Coucou!
Merci à toutes et à tous pour vos commentaires! Ca me fait très plaisir ;-)
Et merci aussi à Aleex ;-) Contente d'avoir ton avis! Tu verras que tu avais raison: leur relation ne va pas être simple et facile…^^ ;-)
Dans le chapitre précédent, Athénaïs s'était levée au petit matin car elle était incapable de dormir plus et elle avait passé du temps avec Rogue à boire un chocolat et à discuter avec lui avant de finir par s'endormir. Ensuite, Rogue et Chourave lui avaient dit qu'elle devait retourner à l'infirmerie pour prendre la potion d'avortement.
Bonne lecture!
Chapitre 12
Mes professeurs de botanique et de potions m'accompagnent jusqu'à l'infirmerie, où je vois Madame Pomfresh arriver vers moi, presque les larmes aux yeux, avec l'air de vouloir me prendre dans ses bras.
Je m'arrête aussitôt, ne voulant pas de son étreinte, et le professeur Rogue qui a immédiatement compris ma réticence la stoppe d'un simple regard en se mettant légèrement devant moi.
L'infirmière fait une petite grimace mais elle se ravise et ne dit rien. Elle se contente de m'expliquer ce qui va se passer, me dit que je vais devoir me déshabiller et revêtir une chemise de l'infirmerie puis Rogue lui donne la potion abortive qu'il a préparée cette nuit.
Avant que je ne me rende derrière un paravent pour me changer, je remercie mes professeurs :
« Merci d'avoir veillé sur moi cette nuit, Madame Chourave.
- De rien, ma petite. Soyez courageuse, me répond-elle en serrant un peu ma main avant de me sourire.
- Et merci à vous d'avoir fabriqué cette potion, professeur Rogue, poursuis-je en me tournant vers lui.
- Je vous en prie, miss », réplique-t-il en penchant légèrement la tête dans ma direction.
Puis, voyant qu'il s'apprête à partir avec sa collègue et qu'il commence à me tourner le dos, je fronce mes sourcils bruns, je fais quelques pas pour le rattraper et je saisis sa main avant de lui demander, fébrile :
« Vous viendrez bien me voir après, n'est-ce pas ?
- Oui, je… je viendrai, m'assure-t-il, perturbé de voir ma main retenir la sienne.
- D'accord, approuvé-je alors en le relâchant. Bonne journée. »
Rogue hoche la tête et quitte rapidement l'infirmerie suivi de mon professeur de botanique, qui peine à suivre sa cadence et qui se retourne une dernière fois vers moi sur le pas de la porte pour me faire un clin d'œil encourageant et un signe de la main.
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Madame Pomfresh m'a prévenue avant de me donner la fiole de potion mais l'avortement m'a fait vraiment très mal. Jamais je n'ai ressenti une pareille douleur de toute ma vie. C'était horrible. Comme si l'on m'enfonçait plusieurs centaines de couteaux dans le ventre…
J'ai eu droit à une potion anti-douleur pour me soulager mais après que le travail ait commencé. Elle ne pouvait pas me la donner avant, sinon on n'aurait pas su éliminer le fœtus correctement apparemment…
Si c'est ça accoucher, je ne veux jamais avoir d'enfants, c'est sûr et certain.
Je me repose dans un des lits de l'infirmerie et, au cours de la journée, j'ai déjà reçu la visite de plusieurs de mes professeurs, comme Chourave, McGonagall, Flitwick et Dumbledore, mais aussi celle de Jesse, mon ancienne amie et camarade de Serdaigle. À elle, on lui a dit que j'avais une gastroentérite. Tu parles d'une gastro…
Par contre, toujours pas le moindre signe du professeur Rogue…
Je suis triste parce que je voulais vraiment le voir et qu'il m'avait promis de venir… Mais le temps passe et mes espoirs s'amenuisent à mesure que le soleil décline à l'horizon.
« Il est certainement très occupé, mais il viendra, m'assure la directrice des Poufsouffle en se levant de sa chaise après être restée avec moi une bonne partie de la soirée.
- Merci de m'avoir tenu compagnie, professeur, lui réponds-je en tentant de lui sourire et de refouler mes larmes qui menacent de déborder à tout instant.
- Ça m'a fait plaisir, réplique-t-elle en serrant ma main qui se trouve sur la couverture. Essayez de passer une bonne nuit. À demain, ajoute-t-elle en me laissant.
- Oui, bonne nuit… »
Je n'ai pratiquement pas touché au plateau-repas que l'infirmière m'a amené et elle l'a repris quelques dizaines de minutes plus tard, sans poser de questions.
La soirée n'est pas très avancée, il doit être 21 h tout au plus, mais je sais que le professeur Rogue ne viendra pas. Les visites sont terminées de toute manière…
Comme je suis seule dans l'infirmerie, Madame Pomfresh vient me demander si je veux encore lire ou discuter un peu mais je lui réponds que non et qu'elle peut éteindre les lumières. Elle acquiesce alors et m'informe que ses appartements sont contigus à l'infirmerie et que, si j'ai le moindre problème pendant la nuit, elle le saura tout de suite. Je hoche la tête et elle s'en va enfin, me laissant seule avec moi-même.
Je me renfonce dans mon lit, me tourne sur le côté et ramène la couette sur ma tête puis je laisse finalement rouler sur mes joues ces larmes que je retiens depuis trop longtemps.
Je suis terriblement triste et déçue que Rogue ne soit pas venu. Il me l'avait pourtant promis et j'avais besoin de le voir. Il me rassure et m'apaise et, quand il est là, j'ai l'impression que mon cœur est de nouveau entier et qu'il peut battre correctement.
Je suis une autre personne lorsqu'il se trouve auprès de moi. Je parviens à respirer à plein poumon, l'air me paraît plus doux, les couleurs plus vives, le temps me semble passer plus vite – même trop vite parfois car je voudrais qu'il reste encore plus longtemps avec moi – je suis plus heureuse et moins mélancolique et surtout je ne me sens plus seule car je sais que lui me comprend.
C'est le cœur gonflé de chagrin, les yeux humides de larmes et la gorge douloureuse que je finis par m'endormir, la tête toujours à moitié cachée par le drap.
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Un courant d'air frais sur mon visage, la sensation d'une main légère qui frôle à peine mes cheveux et une odeur d'épices et de musc me tirent doucement de mon sommeil.
J'ouvre les paupières, perplexe d'avoir éprouvé ces drôles de sensations en pleine nuit, et, mes yeux s'habituant petit à petit à l'obscurité de l'infirmerie, je découvre le professeur Rogue debout à côté de mon lit.
« Je ne voulais pas vous réveiller, murmure-t-il tandis que je plante mes yeux bleus dans les siens.
- Pourquoi vous n'êtes pas venu ? demandé-je aussitôt.
- Je suis là, répond-il simplement.
- Vous m'aviez dit que vous viendriez me voir juste après… protesté-je, boudeuse.
- J'avais des cours à donner et des choses à faire… Et j'ai aussi dû m'occuper de ceux qui vous ont agressée hier en début de soirée, se défend-il.
- Les autres professeurs aussi avaient des choses à faire et des cours à dispenser mais ils sont quand même venus, argumenté-je.
- Vous êtes fâchée contre moi ? interroge-t-il, étonné.
- Oui, je le suis, parce que, moi, c'est vous que je voulais voir, pas eux », avoué-je alors, mes joues roses passant heureusement inaperçues grâce à l'obscurité ambiante.
Le silence se fait soudain dans l'infirmerie. Rogue ne répond rien et cela m'inquiète un peu. Je croyais pourtant qu'il m'appréciait mais, finalement, je me suis peut-être trompée…
« Pourquoi vous êtes ici en pleine nuit ? lui demandé-je alors.
- Je voulais savoir comment vous vous portiez.
- Pour cela, vous auriez dû venir en journée, j'aurais eu la possibilité de vous répondre.
- Je ne voulais pas déranger…
- Vous savez bien que vous ne me dérangez pas, réponds-je en secouant lentement la tête. Vous aviez honte de moi, c'est ça ?
- Pour quelle raison aurais-je honte de vous ? demande-t-il, déboussolé.
- Parce que Madame Chourave et les autres professeurs savent que je m'entends bien avec vous et parce que je vous ai retenu par la main devant Madame Pomfresh ce matin, expliqué-je, les larmes aux yeux.
- Athénaïs, je… je ne sais pas quoi vous répondre, déclare-t-il, sincère.
- Ça vous gêne, ce que j'ai fait et ce que je ressens ? interrogé-je alors d'une voix tremblante.
- Oui, cela me gêne… acquiesce-t-il sur un ton très bas, après avoir réfléchi quelques secondes.
- Mais… je n'y peux rien si je vous ai… veux-je lui avouer.
- Non, ne dites surtout pas cela, m'interrompt-il aussitôt avant que j'aie pu terminer ma phrase.
- Pourquoi vous ne voulez pas l'entendre ? demandé-je, profondément peinée.
- Parce que ce serait inconvenant. Je suis votre professeur de potions et rien de plus, déclare-t-il d'une voix ferme.
- Je croyais que vous aviez dit que nous pouvions être amis, lui opposé-je en me rappelant de notre balade dans cette belle forêt.
- Je me suis trompé. Nous ne pouvons pas. »
Sa voix est à peine plus élevée qu'un murmure mais elle claque et résonne dans ma tête comme s'il avait hurlé ces mots avec colère et mépris. Mon cœur se déchire dans ma poitrine en un millier de minuscules morceaux qui seront impossibles à recoller ensemble…
« Vous ne m'aimez pas ? demandé-je soudain d'une voix blanche.
- Non », répond-il, laconique et froid.
À cet instant, la douleur de mon avortement me paraît ridicule en comparaison de ce que je ressens désormais au fond de mon cœur. Ma gorge se serre, ma respiration se bloque et j'ai l'impression que tous mes membres s'engourdissent. Je vois bientôt des points noirs danser devant mes yeux et je reprends soudain une grande inspiration, mon instinct de survie reprenant le dessus sur mes émotions.
« Athénaïs, vous allez bien ? m'interroge-t-il, inquiet, en faisant un pas vers moi.
- Non… gémis-je, prête à fondre en larmes à tout instant.
- Qu'est-ce que je peux faire pour…
- Allez-vous-en, le coupé-je, lasse.
- Je vous demande pardon ? demande-t-il, surpris.
- Laissez-moi, s'il vous plaît », répété-je alors d'une voix aigüe en me recouchant dans mon lit en lui tournant le dos.
Je ferme mes yeux qui débordent de larmes silencieuses qui se mettent à dévaler mes joues et je sens qu'il patiente encore un peu derrière moi, hésitant, puis finalement je l'entends quitter l'infirmerie et refermer la porte en chêne.
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Il ne m'aime pas. Il ne veut pas que nous soyons amis. Il n'en a rien à faire de moi.
Ces trois phrases tournent en boucle dans ma tête et il me faut un jour de plus que ce que Madame Pomfresh avait prévu pour que je sois autorisée à sortir de l'infirmerie.
Madame Chourave est venue tous les jours passer son temps qu'elle avait de libre en ma compagnie, les autres professeurs et le directeur sont venus ponctuellement une fois ou l'autre, Jesse est également revenue voir comment je me portais et m'apporter mes leçons et mes devoirs régulièrement. Par contre, je n'ai pas revu Rogue.
Je crois que ses paroles et son attitude ont été suffisamment claires. Je ne me fais plus d'illusion à son sujet. Je me suis raisonnée et, même si je ne pourrai sans doute jamais cesser d'éprouver ce que je ressens pour lui, je sais que ces sentiments resteront toujours à sens unique et que je ne dois pas insister. Je ne veux pas avoir l'air ridicule ou pitoyable.
Bon, pour la pitié, on repassera. Tous les directeurs de maison qui sont à présent au courant de ma situation ont pitié de moi… Je ne sais pas si j'ai bien fait d'en parler au professeur Rogue… J'aurais peut-être dû me taire et mordre sur ma chique finalement. Ça m'aurait au moins épargné ces regards désolés.
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Alors que je termine de m'habiller pour rejoindre la Grande Salle pour le souper puis mon dortoir, dans lequel l'infirmière vient de m'autoriser à repartir, je vois deux Aurors du ministère de la Magie précédés du professeur McGonagall arriver.
Je blêmis inévitablement et je lance un regard de détresse à mon professeur de métamorphose qui déclare seulement d'une voix ferme :
« Je ne pouvais pas taire cela, Miss Cuffe. Vous n'avez que seize ans et ce qu'a fait votre père est bien trop grave. »
Je ne réponds rien à cela et les deux Aurors me demandent de m'asseoir et de leur raconter ce qu'il se passe chez moi avec mon père. Je m'assieds mais je garde mes lèvres obstinément scellées en croisant les bras sur ma poitrine dans une attitude renfrognée et défensive.
Je ne veux pas porter plainte contre mon père. Je ne veux pas qu'il ait des ennuis. Je ne veux pas qu'il perde tout et qu'il aille en prison pour expier son crime. Et, par-dessus tout, je ne veux pas que des milliers de gens soient au courant de ce que j'ai subi.
Alors je me tais et j'attends patiemment qu'ils aient terminé de poser leurs questions, qu'ils en aient marre de mon silence et qu'ils s'en aillent d'eux-mêmes. On ne peut pas m'obliger à parler ni à leur confier mes souvenirs. Ils ne peuvent pas m'y forcer ni réutiliser ceux que j'avais donnés au professeur Rogue, il les a détruits juste après que mes professeurs les aient visionnés.
Je vois le professeur McGonagall bouillonner de rage et de frustration mais je ne dirai rien. Elle peut danser sur sa tête, faire la roue ou danser la conga, jamais je n'ouvrirai la bouche pour dénoncer mon père. Parce que, malgré tout le mal qu'il m'a fait, c'est lui qui m'a mise au monde, qui m'a élevée et qui s'est occupé de moi pendant ces seize années. Ça, je ne peux pas le lui enlever. Alors non, je ne dirai rien.
Les Aurors insistent mais je sens bien que leur patience s'effiloche peu à peu. Ils ne vont plus tenir longtemps avant de craquer et de laisser tomber. Moi, ça m'est égal, je peux rester comme ça pendant des heures. Si je ne veux pas parler, je ne parlerai pas, pour ça je suis particulièrement butée et farouchement déterminée.
« Mais, moi, j'ai visionné certains de ses souvenirs ! s'exclame le professeur McGonagall, en colère. Vous ne pouvez pas vous servir de ma parole et de ce que j'ai vu ?
- Non, madame, répond l'un des deux Aurors en secouant la tête de gauche à droite. Ce ne sont que des preuves indirectes.
- Ce qu'il nous faudrait, c'est qu'elle nous dise elle-même ce qu'il se passe et qu'elle nous confie volontairement ses souvenirs, intervient l'autre en se frottant les tempes d'une main, après avoir ôté ses lunettes, épuisé.
- Bon sang, par Merlin et Morgane réunis, parlez, Miss Cuffe ! » m'ordonne-t-elle, hors d'elle.
Je secoue la tête une fois de plus ce qui la fait soupirer d'exaspération et lever les yeux au ciel les deux Aurors.
Soudain, je vois une grande forme noire apparaître sur le pas de la porte et approcher de notre petit groupe les mains dans le dos. Je détourne immédiatement mes yeux de lui, après avoir croisé son regard sombre, et je l'entends déclarer de sa voix froide et doucereuse :
« Le professeur Dumbledore m'envoie ici afin de déterminer pourquoi Miss Cuffe met tant de temps à rejoindre la Grande Salle pour le souper.
- Severus, elle s'obstine à garder le silence et ne veut pas raconter aux Aurors ce que son père lui fait subir ! s'exclame alors McGonagall en quête de soutien.
- Avez-vous quelque chose à dire à ces messieurs, miss ? me demande alors Rogue en se tournant légèrement vers moi.
- Non, monsieur, je n'ai rien à dire, réponds-je fermement.
- Eh bien, voilà qui clôt cet entretien, je suppose, rétorque-t-il en observant tour à tour les trois adultes.
- Mais Severus, vous savez bien que… veut protester la Gryffondor.
- Sortez d'ici et aller manger, m'intime mon professeur de potions en faisant un signe de tête vers la sortie. Minerva, le directeur vous attend. Quant à vous, messieurs, bonne soirée », l'entends-je ajouter avant de tourner les talons et de me suivre.
Je me dirige prestement vers la Grande Salle mais je sens que le professeur Rogue me rattrape facilement dans le couloir, je perçois sa présence dans mon dos, il marche légèrement derrière moi, mais je continue d'avancer et je ne me retourne pas.
Pour quoi faire ? Pour quoi dire ? De toute façon, il se moque bien de ce que je peux ressentir. Il a juste fait ce que le professeur Dumbledore lui a demandé.
« Pourquoi ne sortez-vous de l'infirmerie qu'aujourd'hui soir ? Je croyais que Madame Pomfresh avait annoncé que vous seriez sur pieds déjà hier matin », demande-t-il dans le couloir de pierre silencieux.
Je décide de faire semblant de ne pas avoir entendu et je poursuis mon chemin comme si de rien n'était. Qu'est-ce que ça peut bien lui faire que je sorte un jour plus tôt ou plus tard ?
« Miss ? m'interpelle-t-il tandis que je ne réponds toujours pas. Athénaïs ? appelle-t-il alors, insistant.
- Je n'étais pas suffisamment en forme pour quitter l'infirmerie hier, alors je suis restée un jour de plus », répliqué-je simplement d'une voix neutre.
Le silence se réinstalle entre nous et Rogue le rompt une nouvelle fois pour déclarer :
« Miss, pour ce que je vous ai dit l'autre soir…
- Vous avez été très clair avec moi, professeur, l'interromps-je en arrivant près des portes de la Grande Salle. N'ayez crainte, j'ai parfaitement compris.
- Athénaïs, ce n'est pas Dumbledore qui m'a demandé de venir voir après vous à l'infirmerie », m'avoue-t-il en me retenant par le poignet pour m'empêcher d'entrer dans la Grande Salle.
Je me tourne vers lui et je regarde sa main qui tient fermement mon poignet. Il me lâche alors immédiatement et je lève mes yeux bleus pour les planter dans les siens, qui me scrutent avec appréhension, avant de lui répondre :
« Merci à vous de m'avoir aidée à me débarrasser de ces Aurors, dans ce cas. Bon appétit, monsieur, et bonne soirée », ajouté-je avant de tourner les talons et de pénétrer dans la Grande Salle.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)
A la prochaine!
Bisous ;-)
