Yo !

Douzième OS, livré en temps et en heure, même si je dois vous avouer que ç'a été un petit peu compliqué.

Les warnings vont enfin servir à quelque chose. Ceci est une death-fic, donc be careful. Enfin, plutôt un death-OS, mais on ne va pas chipoter. Il devrait avoir lieu suite au départ d'Hakuryuu pour aller rejoindre sa sœur. Je ne comprends pas comment j'ai pu écrire ça en restant impassible. OK j'avoue, je ne l'ai pas été tout du long non plus. Empathie de merde.

Ah, et avant que j'oublie, un grand merci pour les reviews !


Pourquoi ne le lui avait-il pas dit ?

Et pourquoi cette question insidieuse tournait-elle dans sa tête depuis maintenant trois heures ?

Je tiens à toi. Tu es important pour moi. Fais attention à toi.

Des mots si simples, qui auraient pu tout faire basculer. Peut-être. Il n'en savait rien, ne saurait jamais.

Judal pleurait. Cela ne lui était pas arrivé depuis des années. Des longues larmes laissaient des trainées humides sur ses joues tandis que son regard vide dérivait sur le plafond richement ornementé d'une salle quelconque du palais.

Mort.

L'aspect définitif de ce mot l'avait frappé de plein fouet, le laissant sonné. Vide. Et en même temps trop plein. Le natté débordait.

Mort.

Hakuryuu était mort.

Une poignée de mots. Cela avait suffi pour le faire sombrer plus loin qu'il n'avait jamais pu aller.

"…dal ? Judal ?"

On l'appelait. Mais le Magi n'avait pas envie de répondre.

Son regard dérivait. Ses yeux étaient embués et le resteraient un certain temps. Sa main restait serrée sur la lettre.

Cette foutue lettre.

Son foutue message.

Ces foutues conquêtes.

Mort.

Quelqu'un le secoua, et Judal sortit assez de sa léthargie pour apercevoir le regard inquiet de Kouha posé sur lui. Il repoussa le prince d'un revers de main. Le sorcier aux yeux rubis voulait être seul.

Pourquoi ne le lui avait-il pas dit ?

Je tiens à toi. Fais attention lorsque tu combats.

Promet-moi de revenir.

Pourquoi n'es-tu pas revenue ?

Pourquoi je ne t'ai rien dit de tout ça ?

"JUDAL !"

Cette fois, le Magi fut obligé de relever la tête. Kouha semblait dans tous ses états, se tordant les mains et s'agitant sans vouloir cesser.

"Il faut que tu te reprennes, affirma le prince. Kouhen va bientôt arriv…"

Ce fut par réflexe que le natté saisit sa baguette pour envoyer voler l'importun à l'autre bout de la pièce. Kouha hoqueta en percutant un mur, emportant avec lui quelques morceaux de pierre.

Au diable Kouhen. Au diable l'Empire, Al-Thamen, tous. Qu'ils crèvent la bouche ouverte, les entrailles dévorées par les mouches.

Judal le hurla. Plusieurs fois. De différentes façons.

Mort.

Sa seule lumière avait disparu.

D'autres personnes arrivèrent, tentèrent de le maîtriser. Tous ce qu'ils obtinrent, ce fut des aiguilles de glaces destinées à leur transpercer les os.

Judal arrêta de prêter attention à ce qu'il était en train de faire et se laissa emporter par sa furie. La tristesse disparaissait au profit de la colère. Une colère brûlante, dévastatrice, qui embrasait son cœur de flammes glacées.

Des murs disparurent, un plafond fut soufflé grâce aux rokhs. Lentement, le Magi d'éleva, soutenu par sa magie. Il voulait tout voir disparaître.

Lui n'avait plus rien, alors pourquoi serait-ce différent pour les autres ?

Le vent se leva, l'enveloppa. Les rokhs lui obéissaient, dociles, pliant les ailes à ses moindres demandes. Ce fut vite une tornade que Judal se retrouva à commander.

Plus rien n'importait à ces yeux. Alors il se mit à méthodiquement détruire le palais, pièce après pièce, vestibule après vestibule, ignorant les cris de terreur sous lui.

Malgré le givre qui recouvrait son esprit, le Magi vit les flammes venir. Il repoussa un Kouhen en équipement de Djinn d'un simple sort, comme si c'était une créature faible qui lui faisait face au lieu du plus puissant prince de l'Empire.

Le combat s'engagea. La violence s'en ressentait à des kilomètres, le métal crissant contre la glace dans un chant funèbre.

Le guerrier écarlate hurla à Judal de se calmer, d'arrêter. Mais le Magi n'écoutait pas.

N'écouterait plus.

Pourquoi ne le lui avait-il pas dit ?

Un coup assez puissant pour détruire une montagne atteignit le bouclier irisé du natté, le projetant au loin sans pour autant arriver à le blesser. La haine et les rokhs noirs le rendaient quasiment invincible. Le combat continua, cette fois loin du palais.

Kouhen faiblit le premier. Ses mouvements se firent plus lents, ses parades moins perdirent en force. Mais Judal ne se calmait toujours pas. La seule personne qui aurait pu y remédier avait disparue.

Tout ce qu'il voulait était serrer Hakuryuu contre lui. Sentir son souffle contre sa peau, entendre son cœur battre.

Mort.

Le voir sourire, rire, l'appeler par son prénom.

Mort.

La magie l'abandonna, soudain soufflée par la tristesse qui avait fini par revenir écraser la haine. Le Magi chuta, n'ayant plus rien pour le retenir. Les larmes ne permettent pas de voler.

Il ne s'écrasa pourtant pas, rattrapé de justesse par Kouen. Le premier prince lui parlait maintenant, mais le natté n'entendait rien. Il ne voulait pas. Il n'y avait qu'une voix qui comptait pour lui, et elle s'était éteinte.

Le soleil brillait au-dessus d'eux, insensibles. Son éclat fit naître une idée dans l'esprit dévasté de Judal.

Les rokhs.

Il pourrait revoir Hakuryuu grâce aux rokhs. Il lui suffisait de le demander pour que l'esprit de son petit prince ne revienne à ses côtés.

Mais…

Un bruissement d'ailes sombres envahit l'air, étouffa tout, cacha la lumière chaude de l'astre solaire. Leur noirceur n'était qu'un bien pâle reflet de ce qui pouvait avoir lieu dans le cœur de Judal.

Jamais plus il ne pourrait le toucher, l'étreindre, sans prendre le risque de le souiller. Jamais.

Mort.


Gomeeeeeeeen T_T Je ne comprends pas ce qui m'a pris d'écrire ça, en plus je suis de super bonne humeur parce que je suis enfin en vacances et tout.

Pour me faire pardonner, je vous propose d'écouter "I'm so sorry", d'Imagine Dragon. Voilà.

Une remarque ? Une critique ? Une menace de mort (ou d'amour) ? Une review ! :D