant le livre de conte. Nous avons le petit chaperon rouge, qui mange la chair de sa grand-mère en buvant son sang et en prime la pauvre enfant perd sa virginité avec le loup. Ou alors le belle au bois dormant qui se transperce la main sur un fuseau. Ou encore blanche neige, dont la belle-mère veut lui dévorer le coeur et les poumons. Ou bien...

- Papa ! intervint Severus. Arrête d'embêter maman! Il nous lit une histoire!

- Voilà, t'as entendu ? Rigola le Gryffondore. Arrête de m'embêter! Bon, où j'en étais moi?

- Coupe tes o'teils... Répondit Sirius en étouffant un bâillement.

- Ah, oui donc: "Il en fit sa fiancée, la plaça sur son cheval et partit au galop. Quand ils passèrent devant la tombe, deux pigeons, perchés sur le noisetier, crièrent: "Il y a du sang partout! Le soulier est trop petit! Ta fiancée n'est pas ici! " Le prince regarda les pieds de la jeune fille et vit le sang couler. Il la ramena chez elle et demanda à sa sœur d'essayer le soulier. Celle-ci ne put l'enfiler. Sa mère lui dit: "Coupe tes talons. Quand tu seras reine, tu n'auras plus besoin de marcher. " C'est ce que fit sa fille puis elle se rendit auprès du prince sans montrer sa douleur..."

Draco n'écoutait pas vraiment la suite, trop choqué par cette découverte : les contes de fées moldus sont des concentrés de violence et de cruauté!
Et en même temps, il ne savait pas ce qui le choquait le plus : qu'Harry raconte ces histoires aux enfants sans une once de remords, ou que ces mêmes enfants l'écoutent religieusement sans manifester la moindre surprise ou terreur...

- Ce qui arriva alors fut l'œuvre des pigeons en colère: ils arrivèrent à tire-d'aile et crevèrent les yeux des deux sœurs qui devinrent aveugles en punition de leur méchanceté. Termina le brun en refermant doucement le livre. Allez on fait un gros dodo maintenant!

Le Gryffondor déposa un baiser sur le front des enfants, bien vite suivi par Draco.

- Je suis pas fatigué ! Déclara Sirius après un énorme bâillement.

- Compte les moutons. Proposa le blond en souriant.

- Mais je sais pas compter!

- Ne t'inquiète pas, le marchand de sable ne va pas tarder...

Quand chacun des adolescents eut embrassé et câliné les deux nourrissons (ne cédant que trois fois au: "Encore un bisou!" Un exploit!), ils se retrouvèrent seuls dans le couloir. Ils se regardèrent quelques minutes avent qu'Harry ne se décide à bafouiller, le rouge aux joues :

- Est-ce que...est-ce je peux venir dormir...avec toi? Je fais moins de cauchemars quand tu es là...

Draco acquiesça avec un grand sourire qu'il eut du mal à masquer. Il avait voulu proposer la même chose au brun, mais n'en avait pas trouvé le courage.

- Je croyais que tu en faisais moins... Remarqua le Blond en entrant dans sa chambre.

- J'en faisais moins. Confirma le survivant en s'asseyant sur le lit. Mais depuis l'histoire avec Severus, c'est revenu de plus belle. Imaginer que l'on puisse me les enlever, ça m'angoisse...

- Et si...on trouve un antidote qui leur rendrait leurs âges?

- ...Je sais pas. Tu sais, j'avais déjà perdu mon parrain avant l'accident. Il s'était tellement enfoncé dans sa dépression que j'avais peur qu'il fasse une bêtise. Il ne vivait qu'entouré de fantômes au point d'en oublier les vivants...

L'aristocrate s'assit à côté de son ami et le prit machinalement dans ses bras pour le consoler.

- Finalement, ton parrain et le mien avaient beaucoup plus en commun qu'on aurait pu le croire. Severus aussi vivait dans un cimetière, transportant avec lui une dizaine de morts qu'il avait aimés et perdus...

Ils restèrent ainsi quelques minutes avant qu'Harry ne pose tout haut ce que tout le monde se demandait tout bas:

- Finalement, ne crois-tu pas qu'ils sont plus heureux maintenant?


Deux corps étaient étroitement enlacés sous une couverture, dans un coin de la tour d'astronomie.

- Et c'est depuis ça que j'ai une peur bleue des araignées!

- Et bien. Ils n'étaient pas tendres avec toi tes frères...

- Et encore, je ne t'ai pas raconté la fois où il m'ont presque fait faire un serment inviolable quand j'étais petit!

Blaise regarda son petit ami avec des yeux ronds, bien content d'un coup d'être fils unique.

- Mais t'inquiète pas, mon père est arrivé avant que je puisse finir. Tenta de le rassurer Ron.

- Je ne suis pas sûr que ça me rassure...

Le rouquin s'empressa d'embrasser son compagnon pour mettre définitivement un terme à cette conversation. Un baiser doux et chaste qui se transforma petit à petit en quelque chose de plus charnel et passionné. Depuis qu'ils s'étaient mis en couple, ils n'avaient jamais été plus loin que les baisers. Tous les deux pour des raisons différentes.
Pour Ron c'est qu'il ne se sentait pas particulièrement près au sauter le pas. Pour Blaise c'était l'inverse : habitué aux histoires d'une nuit et aux conquêtes sans lendemain, il voulait construire quelque chose de sérieux et stable avec le Gryffondor.
Cette fois, il prenait le temps de discuter et de découvrir jours après jour toutes les facettes de son petit-ami.

Mais comme bien souvent, c'est sans vraiment sans rendre compte que les choses dérapent. Un pull se perd dans le corps à corps amoureux. Un tee-shirt met les cheveux en bataille en étant retiré, mais qui l'a enlevé ?
Bien vite les deux amoureux se retrouvèrent en sous-vêtement sous la couverture un peu rêche.

C'est en voulant retirer ce dernier rempart qu'ils prirent conscience de ce qu'ils s'apprêtaient à faire. Dans le regard mordoré, on put lire une demande... Les yeux bleus lui répondirent par une affirmative peu assurée...

S'en suivirent un plaisir sans nom pour l'un et un terrible calvaire pour l'autre.

- Détends-toi, mon ange...

Mais plus facile à dire qu'à faire. Difficile d'ignorer une douleur aigüe...

Un baiser passionné et une déclaration d'amour.

- Ça va mieux... Tu peux y aller...

Oui, Ron avait imaginé sa première fois autrement. Dans un lit confortable, sous une lumière légèrement tamisée...
Oui, il s'était fait un peu des films à l'eau de rose, il n'avait pas imaginé que ça se passerait dans une tour de pierres froides sur une couverture qui gratte.
Mais en admirant le visage détendu et heureux de Blaise, il se dit que finalement cette réalité n'était pas si mal...

- Je t'aime Ron...

Elle était même parfaite...


- Sirius, enfin! Ça fait trois fois que je te dis de ne pas te gratter la tête comme ça. Rouspéta Harry. Tu vas te finir par te faire mal !

- Mais ça g'aaaate!

Le brun soupira en essayant de maintenir l'enfant tranquille sur le lit d'infirmerie.
Plus d'une semaine qu'ils étaient rentrés et le Gryffondor en voulait un peu à ses meilleurs amis de ne pas encore lui avoir dit qu'ils sortaient avec des Serpentards. Le pensaient-ils stupide au point de ne rien remarquer ? Ou intolérant au point de ne pas accepter leurs choix amoureux?
Il aurait été des plus mal placé de sa part de les critiquer sur ce sujet...
Quoi qu'il en soit, hier au soir Madame Pomfresh les avait convoqués en cette fin d'après-midi pour "vérifier la croissance des enfants", selon ses propres mots.

- Harry ? Tu es là? hurla une voix que le dit Harry identifia sans peine comme celle de son acolyte.

- Au fond! cria-t-il à son tour.

- C'est bon, c'est réglé. Lui dit Draco en arrivant à ses côtés. Granger a accepté de me donner le mot de passe pour la salle de bain des préfets. Depuis le temps que je le voulais! Dire que j'ai presque failli l'être!

- Te servir de Sevy pour la faire craquer, c'est perfide comme méthode...

- Non, c'est rusé! affirma-t-il en donnant le petit brun au survivant, vers qui le nourrisson tendait les bras.

L'arrivée de l'infirmière mit fin au début de chamaillerie des adolescents.

- Bonjour, Messieurs, tout va bien?

- Oui, madame... Répondirent-ils en chœur.

- Si je vous ai convoqués aujourd'hui c'est pour vérifier que la croissance des enfants se déroule normalement. Nous aurons ce genre de rendez-vous régulièrement. Avez-vous remarqué quelque chose d'étrange?

- Non, commença le blond, par contre, c'est étrange, Severus n'arrête pas de se gratter la tête...

- Lui aussi ?! s'étonna le Gryffondore.

Sous une impulsion soudaine madame Pomfresh se mit à écarter frénétiquement les mèches brunes de l'enfant.

- Ils ont des poux !

- Quoi ?! hurla Draco.

- Ils ont choppé des poux ?! s'étonna Harry en attrapant Sirius en pleine course pour une ultime vérification.

- Ah, non, non, non ! Ça, ce n'est pas possible !

- Enfin, calme-toi, ce n'est pas si grave. Tenta de le rassurer Harry. Tu n'en as jamais eu petit ?

- Si, les elfes étaient même très habitués à trouver ces sales petites bêtes dans mes cheveux...

Le jeune survivant eut soudain la vision de son ami, âgé de cinq ans, se faisant épouiller par deux elfes de maison, avec cette moue boudeuse sur le visage. Moue qu'il avait d'ailleurs gardée malgré les années passées...

- Et bien alors? Où est le problème ? demanda-t-il en essayant de masquer le sourire qu'il avait eu à cette image.

- C'était totalement différent ! Ces poux-là venaient des têtes aristocratiques des enfants de mon entourage ! C'était les nôtres, qu'on se refilait mutuellement ! Des poux de famille quoi ! Tandis que ceux-là, d'où viennent-ils ?!

Cette fois Harry éclata de rire sans chercher à se cacher.
Ce qui fit immédiatement naître une expression vexée sur le visage du blond, ainsi qu'un léger rosissement sur ses joues.
Rosissement qui ne fit que faire augmenter l'hilarité du brun. Il riait tellement qu'il s'assit et enfouit sa tête dans ses mains, le corps secoué de spasmes.

- Maman, tu pleu'e? S'inquiéta Sirius en s'approchant, tenant Severus d'une main et se grattant la tête de l'autre.

- Non, trésor. Lui répondit Draco. Maman, bien que la raison m'échappe, se moque de moi.

- Pourquoi tu te moques de papa ? demanda à son tour le petit ténébreux.

- Parce que papa est un gamin. Balbutia Harry entre deux éclats de rire. Alors comme ça même les poux ont des sangs purs chez vous?

- Je t'ai dit que j'avais abandonné ces idées stupides de race supérieure...

La vision du survivant les yeux brillants et les joues rougies eut raison de la vexation du blond. Il se surprit à trouver son acolyte...mignon...
Avant de secouer la tête pour chasser cette idée saugrenue !

- Allez tout le monde va dans la salle de bain, pour un shampoing anti-poux ! ordonna l'infirmière. Même vous monsieur Malfoy !

Le sourire rayonnant que lui adressa le survivant empêcha l'aristocrate de protester.

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Mais riche ou manant, on ne peut renier ses sentiments bien longtemps.

C'est en fin d'après-midi d'une journée de pluie que Draco commença à prendre conscience des siens :

Quand il vit Harry s'élever au-dessus du terrain de Quidditch dans sa combinaison or et écarlate, il ressentit un frisson de joie et de fierté qu'il ne chercha pas à renier.
Quand il regarda le brun luttant avec acharnement contre l'attrapeur des Serdaigles, l'adrénaline coula aussi dans ses propres veines.
Quand il aperçut le Gryffondor tomber dans le vide, son estomac se tordit d'effroi.

Quand Harry ne se releva pas, il tomba à genoux avec l'impression qu'une main chauffée à blanc lui arrachait le coeur de la poitrine...


Et voilà :-)

Ça vous a plût ? Vous n'aller pas me maudire j'espère ^^

Pour la suite, et bien disons: le mois prochain!