Messieurs-dames,
Je suis désolée. Je voulais poster mon chapitre plus tôt que d'habitude aujourd'hui, et puis un léger malaise vagal m'a fait prendre du retard sur mon planning. Donc me voici, à quasiment 18h, à poster le chapitre 12. Quelle nulle.
(Pour les gentilles âmes qui pourraient s'inquiéter, tout va bien, je dois juste me rappeler de ne pas oublier de me nourrir. Il paraît que ça aide T.T)
Bon, ce chapitre est sensiblement plus long, pour me faire pardonner du dernier, un tout petit rikiki.
En revanche... héhé. Je suis nulle pour annoncer les mauvaises nouvelles... Comment je fais sans que vous vouliez tous et toutes me tuer ? Bon, comme un pansement, hein ? On arrache vite et ça dure à peine longtemps ? Bien que tout le monde sache que c'est foutrement faux. Bref, voici : Je n'ai plus de chapitres d'avance.
...
Je sais, je me pends mentalement.
Du coup, ce que ça implique... c'est que j'ignore complètement si je posterai la semaine prochaine... ça va dépendre de plusieurs choses :
1. Ma motivation (parce que quand on ne mange plus, on est fatigué, et donc moins motivé. En vrai, je déconne, je mange, j'oublie juste quand je travaille trop longtemps)
2. Le taux de travail gentiment offert par mes profs de fac. Chacun connaît leur sadisme.
3. Cissy (mais si, vous savez, ma formidable bêta) : vu qu'elle se prélasse tranquillement à la plage pendant ses congés en sirotant un petit cocktail avec un parapluie coloré et un beau mec lui étalant de la crème solaire sur le dos, autant dire qu'elle est BUSY. Et je n'aime pas poster un chap sans un minimum de son avis. Mais bon, on va devoir commencer à déroger à la règle, je crois...
Bref, on va faire un compromis : je vous promets que je ferai de mon mieux pour écrire vite, et en échange, vous êtes patientes et continuez à être trop gentilles en commentaires ! Deal ? YES, merci, je vous aime fort !
Allez, bonne lecture à toutes et à tous ~
Réponses aux reviews :
Laurie : ooouh, je l'aime cette appellation "bébé chapitre" ! C'est pas trop cute ? J'avoue que ton jeu de mots m'a fait exploser de rire ! Non, j'avoue, il m'a fallu deux secondes, avant d'être "haha, ah oui ! Pas mal, pas mal !". En tous cas, merci de ton commentaire, j'espère que tu apprécieras celui-ci ! La bise ~
The Judge – Twenty One Pilots
Chapitre 12 :
- Bon, balance.
Je fais face à Zéèv, dans sa chambre, les bras croisés sur ma poitrine. J'essaie de faire la nana forte, mais personne n'est dupe. Lui me regarde, un sourire narquois aux lèvres, les bras croisés aussi.
- Je crois que tu devrais t'asseoir, d'abord, me répond-il.
- Mes jambes vont très bien, merci. Balance, je répète.
Il soupire, son sourire disparaît un peu. Oui ben quoi ? Je n'aime pas montrer que je suis complètement paniquée à l'intérieur, j'ai le droit, non ?
- Louve, commence-t-il. J'ai bien conscience que tu as construit des barrières infranchissables autour de toi mais si tu veux que notre couple fonctionne, il va falloir que tu me laisses passer. J'ai besoin que tu sois honnête avec moi, de savoir ce que tu penses vraiment. C'est comme ça qu'un couple fonctionne, on se parle, on communique, et on trouve des solutions à deux.
Je hausse un sourcil.
- Tu es sacrément mature en terme de relations amoureuses, dis donc, pour un mec qui n'en a jamais eu, je rétorque.
Il soupire en se laissant tomber sur le matelas.
- Louve, s'il-te-plaît.
Je ferme les yeux. Punaise. Il a raison, bien sûr. C'est juste dur à mettre en pratique après toute une vie de protection émotionnelle. Les bonnes habitudes sont dures à perdre. Je décroise mes bras lentement en tâchant de faire mon maximum pour être ouverte d'esprit.
- Je suis désolée, je souffle, la voix plus grave que d'habitude.
Il me fixe un instant, le visage neutre, avant de tapoter le lit à ses côtés. Je m'y assieds sans un bruit, un peu honteuse de mon comportement. D'un autre côté, je ne peux pas me changer du jour au lendemain, c'est un travail énorme et qui ne s'avère clairement pas facile. Mais je comprends qu'il faut que je m'ouvre davantage à lui, c'est un peu le principe d'une relation quand même. La communication, tout ça.
Zéèv me relève la tête d'un doigt sous le menton et embrasse ma tempe doucement. Sa main glisse le long de mon bras pour croiser ses doigts aux miens.
- C'est ma faute aussi. Tu parais toujours si forte, j'ai tendance à oublier que c'est une carapace. J'ai senti le choc que tu as eu lorsque tu l'as vu sauter, c'est ce qui m'a fait arriver aussi vite, j'ai paniqué. J'ai cru qu'il t'avait attaquée.
Je sens dans sa voix l'émotion encore présente et je caresse le dos de sa main de mon pouce, dans un geste que j'espère rassurant.
- Je vais bien. Il ne m'a pas touchée. Juste fait bien flipper, j'ajoute en rigolant nerveusement.
Il m'entoure de ses bras et m'attire à lui.
- Je suis désolé. Qu'est-ce que tu faisais dehors à cette heure-ci ?
Je souris contre son torse.
- Une fois réveillée, j'ai du mal à me rendormir. Donc je suis sortie courir un peu. Je ne pensais pas me mettre en danger, de quelque façon que ce soit.
Il reste silencieux un petit moment, son bras resserre sa prise autour de mes épaules.
- Lorsque je dois partir comme cette nuit, c'est parce qu'il y a un danger possible et que nous devons l'écarter. Je t'en prie, la prochaine fois, reste chez moi.
- Pardon, je m'excuse encore une fois. Je crois que je n'ai pas encore tout-à-fait conscience de tout ce qui se passe ici. Il va me falloir du temps.
- Ne t'excuse pas, j'aurais du te prévenir, te dire d'être prudente. Tu as l'air tellement à l'aise avec tout ça, j'ai oublié que tu n'es qu'une débutante du surnaturel, ajoute-t-il avec un brin d'humour.
Je frappe son torse un peu plus fort que je ne l'aurais fait avec une personne lambda – je peux me le permettre s'il est super fort, non ? Il ne bouge pas d'un poil et l'évidence de notre différence de force – alors même que je m'entraîne quasi-quotidiennement – nous fait sourire tous les deux. J'imagine qu'il me fallait bien un type pas tout-à-fait humain pour faire dégonfler mes chevilles. Je rigole à l'idée.
Zéèv fait passer sa main dans mon dos et le caresse doucement, sa chaleur se propageant dans mon corps entier. Je soupire d'aise en sentant mes muscles se détendre.
- Comment tu te sens ? me demande-t-il à voix basse.
Je pose ma tête sur son épaule et ferme les yeux.
- Un peu secouée, mais ça va. J'étais vraiment choquée sur le coup mais je me sens beaucoup mieux. Explique-moi cette histoire de vampires qui ne meurent pas, du coup.
Parce que mine de rien, c'est vachement chelou cette histoire. Et j'ai toujours besoin de me rassurer sur le fait que je ne viens pas juste d'assister au suicide d'un inconnu sans que je ne puisse rien faire.
Il m'embrasse en haut du crâne avant de répondre.
- Qu'est-ce que tu connais des vampires ?
- Des vrais ou de ceux des bouquins ? je plaisante. Qu'ils sont beaux et flippants, je reprends en voyant sa tête, qu'ils ont des capacités abusées pour certains et qu'ils boivent du sang animal ou humain, au choix. Ah, et ils sont immortels. Mais il y a bien une façon de les tuer, non ?
Parce qu'être immortel et en plus increvable, ça commence sérieusement à faire beaucoup, en plus de tous les autres avantages que mère Nature leur a déjà donné. Sérieux.
- Oui, mais une seule. Il faut les démembrer et les brûler, ajoute-t-il prudemment.
Je sens qu'il observe ma réaction, alors je me fais plaisir à accentuer ma grimace.
- C'est à peine gore. Ça t'est déjà arrivé ?
- Non, les vampires nomades n'ont pas intérêt à se montrer hostiles dans cette région, et ils le savent tous depuis vingt ans. Mais si tu demandes à Jacob ou mon père, ils te répondront différemment.
J'avais oublié cette histoire de père. J'ai toujours du mal avec ça, clairement. Passons.
- Il faut vraiment que tu me racontes ce qu'il s'est passé il y a vingt ans, on dirait que tout tourne autour de ça.
- Disons que notre situation a beaucoup changé depuis… je n'ai pas connu de différence, mais je l'ai vue dans la tête de Jake, mon père et les autres. Ça a vraiment changé la donne.
- Hein ?
Je ne suis pas au bout de mes surprises, on dirait. Il a bien dit « vu dans la tête de Jake » ? Il a le même pouvoir que la crevette ? Mais et moi alors, il sait tout ce que je pense ? Alors ça, non. Je refuse. J'ai besoin de mon intimité, quand même ! C'est le principe d'un couple, il faut qu'on se parle, c'est complètement injuste sinon.
Bon, OK, pensons. S'il lit dans mes pensées, il m'entend, là ? Tu m'entends, Zéèv ?
Pas de réponse. Il me fixe, sans avoir l'air de comprendre. J'ai mal compris alors ? Il me semble pourtant bien avoir compris qu'il a « vu » dans la tête de sa famille.
- Tu peux lire dans les pensées aussi ? je demande finalement.
- Oh. J'avais oublié.
Il paraît soudainement un peu gêné et son regard me fuie. Moi je veux bien, mais on avait pas dit qu'on étaient honnêtes, maintenant ?
Il se racle la gorge et me dit en fixant le sol :
- Non, pas comme tu penses. Pas comme Edward.
- Ah non ?
Je croise les bras sur ma poitrine pour me donner une contenance, mais je ne suis pas si sûre de moi en fait. Il n'a pas besoin de le savoir. Sauf s'il le sait déjà s'il lit dans les pensées. Bref.
- C'est un truc de loup. En tant que meute, c'est compliqué de s'organiser lorsqu'il y a un danger, donc sous forme lupine, on échange tous nos pensées.
- Hein ?
Je ne suis pas.
- Oui, en gros, c'est comme si tout le monde voit ce que tout le monde pense. Je vois tout ce qui se passe dans la tête des autres gars, mais ils voient aussi tout ce qu'il se passe dans la mienne.
Je crois que je commence à capter.
- OK… donc, tout, tout ?
- Oui, la moindre pensée, même fugace, qui passe.
- Wow. Du coup, vous n'avez pas trop de vie privée, si ? C'est pas extra dur de contrôler ses pensées ?
Il relève la tête et me lance un maigre sourire. Puis, il soupire et répond :
- C'est le problème. Au début, c'est très perturbant. Tout le monde a accès à ce que tout pense ou a pu penser, les souvenirs qui te reviennent en tête… c'est dur. Ensuite, on prend l'habitude avec le temps. Maintenant, c'est beaucoup plus facile de cacher ma vie privée, mais je n'ai pas tellement eu grand-chose à leur cacher jusque là…
De quoi il parle ? Je ne suis pas. Sa vie privée, à cacher, jusque là… ? Oh. Moi. Nous. Bien sûr. D'accord. Chouette. Je sens la moutarde me monter au nez.
- Tu as pensé à notre nuit ensemble lorsque tu étais avec eux ? je demande en tâchant de garder ma voix calme et basse.
Mais je suis à deux doigts d'exploser. Il se balance d'un pied sur l'autre, les mains alternant entre devant et derrière son dos, se triturant les doigts.
- Oh putain.
Ça y est, je suis vénère.
- Tu veux dire que tes potes et ta famille m'ont vue à poil dans ta tête ? je crie.
- Louve, je te jure…
- Non, non ! Tais-toi. Laisse tomber. Putain j'y crois pas. Ils m'ont tous vu avoir un orgasme.
Il rougit.
- Oh non, je murmure. Non, Zéèv, non… par pitié, dis-moi que non. Merde !
Je fais les cent pas dans la petite chambre. Incroyable. Je n'y crois pas. Je ne connais pas la plupart de ces types, mais eux ont déjà vu tout de notre nuit, ils savent ce que j'ai dit, à quoi je ressemble, comment je gémis… putain. C'est impossible.
Je fais volte-face et ouvre à la volée la porte, fonce vers ma chambre pour y chercher mon sac. Je fais demi-tour, retourne vers Zéèv pour lui balancer :
- Je vais chercher une chambre d'hôtel. Laisse-moi le temps de souffler.
Je ne lui laisse pas le temps de répliquer et cours presque hors de la maison. Je ne l'ai même pas regardé. J'ai juste entendu mon nom dans sa plainte à peine voisée.
Bon, j'imagine que trouver un hôtel dans cette réserve est impossible. Donc direction Forks, la seule bourgade ressemblant un minimum à une ville dans le coin. Et comme je n'ai toujours pas de voiture à pied. Yes.
Je passe mon sac sur mon dos, et commence à marcher vers la sortie de la réserve. Je suis tentée de couper par les bois, mais soyons honnêtes, je n'ai pas envie de tomber sur un loup malsain qui pourrait me balancer une blague salace au nez. Donc, route. Je n'ai pas de gilet fluo. Tant pis, je vais devoir faire attention.
Comme il est tôt, je suis ravie de ne croiser presque personne sur les petites routes de la réserve, jusqu'à arriver au bitume bien plus large qui mène à Forks. Je soupire un coup, regarde à droite, à gauche. Il n'y a personne en vue. Bon bah c'est parti. Je me mets en sens inverse des voitures, afin que, même sans gilet fluo, elles aient plus de facilité à me voir. Je n'ai pas pris grand-chose avec moi, à peine de quoi vivre deux ou trois jours. Avec un peu de chance, ce sera suffisant pour que je me remette de ces conneries.
Je n'arrive pas à y croire. Ils sont d'accord avec ça, tous les membres de la meute ? Ça ne les dérange pas de partager leur vie intime avec leurs frères ? Qu'ils voient leur copine à poil et gémissant sous eux ? Punaise, je frissonne, juste en imaginant la scène. Cette gène. C'est probablement pire pour eux, tant que j'y pense, c'est eux qui se tapent du porno gratuit sans avoir demandé, mine de rien, mais… merde. Il y a quand même beaucoup d'inconvénients à cette vie de reclus.
Je lève la tête et observe le ciel s'éclaircir avec le soleil levant pendant deux minutes. Et puis je la rebaisse en sentant mes joues chauffer, je n'arrive pas à arrêter d'y penser. Ça me met tellement mal à l'aise, aussi, comment je suis sensée réagir ?
Je devrais faire une liste du pour et du contre en arrivant à l'hôtel. Si ça vaut vraiment le coup ou non. Je ne sais pas, dans le pire des cas, si je ne me sens pas capable de vivre avec tout ce que ça implique, je pourrais toujours demander à Zéèv de venir en France avec moi ? Bien qu'il ne parle pas un pet de la langue…
Pff… qu'est-ce que je suis sensée faire ?
Je me prends la tête dans les mains en soupirant de frustration. C'est dans ces moments-là que j'aimerais tellement avoir une mère normale, à qui je puisse demander conseil. Mais malheureusement, cette maman est partie il y a longtemps. C'est à moi de m'occuper de mes frères et sœurs maintenant.
Tu parles, tu l'as fait pendant trois ans et ensuite tu t'es enfuie comme une lâche. Bravo, le modèle de mère, Louve.
Mais je n'y pouvais rien, il fallait que je parte. Je n'en pouvais plus. C'était mon rêve depuis tellement longtemps de faire ce road trip, et c'était aussi la meilleure excuse que j'avais pour m'échapper de mon quotidien. Je suis vraiment la pire des sœurs. Et je serai clairement la pire des mères. Je ne pourrai pas avoir d'enfant, je ne pourrai pas m'y autoriser.
Je shoote dans un caillou sur le bords de la route et lève le menton. Je ne sais pas trop où je suis, ça doit faire dix minutes que je marche, un quart d'heure peut-être. C'est le temps que ça prend en voiture entre la réserve et Forks, il me semble. J'en ai encore pour une bonne demi-heure. Chouette.
Je commence à farfouiller dans mon sac à la recherche de mon casque, quand soudain un mouvement à ma gauche me fait sursauter. Avec tout ce qui s'est passé ce matin, je ne suis pas extra sereine.
Je m'arrête brutalement, m'immobilise complètement en arrêtant même de respirer. Ça venait de la forêt, c'est sûr. En même temps, le premier arbre est à deux mètres de moi, donc ce n'est pas comme s'il y avait grand-chose d'autre… je plisse les yeux, dans l'espoir de voir quelque chose, mais le ciel à peine bleu n'éclaire rien ici. Je suis sur le point de faire un nouveau pas, en priant pour que ce ne soit pas le vampire de tout à l'heure qui me suit, lorsque quelqu'un me fait sursauter :
- Louve !
Je me retourne en moins de deux pour découvrir une magnifique voiture sûrement très chère, aussi, avec au volant une petite vampirette aux yeux jaunes. Enfin, « petite vampirette » n'est probablement pas le meilleur terme. C'est la magnifique jeune femme blonde, celle dont la beauté dépasse celle de toutes les femmes sur terre, peu importe leur degré d'humanité.
C'est quoi son nom, déjà ?
Par contre, ce qui m'étonne, c'est que la voix qui m'a appelée était celle bien grosse et franche d'un homme. C'est peut-être un trans ?
Sauf que non, on dirait :
- C'est bien Louve, non ? Qu'est-ce que tu fais là toute seule ? Allez, monte !
C'est toujours une voix de mec, mais la jeune femme n'a pas ouvert la bouche, elle se contente de me fixer d'un œil méfiant. Et là, je distingue enfin le type assis place passager, son mec il me semble. L'énorme armoire à glace avec qui j'aurais kiffé me battre s'il avait été humain.
- Euh… je sors. Oui, OK.
Tant qu'à faire, on a qu'à montrer à quel point on est débile, bah bien sûr.
Je vérifie qu'aucune autre voiture n'arrive trop vite dans l'autre sens et traverse la route au petit trot. J'hésite en arrivant face à la blonde. Putain, elle est encore plus belle de près. J'ouvre la bouche, mais le type me coupe :
- Monte, on va pas te manger, c'est promis !
Et il rigole tout ce qu'il peut alors que je questionne sa blague un peu douteuse.
- Si je ne montais pas, ce serait uniquement à cause de ton humour inquiétant, rien d'autre, je dis en ouvrant la porte arrière du véhicule.
Et rebelote, monsieur hurle de rire. Hum, particulier ce type. Mais comme j'ai la flemme de marcher plus, j'accepte l'invitation.
Je vois la blonde sourire imperceptiblement, avant de démarrer sans attendre que je m'attache.
- Je l'aime bien la ptiote, moi ! s'écrie le géant.
- C'est quoi vos noms, déjà ?
Intérieurement, je prie pour que je puisse leur faire confiance et que Zéèv ait eu raison à leur sujet. Je n'ai pas spécialement envie de finir en cadavre plus blanc que la norme des cadavres ne doit l'indiquer. Et vu comme mon instinct me hurle de quitter cette bagnole, aussi belle soit-elle, j'essaie de faire diversion en entamant la conversation.
- Je suis Emmett, la ptiote, et voici ma femme, Rosalie.
Celle-ci hoche la tête en croisant mon regard dans le rétro. Je lui souris légèrement. Je ne suis toujours pas sereine.
- On n'avait pas eu l'occasion de te rencontrer vraiment encore, alors ça fait plaisir de te croiser ! Où tu vas comme ça ?
- A Forks, je réponds. Et vous ?
- A Forks aussi, dit-il en souriant largement.
- Tu n'as pas mal aux zygomatiques ? je lui demande.
Ça m'a échappée, désolée. Haha. La conne.
Mais ça le fait rire de plus belle, et je suis assez impressionnée par cette capacité. Peut-être que les vampires n'ont pas de courbatures ?
- Je t'aime bien, gamine. Où tu le trouves, ce courage ?
- Là où il y en a, je dis, pas sûre de ce qu'il veut dire. Vous n'avez pas de courbatures, si ?
Je me sens obligée de demander, je suis trop curieuse. Quelle manie de merde.
- Non, pas de courbatures pour nous, les grands méchants vampires, rit-il.
- Zéèv vous aime bien, je dis.
Les deux se jettent un œil avant de sourire ensemble.
- C'est un bon gars, fait Emmett. Je me rappelle quand il était gamin, quel chieur, par contre !
- Non, c'était un beau bébé, rétorque Rosalie en frappant Emmett sur le torse.
Je suis surprise qu'elle ait ouvert la bouche. Mais bon, si on me donne une opportunité…
- Vous l'avez connu bébé ? Vous l'avez vu grandir ?
- Oui. Il était vraiment beau à sa naissance. Un petit ange. Il ne disait pas grand-chose, il n'était jamais compliqué. Et puis en grandissant, il a commencé à changer un peu, il a vite été assez bagarreur avec ses camarades de classe, il essayait d'attirer l'attention comme il pouvait.
Le regard de la belle blonde se perd dans le vague. Moi je veux bien, mais c'est toujours elle qui conduit, hein.
Emmett lui prend la main et l'embrasse, sans un mot. Je fonce les sourcils. Il se passe quoi, là ?
- Il a vite compris que ses parents étaient différents des autres, et au début il ne s'en est pas plaint, mais atteint l'âge de l'adolescence, je crois qu'il a commencé à voir les défauts de cette… décision.
Soudain, son visage se transforme en un masque de colère.
- Quel genre de parent ferait une chose pareille à son enfant ? murmure-t-elle.
Je reste bouche bée de ce revirement. Je ne suis pas sûre de suivre son raisonnement, mais… pourquoi elle réagit aussi fortement ?
- Rosalie… tu t'es beaucoup occupé de lui quand il était petit ? je demande à voix aussi basse que je peux.
- Non, répond-elle, ses parents n'ont jamais été très fan de notre famille, malgré l'évolution qu'ont subi nos relations. Ils ne nous ont jamais laissés nous approcher de trop près de lui. C'est lui qui est venu vers nous, à 11 ans. Il se posait des questions, il était curieux, ouvert d'esprit. Il voulait comprendre ce que nous étions.
Wow… je ne sais pas trop quoi dire. Je suis très surprise d'être ici, dans cette situation. Comment j'en suis arrivée là ?
- Comment était-il à cet âge-là ?
- Un vrai chenapan ! sourit Emmet. Il se battait avec tout se qui bougeait, il remettait en question l'éducation de ses parents. La première fois qu'il est venu nous voir, il était tellement sérieux. Les poings serrés, les sourcils froncés, il se tenait prêt à se battre, lui gamin tout seul contre une famille entière de vampires matures. Quelle scène !
- Et puis il est revenu, régulièrement. Ses parents essayaient de l'en empêcher, mais rien n'y faisait. Il venait une fois par mois, environ. Et puis ses visites ont commencé à s'estomper un peu.
- Et l'année de ses 16 ans, tu te souviens, Rose ? Il est venu tellement souvent qu'il a fini par muter d'un coup, en plein milieu de notre salon !
Emmett s'esclaffe au souvenir.
- Pauvre gosse, il était complètement paniqué.
Rosalie me glisse un coup d'œil par le rétroviseur et me lance un sourire rassurant.
- Edward était là, il pouvait l'entendre. Il l'a aidé à prendre ses marques, à se contrôler, jusqu'à ce que Jacob et Seth arrivent. Il a été très bien entouré.
Je suis tellement choquée d'entendre tout ça qu'il me faut bien trente secondes pour demander :
- Qui est Seth ?
- Tu ne l'as pas encore rencontré ? C'est un loup, de la génération de Jacob. Il était un des seuls qui n'a jamais eu de problème avec notre famille, à l'époque. Un très gentil garçon.
Un très gentil garçon qui m'a très probablement vue à poil cette nuit. Yep. Hâte de le rencontrer.
- Vous lisez dans les pensées ? je demande subitement.
Les deux me regardent les sourcils levés avant de rire en cœur. D'accord… j'ai dit une bêtise ?
- Non, nous n'avons pas de don, ni l'un ni l'autre.
Je soupire de soulagement tellement fort qu'ils se regardent, interloqués.
- C'est juste qu'entre les loups et la crevette, ça fait beaucoup à supporter, j'explique.
- La crevette ?
Et merde. Non mais, si vous avez besoin d'un service pour complètement faire foirer une situation, n'hésitez pas à composer mon numéro.
- La crevette ? Non, je n'ai pas dit ça, je voulais dire, Edward. Hum.
Qu'on m'enterre maintenant, s'il-vous-plaît.
Les deux énergumènes de devant explosent de rire pour ma plus grande honte.
- Non, mais… c'est pas méchant hein, c'est juste… ça le fait réagir, alors… c'est marrant, quoi.
Mes excuses sont les pires jamais inventées sur terre.
- D'où… d'où ça t'es venu, ça ? demande Emmett en se remettant difficilement.
- Euh… ce jour où je l'ai rencontré la première fois. Il est grand, mais je me suis dit qu'il ressemblait à une crevette à côté des Indiens… Hum.
Je me gratte la gorge en essayant de faire partir ma gène. Peine perdue. Ils se perdent une fois encore dans leur rire. Yup, super !
- C'est génial, Louvette, c'est génial ! Il me fallait un nouveau surnom pour l'embêter, il est devenu habitué à Eddy, maintenant… tu nous le livre sur un plateau en or ! Je t'en dois une fière, fillette !
- Cool, alors commence par ne plus jamais m'appeler Louvette, tu veux ? Mon nom c'est Louve, c'est celui que m'a donné ma mère, alors on le respecte, OK ?
Je suis très sérieuse là-dessus.
- OK… répond-il en retrouvant son sérieux. Eh beh, t'es pas rien rien, toi, hein ?
Je hausse les épaules. A partir du moment où on respecte mes règles, je ne suis pas chiante. Normalement.
- Alors, je te dépose où, Louve ? me demande Rosalie.
Je jette un œil dehors et découvre qu'on est arrêtés sur le parking de la mairie. Mince. Bon.
- Euh… ici, c'est bien, merci.
- Où est-ce que tu vas, Louve ? insiste Rosalie.
- A la base, j'allais prendre une chambre d'hôtel, mais maintenant… je ne suis plus si sûre.
Pourquoi je suis honnête ? Cocotte, tu veux garder pour toi ta vie privée, ou… ? Quelle belle imbécile.
Le couple échange un regard et se tourne vers moi.
- Tu voudrais venir prendre un petit-déjeuner chez nous ? propose Rosalie. Je suis sûre qu'Esmée serait ravie de te faire des pancakes.
Qui est Esmée, déjà ?
- Pour être honnête… je commence, mais Emmet m'interrompt :
- Louve, je te l'ai déjà dit, on mord pas. Par contre, je n'ai jamais dit qu'on ne kidnappait pas. Rosalie, moteurs !
Celle-ci lui lance une œillade bien sentie, avant de faire un demi-tour si rapide et bien exécuté que je suis à deux doigts de lui demander des cours.
- Euh, donc en fait vous ne me demandez pas mon avis ?
- Elle est vraiment brillante cette gamine, vraiment brillante. Zéèv va pas s'ennuyer avec elle, rigole le géant.
Une demi-heure plus tard, je suis assise à la table de la cuisine de l'immense villa de la famille Cullen. Tout va bien. Je suis entourée par tous les membres de la famille que je n'ai pas vraiment eu l'occasion de voir ou de rencontrer, et je suis terrorisée.
Pourquoi ils doivent tous être aussi beaux, nom d'un chien ? C'est vraiment inquiétant pour ma santé mentale, sérieux.
Il y a Rosalie et Emmett, les deux qui ont eu l'amabilité de m'inviter. Carlisle et Esmée, les 'parents' de la famille, et Alice et Jasper. Je me souviens d'Alice par son sens du style, toujours au bout du bout de la mode. Esmée fait des pancakes dans mon dos, et je ne me suis jamais sentie aussi incrustée chez quelqu'un.
- Détends-toi, gamine ! On va pas te manger ! me taquine Emmett.
- Mec, tu radotes. Trouve autre chose. Ça te fait clairement passer pour plus vieux que ce que tu dois être.
Il explose de rire, tandis que les membres de la famille sourient, un air un peu étonné sur le visage.
- Ah oui, gamine ? Dis-moi, quel âge ça me fait ?
Réfléchissons. Le type est immortel. Je ne sais pas depuis quand. Il faut que je trouve un moyen de rendre ça un peu insultant quand même. Je n'ai aucun indice sur son époque d'origine, si ce n'est sa façon de parler. Mais même ça, ça ne me dit pas grand-chose, il pourrait bien avoir modifié son langage au fil des années. Bon. Un homme normal commence à radoter entre quatre-vingt et quatre-vingt-dix ans. On multiplie par deux ? Par trois ? Allez, trois. Deux cent soixante-dix ans.
- Je dirais… allez, deux cent soixante-dix ans ?
Le géant me regarde fixement, le sourire figé. Les coins de ses lèvres retombent progressivement.
- Rose, je parais si vieux que ça ? Vraiment ?
Je me mords l'intérieur des joues pour ne pas rire. Yes, j'ai gagné ! Louve - 1, Emmett – 0.
- Mais non, mon doudou, mais non, elle te taquine.
Beurk. Mon doudou ? OK, je vais sortir d'ici illico presto, moi.
Le colosse file se faire rassurer dans les bras de sa femme alors que je fixe le spectacle, pas sûre si je dois rire ou non. Qu'est-ce que c'est que ce cirque ?
- Voilà, Louve.
Esmée pose un énorme plat rempli de pancakes empilés sur la table, juste devant moi.
- Euh… vous mangez aussi ? je demande, pas sûre de moi.
- Non, la nourriture humaine n'est pas vraiment notre fort, répond calmement Carlisle avec un sourire aux lèvres. Mais Esmée aime beaucoup cuisiner, tu lui trouveras un talent certain, ajoute-t-il en la prenant dans ses bras.
Je reporte mon attention sur mon assiette alors qu'ils se fixent tous les deux. L'amour est au rendez-vous chez eux, ce n'est pas une blague. Je me sens en trop, ici. Allez, dissipons le malaise, hein ? Y'a plus qu'à attaquer. Et c'est ce que je fais. Et non d'un chien, ces pancakes sont divins, c'est inhumain ! Comment est-ce possible de cuisiner aussi bien, surtout pour des créatures qui ne mangent rien ?
- Oh, Esmée, c'est délicieux ! je m'écrie. Merci beaucoup, ça fait longtemps que je n'ai pas eu de petit-déjeuner comme ça…
- Je suis ravie que ça te plaise, ma chérie.
Le petit nom me surprend et je lève les yeux vers elle d'un coup.
- Esmée est très maternelle, dit le grand blond que je crois être Jasper, le copain de la fashion diva.
- Oui… je vois ça. C'est… singulier, mais sympa.
J'ai eu du mal à trouver mes mots, mais vraiment, ils me prennent tous au dépourvu. Je ne sais pas trop comment je dois réagir. Surtout en ce qui concerne l'esprit maternel.
Petit à petit, tout le monde parle avec chacun et je m'enferme dans un petit monde de silence où je déguste mes pancakes – tout en sachant très bien que je ne pourrais jamais tout finir. Mes pensées volent vers Zéèv et toutes les révélations qu'il m'a faites. C'est dur, bien sur. Mais après tout, il a été honnête. A partir du feu de camp, dès qu'il avait quelque chose à me dire, il l'a fait et je ne peux pas le lui enlever. En plus, il ne peux pas contrôler la gravité de ses secrets, ce n'est pas sa faute si tout ce qui a trait à cette réserve n'a aucun sens.
Ceci dit, considérant le fait que je suis actuellement dans une maison de vampire et en train de manger des pancakes alors qu'ils me regardent, ce n'est pas seulement la réserve qui a un problème. Finalement, peut-être que c'est moi qui les attire et il faudrait que je commence à faire avec ? Je n'en sais rien. Je suis tellement indécise.
- Louve.
Je lève les yeux vers la personne qui a prononcé mon nom. Jasper. Il est assis à la table de la cuisine à quelques sièges de moi, Alice assise tranquillement sur une cuisse.
- Tu intellectualises beaucoup trop. Tu oublies que dans tout ça, le principal c'est Zéèv et toi. Toutes les circonstances autour ne sont que des détails.
Je hausse un sourcil. Je deviens fatiguée de tout ça.
- C'est quoi ton super-pouvoir à toi ? je demande.
Ça a le mérite de faire ricaner tout le monde.
- Je suis empathe, me répond l'intéressé.
Et… ? C'est pas un super-pouvoir, ça, si ?
- Ce qu'il veut dire, ajoute sa petite amie, c'est qu'il est capable de sentir les émotions des gens autour de lui. Il ne peut pas en savoir la cause, mais il décrypte tout ce qui se passe dans ton cœur.
- Charmant.
Je ne veux pas savoir quelle genre de relation ils ont, tous les deux.
Tout le monde pouffe dans sa barbe, sauf Alice qui fronce les sourcils.
- Écoute Louve, tu es liée à Zéèv qui tu le veuilles ou non, alors autant essayer de le faire marcher ! Fais un effort, je t'assure que tu ne le regretteras pas.
- Et tu sais ça, parce que ?
Elle pointe sa tête du doigt avec un sourire malicieux. Encore une médium. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour avoir un pouvoir magique, moi aussi.
- Sans compter que toutes les femmes de loups sont les humaines les plus heureuses qu'il m'ait été donné de rencontrer, dit Jasper.
Je hausse les épaules, peu convaincue en apparence. En réalité, je sais qu'ils ont raison et je n'ai qu'une envie : filer retrouver mon bel Indien.
- Je crois que tu as assez mangé, non ? reprend Jasper. Tu veux qu'on te ramène à la réserve ? Je suis sûr que Rose se ferait un plaisir.
La concernée se tourne si vite vers lui que mon cerveau n'arrive pas à le voir. Chouette, s'ils commencent à me balancer leurs capacités surhumaines à la gueule… moi et mon égo humain allons en prendre un coup.
Je saute sur mes pieds en jetant un dernier coup d'œil à la pile de pancakes restants – quel genre d'humain aurait pu les finir, aussi ? - avec un peu de regret, mais je me concentre sur ce qui importe vraiment. Il faut que je retourne à la réserve.
- Ne t'en fais pas Rosalie, je vais rentrer à pieds, ça me fera du bien.
En réalité, soyons honnêtes, je suis assez crevée. J'ai une flemme énorme de rentrer à pied, surtout en prenant en compte le fiat que je ne sais pas où je suis. Mais il faut ce qu'il faut, n'est-ce pas ?
Mais à ma grande surprise, la magnifique jeune femme me lance un regard appuyé en me lançant :
- Impossible, tu en aurais pour des heures. Suis-moi.
Son balèze de copain la suit comme un toutou et je me demande s'il est sécuritaire pour moi d'en faire autant. Je jette un œil au couple Jasper/Alice, toujours bien enchaînés l'un à l'autre. Ils me sourient, en espérant me rassurer, j'imagine. Esmée arrive derrière moi en un temps record, une boîte en plastique dans les mains.
- Tiens, tu pourras les finir avec lui, il en raffole.
De quoi… ?
Je distingue soudain l'absence de quoi que ce soit sur la table et observe un peu plus le contenant de la boîte. Elle a mis les pancakes dedans ! OK c'est officiel, j'aime cette femme et sa façon de penser !
- Merci beaucoup !
Je me saisis du Tupperware avant qu'elle ne change d'avis, et recule à la hâte vers la porte où ont disparu Rosalie et Emmet.
- Merci beaucoup de m'avoir accueillie ce matin, c'était vraiment aimable de votre part.
- Quelle idée, ça nous a fait très plaisir de t'avoir ici, me répond la douce maman avec un sourire à sa signature.
Je leur envoie un petit geste de la main avant de me retrouver dans l'immense garage de la maison. Et là, c'est le choc. Il y a toute une collection de petits bijoux automobiles qui me donne des paillettes dans les yeux. Wow. Alors, c'est ça d'être riche.
Un klaxonne me sort de mes pensées et je relève la tête aussitôt. Le couple le plus stylé du monde m'attend dans le même 4x4 que plus tôt. Dommage. Je lance un regard amoureux au superbe tout-terrain rouge flamboyant, avant de monter sur la banquette arrière.
- Merci de me ramener, c'est gentil.
- Et toi, tu es beaucoup trop polie pour ton bien ! réplique Emmet. Tu ne l'étais pas tout-à-l'heure, si ? Être amoureuse et l'accepter te rend toute sympa ?
- Quel humour, Emmet, je suis vraiment estomaquée.
Je lève les yeux au ciel, alors qu'il me répond :
- C'est ça, gamine, sois époustouflée devant tant de grandeur !
Je vois du coin de l'œil Rosalie soupirer et je me contente de l'ignorer. Je me sens hyper extatique, excitée, nerveuse, de rentrer à la réserve. J'ai peur de la réaction de Zéèv – et il serait dans son droit le plus absolu – mais je suis en même temps heureuse d'avoir pris une décision :
Je veux une relation avec lui, peu importe toutes les tares qui viennent avec.
Bon, j'espère que ce chap vous aura plu et surpris !
Faut que je retourne taffer, donc la bise les amis,
A dimanche prochain !
