Corrigé.
Chapitre 12
Un cri à glacer le sang réveilla en sursaut Arya ainsi qu'Emerys qui se regardèrent pendant quelques instants avant de se lever et de courir vers la porte pour voir ce qui se passait dehors.
Toute la couleur sur le visage d'Emerys disparut en apercevant le Limier accroupit à côté du paysan qui saignait d'une grande entaille sur le front. Sa petite fille Sally était à ses côtés et pleurait toutes les larmes de son corps.
Elle vit avec horreur que Sandor avait une bourse d'argent entre ses mains lorsqu'il se releva et marcha tranquillement en direction des chevaux. Elle déglutit en combattant des larmes de colère puis courut après lui suivie de près par Arya.
«Qu'avez-vous fait !» Hurla désespérément la fille Stark en jetant ses mains vers l'avant, son épée aiguille se balançant contre sa hanche.
«Ils ne méritaient pas un tel traitement, pas après ce qu'ils nous ont offert !» S'énerva Emerys en le rattrapant et en tirant sur son bras pour qu'il lui fasse face. Le Limier reprit appuis sur ses pieds puis pinça les lèvres en regardant sévèrement Emerys dans les yeux.
«Vous avez volé leur argent, ils ne survivront pas sans ça !» Continua Arya en passant ses yeux de la bourse au visage inexpressif du Chien.
«Nous en avons plus besoin qu'eux. Regardez-les ! Ils ne peuvent même pas se défendre et si ce ne sont pas les voleurs qui les tueront se sera le froid de l'hiver !» Les mots durs de Sandor frappèrent violemment Emerys et avant qu'elle ne se rende compte de ce qu'elle faisait, elle leva la main pour le frapper au visage.
Mais sa main ne toucha jamais sa joue car le Limier lui prit fermement le poignet en s'abaissant près du visage d'une Emerys livide. La femme pinça les lèvres pour ne pas émettre de bruit alors que son poignet était douloureusement serré dans sa poigne.
«Essaye encore une fois de me toucher femme, et ce sera la dernière chose que tu feras !» Siffla-t-il en donnant une dernière pression puis en la rejetant loin de lui.
«Les gens disent vrai sur vous, vous n'avez aucune pitié et vous n'êtes qu'un lâche !» Cracha rudement Emerys en le regardant de haut en bas avec dégoût.
Certes ce n'était pas tout à fait vrai mais pas tout à fait faux non plus. S'il n'avait pas de pitié elle ne serait plus vivante aujourd'hui, mais la colère masquait son bon sens.
«Ils seront morts avant le début de l'hiver, l'argent ne sert plus aux morts !» Sandor ignora délibérément la dernière remarque d'Emerys puis se tourna à nouveau vers Stranger. Il monta sur lui en regardant froidement les deux filles qui n'avaient pas encore bougé.
Finalement Arya s'avança vers son propre cheval sans dire un mot tandis qu'Emerys continua de dévisager longuement le Limier, la poitrine montant et descendant d'énervement. Sandor leva un sourcil en voyant le regard plein de haine de la femme à son égard mais il en avait l'habitude.
«Si tu tiens tellement à faire justice, reste avec eux ! Mais même en priant tes faux Dieux tu ne survivras pas à l'hiver et encore moins aux prochains fils de putes qui passeront par-là.» Prévint Sandor en tournant son cheval sur la route en direction des Eyrié.
Emerys soutint son regard de plomb sur le Limier même après les mots qu'il venait de dire. Elle finit par retirer ses bras de sa poitrine puis avec un dernier regard sur Arya, elle se détourna et repartit en direction du paysan et de sa fille.
«Emerys tu dois venir avec nous !» Cria Arya aux bords des larmes.
Elle détourna son cheval du chemin et leva les rênes mais le Chien lui attrapa les mains pour l'en empêcher. Elle le regarda avec de grands yeux et un cœur lourd mais l'homme fixait la femme qui partait.
«Laisse la faire ses propres choix, nous en avons fini avec elle. Je ne vais pas mettre ma vie en danger pour quelqu'un qui n'en a rien à foutre de survivre.» Grogna Sandor en retirant sa grande main des rênes d'Arya et en lançant son cheval au galop.
Arya se retint de pleurer alors qu'elle regardait sa seule amie partir dans une autre direction sans aucuns regrets, pas même un petit coup d'œil. Elle attendit quelques secondes, espérant qu'elle déciderait de les suivre mais elle ne réapparut jamais dans son champ de vision.
Alors elle détourna son cheval de la petite chaumière et partit au galop derrière le Limier qui l'attendait un peu plus loin. Ils reprirent doucement la marche à travers les champs sur un petit chemin de terre, toujours avec la même destination en tête.
Emerys attendit que les bruits de sabots du cheval s'éloignent pour se retourner, les larmes aux yeux. Elle n'avait pas voulu que cela se termine comme ça entre eux mais elle ne souhaitait plus poursuivre sur cette voie.
Elle marcha calmement vers le paysan et sa fille qui n'étaient plus qu'à quelques pas d'elle. Le pauvre homme était encore allongé au sol avec sa fille Sally qui pleurait à ses côtés, lui demandant ce qu'elle devait faire. Emerys s'arrêta en se mordant la lèvre inférieure, les mains à plats sur ses cuisses.
Elle pensait à sa jeune amie Arya avec qui elle avait développé un vrai lien. Que deviendrait cette pauvre fille ? Est-ce que l'ancien Chien de la Garde Royale allait bien s'en occuper ? Elle n'avait pas vraiment de doute là-dessus mais Arya allait beaucoup lui manquer …
Emerys jeta un nouveau petit coup d'œil en arrière où avait disparu la fille Stark et Sandor Clegane. Malgré qu'il n'ait pas été honnête envers le paysan et sa fille, il s'avérait qu'il avait raison sur leur sort. Elle ne voulait pas y croire mais pourtant la vérité lui frappait au visage.
Ici, avec eux, elle n'avait aucune chance de survie. Elle ne savait pas bien se battre et de plus l'hiver approchait à grands pas, ils étaient condamnés depuis le début. La vérité lui tomba dessus comme une avalanche de pierre et pendant un moment elle pensait qu'elle allait s'écrouler au sol.
Emerys ferma les yeux puis secoua doucement la tête, voulant que cette vérité soit fausse mais les mots du Limier résonnaient encore dans sa tête, durs comme une gifle. Il était un homme rustre, cru et brutal mais il réfléchissait à ce qu'il faisait et même si ce n'était pas toujours la meilleure chose à faire il devait prendre une décision.
«L'argent ne sert plus à rien aux morts !»
Elle se détourna du paysan et de sa fille puis regarda à nouveau pensivement le chemin vers les Eyrié.
Après être partie, Arya continuait sans cesse de regarder en arrière en espérant qu'Emerys réapparaîtrait miraculeusement. Non seulement elle ne voulait plus se retrouver seule avec cet homme qui l'avait kidnappé mais en plus elle considérait Emerys comme quelqu'un de proche.
Sandor devait mordre l'intérieur de sa joue pour ne pas faire de commentaire à la fille qui pleurait silencieusement derrière lui. Il ne pouvait pas lui en vouloir de réagir comme cela, elle venait de perdre un autre membre de sa famille.
Il reprit fermement ses rênes alors qu'il jetait un petit coup d'œil derrière lui, un pincement au cœur. Il ne regardait pas la fille Stark mais derrière elle pour voir si effectivement la femme platine n'avait pas changé d'avis.
Il n'avait pas vraiment voulu lui dire d'aller se faire voir mais il ne pouvait plus supporter son regard de haine, pas après ce qu'il avait fait pour elle. Il savait que c'était mal ce qu'il avait fait, il en était conscient mais si ça n'avait pas été lui quelqu'un d'autre l'aurait fait à sa place.
Il leur avait laissé la vie sauve à ses braves gens alors que d'autres auraient passé le couteau à travers leurs gorges pour un sac d'argent. Sandor soupira silencieusement en prenant sa gourde de vin en main et en débouchant le capuchon pour une petite gorgée.
Il ne voulait plus penser à cette femme qui venait de signer son arrêt de mort, il avait d'autres choses à faire à présent. Une autre douleur aiguë lui transperça méchamment la poitrine rien qu'à l'image qu'il avait d'elle étalée sur le sol les yeux grands ouverts et du sang autour d'elle.
Ne te retourne pas … Grinça Sandor dans sa tête, restant droit sur l'animal en mouvement pour ne pas changer d'avis et se retourner.
Arya se redressa subitement sur la selle lorsqu'elle entendit l'approche rapide d'un cheval derrière elle. Elle stoppa le mouvement de l'animal puis s'appuya sur sa croupe pour regarder qui s'approchait d'eux, l'espoir au cœur de voir Emerys.
Sandor remarqua que la fille ne le suivait plus alors il arrêta Stranger et le tourna vers elle, s'apprêtant à lui aboyer d'avancer mais ses mots moururent dans sa gorge en voyant une personne s'approcher à grande vitesse.
Il s'agissait bien d'Emerys qui ralentit son cheval lorsqu'elle arriva à leur niveau, un sourire aux lèvres et la respiration rapide. Elle hocha la tête à Arya qui avait un visage heureux en la voyant puis s'approcha calmement de Stranger.
Elle passa une main dans ses cheveux en se redressant sur la selle et arrêta de sourire quand elle posa les yeux sur le Chien. Ils se dévisagèrent un long moment sans rien dire puis redonnèrent le pas à leurs chevaux respectifs, marchant côtes à côtes.
Le Limier arrêta de la regarder puis fixa le long sentier devant lui, secrètement content qu'elle ait changé d'avis.
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La seconde fois où ils s'arrêtèrent ils étaient proches d'une rivière au courant fort. Arya et Emerys discutaient vivement entre elles alors qu'elles lavaient la crasse sur leurs corps, le visage ainsi que les cheveux.
Arya était vraiment heureuse et soulagée de voir que la femme mystérieuse avait fini par les rejoindre, elle appréciait sa compagnie de plus en plus au fil des jours qui passaient. Elle s'entendait bien avec elle et même si elle ne l'avouerait pas, elle commençait à apprécier le Limier.
En pensant à lui, Arya se redressa du bord de la rivière et le regarda alors qu'il lavait son cheval avec l'eau fraîche et claire. Elle sourit tristement, il n'avait plus parlé depuis qu'ils étaient partis de la petite maison du paysan et de sa fille.
«Je pense qu'il m'en veut.» Avoua Emerys en frottant ses cheveux entre ses mains pour enlever la saleté. Elle se redressa ensuite en mettant ses mains sur ses hanches puis souffla lorsque son dos craqua douloureusement.
«Peut-être. Mais je suis heureuse que tu sois revenue Emerys.» Dit sincèrement Arya en regardant la femme qui profitait un peu des rayons chauds du soleil.
Emerys ouvrit un œil puis regarda en contre-bas la fille qui la fixait avec admiration. Elle lui sourit doucement puis se mit à genoux devant elle, les mains posées sur ses épaules et les yeux dans les siens. Sans prévenir, elle la serra dans ses bras en mettant une main contre ses épaules.
Ce petit geste valait mille mots pour Arya Stark. Elle cligna rapidement des yeux en ne s'attendant pas à cela et hésita quelques secondes avant de finalement encercler ses propres bras autour de la femme. Elle n'avait plus eu d'étreinte depuis que son père était mort …
Sandor nettoyait la selle de son cheval avec un morceau de tissu lorsqu'il vit que les deux filles s'étreignaient aux bords de la rivière. Il avait toujours eu de la peine et une certaine affection pour les enfants des Stark et cela avait commencé avec Sansa.
Dès la première fois qu'il les avait vu, il savait que cette famille allait souffrir aux mains des Lannister mais à l'époque il n'était qu'un bon Chien qui obéissait aux ordres. Maintenant il ne recevait plus aucun ordre et recherchait une espèce de rédemption à toutes ses erreurs passées.
Il continua d'observer pensivement les deux filles qui se faisaient face, les mains d'Emerys sur les épaules d'Arya alors qu'elle lui parlait. Il ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'admiration pour cette femme qui avait déjà vécu beaucoup et qui restait forte malgré cela.
Elle était quelqu'un de bien, il n'y avait aucun doute là-dessus. En revanche il avait un doute sur ses origines et ses croyances, pas encore remit de ce qu'il avait vu dans la forêt il n'y a pas si longtemps de cela.
Tout en continuant de réfléchir, Sandor regarda la beauté de la femme près de la rivière, le soleil descendant tranquillement sur l'eau courante. Elle n'avait pas son manteau noir sur ses épaules et ses bras n'étaient pas couverts. Elle dégageait quelque chose qu'aucune autre femme ne possédait.
Sandor reprit son travail de nettoyage sur la selle de son cheval en récurant les traces de sang qui venait d'Emerys lorsqu'il l'avait sauvé. La pauvre femme avait presque saigné à mort à cause des blessures que lui avaient procuré les soldats des Lannister.
Une pointe de colère se faufila à l'intérieur du Limier en s'imaginant ce qu'avaient fait ces hommes déshonorants. Ils ne méritaient pas de porter une armure et encore moins de rester en vie après ce qu'ils avaient commis. S'il les recroisait, il les tuerait sans aucune hésitation.
Marmonnant dans sa barbe des insultes, il replaça la selle mouillée sur le dos de son cheval puis commença à retirer son armure pièce par pièce, voulant la nettoyer elle aussi avant de reprendre la route vers les Eyrié.
«Avez-vous besoin d'aide ?» La voix d'Emerys faillit donner une attaque à Sandor qui jura dans sa barbe en voyant la femme se tenir derrière lui.
«Je peux me débrouiller seul !» Grogna-t-il sans la regarder. Il s'assit lourdement sur plusieurs grandes pierres puis vit qu'Emerys hésita avant de repartir vers la fille Stark toujours aux bords de la rivière.
Sandor soupira, il n'avait pas voulu lui répondre aussi froidement mais elle l'avait pris par surprise et de plus il n'avait jamais eu besoin d'aide pour enlever son armure ou quoi que ce soit d'autre. Il retira d'abord ses épaulettes puis ensuite le reste qui se décrocha rapidement.
Une fois dans ses vêtements souples, il se leva et s'étira longuement. Devoir rester dans cette armure toute la journé et la plupart des nuits le rendait collant et suintant, ce qu'il détestait le plus au monde après le feu. Alors il se débarrassa de son haut ainsi que de ses chaussures pour prendre un petit bain rapide.
Les yeux d'Arya s'élargirent lorsqu'elle vit le Limier en amont de la rivière se déshabiller pour se mettre à l'eau. Emerys était face à elle et parlait des gens qu'elle voulait voir mort mais quand elle vit l'expression d'Arya elle s'arrêta et regarda dans sa direction.
«Il a beaucoup de cicatrices.» Dit Emerys en continuant de regarder fixement le dos du Limier. Elle sentit de la peine en le voyant couvert de cicatrices même si cela était normal pour un combattant de son rang et de son envergure.
«Bientôt je lui en rajouterais.» Répondit Arya en serrant la mâchoire, les yeux plissés en direction de l'homme dans la rivière.
«Ne dis pas ça, sans lui tu ne serais peut-être même plus là …» Emerys détourna les yeux puis s'assit sur les petits cailloux en jouant avec une branche. Arya détourna quelques secondes ses yeux du Chien pour regarder Emerys.
«Je n'ai toujours pas confiance en lui et je n'aurais jamais confiance ! Pas après ce qu'il a fait à mon ami !» S'énerva Arya en courant rapidement loin de la rivière et vers le campement provisoire. Elle remonta ses genoux contre sa poitrine et sortit Aiguille entre ses mains, regardant la lame avec un visage sombre.
Emerys soupira puis se coucha sur ses coudes en entendant le Limier se laver plus loin derrière elle. Elle n'avait pas voulu vexer la jeune Stark mais la fillette était plus rancunière qu'elle ne le pensait initialement. Qui pouvait lui en vouloir après tout ce qui lui était arrivé.
A la nuit tombée, les trois voyageurs se préparèrent à dormir autour d'un petit feu pour leur tenir chaud durant la nuit. Les chevaux restaient auprès d'eux, leur peur du danger les réveillant si jamais.
Emerys fixait le ciel, les mains liées sur sa poitrine et la tête sur la selle de son cheval. Elle et Arya était du côté droit du feu tandis que Sandor Clegane était du côté gauche, imitant la position d'Emerys. Depuis le coucher du soleil personne ne se parlait ni même se regardait.
Arya se tourna vers les flammes du feu puis soupira longuement en regardant la lumière. Elle voulait faire sa liste de morts dans sa tête mais ce soir-là elle changea son esprit en décidant de rompre le lourd silence pesant.
«Joffrey, Cersei, Meryn Trant, Tywin Lannister, la femme rouge, Beric Dondarrion, Ilyn Payne, la Montagne …» Elle commença sa longue liste infernale sans détourner son regard des petites flammes.
Sandor et Emerys écoutaient attentivement sans faire de geste alors que la fille Stark récitait les noms et prénoms. Soudainement le Limier fronça les sourcils lorsqu'Arya parla de la Montagne et la coupa.
«Tu vas bientôt la fermer ?» S'agaça-t-il en regardant à nouveau vers le ciel, laissant sortir l'air par le nez de frustration. Emerys tourna la tête vers Arya qui n'avait toujours pas bougé de sa position sur le côté.
«Je ne peux pas dormir si je ne les récite pas.» Murmura-t-elle en levant les yeux vers le visage du Limier. De là où elle était, elle ne voyait pas sa cicatrice seulement le côté non brûlé de son visage.
«Les noms de toutes les foutues personnes de Westeros ?» S'impatienta Sandor en baissant les yeux sur ses mains posées sur sa poitrine.
«Seulement celles que je vais tuer.» Arya fronça les sourcils puis baissa les yeux loin des flammes. Emerys sourit tristement mais continua tout de même d'écouter ce qui se disait entre les deux.
«La haine n'est que bonne à te faire te sentir mieux, rien de plus.» Sandor se réinstalla mieux contre l'herbe. Il regarda longuement le ciel avec un léger sourire aux lèvres puis continua d'une voix plus rêveuse «Lorsque je me retrouverais face à mon frère, peut-être que nous pourrons tous les deux barrer son nom de nos listes.»
Emerys se laissa sourire à cela. Elle espérait vraiment que ce jour viendrait et que cet homme sera libéré de sa colère, il le méritait plus que quiconque. Arya se redressa sur ses coudes puis joua avec des brins d'herbe alors qu'elle se mit à réfléchir. Peut-être trouveraient-ils un terrain d'entente ?
«Si vous vous retrouviez maintenant face à lui, qu'est-ce que vous lui diriez ?» Questionna soudainement Arya en regardant le visage de l'homme, espérant une réponse concluante. Le Limier tourna la tête vers elle en prenant une profonde inspiration.
Il vit qu'Emerys le regardait derrière Arya, souhaitant elle aussi entendre sa réponse avec une certaine petite appréhension dans ses yeux noirs. Il hésita à dire les mots qu'il avait sur le cœur alors qu'il regardait longuement les deux filles pour finalement détourner la tête et fixer à nouveau le ciel sombre.
«Je lui dirait de la fermer pour que je puisse dormir.» Répondit-il en souriant, les yeux fermés pour essayer de dormir. Il pouvait sentir de la déception dans l'air et il en était fier.
Arya ne dit rien de plus, elle était repartie dans une espèce de rêverie sans fin tout en regardant les flammes. Elle jouait avec les brins d'herbes dans ses doigts, d'horribles images appartenant au passé défilant devant ses yeux.
«Et vous Emerys, avez-vous une liste ?» Demanda soudainement Arya en restant dans le même état de transe.
Ne s'attendant pas à ce qu'on lui parle, Emerys tourna la tête vers la fille et Sandor, son rythme cardiaque augmentant doucement lorsqu'elle vit que le Limier la regardait. Elle avala sa salive puis se mit à réfléchir à quel genre de réponse elle allait leur donner.
«Ma liste est tellement grande que citer tous les noms vous endormiraient tous les deux.» Déclara-t-elle, un léger sourire aux lèvres lorsque la fille Stark la regarda étrangement par-dessus son épaule. Cela amusa aussi le Limier qui laissa un petit rire sortir de lui.
«Allez, finis-en avec ta fichue liste de condamnés.» Dit-il en rigolant encore seul, ayant une complice pour embêter la petite louve aigrie.
«J'avais presque terminé, il m'en manquait plus qu'un.» Répondit froidement Arya en se recouchant dans le sens inverse. Le Limier marmonna à moitié endormi qu'elle devait le dire pour en finir avec cette histoire, ce qu'elle fit sans plus tarder.
«Le Limier.» Murmura-t-elle assez fort pour que l'homme en question l'entende. Lui et Emerys tournèrent la tête vers elle, pris au dépourvu par le dernier nom sur sa liste.
Enfin elle pouvait dormir en paix.
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Le lendemain matin lorsque Sandor se réveilla, il remarqua vite qu'il était tout seul. La panique l'emporta sur l'énervement puis d'un bond il se leva et regarda tout autour de lui à la recherche de n'importe quelle trace des filles.
Il se calma rapidement quand il entendit des rires venant de la rivière en contre-bas. Il courut vers les rochers puis se pencha en avant pour voir Arya et Emerys près de l'eau. La femme était assise en tailleur sur une motte de terre tandis que la gamine faisait de drôles de gestes avec sa petite épée.
Sandor prit un visage agacé, n'aimant pas du tout qu'elles s'éloignent comme cela sans rien dire. Un jour il se retrouvera tout seul comme un con et sa monnaie d'échange se sera envolée. Il serra les poings puis descendit silencieusement la petite colline en direction des deux filles.
«C'est vraiment très poétique ! Tu seras une combattante exceptionnelle dans très peu de temps !» Encouragea Emerys en passant une main dans ses mèches de cheveux prises par le vent. Arya lui donna un léger sourire puis continua son jeu de jambe, un bras dans le dos et son épée tendue devant elle.
Emerys était vraiment surprise par la grâce et l'aisance que possédait Arya, elle était faite pour manier une épée et non porter des robes. Elle se voyait en elle étant plus jeune, voulant à tout prix éviter de ressembler à ses semblables.
Arya tournoya sur ses jambes puis tendit soudainement son épée derrière Emerys, sursautant légèrement lorsqu'elle se retrouva face à face avec le Limier. Elle reprit son visage de dur à cuire puis continua ses mouvements gracieux.
«Par les Sept Enfers, qu'est-ce que tu fais ?!» Demanda brusquement Sandor. Il vit Emerys sursauter elle aussi à sa grosse voix puis se lever rapidement pour lui faire face en passant ses mains contre son pantalon.
«Je m'entraîne.» Répondit Arya qui était plongée dans sa danse de l'eau.
Emerys s'éloigna du duo qui se cherchait mutuellement puis s'approcha des chevaux qui broutaient tranquillement l'herbe fraîche sur les hauteurs. Ils avaient aussi besoin de boire avant de repartir et pour être honnête, elle n'avait pas envie de se confronter au Limier pour l'instant.
Elle s'approcha de son cheval brun en passant une main sur la croupe de celui-ci puis marcha prudemment vers le cheval de Sandor, Stranger. L'animal ne faisait confiance à personne sauf son Maître bien aimé.
Elle tendit doucement une main vers le cheval qui écrasa ses oreilles en arrière, de méfiance. Ses doigts finirent par toucher l'encolure douce de l'étalon noir sans perdre sa main. Elle lui sourit gentiment puis lui donna quelques tapes amicales sur l'épaule.
Lorsqu'elle revint vers la rivière avec les trois chevaux, Arya était sur le sol, le nez en sang et le Limier pointait son épée Aiguille vers elle à quelques centimètres de sa gorge. Il lui parlait mais Emerys n'entendait pas ce qu'il disait et elle avait une soudaine peur en elle.
«Enlevez cette épée immédiatement ! Ne lui faites pas de mal !» S'écria-t-elle en attrapant fermement le bras de Sandor qui tenait l'épée. Il la regarda quelques secondes d'un air surpris puis se moqua à son visage en tendant le pommeau de l'épée vers Arya.
«C'était la leçon de fin de son entraînement.» Dit-il en serrant les dents, fixant Emerys dans les yeux avec défi. Il claqua sa langue lorsque la femme baissa les yeux au sol, approuvant sa soumission face à lui.
«Tu ne sais même pas te battre, c'est lamentable !» Cracha méchamment Sandor, déçu qu'elle détourne les yeux de lui. Il secoua la tête puis la bouscula avec son épaule pour passer et récupérer son cheval qui buvait l'eau de la rivière.
«Ne vous inquiétez pas, je vous apprendrais !» Arya posa une main sur le bras d'Emerys pour la consoler mais ses yeux n'étaient pas sur elle, ils étaient sur le Limier. Elle serrait la mâchoire tout en le dévisageant avec les poings serrés à ses côtés.
Arya pouvait voir qu'elle se retenait de ne pas aller lui crier au visage après ce qu'il venait de lui dire. Ses yeux noirs le dévoraient littéralement et elle n'avait pas trop de mal à s'imaginer ce qu'elle pensait de lui actuellement.
Emerys ne répondit pas mais se dirigea vers son cheval brun, la rage au cœur.
A suivre …
Qu'en pensez-vous ? Merci et à bientôt !
