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Chapitre 11 : Pré-Au-Lard, Lily et Carte de Poudlard

Anthony était troublé. Il était dix heures du matin et il attendait devant la grille de l'école l'autorisation de sortir. Evans était à ses côtés. Ils étaient seuls tous les deux. Aucun de leurs amis, plus ou moins proches, n'était présent avec eux. C'était la première fois depuis longtemps que cela arrivait, en public.

Evidemment, il remarqua les regards curieux de nombreux élèves. Les disputes entre les deux Gryffondor n'étaient pas passées inaperçues. Surtout qu'ils avaient été très proches. Seul un énorme désaccord et des mots durs auraient pu les séparer de manière aussi durable. Anthony avait l'impression de reprendre le rôle de Potter dans le canon. Même s'il ne l'espérait pas. Il n'était pas aussi méchant qu'il aurait pu l'être.

Finalement, ils passèrent sous les détecteurs de Rusard, le concierge. Puis, ils purent emprunter le chemin menant au seul village entièrement sorcier de tout le pays. La foule d'élèves était beaucoup moins compacte puisque chacun devait passer par les détecteurs et la vérification du professeur McGonagall. Ils étaient donc beaucoup moins oppressés.

Du moins c'était la sensation d'Anthony. Il détestait être au milieu de beaucoup de monde. Il trouvait cela très inconfortable. Il avait aussi toujours peur de se prendre un coup dans le dos, que ce fût physique, un sortilège ou un maléfice. Désormais, il pouvait un peu penser à ce qu'elle allait lui dire.

Etant honnête avec lui-même, le garçon savait qu'il n'avait absolument aucune idée de ce que la jeune fille voulait lui dire. Il se demandait même quelle idée avait pu lui traverser la tête pour demander à le voir. Surtout s'ils partaient ensemble à Pré-au-Lard, à la période de la fête des amoureux.

Cependant, comme c'était Evans, Anthony était persuadé que cela n'avait strictement rien à voir. Il était certain d'une chose. Qu'elle avait juste sauté sur la première occasion. De plus, le faire à Pré-Au-Lard permettait de ne pas être à Poudlard. Dans un cadre un peu moins familier. Et en extérieur, ce qui n'était pas rien. Cela éviterait d'abîmer d'éventuelles salles de classe.

En ce jour, il faisait relativement froid. Le thermomètre était à peu près au niveau de zéro degré. Celsius. Pas Fahrenheit. Sinon cela serait beaucoup plus problématique. La neige avait été dégagée des principales artères et du chemin menant de l'école au village. C'était pour éviter les habituelles blessures dues à cette dernière.

Il y avait aussi un autre avantage qu'Anthony vit immédiatement. Les Mangemorts pouvaient attaquer le village, surtout au moment de la journée que les élèves de Poudlard pouvaient passer dehors. Certes, les effectifs des Aurors sur place visaient à éviter cela. Mais, en cas de fuite, courir dans la neige n'était pas pratique.

Dans tous les cas, c'était bien plus pratique pour marcher. En un quart d'heure, ils atteignirent tous les deux le village. Ils commencèrent, sans même se concerter, par aller à la boutique qui vendait des fournitures pour écrire. Cela n'étonnait guère le garçon que sa camarade eut besoin de nouvelles plumes, tellement elle écrivait.

Ils marchèrent ensuite jusqu'à Honeydukes, où ils firent tous les deux le plein de Chocogrenouilles. Il s'agissait des friandises qu'ils préféraient tous les deux chez les sorciers. Anthony n'aimait pas vraiment les autres. Il mangeait en général des bonbons ou des chocolats moldus, qu'il trouvait bien meilleurs. C'était une simple question de goûts.

Finalement, ils allèrent jusqu'au bout du village et finirent par en sortir légèrement, près de la Cabane Hurlante. Anthony pensa immédiatement à Lupin qui y passait toutes les nuits de pleine lune. Cela devait juste être affreux pour lui d'être seul, dans un endroit complètement fermé. Il n'en devint que plus certain de vouloir devenir un Animagus.

Ils s'assirent tous les deux sur un banc en pierre, non sans avoir enlevé toute la neige présente dessus. Il était gelé, mais ce n'était guère gênant. Evans semblait perdue dans ses pensées et Anthony la vit plusieurs fois ouvrir et refermer la bouche, hésitant visiblement à parler. Et surtout comment débuter la conversation. Finalement, il décida de se lancer lui-même à l'eau, ne voulant pas y passer la journée.

« De quoi voulais-tu me parler, commença Anthony ? Je n'ai pas envie d'y passer toute la journée.

-C'est vraiment très important et je… je ne sais pas trop par où commencer, répondit Evans quelques secondes après, probablement surprise par sa phrase.

-Par le début, fit en souriant le garçon, puisque c'était l'évidence même.

-Je… Il y a plusieurs choses dont j'aimerais te parler et je voudrais juste que tu m'écoutes jusqu'à la fin, sans m'interrompre, demanda alors l'adolescente.

-Je ne t'interromprai pas et je t'écouterai jusqu'à la fin, promis alors Anthony. »

Il la vit rassembler visiblement tout son courage. Il détourna ensuite son regard. Puis, elle se lança.

« Je remercie déjà ta mère d'avoir réinstallé les protections autour de ma maison. Elle en a informé mes parents et les a convaincus de me laisser retourner à Poudlard. Ils étaient tombés sur la Gazette du Sorcier un matin, avant que je n'arrive à la prendre. Ils ont appris de cette manière ce qu'il se passe dans le monde de la sorcellerie. Et j'en suis très reconnaissante à ta mère. »

Il avait parlé à cette dernière du problème des protections autour de la maison des Evans. Après tout, ils ne méritaient pas d'avoir leur protection annulée parce qu'il était en froid avec leur fille. Mais il ignorait complètement que cette dernière avait failli ne jamais revenir à Poudlard. Il en aurait été fort désappointé, s'il voulait être honnête.

« Mais ce n'est pas tout ce que j'ai à te dire. Je… J'ai un peu réfléchi à ce que tu m'as dit, l'année dernière avant que tu ne sois… enfin voilà. Je… je suis désolée si je t'ai dit des choses qui t'ont blessé. Ce n'était pas dans mes intentions. Et je suis désolé de ce qui t'es arrivé. Si je n'avais pas dit ça, tu ne serais jamais allé aux toilettes et cela ne te serais jamais arrivé. »

Là, il était en partie d'accord avec elle. Mais il aurait de toute façon eut envie d'aller aux toilettes. Et serait probablement allé à celles-ci, pas très lointaine de leur antre. Et il était certain que l'agression aurait eu lieu à un autre moment, à un autre endroit, avant la fin de l'année scolaire.

« J'ai repensé au fil du temps à ce que tu m'as dit et je… si je suis en partie en désaccord avec toi, je… j'ai un peu changé d'avis. Je… Mon avis est maintenant que l'on peut aussi parfois transgresser les règles. Mais uniquement dans les cas de force majeure. Ou pour d'excellentes raisons. Mais ne jamais, absolument jamais dépasser certaines règles. »

Bon, jusque-là, il était plutôt d'accord avec elle. Restait à savoir ce qu'elle pourrait dire d'autre. Il risquait de moins apprécier.

« Les règlements ne sont pas faits pour être contournés. On doit s'y fier. A part lorsque notre vie est réellement en danger et que les suivre aveuglément causerait notre mort ou celle de d'autres personnes. Mais, si on a le choix, on devrait suivre le règlement. »

Anthony pensa immédiatement au projet d'organisation relativement secrète qu'il avait commencé à mettre au point avec Lord Black pour lutter contre Voldemort. Certes, il n'y prenait plus vraiment part désormais. Mais il avait la sensation qu'Evans n'approuverait pas vraiment cette initiative. Même avec ses buts normalement louables. Elle resterait sur sa position légaliste. Et il ne pouvait lui en vouloir.

Néanmoins, il avait un petit espoir lié au fait qu'elle était destinée à sauver des vies. Ils ne pourraient pas prendre d'assaut les manoirs des Mangemorts principaux. Aussi, ils sauveraient les vies des sorciers et moldus attaqués par ces derniers à la place. Peut-être qu'elle approuverait alors.

« Il y a autre chose d'extrêmement important que tu devrais savoir. Je… Il y a quelques jours, j'ai surpris une conversation entre plusieurs élèves. Ils étaient dans une salle de classe dans un couloir abandonné. J'y passais pour visiter un peu le château, qui est extraordinaire. Tu savais qu'il y avait un véritable conservatoire, fit-elle subitement avec un regard lumineux ? »

Anthony la regarda en haussant les sourcils. Aussi, Evans se reprit avant de continuer.

« Ils parlaient d'une attaque dans le Poudlard Express à la fin de l'année. Et d'un harcèlement dans les couloirs. Je suis partie prévenir le professeur McGonagall. Quand nous sommes revenues, ils avaient disparu sans laisser de traces. Comme je suis une bonne élève, elle ne m'a pas punie. Mais je sais qu'elle ne me croira plus. »

Ainsi Marlène avait raison. Même si ça n'avait été qu'un pressentiment. Il était même possible qu'Evans lui en ait parlé. Il trouvait cela totalement impossible qu'elle ne l'eut pas fait. Probablement à Alice aussi. Peut-être même à Saphir, via Severus. Ce dernier était certainement au courant. Et en avait probablement parlé à la meilleure amie du rouge et or, de qui il était très proche.

« Je… j'ai aussi une mauvaise nouvelle. L'épée de lumière que tu voulais faire est finalement infaisable. Il faudrait des matériaux n'existant qu'en faibles quantités sur la planète pour fabriquer un manche capable de tenir des runes suffisamment puissantes pour contenir une telle masse d'énergie. »

Ça, c'était une réelle mauvaise nouvelle, pensa Anthony. Il ne pourrait donc pas compter dessus pour détruire les Horcruxes. Ce qui l'obligeait à trouver un moyen de descendre dans la Chambre des Secrets pour y tuer le basilic et prendre un de ses crochets. Bon, il savait comment faire la dernière partie. Mais la première serait vraiment très compliquée. Et il n'avait pas d'idée.

« Je… Marlène m'a demandé de t'en parler. Je… Elle pense que tu saurais quoi faire pour préparer ce qui pourrait arriver.

-A part nous entraîner et redoubler de vigilance, je ne vois pas trop, fit Anthony, dépité.

-Tu n'avais pas une carte devant indiquer la position en temps réel de chaque personne dans Poudlard, demanda Evans après quelques secondes de réflexion ? Au moins en projet ?

-C'est Saphir qui l'a repris. A vrai dire, je ne sais pas trop où elle en est pour le moment. Mais elle a aussi son projet de sortilège pour percer les boucliers. Elle va tenter de mettre au point une version légère, qui percerait juste les boucliers les plus simples, et donc les plus utiliser.

-Tu devrais le savoir aussi vite que possible. S'il y a besoin d'aide, je suis prête à vous aider, proposa courageusement Evans.

-Merci de ta proposition, répondit platement Anthony, ne sachant pas réellement quoi d'autre répondre à cela. »

Un long silence s'établit alors entre eux. Personne n'avait quoi que ce fut à dire. Ou plutôt, aucun des deux n'osait dire un mot. Anthony, lui, songeait à ce qu'elle venait de lui révéler. Certaines craintes étaient confirmées et d'autres fortement accentuées. Il se demandait bien comment il arriverait à certains objectifs.

« Je veux bien te pardonner, fit finalement Anthony. Je… j'ai aussi ma part de responsabilité dans notre dispute. J'aurais dû tout mettre au clair avec toi la première et ne pas attendre la prochaine dispute.

-Tu accepterais que l'on devienne à nouveau amis, demanda Evans, visiblement avec espoir ? Comme avant nos disputes et ton agression ?

-Je suis entièrement d'accord, Lily, répondit simplement le garçon avec un sourire. »

Sourire qui s'étendit aussi sur les lèvres de la jeune fille. Elle semblait sincèrement heureuse de cela. Et cela le rendait lui aussi heureux. Il avait oublié qu'il lui en fallait aussi peu pour l'être.

« Mais j'ai quelques mauvaises nouvelles pour toi, continua-t-il en perdant son sourire. Je n'ai aucune idée de l'avancement de la Carte de Poudlard. Saphir se concentre surtout sur une version plus légère du sortilège de perforation. Une qui serait à même de percer le Protegoet les boucliers les plus simples.

-Ce serait déjà ça de gagné, répondit Lily avec un sourire triste.

-J'ai essayé de trouver un moyen pour repérer avec précision les ennemis et les amis dans un certain rayon. Mais c'est beaucoup trop complexe. Et ce serait trop compliqué à gérer pour un être humain de notre âge. Sans compter la magie pour y parvenir.

-Au moins tu as essayé, fit simplement la rouquine.

-J'ai, en revanche, inventé un nouveau sortilège, voulut lui remonter le moral le garçon aux cheveux châtains, n'aimant pas la voir triste. Il permet deux choses simultanément. Tu vises un point et il permet d'aveugler et d'assourdir tout le monde dans un rayon de trois mètres autour du point visé. »

Il avait, en effet, rapidement modifié le fonctionnement du sortilège. La version de base s'utilisait comme une grenade. C'était plus simple à utiliser et il n'y avait pas vraiment besoin de viser une personne précise. La version plus avancée permettait de viser une personne en particulier. La formule était alors Granatus Personae. Oui, il avait pris des mots relativement simples.

« Tu me l'apprendras, demanda alors Lily avec un grand sourire ?
-Je compte le faire apprendre pendant le CAC, quand j'aurai repris la tête de ce dernier. Mais je te l'apprendrai avant, à condition que tu ne l'utilises pas pendant le CAC, ajouta-t-il en voyant son air triste, qu'il n'aimait pas. »

Aussitôt, Lily l'embrassa sur la joue. Il se sentit un peu rougir. Mais cela fut interrompu par leurs estomacs, qui se rappelèrent à leurs bons souvenirs. Ils éclatèrent tous les deux de rire. Une fois calmés, ils se décidèrent d'aller manger un morceau aux Trois Balais. Ils se racontèrent alors un certain nombre d'événements vécus entre temps.

Une fois l'après-midi bien avancée, ils se mirent à rentrer au château, voulant retrouver leurs amis respectifs. Toutefois, Lily ne semblait pas vraiment en avoir terminé avec lui.

« Je… Je sais que je ne suis venue que tard quand tu étais inconscient. Mais je n'arrivais pas à venir te voir. J'avais peur que tu ne meures définitivement si je venais vu que c'était à cause de moi ce qui t'étais arrivé. Et je… »

Anthony s'était arrêté et avait attrapé Lily avant de la tourner vers lui. Il la regardait droit dans les yeux. Elle avait un regard très triste. Presque honteux. Qu'il voulait voir disparaître très rapidement de son visage.

« Tu n'y es pour rien dans mon agression, Lily, fit doucement le rouge et or. Cela serait certainement arrivé à un moment où l'autre et tu n'aurais rien pu faire. Et c'est ta présence qui a terminé de me convaincre de revenir dans le monde des vivants. Je détestais te voir dans l'état dans lequel tu étais à ce moment-là. Et j'aurais tout fait pour l'enlever.

-Je…

-Lily, la coupa le garçon. Tu n'y es pour rien et tu n'y seras jamais pour rien. Quoi qu'il arrive entre nous. Je t'ai dit que je te pardonnais ce que tu avais dit et fait. Je le pense sincèrement. Sinon je ne te le dirais pas du tout, tu le sais bien.

-Si je ne t'ai pas répondu quand tu m'écrivais sur nos journaux, c'était juste que je ne savais pas quoi dire. Et je n'arrivais pas à t'écrire quelque chose de convenable. J'en suis désolée. »

Il vit les larmes poindre dans les yeux de la jeune fille. Aussi, Anthony l'attira contre elle. Lily commença à pleurer toutes les larmes de son corps en répétant continuellement qu'elle était désolée et qu'elle s'en voulait d'avoir été une aussi mauvaise amie. Le garçon, lui, la rassurait du mieux qu'il pouvait.

Mais la jeune fille finit par arrêter de pleurer. Les deux adolescents restèrent cependant un certain temps ainsi. Jusqu'à ce que la nuit commençât à tomber. Ils se séprarèrent d'un bon avant de reprendre le chemin de Poudlard. Il valait mieux rentrer le plus tôt possible. Il ne faisait pas très bon d'être dehors à la nuit tombée quand on ne pouvait se défendre contre des Mangemorts.

Anthony, lui, était en plein conflit intérieur. Il se demandait s'il pouvait parler de la Magie Sans Baguette à Lily. Elle serait certainement très intéressée. Mais ce n'était pas seulement son secret. C'était aussi celui de Saphir, Marlène et Alice. Et il avait besoin de leur accord pour que la rouquine les rejoigne. En attendant, il voulut la remercier pour son cadeau de l'année précédente.

« Je te remercie pour le livre l'année dernière. Il est vraiment très pratique, fit-il simplement, ne sachant pas trop comment le dire.

-De rien. Et je te remercie pour ton cadeau de cette année, répondit-elle en n'osant pas le regarder en face.

-Je t'en prie, sourit Anthony. »

Cinq, quatre, trois, deux, un… songea-t-il.

« Savais-tu qu'il y avait des potions qui pouvaient te permettre de ne pas avoir d'ampoules pendant plusieurs heures ? C'est vraiment pratique pendant que tu cours… pourquoi est-ce que tu rigoles, s'offusqua soudainement Lily ? »

Anthony riait ouvertement après avoir échoué à se contenir. Il avait eu raison. Elle était incapable de se retenir quand on parlait de livres. Surtout lorsque cela la passionait. Or Lily adorait, et même plus que cela, les potions. Seul Severus pouvait la dépasser dans leur année. Et c'était ce qui l'avait fait rire.

« C'est juste que tu ne peux pas t'empêcher de parler d'un nouveau livre, lui expliqua-t-il alors qu'elle commençait à bouder. »

Il ne put s'empêcher d'apprécier son petit minois vexé. Elle était craquante… non. Il n'avait pas le droit de penser cela. Ils étaient amis. Purement et simplement amis. Rien de plus. Il n'y aurait jamais rien de plus. Point à la ligne. Surtout si Potter commençait à vouloir sortir avec elle, même s'il espérait plutôt le faire avec Kathleen pour le moment.

Ils rentrèrent finalement au château sous les coups de dix-sept heures. Il faisait déjà nuit dehors quand ils pénétrèrent dans les murs de l'école. Ils entendirent Rusard maugréer contre eux mais ne s'en formalisèrent pas. Les deux adolescents allèrent alors à la tour des Gryffondor. Ils voulaient travailler un peu. Et pour cela, il fallait prendre les affaires dans les dortoirs.

Il avait néanmoins réussi à s'isoler quelques secondes pour répéter la formule pour devenir un Animagus. Le motif avait été simple à trouver puisqu'il avait justifié cela par une envie pressante. Il s'était quelque peu éloigné, avait récité la formule et était ensuite revenu l'air de rien vers la jeune fille qui l'attendait en souriant.

Quand ils pénétrèrent dans la salle commune des rouge et or en rigolant à une situation cocasse lors d'un cours de Sortilèges, l'ensemble des élèves présents se tut subitement. Intrigués par ce silence, les deux adolescents se turent eux aussi et regardèrent autour d'eux.

Tout le monde les regardait avec des yeux exorbités. Comme si la vision d'Anthony et Lily, riant ensemble, était totalement impensable. Le garçon vit Marlène sourire aux anges. Probablement qu'elle était heureuse de les voir s'entendre bien à nouveau. Après tout, c'était ce qu'elle voulait, non ?

« Je te propose que l'on récupère vite fait nos affaires et que l'on file à la bibliothèque, murmura le garçon à celle qui était à nouveau son amie.

-Excellente idée, répondit cette dernière sur le même ton, passablement stressée par ces regards. »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les deux jeunes gens se précipitèrent dans leurs dortoirs alors que les conversations reprenaient leurs cours, ou presque. Car Anthony était certain d'une chose. Cela allait faire le tour de l'école d'ici le dîner. Aussi, il se précipita de prendre ses affaires. Il voulait aller travailler aussi vite que possible.

Ils arrivèrent assez rapidement à la bibliothèque. En effet, Lily voulait toujours y arriver relativement rapidement. Elle avait donc trouvé plusieurs passages secrets permettant de réduire fortement le temps de trajet entre la Salle Commune et l'antre de Madame Pince. Elle adorait vraiment cet endroit, songea le garçon.

Ils s'installèrent dans un coin et commencèrent à travailler la Métamorphose. Lily y avait toujours des difficultés pour réaliser les sortilèges. Et elle n'avait pas eu grand monde pour l'aider depuis qu'ils s'étaient disputés. Mais, là, il allait l'aider pendant qu'elle l'aiderait pour les Sortilèges, même si c'était moins urgent.

Naturellement, quand ils arrivèrent tous les deux au dîner, tout Poudlard était au courant de leur réconciliation. Cela était plus que prévisible et certaines personnes ne purent s'empêcher de dire que c'était une bonne nouvelle. Quelques-unes, comme les Maraudeurs, Marie Fawley ou Kervan ne purent s'empêcher de leur demander :

« Du coup, vous vous marriez quand ? »

Quand il s'agit des deux derniers, Anthony prit cela à la rigolade, bien qu'il remarquât un rougissement des joues de son amie. Probablement intimidée par la préfète-en-chef et le préfet de Gryffondor. Néanmoins, quand il s'agit des Maraudeurs, elle fut bien plus démonstrative, comme son acolyte.

Les quatre énergumènes se retrouvèrent aspergés d'eau ou de divers aliments avant même d'avoir pu comprendre ce qui leur arrivait. Anthony avait même, légèrement, utilisé la magie sans baguette l'air de rien. Cela attira un regard surpris de la rouquine, bien au contraire de Marlène et Alice. Ce qui ne manqua pas d'attiser la curiosité de l'adolescente, qui décida de lui faire passer un interrogatoire, qu'il parvint à éviter.

Finalement, le dîner se termina et Anthony rejoignit leur salle de classe privatisée. Il devait d'ailleurs songer au changement de nom. L'Antre faisait un peu trop sombre et tanière de grand méchant pour ce que cela était réellement. Rejoint par Saphir, il décida donc de lui faire proposition, qu'il pensait correcte :

« Est-ce que tu penses qu'un autre mot pour désigner notre antre ne serait pas plus approprié, demanda-t-il ? J'ai pensé à un truc comme « laboratoire » ou quelque chose dans le même genre. Sinon, on risque de se faire espionner par des professeurs.

-Je pense que le nom de laboratoire ferait aussi un craindre le pire. Sinon, on peut aussi ne pas lui donner de nom quand on se parle. Ce serait beaucoup plus simple.

-Pas con, songea Anthony. Ils croiront peut-être qu'on se retrouve simplement pour travailler à la vue et au su de tout le monde.

-C'est exactement ça, confirma sa meilleure amie. Ils seront loin de se douter de ce qu'on fait ici. D'ailleurs, à ce propos, continua-t-elle. Il faudra que cet été nous reprenions nos affaires. Cela éviterait tout risque de vol, ou de découverte de la salle par un professeur. »

Le garçon acquiesça. Elle avait raison sur ce dernier sujet. Les risques étaient beaucoup trop grands. Et ils n'avaient pas de choses lourdes pratiquement intransportables non plus. Du coup, ils pourraient facilement tout embarquer en se répartissant les affaires. Ils pourraient ainsi continuer sur les mêmes projets et avoir tout le matériel chez eux.

Bon, l'année précédente, il avait quelques circonstances aténuantes. Et celle d'avant, il avait tout simplement oublié de prendre ses affaires, tandis que Lily allait avoir du mal à travailler cela chez elle, tout comme Severus.

Les jours suivants, il commença à passer un peu plus de temps avec Lily, ainsi qu'avec Severus, l'une allant rarement sans l'autre. Bon, en réalité, ils travaillaient tous les trois à la bibliothèque. Chacun aidait les autres sur ses points forts et leurs points faibles. Du moins dès que cela était possible.

Puis, petit à petit, Lily et Severus commencèrent à revenir dans la salle privatisée, qu'Anthony surnommait le laboratoire quand il n'y avait personne autour. Parce qu'il était vrai que c'était plus ou moins cela. Ils y faisaient des expériences avec des sortilèges, des maléfices ou même des potions. Surtout depuis que le Serpentard était revenu.

Mais très vite, des considérations plus importantes reprirent le dessus. Et Anthony décida d'enseigner le Sortilège de Grenade à ses amis. Il l'apprendrait ensuite au CAC. Après tout, s'il avait le moindre problème, il devait bien y avoir des gens qui le maitrisaient pour ensuite le faire apprendre. Après avoir montré le geste, il fournit les explications autres que le fonctionnement du sort.

« Il vaut mieux qu'une seule personne l'utilise quand vous êtes plusieurs. Cela vous permettra d'éviter les surutilisations et de perdre du temps à lancer le sort. Une seule personne suffit pour une zone restreinte. Pas besoin de trois ou quatre. Il a un effet variant entre dix et vingt secondes, en fonction des personnes.

-Est-ce qu'il y a un moyen de le contrer, demanda Lily ?

-On va voir ça tout de suite, sourit Anthony. On va s'éloigner. Tu vas invoquer un Charme du Bouclier et je vais ensuite t'envoyer le sortilège. On verra bien. »

Il fallait dire qu'il n'en savait pas grand-chose, dans les faits. Il espérait qu'il fonctionnerait quand même. C'était largement préférable. Mais il savait aussi que si cela ne marchait pas, il ne pourrait rien faire. Percer un Protegoétait particulièrement compliqué pour un sortilège qui n'était pas offensif.

« Protego, cria Lily, une fois qu'ils furent suffisamment éloignés.

-Granatus,répliqua Anthony en visant un point juste devant elle. »

Le sortilège fusa et une petite explosion jaillit. Aussitôt, la rouquine commença à tituber et à faire de grands gestes. Cela dura une grosse vingtaine de secondes pendant lesquelles ils s'inquiétèrent grandement pour elle, même s'ils n'osaient faire un geste. Puis, elle passa une main devant ses yeux et sourit avant de déclarer :

« Il fonctionne parfaitement. Peut-être parce que tu ne vises pas une personne directement mais un point devant elle qui n'est pas protégé par le bouclier. On peut tester en visant au-delà du bouclier, demanda finalement Lily ?

-Tu es certaine de vouloir réessayer ? Je l'ai testé uniquement sur moi et jamais autant en aussi peu de temps, voulut négocier Anthony ?
-Je prends sa place, répondit alors Severus, certainement désireux de vouloir épargner d'éventuels problèmes à sa meilleure amie. Comme ça, on évitera d'éventuels problèmes.

-Alors en place, finit par décider le rouge et or. »

Ils recommencèrent et Anthony visa, cette fois, un point derrière le bouclier érigé par son ami. Ce dernier sembla perdu et un peu abattu, mais uniquement quelques secondes. Severus finit par revenir dans un état normal et expliqua ce qu'il s'était passée. De loin la plus douée en sortilèges et la personne lisant le plus de livres sur n'importe quel sujet, Lily eut, évidemment une réponse presque toute faite :

« Ce n'est pas vraiment anormal. Le bouclier semble ne pas encaisser le coup du sortilège, comme il le fait vraiment très souvent. Du coup, il doit en absorber une partie de la puissance. Ce qui affaiblit alors l'efficacité du sortilège.

-Ce qui est pratique, intervint Saphir. Bon, cela devrait être démontré contre des Charmes bien plus puissants. Mais notre puissance et donc celle du sortilège iront en s'accroissant au fil du temps. Le rayon ne devrait pas changer à l'avenir. Mais la puissance si et donc son efficacité, exposa-t-elle simplement. »

Elle n'exprimait pas énormément. Beaucoup moins que Lily par exemple. Ou que Marlène et Alice, qui pouvaient être de véritables pipelettes si elles avaient des choses à dire. Mais c'était souvent fort à propos et vraiment très utile à écouter. Et même très instructif. Car Saphir connaissait énormément de choses sur la Magie. Bien plus qu'il n'en connaissait lui-même, Anthony en était sûr.

Ils finirent donc par s'entraîner à tour de rôle et chacun subit une fois le sortilège. Car il valait mieux connaître ses effets. On ne savait jamais. Si quelqu'un le fournissait aux Mangemorts, ils pourraient l'utiliser contre eux. Néanmoins, cela fit se poser une question à Anthony. Pouvait-on déposer un brevet sur un sortilège ?

En contactant le service dédié aux Brevets, le garçon eut très vite une réponse. C'était impossible. Les sortilèges appartenaient à tout le monde, disaient les sorciers, car la magie était l'affaire de tous les sorciers. En revanche, il était possible de déposer, ce qui n'existait pas dans le monde moldu, un « Acte de Paternité ». Cela permettait de revendiquer officiellement la création du sort.

Il y avait toutefois des limites à l'utilisation du sortilège. Etant un sortilège dit « de combat », il ne pouvait être utilisé dans des objets sans l'accord du créateur, ou de son héritier principal, ou de tous ses héritiers s'ils étaient égaux. Il fallait également l'accord du Ministère. Cela visait à éviter la création d'objets dangereux pour la population. Ainsi que la création de bombes pour commettre des attentats.

Naturellement, Anthony suivit toute la procédure. Comme il était le Lord McKinnon, sa requête fut très rapidement approuvée. Il en était presque déçu. Lily n'aurait eu pas autant de chance. Et elle aurait même pu être refusée, y compris pour le même sortilège. Mais ce qu'Anthony apprit quelques jours plus tard le stupéfia.

Le sortilège avait très vite tourné dans différents bureaux du Ministère. Et avait fini par atterrir sur la table de Greengrass, le commandant du corps des Aurors. Ce dernier fut vivement intéressé. Et le fit rapidement apprendre à ses hommes. Il envoya même une lettre à Anthony, le remerciant d'avoir inventé ce sortilège, qui sauverait certainement beaucoup de vies à l'avenir.

A chaque levé et couché du soleil, Anthony et les Maraudeurs répétaient inlassablement la même formule pour devenir des Animagi. Ils n'hésitaient pas à se le rappeler par des petites remarques. En effet, ils s'étaient promis d'y arriver tous les quatre ensembles. Si l'un d'eux oubliait, les trois autres arrêteraient aussitôt et ils recommenceraient à zéro. Or, personne n'en avait envie.

Ils s'étaient également concentrés sur autre chose. Ils lisaient, une heure par semaine, tous les quatre, le livre offert par Ariane sur les animaux. Ils se renseignaient sur les interactions entre eux, leurs comportements. En résumé, toutes les informations qui pourraient leur être utiles. Parce qu'il faudrait tout de même être convaincants.

Puis, fin février, Anthony sauta le pas avec Saphir. Il s'agissait de lui demander où elle en était dans la Carte de Poudlard. Elle avait repris le projet au début de l'année scolaire. Mais n'en avait pas beaucoup reparlé depuis lors. Sauf un petit peu pendant les vacances de Noël et pour dire qu'elle ne pourrait pas faire certaines choses. Sinon, il n'avait aucune nouvelle.

Il profita donc d'un moment où ils étaient tous les deux dans leur salle de classe privatisée pour commencer à lui en parler. Il ne voulait pas le faire devant tout le monde ni devant ses cousines, qui n'étaient pas au courant de son existence. Il valait mieux éviter les problèmes.

« Est-ce que tu pourrais me dire où ça en est, le projet de la Carte de Poudlard, demanda-t-il finalement, incertain du ton à adopter ?

-Je suis en train de le tester sur des petits plans, expliqua Saphir, après un regard plus qu'étonné. J'ai réussi à avoir les combinaisons de runes et autres sortilèges pour rendre le plan opérationnel. Mais là, je suis en train de voir pour tester sur des plans assez petits. Tiens, regarde. »

Ce faisant, elle sortit un parchemin de son sac. Elle le retourna. Anthony sursauta en voyant son nom et celui de sa meilleure amie dans un dessin représentant exactement les contours de la salle dans laquelle ils étaient. Il avait l'air de vraiment marcher du coup. Mais il ne comprenait pas une chose.

« Pourquoi est-ce que tu attends encore un peu ? Il m'a l'air de parfaitement marcher ?

-Pour les protections, lui fit savoir la Serpentard. Je n'ai pas encore parfaitement réussi à les mettre au point. Et je n'ai pas envie de commencer avant d'y avoir réussi. »

Ah. Effectivement, il comprenait un peu mieux pourquoi elle n'avait rien fait. Néanmoins, il souhaitait avancer un peu plus dans le projet et commença à se faire une remarque.

« On a un petit problème, fit-il subitement. On ne pourra pas accéder aux salles communes des Poufsouffle et Serdaigle. Ce qui peut poser problème pour veiller sur tout le monde. On n'a pas de possibilité pour les infiltrer non plus sans révéler le projet, ce que je n'aimerais pas vraiment faire. »

Le sourire machiavélique de sa meilleure amie lui fit soudainement très peur.

« Il nous suffira de prendre du Polynectar, remarqua-t-elle. Puis de choisir une cible et de parvenir à la copier suffisamment de temps pour tout enregistrer.

-Heu, ce n'est pas un peu dangereux ? Cela dure environ une heure comme effet. C'est assez court, surtout pour prendre des notes sur toutes les dimensions tout en rejoignant les salles communes et les dortoirs. Sans compter que je ne pourrai pas aller dans ceux des filles, même si j'en ai l'apparence avec le Polynectar.

-On trouvera une solution, supposa Saphir.

-Nous pourrions en parler à Kathleen, songea le Gryffondor à haute voix. Elle pourrait assez facilement nous aider. Elle va parfois chez les Serdaigle et connaît bien ces derniers puisqu'elle y soutient des élèves des années inférieures à la nôtre.

-Mais tu ne voulais pas faire en sorte que personne ne le sache, fit remarquer Saphir ?

-Kathleen ne dirait rien, décida Anthony. Surtout si on lui en fait un exemplaire. Je pense même qu'elle serait probablement d'accord. Et puis, elle aimerait certainement en avoir un pour veiller sur ses petits protégés. Elle peut être très mère poule avec eux.

-Alors je te laisse lui en parler. On commencera à faire les plans de tout Poudlard vers fin mars. »

Anthony ne parvint à se décider à parler à Kathleen que quelques jours plus tard. Il avait longuement hésité sur la manière de lui en parler. Et sur ce qu'il allait lui dire ou non. Ainsi que l'endroit où ils pourraient avoir leur conversation. Il valait mieux éviter un refus de sa part, ou sinon le projet deviendrait rapidement assez compliqué.

Le rouge et or eut l'occasion à la fin d'un cours de Botanique. Ils étaient toujours en binôme lors de ces derniers. Aussi, il tarda un peu à ranger ses affaires pour sortir en même temps que l'adolescente. Il l'interpella alors qu'ils marchaient tous les deux vers le château.

« Est-ce que je pourrais te parler en privé ce soir, demanda finalement Anthony ? Juste après le cours de Sortilèges ? C'est à propos d'une chose vraiment très importante. »

Kathleen se tourna vers lui et le regarda suspicieusement. Mais elle finit par hocher la tête, donnant ainsi son accord à leur entrevue.

« On se retrouve à la sortie du cours de Sortilèges, décida-t-elle. On ira quelque part où on sera tranquille pour discuter comme ça. »

Anthony hocha la tête à son tour. Il n'était pas vraiment en position d'exiger quelque chose.

La fin des cours venue, ils se retrouvèrent au moment prévu, à l'endroit prévu. Puis, il suivit la petite blonde à travers les couloirs. Elle salua les plus jeunes qu'elle croisa et eut des mots gentils pour chacun d'eux. Les élèves de Deuxième Année saluèrent même Anthony, le voyant souvent au CAC de leur promotion.

Finalement, après quelques minutes de marche, ils passèrent derrière une tapisserie. Cette dernière révélait un petit couloir, assez bas. Ils furent rapidement obligés de se mettre à quatre pattes pour y progresser. Passant derrière Kathleen, Anthony ferma les yeux pour éviter de les fixer sur le derrière de celle qui l'appelait son ami. Il déboucha néanmoins assez rapidement sur une petite salle.

Cette dernière était décorée aux couleurs de Poufsouffle. Une ambiance chaleureuse y régnait. Pour un peu, il se serait presque senti à la maison, dans le bureau de sa mère, lui aussi aux couleurs des Poufsouffle. Un feu ronflait dans une cheminée. Il diffusait une douce chaleur plus qu'agréable. Il y remarqua aussi une petite bibliothèque et beaucoup de parchemins, sur lesquels il ne s'attarda pas.

Suivant les consignes de la jeune adolescente, il s'assit sur l'un des confortables fauteuils. Non sans lui expliquer où ils étaient, répondant à son interrogation silencieuse.

« Nous sommes dans une pièce secrète. Je l'ai découverte en début d'année. Elle me sert si je veux m'isoler et être tranquille pendant quelques heures. Un peu comme toi quand tu disparais avec Yaxley ou tes cousines. Ou Evans et Rogue d'ailleurs. »

Ces explications faites, elle l'invita à débuter ses explications, ce qu'il fit très rapidement.

« J'avais le projet d'une carte de Poudlard qui indiquerait en permanence la position de chaque personne, familier et fantôme à l'intérieur du château et du parc, expliqua Anthony. J'ai partagé cette idée avec Saphir, Lily et Severus l'année dernière. Mais, on a eu d'autres priorités. Ce qui fait que le projet a été beaucoup retardé.

En fait, poursuivit-il, je ne m'y suis intéressé à nouveau que récemment, à cause des nouvelles que m'a apporté Lily. Saphir avait repris le projet et est pratiquement parvenue à en créer un prototype, qui ne compte pour le moment qu'une ou deux salles, selon elle. Il lui reste encore les protections à mettre en place.

Or, comme je l'ai dit, c'est un plan de Poudlard. Dans l'idéal, il représenterait aussi les salles communes et dortoirs, je pense que tu te doutes pourquoi. Cela permet de mieux surveiller tout le monde. Et de mieux protéger les élèves qui seraient éventuellement sortis de leurs salles communes un peu à l'aventure. Et de vérifier les dangers pour leur santé.

-Et vous avez besoin d'un plan des locaux de Poufsouffle, je présume, avança Kathleen.

-C'est cela même, confirma Anthony, n'allant pas tourner autour du pot. Ainsi que de Serdaigle, vu que personne dans notre groupe n'y est. Mais…

-Je peux t'avoir les deux, le coupa la Poufsouffle. Je vais souvent chez les Aigles pour aider une élève de Première Année et parler de problèmes divers avec Bones.

-Merci, lui sourit le garçon, qui était comblé de joie, puisqu'il s'était attendu à bien plus de résistance de sa part.

-A deux conditions, nuança Kathleen qui perdit tout sourire.

-Lesquelles, demanda le châtain ?

-La première est que je puisse moi aussi avoir un exemplaire de la carte. Et que je puisse définir ma version des protections, exigea-t-elle.

-C'est d'accord, fit-il rapidement. Saphir va certainement faire des mots de passe pour chacun. Ce sera plus simple pour un simple parchemin que des choses bien plus difficiles, certes plus efficaces mais plus compliquées à mettre en place.

-Alors ça marche, accepta l'adolescente qui sembla hésiter et détourna légèrement le regard tout en rougissant fortement. La deuxième condition est que tu m'accompagnes à la prochaine sortie à Pré-au-Lard.

-Je… Heu… Je… bafouilla Anthony. »

Alors ça, c'était une condition plus ou moins inattendue. Néanmoins, il y avait un petit doute à lever malgré tout. Parce qu'il voulait que tout soit clair :

« Tu veux que je t'accompagne à quel titre, demanda le garçon ? »

Kathleen sembla interdite puis se vexer. Elle lui répliqua vertement :

« Laisse tomber. Je ferais le plan et je demande juste à faire partie du projet. C'est tout ?

-C'est tout, fit Anthony, plutôt incertain de l'attitude à adopter.

-Alors bonne journée. »

Le Gryffondor comprit qu'il valait mieux pour lui de s'en aller aussi vite que possible. Elle pouvait être particulièrement dangereuse vexée. Aussi, il repassa le passage vraiment très bas et sorti de derrière la tapisserie. Puis, il rejoignit la salle de classe qu'ils avaient privatisé.

Il devait informer Saphir de l'évolution du projet et de la conversation puisqu'elle en était la responsable. Et la première à être réellement impactée. Par contre, il ne lui parlerait pas de la deuxième condition. Ce n'était pas vraiment la personne la plus à même de lui répondre. Peut-être qu'Alice ou Marlène le pourraient. Voire Lily.

Quand il lui apprit la nouvelle, l'adolescente lui sourit simplement. Avant de lui expliquer où elle en était dans les protections de la carte.

« J'ai tenté de faire les mêmes choses que toi pour les carnets. Mais c'était impossible puisqu'il aurait fallu faire le plan sur du bois. Ce qui est fort peu pratique pour le transporter, commença-t-elle.
-Tant qu'il y a des protections, ça devrait aller, fit remarquer Anthony.

-Je suis d'accord. J'ai opté pour une autre voie alors. J'ai décidé que nos protections seraient des mots de passe. Chacun aurait son propre mot de passe. Comme ça, pas de problèmes quelconques de déclenchements intempestifs de sortilèges de protection.

-Et si quelqu'un tente de l'ouvrir et de l'utiliser, demanda le rouge et or ?

-Alors une phrase plus ou moins drôle sera affichée. Probablement une blague complètement nulle, haussa les épaules Saphir. J'ai aussi pensé à imperméabiliser le parchemin, ainsi qu'à le rendre insensible au feu.

-C'est une excellente idée, s'enthousiasma le garçon avec un grand sourire.

-Je sais, je l'ai eue, répondit sans aucune modestie sa meilleure, elle aussi en souriant. »

Aussitôt, il se mit à la chatouiller et ils partirent dans une nouvelle « dispute » de chatouilles, comme ils en faisaient régulièrement. Puis arrivèrent Marlène et Alice. Ils allaient devoir travailler désormais sur la Magie Ancienne.

Il avait plutôt bien progressé dans ce domaine, songea-t-il. Surtout par rapport à ses débuts où il galérait énormément pour simplement apercevoir les courants de magie autour de lui et des différentes personnes. Désormais, il avait beaucoup avancé. S'il n'atteignait certainement pas le niveau de Dumbledore, il se considérait comme pas mauvais dans le domaine.

En effet, il arrivait désormais à viser correctement à plusieurs mètres avec son jet d'eau. Il arrivait aussi à en moduler la puissance. Pour le plus grand déplaisir de Marlène qui avait tenté un jour de le taquiner alors qu'il se concentrait. Elle avait réalisé un vol plané de plusieurs mètres. Le garçon l'avait aussitôt soignée.

Désormais, il se concentrait pour rafraichir l'eau jusqu'à obtenir de la glace. Il voulait réussir à geler les personnes devant et autour de lui. En général, Marlène restait à proximité pour enlever toute glace problématique. Elle-même avait aussi bien progressé dans sa maîtrise du feu. Au point qu'elle pouvait en devenir effrayante si elle désirait. Mais elle s'était jurée de ne pas l'utiliser contre des élèves.

Alice, elle, avait bien avancé elle aussi. Désormais, elle parvenait à déséquilibrer sans problèmes divers objets avec des vents plus ou moins violents et localisés. Bon, elle était loin de déclencher une véritable tempête. Mais ce seul pouvait déjà être suffisant dans un duel puisqu'il empêcherait l'adversaire de viser correctement.

Saphir, elle, était la plus avancée des quatre élèves. Elle arrivait sans problème à faire apparaître de la terre dans les quantités désirées, à envoyer des mottes de terre à de nombreux mètres pour déconcentrer ses adversaires voir les enfouir en partie dessous. C'était réellement impressionnant à voir pour Anthony. Elle commençait même à tenter d'être en communion avec la nature pour dialoguer avec elle et tenter de l'utiliser.

Ils avaient tous les quatre également bien avancé sur l'Occlumancie. Anthony avait complètement terminé les protections de la cour et le donjon de son château. Désormais, il allait s'occuper des murailles. Ou plutôt de la première rangée de murailles. Néanmoins, ils avançaient beaucoup plus lentement qu'auparavant. Ils se concentraient tous les quatre prioritairement sur la Magie Ancienne.

Il y avait autre chose. Ils commençaient à étudier la théorie de la Légilimancie. Le but était de savoir comment seraient les protections des autres et pouvoir aisément les estimer. Bon, ils avaient encore beaucoup de chemin, il fallait être honnête. Ils ne comptaient pas commencer à lancer le sortilège avant le début de la quatrième année, au moins.

Surtout, Saphir, Anthony, Lily, Severus et Kathleen avaient pu commencer la Carte de Poudlard. C'était un travail gigantesque à réaliser. Ils allaient devoir trouver tous les passages secrets qu'ils pourraient trouver. Cela n'allait pas être simple. Il existait vraiment un nombre impressionnant. C'était sans compter aussi sur ceux spécifiques aux maisons, comme l'avait révélé la Poufsouffle :

« Chaque maison a ses propres passages secrets. J'en ai trouvé deux pour les Poufsouffle. Ils sont complètement oubliés de nos jours. Ils partent certainement de chaque salle commune ou des environs de cette dernière. Et un élève d'une autre maison ne peut y accéder que s'il est accompagné d'un élève de la bonne maison. J'ai testé avec Chester Boot. »

Ce qui n'arrangeait pas les problèmes des cinq adolescents, qui allaient avoir réellement beaucoup de travail. Aussi, Anthony proposa quelque chose de très simple. Selon lui, il valait mieux à la fois se répartir le travail et ne pas trop en faire, au risque de craquer psychologiquement dans le cas contraire, ce qu'il voulait éviter.

« Je propose qu'on s'occupe de se répartir le travail. On se répartit les étages et toutes les salles annexes. Il vaut aussi peut-être mieux qu'on soit en général deux ou trois pour faire les plans. Histoire d'éviter les problèmes avec certains élèves plus ou moins partisans d'idées extrémistes.

-Bonne idée, fit rapidement Saphir. Avec Severus, on s'occupera des souterrains et de tout ce qu'on y trouve. En tant que Serpentard, nous y serons beaucoup plus tolérés que n'importe lequel d'entre vous.

-Je peux faire le rez-de-chaussée et le premier étage avec Anthony, ajouta Kathleen. Il connaît bien l'endroit. Bien mieux qu'Evans en tout cas. En cas de problème, c'est préférable. Surtout qu'il connaît parfaitement l'emplacement de la Salle Commune de ma maison.

-Je m'occupe du Septième Etage et du Sixième toute seule, enchérit Lily. Il n'y aura pas de problème là-haut. On y trouve quasiment toujours au moins un Gryffondor ou un Serdaigle qui voudra bien aider. Surtout en ce moment.

-J'en parlerai à Bones, pour qu'il t'aide si tu veux, proposa la Poufsouffle. »

La rouge et or lui sourit timidement et accepta bien vite l'aide. On ne savait jamais.

« Pour les autres étages, on verra bien à un autre moment, commanda Saphir. On va d'abord s'occuper de ces niveaux avant de s'occuper du reste. Nous ferons cela deux heures par semaine, le week-end, en partant ensemble. Sinon, ce sera à volonté. Mais il nous faudra toujours être au moins par deux. »

Puis, la conversation porta sur les Serdaigle. Bones désirait lui aussi une carte de Poudlard, similaire aux leurs, sans pour autant rentrer dans le projet. Ce qui était plus que compréhensible pour Saphir. Il prenait lentement ce qui pouvait s'apparenter à la tête de sa maison. Il valait mieux l'avoir de son côté.

En effet, les différentes maisons n'étaient pas du tout structurées de la même manière. Les Serdaigle étaient extrêmement individualistes. Ils étaient souvent par groupe de deux, voire trois. Parfois quatre, mais cela restait rare. C'était l'habitude de la maison. Les groupes plus nombreux étaient souvent liés aux circonstances, comme par exemple pour un projet de recherche ou quelque chose de ce niveau-là. Ils étaient parmi les plus individualistes.

Ils se mélangeaient rarement aux autres maisons. Bien sûr, ils le faisaient. Mais comme dans toutes les maisons, il y avait peu d'amitiés inter-maisons avec des Serdaigle. Wilfried Bones et Jeremiah Abbot, le jumeau de Kathleen, étaient une de ces exceptions. Ils étaient amis d'enfance et vraiment très proches. Comme de véritables jumeaux. En même temps, ils avaient été pratiquement élevés ensemble.

Ainsi, ils n'avaient pas vraiment de leader au niveau de la maison. Les élèves s'autogéraient très vite. Les préfets et préfètes assuraient bien sûr la discipline. Mais ils en venaient rarement au mains (ou au baguettes) dans l'enceinte de la Salle Commune et des dortoirs. Ils préféraient se battre à coup de meilleures notes.

Les plus proches des Serdaigle étaient les Serpentard. Ils étaient eux aussi très individualistes, bien que pas pour les mêmes raisons. Ils cherchaient, en général, le pouvoir avant tout et non la connaissance. Ils n'avaient que très rarement de véritables amis. La plupart du temps, il s'agissait tout au plus de bons camarades en qui l'on pouvait avoir une confiance toute relative. Néanmoins, les clans étaient, de ce fait, beaucoup plus nombreux.

On trouvait dans la maison de Salazar Serpentard quatre clans principaux. C'était Saphir qui renseignait Anthony à propos de ces derniers la plupart du temps. Il y avait les partisans de Voldemort, ceux partageant les idées de ce dernier mais hésitant à le rejoindre, les neutres et ceux voulant lutter contre lui, dont Saphir et Severus.

La maison des vert et argent était déchirée dans ses luttes intestines. Et l'unifier était réellement impossible. Tout au plus une personne pouvait « régner » sur une partie de la maison. Ce qui représentait toutefois un effectif notable. Mais il y avait tout de même très peu de violence, même douce, dans la Salle Commune et les dortoirs.

En effet, les préfets et préfètes y maintenaient l'ordre avec une violence sans commune mesure. Ils voulaient à tout prix éviter un problème comme l'agression d'Anthony en juin de l'année précédente. Cela ferait tâche sur la réputation des Serpentard, déjà bien entamée par Voldemort et ses sbires. Et eux n'hésitaient pas à se servir de la baguette pour faire marcher tout le monde parfaitement droit.

Là-bas encore plus qu'ailleurs, les élèves ne se liaient que rarement avec des élèves des autres maisons. Surtout avec les Gryffondor. Saphir et Severus étaient les principales exceptions, ce qui leur causait parfois quelques soucis dans l'enceinte de leur Salle Commune. Même si cela s'était calmé depuis quelques temps.

Il y avait aussi les Poufsouffle. C'était la maison la plus sous-estimée selon Anthony mais aussi la plus unie de toutes. Ses valeurs portaient notamment sur l'entraide. C'était celle où il y avait le plus d'élèves qui avaient des amis dans d'autres maisons. Bon, ce n'était pas très courant non plus, hormis pour les trois années les plus jeunes. Mais cela était bien plus courant que chez les autres.

Il y avait bien sûr différents groupes d'amis qui restaient souvent entre eux chez les Blaireaux. Mais il n'y avait pas beaucoup de conflits en général dans leur maison. Ou alors ils étaient rapidement réglés par les préfets et préfètes. Ces derniers étaient toujours très écoutés et la maison leur obéissait très facilement.

Et puis il y avait Kathleen. Anthony était impressionné par la jeune adolescente. Elle n'était pas très grande mais était très respectée dans les années les plus basses de sa maison, au point qu'elle servait de relai des préfets pour régler les problèmes. Elle s'occupait énormément des jeunes de toutes les maisons, même si les Poufsouffle bénéficiaient plus de cette aide que les autres.

Il y avait aussi peu de fracture idéologique chez les Poufsouffle. C'était la maison avec le plus de nés-moldus. Ils y représentaient une bonne moitié des effectifs. Ce qui la rendait pratiquement imperméable aux idéaux de Voldemort et d'une partie des sang-purs. Aussi, il était presque certain qu'elle se rangerait contre lui si elle avait un choix à faire. Et en masse. Ce qui n'était pas rien puisque c'était la maison la plus nombreuse de Poudlard.

Enfin, il y avait les Gryffondor. Ces derniers étaient aussi relativement divisés en règle générale. Mais la montée en puissance de Voldemort changeait cela petit à petit. Tout d'abord sous l'impulsion de Mary Fawley et Kervan McKinnon. La préfète-en-chef et le préfet de Septième Année commençaient à unir la maison. Tout le monde les respectait et les écoutait, même Anthony.

Traditionnellement, ils n'étaient pas très amis avec les Serpentard, loin de là. Même si le CAC et le CM avaient commencé à changer les choses. Ainsi que le CAC pour les élèves de Deuxième Année. Mais Anthony savait que cela prendrait du temps, beaucoup de temps pour réduire considérablement l'inimitié entre les deux maisons.

Les rouge et or n'étaient pas souvent amis avec les élèves des autres maisons, hormis les éventuels frères et sœurs. Ce n'était pas dans la culture de la maison. Or, Anthony savait que cela pourrait les mettre en danger plus tard. Et que s'il devait y avoir confrontation avec les partisans de Voldemort dans les couloirs de Poudlard, des amitiés dans les autres maisons pourraient bien aider la maison de Godric Gryffondor.

Néanmoins, se posait la question de leur succession. Aucun des préfets et préfètes de Cinquième ou Sixième Année ne semblait pouvoir prendre leur succession. Ni même parmi les élèves de Quatrième Année. Anthony redoutait ce moment, qui serait particulièrement gênant.

Néanmoins, il savait qu'un jour viendrait le tour de son année de prendre les choses en main. Et là, il savait qu'il y aurait assez de monde. Lily et Potter pouvaient parfaitement prendre la direction officieuse des élèves de la maison. Les élèves les plus jeunes aimaient la première, qui les aidait souvent, et admiraient le second, qui les faisait rire. Ouaip, la relève était assurée.

Les jours suivants, ils commencèrent enfin à se mettre au plan de Poudlard. Ce qui était loin d'être simple en réalité. Ils ne connaissaient pas le nombre réel de passages secrets ou d'alcôves derrière des tableaux, des statues ou même des pans de murs complètement nus. En résumé, ils allaient droit dans l'inconnu.

Anthony était donc avec Kathleen pour ces missions. Elle fournit directement le plan de la salle commune des Poufsouffle, ainsi que de leurs dortoirs. Il n'allait certainement pas entrer dans la première. Il ne faisait pas partie de la maison et cela faisait près de mille ans qu'un élève n'y appartenant pas n'y était pas entré.

Le premier élément dessiné par le duo fut l'immense cuisine de Poudlard. Il fallait dire qu'elle était juste à côté de la salle commune des Blaireaux. Cela leur facilitait grandement le travail puisqu'ils n'avaient pas à aller très loin. Ils testèrent les murs qui conduisaient du couloir aux cuisines mais ne trouvèrent absolument rien.

Cela continua jusqu'aux vacances de printemps. En effet, Lily, Severus et Saphir rentraient chez eux. Même Marlène et Alice décidèrent de rentrer à Caisteal Maol. Anthony, lui, décida de rester, à la demande de sa mère. Elle lui avança le motif dans une lettre, que personne d'autre ne pouvait lire.

J'ai des raisons de m'inquiéter d'Arcturus Black. Il commence à agir étrangement. Je suis de plus en plus prudente avec lui. J'ai décidé de temporiser un peu la création de l'organisation secrète. Je ne peux pas savoir s'il est sous Imperium, mais je ne l'espère pas. Je préfère que tu restes à Poudlard pour garder un œil sur Regulus et Sirius Black. C'est préférable.

Naturellement, il ne s'opposa pas à sa demande. Les derniers nés des Black restaient eux aussi à Poudlard pour les vacances. Ainsi que Kathleen. Il passa plus de temps avec les deux garçons. Même s'il se contentait la plupart du temps de simplement les regarder s'amuser. Et d'aller avec eux aux repas. Après tout, son camarade de dortoir était loin d'être mauvais, une baguette à la main.

Le reste des vacances fut plutôt studieux pour Anthony. Il travaillait beaucoup ses cours et ses devoirs. Il s'entraînait aussi à la Magie Ancienne, bien que seul dans son coin. Il s'entraîna également au duel avec Kathleen. Avec la Poufsouffle, ils passaient également une heure par jour à chercher toutes sortes de passages secrets et d'alcôves dans le rez-de-chaussée et le Premier Etage de Poudlard.

Néanmoins, la surprise des vacances vint de Kathleen. La veille du retour de leurs amis, elle le prit à part dans un coin. Là, elle se planta face à lui et lui déclara directement :

« Tu pourras sans problème reprendre la tête du CAC à la rentrée. Tu as atteint à nouveau ton meilleur niveau. Et n'essaye pas de me faire croire le contraire, je ne te croirai pas. Et je suis certain que tu as des choses à nous apprendre désormais. »

Face à sa détermination, Anthony n'eut guère le choix et répondit simplement :

« J'en parlerai à Marlène et Alice à leur retour. Je vais essayer d'en reprendre la tête le week-end prochain. Cela te va ?

-Parfait, fit l'adolescente, visiblement surprise qu'il ne résiste point. »

Comme promis, Anthony en parla à ses cousines. Il n'eut même pas besoin de justifier sa demande qu'elles acceptèrent. Elles commençaient visiblement à en avoir assez de faire les enseignantes et voulaient laisser un peu la main. Mais, pour se venger, le rouge et or demanda à son amie Poufsouffle de l'aider. Ce qu'elle ne put refuser.

La semaine de la rentrée passa et avec elle le CAC arriva. Anthony savait déjà quel sort apprendre aux élèves. Le Sortilège de la Grenade Défensive. Il eut alors une impression étrange. Celle que tout était enfin redevenu à la normal depuis son agression de l'an passé. Enfin presque. Il était désormais orphelin de père. Il avait toujours une boule dans la gorge en y pensant.

Mais le cours allait commencer et il ne pouvait pas laisser ses sentiments prendre le dessus. Il s'était juré que cela ne pût jamais arriver en public, et n'allait pas commencer maintenant. Puis, le cours débuta enfin.


Réponse à la review :

Eliie Evans : Déjà, merci beaucoup pour ta review :) Merci beaucoup (oui, je me répète) aussi de considérer que l'histoire est géniale :) Cela me fait très chaud au cœur.


Note d'Auteur :

C'est l'avant-dernier chapitre du tome 3. Le prochain chapitre sera publié lundi ou mardi prochain. Ce sera aussi le dernier avant la fin août voire le début de septembre. Comme je vous l'ai dit, je pars dimanche de la semaine prochaine au Cameroun pour un voyage humanitaire. Et comme le poids du bagage cabine est limité, je ne prendrai pas l'ordinateur. Je ne veux pas du tout le mettre en bagage en soute, pour éviter de perdre ce dernier en cas de problème.

Néanmoins, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'avance bien dans le tome 4. J'ai terminé le premier chapitre et j'ai aussi écrit plus de la moitié du deuxième.

Je vous retrouve donc avec grand plaisir la semaine prochaine :)