Partie 12 – Gâteau
Teal'c ouvrit la porte pour révéler le gamin. Pete étudia son visage. C'était un visage complètement fermé et très familier, mais il n'arrivait pas à le situer. « Elle veut vous voir. »
Pete passa la porte avant que quiconque ne puisse l'arrêter à nouveau. Il entra dans la salle de répétition et sut par l'expression sur son visage que c'était fini. Il soupira, « Ne dis rien, Sam. »
« Je suis désolée, Pete. Je le suis vraiment, » lui dit-elle en lui tendant sa bague de fiançailles.
« Je t'aime, Sam. »
« Je sais. Je pensais que je t'aimais, mais je ne faisais que fuir. Je te demande pardon de t'avoir utilisé. »
« Ouais. » Il prit la bague de ses doigts. « Dis-moi simplement une chose – Qui est ce gamin ? »
Elle sourit, « Tu ne me croirais pas si je te disais. »
« Un de ces trucs, hein ? »
Elle hocha la tête, « Adieu, Pete. »
Il franchit la porte et la laissa là seule. Moins de quelques secondes après son départ, Daniel entra. « Jack est dans le jardin, » lui dit-il avant de se glisser à l'extérieur.
ooo
Sam fut heureuse qu'il y ait une porte de sortie qui donnait sur le jardin à l'extérieur de la chapelle. Elle n'aurait pas aimé faire face aux regards curieux et peut-être malveillants des personnes dans la chapelle. Elle se tint dans l'encadrement de la porte ouverte et fixa la silhouette de Jack O'Neill assis sur un banc en marbre faisant face à un joli petit étang. Sa tête était inclinée et ses bras reposaient sur ses cuisses. Elle se dirigea aussi doucement qu'elle put vers lui, mais il l'entendit tout de même. « L'heure de recommencer ? » demanda-t-il d'un air las en aspirant une bouffée de sa cigarette. A en juger par le sol à ses pieds, il en avait déjà fumé quelques-unes.
« Non, » dit-elle s'asseyant à côté de lui.
« Vous allez salir votre robe, » dit-il mais sans la regarder. Les yeux derrière ses lunettes de soleil fixaient les canards qui glissaient sur l'étang.
« Ca n'a pas d'importance. Je n'en ai plus vraiment l'usage maintenant. J'ai annulé le mariage. »
« Alors pas de gâteau, hein ? »
« Non, pas de gâteau. »
« Mince. J'étais impatient d'avoir un gros morceau de gâteau. »
Elle voulut rire à l'absurdité de leur conversation, mais elle n'y arriva pas. C'était si typiquement eux. Elle jeta un coup d'œil au paquet de cigarettes posé entre eux. Elle l'ouvrit et en retira une. Le général l'alluma poliment pour elle avec son Zippo. Elle prit une bouffée et fut heureuse de ne pas finir en toussant. Elle posa son coude sur son genou et son menton dans sa main. Elle prit une autre bouffée de sa cigarette et étudia les canards qui le fascinaient tant. « Vous savez, ça me rappelle d'une certaine façon ma soirée au bal du lycée. J'ai laissé tomber mon cavalier et me suis assise derrière le gymnase à fumer et à boire de la tequila toute la nuit avec un autre gars. »
Ses lèvres se relevèrent légèrement à l'évocation. « Etiez-vous une vilaine fille, Carter ? »
« J'avais mes moments. » Elle soupira. Cela allait être beaucoup plus difficile que de dire à Pete que c'était fini. « Je vous dois des excuses. »
« Pour quoi ? »
« Pete. »
« Pas mes affaires. »
« Si, ça l'est et je suis désolée. J'étais simplement si fatiguée d'être seule et d'attendre quelque chose qui peut-être n'arriverait jamais. »
« Oui, eh bien, tout le monde se retrouve seul, » il laissa tomba sa cigarette sur le sol et l'écrasa. Il en prit une autre et joua avec entre ses doigts. Elle avait toujours aimé ses mains. Elégantes avec de longs doigts. Si démonstratives. « Je ne peux vous en vouloir d'avoir trouvé quelqu'un pour réchauffer votre lit. »
« Vous ne l'avez pas fait. »
Il sourit à cela. « Comment le savez-vous ? »
Elle en fut interloquée. En fait, elle ne le savait pas, mais cela lui ressemblait. « Vous ne l'avez pas fait, » répéta-t-elle.
« Non. Non, je ne l'ai pas fait. » Il arrêta de jouer avec la cigarette et l'alluma.
« Alors peut-être pouvons-nous tenter de recommencer ? »
Il grogna à sa question et dit d'une voix plus glaciale qu'elle n'eut pensé possible. « Carter, qu'est-ce qui vous fait croire que je voudrais de vous maintenant ? »
« Ceci. » Elle tendit son bras vers lui. Le Naquadah brilla à la lumière de la fin d'après-midi.
« C'était la nuit dernière, Carter. Ca n'a alors foutrement rien signifié pour vous. Pourquoi le devrait-il maintenant ? »
« Parce que nous sommes des âmes sœurs. »
Il éclata d'un rire amer. « Qui a dit ça ? »
« L'autre vous. »
« Toutes ces hormones d'adolescent rendent le gamin mélodramatique. Tout le monde a son point de rupture et j'ai peur que vous ne m'ayez brisé, Carter. Quelques piètres excuses ne vont pas réparer cela. Allez trouver votre clone. Peut-être qu'il voudra de vous. »
Elle sauta du banc, incapable de supporter d'être assise près de lui plus longtemps. « Salaud ! Vous vous êtes moqué de moi. »
« C'est 'Salaud, monsieur'. Et je ne me suis jamais moqué de vous. Toute cette putain de relation a toujours été entre vos mains et vous le savez. J'ai fait tout ce que vous vouliez. La galaxie est parsemée de pièces où nous y avons enfermé toute cette connerie. Alors si les choses n'ont pas tourné comme vous le vouliez, c'est votre propre faute ! »
Il se leva et commença à s'éloigner d'elle vers la porte menant hors du jardin.
« Merde, je vous aime ! »
Il s'arrêta et se tourna vers elle, « C'est trop tard pour dire ça. Je ne serai pas votre lot de consolation. »
« Vous m'avez dit que vous seriez toujours là pour moi. »
« Je ne me rappelle pas exactement cela, mais si je l'ai dit, ça ne voulait pas dire que je resterais gracieusement là à attendre que vous ayez terminé de jouer à la famille heureuse. »
« Alors, vous allez simplement jeter tout en l'air parce que votre fierté a été blessée ? »
« Ha ! Ma fierté est tout ce qu'il me reste, Carter. Je vous aimais plus que je n'ai jamais aimé une autre femme. Ce que je ressentais pour Sara était minuscule comparé à ce que je ressentais pour vous. J'aurais tout abandonné pour être avec vous. Vous m'avez blessé, Carter. Plus que n'importe quoi, à l'exception de la mort de Charlie. Peut-être même plus, parce que vous m'aviez redonné l'espoir. Mais l'espoir est une saloperie. J'aurais dû m'en douter. » Il recommença à marcher et elle fut juste sur ses talons. Elle agrippa son bras, mais il s'en dégagea violemment.
Alors, elle dit la seule chose qui pouvait l'arrêter, « Jack. » Et il s'arrêta effectivement. Il se retourna brusquement et s'avança rapidement vers elle. Il la saisit par ses bras et la poussa contre le mur du jardin.
« Je pourrais vous tuer, Carter. »
Elle le fixa avec défi. « Je n'ai pas peur de vous. »
Il relâcha sa prise sur ses bras et s'appuya sur le mur, un bras de chaque côté de sa tête. « Vous devriez. »
« Non, Daniel est celui qui, toujours, devient le méchant. »
Il inclina sa tête et fixa le sol pendant quelques instants. Quand il la releva, elle ne ressentit plus la colère bouillonnante qui avait émané de lui. La douleur était toujours là, mais plus la colère. « Bon sang ! Carter. Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je vous aime. » Un demi-sourire tordit ses lèvres. « Vous savez pourquoi Daniel est toujours celui qui se tourne vers le côté obscur ? Il touche toujours les trucs qu'il ne devrait pas. »
« Je considérerai cela avec soin, » lui dit-elle avec un petit sourire. Avec hésitation, elle leva sa main et ôta ses lunettes de soleil. Et la douleur dans ses yeux lui brisa le cœur. « Je suis tellement désolée, Jack. Je vous en prie, ne m'abandonnez pas. Je ferai tout ce qu'il faudra aussi longtemps que je pourrais être avec vous. Je démissionnerai. Tout ce que vous voudrez. Je vous aime, Jack. Je n'ai jamais aimé Pete. Je me suis seulement servie de lui parce que je ne pouvais pas vous avoir. Vous êtes le seul que j'ai toujours voulu. »
Jack ferma les yeux et soupira profondément. « Pensez-vous vraiment cela ou êtes-vous seulement en train de dire ce que je veux entendre parce que vous avez peur d'être seule ? »
« Je suis effrayée de vivre sans vous dans ma vie. Je ne peux plus le faire. Je veux tout de vous. Et je jure que je ferai tout ce qu'il faudra pour vous rendre heureux. » Elle leva la main et caressa sa joue. « Vous méritez d'être heureux, Jack. »
Il ouvrit les yeux et étudia les siens pendant un long moment à la recherche de la vérité. « Je ne vous laisserai pas partir à nouveau, Carter. Quoi qu'il advienne. Plus de pièces. »
« Plus de pièces, » acquiesça-t-elle. Et soudain elle fut écrasée contre lui. Le métal et les rubans de son uniforme mordirent dans sa peau nue. Elle cacha son visage dans son cou et enroula ses bras étroitement autour de lui.
« Je vous aime, Carter, » murmura-t-il d'une voix rauque à son oreille. « Que Dieu me vienne en aide, mais je ne peux vivre sans vous. »
Ils s'accrochèrent l'un à l'autre pendant un long moment et Sam lentement prit conscience d'une forme étrange sous son bras. « Jack ? »
« Oui ? »
« Etes-vous venu armé à mon mariage ? »
« Oui, » il relâcha son étreinte suffisamment pour voir son expression curieuse. « Je sais que c'est étrange. Je ne prévoyais pas de tirer sur quelqu'un, mais avec la chance de SG1, les combats semblent survenir dans les endroits les plus étranges. »
Elle sourit et se dégagea complètement de son étreinte. Elle releva le bord de sa robe pour révéler un petit pistolet fixé à son mollet droit. « J'avais ce supérieur qui m'a enseigné à être toujours préparée. »
« J'étais un boyscout. »
Elle haussa les sourcils à son excentricité.
« Pendant un jour, » reconnut-il.
Elle éclata de rire et laissa retomber la jupe.
« Hé, » dit-il en saisissant le tissu et le relevant. « Je pensais que vous disiez que la doublure était bleue. »
« J'ai menti, » dit-elle avec un grand sourire malicieux et releva la jupe encore plus haut, révélant la dentelle bleue de son bas et les attaches bleues de ses jarretelles.
« Eh bien, c'est drôle, » dit-il alors qu'elle laissa retomber à nouveau la jupe.
Ils se tinrent l'un en face de l'autre en silence, ne sachant quoi dire. Alors, Jack glissa un bras autour de ses épaules et commença à marcher vers la chapelle. « Venez, allons nous marier. »
Sam s'arrêta, « Marier ? »
« C'est tout ou rien, bébé, » la défia-t-il en laissant retomber son bras et fourrant ses mains dans ses poches et se balançant sur ses talons.
« Bébé ? »
« C'est trop ? »
Elle lui fit un sourire éclatant et lia son bras autour du sien et reprit la marche. « Non, j'aime ça. Et, oui, Jack, je veux me marier avec toi. »
« Chouette. »
Ils étaient presque à la porte de derrière de la chapelle quand Sam s'arrêta à nouveau, « Tu veux juste te marier avec moi pour mon gâteau, n'est-ce pas ? »
« Oui, et j'ai l'intention de le manger, aussi. » Il eut un grand sourire et se pencha pour l'embrasser brièvement. Elle lui sourit en retour et ils continuèrent à marcher. « Pourquoi diable as-tu invité Mini-moi à ton mariage ? »
« Je ne l'ai pas fait. »
« Hein ? Daniel a dit qu'il avait une invitation. »
« C'est étrange. »
« Ca c'est sûr. »
