Chapitre 12
Ce soir là, Konan s'endormit à la belle étoile, allongée sur la chaise longue du balcon de Madara. Ses deux grands yeux s'étaient éteints. Itachi était revenu de la salle de bains miteuse et dégoûtante de Madara. Il observa les lieux.
Plus rien n'était comme avant. Sa vue. Ses sens. Doucement, chaque chose devenait plus violente. Plus colorée. Plus vivante, quelque part.
Madara s'avança vers lui. Il posa une main à sa taille, et l'embrassa. Lentement, et avec envie. Deidara leva les yeux vers Itachi. Il aperçut sa langue pénétrer les deux lèvres de Madara. Deidara se mordit les lèvres. Il tourna les yeux vers Sasori, à ses côtés. Il s'approcha de lui, et déposa un baiser chaste à sa joue. Sasori tourna la tête. Ils se regardèrent de longues secondes, et Deidara approcha ses lèvres de celles de Sasori. Il le saisit par le col, l'attira à lui. Deidara retira sa veste. Il la fit tomber au sol. Sasori fermait les yeux. Deidara les gardait ouverts, jetant des regards incessants à Itachi.
Itachi retira la ceinture de Madara. Ce dernier souriait, déboutonnant sa propre chemise. Madara reculait. Son sourire. Sa crinière.
Sasori s'agenouilla. A quatre pattes, à la manière d'un animal chétif, il s'approcha entre les jambes de Deidara. Cambré au possible, Deidara leva les yeux vers Itachi.
Itachi allongea Madara sur le ventre. Il parcourait son dos nu d'une main longue et pâle. Ses doigts vernis, et la maigreur de ses veines. Madara tourna la tête, attentif à chaque geste. Il ferma les yeux.
Deidara sentit la langue de Sasori à son sexe tendu. Il retint un gémissement, serrant les poings. La chevelure rouge de Sasori. Ses petits va-et-vient sournois et calculés. Deidara plissa les yeux, obsédé par les gestes d'Itachi.
« Prends le, putain. Qu'est ce que t'attends pour le prendre ? »
Madara gémit. Il poussa un long râle, passif et sexuel. Il ouvrit enfin les yeux et s'accrocha au canapé rouge.
-Itachi !
Itachi tira la chevelure de Madara en arrière. Ce dernier passa sa langue à ses lèvres rouges, légèrement entaillées par les baisers trop fougues d'Itachi. Deidara ne se retint pas de gémir cette fois-ci à la vue du bassin parfait d'Itachi, et de sa verge puissante pénétrant sa prostituée.
Deidara se mordit les lèvres. Itachi était merveilleux. Les lèvres de Sasori parcouraient son entrejambe. Il était dur. Ses grands yeux se levèrent vers son partenaire, mais ne trouvèrent pas de réponse. En effet, Deidara était déjà occupé. Occupé à le regarder lui, prendre Madara comme s'il s'agissait d'un chien. Lorsque Deidara fut emporté par la jouissance, Itachi tourna son visage vers lui. Alors, tout devint sourd et seul ce regard là comptait aux yeux du monde. Deidara s'épandit dans la gorge de Sasori.
De plus en plus de gens venaient à l'entrée du club, encore fermé. Le videur, à l'entrée (un homme d'Orochimaru) attendait les ordres d'Itachi impassible. La nuit était tombée. L'avenue, parsemée de lumières artificielles brillait. Les néons du Vinyle Rouge dansaient, au cœur des fumées urbaines. La promo de l'ouverture du club avait été entièrement assurée par Orochimaru, et il pouvait en être fier. Une centaine de personnes attendaient, et l'on aurait pu croire assurément qu'il s'agissait d'une file d'attente, pour un concert très attendu.
Itachi jeta un œil à sa montre, inquiet. Cela faisait déjà une heure qu'il attendait Orochimaru, et Konan n'était toujours pas là. Elle devait pourtant assurer la seconde partie du spectacle. Madara, au bar discutait avec Deidara. Les projecteurs avaient été vérifiés, ainsi que les effets de scène. Rien ne manquait.
Le spectacle allait bientôt commencer. Les acteurs attendaient.
« Où est Konan ? »
Madara leva la tête vers Itachi.
-Elle n'est pas là ? demanda t-il, intrigué.
Itachi hocha la tête négativement.
-Pourtant, elle n'est plus chez moi, assura Madara d'un air suffisant.
C'est vrai. La dernière fois qu'Itachi avait vu Konan, c'était au balcon de l'appartement de Madara. Elle s'était endormie, et au matin elle avait disparue. Il pensait qu'elle n'avait pas apprécié la fête. Et c'était bien compréhensible. Les rendez-vous chez Madara étaient devenus la drogue de la drogue. Konan n'était sans doute pas dans cet univers là. Le vice ne l'avait pas dévorée toute entière.
Itachi soupira.
-C'est inquiétant. Si elle n'arrive pas d'ici dix minutes, Deidara prendra la seconde place. Je vais tout faire pour la retrouver.
-Ce serait bête qu'elle gâche la première du Vinyle, glissa Deidara en souriant à Madara.
Itachi lui lança un regard glacial, auquel Deidara ne répondit pas, jouant la carte de l'innocence. Lorsque le cadran lumineux indiqua minuit, Itachi se dirigea vers les portes du club.
« Désormais le monde nous appartient. »
Deidara se tourna vers Sasori.
« Ce soir. Et toutes les autres nuits. »
Madara gagna sa loge. Il ouvrit une petite boîte, et posa ses faux-cils à ses paupières.
« Nous sommes les Dieux de cet univers. »
Itachi ouvrit les portes. Les rayons du Vinyle Rouge se posèrent à sa peau. Le videur l'observa. Le regard d'Itachi parcourut la foule, impatiente.
-Bonsoir.
Le Vinyle Rouge, plongé dans le noir s'illumina doucement. Quelques lueurs apparurent, et Madara fut visible. La scène n'était plus de ce monde. Les basses, et la musique envoûtante au possible. Une baignoire transparente avait été aménagée sur scène.
The velocity of the time
Turns our voice into
Sugar water
Madara, comme endormi s'éveilla. Il tourna la tête vers son public. Car, tout lui appartenait déjà. Il leva une de ses jambes, percutant les projecteurs.
Itachi tentait de joindre Konan. Il tomba sur son répondeur. Assistant à la première représentation de son club, il reposa doucement son téléphone, captivé par la démonstration de Madara.
Il se redressa, de dos, passant une main à sa chevelure humide. Sa cambrure était parfaite. Il jeta un regard en direction d'Itachi. Ils le savaient tous les deux, cette danse lui était destiné.
« Vous êtes sur le répondeur de Konan. Veuillez laisser un message après le bip sonore, merci. »
Enfin, il porta un peu d'eau qu'il fit couler le long de son corps parfait. Sa verge, à la vue de tous était paisible.
Il bougeait lentement son bassin, de droite à gauche au rythme lent et enivrant des basses. Madara se caressa le torse, puis s'accroupit, de profil. Il baissa le regard, et sa main effleurait le bas de son ventre. L'eau. Les senteurs. Et Itachi, qui le fixait.
Madara entrouvrit les lèvres.
« Tu veux savoir où est Konan, Itachi ?...»
Il sourit.
« Tu peux en prendre, tu sais ça ne va pas te tuer. »
Konan avait observé le creux de la main de Madara.
-C'est de l'ecstasy ?
-C'est ça.
-Je ne me drogue pas.
-Allez. Avale moi ça, fais-moi plaisir…
Madara s'était saisi de la bouteille de whisky et l'avait tendue à Konan, assise sur la chaise longue. Madara avait relevé la tête vers Itachi, qui discutait avec Deidara. Il reporta toute son attention sur Konan, qui ne bougeait pas, figée.
-Ca va te détendre…
-Je n'ai pas besoin de ça pour me détendre, Madara…
Madara avait souri. Konan avait poussé un long soupir. Elle avait pris les trois cachets, et les avait engloutis. Elle s'était saisie brutalement la bouteille, et avait pris quelques gorgées. Madara s'était arrêté de bouger. Son sourire l'avait quitté, et il était resté aux côtés de Konan, qui le fixait entre mécontentement et inquiétude.
-Ce n'était pas si difficile que ça…
Madara commença à se masturber, doucement. Il écarta les jambes, rejetant la tête en arrière. Sa langue allait contre ses lèvres et il poussait de faibles gémissements, couverts par les sons enchanteurs de la chanson, sexuelle au possible.
Konan s'était allongé sur la chaise longue et avait continué de scruter le visage de Madara, un peu coupable de ce qu'elle venait de faire.
Madara s'était redressé, et l'avait longtemps regardé. Il avait sorti une cigarette, et l'avait allumée.
-Alors on se sent comment ?...
-Bien…
Konan avait fermé les yeux. Ses poings, serrés par le stress étaient alors tombés, faibles et détendus.
-On dirait, ouais, avait confirmé Madara, enfin avec ce que je viens de te donner je dirai même que tu devrais bientôt ne plus rien sentir.
Konan avait réussi à entrouvrir doucement les yeux. Elle avait l'air totalement affaiblie. Ailleurs. Comme si ses forces étaient en train de diminuer, de seconde en seconde.
Madara serra son sexe, l'eau coulait contre son torse pâle et scintillant. Deidara servait les clients, affublé de ses résilles. Il jetait des regards vers la scène, lui aussi charmé par la présence incroyable de son partenaire. Il savait que c'était bientôt son tour, et se contenta de servir quelques autres clients. Car Konan était en retard.
Konan avait trouvé la force d'ouvrir les lèvres. De parler, même.
-Ce n'était pas de l'ecstasy ?...
-Non.
-C'était…
-Tu n'as pas besoin de savoir, là où tu vas, on ne te demandera rien. Du moins je pense, je n'y suis jamais allé.
Madara avait soupiré une fois de plus en tirant sur sa cigarette.
-Tu sais ce qui est drôle, en fait dans tout ça ?
Konan avait tenté de garder les yeux ouverts. Mais, son sang était lent. Son cœur fatigué.
-C'est que le monde ne s'arrêtera pas de tourner après ça.
Il avait recraché la fumée, dégouté, et l'avait écrasée dans le décolleté de la jeune femme, totalement insensible. Son corps, anesthésié ne sentait plus rien. Quelques larmes avaient coulées, le long de ses joues poudrées.
-Je suis le monde. Itachi et moi sommes le monde. Et tu n'en fais pas partie.
La tête de Konan s'était reposée sur le côté.
Madara jouit brutalement. Il poussa un long gémissement. Les hommes et les femmes, silencieux et fascinés ne parlaient pas.
« Konan ne viendra jamais, Itachi-sama. »
Itachi tourna la tête. Orochimaru était là, il avait l'air très angoissé.
-Je suis heureux que le spectacle ait tout de même lieu, Itachi.
-Comment ça, « tout de même » ?
-Konan. J'ai été lui rendre une petite visite, ce matin. Je voulais la brancher sur la came. Son appartement est vide. Les flics y sont passés. Elle a du quitter la ville juste après être revenu de votre petite fête chez Madara.
Itachi cessa de respirer.
-J'imagine qu'elle n'a pas supporté. Nombreux sont les papillons qui se brûlent les ailes aux néons des clubs de strip-tease…
Orochimaru applaudit, jetant un regard à Madara, triomphant.
-Ce spectacle était très excitant, dit Orochimaru.
Le Vinyle Rouge était bruyant à souhait. Les applaudissements, vifs. Les rires extraordinaires. Madara s'était cambré. Deidara avait gémi. Sasori s'était agenouillé. Les verres. La coke. Les rails. La fumée. Les basses. La lueur. Et le vinyle. Cette nuit là. Comme toutes les autres, Itachi su qu'il cultivait un vice des plus exquis. Des plus dangereux.
Itachi avait gagné ses appartements. La première nuit avait été incroyable. Il se souvint du cadeau d'Orochimaru. Il l'avait entreposée dans sa table de chevet. Il la fixa de longues secondes, avant de tirer le tiroir.
« Il lança à Itachi un paquet, noirci emballé dans un plastique truffé d'inscriptions chinoises.
-J'en ai reçu une en trop, précisa t-il, il n'appartient qu'à toi d'ouvrir ce truc là.
-Et, qu'est-ce que c'est ?
-Ta future meilleure amie. »
Sans un bruit, il contempla la seringue, et les accessoires destinés à faire un bon garrot. Il s'assied à son lit. Il désinfecta la pointe, en silence. Les basses s'étaient évanouies.
« Il passa une main dans le sac, et fut surpris d'y découvrir un kit sous vide de deux seringues. Et il la vit.
Itachi scruta l'héroïne de longues secondes. Il baissa les yeux, avant de ranger le tout dans le sac. Comme s'il en était effrayé, il plaça la drogue dans un des tiroirs de la table de chevet de la chambre, et s'étendit dans le lit. »
Il était huit heures, et le soleil commençait à poindre. Les rideaux des fenêtres de l'appartement se soulevaient, doucement. Enfin, Itachi se pénétra. Le liquide s'imprégna en lui. A une vitesse folle et grotesque son corps fut en surchauffe. Il se laissa tomber en arrière, et cet instant devint une éternité. Il entendit la porte claquer. Madara était là.
Itachi poussa un long râle de plaisir. L'extase. La violence. L'héroïne le prenait comme une bête. Madara s'approcha de lui, à son lit et le contempla. Il caressa son visage.
« Tu jouis en solitaire, c'est adorable.. »
Seulement quelques semaines suffirent pour rendre le Vinyle Rouge plus populaire encore que l'Eventail. C'était « Le lieu ». C'était « le club ». Le jour n'existait plus. Le rouge avait couvert l'avenue. Le prestige d'Itachi était taché de sang, et il l'ignorait. Madara était son étoile et son prince. Ils chevauchaient souvent le dragon à deux. Leur univers n'était pas notre monde. Il était au dessus.
Et très peu y survécurent.
« Le Vinyle Rouge n'est pas un club. Ses portes ne sont qu'un prétexte. Qu'une frontière entre la vie et la mort. Une parcelle, un étage entre les deux. Vos besoins sont accrus. Nous détruisons vos désirs pour en créer d'autres. Peu à peu, l'oubli fait son effet. Bientôt, votre attirance ne se résume plus à l'envie. Mais au besoin brut et violent. Les basses. Le sexe. Les cuisses. Les menottes. Les rires. Le whisky. Et l'ecstasy. Le Vinyle Rouge est une seringue dont vous devenez dépendant. Votre cœur cesse de battre. L'instinct animal vous dicte des lois dont vous aviez autrefois honte. Le Vinyle … Est une arme redoutable, dont les créateurs sont les premières victimes. »
Itachi ferma les yeux. Le flash de l'héroïne était plus fort.
FIN
Merci à tous d'avoir suivi ma fiction adjacente du Vinyle Rouge, et pour ceux qui n'ont pas lu, je pense la remettre en ligne dés que possible ! Pour la fin de cette fiction, je glisse quelques détails et explications musicales par rapport à cette fiction …A lire ou pas ! (Je déconseille la lecture à ceux qui n'ont pas lu le Vinyle Rouge, au risque de se faire spoiler de tous les côtés…)
Références musicales utilisées dans cette fiction :
Pour les Origines, j'ai utilisé beaucoup de références au Vinyle Rouge, j'ai donc été très inspiré par DJ Caffeine, Snake River Conspiracy, Zombie Girl, Britney Spears, Manson, Porcelain and the Tramps et Cibo Matto.
Mylene Farmer – Fuck Them All / Goldfrapp – Ooh la la / Skrillex – No mercy only violence / Blue Foundation - Eyes on fire / DJ Caffeine - On the floor / Massive Attack - Dissolved Girl / Benny Benassi - Inside of me / Radium - Cocaine disaster / Snake river conspiracy - Lovesong / Zombie Girl - The Darkness / Evanescence - Haunted / Britney Spears - Radar / Pink - It's all your fault / Snake River Conspiracy - Cocaine and Vaseline / Marilyn Manson - Personal Jesus / Porcelain and the tramps - Redlight district / Cibo Matto - Sugar Water
A remarquer que la première danse de Madara (sur du Britney Spears) correspond bien à la première scène du Vinyle Rouge, où Madara se masturbe publiquement sur "Touch of my hand" de Britney.
Snake River Conspiracy est un groupe très spécial –aux rythmes très sensuels, très peu connu que je vous conseille de découvrir-, qui a accompagné Deidara lors de sa première apparition sur scène dans le Vinyle Rouge. Dans les Origines, la première évocation du groupe correspond à son trip énorme, dans lequel il se met en scène lui-même en action avec Itachi. Ce groupe lui va très bien, je trouve !
J'ai évoqué Manson pour introduire la première répétition au Vinyle puisque le succès de Naruto dans le Vinyle Rouge, on le doit en partie à sa reprise de « Tainted Love ». Ici, c'est « Personal Jesus », et j'ai voulu glisser une petite symbolique, plaçant Madara comme l'élu, une référence religieuse dans un tel contexte, je trouvais ça totalement déplacé, et donc je n'ai pas résisté…
La première danse de l'ouverture du Vinyle Rouge, assurée par Madara se fait sur « Sugar Water » de Cibo Matto, un petit clin d'œil au club d'Orochimaru, le Snake Eyes Club, qui voit le jour après la chute du club d'Itachi.
La première danse solo de Naruto dans le Vinyle Rouge, c'est sur du Porcelain and the Tramps (« I'm your favorite drug » pour être plus précis), et donc c'est logiquement ce groupe que j'ai évoqué pour l'audition de Konan. A croire que les ennemis de Madara dansent tous sur du Porcelain…
Bon… Et bien, voilà. Dire adieu à une fiction à laquelle je me suis autant attaché, c'est très difficile (non, je vous jure c'est une torture), je vous remercie d'avoir suivi l'évolution (ou la chute) d'Itachi, et de son club envoûtant… Et je m'en vais écrire une nouvelle fiction Final Fantasy cette fois-ci ! A très bientôt, et merci encore.
