Le dieu cosmique revint à la date prévue chercher le nouveau roi du Lanadriann. Roy se dirigea vers lui.
" Toute la ville t'attends avec impatience, et le reste du royaume écoutera la cérémonie à la radio." annonça Kaïros.
" Bien. Allons-y alors."
Kamès et Kanis étaient présent eux aussi, et se chargèrent de convoyer le reste de l'équipe. Riza se trouvait encore une fois avec Roy.
" Vous n'avez pas trop le trac Roy ?" demanda Falman.
" Si un peu ! Ce sera pire quand on y sera." avoua le brun.
" Nous allons d'abord au palais, il faut te changer. Ensuite, le couronnement aura lieu dans le centre, en plein air." annonça Kamès.
" C'est original." dit Kain.
Les trois félins décollèrent, et les ex-subordonnés de Roy firent ainsi leur baptême de l'air. Ils entrèrent par une fenêtre que Théty venait tout juste d'ouvrir.
" Bien, Roy toi tu va par-là avec les couturiers. Et les autres, venez donc grignoter quelque chose." dit Edénia.
Roy suivit donc les couturiers qui s'inclinèrent devant lui. Aurilis le suivit pour assister aux essayages. En passant dans les couloirs, Roy remarqua qu'il manquait un cadre.
" Tiens ? Où est passé le cadre qui était là ?" dit-il.
" Votre cousin l'a détruit. Il représentait vos parents, Altesse." répondit un couturier.
Aurilis posa les deux mains à l'emplacement du cadre. Aussitôt il se reconstitua. Roy sourit, satisfait de voir ses parents, même en peinture.
" C'est incroyable ce que vous ressemblez à votre père, Majesté." dit un tailleur.
" Oui ... en effet." fit Roy en s'approchant.
Il effleura le portrait du bout des doigts, mélancolique. Il aurait dû se rendre compte qu'il ne ressemblait pas à ses parents adoptifs.
" Pfff quelle importance ! Ils m'ont offert un foyer et la chance de vivre, alors les ressemblances."
Il reprit ensuite son chemin. Tout d'abord, un bon bain pendant que les couturiers et tailleurs amenaient les costumes qu'ils avaient préparés. Roy revint une demi-heure après, dans une vaste chambre.
" Wow ! Sont vraiment très chics vos costumes !" s'exclama-t-il.
" La déesse cosmique nous a donné vos mensurations, et nous avons pu ainsi confectionner plusieurs modèles." annonça un tailleur.
" Hon-hon. Voyons un peu." reprit le brun en s'approchant du lit où étaient posés les costumes.
Il les détailla un à un, les mit devant lui pour voir dans un grand psyché ce que ça donnait sur lui.
" Ah ! Celui-là ira très bien !" déclara-t-il.
Roy tenait un costume bleu nuit, avec une chemise blanche. Le couturier approuva son choix, puis lui demanda de l'enfiler pour voir les retouches à faire. Aurilis s'absenta le temps qu'il essaie ses nouveaux habits.
Pendant ce temps-là, les autres militaires se trouvaient dans un petit salon, autour d'une table. Ils piochaient des petits gâteaux appétissants disposés sur un plateau, et buvaient un café ou un thé.
" Et voilà ! Roy a atteint son objectif : il a retrouvé sa place." soupira Jean.
" Quand je pense que dans quelques instants il va être couronné roi, j'en reviens toujours pas." dit Breda.
" Lui qui voulait être généralissime, le voilà promu à un poste plus haut encore." ajouta Falman.
" Oui. Vous n'avez pas l'air ravie lieutenant." remarqua Kain.
" Hein ? Oh si. Seulement ... nous allons devoir retourner à Central. Ca va être bien calme sans Roy, là-bas." dit-elle tristement
Ah oui, c'est vrai. Vu sous cet angle, c'était un peu tristouille pour eux. Riza soupira, puis décida d'aller lui rendre visite. Elle fut guidée par une domestique, qui au passage avait fait un joli sourire à Havoc. La jeune fille fit signe à Riza d'attendre un peu, puis frappa à la porte.
" Une jeune femme demande à vous voir, Majesté." annonça-t-elle en s'inclinant.
" D'accord, faites-là entrer je vous prie." répondit Roy.
La jeune domestique s'écarta pour laisser entrer Riza. En découvrant Roy habillé avec autant de classe, elle en resta clouée sur place. Il était magnifique dans ce costume bleu nuit.
" Ah c'est vous Riza." sourit Roy.
Il descendit de l'estrade où il se trouvait pour les essayages, et alla vers elle. Riza était là, et le regardait bouche ouverte.
" Vous vouliez me voir ?" demanda-t-il.
" Euh ... ah oui ! Je voulais vous souhaiter bonne chance pour la suite et aussi ... que j'ai été heureuse de travailler à vos côtés." dit-elle.
" Ca ressemble à des adieux ça." remarqua Roy.
" Il va bien falloir. Vous avez un royaume à diriger à présent, et nous nous allons devoir retourner à Amestris."
Roy se rendit compte soudain qu'elle allait le quitter. Elle et tous les autres. Il n'y avait pas du tout pensé ces derniers temps. Et pourtant, c'était vrai. Roy se sentit soudain triste comme les pierres.
" Ne faites pas cette tête. Pas aujourd'hui. C'est sensé être un grand jour, alors vous n'allez pas faire comme si c'était un enterrement. Et ne me forcez pas à vous dessiner un sourire, si vous voyez de quoi je parle." reprit Riza.
Roy sourit. Elle savait toujours comment lui remonter le moral, quelles que soient les circonstances.
" Merci Riza. Je vais faire de mon mieux." dit-il.
" C'est mieux." dit-elle en souriant à son tour.
Riza lui souhaita bonne chance à nouveau, puis sortit. Aurilis entra au moment où elle sortait. Riza s'adossa un instant à la porte. C'était dur pour elle de penser que Roy n'avait plus besoin d'elle à présent. Elle avait pensé à ce jour, mais elle n'arrivait pas à s'y faire. Riza retrouva ses collègues.
" Regardez ! On nous a fourni des habits chics !" annonça Jean en brandissant un costume.
" Oh ! C'est sûrement pour la cérémonie." dit simplement Riza.
Un serviteur s'approcha de la jeune femme, et lui tendit une robe. Elle l'interrogea du regard.
" C'est pour vous madame. Pour tout à l'heure." dit le serviteur.
" Bien, merci."
Riza alla dans une autre chambre. La robe était magnifique : un voile bleu transparent qui partait des bretelles fines et qui s'arrêtait au-dessus des chevilles. Le dessous de la robe était en soie blanche, et lui couvrait presque les pieds. Riza se décida à la mettre, pour constater qu'elle lui allait divinement bien. Elle avait également des escarpins blancs, dont les talons n'étaient pas trop hauts.
Une servante entra, pour la coiffer. La chevelure blonde fut nouée en chignon, entouré de perles. Puis la domestique lui mit une petite chaîne d'or pour compléter la tenue. La jeune femme fut également maquillée, et elle eut du mal à se reconnaître. Ses collègues ne purent s'empêcher de siffler en la voyant.
" Quelle élégance lieutenant !" dit Jean.
" Je vous retourne le compliment : vous êtes tous très élégants." dit-elle avec un léger sourire.
Un homme vint les chercher, pour les conduire au-dehors. Tous les habitants étaient joyeux, la ville entière était décorée pour l'occasion : étendars, banderoles, guirlandes, rien ne manquait. On plaça les anciens subordonnés de Roy sur une estrade. Au centre on pouvait en voir une autre, très haute. Puis il y eut soudain un grand bruit dans la foule. Les soldats tournèrent la tête. Roy s'avançait dans une allée, encadré par Aurilis et Kaïros. Il souriait un peu timidement à la foule.
Les citadins lancèrent des pétales de fleurs multicolores. Le trio s'avança jusqu'à la grande estrade, sur laquelle ils montèrent. Tout le monde pouvait ainsi apercevoir le nouveau roi. Le silence se fit presque instantanément.
" Il y a quelques semaines, notre souverain légitime nous est revenu. Il a vaincu son cousin, qui s'était associé aux Drachmiens afin de monter sur le trône et éliminer le roi Erwan et la reine Cassandra." dit Aurilis.
Un murmure indigné parcourut l'assemblée. Le dieu cosmique prit ensuite la parole :
" Mais son règne s'est aujourd'hui achevé, et un règne d'abondance va pouvoir commencer. Cette journée marque désormais le jour un de la première année de règne du roi légitime."
Aurilis se plaça derrière Roy, et leva les bras et croisa les poignets. Une lumière apparut, puis laissa place à une couronne en argent. Composée de deux cercles fins, elle était ornée d'une pierre bleu foncée sur le front. Aurilis baissa les bras, et la couronne se posa sur la tête de Roy. Ce dernier fut enveloppé d'une vive lumière argent, et ferma les yeux. La lumière dura un instant, puis il rouvrit les yeux et sourit.
" Peuple du Lanadriann, voilà votre nouveau roi, Roy Mustang !" dit Aurilis.
Les habitants de la ville poussèrent des cris de joie, et applaudirent à tout rompre. Roy sourit, assez ému. Il jeta un oeil à ses amis, qui lui adressèrent tout un tas de signes de joie. Il leur sourit, et regarda Riza en particulier. Qu'elle était belle. Kaïros le fit monter sur son dos, et il redescendit. La foule l'acclama tandis que Roy passait au milieu d'elle. Il retourna au palais. Tout le personnel s'inclina sur son passage. Le félin noir conduisit Roy à la salle du trône. Le brun redescendit une fois devant la porte.
Le reste des gens vivant au palais avaient formée une allée dans la salle, et baissaient la tête tandis qu'il avançait vers le grand siège orné de deux paires d'ailes. Roy s'avança jusqu'au trône, suivit des dieux cosmiques. Il fit face aux gens, puis s'assit.
" Longue vie au roi ! Longue vie au roi !"
Roy leur fit un signe de tête assortit d'un sourire. Ceci fait, les gens se retirèrent, le laissant en compagnie des divinités. Roy ferma les yeux, rejeta la tête en arrière et tendit les jambes.
" Fiiooouuu !" soupira-t-il.
" Le stress s'envole ?" sourit Aurilis.
" Ouaif ..."
" Tu va pouvoir te reposer cet après-midi. Ensuite, il va falloir te constituer un conseil, et nommer de nouveaux généraux." dit Kaïros.
" Et améliorer la vie des gens." ajouta Roy.
" Exactement. Tes amis vont venir te voir." conclut Aurilis.
On toqua à l'autre bout de la salle. Deux gardes ouvrirent les battants, au moment où Kaïros et Aurilis disparaissaient. Les soldats firent leur entrée, et s'avancèrent jusqu'au trône. Roy se leva pour les accueillir.
" Alors, ça vous fait quoi d'être roi ?" demanda Havoc.
" Eh ben ... je réalise petit à petit." répondit le brun en levant les yeux vers sa couronne.
" Comme nous en fait." dit Kain, bras croisés.
" Hm. Vous désirez manger quelque chose ?" demanda Roy.
" Ce n'est pas de refus !" sourit Breda, une main sur le ventre.
" Tu ne pense qu'à t'empiffrer !" fit Falman en aparté.
" Wô ça va !" répliqua le rouquin sur le même ton.
Roy fit signe à un serviteur posté à l'écart, et demanda à qu'on serve le repas.
" Veuillez me suivre, Altesse, je vous conduis à la salle à manger." répondit le serviteur en s'inclinant.
Il précéda la petite troupe, et les conduisit dans une salle immense, où se trouvait la plus longue table qu'ils aient jamais vu.
" Je vais quand même pas manger là tout seul tout le temps !" se dit Roy.
Oh, il se ferait servir ses repas dans sa chambre, et puis voilà. Les soldats et le souverain se positionnèrent autour de la table, et on les servi. Le repas, bien qu'excellent, avait un goût un peu amer pour Riza. La pensée de quitter son unique amour et sa raison de vivre en était la cause.
" Dire que je ne la verrai plus. Elle est si belle. Et elle va terriblement me manquer. Mais je ne peux pas lui demander de rester, ce serait égoïste. Elle a sa vie à Central, ses amis. Et après tout ce temps passé à mes côtés, Riza le droit au bonheur maintenant." pensa Roy.
Pour lui aussi le repas n'avait pas la saveur qu'il devrait.
Un peu plus tard, alors que les soldats se préparaient à repartir, on frappa à la porte de la chambre de Riza.
" Oui ?"
" Le roi demande à vous voir, madame." dit un domestique.
" Mademoiselle. Je viens." rectifia Riza.
Elle sortit et ferma la porte de sa chambre. Le domestique la conduisit à la chambre de Roy. Elle entendit sa voix chaude donner la permission d'entrer.
" Laissez-nous je vous prie." dit Roy aux domestiques.
Ils saluèrent, et sortirent. Riza interrogea l'alchimiste du regard.
" Je voulais vous voir un peu seul à seule." dit-il en s'approchant.
" Oui ?" dit Riza.
" En fait, je voulais surtout vous remercier de tout ce que vous avez fait pour moi. Vous m'avez protégé, soutenu, tout fait pour j'atteigne mon objectif, aidé à garder le moral, et pour tout ceci Riza, je vous dit merci du plus profonds de mon être, et de mon âme." dit Roy en lui prenant les mains.
Riza rougit, puis le regarda avec tendresse.
" Oh ... je ..."
" Je voudrais également vous donner un petit quelque chose pour vous exprimer ma gratitude." reprit Roy.
Il alla attraper un coffret sur une table, qu'il lui tendit. Riza fronça les sourcils intriguée, puis l'ouvrit. Elle y découvrit un splendide collier en or. Riza écarquilla les yeux, et émit un son surpris.
" Mon dieu ... je ne peux pas accepter, c'est beaucoup trop ..." dit-elle.
" Riza." l'interrompit Roy en prenant le collier.
Il se plaça derrière elle et le lui mit. Puis il la poussa devant un miroir.
" Vous avez passé les plus belles années de votre vie à mes côtés, vous l'avez même sacrifiée pour moi. Ce n'est qu'un bijou que vous offre." expliqua Roy.
Riza sourit, émue jusqu'aux larmes. Elle n'avait jamais reçu un aussi beau cadeau.
" Je sais que ce n'est pas assez en comparaison de ce que vous, vous m'avez offert, mais je me suis dit que ça plus mes remerciements sincères ... seraient un début." ajouta-t-il avec un sourire léger.
" Je ... merci beaucoup." parvint à dire Riza.
" Vous n'avez pas à me remercier." fit Roy doucement.
Ils restèrent là un moment, les yeux rivés sur leur reflet. En milieu d'après-midi, Roy vint saluer ses compagnons.
" Bonne chance pour la suite, Roy." dit Jean en lui serrant la main.
" Pareil pour vous. Et ne vous en faites pas, maintenant vous la trouverez la femme de votre vie." répondit Roy.
" Au revoir monsieur, j'ai été ravi de travailler sous vos ordre." fit Kain.
" Et moi j'ai été content d'avoir un expert en communications tel que vous. Bon courage, sergent-major." sourit le brun.
Il passa ensuite à Breda.
" Content de vous avoir connu, Roy. C'était agréable de vous avoir pour supérieur." déclara le rouquin.
" Merci, j'ai beaucoup apprécié votre dévotion."
Ce fut le tour de Falman.
" Au revoir monsieur Roy, c'était un honneur d'être dans votre équipe." dit l'adjudant.
" C'est réciproque. Je suis sûr que vous avez encore beaucoup de choses à mémoriser." sourit Roy.
Falman sourit, et approuva. Le dernier et non le moindre des membres de son équipe fut ensuite Riza. Elle garda les yeux baissés quand il fut devant elle. Roy lui prit le menton et lui releva le visage.
" Soyez heureuse maintenant. Vous l'avez amplement mérité." dit-il doucement.
" Merci." souffla-t-elle.
Comment pourrait-elle heureuse sans lui ? Ils se dirent au revoir pour la dernière fois, et s'éloignèrent à cheval, guidés par Bibi comme à l'aller. Riza essuya d'un revers de manche les larmes qui coulaient sur ses joues. Ses collègues compatissaient en silence, n'osant le faire ouvertement de peur d'accentuer son chagrin. Bibi quitta les militaires quand ils montèrent dans le train en route pour Central.
" N'hésitez pas à venir passer vos vacances chez nous." dit-elle.
" On essaiera." répondit Havoc depuis la fenêtre.
" Y'a intérêt. Mais rassurez-vous, on se reverra."
Oh ? Que leur réservait-elle encore ? Le train siffla, et se mit en route. Quelques heures plus tard, il étaient de retour à Central. Sans Roy. Riza rentra chez elle, après être passée chercher Black Hayate. Le chien lui avait fait une grande fête, mais il avait très vite perçu son chagrin et était calme à présent. La jeune femme alla à sa chambre, et se laissa tomber à plat ventre sur le lit. Une larme coula, puis une autre, et bientôt elles jaillirent en cascade. Roy et elle étaient séparés depuis quelques heures seulement, déjà il lui manquait terriblement.
Riza sentait toutes les fibres de son corps réclamer sa présence. Ca faisait si mal... Hayate monta sur le lit, malgré l'interdiction et s'approcha de sa maîtresse en gémissant. Il se blottit contre Riza, qui le serra contre elle.
