Lorsqu'elle ouvrit les yeux, Hermione était dans une salle sombre. L'air humide et frais sentait le moisi. Face à elle, il y avait un mur en pierre d'où se détachait une grande porte en bois munie d'une serrure en fer qui avait l'air aussi solide que celles de Gringotts. Attachée au mur par de grosses chaînes, elle était contrainte à rester contre et sur cette surface froide.

Grelottant, elle essaya de se souvenir ce qui s'était passé quand les visages de ses deux défunts amis lui apparurent brutalement. Gémissant, les larmes coulèrent le long de ses joues. Ses amis étaient morts pour elle, à cause d'elle…Tout comme Coline. « Si seulement j'avais écouté Drago… »pensa-t-elle avec tristesse. Drago…Son homme, celui qui avait tant essayé de la protéger, en vain. Elle l'aimait, elle en était tellement sûre à présent. Reverrait-elle un jour son beau visage entouré de mèches blondes, ses grands yeux gris briller d'amour pour elle, ses grands bras protecteurs l'encercler ? Mais lui, l'aimait-il encore ?

Baissant la tête, elle aperçut son petit ventre. Au moins, lui, était au chaud. Elle essaya de l'imaginer et se surprit à voir un bébé aux cheveux d'or et aux yeux de diamant. Elle voulait qu'il lui ressemble, à son serpentard, elle voulait un ange. Avery pouvait la faire souffrir, elle se rattacherait à cette image parfaite. Son bébé dans les bras de son père. Pourvu que Ron prévienne les autres, pourvu que les autres aient remarqué son absence. Mais, depuis combien de temps avait-elle disparue ? Une heure, une journée ? Elle n'en avait aucune idée.

Bougeant légèrement, elle sentit une douleur au niveau de ses poignets entravés et gémit. Son corps était en feu, sans doute cela était dû au fait qu'elle n'ait pas bougé depuis un certain moment. Regardant ses jambes, elle vit que celles-ci étaient pleines d'égratignures. Sûrement quand elle courait dans la forêt ou alors au cours de la bataille ou tout simplement Avery qui l'avait traîné jusqu'ici. D'ailleurs où était-elle ? Elle n'était pas au manoir Malefoy, elle avait vu les cellules et elles n'étaient pas comme celle-ci. Peut-être dans la demeure des Avery ?

Soudain une clé se faufila dans la serrure et émit un grincement. La porte s'ouvrit avec bruit, un rayon de lumière parvint jusqu'à elle et elle releva la tête face à son ennemi.

- Bonjour petite Hermione.

- Va t'en ! Ne me touche pas !

- Ce n'est pas de bonnes manières Hermione, voudrais-tu que je te les rappelle ?

- Ne t'approche pas de moi !

- Sinon quoi ? demanda-t-il avec amusement tout en se rapprochant.

- Mes amis viendront me chercher, ils te tueront.

- Rattache toi à cet espoir tant que tu veux, personne ne te trouvera.

- Pourquoi ne m'as-tu pas déjà tuer ? lui lança-t-elle avec hargne.

- Je n'ai pas fini ce que nous avions commencé.

- Q-Quoi…

- Dans cette chambre, ne me dit pas que tu as oublié ma petite Hermione. Tu ne te souviens donc pas ?

Observant les larmes qui glissaient le long de ses joues, il afficha un sourire diabolique. La prisonnière se souvenait très bien de ce qui s'était passé à Paris l'été dernier. Attrapant son menton, il lui releva le visage puis s'accroupit.

- Regarde-moi… Je me souviens de tes gémissements quand je t'ai touché, de la panique dans tes yeux lorsque tu t'ais rendu compte que tu ne pouvais plus bouger, que tu étais à moi…

- Je ne serais jamais à toi !

- Je me souviens de ton caractère, j'ai su pourtant te soumettre.

- Tais-toi !

- Oui, te soumettre à moi en te forçant à entrouvrir ses petites lèvres jusque je puisse m'y glisser. Ta langue… J'en rêve encore chérie.

Pleurant, elle se recroquevilla et détourna la tête.

- Mais ne t'inquiète pas, tout ceci recommencera…Très bientôt.

Se redressant, il claqua la porte et la referma derrière lui. Hermione restait comme pétrifiée face aux horreurs qu'il lui avait rappelé mais aussi face à celles qu'il allait perpétrer.

A Poudlard, c'était la panique. Plusieurs élèves avaient signalé la disparition de la jeune gryffondor et des battus avaient été organisées dans la forêt. Tout le monde était interrogé, les professeurs avertissaient le Ministère et les rumeurs allaient vites. Après toutes ses histoires qu'ils avaient lues dans les journaux, se pourrait-il qu'Hermione Granger soit morte ?

Cela faisait maintenant deux jours que la jeune fille avait disparu, et toujours aucun signe de vie. Dans le bureau du directeur, les deux personnes les plus proches d'Hermione avaient été convoquées et c'est avec surprise que Severus Rogue vit arriver son filleul.L'ensemble du corps enseignant était présent, tous ont l'air d'avoir mal dormi.

- Que fais-tu ici Drago ? demanda alors Rogue.

- Je suis…Enfin j'étais…Son petit ami.

- Pardon ? Tes parents étaient au courant ?

- Plus ou moins.

- Alors on sait où chercher…murmura Harry.

- J'ai déjà fouillé l'intégralité du manoir Potter, et ma mère ne laisserait jamais faire ça.

Surpris par la réponse, tous les regards convergèrent vers lui.

- Au cours de votre relation, Miss Granger a-t-elle été menacé ?

- Ron Weasley l'a menacé…

- Il n'aurait jamais cela ! s'exclama Harry. Il était fou d'elle, il n'aurait jamais voulu la mettre réellement en danger. Mais de ton côté Malefoy, on trouve pas mal de suspects !

- Comme ? demanda le professeur McGonagall.

- Toutes les jeunes filles de Poudlard qui voulaient être à la place d'Hermione, l'ensemble des mangemorts qui auraient voulu sa mort et…Avery plus précisément.

- Potter, je sais que tu ne m'aimes pas mais il faut la retrouver rapidement, alors trouvons des indices concrets au lieu de tes conneries !

- C'est vrai, après tout, c'est peut-être toi le coupable dans l'affaire.

- Moi !

Drago s'était relevé et ses yeux avaient pris une teinte foncée.

- Moi, Potter ! Je vous ai épargnés dans la forêt, j'aurais pu l'enlevé directement.

- Mais…Tu avais une bonne raison de la faire disparaître !

- A oui et laquelle ?

- Ce qu'elle avait en elle te dérangé comme cela aurait dérangé ta famille !

- Une minute ! coupa Rogue. Miss Granger était enceinte ?

Les regards se portèrent sur Drago. Ce dernier poussa un soupir et alla s'asseoir dans un fauteuil avant de se prendre la tête entre les mains.

- Elle était enceinte d'un mois et de moi.

- Il faut la retrouver rapidement intervint alors Albus Dumbledore.

- Mais où est ce qu'on pourrait chercher ? Elle n'a plus de parents, plus de maison, plus de proches…Rien !

- Monsieur Potter pouvez-vous nous rappeler encore une fois ce qui s'est passé ce soir ci.

- On a atterri devant Poudlard et puis…Elle m'a dit qu'elle avait quelque chose à faire. Je suis remonté vers la grande porte alors qu'elle allait vers la forêt.

- La forêt ! s'écria Drago.

Severus, qui s'était assis à côté de lui et avait posé sa main sur son épaule, secoua négativement la tête.

- On a déjà cherché, elle n'y est pas.

- Non, ce n'est pas ça. Quelques jours avant sa disparition elle avait reçu une lettre.

- Une lettre ?

- Oui, un billet d'une de ses amies lui disant d'aller dans la forêt en pleine nuit, ce jeudi soir où elle a disparu.

- C'était la raison de votre rupture chuchota Harry.

- Oui…J'aurais dû être plus insistant, j'aurais dû la protéger.

- Tu as fait ton possible. Peut-être sa disparition est liée à celle de Neville et Parvati.

- Peut-être. Il faut continuer à chercher.

- Monsieur Malefoy commença Dumbledore, vous souvenez-vous du nom de cette amie ?

- Coline Julliard, c'était le nom à la fin du billet et c'est aussi celle qui l'a aidé à s'échappé cet été.

Un verre se brisa, rompant le silence. L'air affolé, le professeur McGonagall attrapa le bureau pour se maintenir et respira bruyamment.

- Coline Julliard? Vous en êtes sûr ?

- Oui, elle reçoit des lettres d'elle depuis le début de l'année.

- C'est impossible !

- Mais, quoi ! Qu'est ce qui se passe ?

- Cette jeune fille est morte il y a des mois. Je pensais qu'elle le savait, que s'était pour ça qu'elle était aussi triste. L'Ordre l'a retrouvé dans sa maison familiale, tuée avec le reste de sa famille.

- Mais, qui a-t-elle vu ce soir la ? s'exclama Harry.

- Et surtout, qui lui envoyait ces lettres ? renchérit Drago.

Soudain la porte s'ouvrit à la volée sur Anthony Goldstein, préfet des serdaigles, dont les larmes avaient envahi le visage.

- Professeur Dumbledore ! s'exclama-t-il, nous avons retrouvés Miss Patil et Neville.

- Très bien, comment vont-ils ?

- Ils…Ils sont morts monsieur.

L'ensemble des visages devinrent blanc et Drago sentit la main de son ennemi sur son épaule.

- Que s'est-il passé ? demanda enfin le professeur Rogue.

- Avec Padma, l'autre préfète, on conduisait la battue et elle a trébuché. Quand on s'est retourné pour voir sur quoi elle avait perdu l'équilibre, il y avait…Une main.

- Mon Dieu…Murmura Dumbledore.

- On a déterré les deux corps, il semblerait qu'ils aient reçu le sortilège de la mort.

- Ne cédons pas à la panique intervint Dumbledore, professeur Rogue prévenez les parents de miss Patil, trouvez sa sœur et prévenez la grand-mère de monsieur Londubat…Pauvre femme, la vie lui a vraiment tout repris. Monsieur Malefoy, retournez dans votre salle commune, vous aussi Monsieur Potter.

Alors que tout le monde se levait, un grand homme fit interruption dans le bureau du directeur. Vêtu d'un grand costume blanc, des mèches rousses et bouclées descendaient sur ses épaules.

- Excusez moi, pourrais-je parler à une de vos élèves monsieur Dumbledore ?

- Et vous êtes ?

- Pardonnez-moi, je suis le docteur Andrew Middleton, responsable des soins palliatifs de la clinique Sainte-Mangouste.

- A quel élève souhaiteriez-vous parler ?

- A Mademoiselle Hermione Jane Granger.

- Et…Pour quel motif ?

- Je viens pour lui annoncer de mauvaises nouvelles, ses parents sont décédés cette nuit.

- Quoi ! s'exclama Drago.

- Ils étaient dans le coma depuis plusieurs mois et, cette nuit, je ne sais pas ce qui s'est passé mais on les a retrouvé morts.

- C'est pas vrai…murmura Harry. Professeur Dumbledore, pensez-vous que cela pourrait être lié ?

- Malheureusement oui, je pense que tout ceci est lié, tout comme la macabre découverte de ce matin. Si nous essayions de reconstituer ce qui a pu se passer cela donnerai ceci : miss Granger reçoit un rendez-vous dans la forêt, elle est suivie par ses amis qui sont alors tués. L'agresseur et kidnappeur tue alors ses parents comme il a tué son amie, Miss Julliard.

- Il faut la retrouver avant que ce malade ne la touche ! explosa alors Drago avant de se diriger vers la sortie.

- Drago ! Mais où vas-tu ? demanda Rogue.

- Faire appelle à des personnes qui sauront la retrouver.

Comprenant à qui il voulait parler, le sang d'Harry ne fit qu'un tour.

- Malefoy ! Il te tuera pour t'être impliqué dans une relation avec elle.

- Au moins, elle sera sauve. Si ce sont mes dernières volontés, il les respectera. Je vais en parler à mes parents et j'irai le retrouver après.

Alors qu'il partait, Harry adressa un signe de tête aux professeurs ainsi qu'au médecin et se dirigea vers le terrain de quidditch. Arrivé dans l'herbe, il s'y coucha et se demanda s'il reverrait un jour sa petite sœur, si fragile…

- Bonjour Harry.

- Bonjour Luna, mauvaise journée hein ?

- Oui. Neville et Parvati vont me manquer, c'était mes seuls amis.

Relevant la tête, il put voir une fine larme couler le long de sa joue.

- Je sais que tout le monde me prend pour une folle, mais j'ai peur de la solitude. J'ai peur Harry.

- Je suis là moi.

Enlevant la larme du bout de son pouce, il passa son bras autour de ses épaules et la rapprocha de lui.

- J'espère que l'on va retrouvé Hermione.

- Je l'espère aussi.

- C'était la seule qui me protégeait.

- Je suis là Luna.

- Merci Harry.

Pendant ce temps, dans sa cave, Hermione ruminait. Comment avait-elle put être aussi stupide ? Pourquoi était-elle partie dans la forêt interdite, et surtout en pleine nuit ? Peut-être qu'après tout elle voulait risquer sa vie. Elle n'avait plus rien à perdre une fois Drago parti. Soudain la porte s'ouvrit. Sans même un mot, il lui jeta un Doloris. Hurlant de toutes ses forces, elle sentit son corps trembler alors qu'elle avait l'impression qu'on la brûlait vive. Puis la douleur s'arrêta. Reprenant son souffle, elle essaya de trouver le regard de son tortionnaire, mais n'y parvint pas. La sentant s'agiter, il relança le sort. De nouveau, son corps tressaillit et elle se mit à crier. Au bout de quelques minutes, il baissa sa baguette et s'agenouilla près d'elle.

- Alors petite sang-de-bourbe, es-tu prête à m'obéir ?

- Non !

- Qu'est ce que tu es mignonne quand tu es en colère.

- Je ne peux pas en dire autant.

- Toujours aussi rebelle hein ? ricana-t-il.

- Jamais je ne me soumettrais à toi !

- C'est ce qu'on verra !

Au bout de quelques secondes, Hermione se mit à sourire puis à rire.

- Pourquoi est ce que tu ris ? gronda-t-il.

- Parce que…

- Réponds Sang de bourbe !

- Parce que tu ne sais pas à qui tu t'attaques lui murmura-t-elle en souriant.

- Laisse-moi rire ! Tu te crois assez puissante parce que tu es la meilleure amie de Potter ?

- Non…

- Alors ? s'énerva-t-il.

Décidée à rester en vie le plus longtemps possible, elle décida de sortir toutes ses options.

- Tu ne vas peut-être pas me croire mais…Tu t'attaques à la petite amie d'un Malefoy.

- Tu mens ! Drago ne voudrait jamais de toi !

- Ah oui ? Mais dis-moi, l'as-tu déjà-vu en colère ? Crois-moi ce n'est pas beau à voir.

- Tu…Tu mens !

- Tu aimerais pouvoir t'en convaincre.

Rigolant à pleines dents, elle le regarda avec supériorité.

- Ce n'est pas possible. Il te hait. Tu le dégoûtes !

- Si tu le dis…Mais si cela s'averre être faux, tu mourras.

- La ferme !

Se redressant, il lui relança un doloris et se délecta de ses cris. L'attrapant par les cheveux, il écrasa ses lèvres contre les siennes avant de la repousser. Puis il lui lança un maléfice cuisant sur ses bras, regardant avec plaisir sa prisonnière hurler de douleur. S'arrêtant, il la détailla de la tête aux pieds puis se pencha de nouveau vers elle.

- Au fait, tu n'es peut-être pas au courant vu que le journal n'est pas parvenu jusqu'ici mais…J'ai retrouvé tes parents Hermione chérie.

- Q-Quoi ?

- Tes pauvres moldus de parents, protégés par Sainte Mangouste, sont maintenant six pieds sous terre.

- Non ! hurla-t-elle.

Dans un mouvement de cape, il se dirigea vers la sortie et referma la porte derrière lui.

Pendant ce temps, au manoir Malefoy, des cris se faisaient entendre dans le bureau du grand Lucius. Drago leur avait avoué ce qu'il comptait faire et ni sa mère ni son père n'étaient d'accord.

- Mon chéri, je t'en prie ! Ne fais pas ça ! l'implorait sa mère.

- Je n'ai pas le choix, il faut la sauver !

- Mais ce n'est qu'une sang-de-bourbe ! grogna son père.

- C'est à moi de choisir ! hurla-t-il avant d'ouvrir la porte et de s'enfuir jusqu'à la grande salle où Voldemort attendait.

Assis à la grande table, le seigneur lui fit signe de s'asseoir à ses côtés avant de regard avec étonnement les parents qui couraient pour essayer de rattraper leur fils.

- Bon, nous pouvons commencer cette réunion. Je tiens à féliciter tout particulièrement Drago qui a su accomplir toutes ses missions avec succès.

La plupart des mangemorts sourirent et sa tante Bellatrix le regarda avec fierté.

- Les affaires avancent bien, des nouvelles de Potter ?

- Non mon seigneur, commença Pettigrow, il se méfit.

- Il faudrait pouvoir attaquer Poudlard, intervint Avery père, mais cela est impossible.

- Ou alors l'attirer à nous…Osa Lucius.

- Potter ne sort pas avec la petite Weasley ? questionna Lord Voldemort avec un sourire mauvais.

- Je ne crois pas répondit Drago tout en regardant Blaise.

- Mais, il tient à elle. Cela serait parfait si nous parvenions à la capturer.

Blaise palissait à vu d'œil et Drago ne savait quoi faire.

- Maître, il me semble qu'il était plus intéressé par Cho Chang annonça Pansy, in extremis.

- Qui donc ?

- Une serdaigle de septième année qu'il a longtemps convoitisé. Ils se sont séparés assez vite.

- Va pour la serdaigle.

Blaise se détendit lentement et respira enfin. Le reste de la réunion fut traité et au moment de partir, Drago se tourna vers son maître.

- Puis-je vous parlez mon seigneur ?

- C'est à propos de ta sang-de-bourbe ?

- Comment...

- Comment je le sais ? le coupa Lord Voldemort avec colère, parce que tu passes ton temps à penser à elle ! Je ne cesse de la voir dans tes pensées !

Lui attrapant le bras avec force, il les fit transplaner dans un vieux cimetière.

Une fois arrivé, le Lord sortit sa baguette et lui lança des Doloris avec un rictus mauvais. Tout en regardant celui qu'il considérait comme son fils se tordre de douleur, il hurlait parfois avec rage : « Pourquoi ! Hein, pourquoi ! ». Au bout d'un quart d'heure, Drago avait les muscles endoloris et resta sur le sol en pensant à elle.

- Encore elle ! explosa Voldemort, ne peux-tu pas penser à quelqu'un d'autre !

- Non chuchota le blond, face contre terre.

- Depuis quand hante-t-elle tes pensées ?

- Vous me demandez depuis quand je l'aime ou depuis combien temps nous sortons ensemble ?

Sifflant de rage, Voldemort lança son pied dans son estomac avant de reprendre d'une voix plus calme.

- Depuis quand aimes-tu cette…Chose ?

- Environ…Trois ans.

- Sais-tu qu'elle brise nos idéologies ? Toi le sang pur qui sort avec la sang de bourbe !

- Mais, j'ai réussi à en faire abstraction, je l'aime qu'elle soit sang de bourbe, moldu ou cracmol.

- Tu es exaspérant…Tu me rappelles moi à ton âge. Si déterminé à vouloir ce que l'on veut.

- Je m'excuse maître.

Inspirant profondément, Lord Voldemort s'assit sur une tombe de marbre et le regarda sans sévérité.

- Relève toi, lui dit-il doucement.

Obéissant, Drago se mit debout et épousseta sa cape.

- Non finalement reste assis par terre.

Toujours face à son maître, Drago s'assit à ses pieds.

- Est ce que je la connais ? Comment s'appelle-t-elle ?

- Oui maître, vous la connaissez, c'est Hermione.

- Hermione ?

- La meilleure amie de Potter, Granger.

- Décidément, tu choisis la plus compliquée. Depuis quand es-tu avec elle ?

- Notre relation a commencé le 1er octobre.

- Donc cela fait plus de deux mois.

- Plus vraiment maître, nous nous sommes séparés, enfin elle m'a quitté.

- Faut-il être idiote !

- Elle…Elle avait peur, je suppose maintenant que j'ai eu le temps d'y réfléchir.

- Peur ? Des mangemorts ? De moi ? Drago, d'après ce que j'ai entendu de cette jeune fille, cela m'étonnerai.

- Ce n'est pas ça maître.

Après une minute de silence, le Lord posa un regard paternel sur le jeune homme et brisa le silence.

- Tout ceci restera entre nous, tu le sais.

- Oui maître.

- Alors ?

- Je l'ai mise enceinte.

- Voilà un problème de plus.

- Oui, je ne l'ai appris qu'il y a quelques jours mais…j'aurais du m'en douter ! Ses nausées et ses changements d'humeur qui m'ont tant énervé…Elle n'y était pour rien.

- Tu l'aimes sincèrement ?

- Oui maître, j'aurais pu défier mes parents pour elle. J'aurais tellement voulu…

- Oui ?

- La protéger. Faire d'elle ma femme. Qu'elle soit vue, comblée, heureuse…

- Tout ceci peut encore exister.

- Mais maître, je pensais que vous ne voudriez jamais, que vous la tueriez !

- Sans explication, c'est sans doute ce que j'aurais fait. Mais comprends-tu que ce l'amour que tu lui portes est exceptionnel ?

- Oui maître.

- Ce sentiment est unique et terriblement puissant, il peut changer un homme à jamais. Si tu l'aimes, tout est possible.

Soudain, la lumière se fit dans son esprit. Il l'aimait. Il était prêt à tout pour elle et ne pourrait vivre sans. Reniflant à cause du froid qui avait envahi son corps, il regarda son maître. Celui-ci avait son regard dans le vide, fixant une tombe en peu plus loin.

- Veux-tu venir avec moi ? demanda le Lord.

- Oui maître.

Se relevant tous deux, ils marchèrent dans la neige jusqu'à une grande tombe en marbre noir où un bouquet de roses blanches avait été posé. Drago put lire le nom en lettres d'or : « Elisabeth Rose Scrimgeour » et plus bas les dates traditionnelles : « 1926-1944 ».

- Scrimgeour, demanda Drago, comment le ministre ?

- C'était sa sœur…Il ne la méritait pas.

- Maître ?

- Sais-tu pourquoi je hais les moldus et les sang de bourbe ?

- Pas vraiment.

- Si je comprends aussi bien ton attendrissement pour ta Hermione, Drago, c'est que je l'ai également connu. Serais-tu prêt à m'écouter ?

- Oui maître.

Prenant une profonde inspiration, le Lord commença alors son histoire.

- Quand j'étais en sixième année à Poudlard, j'avais le même comportement que toi tu as aujourd'hui. Je couchais avec toutes les filles que je trouvais, les serpentards m'obéissait au doigt et à l'œil et j'étais brillant de mes études.

Drago sourit à son maître et celui-ci en esquissa un.

- Et puis un jour, elle est arrivée. Elle venait de Beauxbatons et avait préféré venir à Poudlard pour ses deux dernières années. J'ai cru voir arriver un ange. Elle avait la peau si pâle, comme toi, des cheveux d'un noir profond et de beaux yeux couleurs noisette.

- Hermione aussi à les yeux noisette murmura Drago.

- Magnifique n'est-ce pas ? Au début, elle se méfiait de moi, elle avait peur. Après tout, c'était une serdaigle et j'étais un serpentard. Je passais mon temps à la bibliothèque pour la voir, elle aimait lire et étudier, comme moi. Mais je ne pouvais me permettre de montrer mes sentiments,alors je l'humiliais, la rabaissais et l'injuriais comme un bon serpentard que j'étais.

- Je vois…

- Et puis, toujours en sixième année au mois de mai, j'ai craqué. Pendant ma ronde de prefet-en-chef, je l'ai trouvé en pleurs dans un couloir. Elle m'a alors confié que sa famille était une immondice de ce monde et qu'ils la maltraitait. Par la suite, nous nous organisions des rendrez-vous et elle se confiait à moi et moi à elle. C'est la seule qui su tout ce qui m'était cher. Un soir, elle m'a avoué qu'elle était folle de moi et…

- Oui ? demanda Drago qui était à présent captivé par le récit.

- Je lui ai tout avoué, que je l'aimais depuis le premier jour. Bien qu'il fallait cacher notre relation, je la comblais d'attention et elle passait toutes ses nuits dans mes bras… J'ai l'impression que tu connais cette histoire Drago.

- Cela c'est passé de la même manière avec Hermione.

- Ouvre moi ton esprit.

Le blond acquiesa et permis à son maître de voir ses souvenirs.

- Intéressant…Je ne savais pas que Avery l'avait loupé, il m'avait assuré les avoir tous eu.

- Maître, pouvez-vous me raconter la suite s'il vous plaît ?

- Oui. Alors, pendant les vacances elle était chez elle et nous nous envoyons des lettres par centaines jusqu'à ce que je puisse la revoir le premier septembre de notre dernière année. Notre vie était merveilleuse, elle m'aimait et je l'aimais. Nous avions des projets.

Relevant la manche droite de sa cape, il lui montra deux bracelets en argent. Sur le premier était gravé « Tom Jedusor » et sur le second… « Elisabeth jedusor ».

- Nous nous les sommes offerts le soir de noël, elle voulait devenir ma femme. C'est d'ailleurs cette même nuit que nous avons commis l'irréparable.

Levant un sourcil interrogateur vers son maître, il attendait la suite avec impatience.

- Un moi et demi plus tard, elle m'apprenait qu'elle était enceinte.

- Décidément, nos histoires se ressemblent de plus en plus.

- Et oui. Elle pensait que je voulais la quitter mais je n'en suis devenu que plus amoureux. Je l'accompagnais régulièrement chez le médecin, nous nous renseignions pour notre mariage, la vie prenait un sens pour moi. Au moi de mai, nous fêtâmes nos un an ensemble et elle m'apprenait que nous allions avoir une petite fille. La vie devint alors encore plus agréable, cherchant des prénoms, imaginant son avenir de médicomage, ministre, professeur,…

Une leur éclaira alors son regard par ce souvenir.

- Nous avons tous deux réussi nos aspics avec succès mais elle dut rentrer chez elle pour les vacances. Sa famille avait découvert les lettres que nous nous étions envoyés et quelques jours plus tard, qu'elle était enceinte. Nous nous sommes alors retrouvés dans ce cimetière pour nous enfuir ensemble.

- Mais…Vous étiez si puissant, pourquoi sa famille ne vous a pas accepté ? Cela aurait été un honneur.

- J'étais pauvre à l'époque, et cette famille était tellement vénale. Bref, cette nuit, ils nous attendaient et ils l'ont attrapée. Ils m'ont attaché à cet arbre dit-il en désignant un grand chêne, et ils l'ont frappé pour avoir osé vouloir s'enfuir avec moi. J'hurlais, je ne voulais pas qu'on la touche, je voulais la protéger…mais elle est tombée sous les coups.

Drago sentit ses yeux piqués mais se retint.

- Ils l'ont tuée ! Elle a fait une fausse-couche qui a mal terminée, elle est morte dans son sang alors que je me débattais pour la sauver. Je n'oublierais jamais Drago, on m'a enlevé mon amour puissant et un jour, je me vengerais d'eux.

- C'est pour cette raison que vous haïssez les sang de bourbe ? demanda Drago un peu perdu.

- Son père, ce salop qui aimait la battre était un sang de bourbe. Je me suis alors venger sur sa race pour avoir tué mon Elisabeth et notre…Marie.

- Marie, votre fille.

- Oui. Heureusement j'avais encore mes mangemorts pour me soutenir mais j'avais perdu le goût de la vie, elle était si fade sans elle. Et puis un jour, Narcissa et Lucius se sont mariés et ont eu un enfant.

Drago sourit.

- Tu es comme un fils Drago, je t'ai appris ce que je connaissais et tu sais beaucoup de choses sur moi, autant que j'en sais sur toi.

- Vous êtes comme un père, maître.

- Drago, tu n'as pas faiblit dans tes missions et tu ne m'as jamais déçu. Tant que tu continueras comme ça, je tolérais ta relation avec cette fille. Mais si tu dénigres tes obligations, elle en fera les frais est-ce clair ?

- Oui, maître.

- Parfait.