Note : Encore merci pour toutes vos reviews à chaque fois j'ai envie de traduire trois chapitres d'un coup rien que pour vous ! Malheureusement, ce n'est pas vraiment réalisable mais bon ... XD

Chapitre 12 : Thé et Immortalité

Comparé au premier jour de cours d'Harry, le reste de la semaine fut tout à fait ordinaire. Il n'avait que cinq matières, toutes les cinq nécessaires pour être accepté au programme de formation des Aurors. Avec tout le reste dont il avait à s'occuper, Harry avait décidé qu'il avait besoin de se concentrer sur ces matières centrales et laisser de côté à la fois l'Histoire de la Magie et le Soin aux Créatures Magiques.

Abandonner l'Histoire de la Magie ne posait aucun problème : il ne l'avait pris l'année précédente qu'uniquement pour tenir compagnie à Ron. Le Soin aux Créatures Magique était une autre histoire. Pour une raison ou une autre, lui, Ron et Hermione avaient tous les trois choisi de ne pas prendre le cours d'Hagrid et ils s'en voulaient tous de contrarier le demi-géant qui était un ami si dévoué pour eux. Au moins, Ginny suivait toujours ses cours, et ils espéraient que cela apaiserait la peine qu'il pourrait ressentir. La culpabilité d'Harry fut également atténuée lorsque la semaine passa et qu'il devint apparent que les cours qu'il avait choisis pour passer ses ASPICs seraient largement suffisants pour le garder occupé.

A la fois Chourave et Flitwick inondaient leurs classes de devoirs. McGonagall annonça qu'ils allaient travailler sur la métamorphose humaine cette année et elle passa le premier cours entier à relater dans les détails les plus répugnants les conséquences qui s'en suivraient, sans le moindre doute, s'ils ne prenaient pas le sujet au sérieux. Mais sans surprise, le point le plus bas de la semaine d'Harry fut le cours de Potions.

La première leçon de Potions des septièmes années était le Mercredi après-midi et lorsqu'Harry arriva à la salle de classe, il regarda sa montre pour voir s'il n'avait pas mal lu l'heure et était arrivé en avance. Avec l'exception du cours de Défense que tout le monde semblait prendre, la plupart des classes de septièmes années étaient assez réduites puisque les élèves choisissaient de se spécialiser et de ne prendre que quelques cours. Mais la classe de Potion contenait seulement la moitié du nombre d'élèves de la classe la plus petite d'Harry.

A précisément une heure, Rogue entra dans la salle. Il ne dit pas le moindre mot alors qu'il s'avançait vers l'avant de la classe, il se retourna pour les fixer de son regard le plus impérieux. Silencieusement, il scruta les élèves chacun leur tour. Finalement, lorsque le silence était presque devenu insupportable, il se mit à parler à voix basse.

— Eh bien, il semble que ce soit notre dernière année ensemble. J'ai lu chacun de vos dossiers et j'ai rencontré vos Directeurs de Maison comme prévu. Je connais les objectifs professionnels que chacun d'entre vous espère réaliser après la fin de cette dernière année à Poudlard et je sais que personne n'est là ni pour faire du zèle, ni pour le plaisir, mais plutôt parce que vos plans pour le futur le demandent. En d'autres termes, vous n'avez pas le choix.

Rogue laissa cette déclaration de mauvais augure flotter dans l'air humide des cachots un moment avant de continuer.

— Par conséquent, j'attends que chacun de vous prenne ce sujet très au sérieux. Vous n'êtes plus des enfants et je ne vous traiterai pas comme tels. Puisque c'est mon travail, peu enviable il est vrai, de faire rentrer suffisamment de connaissances dans vos crânes pour que vous soyez capable de passer vos ASPICs, j'exige votre totale attention en cours et que vos devoirs soient rédigés de manière exemplaire. Le non-respect de ces règles ne sera pas toléré.

Rogue les dévisagea tous de son regard perçant une nouvelle fois, puis se retourna vers le tableau et commença à écrire la leçon du jour.

— Faites passer vos devoirs à l'avant de la classe et commencez la potion d'aujourd'hui, dit Rogue par-dessus son épaule.

Harry avait craint ce moment. Il avait terminé son devoir, mais de justesse et avec ses efforts les plus minimaux. Son anxiété ne fit qu'augmenter lorsqu'il vit les autres élèves sortir des tas de parchemins bien plus épais que le sien. Au moins, la potion, un baume contre les brûlures, était une potion qu'Harry avait déjà préparée cet été et il n'eut donc aucun problème à la préparer. Cependant, quand la sonnerie retentit et que la classe commença à se vider, Rogue l'appela.

— Potter, il faut que je vous voie.

Harry réprima un soupir et attendit que le reste de la classe parte, puis il s'approcha de Rogue qui était assis derrière son bureau.

— Oui, monsieur ?

— Potter, vous souvenez-vous que je vous avais dit que je ne tolèrerais pas de travail de mauvaise qualité de votre part cette année ?

— Oui, monsieur.

— Et que je vous avais spécifiquement demandé de porter un soin tout particulier à ce devoir ?

— Oui, monsieur.

— Dans ce cas, expliquez-moi pourquoi vous m'avez rendu ceci.

Rogue jeta le devoir d'Harry sur le bureau où il resta immobile, preuve silencieuse de son manque d'attention aux instructions de Rogue.

Harry avait su que Rogue serait en colère, et il s'était déterminé à survivre à toute humiliation ou punition qui allait suivre. En fait, il avait répété plusieurs fois la confrontation dans son esprit et sa réponse vint automatiquement.

— Je suis désolé, Professeur. L'été a filé et j'ai manqué de temps. Je vous promets de faire mieux à partir de maintenant.

— Bien. Vous pouvez commencer par refaire ceci, dit Rogue en désignant de la main le devoir d'Harry.

Harry soupira. Il avait espéré que Rogue lui mettrait juste un zéro et retirerai des points de maison, mais il hocha la tête avec résignation.

— Oui, monsieur.

Harry tendit la main pour prendre son devoir mais Rogue l'écrasa d'une main et lui lança un sourire mauvais.

— Vous avez eu l'opportunité de le faire de vous-même durant l'été. Puisque vous avez échoué à le faire, vous le ferez maintenant sous supervision. Vous aurez une retenue chaque Samedi jusqu'à ce que ce devoir me satisfasse. Et ne perdez pas votre temps à travailler dessus à tout autre moment. Je n'accepterai que le travail fait en ma présence.

Harry dévisagea Rogue et sentit son estomac couler tandis qu'il faisait le calcul. Il lui avait fallu la plus grande partie d'une semaine pour produire le devoir qu'il avait rendu. Il lui faudrait au moins deux fois plus pour réussir quelque chose que Rogue pourrait considérer comme acceptable.

— Ça prendra des semaines !

— Je vous ai averti que vous ne vous en tireriez pas avec un devoir bâclé, dit Rogue avec un sourire suffisant désagréable sur les lèvres tandis que les poings d'Harry se serraient.

— Je vous vois dans mon bureau ce Samedi à neuf heures du matin, dit Rogue en guise de conclusion.

— Je ne peux pas être là ce Samedi.

Rogue haussa les sourcils, mais avant qu'il ait le temps de dire quelque chose, Harry continua avec défiance.

— Le Professeur McGonagall a programmé les essais de Quidditch pour Samedi matin. Je suis capitaine donc je dois être là – sauf si vous arrivez à la convaincre de décaler les essais bien sûr.

Rogue le fusilla des yeux. Ils savaient tous les deux qu'il n'y avait aucune chance pour que McGonagall fasse une telle chose.

— Très bien. Soyez là dans l'après-midi, dit-il avec impatience, reportant son attention aux devoirs sur son bureau.

— En fait, je ne pourrais pas venir non plus, dit Harry en souriant légèrement, ravi de pouvoir contredire son professeur.

La tête de Rogue se releva brutalement et ses yeux se plissèrent avec colère.

— Pourquoi cela ?

— J'ai déjà un rendez-vous avec le Professeur Knight.

— Un rendez-vous ?

— Oui. Elle veut me parler du service des Aurors.

Les yeux de Rogue se plissèrent davantage, puis son expression redevint normale et il haussa les épaules d'un air nonchalant.

— Très bien, Potter. On va simplement commencer le Samedi suivant. Après tout, j'ai toute l'année.

Harry leva les yeux au ciel. Un jour, il se jura à lui-même, il battrait Rogue dans une de ces confrontations, mais cela ne serait certainement pas aujourd'hui.

— Je serai là, dit-il à contrecœur, puis il se retourna et sortit de la salle.

Les amis d'Harry l'attendaient dans la salle commune de Gryffondor et il leur raconta avec indignation la punition que Rogue lui avait donnée.

— Il te fait ça juste pour t'empêcher de jouer au Quidditch ! dit Ron, livide, en entendant la nouvelle. Moi je dis que tu devrais parler à McGonagall. Si ce connard pense que tu vas rater notre match contre Serpentard –

— Ron, je ne pense pas que même Rogue puisse justifier de garder Harry en retenue jusqu'en Novembre uniquement pour un travail non fait, dit Ginny avec pragmatisme.

Hermione secoua la tête.

— Je ne sais pas quand tu auras le temps de faire nos devoirs normaux. On va en avoir beaucoup cette année. Tu es déjà censé voir Dumbledore tous les Lundis soirs et si Knight est sérieuse au sujet de te donner de l'avance sur l'entraînement d'Auror, et si Rogue te garde occupé la moitié de la journée les Samedis –

— Il faut que tu trouves du temps pour les entraînements de Quidditch, interrompit Ron. Tu es capitaine de l'équipe après tout.

Harry passa une main dans ses cheveux et soupira. Ce n'était pas vraiment le genre de soutien qu'il avait espéré.

— Ce n'est pas grave Harry, dit Ginny. Ça va aller.

Elle lui sourit et Harry retrouva le moral. Cela n'avait aucune importance qu'il soit occupé ou que Rogue lui donne des tonnes de travail – tant que Ginny continuait à lui sourire ainsi, tout irait bien.


Les essais pour l'équipe de Quidditch de Gryffondor prirent toute la matinée de Samedi, mais lorsqu'Harry et ses amis arrivèrent à la Grande Salle pour le repas de midi, Gryffondor avait une nouvelle Poursuiveuse, deux Poursuiveurs de réserve et un Batteur de réserve. Harry s'en été référé à Ginny pour le choix de Gloria Bonhomme en tant que Poursuiveuse puisque Ginny était Poursuiveuse elle-même et jouerait plus proche de la nouvelle recrue. McGonagall, qui avait observé la séance depuis les gradins, semblait satisfaite. Elle avait offert à Harry et aux autres un de ses rares sourires et Ron semblait content également. Lui et Ginny donnaient aux autres un rapide aperçu des stratégies de l'équipe de Gryffondor à voix basse pendant qu'Hermione s'asseyait prêt d'eux, lisant son livre de Runes Anciennes.

Harry supposa qu'il ferait mieux de se joindre à la discussion sur le Quidditch, mais Ron et Ginny semblaient s'en sortir très bien, manœuvrant le sel et le poivre le long de la table pour décrire différentes actions. De plus, en tant qu'Attrapeur, Harry n'avait jamais prêté une grande attention à ces actions puisque son seul et unique rôle en tant qu'Attrapeur était d'attraper le Vif d'Or.

Ayant la conscience tranquille, en sachant que les nouveaux joueurs étaient entre de bonnes mains, il sortit son exemplaire abîmé d'Alice de sa poche. Il n'en était qu'à la moitié de l'histoire qui ressemblait à un très long rêve dément et il savait qu'il ne lui restait plus beaucoup de temps pour le finir pour Lundi soir.

Il avait à peine ouvert le livre quand Hermione lui demanda :

— Harry, qu'est-ce que tu lis ?

— Quelque chose que Dumbledore m'a donné. Il pense que ça pourrait m'aider pour nos leçons.

Elle observa le livre de plus près et son visage s'illumina.

Alice au Pays des Merveilles ? C'est un de mes livres préférés.

Harry regarda Hermione avec surprise.

— Je n'aurais pas pensé que tu aimais ce genre de choses. C'est n'importe quoi.

— Oh, Harry bien sûr que non ! Il y a beaucoup de sens et de symbolisme dans l'histoire.

Avant qu'Hermione ne puisse se lancer dans un discours sur le sujet cependant, Drago Malfoy apparut derrière Harry et lui arracha le livre des mains.

— Un conte de fées pour Moldus, Potter ? dit Malfoy bruyamment, faisant tout un show de son examen du livre. C'est avec ça que Dumbledore pense pouvoir battre le Seigneur des Ténèbres ? Il doit être vraiment désespéré.

— Rends-moi ça, Malfoy, dit Harry d'un ton irrité.

Malfoy ignora Harry.

— Ou peut-être qu'il a changé son fusil d'épaule parce qu'il sait que tu ne peux pas le battre.

— Continue à essayer de t'en convaincre. Maintenant, rends-moi ça.

Malfoy secoua la tête avec un dégoût évident.

— Tu n'as toujours pas compris, hein, Potter ? Quoi que toi ou le vieux fou fasse, vous ne pouvez pas le battre parce qu'il est invincible. Il ne peut pas mourir. Il est imperméable à toute attaque. Même l'Avada Kedavra ne l'a pas tué.

— Ça n'a pas tué Harry non plus, dit Ginny, regardant Malfoy avec défiance, ce dernier ne lui épargnant qu'un bref coup d'œil avant de reporter son regard dur sur Harry.

— Ça le tuera la prochaine fois. Mais même si tu te traînais jusqu'au trou quel qu'il soit dans lequel tu te terrais cet été et attendait de mourir de vieillesse, il vivrait toujours plus longtemps que toi.

Malfoy relança le livre à Harry et s'éloigna.

— Connard, murmura Ron.

— Ignore-le, Harry, dit Ginny. Il ne sait rien.

Harry hocha la tête, mais il y avait une once de doute au fond de son esprit qui lui empêchait d'oublier complètement les mots de Malfoy. Malgré ses propos arrogants, le Serpentard avait raison au sujet d'au moins une chose : Voldemort n'aurait jamais dû survivre la nuit où ses parents étaient morts, mais d'une façon ou d'une autre, cela avait été le cas.

Harry chassa cette pensée.

— Il faut que j'aille voir Knight.

— Peut-être qu'on pourra aller se balader vers le lac après, proposa Ginny.

— Ce serait génial, répondit Harry avec enthousiasme.

Ginny l'embrassa brièvement sur la joue.

— Vas-y alors, avant d'être en retard.

Harry se dépêcha de partir, impatient à la perspective d'étudier avec Knight seul à seul. Les attentes au sujet des capacités de la sorcière n'avaient pas été déçues. Classes après classes avaient rapporté que ses cours étaient parmi les meilleurs qu'ils n'avaient jamais eus et Knight semblait universellement admirée par les élèves.

Pour Harry, cependant, c'étaient les connaissances pratiques de Knight sur le Service des Aurors et l'expérience d'avoir combattu des Mangemorts qui l'intéressaient le plus et qu'il espérait apprendre d'elle. Il arriva à son bureau, frappa rapidement et passa la tête dans la porte entrouverte.

Knight, qui était assise à son bureau, leva les yeux et sourit.

— Entrez, Potter. Asseyez-vous.

Elle poussa son travail tandis qu'Harry prenait place dans la chaise qu'elle lui avait indiquée et elle l'observa du même regard calculateur que lors du premier cours de Défense.

— Donc vous voulez devenir un Auror ?

— C'est exact.

— Pourquoi ?

Harry laissa échapper un rire creux.

— Ce n'est pas évident ?

Knight haussa les sourcils.

— Si ça l'était, je n'aurais pas posé la question.

Harry se sentit rougir devant ce léger reproche, mais avant de pouvoir balbutier une excuse, Knight continua.

— Vous n'êtes pas obligé d'être un Auror pour vous battre dans cette guerre, Potter. Cette guerre va littéralement venir à vous. Donc si c'est la seule raison pour laquelle vous voulez vous y engager, réfléchissez plus longtemps. Que se passera-t-il lorsque la guerre sera terminée, quand Vous-Savez-Qui et les vauriens qui le suivent auront disparu ? Etes-vous prêt à être un Auror en temps de paix, aussi bien qu'en temps de guerre ?

Harry réfléchit. Même si c'était son espoir le plus cher, il n'arrivait pas vraiment à imaginer la vie sans l'ombre de Voldemort planant au-dessus de lui, mais il savait que c'était la vie qu'il souhaitait et il savait ce qui était nécessaire pour l'obtenir. Il croisa les yeux de Knight et répondit sans la moindre hésitation.

— Oui, je suis préparé. Voldemort n'est pas le premier Mage Noir de notre monde et il ne sera pas le dernier. Quelqu'un doit surveiller l'arrivée du prochain auto-proclamé Seigneur des Ténèbres et être prêt à l'arrêter avant qu'il ne prenne le pouvoir. Il n'y a rien d'autre que j'aimerais mieux faire dans ma vie que de m'assurer que cela n'arrive pas à nouveau.

Knight sourit et hocha la tête avec approbation.

— Ça c'est le genre de réponse que je voulais entendre. Venez.

Knight se leva et se dirigea vers la porte d'un pas décidé.

— Où allons-nous ? demanda Harry alors qu'il se hâtait de la suivre.

Knight s'arrêta au niveau de la porte et offrit un léger sourire à Harry.

— On va t'apprendre à être un Auror.

Puis elle disparut et Harry, un large sourire collé aux lèvres, accourut derrière elle.


Harry tomba sur le sol et resta allongé sur le dos, cherchant sa respiration.

— Je suis content que Ryan ait passé autant de temps à nous apprendre à nous battre en duel l'an dernier.

Knight était debout au-dessus de lui, les bras croisés, un air amusé sur le visage.

— Moi aussi. Vous êtes plutôt bon. Meilleur que ce que je pensais en fait. Les héros sont toujours surestimés.

Harry s'assit et lui lança un regard noir.

— Je ne suis pas un héros !

Knight se mit à glousser.

— Désolé, je n'avais pas l'intention de vous offenser. Au moins, je ne vous ai pas appelé « l'Elu ». La Gazette du Sorcier n'a pas l'air capable de tenir une semaine sans utiliser ce mot.

Harry grimaça.

— Je le sais et je déteste ça.

— Tant mieux. Ça ne paye jamais de croire en sa propre presse.

— Donc, vous en pensez quoi ? demanda Harry pour changer de sujet. J'ai ce qu'il faut pour devenir un Auror ?

— Vous êtes rapide, vous êtes un duelliste compétent et de ce que j'ai entendu vous étiez capable de conjurer un Patronus à treize ans et de résister au Sortilège de l'Imperium à quatorze. Donc oui, je dirais que vous êtes fait du bois des meilleurs Aurors. Il y a certaines choses que j'aimerais vous apprendre qui ne font pas vraiment partie du programme normal de Défense, si ça vous dit.

Harry bondit sur ses pieds.

— Bien sûr que oui !

— Dans ce cas, on se retrouve à mon bureau tous les Jeudis après votre dernier cours.

— Je serai là. Et merci Professeur. C'est vraiment gentil.

La bouche de Knight forma un sourire subtil.

— Au contraire Potter, merci à vous.

Elle se retourna et partit à grandes enjambées vers le château, ses robes tourbillonnant derrière elle dans la brise de la fin d'après-midi. Harry l'observa un moment puis retourna à la Tour de Gryffondor pour trouver Ginny.

La salle commune était presque vide quand Harry arriva, mais Ginny était là, lovée dans son fauteuil favori, en train de lire. Elle leva les yeux lorsqu'Harry entra et sourit.

— Comment c'était ?

— Super ! On s'est battus en duel pendant une heure et elle est fantastique. Elle a offert de me donner des leçons tous les Jeudis après-midis.

— C'est génial !

Harry s'assit à côté de Ginny et se pencha en avant.

— Tu sais, j'ai réfléchi à ce qu'Hermione disait l'autre jour, au sujet d'entraîner les Aurors plus vite. Je sais qu'il te reste encore une année ici à l'école, mais tu as d'excellentes notes en Défense. Si tu lui demandais, je parie que le Professeur Knight accepterais que tu viennes aux leçons toi aussi.

Ginny fronça les sourcils avec confusion.

— Pourquoi ?

— Pour t'avancer sur le programme de formation des Aurors.

— Harry, je n'ai pas l'intention de devenir Auror.

— Oh.

Harry se sentit stupide d'avoir cru que Ginny avait l'intention de devenir Auror, mais également un peu déçu.

Ron n'avait que brièvement flirté avec l'idée de devenir Auror jusqu'à ce qu'il se rende compte qu'il aurait besoin de continuer à assister aux cours de Potions – une chose pour laquelle il n'avait pas les notes et qu'il n'avait aucun désir de faire. De ce qu'Harry en savait, il n'avait toujours pas décidé de ce qu'il ferait une fois qu'il quitterait l'école, mais Harry supposait qu'il finirait au Ministère.

Hermione avait la garantie d'avoir suffisamment d'ASPIC pour choisir la profession qu'elle voudrait, mais Harry savait qu'elle ne planifiait pas une carrière d'Auror non plus.

Cela laissait Ginny et Harry avait gardé un grand espoir pour qu'elle le rejoigne au Service des Aurors.

— Qu'est-ce que tu veux faire ?

Ginny haussa les épaules.

— Je ne sais pas trop. J'ai pensé à être Guérisseur, mais je vais peut-être suivre Papa au Ministère. Il y a tellement de choses qui doivent être faites là-bas. Je n'ai pas encore décidé pour le moment.

— Si tu n'as pas encore décidé, comment sais-tu que tu ne veux pas devenir Auror ?

— Parce que je ne veux pas passer ma vie à me battre, Harry. Quand la guerre sera finie je veux la mettre derrière moi. Je veux avoir un foyer et une famille et le genre de vie normale dans laquelle j'ai grandie.

Harry détourna les yeux et parla à voix basse.

— Je n'ai jamais eu une vie normale.

Ginny tendit la main et prit la sienne.

— Ce n'est pas grave, Harry. Tu en auras une, je te le promets. Maintenant, viens. Allons faire cette promenade.


Ce fut ensuite un week-end parfait pour Harry. Il passa la plus grande partie de son temps avec Ginny, surtout près du lac pour profiter de l'air frais de la fin de l'été. Malgré toutes ses inquiétudes, quand il était avec Ginny il ne pouvait se sentir autrement qu'heureux et en paix. Le Dimanche soir, cependant, Harry laissa Ginny à contrecœur et le reste de ses amis après le dîner et monta à son dortoir. Il n'avait pas encore fini son devoir pour Dumbledore et il ne pouvait plus repousser à plus tard.

Harry s'affala dans son lit et sortit son exemplaire corné d'Alice au Pays des Merveilles. Il ne s'intéressait pas trop à l'histoire, même s'il ne pouvait que compatir à la confusion d'Alice et il comprit pourquoi Dumbledore avait voulu qu'il lise ce livre. Tout comme Alice parcourait un paysage fantastique où tout pouvait arriver, il affrontait le même genre de défis dans l'esprit de Dumbledore.

Harry ouvrit le livre, mais en le faisant il se remémora la dernière fois où il avait tenté d'avancer dans l'histoire et les commentaires moqueurs que Malfoy avait faits. Les mots du Serpentard étaient comme chuchotés au fond de son esprit et à son grand désarroi, plus de mots lui répondaient. Il ferma les yeux, prit plusieurs profondes inspirations et vida son esprit. Puis il se concentra jusqu'à ce que les mots à moitié oubliés lui reviennent en tête de manière claire :

…Moi qui suis pourtant allé plus loin que quiconque sur le chemin qui mène à l'immortalité. Vous connaissez mon but : vaincre la mort… Il apparaissait qu'une ou plusieurs de mes expériences avaient porté leurs fruits… car je n'avais pas été tué, alors que le sort qui m'avait frappé était mortel.

Harry ouvrit les yeux avec la voix froide et suraiguë de Voldemort résonnant toujours dans son esprit et il sentit la terreur se resserrer comme un étau sur son cœur. Cette nuit dans le cimetière, quand Cédric était mort et Voldemort avait ressuscité, Harry avait été si effrayé, si submergé par tout ce qui s'était produit, qu'il n'avait pas prêté grande attention aux paroles de Voldemort à ses Mangemorts. Mais maintenant il ne pouvait s'empêcher de se le demander – cela pouvait-il être vrai ? Le fait que Voldemort ait survécu à Godric's Hollow était-il simplement dû au hasard et à l'ancienne magie qui avait sauvé la vie d'Harry ou était-il vraiment impossible qu'il soit tué ?

Harry avait toujours su que battre Voldemort serait difficile, voire même quasiment impossible. Après tout, le Mage Noir était extraordinairement puissant. Mais Harry avait toujours cru qu'il y avait une chance, même mince, qu'il puisse gagner. Il n'avait jamais considéré son ennemi comme immortel. Mais maintenant qu'il l'avait entendu à la fois de Voldemort et Malfoy… Harry secoua la tête et força son estomac à se dénouer. Il était stupide. Personne n'était réellement immortel. Voldemort n'avait fait que mentir pour impressionner ses larbins et Malfoy ne faisait évidemment que répéter ce que son propre père lui avait dit.

Dumbledore croyait dur comme fer que Voldemort pouvait être vaincu et Harry faisait confiance au vénérable sorcier pour connaître son sujet. Mais juste pour être sûr, Harry décida qu'il allait mentionner le problème à Dumbledore. Cela l'aida beaucoup à soulager ses craintes. Il chassa la dernière trace d'incertitude de ses pensées et reporta son attention à Alice au Pays des Merveilles, ravi d'avoir cette fantaisie à lire pour lui occuper les pensées.


Harry ne regarda pas l'horloge une seule fois et n'aurait pas su dire l'heure quand il finit enfin le livre, mais il savait que c'était bien après que ses camarades se soient endormis. Trop fatigué pour se mettre en pyjama, Harry enleva simplement ses lunettes et s'endormit.

Harry était à nouveau dans le jardin de Dumbledore, mais cette fois alors qu'il se promenait le long des sentiers, il rencontra des incarnations bizarres de personnages qu'Alice avait également croisés. Il croisa un lapin blanc qui se plaignait d'être en retard pour le cours de Métamorphose où il devait transformer un bébé en cochon. Le lapin disparut et se transforma en haie, mais plus loin, Harry tomba sur un chat ressemblant exactement à Pattenrond. Il était perché sur un arbre mais disparut, ne laissant derrière lui qu'un regard mauvais. Enfin, au centre du jardin, Harry tomba sur la table des Professeurs de Poudlard où Dumbledore, McGonagall et Rogue prenaient le thé.

— Vous êtes en retard, Potter, dit Rogue.

— Mais il n'est pas trop tard, ajouta Dumbledore. Un peu de thé, Harry ?

Dumbledore tendit à Harry une délicate tasse en porcelaine de Chine et une soucoupe. Elle était vide, mais la table était recouverte de toutes les sortes de théières et de bouilloires. Harry essaya de saisir la plus proche.

— Ne restez pas debout, Potter, dit McGonagall. Asseyez-vous.

— Mais il n'y a pas de chaise, fit remarquer Harry tandis qu'il retournait la théière presque complètement au-dessus de sa tasse et se mit à la secouer. Rien ne sortit.

— Toujours à trouver des excuses Potter, grogna Rogue.

— Je ne me trouve pas d'excuse ! dit Harry avec indignation, reposant la théière vide et s'emparant d'une petite bouilloire colorée rose fuchsia. Où voulez-vous que je m'assoie, sur la table ?

La bouilloire était également vide, donc il l'échangea avec une théière ornée en argent mais il n'y avait pas une goutte de thé à l'intérieur non plus.

— Assieds-toi où il te plaît Harry, dit Dumbledore. Mais tu dois boire ton thé avant qu'il ne refroidisse.

— Je n'en ai pas ! dit Harry, exaspéré.

— C'est parce que vous n'essayez pas assez, le sermonna McGonagall. Je vous ai pourtant dit que vous deviez prêter particulièrement attention à votre travail cette année.

— Ce n'est pas de ma faute ! se plaignit Harry, attrapant théière après théière avec de plus en plus de frustration. Il n'y a du thé nulle part.

— Je vous ai dit que vous étiez un cas désespéré, dit Rogue.

— Je ne suis pas un cas désespéré ! cria Harry.

Soudainement, le ciel s'assombrit et un vent froid se mit à souffler sur le jardin, désordonnant les plantes et faisant cliqueter les tasses sur leurs soucoupes. Des Mangemorts émergèrent des arbres et de buissons avoisinants pour encercler Harry.

Harry lâcha sa tasse de thé qui s'éclata sur le sol et il sortit sa baguette, mais ses professeurs ignorèrent les Mangemorts.

— Il faut vraiment que tu finisses ton thé Harry, dit Dumbledore, secouant sa main avec tristesse.

— Oubliez votre satané thé ! hurla Harry au vieux sorcier, qui sirotait son thé de manière détachée. Aidez-moi.

— Oh, maintenant il veut de l'aide, ricana Rogue avec mépris.

— On ne peut pas faire ton travail pour toi, dit McGonagall d'un ton exaspéré.

Harry se tourna vers Dumbledore avec désespoir.

— Professeur, vous devez m'aider !

Dumbledore regarda Harry et haussa les épaules.

— Je te l'ai dit Harry, tu dois finir ton thé.

Harry laissa échapper un grognement de frustration. Les Mangemorts se rapprochaient de lui. Le plus proche brandit sa baguette en direction d'Harry et se mit à crier.

— Qu'on lui coupe la tête !

Les autres reprirent immédiatement en cœur.

— QU'ON LUI COUPE LA TETE !

Il n'y avait qu'une seule échappatoire pour Harry. Il sauta sur la table sans faire attention aux théières qu'il renversa à coups de pieds. Puis il passa au milieu de ses professeurs et se hâta vers le sentier derrière eux. Ni Dumbledore, ni McGonagall, ni Rogue ne semblant perturbé par cela. Ils étaient toujours assis à boire leur thé et Harry sprinta pour s'enfuir alors que les Mangemorts menaient la chasse.

— QU'ON LUI COUPE LA TETE ! chantaient les Mangemorts alors qu'ils poursuivaient Harry dans le sentier de plus en plus sombre et étroit. De grandes et denses haies poussaient sur les deux côtés et n'offraient à Harry aucune cachette et aucun autre endroit où aller que toujours tout droit. Harry courrait le plus vite possible, mais les Mangemorts suivaient facilement le rythme. Il était à bout de souffle et était presque sur le point de s'effondrer lorsque le chemin se termina abruptement au bord d'une falaise surplombant la mer. Harry s'arrêta net, à bout de souffle et il regarda en bas où les vagues s'éclataient sur les rochers. Il était pris au piège. Avec résignation, il se retourna pour affronter les Mangemorts qui s'étaient arrêtés à quelques pas de lui. Alors qu'il se retournait, le groupe de silhouettes en robes noires se sépara et Voldemort passa au milieu, un sourire terrible et triomphant sur son visage de serpent.

— Tu ne peux pas me tuer Harry. Je ne peux pas mourir. Mais toi si.

Voldemort leva sa baguette et un jet de lumière verte fusa en direction d'Harry. Le sort frappa Harry en pleine poitrine et l'envoya dégringoler par-dessus le bord de la falaise.

Harry se réveilla en sursaut et cligna plusieurs fois des yeux en apercevant les rayons de soleil traversant la fenêtre. Puis il bailla, s'étira et sortit du lit, son rêve étrange s'effaçant déjà de sa mémoire. Il se changea pour mettre des habits propres et rejoignit ses camarades pour descendre au petit déjeuner.


Le soir n'arrivait pas assez vite pour Harry, qui était pressé de voir Dumbledore à nouveau. Donc, bien entendu, la journée traîna en longueur. Le cours de Défense était plutôt intéressant, Knight leur montrant différentes techniques pour gérer des objets ensorcelés, mais il avait beaucoup moins d'enthousiasme pour l'Herbologie, où le Professeur Chourave présenta divers fungi mortels et leur donna un devoir de quatre-vingt-dix centimètres à rendre.

Au dîner, Harry engloutit sa nourriture puis attendit Dumbledore qui discutait avec McGonagall à la table des Professeurs, une conversation qui paraissait interminable. Enfin, Dumbledore se leva de table et Harry partit également. Avec un rapide au revoir à ses amis, il se hâta vers le bureau du Directeur où il trouva Dumbledore déjà assis à sa chaise près du feu.

— Entre Harry. Dumbledore versa le thé tandis qu'Harry s'asseyait face à lui puis il continua. Alors, qu'as-tu pensé des aventures d'Alice ?

— J'espère ne pas me retrouver face à ce genre de bizarrerie dans votre esprit ou celui de Voldemort.

Dumbledore ricana.

— Je doute sérieusement que ce soit le cas. Les expériences d'Alice sont plutôt extrêmes. Néanmoins, j'espère que son histoire t'a permis de comprendre que dans l'esprit, les lois physiques normales et les règles qui gouvernent la réalité ne s'appliquent pas.

Harry hocha la tête.

— Bien. Il est temps de repartir pour une balade dans le jardin.

Harry était beaucoup plus confiant cette fois lorsqu'il descendit dans l'esprit de Dumbledore. Dumbledore avait dû le réaliser parce qu'il ne guida pas Harry, mais lui laissa trouver son chemin.

Le jardin se matérialisa autour d'Harry comme précédemment. Dumbledore se trouvait déjà à côté de lui, et à la surprise d'Harry, ils n'étaient pas seuls. Des hommes et des femmes de tous les âges parcouraient les sentiers du jardin ou étaient assis pour bavarder sous les arbres. Des enfants courraient ici et là, mais certains étaient habillés de manière contemporaine et Harry pensa même que plusieurs personnes lui semblaient familières.

— Qui sont tous ces gens ? demanda Harry.

— Ce sont les gens qui ont fait de moi la personne que je suis. Je t'ai dit que ceux que l'on aime ne nous quittent jamais vraiment et c'est vrai. Ils vivent en nous. Si tu parcourais ces chemins suffisamment longtemps tu rencontrerais chaque personne m'ayant jamais influencé : famille, amis d'enfance, professeurs, collègues. Tu te croiserais même toi-même.

Harry regarda avec émerveillement toutes les personnes. Il devait y en avoir des centaines.

— Pourquoi je ne les ai pas vus la dernière fois ?

— Parce que je me suis dit que ce serait mieux de te laisser te promener un peu d'abord, sans distraction. Je devrais t'expliquer, Harry, que j'ai un certain contrôle sur mon esprit, mais tu dois comprendre que la plupart des gens n'en ont pas. La plupart n'ont absolument aucune conscience de leur esprit à ce niveau-là. Si tu devais t'infiltrer dans l'esprit de n'importe qui, tu trouverais leur âme nue, brute. Ils n'auraient aucun contrôle conscient de tes interactions avec le plus profond d'eux-mêmes. En fait, une fois la transe levée, ils n'auraient absolument aucun souvenir conscient de ton passage dans leur esprit. Avec beaucoup de temps et d'entraînement, cependant, j'ai développé la capacité d'atteindre mon propre esprit, afin de posséder un certain degré de contrôle, tout comme de garder le souvenir de ce qu'il se produit ici.

— Donc, vous voulez dire que vous pratiquez la Legilimancie sur vous-même ? demanda Harry lentement.

— C'est une façon de le formuler, oui, dit Dumbledore, apparemment satisfait qu'Harry ait comprit.

Harry n'avait pas compris. Il dévisagea Dumbledore, essayant d'imaginer le concept d'un esprit regardant à l'intérieur de lui-même. Dumbledore sourit.

— Cela demande un bon peu de conscience de soi.

— Bonjour, Dumbledore, dit chaleureusement un homme bedonnant dans une tenue victorienne, arrivant brusquement sur le sentier, ses robes de sorciers claquant derrière lui.

Il avait un visage légèrement rose et était presque chauve, mais ses quelques mèches de cheveux blancs se mirent à danser avec le vent.

— J'espère que vous apprenez quelque chose à ce jeune homme, dit-il en passant à côté d'eux.

— Toujours, Monsieur le Directeur, répondit Dumbledore dans son dos alors que l'homme disparaissait derrière une haie. Puis Dumbledore abaissa la voix d'un air complice et s'adressa à Harry.

— Eustace Lampson. Directeur quand j'ai commencé à enseigner à Poudlard. Il insistait sur le fait de ne jamais parler à un élève sans ne rien lui apprendre.

— Vous pouvez parler à ces gens ? demanda Harry avec incrédulité.

— Naturellement. A quoi cela servirait-il qu'ils soient là sinon ? Bien sûr, ce ne sont pas plus de vrais individus que les portraits de mon bureau. Ce ne sont que des manifestations de mes souvenirs d'eux.

Dumbledore s'engagea dans un sentier large mais désert et Harry marcha à ses côtés.

— Vous venez ici souvent ? demanda Harry alors que lui et Dumbledore avançaient côte à côte.

— Ciel, non ! Cela demande un effort et une concentration considérables de venir aussi profondément dans son propre esprit seul. Je ne l'ai fait qu'une fois. C'est beaucoup plus simple de laisser un autre esprit montrer le chemin et de simplement s'accrocher à lui.

Ils étaient arrivés à une clairière lorsque Dumbledore s'arrêta.

— Aussi édifiant soit-il, sans aucun doute, de traîner dans mon esprit, il est temps que tu apprennes comment en tirer activement profit. Je t'ai dit la dernière fois que tu pouvais rencontrer n'importe quoi ici, et je pense qu'Alice au Pays des Merveilles t'a donné un avant-goût des possibilités. C'est pourquoi…

Dumbledore fit un geste de la main et un étang apparut, complété de quelques lys d'eau et de poissons faisant des allers-retours.

— Ceci n'est pas de la magie, dit-il en voyant l'expression étonnée d'Harry, la pensée peut devenir réalité et c'est vrai pour tes pensées également.

— Comment ?

— Imagine simplement quelque chose. Forme clairement l'image dans ton esprit et attends-toi à ce qu'il apparaisse. Vas-y essaie.

Harry fronça les sourcils avec concentration. Il regarda l'étang et imagina une fontaine à sa place. Il forma l'image dans son esprit aussi clairement que possible mais rien ne se produisit.

— Tu dois y croire, Harry. Concentre-toi moins sur les détails de ce que tu espères créer et plus sur ta propre attente de le voir.

Harry hocha la tête et regarda l'étang une nouvelle fois, imaginant que ce soit une fontaine. Il se concentra et soudainement sans un bruit et aucune transformation, l'étang n'était plus un étang mais la fontaine exacte qu'Harry avait imaginée.

— Excellent ! s'exclama Dumbledore. Et de très bon goût je dois ajouter. Tu peux également utiliser ta baguette pour t'aider. C'est un autre symbole évidemment – qui représente ta capacité à te concentrer sur tes pensées et tes pouvoirs.

Dumbledore sortit sa propre baguette et fit un mouvement en direction de la fontaine qui devint une statue de Venus, comprenant des pigeons perchés à son sommet. Harry sortit sa baguette de sa poche et la pointa vers la statue qui devint avec obéissance un bain pour oiseau dans lequel les pigeons étaient maintenant en train de batifoler. Chacun leur tour, lui et Dumbledore créèrent toutes sortes de statues et d'effets d'eau. Juste au moment où Harry commençait à être à court d'idées, Dumbledore fit un mouvement du poignet et à la place de la large urne de style grec d'Harry se trouvait un éléphant. Harry resta bouche bée, momentanément pris au dépourvu par l'énorme animal.

— Souviens-toi Harry, tout ce que tu peux imaginer a le potentiel pour devenir réalité ici.

Harry regagna son sang-froid, et leva sa baguette. L'éléphant disparut et un hippogriffe apparut à sa place. C'était une énorme créature d'un noir de jais, clouée à terre et levant se tête avec fierté.

— Un animal magnifique, dit Dumbledore. Mais je devrais faire remarquer que tout ce que tu fais venir dans l'esprit aura les mêmes caractéristiques que celles que tu leur connais dans le monde physique. Je te suggérerais donc de soit te prosterner avec respect, soit de penser à une créature légèrement plus docile.

Harry imagina rapidement un cheval et instantanément un étalon noir prit la place de l'hippogriffe. Dumbledore sourit avec approbation et hocha la tête en direction d'Harry pour lui indiquer de continuer à s'entraîner. Harry inspira profondément et se concentra, faisant apparaître un kangourou, un hippopotame, un cerf et un renard en enchaînant rapidement. Mais ces transformations rapides l'épuisaient. Il trouvait cela de plus en plus difficile de se concentrer et il lui fallait de plus en plus produire d'efforts pour faire apparaître ses visions. Après avoir mis presque une minute pour transformer un singe en hérisson, Harry abaissa sa baguette.

— Je n'y arrive plus.

— Alors il est temps de partir. Ferme les yeux et sache que quand tu les ouvriras à nouveau tu seras assis dans mon bureau.

Harry fit ce que Dumbledore lui demandait. Il ferma les yeux et inspira profondément, visionnant le bureau de Dumbledore dans son esprit. Puis il ouvrit les yeux et se retrouva assis dans la chaise à côté de la cheminée, où le feu avait diminué d'intensité.

Dumbledore, assis dans sa propre chaise, lui sourit.

— Tu t'en es très bien sorti pour ta première leçon. Plus tu t'entraîneras, plus tu seras efficace à rendre tes visions réelles et tu auras une meilleure aisance à le faire. Les seules limites que tu peux te poser sont ta propre imagination et ton endurance mentale.

— Est-ce que Voldemort sait faire ça ?

— Je suis certain qu'il n'a pas étudié cette branche particulière de la Legilimancie, non. Mais ne te focalise pas là-dessus, Harry. Même les esprits non entraînés ont des défenses naturelles formidables et Voldemort est un des sorciers les plus puissants et accomplis du monde.

Harry soupira. Il ne s'était pas vraiment attendu à une réponse plus encourageante. Puis il se rappela de la question qu'il avait pour Dumbledore.

— Professeur, dans le cimetière la nuit de son retour, Voldemort a dit à ses Mangemorts qu'il avait conduit des expériences pour trouver un moyen de se rendre immortel. Il a dit que certaines choses avaient dû porter leurs fruits, parce qu'il aurait dû mourir la nuit où mes parents sont morts, mais il a survécu.

Dumbledore écouta Harry attentivement puis hocha la tête.

— Oui, c'est également la conclusion que j'en ai tirée.

— Vous voulez dire que c'est vrai ? demanda Harry, choqué.

— Il est certainement vrai que Voldemort n'aurait pas dû survivre au Sortilège de la Mort. Mais même avant la mort de tes parents, il y avait des rumeurs au sujet de la Magie Noire dans laquelle Voldemort trempait. Il était de connaissance publique parmi ses partisans qu'il avait pendant très longtemps cherché à tromper la mort, même si évidemment personne ne savait dans quelle direction il était allé pour accomplir cet objectif. Il n'y a toujours personne qui le sache. C'est dans l'avantage de Voldemort, tu vois, de maintenir un certain mystère, parce que cela empêche ses partisans d'oser le trahir.

— Vous savez ça depuis tout ce temps ?

— Oui. Le Professeur Rogue a confirmé les rumeurs que j'avais entendues quand il est revenu vers nous, donc j'étais préparé. La nuit où tes parents sont morts, j'ai compris que Voldemort n'avait pas disparu – qu'alors que son corps était mort, son âme n'avait pas rejoint l'au-delà. Quelque chose l'a gardée accrochée ici.

— C'est la raison pour laquelle je savais qu'il reviendrait un jour. Et c'est pourquoi je n'ai pas cherché à le tuer au Ministère il y a deux ans. Tu n'as sûrement pas cru que c'était une quelconque noblesse qui m'alourdissait la main ? Crois-tu que je laisserais passer la chance de t'épargner la tâche herculéenne qui t'attend ? Crois-moi Harry, je ne le ferais pas.

— Mais s'il est immortel, si vous n'avez pas pu le tuer, alors comment suis-je censé le faire ? Même si je le bats, son esprit ne reviendra-t-il pas à nouveau ?

Dumbledore resta silencieux quelques temps. Quand il reprit la parole, il avait l'air perdu dans ses pensées.

— C'est une énigme que j'ai considérée depuis un moment, Harry – depuis la mort de tes parents, en fait. Mais ce n'a été que lorsque tu m'as rapporté le journal de Tom Jedusor durant ta seconde année, que j'ai compris qu'il avait presque aspiré l'âme de Ginny Weasley, Voldemort apprenait à manipuler les âmes. Cela ne pouvait pas être une coïncidence et je pense que les enchantements qu'il a utilisés pour créer le journal intime ont été ses premiers pas sur son chemin pour se protéger de sa propre mort. Malheureusement, puisque le journal a été détruit, il était impossible d'identifier les sortilèges que Jedusor avait placés dessus.

— Mais si vous ne savez pas quels sorts il a utilisés –

— Alors que je ne connais pas les enchantements exacts, je comprends leur nature. Je sais ce qu'il a fait, même si je ne sais pas précisément comment il l'a fait.

— Donc vous savez comment briser les sortilèges ?

Un rapide air peiné traversa le visage de Dumbledore et disparut.

— Je suis confiant que les techniques que je t'apprends aujourd'hui seront suffisantes pour contourner ses protections. Et maintenant, Harry, il est plutôt tard, je te suggère donc de retourner à ton dortoir.