Planète Terre

Ça dépassait l'imagination.

Assis sur un siège recouvert de mousse et de tissus poilu, dans une charrette métallique qui avançait sans l'aide du moindre animal, l'elfe se raccrochait à son sang froid, et à ses prières aux Valars. Son visage, cependant, demeurait impassible. Il ne voulait pour rien au monde faire regretter à Stella d'avoir accepté qu'il l'accompagne, et encore moins qu'elle ne le ramène au portail. La jeune fille n'était pas dupe pour autant. Elle le sondait régulièrement et ne découvrait qu'une peur croissante.

Le matin du départ, Onyx lui-même les avait amené aux falaises de Shola. Un détail surpris Legolas: Il se téléportait sans avoir besoin de maelström comme les autres chevaliers. Le roi avait passé sa main sur la surface rocheuse, jusqu'à ce que sa main s'enfonce dans la pierre comme dans de l'eau, sans faire de remous cependant.

« Bon voyage, tous les deux. » avait-il dit avec le sourire triste d'un père qui voit son enfant s'en aller pour une période indéfinie.

Afin de passer inaperçu dans l'autre monde, Onyx avait donné à Legolas une tenue « de là-bas ».

« Ce sont les vêtements que je portais, quand j'étais sur cette terre. » avait-il précisé.

L'étoffe du pantalon était bleue foncé, rugueuse, solide, peu agréable à porter, en comparaison aux tissus elfiques de Mirkwood. Le pull était en laine colorée, vert avec un motif noir dessus. Des ''chaussettes'', aussi, censées lui tenir chaud. Les bottes que portait en permanence l'elfe avaient été remplacées par une paire de ''chaussures'' brun clair, équipées de ''lacets'' qu'il devait nouer. Ce dernier accessoire était celui qui embêtait le plus Legolas. Le cuir dur et peu malléable rendait la marche plus compliquée qu'avec ses souples bottes en peau. De plus, il se trouvait ridicule, en cette tenue.

Aragorn, au moment de dire au revoir, avait eut la politesse de retenir un sourire amusé devant cet accoutrement extraordinaire. Gimli, par contre, ne s'était pas privé de rigoler bruyamment , réveillant la moitié des chevaliers de l'étage qui dormaient encore.

Comme prévu la veille, il avait retrouvé Stella, qui était habillée à peu près comme lui. Même pantalon bizarre (du ''jeans'' avait-elle dit), pull rouge foncé, bottes surélevées en peau de daim, et sur son épaule un sac en jeans, le même qu'il avait vu la veille et qu'elle remplissait.

Elle et Legolas avaient traversé la roche et s'étaient retrouvés les pieds bien enfoncés dans la neige, de l'autre côté. L'un comme l'autre, en inspirant l'air, avaient fait la grimace. L'elfe sentait une sale odeur, une puanteur tenace qu'il n'avait jamais senti auparavant.

« Ne t'en fais pas, ça va passer... » avait dit Stella.

Pour elle, ça évoquait la ville, les voitures, et ce qui lui manquait le moins, en ce monde où elle avait passé son enfance.

Mettant son sac, lui aussi fait en jeans, sur son épaule, elle se mit à avancer.

« Il va falloir marcher un peu. »

L'endroit où ils avaient atterri était un espère de petit bois, mais Legolas pouvait entendre au loin un bruit, très disgracieux et inégal. En se retournant, il s'aperçut qu'ils sortaient d'un petit mur de briques rouge vif, quoique les pierres étaient patinées par le temps, et recouvertes de lierre et de lichens.

En suivant la jeune fille sur quelques centaines de mètres, le tout en se rapprochant de la cacophonie lointaine, ils arrivèrent à une chose que Legolas n'avait encore jamais vu.

Une toute petite pièce, d'à peine un mètre carré, à laquelle il manquait un mur transparent qui ne ressemblait pas à du verre du tout, et à l'intérieur un drôle d'appareil. Une boite peu esthétique, noire, aux rebords inégaux. Dessus, un objet en forme de haricots perforé de petits trous, un peu moins d'une centaine en tout, aux extrémités. Stella se retourna vers l'elfe éberlué avec un sourire.

« Ici, il n'y a pas de magie, donc pas moyen de se parler par télépathie. Cependant, il y a moyen de communiquer à distance. Ce que tu vois ici, c'est ce qu'on appelle un téléphone. »

Empoignant le cornet dans la main, elle glissa à l'intérieur la petite carte bariolée que Legolas avait aperçu dans la chambre de la jeune fille, réfléchit quelques instants, puis appuya sur des touches aux symboles étranges.

Un bruit retentit, comme si on laissait vibrer la corde d'un instrument inconnu. Un silence. Puis de nouveau le son bizarre. Silence. Son. Silence.

Un autre bruit. Puis une voix. Celle d'une femme adulte, et intriguée.

« Allo ? » fit la voix à l'autre bout du combiné.

Stella garda le silence un petit moment, puis dit d'une voix basse:

« Allo, maman ? »

Un grand cri retentit de l'autre côté du combiné, joyeux, si aigu et puissant qu'il fit sursauter Legolas. La jeune fille recula précipitamment l'appareil en grimaçant.

« Stella ? C'est toi ? Vraiment ? Ma chérie, tu es plus tôt que les autres années, pourquoi ? Mais ne te méprend pas, je suis ravie, ravie ! Par contre, on a pas encore été chercher le sapin. Tu connais ton père, il remets toujours au dernier moment. Pourtant il sait que nous sommes le vingt-et-un décembre. Oh, il va être si heureux ! Alan, Stella est là ! Trésor, comment vas-tu, tout se passe bien à Émeraude ? Que deviens Onyx ? Et Swan ? Syrie ? Elle s'est remise du choc de la dernière fois, j'espère ? On arrive tout de suite, ma puce ! On part sur le champ ! Et sinon... »

Legolas, grâce à son ouïe d'elfe, entendit ce qui se disait à l'autre bout du ''téléphone'', sourit devant l'exubérance du correspondant, et ne put s'empêcher d'être intrigué. À Arda comme à Émeraude, les gens étaient bien plus réservés. Cette ''terre'', comme l'appelait Stella, était fort différente de tout ce que l'elfe connaissait, même le comportement de ses autochtones.

« Holà, holà, du calme... » stoppa la princesse, sourire aux lèvres.

Elle paraissait plus heureuse, maintenant qu'elle se trouvait sur sa planète d'adoption. Plus souriante, un peu comme Syrie pouvait l'être.

« Donc », reprit la jeune fille, « oui je connais papa, non ça ne m'étonne pas, je vais très bien, Émeraude est un peu secoué pour le moment, Onyx tient bien la forme, ainsi que Swan, Syrie va beaucoup mieux, comme depuis l'an dernier, celui d'avant et encore avant. »

« Oh, tant mieux, ma chérie. J'avais peur qu'il ne soit arrivé quelque chose de grave. On arrive tout de suite, ton père est en train de chercher ses chaussures. On sera là dans peu de temps. »

« Parfait. Euh, maman ? Je ne suis pas seule, cette fois... »

« Ah ? Syrie est revenue ? Ou bien Onyx ? » demanda la voix à l'autre bout, un brin étonnée.

« Non... Tu ne le connais pas, je... Il s'appelle Legolas. Il m'accompagne. Ça ne pose pas de problème, j'espère ? »

« Stella, tu plaisantes ? Bien sur que non, c'est un plaisir de recevoir ton ami. J'espère juste pour lui qu'il va tenir le choc, c'est très dur de changer à ce point d'univers, nous l'avons bien vu, avec Syrie. Ah, ton père a trouvé ses chaussures ! On va partir, maintenant. On va arriver dans dix minutes, ma puce ! Oh, je suis tellement heureuse de te revoir ! »

« … À tout de suite, maman. »

« Oui, trésor, à tout de suite ! »

La jeune fille reposa le cornet sur son socle, avec un gros soupir. Puis elle tourna son visage souriant vers Legolas.

« Tu as entendu, j'imagine… Ils arrivent dans peu de temps. »

Legolas sourit d'un air amusé.

Stella secoua la tête, puis son visage reprit un air sérieux.

« Avant que mes parents adoptifs ne nous rejoignent, il serait bien que tu apprennes à maîtriser la télépathie. Si tu veux me poser une question, ce sera plus simple ainsi. C'est très simple. Ferme les yeux. »

Elle lui expliqua que, pour pouvoir communiquer par la pensée, il fallait que son esprit et sa puissance magique se lient, et que le tout quitte sa conscience individuelle pour atteindre la conscience collective.

« Il faut savoir que tu ne peux pas parler à un chevalier seul, tu t'adresseras à tous ceux qui se trouvent assez près de toi. Il y a une distance limite à respecter, tu ne peux pas communiquer si tu es séparé des autres chevaliers par un monde, ou une distance trop importante. Mais la limite est quand même très grande. Ton esprit et ta magie liés forment une toile très étendue. Si tu envoies une pensée sur cette toile, tous les chevaliers englobés dans ton champ de communication, ton réseau, vont la capter. Essaie, maintenant. »

La magie était surtout un travail d'imagination. L'elfe imagina deux entités rondes, l'une formant son esprit, l'autre sa magie. Les deux sphères se rencontrèrent dans sa tête, fusionnèrent, et se… liquéfièrent. Le liquide issu de l'union de la magie et de l'esprit se répandit sur le sol de son imagination, une espèce de flaque se forma. S'étendit. Vite et loin. Très loin…

« Effectivement, c'est simple… » Pensa l'elfe, ouvrant les yeux.

« N'est-ce pas ? » répondit télépathiquement Stella. « Mais garde en mémoire que tous les chevaliers peuvent t'entendre s'ils se trouvent dans ta toile. C'est peu pratique pour une conversation confidentielle. Prochaine étape : fermer son esprit. »

« Bien. » reprit-elle à voix haute. « J'ai vu comment tu procèdes, c'est une façon peu commune d'interpréter les communications spirituelles, mais ça a le mérite d'être simple à exploiter. Ta flaque, imagine qu'elle se résorbe. Lentement, elle reforme la sphère qu'elle était un peu avant de fondre. Toi, tu es à l'intérieure de cette magie liquide. La sphère se durcit, sur les bords. Une protection indestructible se forme autour, comme un bouclier que toi seul à le pouvoir de percer. »

L'elfe ferma à nouveaux les yeux, suivant les instructions de la jeune fille. Bientôt, sa conscience de lui fut prise dans une espèce d'aquarium rond complètement fermé, aux bords bien plus solides que le verre, ou même l'acier. Bientôt, il sentit comme une présence essayer de trouver une faille dans le bouclier, comme pour l'atteindre, lui. La présence n'était toutefois pas hostile.

Legolas ouvrit par ouvrir les yeux, sans lever son bouclier mental. Il vit Stella qui le regardait, l'air satisfait.

« Parfait. » dit-elle. « Cette magie là sert à empêcher qu'on lise en toi. Tes pensées, tes humeurs... C'est assez utile quand tu veux garder quelque-chose pour toi. »

Alors seulement l'elfe laissa tomber sa protection spirituelle. Il percevait un bruit désagréable, comme une vibration, qui se rapprochait. Bientôt, Stella le perçut également. Un grand sourire, pareil à celui qu'elle abordait quand elle parlait avec sa mère adoptive, éclaira son visage.

« Ils arrivent… » dit-elle.

Peu de temps après, la monstrueuse charrette était arrivée près d'eux. Legolas, surpris, intrigué et pensant que le véhicule était dangereux, recula d'un pas et porta instinctivement sa main à son dos, ou se trouvaient habituellement ses dagues. Il ne trouva rien, pourtant. Stella lui avait déconseillé de les emporter.

« On ne peut pas porter d'armes, là-bas. » lui avait-elle dit.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » murmura-t-il, juste assez fort pour être entendu de la jeune fille.

« On appelle ça une 'voiture'. On s'en sert pour avancer très vite et sans efforts. »

Ladite voiture, recouverte de peinture rouge foncé, s'approcha d'eux à toute vitesse, et quand elle fut à trois mètres, s'arrêta. Une femme ouvrit une porte métallique, et se précipita dehors, comme si le véhicule était en feu. Idée qui s'infiltra rapidement dans l'esprit de l'elfe, vu la fumée qui sortait de l'arrière.

La femme, une adulte d'environ cinquante ans, des cheveux blonds accrochés en chignons, courut vers Stella malgré la difficulté que présentaient les chaussures surélevées qu'elle portait. La jeune fille ouvrit grand les bras, sa mère adoptive se jeta dedans.

« Maman… » murmura Stella, l'air radieux.

« Mon trésor, comme je suis contente ! » cria presque la femme.

Une autre personne sortit de la voiture, un homme bedonnant d'une cinquantaine d'année également, les cheveux courts et grisonnants, et un immense sourire aux lèvres.

« Les deux femmes de ma vies ! » rit-il d'une voix chaleureuse.

La mère de Stella lâcha sa fille adoptive, la laissant fêter ses retrouvailles avec son père. Elle se rapprocha de Legolas, resté en retrait et observant la scène avec un air à la fois attendri et inquiet.

« Bonjour ! Tu es sûrement Legolas. Contente de te rencontrer, je m'appelle Agnès. On va tout faire pour que ton séjour ici soit agréable, d'accord ? » dit la dénommée Agnès, en tendant la main.

« C'est gentil à vous… » répondit l'elfe, serrant la main tendue.

« Ah, non ! Pas de 'vous' avec moi. Et pas de 'madame' non plus, c'est Agnès et c'est 'tu'. Entendu ? » répondit-elle avec un rire.

Sans attendre de réponse, la femme mit sa main sur le dos de l'elfe et l'entraina près de la voiture. Au même moment, le père de Stella relâchait son étreinte sur cette dernière. Avec un grand sourire, il lui tendit la main.

« Toi, tu es Lagodas, je me trompe ? »

« Legolas. » réctifia l'elfe.

« Ah, excuse-moi, Agnès parle tellement vite qu'on ne saisit pas toujours tout ce qu'elle dit. Moi, c'est Alan. Bienvenue sur terre, gamin ! » dit le dénommé Alan chaleureusement, en passant sa main dans ses cheveux poivre et sel.

« C'est un surnom affectueux. Il ne sait pas que tu es probablement quinze fois plus vieux que lui. Excuse-le... » dit télépathiquement Stella à l'elfe complètement perdu.

Et voila où ils en étaient. Ils étaient monté dans la fameuse voiture, ledit 'gamin' et la jeune fille à l'arrière. Cette dernière observait le paysage, tandis que l'elfe s'efforçait de réguler sa peur. Ils traversaient maintenant une ville, dans laquelle étaient planté une série d'arbres métalliques à branche unique, avec une seule fleur de verre. Les ''maisons'' étaient immenses, carrées, très différentes des chaumières d'Arda et Enkidiev. Parfois ces habitations étaient empilées les unes sur les autres. Les voitures (il y en avait tant !) roulaient sur un chemin noir et gris, parfaitement lisse et étendu en largeur, parfois traversé par des lignes blanches. Une musique disgracieuse comme quelqu'un qui parle sur fond de percussion, sortait d'un petit appareil à l'intérieur même de la voiture. L'odeur, par contre, était plus qu'écœurante. Une puanteur croissante, qui venait de l'extérieur, presque insupportable.

Stella ne cessait de le sonder. L'elfe, tout absorbé qu'il était par sa contemplation de l'extérieur, ne s'en rendait pas compte.

Elle était énervée. Ne lui avait-elle pas dit que cette terre ne ressemblait à rien de connu ? Que c'était un endroit effrayant ? Et il n'avait encore rien vu. Que se passerait-il quand ils arriveraient à la maison ? Avec la télévision, le micro-onde, la chaine-hifi, l'ordinateur, la douche... Cependant, elle appréciait les efforts déployés par Legolas pour garder un visage neutre et un certain calme. Personne n'aurait put dire, en voyant le beau visage sylvain, qu'il était bouleversé au point de...

« Calme-toi », lui asséna Stella télépathiquement. « Il n'y a pas de danger. Pas de quoi paniquer. »

« Je te crois », répondit Legolas. « C'est seulement... impressionnant... »

« Je te l'avais dit. »

« Et fascinant. »

De fait, plus encore qu'effrayé, l'elfe était stupéfait par ce monde. Ici, pas de nain, pas de fées, pas d'êtres sylvains, seulement des humains. Mais les humains ! Il y en avait des noirs, des jaunes, des blancs, des mélanges, des mélanges de mélanges... Une diversité incroyable, qui fait qu'aucun ne ressemblait à l'autre. Dans tous les monde qu'il avait connu également, mais ici, c'était encore plus frappant. Plus qu'une infinité de têtes différentes, la couleur de la peau l'était également.

« Je ne regrette pas d'être venu. » ajouta-t-il.

La jeune fille acquiesça.

« Si tu te sens bien ici, tant mieux. Le choc passé, tu te rendras compte que cet endroit à son charme, malgré l'odeur de la ville. Surtout en ce moment... »

« Il se passe quelque-chose de spécial ? »

« Oui, une fête. »

Legolas remarqua que, au milieu de chaussées surélevées par rapport aux routes, étaient plantés (ou plutôt posés) plusieurs petits sapins, décorés par d'énormes nœuds dorés, ou une série de boules colorées. Il ne put s'empêcher de se demander quel était l'intérêt d'accrocher des ornements pareils à des arbres. L'elfe retint un rire, à quoi ressemblerait la Forêt Noire si les Sylves faisaient pareil, accrocher des boules colorées aux branches ? Des gros nœuds aux pattes des araignées géantes ?

Enfin, après un moment qui parut très long à Legolas et court à Stella, ils s'arrêtèrent devant une maison carrée de deux étages. Une porte métallique s'ouvrit toute seule, assez grande pour que la voiture puisse s'y engouffrer. Dedans une série de choses inconnues. Une grande boite brune, deux grands cubes blancs métalliques dont un avec une vitre, des outils comme un marteau, une scie, et une hache accrochés au mur; et d'autres bricoles inconnues.

Les quatre passagers sortirent du véhicule. Alan s'avança vers la porte et abaissa un levier minuscule contre le mur. Aussitôt, une petite boule de verre s'alluma, illuminant la pièce comme un soleil miniature et artificiel, rendant à chaque détail sa netteté.

« C'est quand même autrement plus pratique que des torches, non ? » pensa Stella à l'adresse de Legolas.

« Vient voir ta chambre... » proposa la jeune fille.

Elle lui fit signe de la suivre. Elle passa la porte à côté de l'interrupteur, dévoilant l'intérieur de la maison.

Un escalier, recouvert d'un épais tapis, montait à l'étage. Les deux le gravirent, et Stella emmena l'elfe à une porte dont un petit écriteau, décoré d'un nounours qui serrait son oreiller, indiquait ''chambre d'amis''.

Ils entrèrent à l'intérieur. Un lit une personne était installé contre le mur, avec une petite lampe de chevet sur la table de nuit. Il n'y avait pas de décorations au mur, mais une petite bibliothèque remplie de livres en tout genre, aux couvertures de toute les couleurs, bariolées, en cuir, en papier, en carton souple...

Une grande fenêtre, qui donnait sur le jardin, éclairait la pièce grâce aux rayons du soleil qui filtraient péniblement au travers des nuages. Ledit jardin était un petit jardin d'agrément, on voyait une balançoire menaçant de crouler sous la neige, une table bleue foncé couverte de poudreuse, une série de chaises empilées également. Deux grandes haies et un muret de briques rouge délimitaient le petit jardin. Au fond, un buisson à groseilles, et un petit pêcher non loin.

« Bon ! » lança Stella après que Legolas eut survolé toute la pièce du regard. « Voila le programme: D'une, te familiariser avec la maison. Ce qui allume les lumières, ici, ça s'appelle des lampes, ce qui fonctionne avec de l'électricité. Pour les allumer, il faut appuyer sur ce bouton. », dit-elle en pointant l'interrupteur noir au mur.

« Éle... quoi ? »

« É-le-ctri-ci-té. C'est... euh... de l'énergie lumineuse... ce qu'il y a dans les éclairs, si tu veux... »

Legolas afficha un air dubitatif, ne comprenant visiblement pas. Cela s'annonçait compliqué. La jeune fille avait l'impression de se retrouver dans le film « Les visiteurs ». Manquerait plus que l'elfe ne commence à jouer avec les interrupteurs en lançant « jour-nuit », ou « Okay ! »...

« Bon, ce n'est rien. Retiens seulement que rien dans cette maison n'est dangereux, tant qu'on ne fais pas n'importe quoi avec. Je ne serais jamais très loin, si tu as besoin d'aide. »