*tousse*
*tousse très fort*

Oui, je suis en retard. Bon oui, je suis très en retard. Bon, oui, je suis extrêmement en retard.
Partiels et écriture ne font pas bon ménage, je le crains. Et avant les partiels, c'étaient les révisions.

Mais partiels finis ! Et qui dit partiels finis, dit écrire. Donc, voici enfin le chapitre 11 de Il est temps, Harry. J'espère que vous l'apprécierez. C'est un de mes chapitres préférés, et vous comprendrez vite pourquoi je pense.

Enjoy !

Chapitre 11 : l'Armée de Dumbledore

Harry respirait lourdement, les mains crispées sur le dos du dragon qui volait haut dans le ciel dégagé. Ce qui s'était produit à peine un quart d'heure plus tôt l'avait vidé d'énergie, de motivation. La scène semblait s'être produite il y a un long moment. Et pourtant...

Il avait en tout détruit trois horcruxes. Trois morceaux d'âmes, trois liens, trois frères. Voldemort avait parlé de famille. Et même s'il aurait voulu pouvoir se voiler la face, tout son être se sentait profondément et irrémédiablement lié, semblable aux horcruxes. Et il les avait détruits. Ils les avaient tués. Et la vague d'indignation et de honte qui le submergeaient le laissaient le souffle court et avec la tête qui tournait. Comment avait-il pu ? Comment avait-il pu leur faire du mal ? Plus il entrait en contact avec ses frères, et plus il s'en sentait proche, concerné.

C'était mauvais. Très mauvais. Comment allait-il pouvoir continuer à se battre, à résister, dans de telles conditions ? Il n'avait même pas saisi l'opportunité immense de tuer Nagini alors que le serpent se trouvait sous ses yeux, et le crochet dans sa main. Mais, pendant cet instant aussi bref qu'intense, ça lui avait paru insensé, tellement terrible… Comme s'il allait commettre un acte de trahison. La destruction de la coupe avait été trop, il n'avait pas pu se résoudre à achever le serpent. Il avait préféré fuir, échapper à Voldemort et regagner ses esprits, ses forces.

Mais à présent, il était toujours sur le dos du dragon et il devait trouver une solution. L'eau s'étendait sous eux, et elle l'interpelait. Soupirant, il savait ce qu'il devait faire.

Prenant une grande respiration, il commença le décompte dans sa tête. Une fois arrivé à zéro, il se laissa tomber, quittant le fragile confort du dragon, et il vit l'eau s'approcher de plus en plus de son corps. Une seconde plus tard, il plongeait brutalement dans le fleuve et il se retint de crier alors que la douleur explosait dans tout son corps.

Projeté par les vagues que son plongeon avait créés, il battit des bras et des jambes, tentant de retrouver un semblant de stabilité. Le risque de l'idée qu'il avait eue de plonger dans l'eau se rappela alors à lui, alors qu'il peinait à remonter à la surface.

Il était fatigué, si fatigué. Son duel, ses émotions, sa blessure au ventre qui n'était pas guérie, son manque de sommeil, la peur l'angoisse… Noyé aussi bien aussi propre qu'au sens figuré, il se sentait plus que jamais faible. Comment était-il censé se battre alors qu'il était traversé par tant d'émotions contradictoires ? Comment pouvait-il tuer ce qu'il considérait si précieux, si semblable?

Mais il devait continuer. Il devait continuer à se battre. C'était ce qu'il savait faire de mieux. Alors, la main serrée sur sa baguette, il ouvrit la bouche et prononça le sort « Expelliarmus », ladite baguette tournée vers le bas. L'eau pénétra dans sa bouche et dans le même temps, son corps fut propulsé vers le haut. Un instant après, il quittait l'eau dans lequel il était immergé. La tête enfin hors de l'eau, il aperçut le rivage en face de lui, et il flotta avec grande peine jusqu'à lui. Le corps à moitié étalé sur la terre une fois qu'il y fut arrivé, et l'autre moitié barbotant dans l'eau, un élan de panique le traversa. Il crut défaillir, presque s'évanouir tant l'angoisse l'aveugla.

« Mon sac ! »

Tournant la tête, sa panique mourut aussi vite qu'elle était apparue et, tendant le bras, il attrapa la lanière de son sac et le tira jusqu'à lui. Il était fermé mais il l'ouvrit quand même, préférant vérifier que ses affaires et les crocs s'y trouvaient toujours. Soupirant de soulagement, il vit que tout y était, mais tout était mouillé aussi.

Il s'occuperait de ça plus tard, néanmoins. Il devait d'abord se mettre à l'abri, se restaurer un peu, reprendre des forces, et établir un plan.

Et puis, aussi, s'il y parvenait, remettre de l'ordre dans son esprit.


-Il faut qu'on sorte tous d'ici, dit Neville. La salle ne peut se retransformer, tant qu'il y a quelqu'un à l'intérieur.
-C'est un énorme risque, c'est très dangereux, commenta Cho.

La jeune fille était allongée sur un lit de fortune, à moitié allongée sur le ventre. Luna soignait du mieux qu'elle pouvait sa blessure. En tombant pendant leur combat contre les Carrow, la jeune fille s'était faite une large ecchymose dessus.
Allongée sur le lit d'à côté, Parvati, le teint encore pâle du Doloris qu'elle avait subi, écoutait peu la conversation animée qui s'était engagée. Elle se reposait, ou du moins tentait. Son corps était encore parcouru de certains tremblements. Jamais elle n'avait subi pareille douleur, pareille agonie. C'était l'Enfer et en même temps pire que ça.

-Il faut qu'on soit sûrs ! déclara Ginny.
-On est sûrs ! s'écria Seamus. La Dame Grise nous l'a fait comprendre. On cherche bien le diadème, et il est bien ici.
-Et si la Dame Grise voulait parler d'un autre endroit ? demanda un autre.
-Non. Pour ça, on est certains que c'est bien ici, dit Neville.
-Je propose alors que la plupart sorte du côté du bar de Alberforth, et qu'il y ait un petit groupe seulement qui se mette devant la Salle sur Demande, déclara Cho.
-Ce serait pas mieux qu'on reste tous ensemble ? demanda Patil, qui était aux côtés de sa sœur, serrant gentiment sa main. Ils doivent nous attendre à l'extérieur, ou bien mettre des surveillants pas très loin. Tous ensemble, on arriverait mieux à se défendre.
-Elle n'a pas tord, lança Seamus.

Cho dut se dire que, en effet, groupés, ils pourraient mieux résister face à une possible attaque.

-Bon, eh bien, on y va ? demanda Seamus, bien que ce n'était pas vraiment une question, mais plus une affirmation.

Ils se regardèrent tous, le visage pour certains effrayé, mais tous déterminés. Patil aida Parvati à se mettre debout, et Ginny s'approcha aussi pour l'aider. La porte était face à eux, il leur suffisait simplement de sortir.

Et ils le firent d'un pas décidé.

Personne ne se trouvait dehors. C'était plutôt calme. Les cours avaient repris, et chaque élève devait se trouver en salle de classe. Mais il n'y avait pas une seconde à perdre. Neville fut le dernier à franchir le pas de la porte, et celle-ci se referma derrière eux. Trois fois ils firent le tour de la salle, chacun pensant de toutes ses forces à la Salle sur Demande, cet endroit aux possibilités si infinies. Elle pouvait être tout ce qu'un élève souhaiterait.

Et à cet instant, ils voulaient que la Salle sur Demande soit simplement la Salle sur Demande.

Le troisième tour fut achevé dans un silence de plomb. La porte apparut, et ce silence fut brisé par des exclamations de joie. Ils prirent cependant soin à ne pas crier leur joie, mais seulement à la murmurer. Ils ne devaient pas se faire repérer. Tout se passerait bien, il le fallait !

Neville poussa la porte, et il entra, suivi de ses frères d'armes. Un à un, ils pénétrèrent dans la salle qui avait repris sa forme originelle. Toutes sortes d'objets s'offraient à eux. C'était une véritable mine d'or.

La porte se referma sur Michael Corner.

-Bon, on perd pas de temps ! On trouve l'objet et on retrouve notre cocon ! déclara Seamus.
-C'est le plan en effet, dit Ginny.
-Accio Diadème ! tenta Cho.

Mais rien ne bougea.

-Prévisible, glissa Neville. Il va falloir chercher à l'aveugle.

Et ils se mirent à chercher. Ils renversaient certains meubles pour voir si le diadème ne s'était pas glissé dessous. Seamus ne prenait aucune pincette et renversait chaque meuble qui croisait sa route. Ginny fouillait quant à elle parmi certains sacs. Neville avançait, le regard balayant chaque parcelle autour de lui. Se tournant pour aller vers la droite, son corps s'arrêta brusquement, alors que son esprit comprenait le danger avant même que ses yeux intègrent parfaitement ce qu'ils venaient de voir.

Devant se lui se tenait un Voldemort tout aussi surpris que lui. Mais l'homme ne mit pas longtemps à surmonter sa surprise de trouver un élève dans cet antre et sa baguette décrivit un arc de cercle. L'instant d'après, Neville criait sous la douleur alors que son corps était projeté hors du sol. Il heurta de dos une pile de chaise et il tomba en même temps que les chaises s'écroulaient sur le sol.

-Neville ! cria Seamus.

Ce dernier accourut sans même hésiter une seconde, la baguette dégainée. Voldemort apparut dans son champ de vision, il apparut dans le champ de vision de chaque élève présent ici. Certains émirent des cris terrifiés, d'autres haletèrent. Jamais ils ne s'étaient attendus à faire face Voldemort, surtout pas dans de telles conditions.

-Armée de Dumbledore ! cria Neville alors que Seamus l'aidait à se relever.
-Armée de Dumbledore ! crièrent en retour le reste de leur groupe.

Voldemort émit un rire rempli de moqueur et de mépris.

-Dumbledore est mort ! Et votre soit disante armée va suivre le même chemin.

L'homme prit un court instant pour jauger le nombre de ses adversaires, puis se tourna vers Neville et Seamus qui brandissaient tous deux leurs baguettes contre lui. Il savait qui viser en premier, et il le fit, un sourire cruel étirant ses lèvres de serpent. L'Endoloris lancé amena une vague d'inquiétude qui vibra à l'intérieur des deux garçons. Ils érigèrent chacun un bouclier, qui se confondit en un seul. L'Endoloris fit trembler le bouclier, et Neville et Seamus se sentirent reculer sous la force de l'impact.

Neville perdit l'équilibre alors que sa jambe heurta une des chaises qui s'étaient écroulées avec lui un instant plus tôt. Il se sentit tomber en arrière et attira Seamus avec lui dans sa chute.

-L'armée de Dumbledore est décidément à son image : pathétique.

Les mots de Voldemort étaient cruels et sans pitié. Il était, ni inquiété, ni effrayé.

-Reducto !

C'était Ginny, dont les cheveux roux se soulevèrent sous l'effet du sort lancé. Mais Voldemort ne fit que le parer, d'un simple geste de la main. La jeune fille resta impassive, tandis que Michael Corner répliquait avec un autre sort. Cho l'imita. Ginny réitéra son sort.

Voldemort fit un pas de côté, puis un autre, et termina avec un bouclier pour absorber le dernier sort. Corner grogna.

Ginny avisa Neville et Seamus qui s'étaient relevés, leurs baguettes à nouveau brandies.
Le diadème. C'était ça qu'ils devaient trouver, puis filer d'ici, et en vitesse. Et la présence du Lord ici appuyait l'importance du diadème pour la mission d'Harry. Et si le Seigneur des Ténèbres était là pour le récupérer également, c'était que le diadème revêtait une importance capitale.

-Luna, Cho, murmura-t-elle à ses amies à ses côtés. Cherchez le diadème. Nous, on s'occupe de le distraire.
-Et comment on va réussir à ficher le camp d'ici ? lâcha Corner.
-Endoloris !
-PROTEGO ! répliquèrent Terry Boot, Katie Bell et Anthony Goldstein.

Le protego tint bon, tandis que Luna et Cho filaient discrètement pour continuer à chercher. Susan Bones lâcha un "Je vais aller les aider" et les rejoignit. Elles se cachèrent toutes trois derrière une pile de meubles. Ernie Macmillan, Zacharias Smith, Lee Jordan, Neville, Seamus lançaient des salves de sorts, tandis que les autres gardaient leurs baguettes brandies, prêts à attaquer mais surtout à défendre.

Mais Voldemort parait chaque attaque, chaque sort. Rien ne semblait l'atteindre. Et son visage était imperturbable. Personne ne se rendit compte que, pourtant, il avait perdu son rictus moqueur, et qu'il conservait ce visage fermé.
Parce qu'il était puissant. Mais il était seul. Et les sorts cumulés qu'ils recevaient étaient nombreux. Comme ceux qui étaient en face de lui, qui l'entouraient.

L'heure n'était plus à la moquerie.
L'heure était au combat.

Concentrant sa magie, il fit appel à la sombre et noire magie. Serrant sa baguette fermement dans sa main, il laissa ses pouvoirs s'échapper à travers ce simple mais pourtant extraordinaire bout de bois. Le sort puissant heurta de plein fouet Katie Bell, et elle cria alors qu'elle était projetée dans les airs, s'élevant bien au-dessus du sol. Neville réagit immédiatement.

-Arresto Momento !

Elle s'arrêta dans sa chute, s'évitant un choc terrible, et retomba mollement par terre. Ginny l'aida à se remettre debout, alors que ses coéquipiers revenaient à la charge contre Voldemort.
Padma fut la suivante. Le sort ouvrit une large blessure sur son bras, et elle cria alors que sa baguette s'échappait de sa main. S'agenouillant presque, elle agrippa son bras qui la brûlait.

-Padma ! cria Seamus.

Voldemort saisit sa baisse de garde.

-Endoloris.

Le sort toucha sans ménagement Seamus, et ce dernier s'écroula à terre, sous les yeux écarquillés de Neville à ses côtés qui le vit tomber. Il le vit, lui son ami, se tordre sur le sol, les yeux grands ouverts, la bouche de même, criant à s'en déchirer les cordes vocales. Tout autour d'eux, leurs amis crièrent des "Noooon". Seamus venait de tomber à terre. Un d'entre eux venait de chuter.

Et la douleur que ressentait Seamus était insoutenable. Des vagues de douleur le submergeaient, attaquant chaque centimètre de sa peau, s'infiltrant au plus profond de lui, de son esprit. La douleur était partout. Il était douleur. Il respirait douleur.
Il voulut crier qu'il souhaitait que ça s'arrête, que l'Enfer le quitte, que l'inconscience le gagne... Mais il n'était même plus capable de formuler une pensée correctement, de parler... Il ne pouvait que crier, crier à l'agonie...

-Seamus ! Seamus ! criait Neville à ses côtés.

Leurs amis étaient venus se poster devant eux, et crièrent en chœur : "Protego". Un bouclier grand et puissant s'érigea devant eux, les protégeant alors que Voldemort tentait de le briser. Ils protégeaient Neville et Seamus en difficulté, tout en permettant à Cho, Luna et Susan fouillaient dans les amas d'affaires.

-Seamus, Seamus, répétait Neville comme dans une litanie.
Son ami avait la bouche ouverte, mais plus aucun son ne sortait de sa bouche. Seule de la salive s'écoulait lentement sur le côté. Et ses yeux exorbités fixaient le plafond de la salle sans le voir. Parvati, incapable de bouger et agenouillée un peu plus loin derrière un meuble, regardait l'horreur se jouait devant elle. L'horreur qu'elle avait subie précédemment. Elle avait vécu l'Enfer, et c'était au tour de Seamus à présent.

-NON ! hurla-t-elle soudain, incapable d'en voir davantage.
Se relevant presque dans un bond, elle serra fermement sa baguette et envoya valser le meuble derrière lequel elle s'était cachée en direction du visage de Voldemort. Ce dernier, concentré sur le groupe qui lui faisait face, fut pris au dépourvu. Il se retourna pour voir un meuble foncer jusqu'à lui, et il eut tout juste le temps de le transformer en poussière. Mais le meuble avait obstrué son champ de vision, et la poussière n'arrangea rien.

-Rictusempra ! cria Anthony Goldstein.

Le sort traversa l'écran de poussière et Voldemort se sentit pousser en arrière alors que le Rictusempra le frappait violemment à la joue. Il tituba, tentant de retrouver son équilibre. Voldemort venait d'être touché, et cette pensée avait ce quelque chose d'incroyable et en même temps d'invraisemblable. Mais Anthony Goldstein, Serdaigle de son état, avait su jouer du moment de vulnérabilité du Lord.

Ginny, retrouvant ses esprits, voulut attaquer à son tour. Mais le sort "Stupéfix" mourut sur ses lèvres. En effet, Voldemort se retourna vers eux, à nouveau stable, et son regard transpirait tellement de cruauté... Anthony fut tellement vite propulsé hors du sol que personne ne put agir. Il heurta violemment un meuble de dos, et passa par-dessus. Le choc lui fit perdre sa baguette, et il s'étala sur le sol.

-Anthony ! cria Michael qui se mit à courir pour lui prêter main forte.

Neville, agenouillé à côté de Seamus, se sentait détruit. Son ami était au sol, et il ne faisait rien, incapable de l'aider, incapable d'empêcher l'horreur. Est-ce là l'expression que ses parents avaient portée lorsque l'Endoloris avait été lancé sur eux ? Longue douleur, lente agonie, ... Cette expression de terreur infinie, que la mort serait plus douce que cette torture sans fin...

Pas deux fois. Pas deux fois.
Je ne veux pas.
Pas encore.

Ce n'était pas juste. Ce n'était pas correct. Ses parents étaient aujourd'hui dans un lit d'hôpital, incapable de se souvenir de lui. Incapable de se souvenir qu'ils avaient un fils.
Et il ne voulait pas que Seamus l'oublie aussi. Seamus était maladroit, parlant sans penser avant, agissant sans penser avant, mais c'était quelqu'un de bien.
C'était son ami. Qu'il soit damné s'il le laissait dépérir.

Il ne voulait pas vivre ça deux fois. Il ne voulait pas encore ressentir cette souffrance de voir un être cher avec un esprit mort dans un corps vivant.

Pas deux fois !

Il se releva, submergé par la peur et le courage, et il se mit à courir. Il passa la barrière formée par ses amis et brandit sa baguette.
-SEAMUS ! cria Ginny.
-Misérable ! asséna Voldemort.

L'enfant courait face à lui, la peur sur son visage, mais les yeux luisant d'une détermination flamboyante. Le visage terrifié, mais les yeux de feu ! La baguette était brandie, le corps tendu en avant, l'allure fière... Comme un lion.
Une pensée s'infiltra dans son esprit, une pensée qu'il ne put rejeter. L'enfant lui faisait penser à Harry Potter.

-EXPELLIARMUS ! cria l'enfant.
-Expelliarmus ! cria Harry Potter.

L'esprit de Voldemort était marqué par le trouble. Il ne put rien faire, et le sort le heurta de plein fouet. Il crispa la mâchoire, retenant un souffle, un cri peut-être, et sa baguette jaillit hors de ses mains. Au moment où elle s'écroula sur le sol, la poitrine de Seamus qui se soulevait très fort, s'affaissa peu à peu, reprenant un rythme régulier, alors que le sort le quittait, maintenant qu'il ne pouvait plus être maintenu. Ses paupières se fermèrent lentement, alors qu'il sombrait dans une inconscience bienvenue et salvatrice. Neville retourna auprès de Seamus rapidement, laissant aux autres le soin d'attaquer un Voldemort désarmé.

Ginny cria Reducto, tandis que d'autres Rictusempra, Stupéfix, et Expelliarmus étaient lancés en chœur.
Neville s'agenouilla au même moment auprès de Seamus. Ce dernier respirait normalement, mais son visage restait très pâle, presque maladif.
Voldemort invoqua sans sa magie un bouclier, et il serra les dents alors que le bouclier était ébranlé sous la déferle de sorts.
Neville prit un air inquiet. Seamus avait été soumis au sort longtemps, beaucoup plus longtemps que Parvati. Le soulevant lentement et gentiment, il le tint serré contre lui, espérant que son ami n'aurait aucune séquelle.

-Je l'ai trouvé, murmura Susan alors qu'elle venait de soulever un coussin.
Il lui avait fallu réunir tout le calme dont elle pouvait faire preuve pour s'empêcher de crier qu'elle venait de trouver le diadème. Mais elle avait réussi à garder cette information secrète aux oreilles de Voldemort.
-Yes ! chuchota Cho. Bien joué ! Il faut qu'on parte d'ici.

Les trois filles avaient raté beaucoup du combat, mais elles n'avaient pas pu manquer de voir Seamus et Anthony à terre. Il fallait fuir, maintenant qu'ils avaient trouvé ce pour quoi ils avaient pris tant de risque.
Luna se mit à courir vers Ginny, et lui murmura discrètement que le diadème avait été trouvé. Cho leva le pouce en l'air en direction de Neville après avoir attendu le moment où Voldemort n'avait pas regardé en leur direction.
Susan, quant à elle, était partie voir Anthony et Michael. Michael tenait en effet Anthony, qui peinait à rester debout.
-C'est bon, on peut partir d'ici.

Neville croisa le regard de Ginny. Ils acquiescèrent au même moment.

-COUREZ ! lança Ginny.

Personne ne perdit un instant. Neville avait mis Seamus sur son dos, Michael de même pour Anthony, et ils se mirent tous à courir en direction de l'entrée de la Salle sur Demande. Ils devaient sortir, attendre que Voldemort sorte à son tour, puis rentrer à nouveau. Mais le plan était risqué, ils le savaient. Ils lançaient derrière eux, prenant tout juste le temps de regarder pour éviter de toucher l'un des leurs, et espérant plutôt toucher Voldemort qui les poursuivait sous forme de fumée. Ils lançaient aussi tour à tour des Protego, cherchant à se protéger d'un éventuel sort qui les toucherait au dos.

Michael fut le premier à atteindre la porte. Il l'ouvrit sans tarder.
-Vite vite viteeeeeeee ! s'écria-t-il.
Un à un ils passèrent la porte. Voldemort n'osait plus lancer de sort, car un sort, à cette vitesse, ne ferait que les propulser en avant, et donc de passer la porte, ce qui n'était pas son désir.

Il ne put donc empêcher leur sortie. Sortant à son tour, il se positionna devant la porte. Il devait en tout cas les empêcher de rentrer à nouveau et de se cacher. L'Armée de Dumbledore continua donc de courir sans savoir où aller. Ils étaient piégés, condamnés à courir. L'instant d'après, une alarme retentit. Encore une fois, Poudlard allait être le théâtre d'affrontements.
-Qu'est-ce qu'on fait ? cria Michael qui menait la marche.
-Aucune idée ! répondit Neville.
-On est bien avancés ! répliqua Cho.
-C'est pas le moment, asséna sèchement Ginny.
-On tourne à droite ! s'exclama Michael alors qu'ils arrivaient à un embranchement qui permettait de prendre à gauche comme à droite.

Préparés, ils tournèrent tous ensemble à droite. Ils étaient tous très rapprochés les uns des autres, et leur course était rapide.
-Bordel, il n'est plus derrière nous ! lâcha Katie Bell.
-Quoi ?
-Vous-Savez-Qui n'est plus derrière nous !
-C'est plutôt une bonne nouvelle, non ?
-Ca sent mauvais moi je dis !

Ils parlaient tous très rapidement, se répondant les uns aux autres sans même y faire attention. L'alarme continuait de retentir, et des bruits de pas des élèves commençaient à se faire entendre. Quelle heure était-il ? Combien de temps étaient-ils restés dans la Salle sur Demande, à se battre contre Voldemort ?
-Mais comment on va faire ?!
-On est dans de beaux draps !
-Il faut qu'on se barre d'ici !
-Et comment on fait pour quitter Poudlard ?

Neville s'arrêta brusquement, alors qu'une idée venait de lui traverser l'esprit aussi violemment que s'il s'était pris un sort. Les autres s'arrêtèrent tout aussi brusquement, imitant inconsciemment Neville. Michael, qui se trouvait devant, se stoppa aussi lorsqu'il n'entendit plus les pas des autres derrière lui.
-La Chambre des Secrets, leur murmura Neville.

Ils n'étaient pas poursuivis, mais ça ne saurait tarder. Il savait que c'était inutile de courir dans tous les sens, ils perdaient du temps, de l'énergie. Leurs esprits se dispersaient. C'était mauvais. Dangereux.

-Quoi ? s'écria Cho.
-C'est une idée, affirma Luna.
-Mais, euh, faut pas parler Fourchelang pour l'ouvrir ? chuchota Padma.

Personne ne devait entendre leur projet. Ils devaient se cacher, mais dans un endroit que personne ne soupçonnerait.

-Vous savez, Harry parle Fourchelang parfois, dans son sommeil.
Les autres affichèrent une réaction surprise.
-C'est la planque parfaite, ajouta Ginny. Qui va croire qu'on se soit cachés là-bas, vu qu'on n'est pas censés pouvoir y rentrer.

Ils acquiescèrent tous. Ils avaient trouvé.

Des bruits de pas violents se firent entendre. Des gens couraient. Le temps n'était plus à la réflexion. Ils devaient courir aussi.


Il avait seulement voulu s'allonger un peu sur le bord de la rive. Il avait faim et soif. S'il avait pu étancher sa soif, le peu de nourriture qu'il lui restait était noyé. Et, alors qu'Harry avait souhaité reprendre son souffle et ses esprits, il se trouvait en cet instant hors de son corps, plongé profondément dans l'esprit de Voldemort. Il n'avait pas désiré ce contact d'esprit à esprit, d'âme à âme.

Car c'était la colère de Voldemort qui l'avait appelé à l'intérieur de leur lien. Il la sentait flamboyante et dévastatrice. L'homme était en colère. Les visions qu'il avait pu avoir étaient floues, rapides, presque comme des flashs. Cette colère était littéralement aveuglante.

Mais il en avait vu suffisamment.
L'Armée de Dumbledore, se battant dans la Salle sur Demande, contre Voldemort...

Ca n'était pas censé se produire ainsi.

Il avait vu Seamus tomber. Il l'avait vu souffrir. Et, alors qu'Harry avait disparu pour laisser placer à Lord Voldemort, il avait aimé ça. Aimer la douleur infligée, aimer entendre ses cris remplir la pièce.
C'était après qu'était venue cette colère.

Mais, alors que Harry reprenait ses esprits, que celui de Voldemort refluait peu à peu, laissant Harry la possibilité de redevenir Harry, il savait qu'elle était annonciatrice de bonne nouvelle.

La colère de Voldemort et la satisfaction d'Harry avaient la même raison.
L'Armée de Dumbledore avait trouvé un horcruxe !

C'était un échec de plus pour l'homme cruel.

Mais cette satisfaction s'était effritée peu à peu, car une question taraudait à présent Harry.
Comment ses amis allaient-ils faire pour s'en sortir ?

C'était peut-être inutile, mais Harry souhaita très fort qu'ils trouvent le moyen de se cacher, qu'ils s'en sortent. Parce qu'ils le méritaient.

Tentant de chasser l'angoisse qui allait prendre le pas sur son calme instable, il chercha à se rappeler que ses amis étaient tous talentueux et courageux. Ils y arrivaient. Il le fallait.

"On devrait peut-être changer de nom pour l'Armée de Dumbledore. Ils valent mille fois plus que cet homme...".


Alors, alors, alors ?
Z'avez aimé ?
L'armée de Dumbledore gère, je trouve **
A très vite !