Bonsoir à tous, ou bonjour si vous ne voyez ça que demain.
Je suis comblée, vraiment, c'est la première fois que j'ai autant de reviewers sur un chapitre. Je me dis que j'ai finalement peut-être bien fait de ... donner mon opinion un peu violemment on va dire, au chapitre précédent. Mais j'ai un peu honte quand même, c'est pas beau le chantage ^^ Et vraiment merci beaucoup à ceux qui ont pris la peine de mettre une review !
MilaDK, (toujours si rapide pour commenter, quel est son secret, facile, elle ne lit pas. xD) , Aliete ( que j'adore, si si, je l'adore pour écrire une super fic et des super review) Ayanah ( que je remercie également beaucoup ), Mebahiah ( qui est toujours au rendez-vous ).
Lyzye : Merci, milles fois merci ! Je ne sais pas si tu verras ma réponse, j'espère. Je suis ravie que tu es pue visualiser la scène lors de la soirée, j'avoue que j'avais peur pour l'ambiance que ça ne retranscrive pas ce que j'espérais. Pour Lynn, je ne peux trop en dévoiler, mais oui, elle est rusée. Tu apprendras d'ailleurs à la connaître encore un peu plus dans ce chapitre, très peu, mais un peu plus. J'espère que ce chapitre te plaira, et que tu verras ma réponse ( c'est embêtant que tu n'es pas de compte, j'aurais pu t'y répondre directement)
xx-fan-de-bleach : Déjà merci. Ensuite, c'est vrai que les mangemorts ne sont pas très développés dans l'histoire, on ne sait pas ce qui les a mené à faire ça, ni rien sur eux. Je trouve ça intéressant de m'y approcher. Ensuite, pour Evan, je ne pouvais pas le faire apparaitre vraiment dès le début car il fallait un élément déclencheur pour que Tania s'en approche. Et aussi, cette fiction est basée sur Tania, on y connaîtra, certes sa vie sentimentale, mais pas que. Je ne voulais pas me baser trop vite sur une idylle. Tu vois ce que je veux dire ? Enfin, je te remercie de tes encouragements, j'espère que jamais je n'abandonnerais cette fic, car rien que par respect pour les personnes qui l'a lise et prennent la peine de donner les avis, c'est injuste. Donc voilà, tu vois, la suite n'a pas trop tardé. J'espère qu'elle te plaira
Voilà, il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre, c'est d'ailleurs un de ceux que j'aime le moins. Disons que c'est une transition. J'espère tout de même qu'il vous plaira !
Bonne lecture, Rukie-chan
MAJ 04/10/2014
Chapitre XI
Un dur lendemain de soirée
Dans cette période en guerre, les gens se rassuraient en cataloguant les individus.
Celui-ci était mauvais alors que cet autre faisait le bien.
Je suis désolée de briser cette illusion.
Personne ne naît foncièrement mauvais.
Et même alors, il reste toujours une part de bonté, au fond de nous.
Tout comme il y a toujours une part d'ombre chez quelqu'un de formidable.
J'aimerais crier au monde entier que nous sommes tous capables du meilleur, comme du pire.
Tous.
Gueule de bois : sensation inconfortable apparaissant après une consommation excessive de boissons alcoolisées. Elle survint durant les six et huit heures suivant la consommation.
Sensation inconfortable ? Je cochais. Consommation excessive ? Je supposais que ça dépendait du point de vue. Après six ou huit heures ? Bonne question ! Quelle heure était-il, déjà ?
Mollement, je tendis un bras – qui semblait peser une tonne à lui seul – vers l'endroit où avait coutume de se trouver mon réveil. Pour ne rien trouver. De l'air, nada, que dalle. Difficilement, je tentais de soulever une paupière pour la refermer aussitôt, agressée par l'éclatante lumière du jour.
J'allais devoir mettre mon cerveau en route. Il devait bien être midi passé, vu la clarté du dortoir que j'avais entrevu. Heureusement pour nous, nous avions choisi un jour où nous n'avions pas de cours. Sinon nos professeurs nous auraient massacrés et nous aurions écopé d'une retenue pour notre état lamentable. Je parlais en connaissance de cause, c'était déjà arrivé à Posy et Lynn.
Je gémissais en me roulant sur moi-même. De toute évidence, je n'étais pas allongée sur mon lit. La rudesse du sol étant digne d'un parterre datant du moyen-âge, je n'avais aucun doute la-dessus. Mes courbatures pouvaient en témoigner, si besoin était. Subitement, j'eus un haut le cœur, m'obligeant à ouvrir précipitamment les yeux – oubliant de ce fait la douleur qu'occasionnait la lumière du jour- et je me levais vivement pour courir – en évitant les restes de notre soirée – vers la salle de bain.
Après la fête … La défaite.
Finissant de rincer abondamment ma bouche puis mon visage, je m'observais dans le miroir qui me faisait face, de l'eau dégoulinant encore de mes lèvres. Mes cheveux si impeccables d'habitude étaient anormalement ébouriffés, un peu dans le style Frankenstein. Bon, j'exagérais peut-être un peu. Mes yeux étaient ternes et se fermaient tous seuls. Je n'avais jamais autant ressembler à un zombie que ces dernières semaines.
Si ma mère me voyait, elle ferait sûrement une crise cardiaque. A cette pensée, j'eus la malsaine envie qu'elle me voit. Pas pour la faire mourir, bien sûr ! Juste pour lui prouver que j'existais sans elle et que je n'avais pas besoin de son aide pour vivre et faire des erreurs. Et pour qu'elle culpabilise un peu, aussi. Après réflexion, je n'étais vraiment pas nette, ce matin, pour penser de telles conneries !
Je passais avec difficulté une main dans mes cheveux et soupirais.
- Quant on ne tient pas l'alcool, on ne boit pas ! Ne put s'empêcher de se moquer mon reflet.
- Foutu miroir magique ! Grognais-je, mauvaise.
- Reste polie, veux-tu ! Réprimanda mon double. Je n'y peux rien si tu es dans cet état lamentable, jeune fille.
- Je sais, soupirais-je tout en me dirigeant vers la douche. Excuse-moi !
Je n'avais pas envie qu'elle m'en veille pour un truc si bête. C'était stupide, je sais bien, ce n'était que mon reflet. Mais justement. C'était mon reflet, une partie de moi. Une partie sombre et cynique de moi, pour être exact. Celle qui ne s'exprimait pas souvent, voir jamais. Quoique de plus en plus régulièrement ces derniers temps.
L'eau roula sur mon corps tandis que je tentais de mettre mes idées au clair. Un puissant mal de tête se fit aussitôt sentir. Et bien quoi ? On ne pouvait plus utiliser son cerveau après avoir bu ? Fichtre alors, je comprenais mieux le nombre de crétin sur cette terre.
Concentration.
Reprenons doucement depuis la début de la soirée, cela valait mieux. Les filles étaient revenues avec de l'alcool, beaucoup d'alcool. Puis, Lynn avait proposé un jeu. Un jeu à boire ou à vérité. Après … Après Posy avait commencé à répondre … A moins que ça ne soit Pheobe ? Je ne savais plus vraiment. Ça avait été mon tour, je crois. J'avais bu parce que je n'avais pas voulu répondre. Quelle était la question, déjà ? Pas moyen de m'en souvenir avec ce mal de crâne. Le jeu avait sûrement continué, mais à partir de là, tout était encore plus flou dans mon esprit.
Je sortis de la douche, plus énervée encore que lorsque j'y étais entrée. Brutalement, je me pris la tête entre les mains, dans une tentative vaine d'apaiser la fulgurante douleur qui venait d'apparaître. Merlin ! Je vous en supplie, faîtes disparaître cette migraine !
« Ils ont tué ta meilleure amie. Pire ! D'après ce que m'ont dit mes parents, ils l'auraient torturée jusqu'à ce que mort s'en suive. Mutilée, même … Les Aurors ont avoué qu'ils n'avaient jamais vu un spectacle si dégoûtant et sanglant. »
J'ouvris les yeux sous la surprise. Où avais-je entendu un truc pareil ? Pourquoi avais-je l'impression de reconnaître la voix de Lynn ? Qu'avais-je pu dire, hier soir ? Qu'avais-je pu faire ?!
« C'étaient des monstres, sans âme ni conscience. Ils ne méritaient pas de vivre. Les laisser ainsi pour qu'ils recommencent leurs méfaits sur d'autres innocents était inacceptable ! C'était mon devoir de venger mon amie. Je devais le faire … »
Morgane ! Je n'avais pas vraiment pensé de telles horreurs ?! Ce n'était pas vraiment moi, n'est-ce-pas ? N'est-ce-pas ?! Soudain, tout me revint en mémoire et je sentis une sorte de dégoût envers moi-même. Je n'étais pas une meurtrière ! Je ne voulais pas devenir une meurtrière, ce n'était vrai, ce n'était pas moi ! Ce n'était pas moi, tout ça …
Je les détestais. Pire, je les haïssais. De tout mon cœur. Je voulais qu'ils souffrent, qu'ils souffrent autant qu'ils avaient pu faire souffrir Cérès ! Pourtant je ne pouvais m'empêcher de me trouver horrible pour penser de telles choses. Même si je n'aurais jamais la force … Même si … Même si je ne désirais qu'une chose, me venger ! La venger. Parce qu'ils étaient … Merlin, ils étaient des monstres ! Je savais que c'était la vérité. Aucun être humain ne pouvait être si cruel. Alors … Ce n'était pas si mal, finalement, de tuer des personnes comme elles … N'est-ce-pas ?
Je m'effondrais brusquement sur le sol de la salle de bain. J'avais si mal. Réfléchir me paraissait insupportable. Je saisis ma baguette et la plaçais sur ma tempe, en murmurant la formule antidouleur de mon cru. La douleur amoindrit, je retrouvais un semblant de calme.
Mais j'étais complètement perdue. Que devais-je faire ? Ou était le mal et où était le bien ? Je n'avais jamais été aussi courageuse que Rosalie ni même aussi réfléchie qu'Alexandre. Je n'étais que simple petit rat-de-bibliothèque. Je n'avais pas l'étoffe d'une Auror, encore moins celle d'une justicière. Et puis, quelle drôle de justicière je ferais, si je m'alliais à un serpentard pour améliorer mes compétences. Cela ne reviendrait-il pas à faire alliance avec les meurtriers de Cérès ?
D'un autre côté, rien ne me prouvait qu'Evan Rosier était quelqu'un de mauvais. Faire partie de la maison de Salazar Serpentard ne faisait pas de lui un meurtrier. Moi qui me vantait de ne pas me fier aux préjugés, je me devais de ne pas me baser la dessus. J'aurais l'impression sinon d'être tombée bien bas.
Sans compter que c'était le cousin de Lynn ! Il ne devait donc pas être méchant. Même si elle m'avait parue quelque peu étrange, d'après mes souvenirs flous de la veille, c'était mon amie et elle ne me conseillerais pas quelqu'un pouvant me faire du mal. Je voulais lui faire confiance à ce sujet.
Mes yeux me piquèrent et je les fermais de toutes mes forces. Je ne pleurerais pas. Je m'étais promis de ne plus jamais le faire. Même si, à cet instant, je me sentais complètement perdue et désemparée. Ces derniers jours avaient été un rude combat, où j'avais dû paraître plus forte moralement que je ne l'étais en réalité, mais je n'avais pas rompu ma promesse. Et je n'allais pas faillir maintenant. Plus jamais. Pour devenir plus forte !
Je me relevais et regardais à nouveau mon reflet. Celui-ci me renvoyait un regard déterminé et un air fier que je n'avais jamais eu. Cette fille, dans le miroir, ne me ressemblait pas. Ce n'était pas moi …
- Qui es-tu ? Murmurais-je en la fixant. Je ne te reconnais pas. Je ne te reconnais plus …
Je venais de finir de m'habiller quand on frappa mollement à la porte, m'arrachant un petit gémissement de douleur. Mon sort avait sûrement perdu de sa puissance à cause de mon manque de concentration.
- C'est qui ? Demandais-je en me dirigeant vers la porte pour ouvrir.
- Pheobe, répondit ma camarade dans un bâillement.
Je lui ouvris et elle se dirigea d'un pas traînant vers l'un des robinets de la salle de bain. Je constatais avec un certain ravissement qu'elle était dans un état encore plus lamentable que le mien. Ses beaux cheveux habituellement ondulés avaient fait place à de petites boucles indisciplinées, la faisant ressembler à un adorable petit mouton marron. Ou un caniche. Au choix.
Je fronçais les sourcils. Seigneur, Bouddha, Merlin ! Pourquoi faisais-je des comparaisons aussi pourries de si bon matin ?
- Quesgdihier ? Demanda t-elle, la brosse à dent dans la bouche.
D'un autre côté, où pourrait-elle mettre sa brosse à dent, si ce n'est dans sa bouche ? … Je préférais ne pas y penser davantage. Il fallait vraiment que j'élimine le reste d'alcool pour retrouver mes esprits car je commençais à devenir comme Stephan, à dire des idioties toute seule. Et ce n'était pas pour me plaire …
- Et en anglais, ça veux dire quoi ? L'interrogeais-je avec patience.
- Qu'est-ce que j'ai dis, hier ? Me souviens d'rien … grogna t-elle.
- Oh, ça ! Attends …
Replongeant dans mes vagues souvenirs, je cherchais en me concentrant ce qu'elle avait pu dire la veille. Un truc avec ses parents, si ma mémoire était bonne. Et il y avait aussi une histoire avec Alexandre, je crois. Qu'est-ce que c'était, déjà ?
- Je crois que tu as dit que tu avais des problèmes avec Alexandre et que tu étais amoureuse de tes parents !
Elle recracha le contenu de sa bouche sur le miroir d'en face, arrachant des protestations à son reflet. Je grimaçais. J'avais néanmoins l'impression de m'être emmêlée la baguette, mais où ? Réessayons !
- A moins que ce ne soit l'inverse ! Peut-être que tu as des problèmes avec tes parents et que tu es amoureuse d'Alex. Ouais ! Ça doit être ça …
Je me stoppais dans mon élan enthousiaste et me tournais vivement vers elle, en me rendant compte de ce que je venais de dire.
- Attends une minute ! Comment ça, tu es amoureuse d'Alex ?! M'écriais-je avant de grimacer de douleur.
Ce n'était définitivement pas une bonne idée de tourner brusquement la tête et de crier lorsqu'on a une gueule de bois. J'avais l'impression d'entendre ma voix résonner dans ma tête …
- Tu es amoureuse d'Alex ? Demandais-je, plus calmement.
- Bah … Je suis désolée ! Je sais bien que tu es amoureuse de lui. Je veux absolument pas te le prendre, je sais à quel point il est important pour toi ! Et de toute façon, je n'ai aucune chance avec lui … Dit-elle à toute vitesse, ce qui me demanda énormément d'attention pour tout comprendre.
- Hein ? Mais … Qu'est-ce que tu me racontes ?! Je ne suis pas amoureuse d'Alex ! C'est mon meilleur ami. Et même si ça m'ennuierais un peu qu'il ait une petite-amie, parce qu'il serait moins avec nous, je veux simplement qu'il soit heureux. Même si la fille en question était la pire garce au monde. Ce qui n'est pas ton cas, Merlin merci …
- C'est vrai ? Demanda Pheobe, les yeux écarquillés. Je croyais …
- C'est bon, je crois avoir compris ce que tu croyais. Ça me dégoûte un peu, d'ailleurs, parce que dans ma tête, ça serait comme de l'inceste, tu comprends ? J'aime Alexandre comme un frère ! Et d'ailleurs, je ne suis amoureuse de personne. Mais par pitié, maintenant, silence ! Finis-je en me tenant la tête.
J'avais menti pour rassurer Pheobe. Non, je n'étais pas amoureuse d'Alexandre. Oui, ce serait comme de l'inceste. Mais … Même si je serais vraiment très heureuse qu'il se trouve une fille bien, comme Pheobe … Une part de moi-même ne pourrait s'empêcher de se sentir un peu délaissée, je crois.
Pheobe approuva, souffrant visiblement autant que moi de notre soirée, et fila prendre une douche tandis que je retournais dans notre chambre. Avec prudence, je slalomais entre nos restes de pizzas et de bouteilles. C'était une véritable porcherie. Nous pouvions remercier les elfes de maisons pour leur aide salvatrice, les lendemains de soirées.
Je ricanais rapidement en voyant Rosalie, de la bave coulant sur sa joue, et sortit mon appareil photo magique. Une de mes premières acquisitions du chemin de Traverse. Le bruit qu'il fit fût, heureusement, camouflé par les ronflements de Posy. Je remarquais après avoir enjambé le corps endormi de Carla que Lynn était absente. Étrange …
- SCAMANDER ! FRAPPES ! FRAPPES, JE TE DIS ! OU JE VIENS TE PRENDRE TA BATTE ET TE FAIRE FAIRE TROIS TOURS DANS TON SLIP DIRECTION PEKIN ! (1) Hurla Posy dans son sommeil, réveillant Rosalie et Shannon en un sursaut digne de cartoon et me faisant grincer des dents.
Même dans son dortoir, Stephan avait du entendre le cri de son capitaine et la menace proférée. Je me souvenais vaguement que Posy nous avait raconté qu'elle poussait ses joueurs à fond par amour pour son mec, ou un truc du genre. Mais, intérieurement, je la soupçonnais tout de même de prendre un malin plaisir à torturer les joueurs, qu'elle l'avoue ou non.
Après ce réveil pour le moins mouvementé, Rosalie – après avoir consulté son emploi du temps – décida de retourner se coucher. Shannon l'imita, en disant qu'elle inventerait une excuse à son professeur de divination. Pheobe choisit d'aller à la bibliothèque, me disant qu'elle avait trop mal à l'estomac pour manger et qu'elle n'avait pas de cours avant le milieu de l'après-midi. Personne n'eût le cran de réveiller Posy et d'affronter son humeur massacrante au réveil. Nous la laissâmes donc dormir dans le dortoir avec Rosie et Shannon. Je descendis finalement seule déjeuner dans la grande Salle, après m'être rendue présentable.
En poussant l'immense et lourde porte de chêne, je fus assaillie par le bruit assourdissant qui régnait dans la Grande Salle. Mon mal de tête fut soudain multiplier par dix et je ressortais précipitamment de cet endroit de chaos, en maudissant ces filles qui se faisaient appeler « amies ». Les garces ! J'étais persuadée que c'était pour cette raison qu'elles s'étaient toutes défilées pour venir déjeuner.
- Tania ! Par ici, m'appela soudain une voix féminine.
Je me tournais pour apercevoir Lynn, accompagnée de plusieurs Serpentards. Inconsciemment, je me rappelais ce que m'avait dit Dorothy, le soir de l'assassinat de Cérès alors que nous étions à la soirée de Slughorn : « Tania, je dis ça dans ton intérêt, ne t'approches pas d'eux ! Sous aucun prétexte, tu entends ?! ».
Comment savoir à qui je pouvais faire confiance ? D'un côté, je n'avais parlé à Dorothy que durant une soirée, même si elle m'avait paru sincèrement inquiète de mon intérêt pour les serpentards. D'un autre côté, je connaissais Lynn depuis plusieurs années et elle était mon amie … Hésitante, je me dirigeais tout de même vers eux. Je me rendis compte que j'avais instinctivement saisi ma baguette qui se trouvait dans ma poche.
- Bien dormi, Tam ? Me demanda Lynn lorsque je fus près d'elle et de celle que j'identifiais comme Gwendolyn Fleury, d'après les explications de Dorothy.
- Pas vraiment, non. Je ne t'ai pas entendu te lever, tu es debout depuis longtemps ?
- Assez, oui. J'avais des choses à faire … Tiens, d'ailleurs, je te présente Gwen, la nièce du gérant de Fleury et Bott. Gwen, Tania Cartier, en sixième année.
- Enchantée, dis-je avec un sourire crispé malgré moi.
- De même ! J'ai entendu dire qu'il y avait un Cartier au ministère. Un lien de parenté, peut-être ?
Elle était visiblement une des rares serpentards à ne pas avoir entendu les rumeurs à mon propos, parlant de la fille Sinistros.
- A ma connaissance, pas de ma famille directe, en tout cas, mentis-je.
- Je vois. Bon, je dois aller manger, bonne journée en tout cas ! Dit-elle en partant.
Lynn la rattrapa pour échanger quelques mots avec elle, à l'écart, puis elle revint vers moi en souriant.
- Tu as déjà mangé ?
- Non. Et je crois que je vais m'en passer pour ce midi. Il est hors de question que je retourne là-dedans … Dis-je en pointant la porte du doigt.
- Je te comprends ! Viens, je vais te montrer quelque chose, dit-elle en se dirigeant vers les escaliers inférieurs. Au fait, tu as bien fait de ne pas dire à Gwen que tes parents sont moldus. Elle les tolère, bien sûr, mais elle n'aime pas qu'on lui rappelle que Poudlard accueille des … enfin … des gens comme toi, quoi.
Des sangs-de-bourbe. Elle n'osait pas le dire devant moi, mais c'était bien ce que j'étais aux yeux des sangs-purs de vieilles familles. J'avais parfois l'impression lorsque j'en côtoyais d'être considérée comme une moins que rien. Et même si Lynn ne le disait pas, qu'elle faisait de son mieux, j'avais toujours su qu'elle pensait comme les autres. Et ça me faisait mal, pas seulement parce qu'elle était mon amie, mais parce que j'avais beau être plus intelligente, avoir de meilleurs résultats scolaires qu'eux, ils ne me considéreront jamais autrement que comme une inférieure.
En voyant que nous empruntions les escaliers, je me mis à me demander où nous nous dirigions. Dans les cachots ? Pourquoi faire ? J'ouvris grands les yeux. Et si c'était un piège ? Une embuscade ? Si … Non. Je devais me calmer. Vraiment, les lendemains de soirées ne me réussissaient pas. Lynn était une amie. Une amie ! Pourquoi me mettais-je à douter d'elle de cette façon ?
- Où allons-nous ? Demandais-je d'une voix que je voulais assurée.
- Dans un endroit où nous pourrons manger dans le calme, répondit Lynn en continuant à avancer.
- Tu n'as pas encore mangé ? M'étonnais-je.
- Non. Je t'attendais, en fait. Et je devais demander un service à Gwen, avant.
Nous suivîmes un couloir sombre et humide, décoré de divers tableaux représentant de la nourriture. Je ne m'étais jamais aventurée dans ce secteur du château, remarquais-je. Soudain Lynn se stoppa devant celui d'une coupe de fruit et je la regardais, interrogative face à ce geste.
- Ceci, ma chère Tania, est l'entrée secrète des cuisines. Évites d'ébruiter son existence, nous pourrions avoir des ennuis si d'autres personnes apprenaient sa localisation. N'en parles pas à Rosalie. Ni à Shannon. Ni aux garçons. En fait, il vaudrait mieux que tu n'en parles à personne.
- Mais Shannon et Pheobe sont déjà au courant, non ? Elles sont venues chercher la nourriture de la soirée, non ?
- Non. J'étais venue demander à un elfe de maison de leur apporter ça dans notre salle commune. Je ne tiens pas à ce que quelqu'un d'autre connaisse cet endroit.
- Mais pourquoi ?
- Parce que, répondit-elle, agacée. Tu ne voudrais pas avoir des ennuis, n'est-ce-pas ?
- Non, mais … Je n'aime pas mentir à mes amis ...
- Tam, ce n'est pas vraiment un mensonge, voyons ! C'est juste omettre de leur en parler. Tu as bien le droit d'avoir une vie en dehors d'eux ! Et je doute qu'ils te racontent tous, eux …
Je savais qu'elle avait raison, mais … Je ne me sentais pas à l'aise, comme si je m'apprêtais à les trahir. De plus, un mensonge restait un mensonge, peu importe la raison qui se cachait derrière. Il n'y avait pas de demi-mensonge ou de demi-vérité. Et même si ce détail était insignifiant, je ne pouvais m'empêcher de penser que de lui découleraient d'autres secrets.
Lynn commença étrangement à chatouiller une poire sur le tableau et celle-ci, à mon grand étonnement, se mit à rire avant de se transformer en poignée de porte. Mon amie l'ouvrit doucement et s'engouffra dans la pièce, après avoir vérifié qu'il n'y avait pas de professeur dedans. Je m'apprêtais à la suivre mais la surprise me fit rester sur le pas de la porte, tant je ne m'attendais pas à ce que je venais de voir.
De la même dimension que la grande salle, la cuisine possédait un haut plafond et une immense cheminée en brique à l'extrémité de la pièce. Quatre longues tables parfaitement semblables à celles que nous utilisions quotidiennement étaient installées au centre de la pièce. Sur les murs, des dizaines, que dis-je, des centaines de casseroles, de marmites en cuivre et d'autres ustensiles dont j'ignorais le nom et l'utilité, s'entassaient.
- Whisky ! Cria Lynn en attirant l'attention d'une centaine d'elfes de maison.
- Euh … Lynn, tu sais … Je crois que nous avons assez bu comme ça, hier … Avouais-je avec un haut le cœur rien qu'à la pensée d'une nouvelle gorgée de Whisky Pur Feu.
Comme pour me contredire, un elfe avec de grands yeux globuleux vint s'incliner devant nous.
- Qu'est-ce que Whisky peut faire pour vous, Miss ?
Je me sentis toute idiote, sur le coup. Sentiment renforcé par la lueur – au combien – moqueuse dans le regard de Lynn. J'avais presque l'impression qu'elle l'avait fait exprès pour détendre l'atmosphère …
- Tu désires manger quelque chose en particulier, Tania ? Me demanda t-elle gentiment.
- Euh … Non. Pas spécialement.
- Très bien, alors un repas à la française. Prends-note, Whisky. Deux assiettes de St-Jacques aux champignons en entrée … Tu aimes les St-Jacques, Tam ?
J'allais lui répondre mais elle continua sa commande sans attendre. Je me fis la réflexion que c'était sûrement une question de politesse, que de me demander mon avis, mais que ça aurait été plus utile d'attendre la réponse.
- Bien, donc ceci. Puis du lapin à la moutarde. De Dijon, la moutarde, compris ? En dessert … Quelque chose de simple. Des mousses de citrouilles avec des macarons et un coulis de caramel au beurre salé. Ça sera tout, je n'ai pas très faim … Signala t-elle en se dirigeant vers une des tables.
Je la suivis, stupéfaite. Nous n'allions pas vraiment manger tout ça ? Et elle, mangeait-elle ça tous les jours, lorsqu'elle était chez elle ? Visiblement, c'était bien notre repas puisque j'entendis Whisky transmettre les ordres aux cuisiniers. Il revint vers nous d'une démarche hésitante. Lynn l'invita à parler en remarquant qu'il se balançait d'un pied à l'autre en attendant qu'elle lui adresse un regard.
- Whisky ne voudrait pas vous déranger, Miss, mais Whisky aimerait savoir comment se porte Vodka ?
Whisky, Vodka … Le prochain nom d'elfe que j'entends, je vous paries que c'est Bièraubeurre ! J'en avais désormais la preuve, les sorciers étaient tous des alcooliques !
- Et bien … Vodka se porte bien, même si elle commence à être … plus occupée que d'habitude, avec la préparation du banquet de Noël. Mais elle va bien, ne t'inquiète pas.
- Merci beaucoup, Miss Whitley. Vous rassurez Whisky ! Dit joyeusement l'elfe en partant.
- Vodka est ton elfe de maison ? Devinais-je
- Oui, la sœur de Whisky. C'est mon elfe personnel, elle avait ma charge, lorsque j'étais petite fille.
Je m'étonnais de la sympathie franche dans sa voix. Lynn semblait attachée à son elfe de maison, ce qui me surprenait car beaucoup de sorciers les considéraient comme de la marchandise facilement jetable et remplaçable.
- Tu lui as dit la vérité, à cet elfe ? Je veux dire … La préparation d'un banquet de Noël alors que nous ne sommes encore qu'en septembre …
- Tu es si naïve, Tania, s'en est touchant ! Ma famille, ainsi que celle d'Evan, a l'habitude d'organiser durant les vacances de décembre, le traditionnel bal de Noël, entres personnes influentes, ou celles qui sont destinées à l'être, ainsi que les membres des vieilles familles de sang-purs. C'est une fête costumée et le plus grand bal de l'année, jusqu'à celui de la fin de l'été, organisé par les Malefoy. Autant te dire que c'est un boulot monstre ! Les invitations à des centaines de personnes, les commandes chez les traiteurs, les décorateurs, les couturiers …
Elle soupira.
- C'est une vrai galère … Ma pauvre Vodka n'est pas occupée, elle est débordée ! Ma mère l'a réquisitionnée pour s'occuper de la réception … Enfin, ça en vaut la peine, je suppose. Personnellement, ça m'épuise. Tu ne peux pas imaginer comme c'est dur et pénible de jouer la comédie durant des heures, d'être toujours irréprochable, polie et gracieuse !
Je retins un rire ironique. Oh si, Lynn, je ne le savais que trop bien. Je savais comme c'était difficile d'avoir l'air parfaite, bien éduquée, heureuse d'être présente lorsqu'on voudrait au contraire être à des lieux de ces endroits maudits dont tout le monde semblaient raffoler. Ces gens là ne se rendent pas compte comme c'est cruel de faire de nous ce que nous ne sommes pas.
- En parlant de ta famille, Lynn, tu sais, à propos de ce dont tu m'as parlé, hier … Je …
- Je te suis infiniment reconnaissante d'avoir accepté, me coupa t-elle, tu nous aides vraiment beaucoup !
- Oui … Oui, bien sûr. C'est juste que …
- Tu ne veux plus ? S'alarma t-elle.
Elle avait l'air si triste, tout à coup, déçue et paniquée. Je ne pouvais pas lui dire non, n'est-ce-pas ? Dîtes-moi que j'ai eu raison d'accepter, Merlin, je vous en prie !
- Si, si, mentis-je. Je voulais juste savoir … quand … je pourrais voir l'objet en question.
Un sourire illumina son beau visage et elle lâcha un soupir soulagé.
- Dès que le repas sera fini ! Je me suis arrangée pour que mon cousin nous retrouve dans une salle vide du deuxième étage dans une heure.
Ma gorge se noua. J'allais le revoir … L'attendre parler pour la première fois. Pourquoi ? Pourquoi me sentais-je si perturbée rien qu'en pensant à cet homme que je n'avais fait que croiser ? Comment ses yeux avaient-ils pu me désarmer et me fasciner à ce point ? Ce n'était pas comme si j'éprouvais quoique ce soit pour lui. C'était ridicule, je ne le connaissais pas.
Et puis, son visage était si dur, si froid … Comment pourrais-je éprouver un quelconque sentiment pour une personne qui n'en a, de toute évidence, pas.
Le repas se poursuivit à une vitesse ahurissante pour moi, Lynn ne cessait de parler de tout et de rien. Puis nous arrivâmes devant la porte d'une classe abandonnée. Etait-il déjà présent ? Sûrement puisque nous avions dix minutes de retard. Lynn allait ouvrir la porte quand celle-ci le fit seule, laissant apparaître un jeune homme aux cheveux noirs corbeaux et aux yeux insondables. Son regard accrocha immédiatement le mien.
Je frissonnais et avec du recul, je savais pertinemment que ce n'était pas de froid, comme j'avais voulu m'en convaincre sur le coup. J'entendis à peine Lynn faire les présentations.
- Evan, je te présente Tania Cartier.
Il n'avait pas détourné une seule fois le regard vers sa cousine, qui en prit sûrement ombrage si elle s'en rendit compte. Il me regardait, moi, et me sondait de ses yeux noirs. Son regard me mettait horriblement mal à l'aise. Il ne laissait absolument rien transparaître, s'en était véritablement effrayant.
Je le soumettais moi-même à un examen semblable. J'observais attentivement son visage, si froid et si vide d'expression. Oh, il était beau. D'un beauté presque irréelle. Je me demandais comment j'avais pu faire pour ne pas le remarquer les années précédentes.
Je vis finalement ses lèvres se délier et je frissonnais à nouveau lorsque je l'entendis murmurer d'une voix sifflante, remplie d'hypocrisie, grave et enivrante :
- Enchanté, Tania …
Alors comment trouvez-vous ce chapitre ?
Tam est vraiment perdue, elle ne sait plus à qui elle doit faire confiance, ce qu'elle doit faire. Elle ne vous apparait pas trop godiche ?
Et Evan, le peu que vous en avez vu, vos impressions ?
Et Lynn, gentille, méchante, entre les deux ?
J'ai le trac, j'espère qu'il vous plaira !
Rukie-chan
