Disclaimer : Non, ils ne sont pas à moi... (ouin).
Genre : définitivement n'importe quoi.
Personnages : Dudule en premier lieu, ensuite on va bien voir.
Couple : Je ne sais pas.
Commentaire : pas pour le moment.
Bonne lecture
Hahn tah Yhel
Le monde, mes potes et moi
Chapitre 12) Préparatifs pour la soirée
Bon... quand faut y aller, faut y aller...
Pour tout vous avouer, j'ai pas furieusement envie d'y aller en fait.
Tout comme je ne voulais pas aller à cette soirée.
Mais quand Lady Éléonore m'a réveillé de ma sieste imprévue j'ai tout de suite tilté qu'il y avait un problème.
Elle avait la tête de quelqu'un qui a une mauvaise nouvelle à annoncer et n'a pas tellement envie de le faire.
Cette tête entre "C'est mon devoir, je le fais" et "C'est pas juste !".
Ce genre d'expression m'a toujours mis sur mes gardes.
Cette fois encore je n'ai pas failli à mes principes et j'ai bien eu raison.
Parce que ce qu'elle avait à me dire ne m'a pas fait plaisir du tout.
Un bal...
Non, mais vous m'imaginez en costard de pingouin à faire des courbettes et des baises mains ?
Pire encore, vous m'imaginez en train de valser ou de danser le quadrille ?
Non, parce que vu l'endroit l'orchestre allait plus jouer du Mozart ou du Vivaldi que du Christophe Maé (1) ou du Moonspell (2), encore que pour ce qui est de Maé... je n'aurai pas trop de regret. Oui, je sais, c'est pas gentil et blablabla, j'ai le droit de pas l'aimer tout de même !
Franchement, j'aurai bien voulu pouvoir refuser, mais vu l'expression de Lady Éléonore, cette option n'était pas envisageable.
J'ai donc fait contre mauvaise fortune bon cœur, comme on dit, et j'ai commencé à me préparer pour la dite soirée.
Sur un appel de Lady Éléonore des serviteurs, une fois encore en grand uniforme, sont arrivés avec des tenues pour moi.
Des tenues que je n'aurai pas voulu porter, même dans mes pires cauchemars.
Des trucs déprimants, qui m'ont fait faire la grimace.
Je vous l'ai dit, les tenues de pingouin ce n'est vraiment pas mon truc.
Lady Éléonore a compris tout de suite.
Elle m'a expliqué avec patience que le protocole voulait que je porte une de ces tenues.
Et ce n'était pas négociable.
J'ai regardé à nouveau les tenues avec l'expression de quelqu'un face à un chien méchant prêt à le mordre.
Du noir ou du noir ou encore du noir... bonjour le choix...
Bon, d'accord, ce n'était pas le même noir.
Si, je vous assure, il y avait du noir mat, du noir brillant, du noir à fines rayures... vache de choix !
Pour les chemises c'était nettement plus limité.
Des chemises blanches.
Toutes simples, sans dentelles, ni jabots ni aucun tralala du genre, à mon grand soulagement, mais dans des tissus que je n'aurai jamais les moyens de m'offrir.
Genre soie sauvage ou coton peigné de Papouasie inférieure ou lin du Nil blanc tissé à la main par des indigènes sur les bords du dit fleuve.
Le genre de détails qui fait bicher les amateurs mais qui me passe largement au dessus de la tête.
Vous me ferez remarquer : "si tu n'as aucun intérêt pour ce genre de détails, comment ça se fait que tu en sache autant ?"
Et une fois encore, j'aurai une réponse, cherchez pas, je suis très fort.
Je vous dirai : "J'ai appris au cours de mon dressage."
Mais revenons à l'habillement du jour, qui se terminait comme il se doit par des chaussures.
Des chaussures vernies.
Je crois que c'est ce détail qui m'a le plus fait frémir.
Des souliers vernis...
J'allais porter des souliers vernis...
La dernière fois que j'avais failli porter une telle tenue j'avais sept ans, ma mère était invitée au mariage d'une de ses amies qui avait trouvé charmant que je fasse partie de la flopée de gosses endimanchés suivant comme des canetons sa progression. Heureusement que j'étais un garçon, sinon on m'aurait fait jeter des fleurs.
J'ai seulement failli, parce qu'arrivé dans le magasin j'ai catégoriquement refusé d'entrer dans la cabine d'essayage, et donc de passer le si joli costume prévu pour moi.
Les prières et les menaces n'y ont rien changé, les tentatives de corruption n'ont pas eu plus d'effet.
Pour rien au monde je n'aurai passé cette tenue.
Je pense que pour la mariée j'étais nettement moins adorable après ça.
L'espace d'un instant j'ai regretté de ne plus avoir sept ans et de ne plus avoir l'innocence de l'enfance pour prétexte pour refuser encore.
Mais je n'avais plus sept ans et le protocole m'interdisait formellement tout refus.
J'ai choisi au hasard parmi les tenues, celle qui s'est retrouvée choisie n'était ni pire ni mieux que les autres, je l'ai passée tout seul, comme un grand, malgré les tentatives des laquais en livrée pour me vêtir.
Il aurait fait beau voir qu'ils me tripotent !
Je commençais très sérieusement à les suspecter d'être quelque peu pervers.
Non, mais c'était quoi cette obsession de vouloir m'habiller ou me déshabiller ?
Si ça n'était pas louche...
Donc je me suis déguisé tout seul, sous vêtements, chemise, gilet, veste, pantalons, chaussettes, chaussures vernies, boutons de manchettes, cravate...
Euh non, pour la cravate, j'avoue, j'ai eu besoin d'aide, gros manque de pratique, faut dire qu'être apprenti opérateur géomètre ça n'amène pas à porter de cravate, on fait rarement des relevés dans les soirées mondaines, j'imagine bien une équipe en grande tenue, avec la mire et l'appareil au milieu des convives.
Pas vous ?
Ah bon.
Ceci dit, c'est dommage, il y aurait eu plus à grignoter au passage et bien meilleur, et je ne vous parle pas de la boisson !
Mais je m'égare.
Revenons à nos pingouins.
Lady Éléonore m'a aidé à achever mon déguisement, dire que j'étais à l'aise serait mentir, et je n'aime pas mentir, même s'il m'arrive de faire des manquements à l'honneur, oh, très rarement, je vous rassure.
Je me sentais engoncé, coincé, j'avais chaud et je me sentais ridicule.
Mais Lady Éléonore m'a assuré qu'elle me trouvait très beau, élégant et tout.
Elle avait l'air sincère, j'ai décidé de lui faire confiance et de croire que je pouvais ressembler à quelque chose déguisé de la sorte.
Et puis l'heure fatidique est arrivée, un gars est venu nous informer que la soirée allait débuter, il a fallu se mettre en route.
Sans même manger un morceau, et ça c'était vraiment dur, j'avais bien dormi, mais contrairement à l'idée reçue "Qui dort dîne.", mon petit somme m'avait aiguisé l'appétit, vraiment bien aiguisé l'appétit.
Je n'aurai pas été contre par un détour vers les cuisines, avec arrêt sur la table la plus garnie.
Mais cela aussi le protocole l'interdisait, un membre de la famille royale ne s'aventurait pas dans cette part du palais, ce n'était pas convenable.
Tout en me disant ces mots Lady Éléonore, je n'étais pas encore à la nommer Lady Léo, me souriait.
C'est alors que j'ai remarqué un détail d'importance.
Un détail que j'avais réussi à louper depuis le début.
Nous avions les mêmes yeux elle et moi.
Pas seulement de la même couleur, ce qui était déjà rare en soit, encore que les yeux de Lady Éléonore, comme tous ceux des personnes un peu âgées étaient légèrement délavés par les ans, mais aussi de la même forme.
J'ai du laisser paraître ma surprise car elle a pris un air inquiet.
M'a soufflé à l'oreille de n'en rien dire, que nous aborderions le sujet un autre jour.
Je n'ai pas insisté.
Pourtant, j'étais mal à l'aise, je sentais confusément que quelque chose clochait.
J'ai continué à la suivre, espérant que la soirée serait courte, après tout papy Roi était âgé, il n'allait certainement pas s'éterniser à ce foutu bal et dès qu'il ferait mine de s'éclipser j'en ferai autant.
Bye bye les pingouins, amusez vous bien sur la banquise, moi je vais me pieuter.
Oui, je sais, je n'y étais pas encore, je n'avais rencontré personne et je pensais déjà à me barrer, cela peut sembler étrange, mais une fois encore, je suis comme ça.
J'aurais préféré de loin rencontrer la famille au grand complet petit à petit, mais j'allais la prendre de plein fouet en une seule fois.
Merci beaucoup cousine, si tous lui ressemblaient, j'allais m'amuser comme un cinglé.
Et pourtant, malgré l'envie que j'en avais, je n'ai pas fait demi tour, je n'ai pas regagné ma chambre ni fuit, j'ai continué.
A suivre
(1) Pour les amateurs de Christophe Maé, pas taper, je ne sais absolument pas ce qu'il chante, j'ai cherché vaguement des chanteurs à la mode et son nom est sorti.
(2) Je ne connais pas non plus, mais il semblerait que ce soit un groupe de death métal gothique. Le nom m'a plu (il était loin des noms barbares que j'ai lu pour d'autres groupes) mais je n'ai pas eu le cran d'aller écouter ce qu'ils font. Toutes mes excuses aux amateurs du genre passant par là, ils n'auront qu'à envoyer un message pour en parler ça me changera des lecteurs fantômes qui hantent mes textes.
