Aujourd'hui, pour comprendre le titre, vous allez devoir chercher dans un dictionnaire d'elfique. J'avoue n'avoir aucun mérite sur ce coup-là puisque l'elfique et moi, d'habitude, ça fait un grand nombre. J'étais à court d'idées puis j'ai vu des mots sur un site dont j'ai oublié le nom et j'ai réussi à former une phrase qui m'a bien plu. Pourquoi j'ai fait ça? Ben, je me suis dit que ça serait bien d'avoir un chapitre avec un nom elfique. J'avoue que j'avais déjà ça en tête avec le chapitre sur Fondcombe mais je n'ai jamais réussi à trouver le nom elfique de la cité alors j'ai laissé tomber et je me rattrape ici.

Bonne lecture:)

Chapitre 11:Harna- ar Na- Harn

«-Vous voyez? Nous vous avons sortis de là. Dépêchons, Hobbits. Dépêchons!»

Sam n'aimait pas la manière de parler de Gollum. Néanmoins, elle devait admettre qu'elle préférait suivre un chemin qui semblait précis plutôt que de tourner en rond. Cependant, le lieu où Gollum les avait mené ne lui plu pas vraiment.

«-Un marécage? Mais on ne verra rien dans une telle purée de poids!

-Il n'y a pas à s'inquiéter madame la Hobbit. Venez maître. Nous connaissons un chemin sûr à travers la brume. Venez Hobbits. Les Orques ne l'empruntent jamais. Ils ne le connaissent pas. Attention, soyons silencieux.»

Le marécage était long à traverser. C'était un endroit où la végétation était morte et où tout était silencieux. Le fait qu'il n'y ait aucun bruit était tellement pesant que cela rendait nerveux les trois voyageurs.

«-Je déteste cet endroit, dit Sam, On n'a rien vu, ni rien entendu depuis deux jours. Même pas un oiseau.

-Non en effet, dit tristement Gollum, Pas...de petits oiseaux croustillants.

On est affamés! Affamés que nous sommes, mon Précieux!»

Gollum chercha quelque chose au hasard sur le sol. Affamé comme il était, il pouvait avaler n'importe quoi. Soudain, il vit un vers de terre. Il l'attrapa et l'avala d'un coup même s'il ne semblait pas très satisfait de ceci.

Sam, qui s'était apprêté à avaler un morceau de lembas, fut écœurée par ce spectacle et perdit tout appétit. Elle remit le pain dans le sac de provisions.

Frodon eut pitié de Gollum. Il décida de lui lancer un morceau de lembas.

«-Tenez.

-Ils mangent quoi? C'est savoureux?»

Malheureusement, l'enthousiasme de Gollum fut de courte durée. Il recracha le lembas avec dégoût et grogna.

«-Ca a failli nous étouffer! On ne peut pas avaler la nourriture Hobbit. Nous mourrons de faim!

-Alors meurs de faim et bon débarras! dit Sam agacée

-Oh, vilaine fille. Elle ne soucie pas que nous ayons faim. Elle ne se soucie pas que nous puissions mourir. Ce n'est pas comme le Maître. Le Maître s'en soucie. Le Maître sait. Oui. Mon Précieux.»

Au fur et à mesure qu'il avait parlé, Gollum s'était rapproché de Frodon. Ce dernier, méfiant, avait mit sa main là où sa chemise cachait l'Anneau. Il fit bien car Gollum semblait commencer à tendre sa main vers lui.

«-Une fois qu'il s'est emparé de nous, il ne nous...lâche plus.

-Ne me touchez pas!»

Frodon repoussa la main de Gollum avec, il l'espérait, fermeté. Néanmoins, Sam vit qu'il avait peur. Ca avait été également son cas. Il aurait pu faire n'importe quoi. Néanmoins, il semblait plus docile que lors de leur «rencontre» car il s'en alla un peu plus loin dès que Frodon lui ordonna de ne pas l'approcher. Sam prit son amant entre ses bras et l'attira contre elle. Celui-ci se laissa aller à cette légère étreinte qui l'aida à se débarrasser de la frayeur qu'il venait d'avoir.

Ils avaient reprit leur chemin. La brume était de plus en plus épaisse; ce qui faisait qu'il était de moins en moins évident de se repérer. Néanmoins, grâce à Gollum, Frodon et Sam ne perdaient pas leur chemin. Cependant, celui-ci était bien loin d'être agréable ou beau. L'eau du marécage en plus d'être nauséabonde terrifiait les Hobbits.

«-Mais ce sont des visages! S'exclama Sam, Des visages de gens morts dans l'eau!»

C'était vrai. Le marécage semblait contenir une forme de luminescence qui leur permettait de briller, non pas sans garder une pâleur cadavérique, mais de rester visibles aux yeux de ceux qui, s'ils connaissaient ce chemin comme Gollum le prendraient. Il était difficile de savoir s'il fallait être impressionné ou avoir peur.

«-Tous morts, dit Gollum, Décomposés. Des Elfes, des Hommes et des Orques. Une grande bataille au temps jadis. Les Marais des Morts. On les nomme ainsi. Par ici. Ne suivez pas les lumières.»

Alors qu'elle marchait, Sam glissa. Frodon la rattrapa tandis que Gollum se tourna vers les amants;

«-Attention, madame la Hobbit; ou vous descendrez rejoindre les morts et allumerez de petites bougies.»

Frodon ne savait pas pourquoi mais il ne put s'empêcher de regarder les visages des morts dans l'eau. Des morts en décomposition condamnés à être prisonniers de marais pour l'éternité sans avoir de tombe où aucun de ceux qu'ils aimaient ne se recueillerait près d'eux. C'était tellement triste. Cruel.

Alors que Sam avançait, elle réalisa qu'elle n'entendait rien d'elle. Aucun bruit, même pas de pas. Elle ne voulait pas se poser la question. Néanmoins, elle fut bien obligée. Elle se retourna. Et elle le vit. Son amant était en train de regarder les marécages. Celui qui contenait cette forme luminescence mystérieuse alors que Gollum avait dit une chose bien précieuse.

«-Frodon! cria-t-elle»

Alors qu'il regardait l'un des cadavres de plus près, celui-ci ouvrit les yeux. Des yeux blancs sans cils, iris, inexpressifs qui semblaient regarder dans le vide. Pourtant les yeux qui venaient de s'ouvrir étaient fixés sur Frodon comme si le cadavre était vivant et le regardait. Peut-être était-ce la vie de Frodon qui lui avait redonné un peu de la sienne car cette vie car il sembla tellement vouloir de cette vie que Frodon se sentit attiré par les Marais sans pouvoir réagir.

Sachant ce qui pouvait lui arriver, Sam courut sans se soucier qu'elle put être attirée aussi ou pas.

Il ne savait pas s'ils étaient pires que les Nazgûl mais ce qu'il savait, c'était qu'il était terrifié. Frodon se trouvait face à des formes verdâtres dont les cheveux ressemblaient à des toiles d'araignées, qui n'avaient pas de lèvres, pas d'yeux, pas de sourcils, à peine quelques fragments de chair sur des mains desséchées recouverts de plaies et des plantes aquatiques gluantes en guise de vêtements. Même plantes qui se trouvaient d'ailleurs au fond des marécages. Les formes encerclèrent Frodon et s'emparèrent de lui. Il voulu se défendre mais dans l'eau, il parvenait à peine à bouger.

Soudain il crut sentir quelque chose s'emparer de son dos.

Il toussa. Quelqu'un l'avait sorti de l'eau. Petit à petit, il se remit les idées en place. Il venait d'échapper à une bande de morts-vivants s'il fallait les appeler ainsi. Il était en état de choc. Heureusement, il parvint rapidement à se remettre de ses émotions. Néanmoins, un autre choc allait céder sa place au précédent.

«-Gollum?

-Ne suivez pas les lumières.

-Frodon, dit Sam mi-apeurée, mi-soulagée, Est-ce que ça va?»

Frodon était trop surprit pour répondre. Gollum, lui, le sauver? Pourquoi avait-t-il fait ça? Il aurait très bien pu le laisser mourir et tuer Sam pour récupérer l'Anneau. Mais il ne l'avait pas fait. Il ne comprenait pas pourquoi. Et si...Peut-être que Gollum n'était pas aussi mauvais qu'on le disait?

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Alors que la nuit était tombée, Gollum était parti. Avant que Sam n'ait eu le temps de poser la moindre question, Gollum s'était moqué en disant «Si ça intéresse madame la Hobbit, nous allons chercher quelque chose de bon à manger si nous ne mourrons pas avant bien sût.» Ce qu'elle n'avait pas apprécié. Néanmoins, elle ne doutait plus autant de lui depuis ce qui s'était passé dans les Marais des Morts. Alors, elle avait décidé d'accepter ce qu'elle qualifiait d'excuse.

Le couple s'était couché. Sam n'était pas encore endormie. Seul Frodon était tombé dans les bras de Morphée. Cependant, son sommeil était loin d'être paisible. Il s'agitait et même parlait.

«-Il n'y a pas d'autre moyen. Non. Vous ne comprenez pas? L'Anneau ne sera jamais capable de faire le bien. Vous vous égarez. Non! Non!»

Sam passa de l'inquiétude, à la surprise pour finir par la résolution. Elle agita doucement l'épaule de Frodon en murmurant des paroles douces.

«-Frodon. Réveille-toi, Frodon. Réveille-toi.»

Frodon finit enfin par se réveiller. Sam mit ses bras autour de lui. Il attrapa une de ses mains et la serra. La femme hobbit déposa un baiser sur sa nuque et Frodon se calma un peu.

«-Je comprends maintenant pourquoi tu voulais partir seul, dit Sam

-...

Alors, tu as entendu?

-Frodon, je te l'ai déjà dit, ce n'était pas de ta faute. C'est l'Anneau qui a corrompu Boromir pas toi. Je comprends que tu ais voulu nous protéger mais qui t'aurait protégé, toi?

-Sam.

-Tu l'as dit toi-même, l'Anneau devient plus lourd; alors, il faut aussi te protéger de lui.»

Frodon se tourna vers Sam tandis que cette dernière le serra contre elle. Il enfonça son nez dans ses cheveux afin de s'imprégner de leur odeur. Sam sourit. Malgré le fait qu'ils se trouvaient dans une situation désespérée, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être heureuse. Savoir que ses sentiments pour Frodon étaient réciproques, qu'elle et lui purent dormir enlacés, qu'elle pût le serrer contre elle, l'embrasser, toucher son corps sans qu'il n'y vît d'inconvénient, qu'il caressât chaque parcelle de sa personne, la couvrît de baiser l'emplissait de bonheur. Si seulement ils vivaient cet amour en menant une vie tranquille chez eux avec elle forgeant ce qui lui plaisait à la Forgerie Bonenfant et lui assis en train de lire un livre au Bois de Serretronc voire en écrire. Après tout, Frodon était doué pour ça. Quand ils étaient enfants, lui et Sam avaient lu une histoire à Mag1 pour l'endormir. Sam avait trouvé qu'il était un si bon conteur qu'elle lui avait conseillé d'écrire sa propre histoire. Il l'avait lu à Mag le mois suivant. Elle l'avait adoré. Oui, c'était une chose qui pourrait se faire. Dès qu'ils seraient débarrassés de cette maudite quête, ils pourraient mener la vie qu'ils désiraient tant.

Sam, savourant ce moment précieux avec Frodon, se mit à sucer son cou. Cela le fit rire.

Mais alors qu'il riait, il remarqua quelque chose d'étrange voire d'alarmant. Derrière son oreille droite, Sam avait une cicatrice rouge; signe que qu'une blessure lui avait été infligé par quelque chose ou quelqu'un. Il ne pouvait pas rester de marbre face à ça.

«-Sam, il y a une marque derrière ton oreille. Qu'est-ce qui t'es arrivé?»

En entendant ces mots, Sam mit une main derrière son oreille apeurée. Au bout de plusieurs instants, elle tourna la tête.

«-Sam? demanda Frodon inquiet

-Je...C'est...Boromir.

-Quoi?

-Il...Il...Je vais t'expliquer.»

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A Lothlòrien

«-Vous semblez bien triste Samelia.

-Boromir.

-J'ai écouté vos vers. Je trouve que vous vous sous-estimez. Ils étaient très beaux.

-...

-La mort de Gamlad nous a tous bouleversé.

-Je l'ai connue depuis mon enfance. Elle me faisait toujours sourire avec ses feux d'artifice et elle nous donnait de bons conseils. Elle pouvait nous faire un peu peur quand on la contrariait mais c'était quelqu'un de si tendre.

Oh! Je n'arrive toujours pas à y croire, Boromir.

-Je sais Samelia. Je sais que vous êtes bouleversée. Et moi, ce sont vos larmes qui me bouleverse.

-Boromir.

-Je ne supporte pas de vous voir triste. Je voudrais vous voir enjouée et heureuse. Comme lors de notre première rencontre à Fondcombe.

-Boromir.

-J'aimerais pouvoir être là pour vous. Vous consoler quand vous êtes malheureuse. Voir vos sourires, vos magnifiques mains mijotant une cuisine savoureuse. M'émouvoir en entendant vos sublimes vers, m'émouvoir devant votre extase face aux lames les plus belles et les plus menaçantes que vous voyez. Si c'était possible, je vous regarderais même en forger et vous battre avec telle une fougueuse combattante.

-Boromir!

-Quand j'ai vu le troll des cavernes vous attaquer dans la Moria, mon sang n'a fait qu'un tour. Je voulais vous protéger. Même ça devait me coûter ma vie.

Je ne peux plus me passer de votre présence. Je vous aime Samelia.

-Boromir...

Boromir arrêtez!»

Tout à coup, Boromir arrêta de parler. Il mit ses mains sur les épaules de Sam, la saisit et l'embrassa fougueusement sur les lèvres. Sam, à la fois surprise et dépassée par la force de l'homme, n'arriva pas à réagir. Boromir semblait comme possédé par une puissance le poussant à commettre un acte de mauvaise folie. Sam commença à avoir peur.

«-Lâchez-moi!

Lâchez-moi!»

Mais Boromir fit la sourde oreille. Il était toujours perdu dans la folie malgré le fait que Sam ait tenté de lui parler, ou plutôt de crier, entre deux baisers. Elle n'avait pas le choix. Elle tenta d'atteindre son épée. Elle eût du mal car sa main droite n'était proche de son fourreau. Elle n'eut pas d'autre choix que d'utiliser sa main gauche plus proche de ce dernier. Après plusieurs difficultés, elle parvint à lui infliger une cicatrice sur l'épaule. Ressentant la douleur, Boromir relâcha sa main gauche. Sam commença à glisser de la main droite de l'homme du Gondor. Il voulut la rattraper mais ne parvint qu'à lui arracher involontairement trois mèches de cheveux alors qu'elle tombait sur le sol.

«-Samelia, je...je suis désolé.

-Ne m'approchez pas!

-C'est à cause de Frodon, n'est-ce pas?

Samelia, il ne fait même pas attention à vous. Il ne vous mérite pas.

-Vous avez perdu la tête!»

Boromir regretta amèrement ses paroles tout comme ses actes. Il pouvait lire la haine de Samelia dans ses yeux. Ce moment qu'il avait préparé. Tout s'était mal passé. Et pire, la hobbit ne voudrait plus lui parler et le haïssait.

«-Ecoutez-moi bien, Boromir. Si vous osez encore vous approcher de moi, je ne me contenterai pas de vous infliger qu'une égratignure. Vous comprenez ce que je vous dis?»

Boromir se contenta de hocher la tête. Sam, comprenant qu'il avait saisi le message, s'en alla.

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Frodon n'arriva pas à croire ce qu'il entendait. Il tourna la tête à son tour. Une profonde colère se dessina sur son visage. Boromir. Non seulement, il avait tenté de lui prendre l'Anneau mais en plus, il avait essayé de toucher celle qu'il aimait plus que tout au monde. Il comprit pourquoi Sam avait dit qu'il était cinglé. Le fait qu'il fût amoureux d'elle ne justifiait en rien son baiser volé. Réalisant le choc et la peur que Sam devait avoir chaque fois qu'elle se trouvait près de Boromir, Frodon l'enlaça contre lui tout en l'enveloppant sous sa cape.

«-Je suis sûr qu'il a comprit la leçon que tu lui as donné, dit-t-il d'une voix douce, S'il ne t'a supplié de le comprendre, tu n'avais plus rien à craindre de lui après ça.

-Envers moi peut-être, pensa Sam sans parler»

Sans dire un mot, Sam s'empara des lèvres de Frodon et l'embrassa tendrement. Tous deux se sentaient si bien dans un monde de douceur et de chaleur où ils n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Chacun commença à caresser le corps de l'autre. C'était si bon.

Soudain, Frodon le sentit. La puissance du Seigneur Noir ancrée dans cet Unique. Elle s'était encore accrue. Et cela devenait de moins en moins supportable. Il ne savait pas si c'était une impression mais il crut voir L'Oeil le regarder. Il se détacha de l'étreinte de Sam sans le vouloir, ce qui surprit celle-ci.

«-Frodon, qu'est-ce qu'il y a?

-...

Ce n'est rien, dit Frodon qui réalisa ce qui s'était passé, Désolé. Je crois que je suis fatigué, je vais retourner dormir.

-Tu...Tu as raison. Je vais me coucher moi aussi.»

Alors qu'ils s'apprêtaient à se rendormir, Sam fut effrayée. Elle n'avait rien dit mais elle avait comprit ce qui s'était passé. L'Anneau. Sa puissance devenait de plus en plus forte. Si elle et Frodon n'atteignaient pas le Mordor au plus vite...Il ne fallait pas qu'elle envisageât cette éventualité.

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Frodon ne dormait pas. Il ne savait pas pourquoi mais cela avait été totalement malgré lui. Il avait éprouvé le besoin de prendre l'Anneau dans sa main, de le regarder longuement allant même jusqu'à l'effleurer de ses doigts en y prenant plaisir. A cet instant précis, ce fardeau ne lui semblait plus si lourd; même plus aussi terrible à supporter. Si c'était le cas, peut-être que Sauron n'était pas aussi puissant qu'on le disait.

«-Si brillant, si beau. Notre Précieux.»

C'était la voix de Gollum. Si lui ou n'importe qui le voyait en train de porter trop d'attention à l'Anneau, il se poserait des questions. Il se hâta de le remettre dans ses vêtements et se tourna vers Gollum. Il était de dos et semblait regardait ses mains.

«-Qu'avez-vous dit? demanda Frodon

-Le Maître doit se reposer. Le Maître doit préserver ses forces.»

Décidément, Frodon ne comprenait pas l'attitude de Gollum. D'abord, il avait essayé de le tuer lui et Sam. Et le lendemain dans la même journée, il le sauvait et se montrait attentionné envers lui. Voulant éclaircir ce qui se passait, Frodon se leva et alla vers Gollum. Ou alors, était-ce bien lui? Sa voix semblait légèrement différente de celle qu'il avait entendu le soir où il avait tenté d'assassiner les deux hobbits. Peut-être que...Pourquoi pas?

«-Qui êtes-vous? Demanda Frodon

-Ne demandez pas, aucune importance. Gollum! Gollum!»

Frodon avait vraiment envie de comprendre cette attitude. Et si le comportement de Gollum était dû au fait que Frodon lui avait montré ce qui ressemblait à un semblant de confiance? Après tout, il n'était fou que depuis que l'Anneau était venu à lui. Peut-être que s'il montrait un peu d'ouverture d'esprit, Gollum pourrait retrouver un peu de lucidité du passé. Un peu de sa personnalité. Si c'était déjà le cas? Il n'avait rien à perdre. Frodon se pencha vers Gollum.

«-Gamlad m'a dit que vous faisiez partie des gens de la rivière.

-Le cœur et les os sont froids comme le voyageur loin de chez soi.

-Elle a dit que votre vie était triste.

-Ils ne voient pas au loin quand lune et soleil sont éteints.

-Vous n'étiez pas si différent d'un Hobbit autrefois. N'est-ce pas?

Smeagol?

-Comment m'avez-vous appelé?

-C'était votre nom, autrefois, n'est-ce pas? Il y a très longtemps.

-Mon nom...Mon nom...Smeagol...»

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Un semi-homme et une semi-femme proches des Hobbits pêchaient dans une rivière. Tous deux se trouvaient dans une barque. C'était un beau jour d'été ensoleillé. Le beau temps leur permit de patienter car cela ne mordait pas vraiment. Jusqu'à ce que...

«-Smeagol! J'en ai un! J'ai un poisson!

-Vas-y! Remonte-le!»

Mais alors qu'elle tentait de remonter sa prise, la proie se révéla coriace. La semi-femme tenta tant bien que mal de ne pas la laisser s'échapper. Malheureusement, le poisson fut le plus chanceux. Il fut même le plus combatif car non seulement il emporta la canne à pêche mais également la propriétaire de cette dernière dans les flots. Smeagol n'arriva pas à croire. Quand il constata ce qui s'était passé, il ne parvint qu'à dire

«-Diagol?»

Diagol devait se rendre à l'évidence, elle avait perdu son poisson. Mais bon, il valait mieux ça que perdre pire. Il valait mieux qu'elle remontât à la surface avant que les choses ne s'aggravèrent. Mais alors qu'elle s'apprêtait à le faire, elle aperçut une chose très brillante enfouie sous la terre de la rivière. Elle la ramassa avant de sortir de l'eau en toussant.

«-Diagol! Diagol!»

La semi-femme avait fait à peine attention aux appels inquiets du semi-homme fascinée par la chose ronde et brillante qu'elle venait de trouver. Smeagol l'aperçut à son tour. Il ne sut pas pourquoi mais il eu très envie d'avoir cette chose entre ses mains. Non, pas de la voir, de la garder pour lui, la posséder.

«-Donne-le moi Diagol, dit-t-il d'une voix basse mais persuasive

-Pourquoi? demanda Diagol provocatrice en refermant sa main

-Parce que c'est mon anniversaire et je le veux.»

Malgré les mots de Smeagol, Diagol gardait son regard rivé sur la chose qu'elle tenait dans sa main. Ne supportant pas son manque d'attention sur lui, Smeagol tenta d'arracher la chose des mains de Diagol. Voyant cela, celle-ci ferma son poignet. Cependant, cela n'arrêta pas Smeagol. Il tenta encore et encore d'arracher la chose de la main de Diagol. Celle-ci mit sa main dans son dos afin que Smeagol ne put pas la prendre. Mais Smeagol se montra très insistant. Diagol tenta de l'éloigner d'elle en poussant son visage avec sa main libre. Ce fut une mauvaise idée car Smeagol en profita pour la mordre. Néanmoins, le geste de Diagol fut suffisant pour pousser Smeagol par terre et commencer à courir. Cependant, Smeagol ne resta pas longtemps sur le sol. Il se jeta sur Diagol. Dans sa chute, elle perdit la chose. Tous deux commencèrent à se frapper mutuellement tout en tentant de récupérer la chose. Ce fut Diagol qui y parvint. Ne supportant pas cela, Smeagol l'étrangla. Diagol suffoqua. Elle tenta de pousser Smeagol avec sa main mais affaiblie, et surtout à l'agonie, elle n'arriva plus à faire le moindre mouvement. Elle cessa de respirer et demeura immobile condamnée à l'être pour l'éternité.

Il y était parvenu. Il allait enfin pouvoir récupérer la chose. Il ouvrit doucement la paume de la dépouille de la semi-femme et prit la chose qu'elle avait dans son poignet. Cette chose si importante pour laquelle il s'était battu.

«-Mon Précieux! dit-t-il en regardant cette chose brillante avec délectation»

Ils nous ont maudits. «Assassin!» nous ont-t-ils appelés; et ils nous ont chassés. Nous avons pleuré, mon Précieux. Nous avons pleuré d'être si seul. Nous avons oublié le goût du pain. Le son des arbres. La douceur du vent. Nous avons même oublié notre propre nom.

«-Mon Précieux.»

.

«-Smeagol...»

Tout à coup, un cri se fit entendre. Cri qui alerta Gollum et Frodon et réveilla Sam. Ce n'était pas n'importe quel cri.

«-Les Cavaliers Noirs! s'exclama Sam qui avait reconnu leur son

-Cachez-vous! Hurla Gollum»

Frodon la sentit. Cela faisait atrocement mal. La blessure infligée par le Poignard Maudit du Chef des Nazgûl ne guérirait jamais complètement. Il le savait. Et à chaque fois qu'il approchait, il la sentait et c'était horrible. Si horrible qu'il n'arriva pas à bouger.

«-Allez Frodon, dit Sam en prenant sa main

-Vite, ils vont nous voir, dit Gollum

-Comment est-ce possible? Arwen les a tué, dit Sam

-Non, on ne peut pas les tuer, dit Gollum

Oh! Des spectres! Des spectres sur des Créatures Ailées!

Ils l'appellent. Ils appellent le Précieux.»

Alors qu'ils étaient cachés, Frodon commença à suffoquer et, sans vraiment le réaliser, rapprocha sa main de l'Anneau. Sam, le voyant, prit sa main et la serra dans la sienne.

«-Frodon! Ca va aller. Je suis là.»

Alors que Sam lui tenait la main, Frodon sembla un peu oublier la douleur de sa blessure ainsi que l'attirance de l'Anneau. Néanmoins, son regard n'était pas fixe et sa bouche était gonflée. Le Nazgûl sur sa Créature Ailée survolait le lieu où se trouvait le trio. Ces derniers étaient cachés sous un arbre et faisaient tout pour demeurer silencieux. Mais cela était si difficile tant l'Anneau voulait être trouvé. Sam resserra davantage son emprise sur la main de Frodon. Celui-ci arriva à reprendre un rythme respiratoire à peu près normal tandis que sa bouche reprit une taille à peu près normale.

Finalement, le Nazgûl s'en alla lorsque l'aube pointa à l'horizon. Frodon était redevenu stable, ce qui soulagea Sam. Les deux jeunes gens s'apprêtèrent à s'asseoir voulant se remettre de la frayeur qu'ils avaient eu. Malheureusement, ils n'en auraient pas le temps.

«-Vite Hobbits! dit Gollum, La Porte Noire est toute proche.»

1Je sais que Sam est censé être plus jeune que Frodon mais je donne à celle de ma fanfic le même âge que Frodon.

Et oui, je sais. Encore un personnage masculin féminisé. Vous vous demandez sûrement «Encore? Mais tu vas féminiser tous les persos de LSdA ou quoi?». Alors non. Vous l'avez bien vu, une grosse partie des persos comme Aragorn, Gimli, Boromir, Pippin, Gollum, Elrond, Saroumane ou encore Frodon sont restés des mecs. Pour Deagol, j'avoue, c'était pas prévu. C'est une idée qui m'est venue comme ça quand j'ai commencé à inclure le passé de Gollum dans ce chapitre. En effet, en cours d'écriture, je me suis aperçue d'un truc. Dans l'œuvre originale, ce qui était intéressant, c'était le parallèle entre les duos Frodon-Sam et Smeagol-Deagol. Deux personnes très proches mais, victimes de l'Anneau, leur lien va être mis en péril. Pour Frodon et Sam, au fur et à mesure que Frodon est possédé par l'Anneau et pour Smeagol et Deagol, ça s'est mal terminé avant même qu'il soit Gollum. Hors, comme dans cette fic, Sam est devenue une fille, le parallèle n'existerait plus si Deagol restait un garçon (en tout cas, c'est mon point de vue.) Il devait donc devenir une fille tout comme Sam pour que le parallèle reste maintenu. Ainsi Deagol devint Diagol. Au fait, si j'ai mis le passé de Gollum ici et pas dans la partie Le Retour du Roi, déjà, sachez qu'à la base, c'était prévu que le passé de Gollum apparaisse dans Les Deux Tours au moment où Frodon l'évoque (la caméra devait entrer dans l'œil de Gollum et on devait le voir sous forme de flashback) mais ils ont changé d'avis et l'ont mis dans Le Retour du Roi. Et je trouve ça idiot parce que je trouvais que le moment était mieux choisi pour ça alors je l'ai placé ici parce que, vous l'avez comprit, je le trouve plus à sa place.

Voilà, je crois que j'ai fini pour aujourd'hui

A la prochaine:)