Réponse aux reviews :

Guest, merci merci et encore merci. C'est le genre de message qui me touche beaucoup et me booste, que ce soit pour les fics comme pour mes romans. Quand on écrit, on est seule devant son écran, et on a de grosse période de doute. Est-ce que je fais les bons choix ? Est-ce que mon style est bon, est-ce que c'est une bonne idée, est-ce que je serais pas en train d'ennuyer le lecteur ? Alors quand je vois une review comme ça, ça me refait un boost de confiance énorme. Donc merci encore

KikaInLove1, hé oui, Hermione n'a pas fini de nager dans le flou malheureusement. Mais elle a Severus... :D

Sygui, tu as répondu seul à ta première pensée. Trop rapide certes, mais il le fallait. Bellatrix maîtrisait tout l'univers de A à Z, ils n'auraient pas pu comploter longtemps sans que ça ne se sache.


Chapitre 11

« Allez-vous vous décider à me dire ce qu'il se passe ?

_ Pour la 10ème fois Minerva, avez-vous mis en place les protections magiques autour de l'école, oui ou non ? Tonna le maître des cachots d'un ton menaçant.

_ Et pour la 10ème fois, je vous dis que oui !

_ Flitwick ! Avec moi. »

Sur cet ordre hurlé plus qu'exigé, le petit professeur de sortilège suivi bon grès mal grès le professeur de potions jusqu'aux jardins. Celui-ci lança alors plusieurs sortilèges puissants, renforçant la barrière érigé par sa collègue.

« Severus, soupira la vieille sorcière.

_ C'est terminé, Minerva. »

Sur ces paroles, l'homme se tourna vers celle qui fut également son enseignante fut un temps. Il la dévisagea d'un air mauvais avant de sentir sa voix tendre vers des notes plus graves encore.

« Ma couverture. Le Seigneur des Ténèbres sait. Poudlard n'est plus sous ma protection désormais, et j'envisage tout éventuelle attaque du jour au lendemain, avec ou sans Potter. »

Son interlocutrice afficha une mine, à la fois choquée et horrifiée. Sa couverture ? Etait-il possible que…

« Comment ? Souffla-t-elle.

_ Hermione, acheva-t-il en retournant à l'élaboration des sortilèges »


« Rendez-moi ma baguette !

_ Laissez-vous faire, bon sang ! Miss Granger ! Cria la magicomage.

_ Lâchez-moi, espèce de folle ! Où est Severus ? S'exclama la jeune femme. »

Depuis les couloirs, on pouvait entendre les cris d'Hermione et de Poppy qui tentait de lui faire entendre raison, éloignant tant bien que mal sa propre baguette magique de la Gryffondor qui avait malgré tout, il fallait l'avouer, une poigne extraordinaire.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? »

La voix grave et tonitruante du professeur de potions se répercuta dans toute l'infirmerie. Hermione se figea avant de se tourner vers lui, éberluée.

D'un pas élancé, Snape se hissa jusqu'aux deux sorcières en train d'en venir presque aux mains. Hermione vit son teint blanchir avant de déglutir d'appréhension.

« Vous, au lit et tout de suite. Ordonna-t-il en direction de la Gryffondor.

_ Mais… »

Snape leva un sourcil de consternation et la jeune femme ouvrit, puis ferma la bouche. Enfin, elle lui envoya une oeillade meurtrière avant de retourner vers sa couche d'un pas rageur. Poppy souffla de soulagement en laissant lourdement tomber ses bras le long de son corps.

« C'est bien la première fois qu'elle écoute quelqu'un depuis son arrivée.

_ Est-ce qu'elle va bien ? Demanda avec plus de douceur le Directeur des Serpentard. »

La magicomage papillonna du regard et Minerva qui se tenait à ses côtés en fit tout autant. Enfin, elle se secoua la tête en se raclant la gorge.

« Oui, enfin. Physiquement, elle avait plusieurs côtes cassés, ainsi que son poignet et le genou en mauvais état, mais je suis parvenu à la remettre sur pied. Psychologiquement… C'est une autre histoire.

_ Comment cela ? S'enquérit la vieille sorcière, soucieuse.

_ Elle ne me croit pas sur l'existence de mon prénom, et elle refuse que j'use de ma baguette. Lui faire boire quelque chose est une corvée. »

Snape expira l'air par le nez bruyamment, on ne peut plus agacé. Il se dirigea à grande enjambée vers le lit de son élève alors que McGonagall essayait de le retenir, en vain.

« Miss Granger ! S'écria-t-il.

_ Severus ! Tenta de calmer Minerva.

_ Qu'est-ce qu'il faut qu'elle prenne Poppy ? »

La concernée ouvrit la bouche, estomaquée par le ton cinglant du maître des cachots.

« Madame Pomfresh ! Hurla-t-il à son attention.

_ Potion de régénération sanguine et concoction pour soigner les effets du… Doloris, désigna-t-elle en pointant du doigt l'armoire en verre juste derrière. »

Snape s'y dirigea et en sortit deux flacons. Il les tendit à Hermione qui le dévisagea.

« Grouillez-vous, ma patience a des limites. Lâcha-t-il d'un ton dur. »

Hermione les lui arracha des mains en le fusillant, puis les but sans se poser de questions sous le regard à la fois ahuri et agacé de Pomfresh. Elle avait bataillé des heures là où il n'en avait fallu que 5 secondes à un simple professeur pour faire prendre un médicament à une élève.

« Qu'est-ce qu'on fait là d'abord ? Demanda Hermione en pointant ses orbes vers lui.

_ Je vous ai promis de vous ramener à Poudlard, c'est ce que j'ai fais.

_ C'est ça, oui. Je croyais que l'isolement portait ce nom pour ne pas qu'on se côtoie dans la même chambre, répondit-elle.

_ Fermez-là Granger !

_ Severus ! S'insurgea Minerva.

_ Et elles, c'est quoi ? Des infirmières ou je suis encore en train de parler toute seule comme une sombre idiote devant mon miroir ?

_ Vous ne parliez pas toute seule, mais à moi espèce de crétine décérébré !

_ Oui et bien j'ai remarqué ! Et vous jouiez à quoi quand vous m'avez poussé dehors la dernière fois ? S'énerva la jeune femme sous le regard estomaqué des deux spectatrices de leurs échanges.

_ Il fallait que je préserve ma couverture pour agir de façon efficace au moment opportun.

_ Admettons. En attendant, je vous en veux, répondit Hermione en croisant les bras.

_ Quoi ? La Miss Je Sais Tout m'en veut de lui avoir sauver sa misérable existence de lionceau, non mais dites-moi que je rêve !

_ Vous auriez pu être plus agréable avec moi !

_ Vous ne comprenez pas quoi dans le mot « couverture » ?

_ Et qu'est-ce que j'en sais que s'en est une ? Je suis persuadée d'être encore en plein délire à cause de cet infirmier de malheur !

_ C'était un loup garou !

_ Bah voyons !

_ Oh bon sang, vous ne m'avez jamais autant agacée de toute votre existence, j'ai tellement envie de vous… »

De force, Snape sentit la sorcière à ses côtés lui empoigner le bras afin de l'éloigner du lit de la Gryffondor et de parler, loin de toute cette agitation.

« Severus, vas-tu m'expliquer ?

_ J'aurais du la… laisser pourrir dans sa cellule ! Cette gamine ne m'a causé que des ennuis, tout comme ses amis ! »

Snape tournait en rond comme un lion en cage et de toute son existence, il lui semblait bien que c'était la première fois qu'il perdait le contrôle de lui-même.

« Que s'est-il passé ? Demanda McGonagall, soucieuse. »

Enfin, le maître des potions prit place sur une des chaises à côté d'un lit vide en soupirant de langueur.

« C'est une longue histoire, finit-il par lâcher en se massant les tempes, en proie à un début de migraine fulgurant. »

Elle n'allait pas lâcher l'affaire, pas si facilement et il le savait. Minerva McGonagall était une sorcière terriblement têtue, pire encore que sa protégée. Alors, Snape pesta en la maudissant, elle et sa stupide maison de lions.

« Mon allégeance… ne se prête pas aux côtés de Voldemort, osa enfin avouer Snape en prononçant même ce fameux nom maudit. Il y a de cela trois mois, je me suis rendu au manoir de Bellatrix et lorsque j'y suis entré, je… »

Snape sembla hésiter. Il jeta un regard furtif vers Hermione qui semblait renfrognée dans son lit, à fixer le mur en face d'elle d'un air soucieux.

« Ecoute, tes protégés me sortent par les oreilles ! S'exclama-t-il soudain.

_ Je te demande pardon ? Se vexa Minerva en croisant les bras sur son torse.

_ Elle avait l'air d'un espèce de chaton battu, alors j'ai… cédé ! Lâcha-t-il, enragé. Et maintenant, j'espère que le Seigneur des Ténèbres ne va pas se décider à attaquer Poudlard pour se venger de ma traitrise.

_ Tu l'as… sauvé ? Demanda-t-elle, ahurie.

_ Bien sûr que oui ! Non pour qui me prends-tu ? »

Minerva se secoua la tête, peu sûre de ne pas nager en plein rêve. Au bout de quelques secondes de silence, Snape consentit à en dévoiler davantage.

« Bellatrix usait d'une nouvelle expérience sur elle. Elle est parvenu à lui faire croire qu'elle n'avait jamais été une sorcière, que Poudlard n'existait pas et que tout cela n'était causé que par des hallucinations. En réalité, c'était cette folle furieuse qui manipulait son esprit grâce à un sortilège, bien plus puissant que la légilimencie. Un sort qui la plongeait dans un autre monde. Elle pouvait même y inclure des autres individus du monde réel, comme Greyback, Lucius ou encore... Voldemort.

_ Merlin… Jura la vieille sorcière, horrifiée.

_ Lorsque Miss Granger se réveillait, elle se faisait torturer puis, effacer la mémoire de sorte à se perdre de confusion entre le cauchemar et la réalité.

_ Qu'est-ce que tu as fais ? »

Snape resta silencieux, se contentant de fixer le mûr à sa droite, perdu.

« Severus !

_ J'ai utilisé la legilimencie pour pénétrer ses hallucinations ! S'exclama-t-il.

_ Mais tu es complètement dingue ou quoi ? »

Le concerné se contenta de fusiller du regard la femme se tenant devant lui. Elle ne broncha pas d'un iota pour autant, peu impressionnée par la noirceur de ses prunelles onyx.

« Je n'avais pas le choix, grogna-t-il.

_ Tu es entré dans l'esprit de quelqu'un sur qui on effectuait des expériences mentales, Severus. Tu aurais clairement pu devenir tout aussi fou qu'elle, voire pire encore : que ton esprit se fusionne au sien.

_ Qu'avais-je comme choix ?!

_ Tu aurais pu en parler à l'un d'entre nous !

_ Parce que tu m'aurais écouté ? Parce que l'ordre aurait fait quoique ce soit ?

_ Mais, tu n'en sais rien !

_ Je ne voulais prendre aucun risque qu'elle y reste, voilà tout. Peu importe. Je me suis fais repéré, et Bellatrix a voulu user de moi pour faire enfin avaler à Hermione ces fameuses « pilules », chose qu'elle tentait de faire depuis le début. Mais j'ai toujours réussi à convaincre Hermione de ne pas les prendre.

_ A quoi servaient-elles ? Pourquoi ne pas simplement la torturer et la tuer, je ne comprends pas.

_ Elle voulait… »

Snape prit une profonde inspiration, torturé de devoir faire face à cette réalité difficile et à cette possibilité. Elle était passée si près de tomber dans ses griffes, oui si près.

« Elle voulait qu'Hermione prenne la marque. »