Attention au chat bizarre

Disclaimer : les personnages appartiennent à CLAMP !

Le titre : Il vient de la couverture du chapitre 39 (tome 6), c'est l'une des pancartes écrites par Kurogane.

Titre alternatif : Les 8 jours qui ont tout changé !

Cet OS est un bonus. C'est une variation sur le thème précédent : cette fois nos deux chouchous sont contraints de vivre sur le même territoire, une sorte de cohabitation forcée.

Pour une fois j'ai essayé d'inverser les rôles : que Kurogane ait le plus de problèmes, au lieu de Fye.

Note : c'est Yui le jumeau de notre Fye et il est vivant dans cette fic, ça aussi c'est une première pour moi !

Résumé : UA. Quand un coup de poing de Kurogane détruit la paroi le séparant de son voisin Fye, ils sont obligés de cohabiter…

oOoOo

Ce matin d'avril, Kurogane, âgé de 18 ans, débarquait à Tokyo pour ses études.

Il était un peu perdu car il n'arrivait plus à se localiser sur son plan. Regardant autour de lui pour interroger quelqu'un, il remarqua les passants qui le contournaient hâtivement.

Avec sa grande taille associée à une musculature d'acier, des cheveux bruns hérissés et des sourcils toujours froncés, il inspirait méfiance et crainte.

Mais son corps magnifiquement sculpté, sa peau bronzée, ses yeux de braise, attiraient aussi de nombreux désirs, dont il se serait bien passé. Les propositions indécentes ne lui inspiraient que de la répulsion.

La plupart des gens le considéraient soit comme une bête féroce, soit comme une bête de sexe.

Pourtant il n'y avait ni défiance, ni luxure dans les yeux de cette belle jeune femme qui s'avança soudain vers lui. Une barrette en forme de papillon, comme les motifs de son kimono, était piquée dans sa longue chevelure noire. Elle saisit gracieusement son plan et lui indiqua sa destination marquée d'une croix :

« C'est la troisième rue sur la droite, après le combini »

Avant que Kurogane ne puisse la remercier, elle ajouta d'une voix mystérieuse :

« Tu es seul… le genre à casser pas mal de choses aussi… pourtant cette fois, cela va précipiter un changement positif dans ta vie… L'impact aura lieu dans trois jours… je vois aussi un chat… »

Puis elle lança d'un ton beaucoup plus commercial :

« Pour la suite de la prédiction, il faut payer ! »

« Hein ? Pas la peine d'être voyante pour deviner que je suis solitaire et brutal ! Rien à foutre des prédictions à la noix ! » jeta t-il énervé avant de s'éloigner rapidement.

Mes prédictions à la noix se réalisent toujours… murmura t elle d'un air entendu.

oOoOo

La vie de Kurogane avait commencé par une enfance heureuse avec des parents merveilleux, dans une petite ville au sud de Honshu.

Sa mère, une fille de bonne famille d'une grande beauté, avait fui ses obligations pour épouser un professeur de kendo au grand cœur sous ses allures intimidantes. Ils chérissaient le fruit de leur amour.

Mais un jour lors d'un trajet en voiture, Kurogane avait entendu un grand bruit puis tout était devenu noir… en reprenant connaissance après le choc, il avait découvert à l'avant du véhicule, les corps ensanglantés de ses parents… sans vie…

Kurogane avait 14 ans. Il avait beau considérer en tant que bouddhiste que la mort n'est pas la fin de tout, que son destin avait été de survivre donc il devait l'honorer… Tout ce qui lui arrivait à la suite de ce drame atroce, ne pouvait l'aider à le surmonter.

La famille de sa mère le regardait comme un chien bâtard et il était hors de question pour eux de le prendre en charge.

Sa tante, Mme Daidoji, était toujours restée solidaire de sa sœur, or son mari ne voulant pas entrer en conflit avec sa belle-famille, refusa d'accueillir l'orphelin.

Restait la famille de son père, mais Kurogane avait beau être son portrait tout craché, ils ne voyaient comme pas ce qui leur restait de lui… seulement comme quelqu'un qui n'aurait pas du exister !

Et la grand-tante, acariâtre et sévère, qui avait finalement accepté de le recueillir, lui répétait tous les jours que si son neveu n'avait pas épousé cette femme, il serait encore en vie.

Il ne pouvait lui répondre, ni s'opposer à son autorité…

En quoi ma mère serait responsable d'un accident causé par un chauffeur ivre…

Mes parents s'aimaient au point qu'ils avaient souhaité pouvoir disparaître ensemble car aucun ne voulait avoir à vivre la disparition de l'autre !

Leur vœu s'est réalisé, mais pourquoi si tôt ?

Par fierté, il refusait de montrait combien il souffrait de la situation, il s'enfermait dans une armure… affichant un regard dur et dédaigneux.

Devenant de plus en plus renfermé, ses camarades l'évitaient… peu à peu il se retrouva isolé.

Pour passer ses nerfs, il se réfugiait dans la pratique des arts martiaux notamment le kendo, qui lui rappelait tant son père… mais aussi dans la violence tout court.

Il se bagarrait fréquemment avec des garçons plus âgés que lui et en sortait toujours vainqueur. Cela lui donnait la sensation d'être fort sur tous les plans !

Mais il ne pouvait pas démolir tout le monde non plus, alors c'était les équipements de son lycée qui faisaient aussi les frais de son humeur. Portes, fenêtres et bureaux ne survivaient pas à son poing rageur…

Au point qu'on le surnommait Kyôken (chien enragé)…

Son seul soutien affectif venait des filles Mme Daidoji : Tomoyo qui avait son âge et Amaterasu de quelques années son ainée. Elles habitaient Tokyo et l'appelaient souvent en cachette de leur père.

Quand sa grand-tante entra en maison de retraire deux ans plus tard, il fut pris en charge par un cousin, marié et sans enfant. Ils avaient beau être plus jeunes, Kurogane ne se sentait pas mieux chez eux. Il ne supportait pas la façon dont l'épouse le regardait…

Un soir où le mari était en voyage d'affaire, ses craintes se réalisèrent : elle débarqua dans sa chambre presque nue…

Il lui avait hurlé d'aller se faire voir ailleurs et avait quitté précipitamment la maison, préférant passer la nuit dehors !

Il s'était retrouvé sur le banc d'un parc…

Pour qui elle me prend cette salope : un ado débile bourré d'hormones qui saute sur tout ce qui se présente ?

Il avait encore des frissons de dégoût en se rappelant ses paroles : « Tu vas pas me faire croire que tu n'as pas besoin d'amour ? »

C'était bien parce qu'il avait besoin d'Amour qu'il n'avait aucune envie de s'envoyer en l'air avec une séductrice mariée, du double de son âge et membre de sa famille pour couronner le tout !

Je peux plus rester chez eux ! Mais j'ai pas de quoi louer un appart… je suis mineur alors je peux pas encore me servir moi-même de l'argent laissé par mes parents…

En regardant la lune au dessus de sa tête, il éprouvait le désir de hurler comme un loup !

Putain, pourquoi on peut pas me laisser tranquille… je n'ai besoin de personne… je veux juste exister !

Il se sentait comme un loup solitaire qui voit son territoire détruit un peu plus chaque jour… qui tente de survivre dans un environnement qu'il ne contrôle plus…

Le lendemain, il avait passé la journée à trainer et quand il s'était enfin décidé à revenir à la maison, il se trouva face à son cousin hors de lui :

« Elle m'a tout dit ! Prend tes affaires et dégage ! »

Elle a osé lui dire qu'elle voulait coucher avec moi, c'est quoi ce délire ? se demandait Kurogane sans comprendre.

Non, la séductrice éconduite, blessée dans son orgueil, avait déclaré que le jeune homme lui avait fait des avances ! Elle jouait maintenant le rôle de l'épouse vertueuse effrayée…

Kurogane était estomaqué…

Sans même qu'il ne puisse donner sa version des faits, sa réputation était faite !

Il était pris de court : sa force ne lui suffisait plus pour résoudre ses problèmes, ni pour défendre son honneur…

Car les rumeurs avaient vite gagné la ville… On se moquait de lui sur son passage et de nombreuses filles ou femmes lui faisaient comprendre qu'elles ne diraient pas non…

S'il pouvait taper sur les garçons, ce n'était pas possible avec les filles mais ils les repoussaient toutes sans ménagement !

Il ne comprenait pas comment on pouvait pourrir la vie de quelqu'un à ce point et n'avoir aucuns remords ? Pourquoi personne ne lui laissait une chance de prouver son honnêteté avant de le juger en bloc ?

Kurogane se sentait plus que jamais comme un loup… accusé à tort d'être ce qu'il n'est pas… un loup continuellement traqué…

Pendant ce temps, les autorités compétentes se demandaient ce qu'elles allaient bien pouvoir faire de lui.

De leur coté, ses cousines avaient supplié leurs parents de le recevoir chez eux, mais Mr Daidoji avait encore refusé. Au regard des rumeurs, se serait comme faire entrer un loup dans la bergerie et il voulait protéger la chasteté de ses filles.

Il aurait préféré rester dans la rue, au lieu que dans une maison de correction comme il en était question et rejoindre d'autres exclus pour devenir le chef d'une meute.

Kurogane était certain qu'il serait devenu un délinquant si son prof d'histoire ne lui avait pas proposé de devenir son tuteur.

Mr Sorata était un jeune homme blagueur, parlant accent d'Osaka qui faisait ses cours à l'aide d'une marionnette. Et son épouse, Arashi, était une véritable beauté donc si Sorata acceptait de le recevoir chez lui, cela voulait dire qu'il ne croyait pas les rumeurs.

En effet, ils appartenaient à ceux qui ne jugent pas les autres sur leurs apparences ou des racontars !

Ils mirent une chambre à sa disposition, dans la pension tenue par Arashi : lui offrant enfin un cadre où il pouvait se sentir à l'aise.

Ce couple lui faisait penser à ses parents en plus jeunes. Arashi bien qu'un peu plus froide, avait le raffinement et le coté spirituel de sa mère. Tandis que l'humour et le dévouement pour son épouse de Sorata, lui évoquait son père.

Il aimait passer du temps avec eux, tout en prenant garde de ne pas les accaparer.

Les autres pensionnaires, pour la plupart des travailleurs n'ayant pas eu de place dans un dortoir d'entreprise, avaient vite compris que Kurogane était un type sérieux. Ils lui donnaient des recommandations pour des petits jobs, car il voulait faire un maximum d'économies.

En dehors, rien n'avait changé sauf que par égard pour Sorata, il épargnait maintenant le matériel de son lycée.

Sa réputation le condamnait à rencontrer deux types de filles : celles qui étaient fascinées par lui et celles qu'il effrayait. Il était dégouté par les premières et ne cherchait même pas à approcher les autres. Ce n'était pas qu'il refusait de vivre une histoire d'amour, mais il avait compris qu'il n'avait aucun avenir dans cette ville.

Il lui fallait être patient et travailler dur.

Il prépara les concours d'entrée des facs de Tokyo et fut reçu dans celle de son premier choix.

L'occasion d'un nouveau départ s'offrait à lui…

J-3 avant l'impact

S'il se moquait de ses prédictions, les indications de la voyante étaient justes. Kurogane arriva enfin à l'endroit où il avait décidé de louer un studio : un vieux bâtiment à un étage, qui ne payait pas de mine.

Le propriétaire, Mr Fei Wan, habitait au rez-de-chaussée et il louait deux studios à l'étage tandis que le troisième lui servait de débarras. Quand il sonna chez lui, il se trouva devant un homme d'une cinquantaine d'année, au visage très antipathique.

« Suis-moi » dit-il sans même essayer d'être poli.

Ils empruntèrent l'escalier extérieur métallique qui grinçait.

« C'est la deuxième porte »

On entrait dans un coin kitchenette avec des plaques électriques, un frigo et un bac évier. Il n'était pas séparé de la pièce proprement dite, d'une surface de 6 tatamis environ, déjà meublée d'une table basse.

Sur le mur de droite il y avait un placard à portes coulissantes. Puis dans l'enfilade et à peine plus grand que le placard, un cabinet de toilette. Il comprenait un WC, un minuscule lavabo ainsi qu'une douche si étroite qu'il aurait du mal à s'y sentir à l'aise avec sa carrure.

Je suis passé devant un établissement de bains en venant, je pourrais y aller de temps en temps.

« Tu es dans quel fac ? » demanda Fei Wan.

« L'université CLAMP »

« Comme ton voisin alors, il est aussi en première année… Pas sûr que vous vous entendrez, il semble tout ton contraire… Bon je veux pas de problèmes : paye ton loyer dans les délais et ne casse rien. Les animaux de compagnie sont interdits. C'est pas bien isolé non plus » Il montra la cloison gauche, le séparant de l'appartement voisin « Donc si tu as des secrets, ne les crie pas trop fort »

Une fois les formalités accomplies, Kurogane refit le tour du studio. La fenêtre de la cuisine, au dessus de l'évier, donnait sur la galerie extérieure et celle de la chambre sur une sorte de terrain vague envahi d'herbes.

A part l'entrée et le cabinet de toilette qui étaient carrelés, le sol était en tatamis.

Bon il me faut un futon, un peu de vaisselle, cela suffira…

Une fois dehors, il nota que vu la disposition de la porte et la fenêtre de l'appart voisin, celui-ci devait être l'image inversée du sien.

Son voisin n'était pas chez lui : les présentations attendront pensa t-il et il était certain que ce dernier se tiendrait à carreaux après l'avoir vu.

Vaudrait mieux qu'il me craigne et n'ose pas faire trop de bruit.

Après ses achats d'ameublement, il repartit pour des courses d'alimentation au combini.

En montant l'escalier à son retour, il remarqua quelqu'un devant la porte de l'appartement voisin…

« Je vois un chat » cette phrase prononcée par la voyante résonna dans sa tête.

C'était ce qu'évoquait ce blond, grand et mince vêtu d'un jean et d'un blouson assorti. Surtout son visage finement ciselé, aux yeux bleus mystérieux.

Sans compter qu'il venait de coincer entre ses dents un porte-clés Hamtaro, pour attraper son portable qui sonnait dans son sac à dos. Il jaugea le grand type tout en noir qui le dévisageait et s'exclama :

« Ça alors, un All Black au Japon ! »

« Hé ? »

« Salut je m'appelle Fye Flowright. Enchanté Mr All Blacks ! »

« C'est Kurogane Suwa ! » rugit-il les yeux flamboyant de colère devant sa familiarité à son égard.

« Je te jure que t'as pas besoin de faire un haka pour faire peur Kuro-Kuro »

« Tu veux que je te plaque toi ? » s'énerva Kurogne en faisant référence à un plaquage de rugby. Mais il regretta sa phrase qui offrait à Fye une ouverture dans laquelle il s'engouffra.

« Me plaquer ? Mais on sort pas encore ensemble » s'écria le blond de façon mélodramatique.

« Tu joues au crétin ou tu l'es vraiment ? » grogna le brun. Comment ça pas encore ?

« Alors me plaquer contre un mur, mais c'est qu'il est fougueux le Kurogane ! »

« Toi je te conseille de pas m'énerver d'avantage »

« Mais on est voisin, ce serait bien qu'on soit amis Kuro-chan »

Il reçut comme réponse le bruit d'une porte claquant violement. Fye sourit pour lui-même et reporta son attention sur son portable : un mail de Yui, son frère jumeau.

Ce dernier voulait devenir cuisinier et étudiait en Italie. A cause du décalage horaire et parce que Yui travaillait tard dans un restaurant, il leur était plus facile de correspondre par mails.

« Tout va bien pour moi, j'apprends pleins de choses… »

Le message se terminait ainsi :

« Sinon il y a plein de bruns beaux et bronzés bien qu'un peu trop dragueurs… »

Fye lui répondit aussitôt :

« J'ai un voisin canon, brun et bronzé mais pas du tout dragueur, juste très râleur. Il a l'air intéressant, beaucoup plus gentil qu'il ne veut le paraître je pense… Les chiens qui aboient le plus fort, ne sont pas ceux qui mordent… je sens que je ne vais pas m'ennuyer avec lui ! »

Le fait d'avoir perdu leurs parents très tôt, les avaient encore plus soudés : ils avaient affronté tellement de difficultés ensemble. Mais l'année dernière, Yui lui avait dit qu'il comptait partir à l'étranger à la fin du lycée, sa candidature dans une école italienne ayant été acceptée.

Bien sûr Fye en avait été heureux pour lui, mais choqué à l'idée qu'ils soient séparés. Pourtant à y réfléchir c'était une bonne chose, car ils avaient une relation un peu trop fusionnelle. Il était temps que chacun vive de manière plus individuelle, sans que cela remette en cause l'amour fraternel qu'ils se portaient.

oOoOo

De son coté, Kurogane soupira :

C'est lui mon voisin ! Et bien ça promet !

Pourtant cela n'arrivait jamais qu'un inconnu soit si ouvert et souriant envers lui… ni effrayé par son humeur…

En fait Tomoyo et Sorata aussi adoraient le taquiner, trouvant que c'était le meilleur moyen de le faire sortir de sa carapace. Mais dans le cas de son voisin, se serait plutôt le faire sortir de ses gonds !

La prochaine fois je gronderais plus fort… il a l'air désinvolte et insouciant, mais il ne doit quand même pas être suicidaire.

Jour -2 et -1 avant l'impact

Kurogane avait reçu le reste de ses affaires (vêtements et livres) envoyés par Sorata. Il l'appela pour le remercier et l'informer que tout se passait normalement.

Il aurait bien voulu profiter de ses deux jours avant le début des cours, pour rencontrer ses cousines mais elles étaient très prises. Tomoyo préparait sa rentrée dans une école de stylisme pour réaliser ses rêves.

Ce ne serait que partie remise.

Il visita le campus, explora le quartier et tenta aussi de se trouver un petit boulot. Sans succès pour ce dernier point, toujours à cause son allure intimidante. Un des seuls boulots où cela ne poserait pas problèmes, c'était pour être videur dans une boite ou un bar. Mais s'il voulait réussir ses études, il ne pouvait pas se permettre de bosser toute la nuit.

En tout cas, il évita de recroiser le blond trop exubérant qui lui servait de voisin. Heureusement ce dernier ne faisait pas trop de bruit, devant être aussi léger qu'un chat.

Jour J

Le lundi matin de la rentrée, Kurogane sortit de son appartement avec les poubelles. Il resta un moment dubitatif devant les différents conteneurs, dont certains étaient pleins.

Tant pis je mets tout dans le premier !

« Hé Kuro-tan, le carton ne se met pas dans celui-ci » C'était Fye évidement, la seule personne au monde à oser l'appeler Kuro-tan ! Il ignora le surnom et à la place lança, sarcastique :

« Je te laisse faire puisque tu as l'air de t'y connaître en poubelles » puis il prit le large à grandes enjambées.

« C'est vilain ! » protesta le blond « Hé attend-moi, on va au même endroit »

« Arrête de me coller, tu as dit que je faisais peur, non ? Alors pourquoi tu m'approches ? »

Fye fit un large sourire et se mit à lui tourner autour comme un matou curieux :

« C'est vrai que ton air de toutou hargneux est bien réussi : sourcils froncés, mâchoire contractée, tout ça… mais comment dire… je suis sûr qu'en réalité tu n'es pas aussi méchant que tu voudrais le faire croire »

Il songeait Quand je vois cette lueur de tristesse et de solitude aux fond de tes yeux… je n'arrive pas à l'ignorer… je voudrais trouver un moyen de la dissiper…

Un instant décontenancé, Kurogane répliqua sèchement :

« Je déteste le gens trop expansifs, qui veulent paraître beaucoup plus sûr d'eux qu'ils ne le sont vraiment… comme toi ! »

Toi aussi tu m'as percé à jour, mais j'ai des raisons pour ça…

Pour le faire culpabiliser de sa réponse, Fye fit une moue toute triste. Ce qu'il imitait très bien, lui, c'était les yeux du chat Potté !

« Ça marche pas avec moi » grogna le brun. Pourtant, il ralentit un peu ses pas et finit même par demander :

« T'es dans quelle section ? »

« Oh ça t'intéresse ? » s'écria le blond ravi.

« Je veux juste vérifier qu'on est pas ensemble, c'est tout »

« Science ! Et toi ? »

« Sport et histoire »

« Tiens les deux ? Pourquoi ? » s'étonna Fye.

« Mon but c'est d'ouvrir une école d'arts martiaux, je pratique le kendo, l'aïkido et le karaté entre autres… mais ce n'est pas facile donc mieux vaut avoir une autre activité. Et puis une bonne connaissance de l'histoire et des traditions, cela sert aussi pour créer un dojo »

C'était à Sorata qu'il devait son intérêt pour l'histoire, mais il avait compris son utilité dans la voie qu'il voulait emprunter.

« Oh je comprends » dit Fye alors qu'ils franchissaient l'entrée « Je te laisse ici, bonne journée à toi »

Kurogane le regarda s'éloigner, se sentant d'un coup un peu seul.

Lui il va vite rencontrer plein de monde… et alors j'espère qu'il me foutra la paix… s'il est inconstant comme un chat, allant à droite ou à gauche en fonction de ses humeurs, alors j'aurais tort de le prendre au sérieux…

oOoOo

Le campus était composé de bâtiments modernes, dispersés dans un grand espace arboré : un lieu d'étude idéal, sans compter que cette fac était très réputée.

Quand Fye entra dans l'amphi de son premier cour, il reçu de plein fouet de nombreux désirs silencieux Viens t'asseoir à coté de moi ! Féminins pour la plupart, mais les plus forts venaient de deux bruns au fond. L'un avait des lunettes et l'autre un teint n'ayant rien à envier à Blanche-neige, de même que sa longue crinière d'ébène,

Non merci !

Il repéra une fille, cheveux châtain coupés courts, sagement assise à droite d'un garçon avec un petit air intello.

« Puis-je m'installer ici ? » demanda t-il poliment.

« Je t'en prie » répondit-elle avec un sourire très chaleureux. Elle lui apprit qu'elle s'appelait Sakura et son ami à lunettes, Watanuki.

« Je suis Fye Flowright, vous pouvez m'appeler Fye »

Ils se mirent à parler de leurs orientations. Ses yeux verts pétillant de détermination, Sakura expliqua :

« Je veux faire quelque chose en rapport avec l'eau… il y a beaucoup de possibilités mais ce serait dans la préservation des ressources d'eau potable »

« C'est une très bonne idée Sakura-chan, car c'est l'un des enjeux de l'humanité » approuva Fye.

Il apprit aussi que le copain de Sakura, était le faux jumeau de Watanuki et qu'il était en section histoire avec un autre de leur ami. Fye comprit entre les lignes que ce dernier devait sortir avec Watanuki.

Ils sont donc avec Kurogane… j'espère que tout se passe aussi bien pour lui…

oOoOo

Celui-ci commençait par un cours de kendo, où ses compétences furent vite remarquées. A la fin, un garçon châtain et aux yeux noisette, vint le féliciter. Le coté sérieux et poli de Shaolan lui plaisait, ils quittèrent le dojo en bavardant.

« J'aime beaucoup le kendo mais ma spécialité c'est le kung-fu… Ah je ne veux pas te retenir, tu dois avoir un autre cours » s'écria le jeune homme.

« Ouais, histoire ancienne » répondit Kurogane.

« Ça alors moi aussi, je suis passionné d'archéologie »

« Allons-y ensemble » Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de dire ça à quelqu'un.

Shaolan lui présenta alors son ami du lycée : Domeki, un brun impassible qui pratiquait le tir à l'arc et voulait devenir ethnologue.

Avec leurs intérêts communs et leurs caractères, Kurogane se dit qu'il devrait bien s'entendre avec ces deux là.

Lorsque le professeur d'histoire ancienne, Mr Fujitaka, arriva dans l'amphi, Kurogane s'étonna de le voir faire un signe discret à Shaolan.

« Tu le connais ? » demanda t-il.

« Oui c'est le père de mon amie d'enfance »

« Petite amie désormais » précisa Doméki, ce qui fit rougir le jeune homme aux cheveux châtain.

Le cours se déroula calmement, si ce n'est que des petits bouts de papier avec un nom, un numéro de téléphone et un cœur, atterrissait régulièrement sur la tablette de Kurogane.

A la fin du cours, il les roula en boule qu'il lança dans une corbeille sans même se lever.

oOoOo

Sakura avait proposé à Fye de rester avec eux pour le repas de midi. Shaolan et Doméki les retrouvèrent sous un cerisier en fleur.

« Quelqu'un d'autre doit nous rejoindre, il est allé s'acheter un sandwich » annonça Domeki après les présentations.

Une clameur de groupie s'éleva soudain et Fye aperçu la tête aux cheveux hérissés de son voisin, émergeant d'un attroupement de filles.

« Tu es en première année ? Je te fais visiter le campus ! »

« Je t'invite à la cafétéria ! »

« Donne-moi ton numéro ! »

« Laissez-moi passer ! Arrêtez de jacasser » grognait le brun en colère, n'arrivant pas à se dépêtrer.

On dirait un gros toutou au milieu d'une basse-cour !

Cette vision était comique mais aussi un peu dérangeante, mais comme Kurogane n'avait pas l'air d'apprécier la situation, il n'allait pas se priver de l'aider à s'en sortir :

« Excusez-le mesdemoiselles, Kuro-chan est irascible quand il a faim ! Il faudrait mieux le laisser manger en paix »

Les filles restèrent sans voix en découvrant un prince… elles s'apprêtaient à recommencer leur numéro avec lui, mais il les devança avec son plus beau sourire :

« Je parlerais avec vous une autre fois, il faut que je m'occupe de Kuro-tan » et il l'attrapa par le bras pour l'entrainer.

Le brun ne savait pas s'il voulait le remercier ou l'assommer !

« Ça alors, vous vous connaissez ? » s'étonna Shaolan.

« Ce type est mon voisin, c'est tout ! » répondit aussi sec Kurogane.

« C'est pas gentil, Kuro-pon » se défendit Fye.

« Je m'appelle KUROGANE ! »

« En tout cas vous vous entendez bien » déclara Sakura.

Tous la regardèrent perplexes.

« Les filles pensent toujours que deux garçons qui passent leur temps à se chamailler, s'entendent bien » commenta Watanuki en haussant les épaules « Au lycée Himawari disait tout le temps ça de moi et Domeki »

« Ben justement, maintenant vous sortez ensemble ! » répliqua la jeune fille, faisant rougir les deux intéressés mais plongeant du même coup Fye et Kurogane dans l'embarras.

Une musique martiale retentit soudain.

« Un portable sonne » s'écria Watanuki, soulagé de cette diversion.

« Ché le chien » déclara Doméki la bouche pleine, ayant déjà attaqué son bento, en montrant Kurogane.

« Ne parle pas en mangeant, malpoli » s'offusqua Watanuki « Et attend les autres avant de commencer, goinfre »

« Oh cha va »

Kurogane avait décroché avant de s'éloigner un peu :

« Tomoyo ? »

« Kurogane, je suis désolée, on a pas pu se voir. Mais à la première occasion, je viendrais visiter ton appart ! Comme convenu, je n'ai pas dit à mes amis que tu étais dans la même fac, mais si tu te sens trop seul, je pourrais… »

« T'inquiète je crois bien que je viens de faire leur connaissance… »

Quand il les rejoignit à la fin de l'appel, Sakura lui demanda toute excitée :

« Oh mais dis donc, tu ne serais pas le cousin de Tomoyo Daidoji ? »

« Si » répondit Kurogane. Il avait eu un déclic en voyant la jeune fille, comprenant qu'elle devait être la fameuse meilleure amie de sa cousine.

Quand Tomoyo lui avait mentionné que ses amis du lycée étaient à l'université CLAMP, elle lui avait bien sûr proposé de les rencontrer, mais il ne désirait pas s'imposer dans un groupe. Finalement le destin s'en était chargé et au souvenir de ce que sa cousine lui avait dit sur eux, il avait une raison supplémentaire de leur faire confiance.

« Tiens c'est Seihiro-sempaï » remarqua Shaolan en montrant l'étudiant à lunettes que Fye avait vu au fond de l'amphi.

« Oui, mais il est avec nous en première année, donc il doit redoubler… il veut être vétérinaire je crois » l'informa Sakura.

« Exact, parce que j'adore m'occuper des êtres sans défenses, en particulier les petits chats » déclara t-il, sur un ton qui donna des frissons à tout le monde. Il s'approchait en compagnie de son ami aux cheveux longs et d'un grand baraqué.

« Il y a plein d'anciens du lycée Tsubasa, à ce que je vois… » continua t-il et il désigna le grand costaud « Voici mon frère Fuma, il était dans un autre lycée, et lui c'est mon pote Ashura »

Fuma les salua en souriant et Ashura fixa Fye intensément.

Les autres, peu enthousiastes, firent à leur tour les présentations par pure politesse.

Il devint vite évident que le trio était là pour Fye !

« Ashura te trouve vraiment à son goût, tu sais » lui apprit Fuma.

Avant que celui-ci ne puisse peaufiner son approche, Fye jeta un catégorique :

« Les garçons-glaçons, c'est pas mon genre ! »

Le trio fit une drôle de tête avant de battre en retraite.

« Comme tu l'as rembarré, Fye ! » s'exclama Sakura admirative.

Je préfère les garçons qui réchauffent rien qu'à les voir, genre Kuro-chan…se dit Fye tout bas.

Le groupe se mit à faire plus amplement connaissance… Kurogane ne dit pas grand-chose de son coté, mais personne ne chercha à l'interroger.

« Alors tu as un vrai jumeau, Fye ? » s'écria Shaolan au détour de la conversation.

Il est vendu en deux exemplaires, en plus ! pensa le kendoka.

« Oui mais Yui est en Italie pour ses études » répondit Fye en leur montrant sur son portable, la photo d'un blond identique à lui. Seuls ses cheveux étaient un peu plus longs.

« Il doit te manquer » compatit Sakura.

« Bien sûr, mais il faut qu'il réalise son rêve ! »

Impact imminent

Après les cours de l'après-midi et un entrainement d'aïkido, Kurogane rentrait fourbu mais satisfait de ce premier jour. Soudain il reçu un message de Tomoyo :

« Petit cachotier, tu m'avais pas dit que ton voisin est super mignon ! »

Sakura avait du raconter les choses à sa façon… il répondit de suite :

« Et alors, c'est pas comme si on habitait ensemble ! Sinon tes amis sont sympas »

Il avait une faim de loup et s'arrêta dans une gargote pour manger un bol de ramen au porc. Cela lui éviterait d'avoir à se préparer quelque chose en rentrant.

Quand il passa devant chez Fye, il nota que la lumière était allumée.

« Bonsoir Kuro-chan, tu rentres tard ! » entendit-il à travers la cloison séparant leurs appartements alors qu'il retirait ses chaussures.

C'était mal isolé et il n'était pas très discret mais quand même !

« Je suis chez moi ! Mêle toi de tes oignons, je ne te demande pas ce que tu fais »

« Là ? Je sors de ma douche » répondit tout naturellement Fye.

Je veux pas savoir ! Ignorons-le…

« Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas… » commença à chanter le blond, sans doute vexé de ne pas obtenir plus de réaction. Comme un chat narguant un chien derrière un grillage, il finit par faire aboyer Kurogane :

« Ya vraiment un truc qui tourne pas rond chez toi ! »

« Et ron et ron et petit patapon… » continua Fye.

La jauge d'énervement de Kurogane arriva à son niveau maximum et il donna un violent coup de poing dans le mur en hurlant :

« TA GUEULE ! »

CRAC !

Sous leurs yeux éberlués, la paroi se fendilla de toutes parts pour tomber en milles morceaux sur le sol !

Fye regarde Kurogane

Kurogane regarde Fye

Fye dont la serviette a traitreusement glissé de ses hanches étroites sous la surprise

Kurogane qui reste planté les yeux écarquillés

Fye qui se rend compte qu'il est entièrement nu

« WAAAAH ! »

Et qui court s'enfermer dans la salle de bain…

VLAM

Sur le champ de bataille restaient un Kurogane en ayant pris plein les mirettes, un mur en miettes et une serviette !

Il évalua les dégâts : la cloison séparant leurs appartements avait presque entièrement cédé sous le choc. Seul restait moins d'un mètre au niveau de la cuisine…

RAHHH ! C'est pas vrai !

La voix tremblante de Fye lui parvient de la salle de bain :

« Kurodzilla ! T'es une vraie brute ! »

« J'ai pas tapé si fort que ça, cette cloison était pourrie » Bon l'excuse aussi était pourrie.

« Cela ne change pas le résultat »

« Ça va, ça va… Sors de là maintenant, je vais pas te manger »

« Mes habits sont dans la pièce Kuro-bulldozer, passe les moi » ordonna Fye en entrebâillant la porte.

Kurogane entra par l'effraction chez son voisin et saisit les vêtements posés dans un coin.

« Ah il me faut un caleçon aussi… dans la commode, tiroir du haut »

Pas difficile à trouver, placé sous la fenêtre c'était le seul meuble de la pièce.

Voila que je fouille dans ses affaires maintenant…Non ça c'est un T-shirt…Tiens ça existe les caleçons Doraemon…

« C'est ta faute ! » assena Fye en sortant du cabinet de toilette une fois habillé.

« Si tu m'avais pas cherché pour commencer » grommela le brun.

« Ça c'est sûr que je t'ai trouvé ! »

Kurogane soupira, il ne pouvait pas revenir en arrière alors il fallait trouver une solution :

« Tout d'abord il ne faudrait pas que le proprio s'en aperçoive »

« Voyons, on pourrais peut-être recoller les morceaux discrètement » proposa Fye en pointant un index interrogateur sur son menton, incapable de penser à quelque chose de plus pertinent.

« Ah oui, et combien de temps il faut pour faire un puzzle uniforme de 5000 pièces, à ton avis ? » soupira le brun qui n'avait même plus envie de s'énerver « Tant que t'y es : appelle Doraemon à l'aide, pour qu'il nous prête sa machine à remonter le temps » rajouta t-il sardonique en lorgnant le tiroir de la commode.

« Très marrant… Il était au fond celui-là : je t'ai pas permis de mater tous mes caleçons, Kuropervers »

Ils seraient repartis dans une nouvelle prise de bec si quelqu'un n'avait frappé à la porte de Fye :

« Hé Flowright ? »

« Fei Wan ! » Fye s'agita dans tous les sens « Si j'ouvre il va toute suite voir la cata et euh si j'enlève le haut, tu crois que cela suffira à le distraire ? Humf »

Kurogane venait d'attraper Fye et de plaquer une main sur sa bouche, pour restreindre ses mouvements et sa voix :

« Non n'ouvre pas, on va dire que t'es encore sous la douche » chuchota t-il.

Ils restèrent immobiles, attendant que Fei Wan s'en aille. Il semblait à Fye que le temps avait suspendu son vol :

Je suis bien dans les bras de Kuro-King Kong, plaqué contre son torse si musclé… mais c'est mon cœur ou le sien qui tambourine ainsi ?

Boum… Boum… Boum…

« Oh Suwa »

Non c'était à la porte du kendoka que le proprio tapait maintenant.

« Changement de plan : t'es chez moi et on fait un rempart défensif mais tu n'enlèves rien du tout, manquerait plus qu'il se fasse des idées sur notre compte » murmura Kurogane avant de relâcher (à regret) sa prise sur Fye.

Dommage, c'était un de mes fantasmes secrets… Le bâillonner, je veux dire ! se précisa pour lui-même le brun.

« Ah vous êtes là tous les deux ! C'est vous qui faites ce boucan ? » demanda Fei Wan avec son air de roquet habituel.

« Désolé pour le dérangement »

Tu es anormalement poli Kuro-pon, il va avoir des soupçons…

« C'est que Kuro-sama me faisait la démonstration d'une prise de karaté… » enchaina Fye en essayant d'occuper tout le champ de vision que la silhouette, pourtant massive, de Kurogane pouvait laisser à découvert.

« Ouais ben allez-y mollo : le plancher est fragile » déclara le proprio en s'interrogeant sur la nature de leur relation. Vous faisiez pas un autre genre de corps à corps ?

« Ah bon, le plancher aussi est pourri ? Faut qu'on fasse attention » s'écria Fye.

« Que veux tu dire par : le plancher aussi ? » grinça Fei Wan.

GLOUP

« Oh rien ! » répliqua t-il vivement.

« Au fait la lumière est allumée chez toi, m'en fous c'est pas moi qui paye la note »

« Oh je suis distrait » s'écria Fye.

Une fois la porte refermée, ils soupirèrent de soulagement : On s'en sort pour cette fois !

Mais ils ne s'étaient pas remis de leurs émotions qu'un autre toc toc les faisaient bondir :

« Il revient ! »

« Fye ? » appela une voix glaciale comme un courant d'air derrière la porte du blond.

« Ashura ? Ah non pas lui ! Comment il connaît mon adresse ? »

« Le type avec la permanente ? »

« Oui, tu voudrais pas ouvrir à ma place ? Je peux très bien l'envoyer paitre encore une fois mais si c'est toi, il n'insistera pas d'avantage »

« Si tu te comportes souvent avec les mecs comme avec moi, normal qui y'en est qui mordent à l'hameçon, non ? »

Les yeux de Fye s'agrandirent de surprise puis il secoua la tête :

« Non, non… c'est très amusant de te taquiner, mais je ne fais jamais ça avec les autres… je dois régulièrement me défendre de mecs ne s'intéressant normalement pas aux garçons… Mais avec toi c'est différent : je sais que tu ne vas pas me sauter dessus »

Kurogane s'étonna, lui qu'on classait trop souvent dans la catégorie « saute sur tout ce qui bouge »…Fye ne le jugeait donc ainsi ? C'était peut-être lui qui avait jugé Fye trop vite sur ses apparences !

Alors il dit :

« D'accord je m'occupe de cet Ashura »

Il ouvrit donc la porte de l'appartement de Fye et déclara nonchalamment (et non sans une certaine satisfaction) :

« Fye est sous la douche… T'as un message à lui laisser ? »

« Euh… Non pas la peine » s'écria Ashura dépité en tournant les talons.

Encore un problème de résolu se réjouit Kurogane, mais il se trompait lourdement. En croisant l'étudiant aux cheveux longs, Fei Wan s'était dit qu'il allait rester dans les parages, histoire de le consoler quand il comprendrait que le blondinet était déjà pris par son voisin.

Quelle ne fut pas sa surprise en voyant le brun ouvrir, alors qu'il était censé être chez lui :

« Suwa, aurais-tu un pouvoir de téléportation ? »

ET MERDE !

Il se précipita à l'intérieur.

Fei Wan fixe le mur (enfin ce qu'il en reste)

Il regarde les deux étudiants

De nouveau le néant

Les étudiants

Le néant

« C'EST QUOI ? » finit-il par beugler, quand il retrouva la parole.

« Une œuvre de Kurodzilla ! » s'écria vivement Fye.

« C'est aussi ta faute ! » maugréa Kurogane entre ses dents.

« Je m'en fous, vous payerez chacun la moitié des réparations ! Et votre caution ne suffira pas. En attendant débrouillez-vous ! »

Ils étaient devenus colocataires par la force des choses. Et ne pouvant dans l'immédiat dépenser la fortune pour un nouveau mur, ils devraient faire avec une réparation de fortune.

« Si j'avais des draps, on aurait pu en accrocher un comme séparation, mais j'ai qu'un futon » indiqua Kurogane, quand il eu fini de ramasser tous les gravats pour les mettre dans un sac poubelle.

« Pareil pour moi »

« Demain on achètera une bâche en attendant mieux »

« Comment ? TU achèteras une bâche ! » s'offusqua Fye.

« OK ok » se résigna t-il, n'étant pas en position pour discuter.

Ils installèrent la commode de Fye au milieu du trou mais cela ne bouchait pas grand-chose. Ils pouvaient dire adieu à leurs intimités respectives…

Puis Kurogane désigna la ligne de démarcation et l'avertit « Je ne franchirai pas cette ligne, mais c'est aussi valable pour toi, pas d'incursion sur mon territoire ! »

« Sinon quoi ? »

« Sinon je mords » gronda le brun en sortant les dents, puis il soupira « Bon c'est pas tout mais j'ai des cours à bosser, ça m'arrangerait que tu te taises »

« Moi aussi de toute façon, sois sage Kuro-toutou »

« GRRR » Un autre de ses fantasmes secrets c'était : l'étrangler !

Zen, reste zen…

Ils s'installèrent chacun de leurs cotés en essayant de ne pas se regarder.

Encore chamboulé par les événements Fye avait bien du mal à se concentrer. Au bout d'un moment, il se mit à gribouiller sur une feuille.

« Demain j'accrocherai ça sur ta porte » lança t-il.

Il avait écrit Attention, chien hargneux ! avec le dessin d'un gros chien noir caricaturant bien son nouveau colocataire.

Piqué au vif, celui-ci répliqua en fabricant sa propre pancarte : Attention au chat bizarre !

Puis ils se regardèrent, conscients de se comporter comme des gamins…

Kurogane se dit que vu les circonstances, il lui devait quand même lui présenter des excuses.

« Euh… hem » mais il était incapable de faire sortir les mots de sa bouche.

« J'ai compris… ce que tu cherches à dire » dit soudain Fye pour mettre fin à son embarras « Moi aussi… j'ai exagéré… j'ai un dixième de responsabilité » concéda t-il.

« Comment ça un dixième, quatre au moins » rouspéta le kendoka.

« Ah non, deux et c'est mon dernier mot » conclut le blond

« Laisse tomber… Ya un autre problème : la lumière ! Ce serait pas mal si on arrivait à concilier nos horaires pour dormir… j'espère que tu n'es pas du genre nocturne comme les chats ? » s'inquiéta Kurogane.

« Non, je consulte mes messages sur mon ordi et dodo »

« Parfait je prends une douche et je vais aussi me coucher » déclara le brun qui fit passer son T-shirt au dessus de sa tête.

« Hyuuu ! »

Kurogane avait oublié qu'il ne pouvait plus se changer dans la pièce et la salle de bain était bêtement trop étroite !

« Eh sors un instant » ordonna t-il.

« Je suis chez moi Kuro-tan » lui rappela le blond avec un grand sourire narquois : Vengeance pour tout à l'heure !

Kurogane passa dans le cabinet de toilette en pestant : cela n'allait pas être facile de cohabiter avec ce type !

Le sourire toujours aux lèvres, Fye ouvrit son ordinateur portable… Une chance, son frère était en ligne :

« Fye t'es pas couché ? Comment ça se passe avec ton voisin ? »

« Ben maintenant on habite ensemble ^^''' »

Malgré la distance, il cru entendre Yui hurler de stupéfaction.

« °O° QUOI ? »

Quelques explications plus tard :

« Eh Fye tu dors dans la même pièce que lui du coup (c'est le cas de dire), tu es sûr que ça va aller ? »

« Bien sûr ! Kuro-toutou est bougon, ronchon, grognon, balance des gnons qui explose tout, mais je sais que je peux lui faire confiance… Et il est mignon quand même… »

« Fye tu serais pas un peu amoureux ?»

« Je ne sais pas… si je l'étais je n'aurais sans doute aucune chance »

oOoOo

Quand Kurogane quitta la salle de bain, il trouva Fye dans un pyjama en velours, motif léopard. Cela n'avait rien de sexy, il faisait plus penser à un chat trop grand.

« Pff »

« Te moque pas » bouda le blond « C'est doux et confortable »

« Tu ressembles à la peluche de panthère que j'avais enfant… Tu sais ces longues peluches dans lesquelles on peut ranger un pyjama » expliqua Kurogane avec un rire sarcastique.

Le cœur de Fye se serra d'émotion mais aussi d'une pointe de tristesse.

Oh c'est la première fois que je le vois rire… j'ai vraiment envie de le voir encore ainsi… Peut-être que Yui a raison finalement…

Kuorgane se demandait depuis combien de temps qu'il n'avait pas dormi dans la même pièce que quelqu'un ? Depuis son enfance lors des voyages scolaires puisqu'il était fils unique…

« Au fait, tout à l'heure, tu as mentionné que tu me faisais confiance mais… »

« Avec mon physique, j'attire les types aux intentions louches, comme le miel les mouches ! Et je suis orphelin, alors j'ai du très tôt apprendre à les repérer au premier coup d'œil ! »

Alors lui aussi est orphelin !

« Bonne nuit, tu ronfles pas au moins Kuro-toutou ? »

« La ferme ! »

Fye sourit dans le noir. Depuis sa naissance il avait toujours dormi dans la même pièce que son frère. Quand ils s'étaient séparés, sa présence physique lui manquait, c'était bizarre d'être seul. Aussi il lui était agréable et rassurant d'avoir Kurogane à proximité.

J+1 après l'impact

Le lendemain Kurogane fut réveillé en fanfare par une chanson aussi entrainante qu'enfantine :

« Moko… Moko… Mokona !

C'est un lapin tout rond,

Il est tout mignon !

Cela provenait du portable de Fye, posé sur la table basse à proximité de son futon. Il eut un flash-back des événements de la veille : le mur explosé, Fye à poils…

« Moko… Moko… Mokona !

C'est un lapin tout blanc,

Il est trop craquant ! »

Puis il hurla excédé :

« Arrête ce truc tout de suite ! »

Mais Fye, enveloppé dans son duvet, ne bougeait pas d'un poil.

« Venez, venez tous chanter avec Mokona !

Dansons tous en rond ! »

« Si tu ne l'éteins pas vite, un objet contondant va atterrir dessus et ce sera pas un accident ! » l'avertit Kurogane en ouvrant le placard de la cuisine.

Fye prit finalement sa menace au sérieux.

Trop tard, je sens que je vais avoir cette chanson débile dans la tête toute la journée !

« J'aime les chansons qui donnent la pêche de bon matin, je mets souvent le générique de Totoro aussi. Tu connais pas Mokona ? »

Bien sûr qu'il connaissait cette bestiole appartenant à la grande famille des mascottes japonaises kawaï. Il se contenta de grogner.

« Déjà de mauvais poil de bon matin, Kuro-wanwan ? »

« La faute à qui »

Mais alors sous ses yeux ébahis, Fye à quatre pattes se mit à s'étirer comme un félin… il tendait ses mains vers l'avant, le dos cambré et le derrière en l'air.

Kurogane, trouvant la pose un peu trop suggestive, écrabouilla l'œuf qu'il tenait dans la main avant de pouvoir le mettre à frire.

« L'omelette se fait dans la poêle Kuro-chan, pas dans la main, ou alors tu as une poêle dans la main » rigola Fye tout fier de son jeu de mot.

« Ah ah c'est poilant » se moqua à son tour le brun.

Fye s'attaqua à son tour à son petit déjeuner tout en sifflotant la chanson de son réveil.

« Tiens je croyais que tu ne savais pas siffler » s'étonna son colocataire.

« Si sauf quand quelque chose me coupe le sifflet alors je fais hyuuu ! »

Riz, œuf au plat et thé vert pour Kurogane qui fit la grimace en voyant le chocolat au lait et la brioche de Fye. Il détestait les choses sucrées et avait le lait en horreur.

oOoOo

En arrivant sur le campus, ils furent la cible de nombreux regards et murmures. Ashura avait tout raconté à Seishiro, qui l'avait dit à son frère etc…

Bref tout le monde était au courant !

Au moment du repas, ils s'empressèrent de mettre leurs amis au courant de leur situation. Et de bien préciser qu'il n'y avait pas de changement dans leur relation, autre que celle d'être colocataires.

« Maintenant que c'est plus grand, on peut venir chez vous pour voir » proposa Domeki.

« Crétin, on va pas les déranger ! » protesta Watanuki, en colère devant le coté sans-gêne de son petit ami.

Puis tous prétextèrent quelque chose à faire avant la reprise des cours et laissèrent Kurogane et Fye en tête à tête. Pas sûr qu'ils les aient vraiment convaincus au sujet de leur relation.

« Pour moi c'est cool, plus personne ne me harcèle. Mais pour toi cela risque d'être embêtant si on pense que tu sors avec moi » déclara le blond.

« Ben non au contraire, je ne me fais plus harceler non plus » répondit le kendoka.

« Mais tu ne pourras pas rencontrer une fille si on croit que tu es gay ? »

Tiens il n'avait pas pensé à ça !

« Dans ce cas n'hésite pas si tu as besoin que j'explique à quelqu'un qui te plait, la vérité sur notre relation… » continua Fye à contrecœur.

« C'est vrai tu ferais ça ? » s'étonna le brun.

Fye acquiesça puis le quitta assez brusquement.

Je croyais qu'il était attiré par moi… Ce n'était donc vraiment qu'un jeu de sa part ? Pourquoi je suis déçu ? Je devrais plutôt être rassuré…se disaitKurogane.

La raison que lui donna son cerveau à ce fait étrange ne lui convenant pas du tout, il décida d'ignorer le problème !

Dans l'après-midi, Fye pensa que le moment qu'il redoutait, était sans doute arrivé en voyant de loin, Kurogane discuter avec une fille, un peu plus âgée. Une brune à la coupe au carré et aux formes voluptueuses, qu'il ne semblait pas du tout avoir envie d'envoyer promener…

oOoOo

En rentrant chez lui, Kurogane vit que Fye n'était pas là.

Je connais pas son planning… Aucune importance, faut que je m'occupe du mien : voyons la lessive et des courses… Pas motivé, en plus on dirait qu'il va pleuvoir…

Pour lui donner raison une violente averse éclata.

Encore moins motivé ! Oh il tombe des trombes ! Quelqu'un arrive en trombe aussi…

Et la porte d'à coté s'ouvrit brusquement sur un Fye complètement trempé, portant un panier à linge.

« Je me suis fais surprendre par la pluie en revenant de la laverie ! »

Le kendoka se retint de rire devant son air pathétique de chaton mouillé.

« Kuro-chan, prête-moi des fringues s'il te plait » demanda t-il en ressortant le regard du chat Potté. Mais le brun tentant encore d'y rester insensible, grommela :

« Hein pourquoi ? »

Fye désigna le panier d'un geste dramatique :

« Toutes mes affaires sont trempées, je n'ai même plus une serviette » Puis il gémit « Ouinn ! Kuro-pon est méchant, il s'en fiche s'il y a un pauvre petit Fye tout nu et tout tremblant, obligé de courir dans la pièce pour se réchauffer »

Un Fye tout nu et tout tremblant ? Le blond avait beau dire qu'il savait que Kurogane ne lui sauterait pas dessus, ce dernier n'était pas certain de pouvoir résister à ça !

« Ok » s'écria t-il avant que l'autre ne mette sa menace à exécution.

Mais pourquoi Fye dans ses habits noirs, trop grands pour lui, paraissait encore plus fin, plus pâle… plus sexy…

« Que tu es grand et fort Kuroméga ! » s'exclama Fye qui avait l'impression d'y flotter.

« Allez donne moi tes affaires, je les remettrais dans le séchoir, je dois aussi faire une lessive »

Les yeux de Fye s'illuminèrent :

« Oh ! Merci Kuro-chou »

« Kurogane ! »

Il sortit avec un parapluie et deux sacs.

La laverie automatique était déserte donc il n'eut aucun mal à trouver une machine. Tandis qu'il s'occupait de mettre les habits de Fye dans un séchoir, une fille entra. Beaucoup trop maquillée, pas du tout son genre, mais elle le trouvait à son goût.

La fille tente un regard aguicheur

Kurogane fronce les sourcils

Elle prend soudain un air dépité et se détourne

Tiens d'habitude ce n'est pas si simple… Il se rendit alors compte qu'il avait dans la main un des caleçons de Fye, et cela sautait aux yeux que ce n'était pas le sien !

Soudain, son cerveau commença à lui resservir les images de ce que Fye cachait dans ce morceau de tissu… il se donna vite une paire de baffes mentale…

oOoOo

Quand il rentra, Fye était roulé en boule sur son futon encore plié.

Ce type ressemble vraiment à un chat qui fait la sieste sur un coussin !

Il ne voulait pas faire de bruit mais le blond se redressa.

« Tiens tes affaires sont sèches »

« Ouah merci Kuro-chan » s'écria t-il avec un magnifique sourire, puis il saisit une serviette et se précipita joyeusement dans la salle de bain.

Kurogane se frotta nerveusement le crâne : à l'instant il avait vraiment eu envie de lui faire un câlin…

Ça craint…

Depuis qu'il avait rencontré Fye, il n'était plus étreint par ce sentiment de solitude lancinante…

Perdu dans ses pensés, il sursauta en entendant une sorte de miaulement affolé dans la salle de bain :

« Fye ? » paniqua Kurogane.

« L'eau est glacée ! Brr gla-gla »

« J'ai plus d'eau chaude non plus » s'écria le brun après avoir vérifié et il alla aussitôt tambouriner chez leur proprio.

« Oh j'ai oublié de vous mettre au courant ? » déclara cyniquement Fei Wan « Ce sera réparé demain… ou après-demain… » Il ajouta devant l'air pas furieux du kendoka « Vous êtes mal placés pour protester »

« Oh non » gémit Fye dépité quand le brun lui rapporta la nouvelle. Celui-ci avait l'impression de voir des oreilles de chat tristement rabattues sur sa tête.

« Allons dans un établissement de bain » proposa t-il.

« Mais euh… je ne me sens pas en sécurité dans un tel endroit »

Kurogane avait envie de dire Hé un bain public japonais ce n'est pas un sauna gay… Mais lui-même n'était pas insensible à la beauté du blond, qu'il avait pu voir pile et face. Alors il dit simplement :

« De toute façon je serais avec toi »

« Bon d'accord »

Fye n'avait pas tort car une fois dans les vestiaires, tous ceux qui l'instant d'avant semblaient être d'innocents salary-men ou pères de famille, le regardaient en bavant… Et il n'avait enlevé que son T-shirt !

Kurogane pris sa meilleure tête de chien prêt à l'attaque et l'établissement se vida en un clin d'œil.

« Tiens y'a plus personne »

Sauf que du coup il se retrouvait seul avec Fye dont la nudité était encore magnifiée par l'écrin des vapeurs d'eau chaude… sa peau avait des chatoiements de nacre…

Il se retrouva plongé dans l'étude minutieuse des carreaux du mur ! Très intéressant ces carreaux blancs…

Fye se demandait s'il pouvait lui proposer de lui laver le dos… mais quand il se retourna et vit le dos en question puis le reste… il alla immédiatement rejoindre Kurogane au rang des adorateurs de carrelage !

Ils se débrouillèrent pour entrer dans le bassin en évitant de se regarder…

Il faut que j'arrête de me faire des idées, c'est juste à cause de la chaleur que les joues de Kuro-pon sont rouges ! se dit Fye. Alors il demanda avec une gaité forcée :

« Au fait Kuro-tan je t'ai aperçu en grande discussion avec une jolie brune cet après-midi, c'est ton genre ? »

Le sourire de Fye était vraiment faux, nota Kurogane et inconsciemment cela le rassurait.

« Ah Soma, elle est dans mon cours de kendo, il se trouve que c'est la petite amie d'Amaterasu, ma cousine ainée »

« Oh d'accord » Un grand soulagement envahit le blond.

Ils restèrent silencieux, goûtant à la chaleur et la quiétude du bain… Mais soudain voix très désagréablement familière, les tira de leur nirvana :

« Quelle coïncidence ! »

Ils eurent droit à la vision d'horreur de leur proprio dans le plus simple appareil !

Quelques secondes plus tard, ils étaient rhabillés et devant la porte de l'établissement.

« C'est un emmerdeur professionnel celui-là » grogna Kurogane qui ouvrit son parapluie trop brusquement et Crac !

Cassé !

« Toi tu es vraiment doué ! » s'exclama Fye hilare.

« Ce truc est bêtement trop fragile »

« On partage » proposa Fye avec un sourire malicieux en agitant le sien.

Bon c'était juste parce qu'il n'avait pas le choix. Le kendoka se consola en se disant que les rues étaient désertées à cause du temps.

Étant le plus grand, il tenait le parapluie, et Fye était blotti contre lui…

Une belle jeune femme, vêtue d'un élégant ensemble brodé de pivoines, assorti à son parapluie, les regarda passer : Mes prédictions se réalisent toujours… un jour tu réaliseras que c'est au moment où tu as brisé ce mur que tu as accepté de sortir de ta carapace d'acier…

oOoOo

Une fois chez eux, Kurogane se rappela qu'il n'avait pas fait ses courses :

« Il me reste que du jambon et de la bière »

« Et moi des nouilles et un chou » se lamenta Fye.

Aucun n'ayant envie de ressortir, ils crièrent en même temps :

« On partage ! »

Et peu après ils dégustaient des nouilles sautées au jambon et au chou, préparées par Fye.

« Tu aimes bien cuisiner ? »

« Moins que Yui, mais oui, ça me plait. Tous les deux on a du se débrouiller très tôt. C'est comme ça qu'on a appris à faire la cuisine… tu sais cuisiner Kuro-chan ? »

« L'épouse de mon tuteur m'a appris les bases »

« Donc toi aussi tu es orphelin ? J'avais des doutes mais je n'osais pas te poser la question » dit doucement Fye.

« Ouais » mais Kurogane ne se sentait pas encore prêt à lui en dire plus, alors il resta sur le sujet de la cuisine :

« Même si je sais cuisiner je me fais très souvent des nouilles instantanées »

« C'est pas bon pour ta santé »

Je peux compter sur les doigts d'une main, les personnes se souciant de ma santé ! songea t-il tristement.

« Allez santé ! » s'écria Fye pour égayer l'ambiance. Mais en ouvrant sa cannette, il se renversa de la mousse sur les mains. Sous les yeux éberlués de Kurogane, il se mit à se lécher les pattes exactement comme un chat…

« Miaou… Miaou… »

« Dis donc toi, est-ce que pas hasard tu ne tiendrais pas l'alcool ? » grommela le brun, passablement énervé par les miaulements intempestifs de son colocataire.

« Miaou ! »

« Met ton pyjama et coucouche panier » ordonna t-il.

Ce fut fait, mais à présent Kurogane pouvait se lancer dans la chasse du léopard miaulant ! Il se rappela à ce moment qu'il avait oublié d'acheter une bâche, bien que cela n'aurait pas changé grand-chose.

« Reste dans ta partie, là tu es sur mon territoire ! »

A force de ruses, il réussit à flanquer la bête dans son futon…

Réflexion faite c'était dans son futon à lui !

Lui courir après lui avait donné le tournis et les apparts se ressemblaient tellement !

Il se redressa pour aller chercher le bon futon mais… il avait un truc accroché dans le dos… ce n'était pas un poisson d'avril, c'était Fye !

Il s'est endormi… Si je le secoue, il va se remettre à miauler… Tant pis…

Ne trouvant pas d'autre solution, il éteignit la lumière et se fourra dans le futon avec Fye toujours collé à lui.

Je dors avec une peluche ! Je dors avec une peluche ! Je dors avec une peluche ! Je dors avec une peluche… essaya t-il de se persuader.

Oui c'est juste une peluche… d'ailleurs c'est doux… et mignon… non j'ai pas dit mignon !

Il eut soudain la nostalgie de son enfance… puis il se souvint aussi de toutes les nuits où il était rongé par la détresse et la solitude, alors il le serra un peu plus contre lui…

Entendre la respiration de Fye avait un effet apaisant…

J+2 après l'impact

Kurogane avait bien dormi la première partie de la nuit, mais s'était réveillé au petit matin… Fye semblait faire un rêve de chat et ronronnait, un peu trop intimement plaqué contre lui…

Pensant que ce serait encore plus dangereux de le réveiller, il avait choisit de ne pas bouger mais s'était trouvé une nouvelle passion : l'étude des taches du plafond !

Et avant que le réveil sonne, il avait refourgué le blond dans le bon futon… ni vu, ni connu…

Sauf que Fye avait ouvert les yeux à ce moment :

« Qu'est-ce que tu fais Kuro-chan ? »

« Je remets les choses à leur place, c'est tout ! T'es infernal quand t'es bourré, toi ! »

oOoOo

Alors que le groupe habituel se retrouvait pour midi, ils remarquèrent les cernes noirs sous les yeux de Kurogane. Mais personne n'osa faire de commentaires.

« Au fait j'ai trouvé un taf, comme serveur au café Infinity » s'écria Fye, qui lui se portait comme un charme.

« Oh c'est un endroit chic » nota Shaolan.

« Oui, je ne pensais qu'ils engageraient un étudiant mais je parle plusieurs langues et je présente bien… Le salaire sera bon ! » se réjouit-il.

« Dommage qu'on ait pas les moyens de venir t'y voir » soupira Doméki.

« Ce type ne pense qu'à son estomac » grommela Watanuki « Moi je bosse chez une voyante complètement timbrée »

« Mais Yuko-san est super belle et classe » la défendit Sakura.

D'après la description, Kurogane se demanda si ce n'était pas celle qu'il avait croisée.

« Au fait, vous savez Clow Lead, le prof de biologie… » commença Watanuki sur le ton de la confidence « Eh bien l'autre jour il est venu voir Yuko-san… je suis sûr qu'ils sont ensemble »

Si les garçons s'en fichaient, Sakura, fan de potins, remarqua ravie :

« C'est un ami de mon père, il ferait un beau couple avec Yuko-san »

« Tiens Kurogane, puisque toi aussi tu cherches du travail, j'ai vu une annonce dans un magasin de mon quartier, mais je te préviens la patronne me parait très spéciale » décréta Domeki.

« Ça peut pas être pire que la mienne ! » s'exclama Watanuki.

oOoOo

Le soir, alors qu'ils étaient chacun plongés dans leurs cours, Kurogane demanda à Fye la permission d'utiliser son ordi :

« J'ai un truc à chercher sur internet et j'ai oublié de passer à la bibliothèque »

« Ok »

Après ils se mirent à discuter des choses qu'ils appréciaient :

« En anime j'aime beaucoup Wolf's rain » dit Kurogane. C'était l'histoire d'un groupe de loups, pouvant prendre apparence humaine, à la recherche d'un paradis perdu dans un monde qui se meurt…

« Je connais, c'est très beau… mais très triste aussi… » déclara Fye.

Ils parlèrent un long moment, puis allèrent se coucher, chacun de leur coté cette fois.

Mais Kurogane se retourna plusieurs fois dans son futon… quelque chose n'allait pas…

Sa peluche lui manquait !

Qu'est ce que Fye était pour lui ? Et qu'était-il pour le blond ?

Il se rappela la nuit qu'il avait passé dehors après sa mésaventure avec la femme de son cousin… à un moment, un chat était venu vers lui pour avoir des caresses… Il avait apprécié de pouvoir serrer cette boule chaude et innocente contre lui… mais le félin, une fois satisfait son besoin de câlin, avait fini par s'éloigner…

Sa rencontre privilégiée avec Fye ne serait-elle aussi que passagère ?

Cela dépendait sans doute de lui…

D'ailleurs il avait encore oublié d'acheter une bâche…

J+3 après l'impact

Kurogane avait pris le job indiqué par Domeki, même si la patronne, Kishumi, ne lui disait rien qui vaille. Elle ressemblait à une sorcière avec ses ongles démesurés et lui avait posé des questions n'ayant rien à faire dans un entretien d'embauche :

« Tu habites seul ? »

« Non, avec un chat sauvage » avait-il répondu en pensant à Fye.

Ce sera en attendant mieux, j'ai besoin de sous !

Sachant que le matou rentrerait plus tard à cause de son travail, il décida de préparer quelque chose pour deux.

« Tiens t'es déjà là ? » s'étonna Kurogane en le voyant débarquer peu après « Tu veux manger ? »

« Du riz cantonais ! Ça a l'air bon, c'est gentil Kuro-chan ! »

Le brun sentait bien que Fye venait de faire face à un événement désagréable.

« Un client m'a touché les fesses, je l'ai frappé et je me suis fait virer ! Enfin pas tout à fait, le patron que je n'avais pas encore rencontré, voulait bien me garder pour… »

« Je vais le démolir » rugit le kendoka les poings serrés.

« Je sais me défendre, tu sais Kuro-toutou… En fait comme tu me l'as fait remarquer j'essaie de paraître toujours sûr de moi… beaucoup plus que je ne le suis en réalité… Je dois avoir l'air de n'avoir aucuns problèmes, sourire même quand le cœur n'y est pas… Si je semble vulnérable et blessé, je deviens une proie encore plus désirable pour certains mecs tordus » expliqua Fye.

« Yui et moi, on s'est retrouvés orphelins à 10 ans. On vivait aux Etats-Unis à l'époque… c'est un oncle qui nous a pris en charge. On devait lui sembler deux anges perdus, facilement manipulables, mais à son insu nous étions sur nos gardes. On restait tout le temps ensemble ! Une nuit où je m'étais levé pour aller aux toilettes, il m'a attrapé et m'a menacé de s'en prendre à mon frère, si je ne lui obéissais pas… mais Yui, aux aguets, m'est immédiatement venu en aide. Ce salaud ne s'attendait pas à une telle résistance : on lui est tombé dessus comme deux chatons en furie ! On a réussi à s'enfuir et quand une voisine nous a trouvé, errant dans la rue en pyjamas en se tenant par la main, elle a appelé la police… Bref, finalement on s'est retrouvé chez une parente habitant au Japon… Par la suite on a du gérer bien d'autres types malintentionnés mais au moins plus dans le milieu familial ! Tout ça pour te dire que je peux deviner au premier regard si je dois me méfier de qui j'ai en face… Fei Wan : c'est un peu… Ashura : beaucoup… Et toi : pas du tout ! »

Kurogane se rendait compte peu à peu, que lui et Fye avaient plus de points communs, qu'il n'aurait pu le croire…

« Cela a du être dur de voir partir ton frère ? »

« Oui mais il le fallait… à force d'être toujours ensemble, on avait une relation presque trop fusionnelle »

« Hein comment ça ? » sursauta Kurogane, suspicieux.

« N'imagine pas des trucs bizarres toi ! » l'avertit Fye « Tu as sans doute deviné que mon intérêt se porte sur les garçons, mais Yui c'est mon frère ! Il faut qu'on vive chacun notre vie »

oOoOo

Pendant la nuit, Fye se réveilla en sursaut en se débattant.

« Un cauchemar ? »

« Oui… pardon je t'ai réveillé » souffla Fye.

« Pas grave… » Il y avait des choses pour lequel il se montrait indulgent… il savait trop bien ce que c'était… « Ça va ? »

« Ce n'est rien, mais Yui n'est pas là »

« Et que fait-il d'habitude ? »

« Il me tient la main, ça me calme tout de suite »

Sans un mot, Kurogane se leva, s'installa à coté du futon de Fye et lui prit la main.

« Merci » murmura le blond, qui cessa vite de trembler.

Ça y est, il s'est rendormi… Je fais quoi maintenant ?

Ne voulant pas lui lâcher la main, il se glissa à coté de lui…

J+4 après l'impact

Ce vendredi après-midi, alors que Fye sortait de la fac, il s'interrogeait :

Je suis content d'avoir réussi à apprivoiser un peu Kurogane mais si cela continu je vais finir par être blessé… Déjà qu'on a dormi deux fois dans le même futon…

Mais tant qu'on habite ensemble, difficile de tenir ses distances… c'est vrai aussi que Kurogane ne peux pas inviter une fille dans la situation actuelle…

Mais je n'ai pas le droit de me montrer égoïste ! Il faut que je trouve un autre travail pour avoir de quoi payer les réparations…

En parlant de fille il y en avait une très jolie, avec de longs cheveux noirs, devant la porte de son voisin. Il remarqua ses magnifiques yeux violets lorsqu'elle se tourna vers lui.

« Kurogane doit encore être à son travail, je ne sais pas à quelle heure il finit » l'informa t-il poliment.

« Oh ! Tu es Fye n'est ce pas ? Je suis sa cousine, Tomoyo » s'écria t'elle tout excitée et avant qu'il ne puisse en placer une, elle l'avait entrainé à sa suite « Viens ! Je t'offre un thé. On a une foule de choses à se dire ! »

oOoOo

Comme prévu, la patronne l'avait serré de trop près et il s'était fait virer !

Kurogane espérait qu'il trouverait Fye en rentrant… en train de l'attendre…

Une délicieuse odeur de curry l'accueillit : c'était son plat préféré !

Et il eu envie de se frotter les yeux en voyant Fye dans un tablier, une spatule à la main.

C'est mon fantasme secret numéro combien celui-ci ?

Le blond avait tout de suite compris que son voisin avait besoin qu'on lui remonte le moral :

« Bon retour, Kuro-chan ! Tomoyo est passée : vous vous êtes manqués ! Mais sur ses conseils, j'ai trouvé un boulot dans une boutique de fringues… On a bien discuté tous les deux… tiens, elle m'a offert ce truc marrant »

Il enfila un serre-tête avec des oreilles de chat :

« Miaou… de quoi j'ai l'air ? »

Fye avec des oreilles de chat plus un tablier : Adorable et sexy !

« Ridicule ! » lança t-il pour cacher son trouble devant son fantasme numéro 1 (enfin pas tout à fait, son vrai fantasme numéro 1 avait moins de fringues).

Puis sans réfléchir, il commença à caresser Fye sous le menton, qui ronronna. C'était vraiment agréable d'avoir ce chat chez lui… s'il avait été seul, il se serait senti plus déprimé…

En si peu de temps, le blond lui était devenu indispensable…

Ils s'installèrent à table.

« Alors comment ça s'est passé ton boulot ? » demanda le blond.

« Je me suis fait virer ! La patronne a commencé à me harceler, je l'ai renvoyé sur les roses… Je déteste ce genre de femme… encore plus depuis que… tu es peut-être déjà au courant par Tomoyo ? »

« Non, elle voulait me raconter plein de choses sur toi, mais j'ai dit que je souhaitais plutôt que cela vienne de toi… si tu en avais envie… j'ai juste demandé ton plat favori, d'où le curry » répondit sérieusement Fye.

Kurogane se décida à lui raconter son passé… il voulait lui montrer qu'il lui accordait sa confiance.

« En fait ce n'est pas comparable à ce qui t'es arrivé avec ton oncle… je n'étais pas en danger » conclut il.

« Cela a quand même du être traumatisant… Mais tu n'es quand même pas dégoûté de la gente féminine ? »

Kurogane avait appris à décrypter ses sourires : là il se forçait !

C'est le moment idéal pour lui dire ! Que ça n'a rien à voir avec le passé, que je m'en fiche qu'il soit un garçon mais que celui avec qui je veux être : c'est lui !

Son élan fut coupé net par quelqu'un qui frappa à sa porte :

« Arg c'est Kishumi, mon ex-patronne ! » s'écria Kurogane « Si j'ouvre je vais avoir envie de la frapper… Eh à ton tour de me rendre service comme avec Ashura l'autre jour »

« Ok, je garde le tablier ? »

« Pourquoi pas, mais enlève quand même ces oreilles »

« C'est à quel sujet ? » demanda Fye en se retrouvant devant une femme au décolleté vertigineux. Elle avait aussi un chignon qui battait Ashura dans le classement des coiffures ridicules !

« Tu veux me faire croire que Kurogane se contenterait d'un minet comme toi ? » grinça t-elle incrédule.

Avant que Fye ne trouve quelque chose à dire, la voix d'Ashura retentit :

« Vous avez raison, Kurogane a déjà une copine dans son club de kendo ! Ces deux là ne sont que colocataires et par accident ! »

Mais que fait-il ici lui ?

Le brun avait bondi à la porte :

« Soma ? C'est qu'une amie, crétin ! Je sors avec Fye ! »

Alors il attrapa par la taille le blond dépassé par les événements et l'embrassa… c'était tellement agréable qu'il aurait du y penser plus tôt…

« Il est à moi ! » martela t-il avant de claquer la porte au nez des deux intrus statufiés.

En fait Fye aussi était pétrifié devant lui.

« C'était mon premier baiser… et c'est un faux… comme ce que tu as dit… » balbutia le blond désemparé.

« Je ne suis pas le genre à mentir, quant au baiser je peux t'en donner un vrai ! » affirma Kurogane espérant que la déclaration serait assez claire.

Le visage de Fye s'éclaira de surprise et de joie… il lui souleva délicatement le menton, pour l'embrasser de nouveau… plus doucement…

S'ils n'avaient pas habité ensemble, Kurogane aurait sans doute attendu un peu avant d'aller plus loin. Mais il était affamé !

Plus qu'un désir sexuel, il ressentait le besoin impérieux d'un contact physique… Il voulait le sentir contre lui, sans barrière…

Il vérifia qu'il y avait la même envie de communion dans les yeux de Fye… ses yeux si bleus dans lesquels il faillit se noyer…

Alors le haut puis le bas du blond volèrent dans la pièce, finalement suivis par son caleçon… les vêtements de Kurogane vinrent leur tenir gentiment compagnie…

C'était lui qui couvrait Fye de tendresse ou l'inverse ? Chaque baiser et caresse de son amant étaient un doux baume sur les blessures de son âme…

Devant lui, il n'avait pas besoin de paraître invulnérable… ils pouvaient se dévoiler leurs propres faiblesses…

Au moment le plus intense de leur étreinte, Fye cria enfin son nom entier…

Alors qu'ils reprenaient leur souffle, encore intimement enlacés, Kurogane trouva le courage de lui murmurer :

« Je t'aime Fye »

« Moi aussi, je t'aime… » soupira Fye en s'endormant avec le plus doux sourire qu'il ne lui avait jamais vu…

Il rabattit la couette sur eux et songea avec ironie qu'il n'avait jamais acheté la fichu bâche… puis d'un coup la prédiction de la voyante lui revint en mémoire !

Je dirais à Watanuki de la remercier…

J+ un grand nombre de jours…

Fye travaillait maintenant dans la boutique d'une amie de Tomoyo et Kurogane dans celle du grand frère de Sakura. Tout allait bien pour eux, sauf que… Fei Wan en les voyant passer, compris finalement qu'ils ne risquaient pas de lui payer les réparations de si tôt.

« Puisque c'est comme ça je double vos loyers ! »

« HEIN ? »

« Parce que maintenant vous habitez chacun un deux-pièces ! »

« C'est illégal ! » protestèrent les deux amants en chœur.

« Et vous avez recueilli un chat aussi ! Ne niez pas : j'ai entendu miauler toute la nuit ! »

« Non ça, c'était… » Ils ne pouvaient pas dire : un matou en chaleur et son gros toutou affamé !

Faudrait peut-être qu'on déménage…

Fin

Merci de votre lecture !

Je me suis encore retrouvée à écrire un truc que je n'avais pas prévu. C'était censé être court mais c'est devenu très long !

Si vous prenez le temps de me laisser une petite review, cela me fera énormément plaisir !

Et encore une fois un grand merci pour celles sur le chapitre précédent !

Notes :

Doraemon : personnage culte de manga et d'anime, c'est un peu le Mickey des japonais. Ce chat robot vient du futur pour aider un petit garçon maladroit. Il apparaît dans le tiroir d'une commode.

Kishumi : c'est la créature du monde de Koriyo.