Hum… C'est moi. Oui cette fic est toujours en cours. Non je ne l'arrêterai pas puisque tous mes chapitres sont prêts et qu'il ne manque plus qu'à les remanier.
Je tiens à vous demander pardon pour ce long retard mais je n'avais pas prévu que la rentrée soit si dure. Je n'imaginais ni avoir autant de travail personnel, ni tant d'heures de cours. Donc autant vous dire que mon temps libre, je le passais à avancer sur mes projets d'Art-P. Je ne vous cacherai pas qu'il y eut aussi une baisse de motivation, encouragée par une baisse de morale. Brefouille, ça c'est autre chose, aussi, pardon pour l'attente.
J'ai vraiment peiné à le corriger celui-ci, du fait que je ne l'aime absolument pas. Bon, les quelques scènes de la fin ont été un plaisir à réécrire et à développer, autrement, le début fut assez compliqué à retravailler.
En tout cas, merci pour vos commentaires, votre patience, voici la suite !
Enirac : En effet mais celle que je poste en ce-moment est légèrement différente. Je tends plus vers un développement de l'intrigue, plutôt que des personnages si tu vois ce que je veux dire. La fic sur est incomplète. Il manque des passages, elle est encore moins bien écrite que celle-ci et surtout, ne donne pas lieu à la seconde partie qui arrive comme un cheveu sur la soupe !
Sinon merci pour ton commentaire, ça fait plaisir. A bientôt !
Nina : Drôle, ça je sais pas ) Ce qui est sûr, c'est qu'Ed ne va pas lui sauter dans les bras. Mais je vais tâcher de ne pas trop exagérer dans les prochains chapitres même si c'est dur lorsqu'il s'agit de Roy et Ed !
Manipulateur ? Oui, en effet. Je suis très attachée à ce trait de caractère du personnage, qui se retrouve finalement très peu dans les films. Je trouvais intéressant de mettre son rôle de « Père de l'humanisme et de la bonté » en échec au profit d'un homme bien mais calculateur, prêt à tout pour arriver à ses fins. Cela se ressentira plus tard, selon ses agissements et ses pensées.
Oui. Winry dans deux ou trois chapitre, me semble-t-il, Riza, plus vers la fin mais elle risque d'être trèèèès présente dans la seconde partie )
Merci toi aussi
Linola : Oui alors, à la base, c'était pas du tout prévu ! Mais c'était le seul moyen que j'ai trouvé pour l'intégrer. C'est un peu incohérent je trouve puisqu'il met son travail de militaire de côté mais on va dire qu'il valse entre les deux et qu'il est à Poudlard pour une mission. Nan c'est juste comme ça :,) Enfin pour implicitement, cela implique des choses. Je n'aime pas vraiment le trop mélodrame s'il est mal exploité donc j'évite de trop m'aventurer sur ce terrain-là. Je minimise donc les blessures, les évènements graves… Mais je les garde pour plus tard, va falloir attendre les prochains chapitres ! (*héhéhé*)
Merci beaucoup pour ton commentaire, à bientôt j'espère !
Chapitre 11 : « Tout feu, tout flammes ».
Mustang balaya la classe du regard, sans se départir de son sourire ridicule qui faisait flancher plus d'une midinette. Mieux qu'un fakir, il avait réussi à hypnotiser la totalité des filles de la classe à coup de Colgate Email-Diamant (testé et approuvé par Gilderoy Lockart en personne !).
Au grand désarroi de ses trois amis, Hermione avait elle aussi succombé à son charme et le sondait langoureusement en papillonnant des yeux, comme si la simple présence du professeur envoyé des étincelles éblouissantes. Quant à Edward, son corps était raide et blême comme du marbre. Hiératique, figé sur sa chaise, il était plongé dans un état second.
Il se leva brusquement, prêt à bondir sur le nouveau professeur. Ce-dernier arqua un sourcil, interrogateur, mais dont le rictus traduisait un certain amusement.
-Que vous arrive-t-il jeune homme? On dirait que vous avez vu un fantôme.
Entre ses dents, Edward marmonna qu'il aurait nettement préféré boire un thé à la bave de troll avec un Inferius sur une île jonchée de serpents-à-sonnettes plutôt que de le voir lui.
-Pardon ? Demanda innocemment Mustang, en feintant la sourde oreille.
-Non rien, co... professeur, se rattrapa Edward avec une moue renfrognée.
Sur ce, il se rassit, maugréant toute sorte de propos obscènes et lança un regard noir à son supérieur en jurant qu'un jour, il lui ferait la peau.
-Bien ! J'imagine que vous avez des questions, sur l'alchimie bien sûr!
Le trait d'humour sous-jacent dans les paroles du bel alchimiste fit glousser le trois quart des individus féminins de la classe, espèce très limitée intellectuellement lorsqu'elle se retrouve en face d'un individu masculin particulièrement attirant.
Hermione leva timidement la main et s'empourpra quand le jeune professeur l'autorisa à prendre la parole, exhibant par la même occasion ses magnifiques dents blanches parfaitement alignées. Pour Ron et Harry, pas de doute. Cet homme avait un étroit lien de parenté avec Lockart.
-Voilà, je… j'ai lu votre nom dans un livre et… Enfin ce n'est peut-être qu'une simple coïncidence mais il me semble que Mustang est le nom d'un grand alchimiste d'état d'Amestris, souffla-t-elle rouge comme une pivoine quoiqu'heureuse de déballer sa science.
-Effectivement, vous avez raison. Ce n'est pas un homonyme, je suis bien Roy Mustang, l'alchimiste de Flamme.
Ed plaqua sa main sur son front en percevant la pointe de prétention dans la voix de son supérieur. A présent, Ron bouillonnait à côté de lui.
-Je vois que vous êtes bien renseignée mademoiselle. J'apprécie de voir quelqu'un d'aussi érudit que vous, finit Mustang son sourire s'élargissant de manière inexplicable.
Par quels fichtre moyens les commissures de ses lèvres avaient-elles acquis une pareille élasticité ?
Hermione rougit davantage à ce compliment plus que flatteur et se trémoussa sur sa chaise. Harry eut un minuscule sourire moqueur en voyant l'expression de Ron dont la jalousie montait en flèche, faisant prendre à ses oreilles une couleur rouge assez prononcée.
-Autre chose ?
Voyant que personne ne répondait, il commença à expliquer les principes de l'alchimie, ses bases, ses lois ainsi que tout ce que Storm leur avait enseigné sans pour autant que cela soit lassant. Le début de son cours fut intéressant car il apportait ses expériences vécues –et ô combien nombreuses- à ses démonstrations alchimiques en leur donnant un sens concret et une véritable utilité. Créer un barrage en cas d'éboulement ou de crue par exemple.
Il s'attarda quelque peu sur la transmutation humaine en insistant bien sur le fait qu'elle était impossible et interdite, pour des raisons qui ne concernaient que l'état et n'avait rien ajouté de plus, craignant les polémiques dont les Serpentards étaient férus. Personne n'avait relevé ses paroles. Tout le monde faisait profil bas devant ce professeur aussi beau que captivant par sa manière de déclarer les choses calmement mais avec fermeté. Autant dire que le sujet de la transmutation humaine était définitivement clos.
Sans doute avait-il ouïe dire que les propos du précédent professeur avaient fait germer des idées saugrenues dans l'esprit de ses étudiants ainsi il préféra dissiper les malentendus.
-Vous avez tout compris ? Sur l'échange équivalent ça va? Bien, alors laissons la théorie de côté un instant et étudions plutôt la composition d'un cercle alchimique, base de toute transmutation, annonça le professeur, s'appropriant quelques murmures enthousiastes de ses élèves.
Il alluma le vieux projecteur -qu'il avait pensé à ramener d'Amestris- qui fit apparaître sur le mur au fond de la salle, un tableau périodique des éléments où ne figuraient que les symboles sans le nom des éléments en question, les formules mathématiques primaires et un de ces cercles basiques, présents dans la plupart des manuels que tout bon alchimiste se doit de connaître sur le bout des doigts, manchot ou non.
Edward se rappela la fois où son frère et lui avaient transmuté pour la première fois. Il s'agissait d'une poupée pour Winry. C'était les mêmes signes à deux trois détails près.
-Il est probable que vous ayez déjà rencontré plusieurs de ces symboles et des ces formules en potion, avança Mustang sous l'acquiescement général. Cependant nous allons tous les récapituler et les noter, si vous le voulez bien. Les éléments de ce tableau sont la base de toute transmutation car ce sont eux qui déterminent le type de transmutation, l'objet à créer, ou à modifier et de quelle manière.
Dans un seul bruissement, les élèves attrapèrent un parchemin, un encrier et une plume puis attendirent la suite des explications.
-Il me faudrait un assistant... hum...
Hermione leva la main, bien entendu, persuadée qu'elle allait être interrogée.
-Jeune homme, s'il vous plait venez ici !
C'était Edward qui avait été désigné. Le corps de son frère et ses membres ne suffisaient pas, il fallait aussi qu'il s'attire le courroux de la Porte. D'un pas traînant, le regard sombre, il vint se placer à côté de son Colonel, lequel arborait une expression narquoise, mêlé de fierté. Ed avait beau dire, son supérieur lui vouait une confiance totale.
-Alors, déjà, reconnais-tu quelques-uns de ces symbo…
-« C » comme carbone, « N » pour l'azote, « Au » pour l'or, « Fe » pour le fer...
Sans même laisser le temps au professeur de finir sa phrase, il débita ainsi la totalité des composants du tableau, à la surprise générale. Même Mustang prit un air étonné. Il savait très bien que son subordonné était un petit génie, mais de là à connaître tout le tableau périodique des éléments, leurs isotope et leur numéro atomique par cœur, cela dépassait l'impossible, à ses yeux en tout cas.
« Comment croyez-vous que j'ai passé l'examen d'Alchimiste, colonel ? Le tableau périodique, c'est l'alphabet pour moi » pensa le Fullmetal qui avait parfaitement compris le fond de ses pensées. Il s'accorda un petit sourire sournois.
-Très bien! Vous maîtrisez le sujet! Maintenant, distribuez ceci à vos camarades, commanda-t-il en lui donnant une boîte contenant des feuilles parcheminées et des mines de plomb.
Le garçon s'exécuta, impatient de voir ses camarades transmuter pour la première fois. Ce serait un vrai fiasco, sans nul doute. L'alchimie n'était pas une science que l'on pouvait acquérir en deux coups de cuillère à pot. Il fallait du temps, de l'exercice, mais surtout de la patience.
-Vous avez chacun une feuille et un crayon ! Annonça le professeur après que tout eut été distribué. Au tableau se trouvent des formules chimiques et mathématiques simples, de votre niveau. Il vous faudra simplement convertir les équations ci-contre afin de construire votre cercle.
Il fit passer des polycopiés au premier rang et dit :
-Ces pages d'explications vous aideront certainement. Lorsque vous pensez avoir bien placé les formules et les symboles, appelez-moi, je viendrais vérifier. Quand tout le monde en sera au même point, alors vous pourrez essayer de fabriquer de l'acier à partir de ce morceau de fer et de cette poudre de carbone. Bien... Commencez ! Vous avez le droit de constituer des groupes de deux ou trois.
Bien entendu, les quatre amis se divisèrent en deux groupes. Harry se mit avec Hermione, et Ron –qui boudait toujours- choisi Ed comme binôme, plus par intérêt puisque le jeune homme était définitivement le meilleur dans cette matière.
Je pige que dalle ! Bougonna le rouquin en observant les multitudes de chiffres inscrits au tableau. Tu as compris quelque chose toi?
Ed ne répondit pas. Le menton coincé entre son pouce et son index, position souvent adoptée par l'alchimiste lorsqu'il devait réfléchir, ses yeux se promenait entre la fiche et la projection.
Facile, murmura-t-il. Il n'y a rien de plus simple. Il pensait nous avoir avec ça, quel imbécile.
Comment-ça rien de plus simple ? Explique-toi, grommela Ron qui ne comprenait pas du tout son ami.
Pour lui, ça ressemblait plus à un cours de chinois qu'à un cours d'Alchimie.
Sans même effectuer les calculs sur un brouillon, Edward traça un cercle parfait, y inscrit un octogone avant de placer les formules, le tout à une vitesse déconcertante.
-Voilà! J'ai juste modifié le carré. Par ici, la pression alchimique est moindre donc les forces telluriques ne peuvent pas circuler. Mais en augmentant les points de sources, on peut arriver à faire une transmutation pas trop complexe, expliqua-t-il à un Ron hébété.
-Comment t'as fait? Interrogea-t-il sans pouvoir contenir son admiration.
Edward allait répondre quand Mustang arriva à leur table.
-Alors, ça avance ? Vous avez terminé ? S'exclama-t-il en prenant un air faussement surpris qui n'échappa pas à Ed.
Hermione se glissa jusqu'à leur table et ses yeux s'agrandirent de stupeur.
-Tu as mis un octogone au lieu d'un carré, c'est faux ! Remarqua-t-elle en reprenant contenance.
-En effet, miss Granger a raison mais si on veut réussir une transmutation avec aussi peu de pression alchimique il est préférable de dupliquer les sources.
Hermione pâlit puis se détourna, les yeux brillant d'humiliation.
-Harry, modifie le cercle ! Ordonna-t-elle sèchement en ré-effectuant ses calculs.
-Quoi ? S'insurgea l'intéressé, ulcéré. Tu m'as bassiné pendant dix minutes sous prétexte que mes traits n'étaient pas suffisamment précis et maintenant tu veux me faire tout recommencer !
-Exactement, répliqua la brune au tac au tac avec agacement, son regard signifiant clairement "et grouille-toi, sinon..."
Loin de vouloir se soumettre de la sorte à la volonté d'une femme, Harry renchérit et les deux amis commencèrent à se disputer sous les regards amusés de leurs condisciples.
Un quart d'heure plus tard, avec plus ou moins de mal, tous les élèves avaient finalement tracé des cercles approximativement corrects et se préparaient à transmuter. Edward essaya de ne pas éclater de rire devant leur air si confiant. S'ils savaient...
-Pour commencer, placez vos éléments à l'intérieur du cercle, le plus au centre possible. Visualisez exactement ce que vous voulez créer et posez les mains sur les limites, à l'endroit où vous êtes le plus à l'aise.
Anxieux et excités comme jamais, les apprentis alchimistes firent ce que le professeur demandait. Edward ne réfléchit pas davantage et plaqua ses mains sur le cercle, sous les regards admiratifs. Hermione l'imita. Sans doute voulait-elle garder sa dignité face à ce garçon non seulement orgueilleux mais qui en plus menaçait de la détrôner de son titre de première de la classe.
Sa transmutation à lui fut parfaite, évidemment. Malheureusement pour elle, en voulant aller trop vite, la jeune fille avait mal placé ses ingrédients et son bras se mêla à la transmutation. Elle poussa un hurlement de surprise et de douleur à cause du fer fondu qui entravait sa main. Harry se précipita sur elle pour tenter de retirer les doigts brulés à vif de son amie mais sa tentative fut vaine.
Le professeur, alerté par les cris perçants d'Hermione, se précipita sur eux.
-Ne bougez pas miss Granger ! Ordonna-t-il en essayant de paraître le plus rassurant possible.
Ce n'était pas gagné…
Il tata ses poches à la recherche d'un papier vierge. Cependant, la situation était bien trop critique pour qu'il prenne le temps de tracer un cercle. Il lança un regard affolé à son subordonné, afin qu'il l'aide le plus discrètement possible.
Ed rassembla ses souvenirs, en essayant de se rappeler le jour où son maître avait dégagé Wrath, un homonculus, d'une transmutation similaire. Edward acquiesça d'un air entendu. Il claqua discrètement dans ses mains avant de les placer sur le sol. En une fraction de seconde baignée par une lumière bleue vive, le fer reprit sa place initiale. Sanglotant, Hermione se tenait la main, brulée ou rougie par endroit.
-Edward, emmène cette jeune demoiselle à l'infirmerie, le pria le professeur sans se rendre compte qu'il venait de commettre une énorme erreur.
Il n'était pas censé connaître son prénom et encore moins le tutoyer. Cependant, le jeune homme obéit et conduisit Hermione aux bons soins de madame Pomfresh.
La jeune fille revint en cours en fin d'après-midi, le bras entièrement dissimulé sous une épaisse bande de coton. Elle seule semblait s'être rendu compte de l'intervention d'Edward.
Je t'ai vu tout à l'heure venir pour m'aider. Qu'as-tu fait exactement ? Et comment cela se fait-il que le professeur Mustang t'ait non seulement tutoyé mais en plus appelé par ton prénom?
Le garçon se crispa et répondit, agacé, qu'il avait dû lire son prénom dans le registre. Il avait joint à ses propos un geste de désinvolture un peu gauche. Hermione ne dit rien mais ne s'avoua pas vaincue. Comme Harry, elle était bien décidée à lever le voile sur la véritable personne d'Edward, et ceci, par n'importe quel moyen.
Le soir, tandis que les trois amis faisaient leurs devoirs dans la Grande-Salle, Hermione posa une question qui lui brûlait les lèvres depuis le cours d'alchimie.
-Ed, j'ai réfléchi mais je n'arrive pas à savoir de quelle manière tu as réussi ta première transmutation aussi aisément.
Levant les yeux du livre de Runes qu'il avait pratiquement déchiffré, Edward la sonda un instant, partagé entre la surprise et l'ennui.
-Ben ce n'est pas compliqué, tu visualises ce que tu veux transmuter et transmet ton énergie vitale au cercle. En convergeant avec les flux telluriques, il produit la bonne énergie nécessaire à une transmutation parfaite, expliqua-t-il d'un ton dégagé.
-C'est également comme ça que tu raisonnes en magie, lui rappela Hermione, perspicace.
Il déglutit avec difficulté.
-Ouais… Ouais peut-être, marmonna-t-il dans sa barbe.
-C'est à croire que tu connaissais l'alchimie avant la magie, martela-t-elle en appuyant sur le « avant ».
-N'importe quoi ! C'est juste que je suis du genre à tout rationnaliser. Et que je suis méga intelligent, voilà tout.
Non sans un regard dubitatif, Hermione retourna à son exposé sur les Animagi.
Harry, par contre, qui n'avait pas quitté Ed des yeux, jura avoir aperçu un léger sourire fleurir sur ses lèvres.
Quelques jours plus tard, le quatuor -Ed avait fini par définitivement intégrer la bande des trois amis- était en train de quitter la Grande Salle, quand, le rose aux joues, Colin Crivey les apostropha.
-Coucou Harry, glapit-il tout sourire en ignorant royalement Ron, Hermione et Ed.
-Comment ça va ? Ca faisait longtemps ! Continua-t-il en sautillant sur place.
-'Jour Colin, le salua Harry d'un air las. Qu'est-ce que tu me veux?
-Seulement vous remettre une lettre, à toi et ton copain, en désignant Edward du menton.
En prenant la sienne, Harry reconnut la fine écriture en pattes de mouche du professeur Dumbledore.
Ed, quant à lui, fit une grimace face à la nouvelle beuglante qui lui était parvenue.
-Encore ! Gémit-il en la tenant à bout de bras comme si elle allait exploser, ce qui ironiquement serait bientôt le cas.
Il partit en courant presque, voulant s'isoler afin que personne n'entende sa missive éclater et le sermonner comme la fois précédente. Harry, bien qu'intrigué, se contenta de lire le message qui lui était destiné, même si il en connaissait déjà l'objet.
-Dumbledore me demande dans son bureau, expliqua Harry à Ron et Hermione qui lisait par-dessus son épaule. Il va sans doute m'en apprendre davantage sur l'attaque d'Ed.
-Oui ! Et sur l'inactivité de Tu-Sais-Qui durant les vacances aussi, avança le rouquin.
Le sorcier se contenta d'opiner puis se rendit chez le directeur, impatient de commencer sa troisième heure de cours.
Lorsqu'il entra dans son bureau, le vieil homme était penché au-dessus de sa fameuse Pensine, l'air préoccupé. Son visage ridé, fatigué par une longue réflexion pénible, était strié de reflets argentés, émanant des filaments de pensées entremêlés dans l'eau tournoyante. Jamais Harry ne l'avait vu si soucieux. Jamais Dumbledore n'avait eu l'air aussi vieux. Il ne s'aperçut pas tout de suite de la présence de Harry, lequel dut se racler bruyamment la gorge pour que le professeur daigne lui accorder un regard.
Ah ! Harry, je t'attendais, lui sourit-il avec son éternelle bienveillance. Nous n'allons pas reprendre là où nous nous sommes arrêtés la dernière fois car j'ai plusieurs choses à te montrer qui sont de la plus haute importance.
Harry se contenta d'hocher passivement la tête. Il avait hâte d'en découvrir davantage sur les desseins de Voldemort. Il désirait en apprendre plus sur ce qu'il s'était produit une semaine plus tôt pour qu'Edward revienne à Poudlard dans l'état d'un morceau de viande sanguinolent à moitié mâchouillé.
Dumbledore lui présenta le fauteuil devant son bureau, l'invitant à s'assoir.
Le jeune sorcier s'installa et attendit la suite, patient.
-Comme tu as pu le constater Harry, aucune attaque alarmante pouvant indiquer une quelconque activité de Lord Voldemort n'a été signalée durant ces trois derniers mois, depuis l'histoire au ministère en somme... Sauf la semaine dernière, où il est passé à l'acte et s'en est pris à une personnalité a priori très utile pour lui. Nous n'allons pas nous attarder sur ce qui l'a poussé à faire ceci car j'en ai déjà ma petite idée, mais plutôt sur ses nouvelles ambitions et, malheureusement, ses nouveaux alliés.
Harry se demanda vaguement si le mot "personnalité" était destiné à Edward, mais il se reconcentra sur ce que lui disait son enseignant, bien trop intrigué pour se soucier de détails aussi futiles.
-Expliquez-moi professeur, qu'entendez-vous par "alliés"? interrogea-t-il, perplexe et inquiet quant à l'idée que Voldemort puisse disposer d'une aide quelconque pour effectuer ses crimes.
-D'après mes sources, Voldemort se serait lié à des... créatures pour le moins insolites.
Harry fronça les sourcils tandis que le directeur croisait les doigts sous son menton.
-Je vais t'expliquer en détails en second lieu mais voyons d'abord le témoignage d'un alchimiste renommé qui va t'apprendre globalement de quoi il s'agit.
Il le conduisit jusqu'à la Pensine et Harry attendit que Dumbledore lui en intime l'ordre avant de se laisser glisser dedans. La sensation familière et presque naturelle de tomber ne l'effraya nullement. Il commençait à avoir l'habitude de ces traversées dans le temps et les mémoires.
En atterrissant, Harry laissa échapper un cri d'effroi. Il s'attendait à sentir sous ses pieds une surface dure comme de la pierre ou meuble comme de la terre, cependant la surface visqueuse, collante et glissante s'étalant sous lui témoignait d'un sol couvert de… Sang. L'odeur nauséabonde de l'hémoglobine lui remonta dans la gorge, provoquant chez lui un haut-le-cœur qu'il retint de justesse. La puanteur était indéfinissable, à mi-chemin entre celle d'un cadavre en pleine décomposition et celle de la viande calciné. Dans les ténèbres glacées retentissaient des sanglots faibles, pathétiques, encouragés par de puissants râles inhumains, un horrible mélange entre la respiration rauque d'un homme asthmatique et le brame du cerf. Tremblant autant de peur que de froid, Harry ferma les yeux. Ainsi espérait-il échapper à cette synesthésie cauchemardesque qui s'opèrerait si jamais ses yeux s'habituaient à l'obscurité. Pour la première fois, il eut envie de prier Dieu. Dans cette pièce qu'il sentait exigüe, régnait un sentiment d'oppression mortifère.
Malheureusement, à force de battre des cils, son regard perça la pénombre et un spectacle formidablement morbide se révéla à lui.
Un corps s'agitait au centre même de la pièce. Pris de convulsions et de spasmes violents, il se contorsionnait dans tous les sens, gémissait, grondait, vomissait une quantité astronomique de bile noirâtre cadavérique. Près de lui, un homme était recroquevillé sur lui-même. La tête entre les mains il pleurait doucement, poussant de longues lamentations inaudibles, une litanie cruelle, emplie de reproches, un pamphlet envers lui-même et envers la vie toute entière.
Harry dévisagea le malheureux. Il avait un beau visage, malgré les larmes qui rougissaient ses yeux de couleur ambre. Une barbe blonde, un peu désordonnée, garnissait sa mâchoire carrée et volontaire, ses cheveux, clairs également, étaient rassemblaient dans une queue de cheval basse lui donnait un air noble. Sa ressemblance avec Edward sauta aux yeux d'Harry qui ne s'y attarda pas outre mesure, trop perturbé par ce souvenir dérangeant qu'il était en train de vivre.
Le corps désormais inerte présentait l'ossature d'un jeune adulte. Autrement, rien de ce que ce tas de chair grouillant montrait ne permettait d'identifier cette chose. La cage thoracique béante laissait s'écouler les vicaires pourrissants de même que les organes encore chauds et palpitants. Les yeux noirs furibonds roulaient dans leurs orbites, aveugles et bestiaux, incrustés dans une figure dérisoire, fendue par une énorme bouche à la langue gonflée. Une sorte de brouillard blanc au parfum de mort s'échappait du gosier décharné, masquant un court instant le visage brulé de la créature.
Harry recula d'un pas, puis de deux, horrifié, écœuré comme jamais il ne l'avait été. Il marcha par inadvertance sur un morceau de craie qui trainait par terre. Il sursauta quand elle craqua et son pied rencontra une courbe soigneusement tracée au sol. Il s'éloigna du centre de la pièce pour se poster dans un coin où il pouvait avoir une vue d'ensemble. Il retint une exclamation de stupeur en reconnaissant ce jeu mathématique, ces formes savamment enchevêtrées pour former un cercle parfait de transmutation humaine.
La main de Dumbledore s'abattit sur son épaule avec douceur.
-Tu comprends à présent ? Demanda-t-il avec calme.
Les yeux légèrement exorbités, le jeune sorcier ne put qu'acquiescer
-Oui, une transmutation humaine ratée et qui donnera naissance à une créature appelée "homonculus", lui expliqua-t-il d'un ton navré. Maintenant voyons autre chose d'un peu moins… Perturbant si je puis dire. Cela ne durera que quelques secondes alors concentre-toi bien.
Ils tourbillonnèrent quelques instants dans le vide, pour permettre à Harry de reprendre contenance. L'atrocité de cette réminiscence l'avait bouleversé.
Le décor changea du tout au tout. Ils se trouvaient à présent dans une impasse sombre au fond de laquelle se dressait la silhouette pâle et surnaturelle de Voldemort, accompagnée de Lucius Malfoy. Celui-ci avait l'air passablement agacé et faisait tournoyer sa baguette magique entre ses doigts habiles, dans une vaine tentative d'apaisement. Harry déglutit avec difficulté et s'avança pour obtenir un meilleur champ de vision.
-Mais qu'est-ce que t'as fait, imbécile ! Beugla quelqu'un au-dessus d'eux.
Machinalement, Harry leva la tête. Un garçon à l'allure très androgyne parut tomber du ciel, ses longs cheveux noirs aux reflets verdâtres réfractaires à tout phénomène d'attraction terrestre.
« Un ananas » songea Harry, réprimant un rire intérieur. Cependant, il retrouva rapidement son sérieux.
-T'ain! Tu sais qu'on a besoin de lui ! Mais t'es vraiment un crétin, hurla le nouvel arrivant, visiblement furieux.
Il pointa du doigt un petit corps ensanglanté, gisant face contre terre. Harry reconnut Ed grâce à sa chevelure blonde se répandant en mèches éparses et rougies de sang sur les pavés. L'élastique avait dû glisser quelque part.
-Il a provoqué le Seigneur des Ténèbres. Si tu n'es pas content tu n'as qu'à lui venir en aide ! Siffla Malfoy, hautain.
-Pfff jamais de la vie ! Autant qu'il crève ! T'as de la chance que le géant arrive. Il a été alerté par vos éclairs donc je voulais m'en débarrasser, mais vue la situation…
-Je pense que c'est bon, interrompit Dumbledore en levant sa baguette magique.
La scène se fondit en un tourbillon de couleurs ternes, les sons mourant à mesure que le souvenir se dissipait.
Le bureau de Dumbledore, tel qu'ils l'avaient quitté plus tôt, remplaça la ruelle sordide. Encore un peu déboussolés, ils se rassirent et Harry posa la question qui lui brulait les lèvres, à savoir l'appartenance du premier souvenir.
-A un vieil alchimiste ayant vécu il y a quatre-cent ans, répondit le directeur. Il est connu sous le nom d'Hohenheim le Lumineux. Inutile de te révéler l'auteur du second ?
Le brun opina.
-Donc en fait, la personne qui était aux cotés de Voldemort dans le dernier souvenir, c'était un homonculus ? Mais où et le rapport avec Hohenheim le Lumineux ?
-Eh bien, c'est assez subtil, soupira Dumbledore. Je pense pouvoir affirmer que la transmutation d'Hohenheim est à l'origine de ce nouvel individu.
-Celui-ci en particulier ne m'a pas l'air bien costaud, avoua Harry. Comment cela se fait-il que Voldemort se montre si docile avec lui ?
Le directeur lui expliqua alors tout ce qu'il avait appris sur les homonculus, en omettant les détails concernant Edward. Au fur et à mesure de son récit, Harry prenait conscience de l'ampleur de la situation. La guerre qui les opposait à Voldemort avait dépassé le cadre du monde des Sorcier, s'étendant à travers les âges et les Mondes.
-Dans ce cas, comment fait-on pour reconnaitre ces choses ? Elles pourraient être partout ! Même dans l'école, s'exclama Harry une fois que Dumbledore eut terminé.
-Les homonculus sont semblables aux êtres humains à un détail près. Ils ont un signe visible. L'ouroboros. Il représente un serpent se mordant la queue et il est l'emblème de l'éternel retour et du caractère cyclique du temps. Ainsi, les homonculus peuvent se régénérer à l'infini s'ils ne sont pas vaincus par une force alchimique. De plus, les homonculus ne sont pas très nombreux, peut-être sept ou huit et je pense que le professeur Mustang les connait suffisamment pour les déceler.
-Ça veut dire que si ces créatures restent liées à Voldemort, les alchimistes devront entrer en guerre de notre côté ! fit remarquer l'Elu, une boule naissant dans sa gorge.
L'idée d'enrôler d'autres pays dans cette guerre l'inquiétait au plus haut point. Les populations étaient toujours incroyablement meurtries, même après les treize années qui ont précédés la disparition du mage noir.
-Probablement, souffla Dumbledore. A présent, je pense que tu as tout ce qu'il faut pour pouvoir m'aider à en apprendre davantage sur les homonculus et les desseins de Voldemort... Je compte sur toi.
Les pas d'Harry résonnaient dans le silence du château. Il avançait le dos courbé, serrant ses bras autour de son corps grelottant. Ce n'était pas que le froid ambiant qui le faisait trembler, mais également la peur qui l'habitait depuis qu'il avait quitté le bureau du directeur. Les images qu'il avait vues étaient affreuses, tant physiquement que psychologiquement. La vision d'un corps distordu, convulsant et rendant sur le sol moult substances étranges risquerait de persister dans ses rêves. Il n'osait pas imaginer le traumatisme d'une personne ayant effectué un tel acte.
Ses pieds le menèrent directement à la tour de Gryffondor, sans qu'il ne s'en aperçoive vraiment.
Encore groggy, Harry se posta devant le portrait de la Grosse Dame tout en essayant de se remémorer le mot de passe. A son grand désarroi, il vit que celle-ci n'était pas dans son cadre, ni dans aucun autre environnant. Il poussa un juron et fit volte-face, dans l'espoir de la retrouver. Elle devait être avec son amie Violette. Il arpenta les couloirs voisins à sa rechercher, sans grand succès.
Son regard se porta sur une salle de classe, encore éclairée malgré l'heure tardive. Un professeur qui travaillait encore à cette heure-ci, voilà qui était étrange. Il plaça son œil dans l'interstice du mur et de la porte et observa. Il ne fut qu'à moitié surpris en constatant que l'occupant de la pièce n'était d'autre qu'Edward. Le petit blond était agenouillé devant la cheminée dont le tremblotement des flammes plongeait la salle dans une torpeur flamboyante. Il paraissait en pleine discussion avec quelqu'un car une voix fluette s'éleva depuis l'âtre.
-Tu te rends compte de la peur que tu m'as fichue ! S'écria-t-elle d'un ton paniqué. Ne te voyant pas sur le quai, je suis allé au QG et là, qu'est-ce qu'ils me disent ? Que tu as mystérieusement disparu en ne laissant derrière toi qu'une trainée de sang suffisante pour remplir une piscine municipale ! Il ne t'est pas venu à l'esprit que je pourrais m'inquiéter ! Mais non ! Monsieur a préféré retourner chez les sorciers sans donner signe de vie ! Une semaine que je te crois disparu, voire mort !
-Calme-toi, supplia Ed en se mordant la lèvre inférieure, comme si cela empêcherait son interlocuteur d'hausser le ton.
Harry se dit qu'il ferait mieux de s'en aller et de laisser son ami « parler » tranquillement, cependant, il ne put s'empêcher de rester, animé par une curiosité mal placée.
-Me calmer, beugla l'autre avec indignation. Me calmer! Nan mais oh, tu n'as même pas daigné m'envoyer la moindre lettre pour me dire que tout allait bien...
-Parce que tout n'allait pas bien justement! J'étais à moitié mort je te signale! Le coupa le blondinet. Je t'expliquerai plus tard, promis, je...
-Des promesses, toujours des promesses… Quand te décideras-tu enfin à passer à l'acte! L'interrompit son vis-à-vis.
L'atmosphère, déjà pesante, s'alourdit davantage. Penaud, Edward baissa la tête, le regard misérable. Il se reprit et tenta d'afficher un pâle sourire.
-Al... Je sais que c'est dur pour toi mais... laisse-moi du temps. Patiente encore un peu, je suis sûr que nous sommes sur la bonne voie, tenta Edward avec confiance.
Après un court silence, le dénommé Al s'excusa, une once de sanglots dans la voix.
-Pardon grand frère. Mais tu vois, parfois, je me dis que ce que nous entreprenons est vain. J'en ai assez de ce corps, j'en ai assez de te voir supporter le tien, comme un fardeau. Si c'es tpour vivre ainsi, je préfèrerais être mort !
- Je t'interdis de penser une chose pareille ! S'emporta Ed.
Son cri se répercuta en écho dans la salle de classe et Harry pria pour être le seul dans l'école à l'avoir entendu.
-Comment tu peux dire ça ? Sais-tu seulement pourquoi je suis ici ? Ce type, là, Voldemort, s'est lié aux homonculus. Ou bien je rejoints ses rangs, ou bien il tentera de me tuer ou de TE tuer! Je pourrais te rendre ton corps si seulement tout le monde n'essayait pas d'avoir ma peau...
Il avait fait mouche, et l'autre voix se tut.
-Pardon Nii-San, j'ai été idiot de dire ça... Mais tu comprends, je... j'ai peur pour toi. Pour toi et pour moi, chuchota-t-il enfin au bout de longues secondes de mutisme.
-Je sais Alphonse, je sais... compatit son aîné doucement. Al, nous nous reparlerons bientôt, ok ? Pour l'instant je dois continuer mon boulot ici et avec un peu de chance, je trouverais vite quelque chose pouvant nous mettre sur une nouvelle voie autre que celle de la pierre philosophale!
-Mouais, fit son cadet d'un ton sceptique. Bon bah... A bientôt Nii-san, et pense à nous écrire de temps en temps!
-Ouais t'inquiète, répondit Edward en guise d'au revoir.
Puis il vida un pichet d'eau sur les flammes qui s'éteignirent aussitôt. Harry sursauta, prêt à s'enfuir si le garçon approchait. Mais ce dernier se contenta de rester statique devant l'âtre, le corps raide et vouté. Il sortit de sa poche une montre à Gousset argentée et l'ouvrit. L'inscription gravée à même le métal luisait à la lueur du feu, sauf qu'Harry était trop éloigné pour lire ce qui était écrit.
-Merde! Siffla Edward en la balançant violemment sur le sol.
Il y eut un bruit métallique et l'objet se brisa dans une plus d'écrous et de vis.
Il ferma les yeux en poussant un profond soupir de lassitude, puis se laissa glisser le long du mur. Lorsque ses paupières se soulevèrent à nouveau, son regard était d'une force nouvelle, surprenante.
-Je les tuerais ! Tous... Tous ceux qui se mettront en travers de notre chemin, Al ! Je te le jure, je me battrai corps et âme!
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OWARIIIIII ~
