Bonjour à tous, c'est moi Yudata ! J'espère que vous allez bien !

Voici le douzième chapitre ! Je le trouve assez spécial, enfin du moins il a une certaine valeur pour moi alors qu'il pourra certainement vous sembler banal haha!
Avant de répondre aux commentaires, je voulais vous informer que je suis toujours en train d'écrire mon OS Kinky Pair (Akaya/Renji), seulement, il est extrêmement long, j'en suis à une trentaine de pages environs, et j'espère pouvoir finir ça rapidement pour vous le montrer !

Bien je vais à présent répondre aux commentaires ;

Youki Minaco :

Hello sweetie! Thank you for your review!

Aucun souci pour ton retard, je suis très contente de voir que tu as donné ton avis ! Pour Atobe, je vois que nous pensons la même chose sur sa psychologie. Je suis vraiment contente que mon explication te sembles crédible, et oui, malheureusement pour Ore-Sama ce chapitre n'était pas uniquement concentré sur lui hahahaha!
J'espère que l'évolution de la relation Oshitari/Atobe te plaît, et ne t'inquiète pas pour le visage rouge tomate, je garderai le secret hahaha!

Pour la compétition de Seigaku, Tezuka a terminé son test et non pas Inui pour la simple et bonne raison que c'était la classe de Tezuka qui était soumise au test de chimie ! Idem pour Fuji, dont la classe avait été soumise au test d'éducation physiques ! J'espère que ça a éclairé tes interrogations ?
Sinon, pour Eiji j'ai un peu du mal aussi, je te rejoins dans ton avis. Tu verras que la relation Fuji/Tezuka va encore prendre un nouveau tournant dans le prochain chapitre !

En conclusion, au niveau de la relation Sanada/Yukimura, pour te répondre, Sanada a vraiment dû s'imaginer une main de bébé ahahaha! Mais pour ce qui est de sa dévotion envers son capitaine, je te laisse lire plus d'informations à ce sujet dans ce chapitre ci-dessous !

I hope to see you soon, thank you so much!

Take care of you, Youki.

Akadream :

Coucouuuuuuu ! Malheureusement camarade j'ai plus trop de temps devant moi pour récupérer les réponses que je t'avais envoyé pour tes deux commentaires (je dois quitter l'ordinateur dans quelques minutes!) Alors je tiens juste à te remercier une seconde fois pour tes longs messages et ta fidélité, j'te fais des bisous Aka et je me rattraperai au prochain chapitre promis ! À très très vite (vu qu'on se parle tous les jours pratiquemment ahahah)

Voilà ! Je vous laisse avec ce chapitre, j'espère qu'il va vous plaire ! Bonne lecture !


Personne ne sait où habite Niou. Depuis sa première année dans l'enceinte du collège Rikkaidai, il n'a jamais révélé à qui que ce soit, ce ne serait-ce qu'une seule information au sujet de sa famille et de sa vie en dehors des cours.

Alors, lorsque je lui ai demandé de me donner ses vieux vêtements, je savais pertinemment qu'il allait organiser un rendez-vous dans un parc, dans un café… N'importe quel endroit mais sûrement pas dans la demeure de ses parents (à se demander si il en a vraiment…).

Renji est au courant de la situation de Yukimura. Après une interaction que j'ai eu avec lui en classe, il est allé tirer les vers du nez à notre capitaine, et apparement le tact légendaire de notre maître des données a fonctionné, puisque Seiichi lui a tout révélé.

Enfin... tout... pas vraiment. Il s'est contenté de lui expliquer qu'à cause de mauvais traitements, il vivait à présent chez moi pour quelques temps ; Yukimura est trop fier pour avouer une quelconque faiblesse, même à Renji, un ami proche.
Cependant, qu'il accepte aussi bien sa nouvelle situation, au point qu'il soit à l'aise et la dévoile à Yanagi, m'a énormément surpris. J'espère qu'ainsi ses peines se sont allégés.

Soufflant une dernière fois le froid hors de mes poumons, je pénètre d'un pas rapide dans le hall d'un centre commercial. Aussitôt, la cohue s'agite autour de moi, des hordes s'élançant à la poursuite des escalators, à la recherche des bonnes affaires. D'un regard d'aigle, je balaye l'immense rez-de-chaussée, essayant de distinguer les cheveux blancs si caractéristiques de Niou.
J'ai toujours du mal avec les centres commerciaux. Le monde, les gadgets inutiles, les étudiantes piailleuses… Tout ça me donne un mal de crâne insupportable, mais malheureusement, pour mon matériel de tennis, je dois bien souvent m'y confronter.

Tandis que je m'avance vers la fontaine, au centre du hall, je sens déjà des nerfs furieusement cogner contre ma tempe, alors que des jeunes filles éclatent dans un cri aiguë leur euphorie devant certains vêtements. Grognon, je rejoins la silhouette de l'illusionniste des courts, que je remarque un peu plus loin, adossé contre un mur.

À peine mes pieds s'approchent de lui qu'il attaque d'une mine taquine :

- Bah alors Sanada ça te dirait de faire un peu shopping ? J'ai l'impression que tu adores t'acheter de nouveaux vêtements.

Contrôlant mon impulsivité, j'ignore la remarque, et déclare :

- Bonjour Niou. Est-ce que tu as ce que je t'ai demandé de m'apporter ?

Aussitôt, l'illusionniste semble calmer son audace. Son visage se fait plus secret, des mèches laiteuses se rejetant avec désordre contre son front, assombrissant son regard.
Ses iris se figent sur moi, comme dans un reproche, avant que sa voix ne questionne :

- C'est quoi le problème avec Yukimura au juste ?

Je déglutis discrètement, paniqué. Il faut que je garde mon calme et trouve un moyen de récupérer les biens de Niou sans lui révéler ce qui se trame dans la vie de mon capitaine. C'est pourquoi, avec assurance, je nie en bloc :

- Il ne se passe rien du tout. Je suis pressé Niou-
- Je le suis aussi. Coupe l'illusionniste d'une voix étrangement sérieuse, Sanada, ne mens pas, je sais que Yukimura et toi vous venez et repartez de l'école ensemble depuis plusieurs années, mais ça fait quelques jours qu'il vient à la pratique avec l'une de tes raquettes de rechange. (Je cligne des yeux de surprise et il soupire avant de reprendre :) Oui, je l'ai remarqué, je ne suis pas idiot tu sais ? Et puis, même si son uniforme ne semble pas avoir changé, certains de ses stylos sont les mêmes que les tiens, sans oublier la trousse de crayons de couleur horrible que tu avais en deuxième année et qui semble lui appartenir à présent.

C'est très difficile de déglutir à présent. La perspicacité effroyable de Niou parvient presque à me faire paniquer, mais dans une inspiration discrète, je réussis à garder mon calme. Mimant l'exaspération, je souffle bruyamment, comme agacé, tandis que ma voix grogne :

- Ce sont juste des coïncidences.
- Oh vraiment ? Reprend la voix de Niou, cynique.

Son dos se décolle du mur, puis d'un pas lent, inquiétant, il se déplace jusqu'à se positionner face à moi, à quelques centimètres de mon visage. Je distingue nettement le grain de sa peau, lisse, ainsi que la façon étrange dont ses cils semblent se courber au coin externe de ses yeux, rendant son regard énigmatique. Le brun lavallière de ses iris paraissent comme décrypter mes secrets, et avant que je puisse me défendre face à son accusation, il reprend d'un ton grave :

- … Si ces vêtements ne sont pas pour Yukimura, pour qui sont-ils alors ? Tu sais, je veux bien te les donner sans explications, mais lorsque je le verrais dans la rue, avanc l'un de mes pantalons, l'un de mes t-shirts, penses-tu vraiment que je tienne ma langue, que je ne fasse pas éclater quelques rumeurs ? Tu me connais Sanada, tu sais que j'adore m'amuser, alors si il se passe quelque chose d'important, tu ferais mieux de me le dire, sinon je vais sûrement lui faire du mal alors qu'il suffisait simplement de me demander de garder le secret.

Mes sourcils se froncent face à la déclaration. Une soudaine colère reflue dans mes veines dans une ardeur inconsciente, et alors que ses pupilles se reflètent avec fourberie, je saisis brutalement le col de sa chemise, énervé.

- Ne fais pas l'idiot ! M'exclamai-je dans un grondement, Si tu ne veux pas faire de mal alors garde ta bouche fermée ; ce n'est pas parce que tu aimes t'amuser que tu dois trahir tes amis !

Il renifle avec arrogance, absolument pas impressionné par ma fureur. La nonchalance, et le détachement qu'il emploie pour me répondre me surprends alors, me faisant même desserrer ma prise contre le tissus de ses vêtements ;

- Alors comme ça je suis votre ami ? Sanada, je ne vis pas uniquement pour le club. J'espère que tu en as conscience parfois.

Un silence s'installe durant deux, trois secondes. Puis sans que j'y songe réellement ma voix clame :

- Pourquoi vis-tu dans ce cas ? Si tu restes autant secret tu n'arriveras jamais à nous considérer comme tes amis. En attendant, nous à Rikkaidai, nous t'estimons, donc sois plus respectueux envers ton capitaine bon sang.

Cette fois-ci, le silence persiste. Niou semble complètement désintéressé, interceptant du regard la foule qui circule, son visage aussi neutre qu'un être sans âme. Alors, lentement, espérant une réaction, je lâche complètement sa chemise, et fais un pas en arrière. Heureusement, ses iris viennent de nouveau se figer dans les miennes, et la malice que j'aperçois dans le reflet lavallière fait naître une soudaine appréhension à l'intérieur de moi.

- Très bien, pas de rumeur sur Yukimura. M'informe Niou, Cependant, j'aimerais une information sur toi. Je n'vais pas la diffuser, je veux juste savoir quelque chose de gênant à ton sujet.
- C'est une blague ? Répondis-je d'un ton outré.

Il dévoile un sourire carnassier des plus inquiétant, tout en répliquant :

- Est-ce que j'ai l'air de plaisanter ?

Ma patience a atteint ses limites depuis des siècles. De toute façon, je ne l'ai jamais été avec Niou. Toujours, inlassablement, depuis sa première année au club de tennis, il se permet de me taquiner, de chercher ma colère, et de la trouver. Avec Akaya, je semble sa cible favorite, sûrement parce que je lui apporte de vives réactions, mais malheureusement je n'y peux rien ; qu'on se fiche de moi, je déteste ça, et je hais le comportement espiègle de Niou.
Alors, encore une fois, je me retrouve à marchander avec lui. Sauf qu'aujourd'hui, je ne fais pas ça pour me protéger, mais pour le bien de Yukimura. S'il lui arrive malheur, je ne sais pas comment je réagirais…

- Niou, arrête tes bêtises, je veux juste ce tas de vêtements que tu ne mets plus et que tu comptais jeter.
- Est-ce que tu as des trucs embarrassants à me révéler ? Ignora l'illusionniste, Peut-être quelqu'un dont tu serais amoureux par exemple ?
- Niou… Prévins-je d'une voix terrifiante.

Il souffle d'un air exaspéré, comme vaincu.

- Tu n'es vraiment pas marrant aujourd'hui, Sanada. Tiens.

Sa main envoie d'un geste dépité un sac poubelle visiblement rempli d'étoffes en tout genre. Perplexe, je récupère le don, fixant mes iris ambrés sur le profil las de l'illusionniste. C'est étrange, après toute la ferveur qu'il a employé jusqu'à présent, je ne pensais pas qu'il capitule aussi facilement… Je plisse mes yeux ; sa réaction me perturbe cent fois plus que ses précédentes menaces. Alors, d'un ton prudent, je questionne :

- Tu ne vas pas…?
- Nan, Coupe-t-il en regardant avec un soudain intérêt l'allure de ses ongles, Je plaisantais. J'm'en fiche un peu de vos histoires de couple.
- P-Pardon ?! Ma voix éclate tandis que mes oreilles se colorent tout à coup d'une nuance nacarat.

Apparemment, le bout de ses doigts demeure plus intéressant que mon indignation, mais il s'engage tout de même à répondre dans une énumération blasée :

- Ouais, ouais, j'ai compris, Yukimura a des soucis de famille, il est chez toi, tout le monde est inquiet, t'essaie de le couvrir comme pas possible, c'est le grand amour, tout ça... Ecoute Sanada, je te taquinais c'est tout, j'irais répandre aucune rumeur, alors maintenant laisses-moi tranquille et va apporter ce sac au capitaine, j'ai des trucs à faire.

Sans me laisser le temps de répondre, il tourne les talons et se faufile avec une agilité déconcertante dans la foule du centre-commercial. Abasourdi, je reste quelques secondes figé sur place, avant d'enfin décider de bouger.
Songeur, je me laisse m'aventurer d'instinct à côté des boutiques, d'un pas lent, régulier.

Niou est un mystère. Il avait pourtant l'air tellement sincère lorsqu'il me menaçait, lorsqu'il insinuait qu'il ne nous considérait pas comme ses amis… Je suis certain que, malgré les dernières affirmations de notre discussion, il y a une part de vérité dans ses menaces. Quelque chose m'intrigue à son propos, comme s'il cherchait à faire deviner un fait important sur lui-même, qui le tiraille de l'intérieur… Mais quoi ? Malheureusement pour l'instant, je n'en ai aucune idée, et déjà, la vitrine du magasin de sport auquel je suis fidèle se distingue parmi la foule. Alors, oubliant Niou, je me précipite à l'intérieur de la boutique, filant comme une anguille jusqu'aux rayons destinés au tennis.

Mes yeux se baladent un instant au niveau des survêtements, des balles, puis enfin ils finissent leur voyage devant les raquettes.

Aussitôt, devant les reflets colorés des différents cadres, ma main libre (l'autre occupée à tenir le sac de Niou) plonge à l'intérieur de la poche de ma veste, fouillant un instant avant d'y extirper un petit bout de papier. Habile, je passe un doigt dans la pliure et dévoile la note que j'ai soutiré à Renji, quelques jours plus tôt.

En effet, après que Yukimura ait expliqué sa situation aux maîtres des donnés, j'ai pensé judicieux de lui demander des informations au sujet des dimensions des mains de notre capitaine. Au départ, je comptais prétexter m'exercer à l'encrage pour que mon meilleur ami accepte de faire l'empreinte de sa main sur un papier à calligraphie, mais évidemment, questionner Renji était un plan beaucoup plus réalisable et moins farfelu.

Indubitablement, le maître des données m'a inscrit toutes les mesures sur un bout de papier, ce qui me permet actuellement de vérifier la taille de certaines raquettes en conséquence.

Je n'ai pas vraiment d'idée en tête. Yukimura est un joueur complet, son niveau excelle dans tous les domaines lorsqu'il s'agit de tennis (ainsi que pour beaucoup d'autres sujets, d'ailleurs). Cependant, je sais qu'il n'aime pas particulièrement se servir de sa vitesse en match, ou qu'il n'est pas forcément un joueur tout en puissance (comme je le suis par exemple). Je suppose dans ce cas, qu'une raquette assez longue, large et arrondie fera l'affaire ; avec cet équilibre, j'espère que Yukimura sera comblé.

En parcourant le nom des raquettes, leur profil, mon attention est tout à coup attiré par le grip brun de l'un des modèles. Intrigué, mes yeux lisent "Wing Heart (Forje Z 115)", tandis que déjà ma main soulève le cadre de l'objet afin que son cordage se décroche du rayon.
Amenant la raquette devant moi, je la fais tourner lentement dans ma paume. Je le sens, il y a une aura là-dedans, je suis certain qu'elle conviendra à Yukimura.
Alors, après avoir vérifier ses dimensions et ses caractéristiques, je m'engage vers la caisse, satisfait.

Même si je me sens soulagé par mon achat, par les vêtements de Niou, je trouve néanmoins que mes actions valent peu si on les compare à toute ces choses essentielles dont la mère de Seiichi a privé Yukimura.
Car malheureusement, je constate chaque jour que l'affection de ma famille ne remplacera jamais celle de sa petite-soeur. Ma chambre ne gagnera en aucun cas l'aspect intime qu'il possédait avec la sienne, lorsqu'elle était encore remplie de ses possessions.

Et même si un jour je parviens à faire cicatriser sa douleur, ses souvenirs eux, demeureront jusqu'à la fin de ses jours des plus insoutenables.

Soudainement, je me sens comme abattu, et tandis que je traverse le centre commercial pour en sortir, ma tête se secoue de droite à gauche, comme pour reprendre une contenance.
Je ne dois pas faiblir ! Il faut que j'entraîne mon esprit à rester fort ! S'apitoyer sur son sort est inutile, de plus, Yukimura a besoin de moi assuré, non pas accablé par mes tourments.

C'est ecnouragé par cette pensée que je m'élance dans les rues, sur le chemin de la maison.

OoO

Ça ne va pas du tout, honnêtement rien ne va plus.

Depuis la mésaventure chez ma mère, j'ai l'impression que la destinée s'acharne sur mon sort avec une fougue dévastatrice. Je déteste toute cette faiblesse qui s'accumule sur mes épaules, mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur, d'être effrayé, de ressentir les poils de ma nuque se hérisser à chaque fois que ça arrive.

Les fourmillements.

Ils arrivent n'importe quand, n'importe où, parfois même alors que je ne fais aucun effort physique. La sensation est angoissante, picotant l'intérieur de ma peau jusqu'à faire trembler mes muscles lentement. Je les sens alors se figer l'espace d'un instant, dans une douleur glaciale, puis ils reprennent de leurs fonctions, tel un tour de magie effroyable.

Ces picotements m'empêchent de rester totalement maître de moi-même. Je tente inlassablement de les affronter, de forcer silencieusement sur mes membres pour qu'ils m'obéissent pleinement, mais toujours, j'échoue.

Alors la peur commence à m'envahir. Je pensais au début que ma grippe avait empiré, mais depuis deux jours j'en suis venu à l'évidence que, malheureusement, ce problème est tout autre.

Néanmoins je n'ose pas en parler à Sanada. Je sais que je le devrais, que je suis censé prendre soin de moi, comme il m'a demandé plusieurs fois de le faire durant mon état grippale, cependant je suis incapable de demander un autre service à sa famille. Car sans me troubler par des questions gênantes, elle m'a accepté, me nourris chaque jour, m'offre un lit, de quoi me laver ainsi que beaucoup d'affection… Alors il m'est tout simplement impossible de leur révéler ce problème.

De toute façon, j'en suis certain, c'est de l'anxiété.

Je n'ai jamais entendu parler d'une maladie qui provoque des picotements. C'est pourquoi la seule explication logique est celle de l'anxiété. Mon esprit faiblard joue des tours à mon corps, voilà tout. Il faut que j'essaie de gérer mes angoisses, que je canalise mes peurs, et assurément, les fourmillements s'en iront. Je dois y croire.

Il le faut.

Tout à coup, j'entends la porte d'entrée de la maison Sanada coulisser et je me lève du fauteuil sur lequel je suis assis. Ce matin lorsque je me suis réveillé, Genichirou n'était pas dans le futon qu'il a installé à côté de son lit. Alors après avoir discuté avec sa mère, j'ai appris qu'il était parti faire quelques courses. Un fait étrange venant de lui, toutefois, j'ai gardé sous silence mes commentaires, me décidant à l'attendre patiemment dans le salon afin d'obtenir plus d'explications à son retour.

- Je suis rentré ! Sa voix résonne à travers les murs de bois.

Calmement, je m'avance jusqu'à l'embrasure du salon, dévoilant ainsi ma présence à mon meilleur ami, qui ma fois, semble être chargé de sacs en tout genre.
Relevant un sourcil curieux, je ne peux m'empêcher de questionner :

- Bah alors Sanada, tu t'es dis que tu allais faire du shopping ?

La phrase le fait aussitôt froncer des sourcils, comme si elle lui rappelait une conversation déplaisante qu'il avait déjà expérimenté. Cependant, son visage s'apaise rapidement, et d'un signe de la tête, il me fait comprendre de le suivre à l'étage.
Patiemment, je m'exécute. Nous grimpons les escaliers de la demeure puis nous pénétrons l'un après l'autre dans sa chambre, au fond du couloir.

Immédiatement Sanada lâche tous ses achats au sol, avant de s'asseoir d'un air soulagé sur son lit.
Dubitatif, mon regard navigue des sacs à son visage alors que je me tiens toujours aussi droit au milieu de la pièce.

- C'est pour toi. M'informe alors simplement mon vice-capitaine d'une voix calme.

C'est à mon tour de froncer les sourcils. Je ne suis pas sûr de comprendre ce que Sanada insinue, mais le regard insistant qu'il pose contre mes iris me fait considérer sérieusement sa déclaration.
De ce fait, hésitant, je questionne :

- Comment ça… Pour moi ? Tous ces sacs sont pour moi ? Mais d'où viennent-ils ?

Il semble être dans un sérieux conflit intérieur. Je le vois dans le reflet de ses prunelles, Sanada paraît ressasser ses souvenirs, s'interroger sur la meilleure réponse à fournir. Un silence s'installe, une minute durant laquelle j'apprécie calmement les courbes de son visage, en attendant une information de sa part. Puis finalement, sa voix grave et profonde s'élève :

- Le sac poubelle, ce sont les vieux vêtements de Niou. Je les ai récupéré mais ne t'en fais pas, je ne lui ai en aucun cas révélé ta situation. L'autre sac en revanche, c'est un cadeau de ma part.
- Un cadeau ? M'exclamais-je en oubliant complètement la première information.

Sanada détourne le regard avec gêne et un sourire fleurit sur mes lèvres.

- O-ouais, un cadeau. Balbutie-t-il.
- Tu es bien gentil Genichirou que t'arrives-t-il ? Taquinais-je en me rapprochant à pas feutrés de son visage empourpré.
- R-Rien du tout ! Maintenant ouvre tout ça ! Se presse t-il de répondre.

Après un éclat de rire, je décide de laisser ma proie se remettre de ses émotions. Délicatement, je m'assois au sol, en face des sacs, puis, lentement, j'ouvre le premier ; celui contenant les vêtements de Niou.
À mon grand étonnement, je ne distingue aucun textile extravagant, seulement des pulls simples, des jeans droits et quelques t-shirts unicolores. Soulagé, j'évacue un long soupir sonore, et aussitôt Sanada questionne calmement :

- Tout est correct ?
- Oui, il n'y a rien d'étrange. Il faut juste que je les essaie plus tard pour vérifier leur taille. (Je referme le sac puis reprend:) Dis-moi Sanada, as-tu remercié Niou ?

Mes mains saisissent le deuxième sachet, mais face au manque de réponse de mon meilleur ami, je me fige soudain. Interloqué, je tourne la tête, avant de noter le trouble de ses iris ambrés. Immédiatement, je ressens la gravité de la situation, et ma voix reprend avec sérieux :

- … Que s'est-il passé ?

Sanada grimace légèrement ; il ne voulait pas que je m'en rende compte. Que je comprenne que quelque chose avait mal tourné.
Toutefois, rapidement, il reprend une contenance puis se livre :

- On a eu une conversation… Musclée. Il est parti avant même que je puisse lui dire merci, ou au revoir.
- Je… vois. Murmurais-je en tournant de nouveau la tête, Niou est une personne compliquée Sanada, j'irai le remercier moi-même, ne t'en fais pas.
- N-Non je-
- Sanada. Coupais-je devant la négation, J'irai. Je suis proche de lui, c'est mon ami. Il n'y aura aucun problème.

L'affirmation semble le faire douter, mais il se passe de commentaire. De ce fait, j'ouvre enfin le deuxième sac, déballant le tissus avec agilité.
Aussitôt, j'aperçois le reflet d'un métal que je ne connais que trop bien, la lueur d'un objet qui anime ma plus grande passion, celle qui dicte mon mode de vie depuis des années.

Troublé, j'extirpe la raquette, la présentant face à moi afin d'en observer les reliefs.
Elle est légère, de couleur argentée, avec un grip brun plutôt original. En la détaillant du regard, je ressens comme une euphorie s'emparer de mon coeur, un sentiment faisant augmenter mon rythme cardiaque avec énergie, alors que déjà mon esprit imagine tous les matchs que je pourrais jouer avec cette raquette.

Perdu dans mes pensées, j'oublie de manifester ma joie oralement, c'est pourquoi rapidement, j'entends la voix hésitante de Sanada questionner ;

- Euh… Elle… Elle te plaît ?

Mes yeux se figent dans les iris d'ambres. Je me plonge dans la chaleur lumineuse avec affection, tandis que ma main pose l'objet à terre délicatement.

Le contact visuel semble faire fluctuer ma joie à travers mon corps. Pour la première fois depuis des semaines, j'ai envie de sourire à pleines dents, d'éclater dans un fou rire, de laisser la joie se manifester à travers chacun de mes gestes comme si ma vie était magnifique. J'ai envie de courir sur le stade de Rikkaidai, d'échanger des balles avec ferveur contre les titulaires, d'apprécier le bonheur de vivre de mon équipe, de disputer des matchs époustouflants.

Et soudain, dans ce fouilli de sentiments, ma mémoire se remémore avec affection la chaleur des bras de Sanada autour de moi, tandis que sa voix m'intimidait " C'est ce que font les amis lorsqu'ils s'apprécient". Alors sans réfléchir, je me précipite vers lui avec impulsion, le plaquant contre le matelas de son lit dans une étreinte brouillonne, serrant mes bras contre ses épaules tandis qu'il lâche un hoquet de surprise.

Puis ma voix, beaucoup trop chantante pour que je la reconnaisse, s'élève clairement dans la chambre ;

- Merci, merci mille fois Sanada ! Tu es le meilleur ! Je l'adore ! Je l'aime vraiment !

Je t'aime vraiment.

Je veux qu'il demeure près de moi éternellement, car je le comprends dorénavant, la seule personne capable de combler le trou béant en moi, celui qui possède le pouvoir de recréer la vie que ma mère m'a prise en détruisant l'existence de ma chambre, c'est Sanada.

Et même si ce n'est qu'une raquette, elle sonne soudain comme une renaissance, telle la première pièce du puzzle de mes souvenirs perdus.

Sa paume vient tapoter maladroitement mon dos alors qu'il souffle avec gêne :

- Hm, oui, de rien, p-pas besoin d'en faire autant tu sais.

Cependant mes bras se resserrent de plus belles avec émotion, tandis que je me laisse exceptionnellement bercer par la joie qui devrait normalement habiter un adolescent de quatorze ans.

Aujourd'hui je suis heureux.


Et voilà, fin de ce douzième chapitre !

Comme je le disais dans l'introduction d'il y a quelques semaines, je souhaite donner de l'importance à des personnages secondaires. C'est pour ça qu'on voit Renji, Akaya, Hyotei, Oishi, Kikumaru, puis ici Niou. Peu à peu, j'aimerais que l'univers soit fondé de telle façon que tous les personnages soient reliés au scénario. J'espère que ça semble naturel pour vous ?
Pas d'information sur la mère de Yukimura dans ce chapitre finalement, j'ai décidé de m'occuper des voeux de Sanada dans un premier temps. Aussi, je n'ai pas beaucoup insisté sur les picotements du capitaine car pour l'instant, même si ils sont présents, ils ne sont pas non plus un barrage certain à sa vie de tous les jours. Vous imaginez bien que ça sera pas toujours le cas...

Aussi, je voulais absolument faire ressentir de la joie à Yukimura. Depuis le début de cette histoire, j'ai l'impression de rajouter du malheur couche sur couche et de le noyer dans ses peines. Il fallait que je laisse un peu d'espoir à cet enfant, il en a besoin, parce que ça risque d'être dur pour lui dans les chapitres à venir !

En tout cas, j'espère que ce chapitre vous a plu ! N'hésitez pas à me donner votre avis en commentaire ! On se retrouve la semaine prochaine pour un chapitre Perfect Pair !

Prenez soin de vous d'ici là, et à très vite !