Bonsoir, l'attente aura duré trois jours. Je vous offre sur un plateau en carton * est-ce que je mérite encore l'argent ? A vous de me le dire* ce douzième chapitre. C'est amusant de voir vos sauts d'humeur. Qui ont énormément variés pour ce chapitre. J'ai d'abord eu droit à des " Hâte de voir la suite *, et maintenant, c'est * Que t'es cruelle, on veut la suite * !Vos reviews sont toujours aussi stimulantes, merci beaucoup à toutes les trois.
Si par le plus grand des hasards, Marianne, tu venais à passer par là, je te présente mes excuses pour ce qui semble être un immense quiproquo. Je ne me moquais absolument et je suis désolée de savoir que tu boudes " Past ...". En espérant que tu me liras.

Oh, mon dieu, mais il l'a invitée ! Mais qui a écrit un truc pareil ! House qui invite Cuddy, non mais vous imaginez ! Moi, j'imagine assez 8) A vous de découvrir si nos imaginations respectives partagent quelques points communs housiens !

Lili : Je suis méchante, mais comme tu l'as dit, la gentillesse a parfois quelque chose de profondément ennuyant. Et puis toi aussi tu as joué au méchante Cruella avec " Oh, salut Maman !" Hum ? A mon tour ! :D Alors, comme ça c'est ton House ? et à quelle moment de ta vie tu crois que tu vas partager ? Je voudrais bien en hériter quand tu seras partie t'enfermer dans un igloo au Groenland, si ça arrive ... Je sais que j'ai l'"Autre", mais quand même. J'en ai pris soin *-* Et donc, quelle hypothèse était la bonne ? :p

ParijanTaiyou : * te ramasse par terre* , allez reviens, ne pars pas. Tu sais que j'ai l'impression de te dire ça à chaque fois ? Je crois que tu as surtout un problème avec le mot "intimité", très chère ! Bonne lecture à toi, et ne cries pas partout que c'était trooooop intime, je le sais déjà 8-) Mais ne te frustre pas trop non plus, si tu veux déverser tout ton amour pour le mot "intime" ne t'en prive pas, je te lirai avec plaisir 8)

Major Thompson : Merci d'être toujours là ! C'est cruel ? J'espère ne pas avoir été trop longue dans ce cas :D Bonne lecture à toi !

Vous êtes deux - et toi aussi Lili - à me demander de quoi souffre le patient. Je réfléchis ... Vous savez j'suis pas médecin 8) Je fais des études d'histoires, après un bac L, j'ai jamais été trés douée en maths et je hais la physique-chimie enseignée à l'école. Je ferai de mon mieux * main sur le coeur * !

Un chapitre 100 % Huddy pour remplir vos petits cœurs de fan terriblement en manque ! Bonne lecture à tout le monde !

A bientôt. Ju


Chapter 12

Un bruit épouvantable la figea à quelques centimètres de la porte. Sans s'en rendre compte, Cuddy se précipita à l'intérieur ...

La porte ne lui opposa aucune résistance, s'ouvrant à la volée dès qu'elle tourna la poignée. Elle ne savait pas à quoi s'attendre en ouvrant, la jeune femme chercha aussitôt House du regard mais ne le trouva nulle part. Elle laissa tomber son sac près de l'entrée, la porte grande ouverte.

- House ?, appela t-elle finalement en entendant des bruits venir de la cuisine à sa droite.

N'obtenant aucune réponse, Cuddy continua sa route, hésitant toutefois à s'aventurer plus loin. Elle était un peu intimidée de découvrir pour la première fois l'appartement où vivait le Diagnosticien. Passant derrière le canapé, elle le contourna et s'approcha de la cuisine.

- House ?, dit-elle une fois de plus.

Elle l'entendit marmonner et se détendit, sentant ses muscles se relâcher.

- Qu'est-ce que vous faites ?, fit Cuddy, légèrement agacée de n'entendre que le silence faire écho à ses questions.

- De la plongée sous-marine !, répliqua House.

Cuddy sourit et l'observa approcher d'elle. Le tee-shirt trempé, le Diagnosticien continuait de marmonner contre lui-même. Le tissu lui collait à la peau et Cuddy se mordit les lèvres tout en s'empêchant de le regarder de trop près. Elle se força à ne pas quitter son visage du regard, tandis que son torse l'appelait à grand cris. Elle aimait quand il ne portait qu'un tee-shirt, ceux-ci ayant tendance à sculpter les muscles de ses épaules et de ses bras d'une façon plus qu'appréciable. Vêtu d'un jean foncé et d'un tee-shirt, House sembla finalement se rendre compte de la présence de Cuddy dans son salon et fronça les sourcils en la détaillant du regard.

- La porte était ouverte et il y a eu ce bruit et..., débita Cuddy sans respirer.

- Relax, c'est pas un interrogatoire, répliqua House un sourire sur les lèvres.

Cuddy sourit franchement à son tour et promena son regard sur l'appartement, ailleurs que sur le tee-shirt trempé du Diagnosticien si possible.

- Je vais enfiler autre chose, dit House en désignant son haut.

La Doyenne acquiesça en silence et le regarda disparaître dans le couloir, canne à la main. Elle en profita pour observer le salon. Elle se sentait comme une étrangère dans cet appartement où elle venait pour la première fois. Cuddy découvrait avec surprise les nombreux livres qui peuplaient les bibliothèques du Diagnosticien. Elle ne pensait pas qu'il lisait autant et, en distinguant les titres extrêmement variés, elle sourit devant l'étendue des connaissances qu'il devait avoir. Cet homme ne cessait de la surprendre. Lorsque son regard tomba sur un tube de Vicodin sur la table basse, Cuddy se dit finalement qu'il n'était pas si différent du House qu'elle côtoyait chaque jour à l'hôpital. La jeune femme se rendit compte que la porte d'entrée était toujours grande ouverte et retourna sur ses pas.

- Vous partez déjà ?, demanda House décontenancé en réapparaissant dans le salon.

- Non, dit-elle simplement.

Cuddy referma doucement la porte et inspira un grand bol d'air. Elle sourit au Diagnosticien qui se tenait dans l'embrasure de la porte de la cuisine. Il avait échangé son tee-shirt trempé et son jean contre une chemise rose pâle qui laissait apparaître le haut de son torse et un sosie du précédent jean. Cuddy s'amusa intérieurement en s'apercevant qu'elle n'était pas repassée. La jeune femme se défit de son manteau et l'accrocha près de la porte.

- Qu'est-ce que vous faisiez tout à l'heure ?, demanda Cuddy en désignant la cuisine.

- Des essais nucléaires, j'ai pas encore compris toute la subtilité de la chose, répondit-il en esquissant un sourire.

Il l'invita à le rejoindre d'un signe de tête, elle ne se le fit pas dire deux fois. Cuddy se sentit rougir jusqu'aux oreilles quand ses yeux bleus s'arrêtèrent sur ce qu'elle portait. Le Diagnosticien se cacha à peine pour la dévorer des yeux. Cuddy était habituée à ses regards, mais, ce soir plus que jamais, elle se sentait féminine. Elle savait que la robe lui allait très bien et qu'elle plairait à House, le simple fait de choisir cette robe en disant silencieusement long sur ce qu'elle attendait de cette soirée avec lui.

- Le réacteur a explosé ?, l'interrogea t-elle en se retenant d'éclater de rire devant l'état de la cuisine.

- J'en ai bien peur, fit House en se pinçant les lèvres.

Un coin de la cuisine était inondée, recouvert de l'eau qui devait - à l'origine- être dans la casserole posée sur la cuisinière. Quel mélange ou quelle acrobatie House avait voulu tester, Cuddy l'ignorait mais le simple fait qu'il fut en train de cuisiner quelque chose pour eux deux la mettait de bonne humeur.

- Vous voulez que je vous aide à nettoyer ?, demanda Cuddy en se saisissant d'une éponge posée non loin d'elle.

- Je pourrais aussi vous regarder faire, répliqua House sarcastique.

- Vous êtes responsable de ce carnage, vous nettoyez, déclara la jeune femme en lui lançant l'éponge.

- Mais Muum, c'est pas ma faute, pleurnicha le Diagnosticien en l'attrapant au vol. Vous m'avez surpris en frappant à la porte.

- Je n'ai pas frappé House, tiqua Cuddy en souriant sincèrement devant les gamineries de son employé.

- Taisez-vous et aidez moi à ramasser, répliqua t-il en ronchonnant.

- C'est demandé si gentiment, nota Cuddy avec un éclat de rire.

House se saisit d'une serpillière, rangée dans un placard, et tendit l'éponge à Cuddy. La jeune femme le regarda faire quelques secondes puis se baissa, à ses côtés. House avait abandonné sa canne sur la table et fit la grimace lorsque son genou droit rencontra le carrelage. Cuddy le vit, mais ne dit rien, sachant que le Diagnosticien préférait souffrir en silence que d'entendre quelqu'un lui faire une remarque à ce sujet.

- Ce n'est pas parce que je vous aide que vous devez regarder ma poitrine, le sermonna la jeune femme en se relevant.

- Dommage..., ricana House.

Ils ne mirent pas plus de deux minutes pour éponger le sol qui redevint vite sec. Cuddy récupéra la serpillère et l'éponge, puis les serra dans ses mains pour les essorer. House se laissa retomber lourdement sur le carrelage, le dos appuyé contre les placards.

- Est-ce que ça va ?, demanda tout de même Cuddy en le voyant masser sa cuisse meurtrie.

- Hum.

A contre coeur, mais parce qu'elle savait qu'il en avait besoin, Cuddy se saisit d'un verre d'eau, le remplit et retourna dans le salon. House la regarda faire en fronçant les sourcils. Il ferma les yeux quelques secondes, continuant à passer sa main sur sa cuisse à travers son jean. Il aurait aimé se relever, mais trouvait que le carrelage lui offrait ironiquement un plus grand confort que d'être debout sur ses deux jambes. De là où il était assis, il voyait facilement Cuddy. Elle n'avait rien dit de plus, se contentant de lui demander s'il allait bien, tout en sachant déjà la réponse. La Doyenne revint finalement, un comprimé de Vicodin dans le creux de la main. Sans un mot, elle le tendit à House. Le Diagnosticien regarda sa main tendue. Il n'avait pas imaginé que la soirée prendrait ce chemin et il ne savait pas vraiment ce qu'il devait faire. House savait que Cuddy n'aimait pas le voir prendre de la Vicodin, et pour une fois, il ne s'en fichait pas. A ce moment précis, ce que pouvait penser Cuddy lui importait plus que la douleur qui lui sciait la jambe.

- Prenez-le, dit la jeune femme d'une voix claire et douce en voyant le doute s'immiscer dans le regard du médecin.

- Vous n'aimez pas ...

- Je n'aime pas vous voir souffrir House.

Le Diagnosticien releva la tête et croisa le regard gris-vert de Cuddy. Un sourire incertain se dessina sur ses lèvres et elle lui fit signe de prendre le comprimé. House tendit la main, se saisit de la petite pilule blanche et l'avala, avant que Cuddy n'ait le temps de lui tendre le verre d'eau. La Doyenne détourna la tête et retourna dans le salon, ses talons claquant sur le parquet de l'appartement. House grimaça, sentant déjà la Vicodin faire son effet. Toujours assis par terre, House souffla, exaspéré. Il avait horreur de se sentir aussi impuissant face à la douleur. Il aurait aimé être ... différent, sans savoir réellement ce qu'il attendait de ça. Il n'avait rien dit à Wilson de cette soirée, voulant s'éviter toutes les remarques épuisantes de l'oncologue. Wilson n'aurait pas manqué de lui donner milles conseils, de l'appeler quinze fois avant que Cuddy n'arrive. House ne voulait pas changer, il voulait simplement montrer à Cuddy qu'il pouvait être ... meilleur ? Il s'était loupé en beauté.
Il se releva tant bien que mal, en s'appuyant sur le bord de la table. Il récupéra sa précieuse canne et se frotta les yeux d'un revers de la main. La soirée n'était pas du tout censée se dérouler comme ça selon lui ...


Le silence régnait dans l'appartement depuis plusieurs minutes. Plantée devant les bibliothèques, Cuddy examinait le dos des livres les unes après les autres, distinguant des livres de médecines, de vieux livres de collection ainsi que des livres plus surprenants en mandarin, en espagnol et en français. En découvrant petit à petit l'appartement du Diagnosticien, Cuddy allait de surprise en surprise. Elle se laissait distraire par de simples objets, se demandant ce qu'ils pouvaient bien avoir à lui raconter sur la vie de House, une partie de lui qu'elle ne connaissait pas. Les bras croisés sur la poitrine, Cuddy aurait pu rester des heures à examiner chaque livre, chaque CD. Elle entendit la canne de House marteler le parquet du salon et se tourna vers lui. Elle fronça les sourcils en le voyant si sérieux.

- Vous voulez boire quelque chose ?, demanda t-il

- Volontiers, si vous avez autre chose que ça, répondit Cuddy avec un sourire, tout en désignant une bouteille de Jack Daniels sur la table basse.

- Bourbon ?

- Bourbon, dit-elle en hochant la tête.

Elle le regarda se saisir de deux verres et faire quelques aller-retours de sa démarche boitillante. Elle se sentait étrangement bien dans cette appartement. Le silence entre eux n'était interrompu que par le crépitement du feu et les bruits de la rue à l'extérieur.

- Vous voulez refaire un essai ?, le taquina Cuddy en montrant la cuisinière du regard.

- Une autre fois, répondit House.

Il se rendit aussitôt compte de ce qu'il venait de dire, mais Cuddy ne lui laissa pas le temps de répondre, murmurant un " Ok " enjoué tout en lui prenant les deux verres des mains. House sourit maladroitement en la regardant s'éloigner et s'installer dans son canapé. Comment pouvait-elle être aussi à l'aise chez lui ? C'était un mystère pour le Diagnosticien. House jeta un coup d'œil à la pendule accrochée au dessus de son bureau, une demie-heure avait tranquillement passée depuis qu'elle était arrivée. House ramassa un papier sur son bureau et se laissa tomber dans le canapé à côté de Cuddy. Elle lui tendit son verre.

- Jetez un coup d'œil là dedans, dit House en tendant le prospectus.

- Il va falloir revoir votre définition de dîner, répliqua Cuddy en l'ouvrant.

- Je vous ai dit de venir, pas que je vous paierai un dîner dans un resto super chic, souligna le Diagnosticien, une grimace amusée sur le visage.

- Ce n'est pas ce que j'avais compris non plus, le rassura ironiquement la jeune femme.

- Alors, on est quitte. Laquelle vous voulez ?

- Vous payez ?

- C'est demandé si gentiment, ricana House en roulant des yeux.

- Celle-là alors, répondit Cuddy avec un grand sourire.

Elle lui rendit le prospectus et laissa House choisir ce qu'il voulait. Cuddy s'était plus ou moins attendu au coup de " on commande pizzas " mais elle s'en fichait un peu. Ce n'était pas tous les jours – c'était plutôt jamais selon elle – que House acceptait de payer un repas, alors elle allait certainement en profiter un maximum. Elle s'attendait à ce qu'il marchande une fois les pizzas arrivées, prétextant quelque chose de totalement absurde pour que la jeune femme paye à sa place. Cuddy attendit en silence tandis qu'il se saisissait du téléphone pour commander. Elle le regarda discuter quelques instants avec le commerçant puis raccrocher. Une question lui brûlait les lèvres mais elle avait peur de voir House se refermer comme une huître si elle avait le malheur de lui demander.

- Pourquoi vous m'avez invitée ?, demanda finalement Cuddy en regardant son vin tourné lentement dans son verre.

- Pari avec Wilson, répliqua House en la regardant faire.

House regretta ses paroles quand il vit le visage fermé de la Doyenne.

- J'en sais rien, reprit-il aussitôt.

- Pourquoi vous compliquez toujours tout House ?, l'interrogea t-elle en secouant la tête.

Le Diagnosticien haussa simplement les épaules tandis que Cuddy souriait faiblement. Elle ne s'attendait pas à recevoir de plus amples explications et se contenta une fois de plus du mensonge de son employé. Un pari avec Wilson, Cuddy n'y croyait pas du tout. House avait trop d'amour propre pour accepter un tel pari. Parce que Wilson serait gagnant dans les deux tableaux. Et House aurait refusé un pari aussi déséquilibré ... Il y aurait gagné 100 dollars, peut-être un peu plus, mais aurait donné à l'oncologue la satisfaction de le savoir avec elle.

- Wilson ne sait pas que je suis ici, n'est-ce pas ?, demanda Cuddy, sûre d'elle.

- Nop... hey, faites comme chez vous surtout !, s'exclama House faussement outré.

Cuddy l'ignora et laissa ses chaussures sur le sol, au pied du canapé. Les pieds libres, elle remonta ses jambes sous elle et se tourna vers House, son verre toujours à la main.

- Vous ne devriez pas faire ça, précisa le Diagnosticien en la regardant s'installer plus confortablement.

- Pourquoi ?, répliqua Cuddy taquine.

- Vous le savez très bien.

La Doyenne arqua un sourcil, faisant mine de ne pas comprendre un traitre mot de ce que House pouvait raconter. En s'installant ainsi, Cuddy avait parfaitement senti sa robe remonter légèrement le long de ses cuisses, en dévoilant un peu plus. Elle avait aperçu le regard assombri que lui avait lancé House.

- Faîtes comme si vous n'aviez pas vu, l'encouragea la jeune femme en se mordillant les lèvres.

- C'est facile pour vous de dire ça, répliqua House en lui tirant gentiment la langue.

Cuddy haussa les épaules. Cette femme allait le tuer, pensa House en avalant une gorgée de son vin. La jeune femme fit de même et le silence se réinstalla entre eux. C'était assez déconcertant pour eux de voir avec quelle facilité ils restaient assis côte à côte, en silence. House se sentait bien, sa cuisse le faisait moins souffrir. La présence de Cuddy chez lui n'y était peut-être pas étranger, mais House se refusait à admettre cette possibilité pour le moment. La nervosité qui l'avait envahi au moment de frapper avait disparu, Cuddy se laissait doucement aller contre le dossier du canapé, appréciant la chaleur du feu et le contraste qu'offrait le canapé froid dans son dos. Elle se sentait, bien, mieux, étrangement paisible.

- Pourquoi vous m'avez invité ?

Cuddy releva la tête et croisa le regard bleu du Diagnosticien. Il attendait visiblement un réponse lui aussi.

- Pari avec Wilson ?, tenta t-elle un sourire espiègle sur le visage.

- Nop, j'vous crois pas, répliqua le médecin en secouant la tête.

Cuddy soupira et reposa son verre sur la table basse devant elle. Elle se recala au fond du canapé, ramenant ses bras autour d'elle. Elle ne savait même pas quoi lui répondre, ignorant la réponse à donner. Le regard insistant de House la transperçait et elle sentait qu'il ne la lâcherait pas tant qu'il n'aurait pas obtenu ce qu'il voulait.

- C'est si honteux que ça ?, ricana le Diagnosticien.

- Je comptais vous inviter à dîner pour rendre jaloux Foreman oui, répliqua l'endocrinologue d'un ton sarcastique.

- Pas sûr que ça aurait marché, nota House avec un sourire.

- Nop, répondit Cuddy en l'imitant.

On toqua à la porte à ce moment précis, la Doyenne coupant aussitôt le " sauvez par le gong" du Diagnosticien par un " allez ouvrir au lieu de dire des bêtises". House grimaça pour la forme et se ramassa du canapé. Il posa son verre sur la table, à côté de celui de Cuddy et se dirigea vers la porte. Avec un dernier regard à la jeune femme qui le regardait faire avec un sourire, House bomba le torse et ouvrit la porte en grand. Cuddy l'entendit récupérer les cartons et payer – sans rechigner – le livreur.

- Ils se sont trompés, la vôtre est au poulet !, s'exclama le Diagnosticien en lui désignant un des deux cartons.

- Et qu'est-ce qu'il y a dans l'autre ?, demanda Cuddy en levant les yeux au plafond...

- Tomates, répliqua House avec une grimace horrifiée. Champignon, fromages... mais y'a rien sur cette pizza !

- Heureusement que ce n'est pas la vôtre alors, fit la jeune femme en lui arrachant le second carton des mains.

- C'est inhumain de manger ça, répliqua House en désignant la pizza végétarienne de Cuddy.

- C'est complétement irresponsable de se gaver de ce genre de trucs, s'exclama t-elle en secouant la tête tout en regardant House baver devant la sienne.

Le Diagnosticien ne répondit rien, se contentant de mordre dans une part de sa pizza. Cuddy le regarda faire, hilare. S'il y avait quelque chose chez House dont elle pouvait être sûre c'est que c'était un véritable ventre sur pattes, quoi qu'il en dise !

- Quoi ?, grogna t-il lorsqu'il se rendit compte qu'elle n'avait pas touché à la sienne.

- Rien du tout, répondit aussitôt Cuddy en se mordant les lèvres pour ne pas sourire.

Ils mangèrent en silence, bien qu'engloutir aurait mieux défini la façon dont House avait dévoré son dîner. Ils se jetaient fréquemment des coups d'œil, s'envoyant de temps en temps des remarques sarcastiques dont eux seuls avaient le secret. House termina sa pizza bien avant Cuddy et insista tellement auprès de la jeune femme qu'elle finit par lui abandonner sa dernière part. Avec un sourire de vainqueur, House termina la sienne avec un sourire sur le visage.

- Vous les avez tous lus ?, demanda Cuddy.

- A peu près.

- Comment ça ?

- Mon français est un peu rouillé, répondit House en haussant les épaules.

- Je ne savais pas que vous parliez cette langue, précisa la Doyenne en souriant. Ni toutes les autres d'ailleurs.

- Je suis plein de surprises, proclama le Diagnosticien en bombant le torse, fier de lui.

- Je n'en doute pas, répliqua Cuddy avec un éclat de rire.

Plein de surprise, oui, il l'était. Et plus qu'il ne l'imaginait. Bien qu'elle lui tournait le dos, Cuddy sentait la présence imposante du piano derrière elle. Elle aurait aimé l'entendre jouer, être témoin de ses talents. Ce n'était un secret pour personne que House aimait la musique, peu de personne savaient combien il était doué. Cuddy ne l'avait jamais vu ni entendu jouer, mais savait, au fond d'elle, qu'il était doué, bien plus doué que ce qu'il pensait. Elle ne se faisait pas d'illusion, la musique était un refuge pour lui et elle n'attendait pas à ce qu'il joue pour elle. Elle ne lui demanderait jamais non plus, ne voulant s'immiscer dans une sphère aussi intime. Ils continuèrent de discuter pendant un moment, s'envoyant leurs habituels piques sarcastiques, profitant de cette soirée. C'était la première fois depuis des semaines qu'ils étaient aussi proches, sans personne autour, sans règles à respecter. Ils n'étaient que tous les deux. Et la facilité avec laquelle Cuddy s'adaptait et commençait à apprécier House la rendait nerveuse. Elle ne s'était pas attendue à ce qu'il soit ainsi. Aussi ... House sans être horripilant.


Vers 23H, Cuddy termina son verre et attrapa ses chaussures.

- Je dois rentrer.

- Qu'est-ce qui vous attend chez vous ?, demanda House, un peu plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu.

- Rien du tout, répondit Cuddy sur le même ton.

Elle le fusilla du regard et enfila ses chaussures rapidement. House n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que déjà Cuddy récupérait son manteau près de la porte.

- Attendez !

Cuddy se retourna, rejetant ses boucles brunes en arrière d'un geste brusque. Pourquoi fallait-il toujours qu'il gâche tout ?. La Doyenne le regarda se lever rapidement du canapé et boiter jusqu'à elle, abandonnant sa canne derrière lui. House retint une grimace lorsque son corps pesa sur sa jambe droite. Faisant fi de la douleur, House s'approcha de la jeune femme. Il la dépassait d'une bonne tête, Cuddy devait lever les yeux pour rencontrer l'océan de glace qu'étaient ces yeux. Ce qu'elle put lire la déstabilisa. L'incertitude et le désir se mêlaient dangereusement et elle se voulut de tant aimer ce regard bleu.

- Attendre quoi House ?

Il baissa la tête puis la releva aussitôt, balayant l'étendue de la porte derrière elle. Que je sois prêt, eut-il envie de lui répondre. House se sentait étrangement perdu, il ne voulait pas qu'elle parte, ayant plus qu'apprécier ces quelques heures passées en sa compagnie. Mais ce sentiment l'effrayait.

- Pourquoi vous pouvez-pas poser des questions plus simples aussi ..., murmura House, faussement dépité.

- Vous vous compliquez la vie House, répliqua Cuddy en esquissant un sourire.

- Parce que c'est clair pour vous ce qui est en train de se passer ?

- Qu'est-ce qui est en train de se passer ?

- Il se passe que si vous n'arrêtez pas de répondre à mes questions par d'autres questions, je vais vous plaquer contre le mur et vous embrasser !

Le sourire qu'affichait Cuddy se figea devant les paroles du Diagnosticien. Le torse de House se soulevait rapidement, emporté par la tirade assourdissante dont Cuddy avait été témoin. Ni l'un ni l'autre n'esquissait plus le moindre geste. Les secondes s'étaient figées, de plus en plus interminables, rendant chaque inspiration de plus en plus difficile. Des centaines de papillons se mirent à voltiger, lui chatouillant le bas-ventre, la faisant rougir devant le regard noir de désir du Diagnosticien. House la regardait se mordiller les lèvres. Il aurait vendu son âme au Diable pour qu'elle arrête de faire ça. Se rendait-elle compte du pouvoir que ce simple geste avait sur lui ? Il avait envie de l'embrasser depuis qu'elle avait franchi, en catastrophe, la porte de son appartement. Il avait eu envie d'envoyer balader la pizza et de l'embrasser. Et tout ça lui semblait désormais tellement lointain. Qu'était-il censé faire ? Maintenant ? Et qu'était-il ne pas censé faire ?. House déglutit avec difficulté, mal à l'aise. Cette soirée ne se déroulait décidément pas comme il l'avait prévu ...

- Vous n'avez pas besoin de vous compliquer autant la vie, vous savez.

La voix de Cuddy le ramena doucement sur Terre. Elle n'avait pas bougé, l'observait toujours. Attendait toujours. Elle lisait dans son regard comme dans un livre ouvert, décryptant chacune de ses interrogations à travers les nuances de bleus qui composaient son regard. House accrocha son regard au sien, plongeant dans les yeux de la jeune femme pour y chercher toutes les réponses qu'il cherchait.

- Ce serait moins amusant, répondit House avec une moue d'enfant.

Ils se sourirent mutuellement, leurs yeux pétillants de malice. Cuddy sentait toujours ces mêmes picotements dans le bas des reins, rendus presque douloureux par leur échange silencieux. Puis contre tout attente, House vit la jeune femme faire le premier pas. Cuddy inspira, fixant les lèvres du Diagnosticien d'un regard brûlant. Sur la pointe des pieds, Cuddy déposa un baiser au coin des lèvres de son employé. House ferma les yeux sous le contact, appréciant plus qu'il ne l'aurait voulu ce simple baiser. La Doyenne se mordilla les lèvres alors qu'il rouvrait doucement les yeux. Pas un mot ne fut échangé pendant les quelques secondes qui suivirent. Ils se contentèrent de se regarder sans bouger.

- J'ai bien envie d'un dessert, souffla House en l'attirant contre lui.

Cuddy pouffa contre son torse, enroulant ses bras autour du Diagnosticien. Elle releva la tête, sentant les mains puissantes du médecin se promener dans son dos. House captura ses lèvres sans attendre, la collant plus encore contre lui. Cuddy s'abandonna totalement, pressant tout son corps contre celui de House. Leurs lèvres s'effleurèrent pendant quelques secondes puis se firent plus entreprenantes. Ils partagèrent un baiser brûlant, reflet de toutes ses semaines de retenue et d'attente. Il n'y avait plus rien de désespéré dans leurs gestes, plus aucune précipitation. C'était totalement différent par rapport au baiser qu'ils avaient échangé après Joy. La jeune femme laissa ses mains se balader dans les cheveux courts du Diagnosticien qui finit par la plaquer contre la porte. Cuddy gémit lorsqu'elle sentit le bois buter contre son dos et brisa le contact avec House. Les lèvres gonflées, elle sentait très bien le désir qui montait en lui. Ses yeux bleus étaient rendus sombres par l'envie d'aller plus loin. Et bien que tout son corps lui hurlait de se laisser aller, Cuddy se retint de l'embrasser à nouveau.

- On ne peut pas ...

- C'est pas dans la logique des choses ?, la taquina House en s'accrochant à elle.

- Ce n'est pas qu'une ... histoire de sexe, répliqua Cuddy en laissant sa tête retomber derrière elle.

- Alors quoi ?

Cuddy soupira, ferma les yeux un instant, en sachant que les yeux du Diagnosticien étaient fixés sur elle. Quand elle les rouvrit, il n'avait pas bougé. Il se tenait devant elle, avait emprisonné ses hanches entre ses doigts de pianiste et attendait qu'elle réponde à sa question. House n'était pas dupe, il savait ce que ça signifiait. Cuddy l'avait repoussé, pas parce qu'elle ne voulait pas de lui. Sa respiration, ses pupilles dilatées et ses lèvres gonflées, tout en la jeune femme lui indiquait qu'elle le voulait autant que lui la voulait. Seulement, la Doyenne semblait attendre autre chose de ce baiser.

- Techniquement, je suis chez moi, donc je ne vais pas m'enfuir, dit le Diagnosticien une lueur taquine dans le regard.

Cuddy sourit à sa remarque. Coincée entre la porte et le corps de son employé, elle n'avait aucune issue de secours. Elle sentait que la seule manière de continuer était d'avouer à House ce qu'elle voulait. Cuddy savait que sa matière grise travaillait déjà à plein régime pour analyser la situation.

- Ce n'est pas la meilleure manière pour commencer quelque chose, dit-elle finalement en jouant avec un bouton de sa chemise.

- Le sexe ?, répliqua t-il avec un sourire espiègle.

- Oui !, répondit Cuddy en le récompensa d'une petite frappe sur l'épaule.

- Parce qu'on commence quelque chose ?, releva House, redevant soudainement sérieux.

- Est-ce que ... vous voulez commencer quelque chose ?, demanda la jeune femme.

- Et vous ?

- Arrêtez de répondre par d'autres questions !

- Voyez ! C'est pénible.

Cuddy lui fit la grimace et soupira à nouveau. Elle se sentait légère, bizarrement bien. Leur conversation ne servait à rien et ils n'avaient pas réellement discuté après tout.

- Vous auriez aussi vite fait de l'enlever, vous savez ?, précisa House en désignant sa chemise que Cuddy triturait.

- Je ne coucherai pas avec vous ce soir House.

- Demain ?, tenta t-il avant de recevoir un regard noir de la jeune femme. Ok, ok ! Après-demain alors !

Cuddy ne répondit rien, se contentant de sourire devant les yeux de chien battu qu'affichait le Diagnosticien. Il ne pouvait pas s'empêcher de tout tourner à la dérision.

- Je ne suis pas comme ça.

- Comme quoi ?, répondit Cuddy, parfaitement consciente de ce qu'il voulait dire.

- Vous savez très bien.

- Justement, le monde ne va pas s'écrouler si vous le dîtes House, répliqua la jeune femme, taquine.

- Tous ces trucs ...

- Ces trucs ?

- Vous arrêtez de répéter tout ce que je dis ..., fit House en lui pinçant les flancs.

- Quels trucs House ?, demanda à nouveau Cuddy, en ne tenant pas compte de ses gamineries.

- Parler, sortir, dîner, aller au cinéma, c'est pas ... moi !

- Je ne vous demande pas de changer House, répondit calmement la Doyenne en le regardant dans les yeux.

Pour faire taire ses interrogations, Cuddy captura ses lèvres et le laissa prendre la direction de leur baiser. House quémanda sa langue, tenant la jeune femme fermement contre lui. Cuddy s'abandonna à nouveau aux sensations intenses qu'il faisait naître en elle, oubliant tout ce qui se trouvait autour d'elle. House laissa ses mains remonter puis redescendre le long de son dos avant de se détacher d'elle, à bout de souffle. Il déposa un baiser sur son front et la laissa enfouir son nez dans son cou. Il en avait oublié sa jambe ... Debout, tout contre Cuddy, House en avait oublié sa cuisse meurtrie pendant quelques minutes. Le simple fait d'y penser le fit se crisper et il dût lâcher Cuddy. La Doyenne sentit ses muscles de ses épaules se tendre et comprit très vite d'où venait le malaise de son employé. Elle se détacha de lui et, avec un sourire, planta un baiser sur ses lèvres.

- Bonne nuit, House.

Le Diagnosticien la regarda enfiler son manteau avec un sourire espiègle. Elle était en train de lui rendre la monnaie de sa pièce, de lui faire payer, quoique gentiment, sa fuite d'il y a quatre mois. Il s'appuya contre le mur près de la porte et la regarda récupérer son sac.

- Pas un mot à Wilson, dit-il alors qu'elle s'approchait, prête à partir.

- Et moi qui pensais me précipiter dans son bureau demain !, répliqua Cuddy, sarcastique.

- Il vous croirait pas, fit House, une main sur sa cuisse.

- Vous croyez ?, demanda Cuddy, un sourcil levé.

House la connaissait assez pour savoir qu'elle n'irait pas voir l'oncologue. Que Wilson ne remarque rien demain matin, il en était moins sûr. Qu'ils aient tous les deux droit à un interrogatoire relevait presque de l'évidence. Cuddy lui sourit une dernière fois, fit tourner la poignée. Avant de s'éclipser, elle déposa un dernier baiser sur les lèvres du Diagnosticien, caressant d'une main distraite son torse, emprisonné dans sa chemise rose. House lui rendit son baiser, avec une tendresse qui le surprit. Cuddy referma doucement la porte derrière elle. Elle se mordilla les lèvres, les caresses de House encore présentes à son esprit. La jeune femme frissonna sous son manteau puis sortit de l'immeuble en cherchant les clefs de sa voiture. Dans l'appartement, House n'avait pas bougé, attendant d'entendre la voiture de la Doyenne démarrer. Lorsqu'il l'entendit partir, il se dit que, finalement, la soirée s'était plutôt bien déroulée ...


TBC.

A bientôt ! Ju.