Salut tout le monde !
Bon, de toute évidence faire une MaJ par semaine est un peu tendu, surtout en ce moment au boulot avec beaucoup d'arrêts maladies et de choses à devoir, bref. Désolée.
Merci à vous pour votre patience, et vos messages au chapitre précédent : Kyssou, Gaelle76250, patiewsnow, aussidagility, nini54, choubidou. lily, Elodie pixie B, callie226, Fan de twilight x2, veronika crepuscule, Guest, samystère, Guest, Lea1985, Shiriliz, cs85, Lily-Rose-Bella, vinie65, jade sheppard, jenny56, calimero59, Maryfanfictions, Shirley, Katner, Mariefandetwilight, Alex16, erika shoval, Andrea, twilight-poison, G6K, birginie, Imaginaire-de-kiki, BellouPattinson, Apple, halay, pounine, lena-lna933, Alexoue, sarinette60, Isnoname, aude77, mlca66, philae89, bellaeva, clairouille59, Nini Hathaway et Grazie.
Merci à Axelle pour sa correction enthousiaste :)
Merci pour tout ça. Prenez soin de vous.
Tiftouff19.
~ Chapitre 12 ~
Bella.
Oh bon sang... ma tête... Qu'est-ce qui me frappe le cerveau comme ça ?
- Docteur, elle se réveille...
- Bella, ma chérie... Tu es en sécurité... Fais venir un docteur Charlie ! Une infirmière, n'importe...
Quelque chose de froid attrapa ma main. J'ouvris les yeux, difficilement. Sur un mur blanc, et la silhouette de mon frère appuyé contre. Il semblait inquiet.
- Bell's ça va ? Putain, dis-moi qui t'a fait ça !
Qu... quoi ? Oh bon sang ma tête... ma tête...
- J'ai mal...
- Où tu as mal, chérie ? Charlie ! Mais qu'est-ce qu'il fait, il le fabrique le médecin ou quoi ?!
- Arrête de t'agacer maman... répondit Ben.
- Tu as mal où, Bella ?
- La... la tête et...
Ça me brûle quand je respire...
- Du mal... j'peux pas res... respirer...
- Laisse-moi remettre ton tuyau...
Tuyau ?
Elle se pencha et réinstalla un tuyau dans mes narines.
- Qu'est-ce qui...
- Oh chérie... Tu ne te rappelles pas ?
- Quoi ?
De quoi elle parle ?
- Un passant t'a vue, allongée dans la rue... Tu t'es faite agresser devant la bibliothèque...
Une agression... Je la revoyais, elle. Sur moi, ses poings cognant sur mon visage, ma mâchoire.
- Qu'est-ce que...
- Tu as deux côtes et ton poignet gauche cassés... Oh ma chérie, j'ai eu tellement peur quand on nous a appelé pour prévenir de ton admission... Tu as perdu connaissance quand les pompiers sont arrivés sur place...
Des lumières, des lumières blanches chancelantes au-dessus de ma tête. Elles bougeaient, au rythme d'un camion qui roule vite. Des hommes autour de ma tête, qui s'affairent. Et la douleur dans mon bras. Un masque sur mon visage, et plus rien.
- Bonjour Bella, bien dormi ?
Le docteur Cullen entra, souriant.
- Et bien, vous nous avez fait une jolie frayeur... Comment vous sentez-vous ?
- J'ai du mal à... à respirer... ça fait mal...
- C'est normal... Vous avez deux côtes cassées... La douleur sera encore présente de longues semaines.
- Combien de temps aura-t-elle mal ?
- Prenez votre temps, Bella... Vous serez totalement rétablie d'ici quatre à six semaines...
- Génial...
De longues heures de plaisir en perspective...
- Vous avez eu beaucoup de chances... Le scanner n'a pas révélé de traumatisme crânien, cependant nous en referons un demain, ainsi qu'une IRM. Nous allons surveiller votre comportement pendant vingt-quatre à quarante-huit heures. Si vous vous sentez nauséeuse, que vous êtes prise de vomissements, de trem blements, vertiges ou tout autre symptôme inhabituel, n'hésitez pas à bipper une infirmière qui m'avertira immédiatement...
- D'accord...
Le simple fait de parler me provoquait une douleur brûlante dans la poitrine.
- Limitez vos efforts...
- J'ai soif...
Ma mère me servit un verre d'eau.
- Quand vous vous sentirez prête, un collègue de votre père viendra prendre votre déposition. Je n'autoriserai pas cette audition tant que votre tension sera aussi basse... Vous n'êtes qu'à 8... Reposez-vous, vous êtes en sécurité ici...
Il reposa ma fiche au pied de mon lit.
- A titre plus personnel, je n'ai pas pu m'empêcher d'informer mes enfants de ce qui vous était arrivé... Ils sont très inquiets, et souhaitent passer vous voir dès que vous le souhaiterez...
- D'accord...
Il eut un sourire gêné.
- En réalité, Alice et Edward sont déjà ici... Rosalie est rentrée chez elle il y a moins d'une heure, ses parents ont souhaité qu'elle aille se reposer...
- Ok...
- Si vous souhaitez dormir, je vais me contenter de les rassurer et de les faire revenir demain...
- Non, ça ira...
- Ils ne resteront pas longtemps...
J'opinai et tentai de me redresser. Mon frère m'y aida, et le médecin revint avec deux de ses trois enfants. Alice faillit me sauter dessus, mais fut retenue par son père.
- Laisse la tranquille... Elle a besoin de repos...
Edward paraissait désorienté, hésitant. Mon amie s'installa à mes côtés.
- Comment tu vas, Bella ?
Renée se leva.
- On va te laisser avec tes amis... J'ai prévenu Jessica, je lui ai laissé un message sur son répondeur... On reviendra quand tes amis seront partis...
- Ok... Merci maman...
Alice prit ma main plâtrée.
- Oh Bella... J'ai eu si peur quand j'ai su que tu as été agressé... Comment ça va ?
Edward s'assit au fond de mon lit.
- Ça va, je crois...
- Tu as une idée de qui a pu te faire ça ?
Elle. Leah... Je croisai le regard d'Edward, qui semblait éteint, triste. S'il apprend qu'elle m'a fait du mal, il ne le supportera pas... Il vit déjà tellement mal sa maladie... Et Leah sait qu'on l'a dénoncé aux médecins... Si elle m'agresse physiquement pour cela, si je la dénonce à la police, qui sait ce qu'elle sera capable de faire...
- N... non... Je n'ai... je ne me rappelle pas avoir reconnu quelqu'un...
- Oh...
Alice parut déçue. Edward fronça les sourcils.
- Tu dois te reposer, peut-être que tu retrouveras des souvenirs quand tu auras dormi...
- Peut-être...
- On va te laisser, je suis rassurée de savoir que tu vas bien...
Elle se leva, et embrassa mon front.
- Merci d'être venue...
- Il ne pouvait pas en être autrement... Tu es mon amie...
- Merci Alice...
- Edward, tu viens ?
- J'ai besoin de parler à Bella une seconde...
- Ok...
Edward se leva à son tour, alors qu'Alice quittait la pièce. Il prit la place de sa sœur sur le fauteuil. Je vis sa main saisir le bout de mes doigts et les toucher sans réfléchir, machinalement. Il resta silencieux de longues minutes.
- Tout va bien, Edward ?
Il eut un petit sourire.
- C'est toi qui viens de te faire casser la figure, et c'est toi qui me demande ça ?
- Tu as l'air... songeur...
Son index caressa mes phalanges apparentes, qu'il fixa longuement.
- C'est juste que... je suppose que ça m'a fait bizarre d'apprendre ton agression...
- On a passé des années sans se voir, tu ne devrais pas prendre tout ça trop à cœur... souris-je.
Il redressa sa tête vers moi.
- Je t'apprécie, tu es mon amie...
Je ne pus que lui sourire, vite interrompue par une douleur poignante au niveau de mes côtes.
- Outch...
- Comment tu te sens ?
- Hum... ça va... Je suppose que ça sera douloureux encore un bon moment...
- Installe-toi correctement...
Il m'aida à retaper mon oreiller et me rallonger plus correctement, avant de se rasseoir.
- C'est bon comme ça ?
- Oui, merci...
- Voilà... Bon, si tu as besoin je sais que mon père est de garde cette nuit, c'est une chance...
- Il est adorable...
- Oui, tu as de la chance de l'avoir pour médecin. Si tu as le moindre souci, fais-le appeler sans hésiter, c'est son ordre express... sourit-il.
- D'accord... Merci...
- Tu ne te rappelles vraiment pas de ton agresseur ?
Si. Elle. Elle, me frappant sans vergogne. Elle, enfonçant ses poings durs comme l'acier dans mon ventre et sur mon visage. Elle, écrasant son pied sur mon bras. Le choc contre la marche en béton du perron de la bibliothèque. Ses yeux fous, son regard noir. Sa violence qui semblait n'avoir aucune limite, me martelant que je n'étais qu'une « grosse salope », qu'elle aurait ma peau. Que ce « con de Docteur Cullen » n'aurait jamais dû dire à son psychiatre qu'Edward et Bella ne veulent que son bien. Et puis, le trou noir et mon réveil ici.
- Bella ?
- Hein ?
- Tu ne te rappelles pas de celui qui t'a fait ça ?
- N... non... non, désolée je... j'essaie, mais...
Si je la dénonce, qui dit qu'elle ne reviendra pas et qu'elle ne recommencera pas ? Si elle revient, et qu'elle me frappe encore et encore, plus violemment ? Je ne veux pas revivre ça... cette peur... En dehors de son problème d'anorexie, Leah a CERTAINEMENT un gros souci mental pour avoir cette agressivité et cette violence en elle... Et ce n'est pas qu'une image cette fois. Sa folie n'a plus de limites...
La porte s'ouvrit sur mon frère.
- Oh, tu n'es pas toute seule, désolé !
- C'est rien, je partais...
Edward se leva, comme électrocuté et embrassa ma tempe doucement.
- Repose-toi Bella... Je repasserai te voir demain !
- T'es pas obligé, c'est gentil... Tu pourras dire à Diego que je ne serai pas à son anniversaire ?
- Bien sûr !
Mon frère serra la main d'Edward et mes parents revinrent dans la petite pièce, suivis par le père d'Alice.
- Bella, je pense que vous pourrez voir demain un collègue de votre père pour enregistrer votre plainte...
- Une plainte ?
Il va y avoir une enquête ?
- Il faut que vous posiez une plainte... Nous ne pouvons pas laisser un fou sévir en ville sans que nous tentions de l'arrêter.
- Mais je... je ne sais pas... je ne sais pas ce qui... non... non, ça ne sert à rien... je veux juste avoir la paix maintenant... Oublier ça... oublier cette soirée...
- Calmez-vous, Bella...
- Mais je suis calme...
Mon rythme cardiaque s'affola, ce que ne manqua pas de remarquer le médecin à l'aide du monitoring à ma gauche.
- Foutue machine, marmonnai-je.
- Elle n'est là que pour vérifier que vous allez bien... Bien, écoutez, parler de cette agression semble agacer votre fille... Nous allons la laisser tranquille, au moins jusqu'à demain... Il est courant que les victimes d'agression ne souhaitent pas témoigner tout de suite...
Mon père opina, sérieux.
- Dès que tu te sentiras prête, je prendrai ta déposition si nécessaire...
- Merci papa...
- Laissons Isabella se reposer... Je passerai dans une heure ou deux vérifier que tout va bien. Dormez, vous êtes en sécurité... Vous avez besoin de calme, de repos. Vous ne risquez rien ici. Si vous estimez avoir besoin d'aide pour vous endormir, je vous prescrirai un petit calmant à prendre...
- Non... je crois que ça ira...
- Très bien, je vais quand même informer votre infirmière qu'elle vous l'amène si vous en ressentez la nécessité...
- Merci Docteur...
Mes parents remercièrent chaleureusement le docteur, avant qu'il ne quitte la pièce. Mais je n'étais frappée que par sa dernière phrase « Tu es en sécurité, ici ». Dehors, dehors les choses seront différentes. Quelles étaient les intentions de Leah ? Jusqu'où aurait-elle pu aller ? Et si elle m'attendait, dehors ?
Un frisson me parcourut l'échine, et je décidai de fermer les yeux. Pour oublier. Mais le visage de Leah était là, venait et revenait sans cesse, à chaque fois que je fermais les yeux. Comme si elle était là, guettant dans la pièce, attendant un moment de faiblesse de ma part... Vers 20h, ma mère appela l'infirmière pour qu'elle m'apporte le petit cachet magique du docteur Cullen. M'assommant ainsi d'un sommeil profond, un sommeil sans rêves.
..
.
- Des magasines de mode, parce que tu ne vas pas utiliser ton agression pour échapper au shopping, Bella Swan ! Gronda Alice.
Cette fille a un souci... Je suis décidément mal entourée !
- Des mots fléchés, pour que ton petit cerveau s'entraîne à retrouver toute sa vivacité...
- Pour l'instant, j'ai juste un mal de crâne affreux... Si tu pouvais baisser d'un ton tes explications s'il te plaît...
- Oh, Bella, Bella... Tss...
Rosalie extirpa de son sac de courses en tissu un joli nounours noir au regard adorable.
- Et une peluche, pour les longues nuits d'angoisse... Je n'ai pas de meilleur remède, alors j'ai pensé que ça te ferait plaisir !
- Oh merci Rose !
Je touchai la peluche adorable, et la serrai contre moi avant de la glisser entre les draps.
- Il est génial ! Je l'adore !
- Je savais que ça te plairait, et ta mère m'a dit que tu adores les peluches !
- Oui, merci !
- C'est toujours moins gonflant que les magasines d'Alice !
Je pouffai légèrement, tentant de ne pas agrandir la douleur dans mon buste. Quatre à six semaines... Je n'y arriverai jamais...
- Je fais ça pour elle ! Pour lui changer les idées ! C'est ce dont elle a besoin après une épreuve pareille... D'ailleurs, à ce propos, tu n'as pas eu de souvenirs au sujet de ton agresseur ?
Elles ne vont rien lâcher. Ni elles, ni mon père. Et moi,je tiens à ma vie.
- Non... Je... je ne me rappelle de rien...
- Oh... J'espère que ce n'est pas un fou furieux, qui va croiser la route d'une autre fille... souffla Alice.
Ne t'en fais pas, Alice. Tant que tu ne cherches pas à aider Leah, tu ne risqueras rien...
- Et Edward ? Comment va-t-il ?
- Il est bizarre en ce moment...
- Ah bon ?
Rosalie opina.
- Quand nous sommes parties, on a croisé Leah... J'ai bien essayé de lui dire de lui foutre la paix, mais elle nous a simplement répondu par une sorte de grognement quand nous nous sommes approchées...
- Esmé est à la maison, alors je suppose qu'elle ne sera pas trop pénible... compléta la sœur d'Edward.
Encore ? Mais qu'est-ce qu'elle lui veut, lui faire payer notre conversation avec Carlisle ? Le persécuter ?
- J'espère que ça va aller...
- Encore faudrait-il qu'elle lui fiche la paix... Edward est un gentil garçon, plein de compassion qui ne mérite pas tout ça.
- Il ne mérite pas une folle dans sa vie, mais une femme gentille qui saura lui donner autant de douceur qu'il en distribue... Il aime les gens, Edward. Il ne mérite pas qu'on s'acharne sur lui.
- Quand il en aura assez, il lui dira d'aller se faire voir, je suppose...
Oui, certainement... Mais quand on est persécuté, harcelé, peut-on si facilement envoyer bouler les gens ?
- Et j'ai amené des jeux aussi, pour t'occuper jusqu'à l'arrivée de tes parents ce soir !
- Vous êtes trop gentilles les filles !
- Alors, bataille, belote ?
- Rien de compliqué, j'ai mal au crâne...
Le docteur Cullen m'avait fait passer un scanner et une IRM ce matin, ne décelant rien de grave mais je me sentais encore fatiguée. Je pourrai quitter l'hôpital demain, après trois jours en observation et je voulais sortir rapidement d'ici, retrouver ma chambre, m'y enfermer à double tours et ne plus répondre de rien. Oublier, ne plus la voir, ne plus entendre parler d'elle. Jamais. Rester en sécurité chez mes parents, avec mon père policier. Rester en paix, avec mes amies. Et prier un peu pour qu'Edward cesse d'être harcelé par cette nana... Cette dingue !
Alors que nous étions presque au bout de la partie, Alice déjà éliminée, la porte de ma chambre s'ouvrit sur Edward. Il paraissait extrêmement fatigué, et portait dans ses mains un énorme bouquet de lys et de roses rouges absolument magnifiques.
- Salut Bella !
- Salut Edward ! Contente de te voir !
Il me sourit doucement, avant de s'avancer vers mon lit. Il me tendit le bouquet.
- C'est pour toi...
- C'est vrai ?
Il opina et Alice parut aux anges, manquant de sautiller sur place. Poussez-la par la fenêtre, s'il vous plaît...
- C'est trop gentil Edward... Tu n'aurais pas dû...
- Galanterie oblige...
- Merci, elles sont superbes !
Mon cœur se serra d'une façon encore inconnue. Jamais personne, jamais un garçon ne m'a offert de roses. Jamais personne n'a eu ce geste spontané. Et Edward le fait. Pour moi, rien que pour moi...
- Dites les filles, vous voulez pas sortir deux minutes ? Faut que j'parle à Bella...
Qu'est-ce qu'il veut ? Me parler à moi ? De quoi ? Les filles quittèrent la chambre quelques instants, et Edward s'installa à ma droite.
Il attendit en silence quelques instants. Bon sang, qu'est-ce qu'il se passe ? Son visage paraissait plus pâle que d'habitude, il n'était pas rasé depuis au moins trois jours, et semblait épuisé.
- Est-ce que ça va ?
- Oui ça va...
Il a l'air si pâle...
- Tu es sûr ? Vu ton état, c'est toi qui pourrait être hospitalisé...
Il eut un sourire triste.
- Non ça va...
- Est-ce que tu veux me parler de quelque chose de précis ?
- Non... enfin pas vraiment... j'avais juste besoin de plus penser...
- Et tu vires ta sœur pour ça ? Souris-je. Remarque, ça peut se comprendre finalement...
Il opina, et appuya sa tête contre le matelas, en soupirant.
- Bella...
J'aurais voulu trouver les mots, les gestes pour le consoler mais je n'y arrivais pas. Comment faire, sans paraître trop « osée » ? Trop « tactile » ? Comment on fait, quand on est l'amie d'un homme ?
- Je suis un bien piètre ami...
- Pourquoi ?
- Parce que je viens chercher du calme ici alors que tu t'es faite agresser...
- T'en fais pas... Je ne suis pas morte non plus...
Même si j'ai sincèrement cru que je n'allais pas m'en relever... Le visage de mon père, de ma mère, de mon frère, des membres de ma famille, de mes amies avaient tous défilé un par un derrière mes paupières, alors que j'encaissais les coups.
- C'est une excellente chose...
Il resta longtemps silencieux, la tête contre le matelas. Quelque chose ne va pas pour lui. Je ne sais pas quoi, mais ça ne tourne pas rond.
- Quoi que ce soit, essaie de ne pas y penser... C'est ce que je fais quand... quand j'ai des soucis...
Il releva sa tête et me fixa.
- J'aime bien être avec toi... Tu es reposante...
- Je prends ça pour un compliment...
Il sourit, attrapa ma main et embrassa le bout de mes doigts.
- Reviens vite dehors, avec nous...
- Je vais d'abord rentrer chez moi, retrouver ma chambre et dormir douze heures sans être interrompue...
- Si tu veux venir à la maison de temps en temps, tu seras la bienvenue...
- Tu es gentil, mais je crois que je vais rester un peu chez moi... J'ai... tu sais, je ne sais pas pour cette personne alors...
Alors, je ne veux surtout pas la recroiser. Revoir cette haine monstrueuse dans ses yeux. Jamais je n'avais apprécié Leah, mais le dégoût qui s'était peint sur son visage alors qu'elle me frappait m'avait choquée.
- J'espère que ça ira pour toi... Que tu n'auras pas trop peur de sortir de chez toi ou... enfin tu vois ?
- C'est ce que j'essaie de gérer...
- On va tous t'aider, tu ne crains rien... On est tous ensemble, à faire bloc pour ceux qu'on aime...
Il serra ma main plus fortement, malgré son étreinte légère, et je me sentis instantanément plus calme, bien plus que s'il avait employé mille mots.
.. ::..
Edward.
- Je sors faire des courses, Edward ! Ta sœur et Rosalie sont allées en ville faire les boutiques ! Emmett rentrera dans deux heures et papa sera là pour dîner...
- Oui m'man...
J'allumai mon ordinateur portable et lançai le moteur de recherches pour trouver un jeu idiot pour me défouler. Il y a définitivement trop de choses... Bella qui se fait agresser par un dingue devant son lieu de travail... Elle a un énorme coquard, quelques bleus sur le visage, le poignet cassé et ses côtes aussi. Génial... Fort heureusement, elle est vivante et devrait sortir demain. Papa s'était assuré qu'elle irait bien, et ne présentait aucun trouble supplémentaire caché.
Mon portable sonna. Un SMS de Diego.
« Souhaite un bon rétablissement à Bella pour moi,
c'est super moche ce qui lui est arrivé !
J'comprends pas qu'on puisse faire ça, ça me fout la gerbe ! »
Je lui répondis rapidement.
« Ouais t'es pas le seul mec !
Du coup, elle ne sera pas là à ta fête... »
Diego comprit tout à fait son absence, et je commençai à jouer à une simulation de dentiste. Je cliquai et cliquai, exterminant grâce au gant de boxe sur l'écran les dents pourries d'un homme insupportable.
Va crever en Enfer, Toi l'idiot qui t'en es pris à Bella ! Merde !
« On ne frappe pas une femme, même avec un bouton de rose », n'avait cessé de nous répéter mon enseignant en école primaire. Celui qui lève la main sur une femme, l'agresse, ne mérite aucune pitié, aucune compassion. Et si jamais Bella est un jour capable d'identifier ce parfait crétin, ce ne sera plus une souris d'ordinateur qui mettra un coup dans le visage de cet abruti mais moi. On ne touche pas à mes amies !
J'entendis des pas dans l'escalier.
- Qu'est-ce que t'as oublié, m'man ?
- Edward !
Je sursautai, en entendant la voix de Leah.
- Merde putain Leah mais t'es dingue !
Son reflet était terne et froid, ses grands yeux noirs plus sombres que d'habitude. Elle semblait plus maigre que jamais, prête à s'effondrer.
- Pourquoi tu filtres mes appels ?
- Parce que je crois que dix appels en cinq minutes n'est pas une chose saine, Leah...
- Tu ne me réponds pas !
- Mais enfin... Je te réponds une fois, tu n'as pas besoin d'appeler aussi souvent... Quand tu ne fais qu'appeler...
- Parce que tu ne me réponds pas !
- Leah, c'est fini tu m'entends ? Fi-ni ! Je peux pas supporter de te voir te faire du mal d'une part, mais je ne veux pas vivre avec une nana qui est toujours sur mon dos...
- Je peux changer...
- Non, tu ne peux pas... tu m'as dit ça au moins dix fois et je me suis fait avoir à chaque fois... C'est fini, tu m'entends ? Terminé !
Mais elle entra dans ma chambre.
- J'ai besoin que tu me parles !
- Je ne veux pas, allez barre-toi maintenant !
Je passai derrière elle, prenant garde à ne pas la toucher mais elle m'agrippa le poignet avec force. D'une force dont je ne l'estimais pas capable.
- Où tu vas ?
- Quoi ? Écoute, sors d'ici ce n'est pas drôle maintenant ! Je vais appeler les flics ! J'en ai assez de me faire harceler, c'est du harcèlement Leah ce que tu fais !
- Tu vas la sauter, c'est ça ?
- Quoi ?
- Cette grosse baleine de Swan, tu te la tapes hein ? Tu me trompes, tu te fous de moi dès que j'ai le dos tourné ! C'est pour ça que je t'appelle ! Parce que tu ne réponds pas, tu es avec elle, tu te la fais ! Qu'est-ce qui se passe ? Je ne t'excite plus c'est ça ?
Elle me fait quoi ? Putain, c'est quoi ce plan sans rire ?
- Tu racontes n'importe quoi ! Sors !
Elle me plaqua contre le mur, avec force, me coupant le souffle. Sa main navigua sur mon buste, remontant à ma gorge.
- Je t'aime, et rien ne nous séparera, surtout pas un thon pareil ! Non ! Jamais ! Tu es à moi, Edward Cullen ! A moi !
Je la repoussai. Ce n'est pas elle.
- Tu m'appartiens, et je ne laisserai jamais rien nous séparer, c'est entendu ?
- Leah, stop ! STOP !
- Je te jure que si tu la baises, je le saurai. Et crois-moi bien qu'elle prendra cher ce jour-là ! Bien plus cher que la bibliothèque... Je ne serai pas si indulgente...
Qu... Hein ?
- Tu...
Elle n'a pas fait ça ? Non, putain ! C'est pas vrai... C'est un cauchemar...
- Tu l'as agressé ?
Elle empoigna mon tee-shirt, son visage plus dur que jamais.
- Je l'ai fait pour nous, pour qu'elle comprenne, qu'elle s'éloigne. Elle n'aura jamais personne dans sa vie, parce qu'elle est moche et grosse! Elle ne te mérite pas, je suis tienne Edward ! C'est moi et moi seule ta femme, tu m'entends ? On va se marier, tu le sais ! Rien ne doit se mettre en travers de notre chemin...
Peu importe qu'il ne fallait pas toucher une femme même avec un bouton de rose, je la repoussai violemment, manquant de la faire tomber, et partis ouvrir la porte au rez-de-chaussée.
- DEGAGE ! CASSE-TOI D'ICI ! TU ES MALADE MA PAUVRE FILLE, FAUT VRAIMENT TE FAIRE SOIGNER !
Elle descendit, furieuse.
- PARCE QUE TU CROIS QUE JE VAIS Y ALLER, SEULEMENT PARCE QUE TA VACHE ET TOI VOUS L'AVEZ EXIGE ? JE SAIS CE QUE TU VEUX FAIRE... TU VEUX ME FAIRE ENFERMER, POUR POUVOIR LA BAISER AUTANT QUE TU LE VEUX ! MAIS JE NE TE LAISSERAI PAS FAIRE, JE LA DETRUIRAI ! TU M'ENTENDS ?
- BARRE-TOI D'ICI ! VITE ! J'APPELLE LES FLICS !
Je l'attrapai par le haut et la bousculai dehors. Je claquai la porte et verrouillai l'entrée à double-tour, me précipitant à la porte de derrière pour me barricader.
Mais c'est pas vrai bon sang... C'est pas possible... Je peux pas y croire... Leah est l'agresseur de Bella. C'est elle qui l'a frappée, l'envoyant à l'hôpital. Il y a difficilement plus gentille que Bella... Pourquoi elle ? Pourquoi elle et pourquoi nous ?
