Merci à Devil pour ta review ! En cadeau très chère, ton unité Juicy-boy sera livrée sous vingt-quatre heures ! Merci de ta fidélité et de ta review qui ... a a fait péter le nombre de caractères autorisés par FFpointNet ! Bien joué !
Titre:Bullets and Blood's Family
Chapitre : Bloody Sunday part 2 / Cookie
Auteur: Edeinn
Rating: T (Attention aux plus jeunes: Langage vulgaire/Mots de sexe ….) Pour l'avertissement spécifique à l'ensemble du chapitre, merci de se reporter à la fin du chapitre 6 part 1
Spoilers: Saison1 pour le moment/ Episode 6 Bloody Sunday
Résumé général: Sept ans qu'elle avait fait le chemin inverse pour fuir à l'Est. Fuir toute cette merde, toute cette haine et cette douleur qui l'avaient bouffée, presque détruite. Jamais Charlie n'aurait pensé revenir. Et pourtant, elle revenait.
Disclaimer: Les éléments scénaristiques de la série, les personnages, et certains dialogues sont la propriété du génial Kurt Sutter. Je ne perçois pour cette fiction aucune contrepartie financière.
Bonne Lecture...
(17 Octobre 2008)
Part2 : Cookie
Elle n'aimait pas conduire un autre véhicule que son Impala, qu'elle conduisait depuis ses seize ans, sans jamais lui avoir été infidèle plus d'une journée. Mais la boîte automatique ; la hauteur du véhicule ; la souplesse de la conduite et le confort de l'habitacle, eurent raison de ses appréhensions avant qu'elle n'ait le temps d'arriver chez les Winston.
— « Finalement, le 4 × 4 c'est pas si mal, reconnut-elle en verrouillant les portières.
— Alors l'Impala a fini par lâcher ? lui cria Donna de son perron.
— T'es folle ? lui répondit-elle en faisant les gros yeux, alors qu'elle la rejoignait. C'est du solide mon bébé : elle peut rouler dix ans encore, affirma-t-elle en embrassant la régulière d'Opie. Elle est au garage. La direction, grimaça-t-elle. Mais même si ce monstre noir garé devant est vachement sympa, j'ai hâte de pouvoir le rendre à son propriétaire et de récupérer ma voiture chérie !
— Entre, j'te fais un café, lui proposa Donna avec un sourire sincère, contente de la visite impromptue de la jeune femme : elle souhaitait vraiment, pour Opie notamment, que le lien entre elles se renforce.
— Merci Done, répondit Charlie en la suivant dans la cuisine. Qu'est-ce qui t'fait rire ? s'étonna-t-elle en entendant la régulière ricaner.
— Rien c'est … Je crois que tu es la seule personne à m'appeler encore Done, se justifia-t-elle. Qu'est ce qui me vaut le plaisir de ta visite ? demanda-t-elle en lui donnant un mug.
— Merci. J'ai besoin d'avoir une raison pour venir ici ? fit angéliquement Bax, sachant pertinemment que Donna ne croirait pas une seconde à son innocence.
— Qui t'envoie ? rétorqua Donna sur la défensive, en reposant sa cafetière.
— Mouais, grimaça Baxie. Disons que je suis punie, et…
— Oh, ta punition consiste à venir tenir compagnie à la vieille mégère que je suis, grinça la jeune mère en soupirant, exaspérée que tous la considèrent comme un boulet pour Opie.
— Nope ! Clay m'oblige à aller faire du shopping ! se défendit Baxie précipitamment, mise mal à l'aise par la réplique acerbe de la régulière. Chibs et lui estiment que traîner au garage en harcelant les mécanos n'est pas une définition acceptable d'un « truc de gonzesse » ! plaisanta-t-elle, espérant détendre un peu l'atmosphère. J'espérais que tu sois assez compatissante pour me soutenir dans cette douloureuse épreuve.
— Tu sais que la grande majorité des femmes ne considère pas comme une punition d'aller faire les magasins ? se moqua Donna en haussant les sourcils, un sourire en coin.
— Oh, moi non plus, soyons d'accord ! protesta Charlie, sincère : faire les magasins ne lui déplaisait pas, mais que Clay l'y obligeât la contrariait un peu. Gemma va encore prétendre que je suis lesbienne, sinon !
— Pourquoi ça ne m'étonne pas ? répliqua son amie, narquoise.
— Gemma restera toujours Gemma, soupira Charlie d'un air entendu. Bref, disons que quand ça vient de Clay, c'est une punition. Et qu'il veut à tout prix m'éloigner de mon bébé. Monstre sans cœur qu'il est ! s'offusqua-t-elle pour la forme.
— Ta relation avec cette voiture est malsaine, l'admonesta Donna, songeant que la jeune femme avait passé trop de temps dans ce garage, appréciant dorénavant plus sa voiture que des occupations plus féminines.
— Malsaine, j'aurais tout entendu ! s'offensa Bax, en levant les yeux au ciel. Elle a une valeur sentimentale cette voiture. Et puis, c'est ma plus fidèle amie depuis, quoi, huit ans déjà. Je n'ai jamais réussi à garder une amie aussi longtemps, d'ailleurs ! rigola la jeune femme. Alors, tu viens avec moi ? minauda-t-elle les yeux suppliants, la bouche en cœur. Je n'ai pas vraiment envie d'être toute seule.
— Et c'est moi que tu es venue voir ? Spontanément, rétorqua Donna, méfiante et surtout pas dupe de l'origine réelle de cette prétendue initiative.
— D'accord, ça m'a été fortement suggéré, admit Bax dans un soupir.
— Vas-y, Baxie, occupe-toi de la sorcière d'Opie qui l'empêche de revenir avec ses potes ! parodia-t-elle sans humour, juste profondément blessée d'être toujours celle que l'on accablait de tous les maux : elle voulait simplement garder son homme près d'elle et pas derrière les barreaux d'une prison, ce n'était pas une faute tout de même.
— L'imitation n'est pas mauvaise, mais le texte est nul ! renchérit Bax en plaisantant, tandis qu'elle maudissait intérieurement Clay de l'avoir embarquée dans une telle situation. C'était plutôt, genre : trouve-toi des amis et fiche nous la paix ! gronda-t-elle avec une voix grave pour imiter son père. Vu que je n'ai pas d'ami, ce qui s'en rapproche le plus, c'est sans doute toi, se justifia-t-elle en braquant son regard sérieux dans les yeux de la régulière.
— Ce serait presque touchant, lui accorda Donna avec un léger sourire.
— Je sais : j'ai une âme de romantique moi, m'dame !
— Le café ne te réussit pas, on dirait, répliqua la jeune mère, tout en enlevant leurs tasses vides pour les mettre dans l'évier, alors que son sourire s'élargissait. On prend ta super voiture, décida-t-elle en attrapant son sac et sa veste.
— Ok, mais tu conduis : je n'ai pas trouvé la boite de vitesse, j'étais un peu perdue, accepta Charlie en riant, contente finalement que Donna accepte de l'accompagner et de se changer un peu les idées.
— Oui, c'est p'tête plus prudent que je prenne le volant, en effet, répondit Donna en lui jetant un regard faussement affolé.
— Où sont Ellie et Benny ? demanda poliment Baxie tandis qu'elles se dirigeaient à la voiture.
— Kenny, la corrigea la mère.
— Merde. C'est moche en plus Benny ! fit-elle en guise de pitoyable excuse.
— A l'école. Comme tous les enfants de leur âge, un jour de semaine.
— Certes. J'ai plus vraiment l'habitude, se défendit Bax. Et toi, tu n'travailles pas ?
— Je suis en repos. J'en profite pour faire un peu de ménage et…
— Super repos ! s'exclama la jeune femme, sidérée. Heureusement que je suis venue te sauver de tes balais, alors !
— T'es mon héros ! ironisa Donna en grimpant dans le 4 × 4.
— C'est Ope qui va être jaloux !
— J'peux te demander pourquoi t'as la tête d'un boxeur à la sortie du ring ? osa enfin Donna, la question sur le bout de la langue depuis qu'elle avait vu Bax sortir de la voiture.
— Le boulot, éluda la jeune femme.
— Ouais. Le boulot… grinça la régulière, le ton chargé de sous-entendus.
— Et ce n'était pas pour le Club. Je n'bosse pas pour le Club, contra Bax, ayant parfaitement perçu le fil des pensées de sa compagne.
— Pas encore. C'est ce qu'Opie disait lui aussi, soupira-t-elle morose.
— Ouais, ben je n'suis pas Opie. Ça, c'est son problème, cracha Charlie un peu sèchement.
— Non, c'est l'mien, opposa Donna, les yeux fixés sur la route, pour se donner un minimum de contenance. »
Elle détestait toute cette merde entre Opie et elle, depuis que son mari était sorti de prison. Il lui avait juré qu'il ne travaillerait plus pour le Club, qu'il ne mettrait pas à nouveau sa famille et sa liberté en danger pour SAMCRO. Mais Donna le voyait s'éloigner irrémédiablement, lui échapper à nouveau. Il était incapable de quitter SAMCRO, pas foutu de choisir sa famille plutôt que son Club de biker. Et ça mettait Donna hors d'elle. Elle ne voulait pas le perdre.
— « Done, est-ce que ça va ? demanda doucement Bax en voyant le visage de Donna se peindre d'un air douloureux.
— On traverse une mauvaise passe et…
— Non, pas ton couple, toi, l'arrêta Charlie.
— Parce que ça t'intéresse peut-être ? cracha Donna acide, en stoppant la voiture à un feu rouge. Je sais que le Club me considère comme la dernière des garces parce que je retiens Opie. Mais tu sais quoi, ben j'vous emmerde tous ! tonna-t-elle.
— Wow… S'il te plaît, rappelle-moi de n'surtout pas demander des nouvelles de tes gosses, marmonna Bax en se tassant sur son siège, fixant un point imaginaire droit devant elle, douchée par le coup d'éclat de son amie. Mais je n'suis pas le Club, Donna, osa-t-elle tout de même ajouter, pour rappeler à la régulière, qu'elle n'était d'aucun parti pris, sauf peut-être celui d'Opie.
— J'suis désolée, Bax, souffla Donna, sincèrement repentante : après tout, la jeune femme n'y était pour rien.
— C'est rien. C'est sorti, maintenant. T'en avais besoin, la rassura Charlie, cependant toujours méfiante qu'un excès de fureur ne reprenne la conductrice.
— Tu sais, je t'envie des fois : ta vie est tellement plus simple, avoua-t-elle sombrement. Sans mari, sans enfant, sans galère de fric, sans Club.
— Ouais, t'as raison. Ma vie est simple, répéta aigrement Bax. Un modeste mais confortable appartement. Un chat. Pas de dettes. Un job qui paye bien, énuméra-t-elle sans enthousiasme. Mais tu sais quoi ? Je n'peux même pas partager tout ça. Je n'ai personne dans ma vie : pas de mec, pas d'enfant. Deux amis, mais qui s'avèrent en réalité être mes collègues de travail, ricana-t-elle sans joie, apitoyée sur sa vie sans saveur. Alors, je rentre le soir chez moi – pas souvent d'ailleurs – dans un appartement vide et silencieux. Je raconte mes journées à mon chat, qui reconnaît plus ma voisine que moi. Je ne sors pas. Je ne drague pas. Je n'baise plus, ajouta-t-elle atterrée. Pas d'famille. Pas d'attache. Je suis libre d'aller et de faire ce que bon me semble, admit-elle. Mais je n'le fais pas. Parce que je n'ai pas de raison d'le faire, se justifia-t-elle, le regard vague. Je vis pour mon boulot : je mange, je dors et je pense boulot. Alors ouais, ma vie est simple. Très simple.
— Je suis désolée, Bax, je n'voulais pas… s'excusa Donna, craignant d'avoir involontairement heurté la jeune femme.
— Ne t'méprends pas. Ça m'convient, intervint Baxie, avec honnêteté. J'ai choisi cette vie. Je n'veux pas être en couple, je n'veux pas d'enfants, et je n'ai pas vraiment le temps de me faire des amis. Surtout de les garder en fait, rectifia-t-elle, se moquant de sa propre asociabilité. Pas de relation de dépendance quelle qu'elle soit. Je n'veux pas avoir à compter sur les autres, et surtout pas que les autres comptent sur moi. C'est c'que j'voulais. Pas toi. On n'peut pas comparer nos vies, Donna.
— C'est pour ça que t'es revenue ? Pour ta famille. Pour ne plus être seule, s'enquit Donna, comprenant maintenant mieux ce qui avait pu pousser la jeune femme à revenir à Charming : elle, elle n'aurait pas été capable de mener cette vie sans famille, sans amour et sans enfants.
— Je n'suis pas revenue. Je suis d'passage, Donna. C'est tout, protesta Charlie.
— Connerie ! Je n'te crois pas.
— Ça tombe bien, moi non plus, confessa Bax dans un murmure.
— Tu as besoin de SAMCRO. Ouais, je sais, comme Opie, ajouta Donna sous le regard perplexe de Bax.
— Écoute Done, j'vais m'en vouloir dans cinq minutes de ce que je vais faire, s'excusa-t-elle par avance. Parce que je ne sais pas comment Clay s'y est pris, mais il va parvenir à ses fins : je vais t'dire exactement ce qu'il veut que je te dise, grimaça-t-elle, mécontente de l'influence que son paternel pouvait encore exercer sur elle. J'suis sûre que c'est pour ça qu'il m'a envoyée te voir. Pourquoi tu luttes, Donna ? lâcha-t-elle après une grande inspiration, tandis que Donna garait le 4 × 4 devant un coffee shop du centre-ville.
— Pour ma famille, répondit Donna avec gravité, une fois le moteur coupé.
— Ce n'est pas rationnel, réfuta Baxie en secouant la tête, tout en observant pensivement le couple d'amoureux qui batifolait en terrasse, comme seuls au monde. Tu veux protéger ta famille ? La garder unie autour de toi ? T'as raison. Et c'est aussi c'que veut Ope. Mais la famille d'Opie, c'est Kenny, Ellie, toi et SAMCRO, lui rappela-t-elle, en cherchant en vain à capturer le regard de la régulière. Si tu veux lui prendre ça, tu l'perdras.
— Ce n'est pas juste. Je l'ai déjà perdu une fois, se désola l'épouse au bord des larmes. Et c'est facile pour…
— Pour moi ? proposa Charlie. Oui. SAMCRO, c'est tout ce que j'ai. C'est ma seule famille. Alors, je dois accepter de prendre toute la merde qui va avec. C'est vrai que c'est différent pour toi : t'es obligée de t'adapter, reconnut-elle.
— Je n'suis pas obligée ! protesta Donna avec véhémence en frappant brutalement le volant.
— Arrête tes conneries, tu veux. Quand tu as épousé Ope, tu as épousé sa famille : SAMCRO, riposta Bax. Si ce qui compte c'est ta famille, alors ouvre les yeux ma grande : le Club est ta famille. Oh bien sûr, tu luttes contre ça de toutes tes forces. Mais tu ne gagneras pas, asséna-t-elle avec brusquerie. Je l'ai fait aussi : et t'as vu l'résultat ! J'aime Opie, et si je te dis tout ça, c'est parce que je te vois malheureuse, et que ça, ça le rend malheureux.
— Je n'veux pas d'cette vie, refusa Donna dans un souffle.
— Ok. Mais t'as que deux solutions, certifia-t-elle. Façon Mary Winston : tu prends tes gosses sous l'bras et tu te tires. Ope ne t'en empêchera pas, il sait que les enfants seront mieux avec toi qu'avec lui, affirma-t-elle sans l'ombre d'un doute : sans Donna, elle savait qu'Opie serait perdu, incapable d'élever ses gosses convenablement, et lui aussi le savait. Mais tu perds Opie. La deuxième…
— Façon SAMCRO, acheva la régulière, fataliste. Et j'prends le risque qu'il soit tué.
— Ouais. Mais tu gagnes une grande famille unie, ironisa Bax. C'est c'que tu veux, non ? »
Donna ne prit pas la peine de répondre, préférant clore la discussion là. Aussi, elle se recomposa un visage et descendit de la voiture. Elle regarda fixement Baxie quand celle-ci la rejoignit : cette jeune femme mûre et raisonnable n'avait plus rien à voir avec l'adolescente qu'elle avait frappé un soir de juin, huit ans plus tôt. Non, à celle-là, elle sentait qu'elle pouvait faire confiance ; que malheureusement pour elle, chacun des mots qu'elle avait prononcé était pensé ; le fruit d'une longue réflexion. Ce n'étaient pas des paroles en l'air : Charlie connaissait suffisamment l'Opie de SAMCRO pour savoir qu'il ne partirait pas. Qu'il n'en aurait pas la force. Alors, si Bax avait été dure avec elle quelques instants plus tôt, elle ne lui en tenait pas rigueur : c'étaient les paroles et les conseils d'une amie, ni plus ni moins. Quelque chose semblait avoir changé entre elles. Plus grave mais aussi plus léger. Elles partageaient quelque chose dorénavant ; une complicité honnête qui plut à Donna. Après tout, Bax comme elle, avait besoin d'une amie, d'une alliée, ici à Charming. Alors, Donna s'efforça à sourire et entraîna son amie par le bras pour une matinée dédiée au shopping.
OoOoOoOoO
— « Bon allez maman, j'te redépose chez toi, t'as des gosses à élever quand même ! lança Charlie à Donna en fourrant les sacs dans la voiture. »
Finalement, ce fameux shopping s'était bien passé. Bax devait même reconnaître qu'elle avait passé un excellent moment. Donna se révélait être d'agréable compagnie : piquante et pleine d'humour, et les deux femmes avaient volontiers prolongé ce moment autour d'un repas, puis d'une promenade dans les jardins municipaux de Charming. La jeune femme était contente : sa compagne avait pu, pour quelques heures, laisser ses tracas quotidiens de côté, et Charlie était sûre que cela lui avait fait du bien.
— « Oh, j'me disais, commença Donna, j'ai fait des cookies. Ils sont à la maison : on pourrait aller les chercher et les amener au Club. Ils ont toujours faim ! plaisanta-t-elle enjouée et enthousiaste. Ne m'regarde pas comme ça, Bax ! soupira Donna devant le regard incrédule de son amie. C'est toi qui le dis : je veux une grande famille unie ! parodia-t-elle en levant les yeux au ciel. Peut-être que si je prouvais à Opie que je fais des efforts…
— Comme tu voudras, accepta Baxie. C'est juste que le changement me semble un peu brutal.
— C'est que cette journée m'a mise de bonne humeur. Il n'en sera sans doute pas de même la prochaine fois qu'Opie ratera le boulot à cause du Club, ajouta-t-elle défaitiste.
— Ok.
— Ok ?
— Je n'ai pas vraiment envie de relancer cette conversation, tu vois, grimaça Charlie. Et puis, si c'est ce qui te fait plaisir maintenant : faut pas s'priver ! Et j'adore les cookies ! s'exclama-t-elle gourmande. »
Bax s'arrêta devant chez les Winston, puis attendit que Donna fût sortie avec son assiette de biscuits et montée dans sa voiture, pour redémarrer, la jeune mère sur ses talons. Quand elles arrivèrent au Club, Opie était dehors, prêt à remonter sur sa Dyna. En voyant arriver sa femme, il enleva son casque et la rejoignit l'air soucieux.
— « Un problème avec les enfants, bébé ? s'inquiéta-t-il en embrassant sa femme.
— Non, répondit-t-elle avec un large sourire, ils vont bien, ne t'en fais pas.
— Salut Bax, dit elle en posant un baiser sur le front de la jeune femme.
— Salut Ope. Shopping, mec ! s'exclama Baxie en agitant deux grands sacs de vêtements, avant de s'éloigner pour rejoindre le garage où s'étaient réunis les Sons.
— Tout va bien, bébé, affirma Donna à son mari perplexe. On a passé la journée entre filles. Et puis, comme j'ai fait des cookies ce matin, j'me suis dit que je pouvais vous en apporter : que tu en manges au moins quelques-uns, avant que les enfants ne rentrent et ne dévorent tout, expliqua Donna faisant naître un sourire épanoui sur le visage d'Opie. »
Charlie n'en entendit pas plus, laissant les deux amoureux se bécoter tranquillement, pour entrer dans le garage.
— « Vous avez ouvert un centre de secours ? demanda-t-elle incrédule en voyant une ambulance dans le garage.
— On y songe, plaisanta son père en jetant un regard blasé à Kip.
— Laisse-moi deviner, Kippy : tu voulais être secouriste quand t'étais gosse ? railla la jeune femme hilare.
— Kippy ! beugla Chibs en accrochant le cou de son Prospect pour lui ébouriffer les cheveux. Si ce n'est pas mignon !
— Oh, ça va, râla Kip rougissant.
— Les emplettes ont été bonnes ? demanda Clay à sa fille en désignant d'un mouvement de la tête les paquets qu'elle tenait.
— Ouaip ! affirma-t-elle en fourrant les sacs dans les bras de Jax. Cadeau de Papy Près' au petit prince des Sons ! fanfaronna-t-elle gaiement.
— Ce n'est pas ce qui était prévu, la réprimanda gentiment Clay.
— Comme si t'avais cru une seconde que j'allais faire exactement ce que tu m'demandais ! s'indigna-t-elle en levant les yeux au plafond, alors que Clay soupirait : évidemment qu'elle aurait trouvé un moyen de contourner ses ordres. D'ailleurs, j'en ai déjà trop fait, ajouta-t-elle en lui faisant les gros yeux. Donna est là, précisa-t-elle devant l'air perplexe de son père, qui comprit alors le sous-entendu. Et d'ailleurs, je trouverais judicieux qu'on sorte de là, qu'Opie ne soit pas obligé de trouver une excuse bidon à lui servir pour ça ! proposa-t-elle en désignant l'ambulance. Elle a apporté de quoi remplir vos estomacs de sales goinfres ! »
Ces mots eurent l'effet escompté, puisque d'un même mouvement, tous les bikers sortirent du garage pour se diriger vers le clubhouse. Elle crut même apercevoir Juice se lécher les babines.
— « Qu'est ce que j'ai offert à mon petit fils, alors ? lui demanda Clay en marchant à ses côtés.
— Rien qui ne soit trop beau pour ce petit prince ! De la layette à foison. Des petites chaussures trop craquantes. Oh et une aire de jeu gonflable ! Pas le grand château gonflable, un truc pour bébé quoi, se justifia la jeune femme sous le regard ébahi de Clay. D'ailleurs, c'est dans ton coffre, faudra le déposer chez Jax. À moins que Gemma et toi ne vouliez le garder pour …
— Charlie ! l'interrompit Clay d'un air outré, dont sa fille ne comprit pas tout de suite la raison.
— Eh non ! se récria-t-elle quand elle saisit enfin le sens du grondement de son père. J'allais vraiment dire : pour les occasions où Abel serait chez vous ! se défendit Bax. Comme si j'allais vous offrir de quoi égayer votre vie sexuelle : ce n'est pas mon problème à moi. J'te jure que je n'veux pas de petit frère ! assura-t-elle en levant les yeux au ciel.
— Moi non plus ! cria Jax derrière eux hilare.
— Donna, tu es une déesse ! tonna la voix réjouie de Tig quand ils entrèrent dans le clubhouse. »
Autour d'une Donna tout sourire, les cinq bikers étaient agglutinés, enfournant avec bonheur les cookies maison qui disparaissaient à vue d'œil. Charlie fût sincèrement heureuse de voir son amie sourire et rire au milieu de SAMCRO. Elle était sûre que c'était tout ce dont Donna avait besoin : être reconnue et aimée au milieu des siens. Et à en voir le sourire ému d'Opie, qui enlaçait sa femme pour la protéger de l'assaut vorace de ses frères, on pouvait aisément imaginer que ses pensées suivaient le même chemin que celles de Baxie.
— « Eh, laissez-en un peu pour les autres, râla Jax en se lançant dans la mêlée.
— Que des gosses ! soupira Charlie amusée.
— Tu vois, elle est bien ici, au milieu de nous. C'est ce qu'il lui faut. À Opie aussi, vint chuchoter Clay tout près de sa fille.
— Ce n'est pas à moi d'en juger. Et ce n'était certainement pas à moi d'intervenir, rétorqua la jeune femme en adressant un regard plein de reproches à son père. Je n'aime vraiment pas quand tu t'sers de moi comme ça, Clay, ajouta-t-elle en reportant son regard sur Donna qui avait enfin réussi à se débarrasser de son assiette et du même coup des bikers affamés.
— Tu n'aimes pas répandre le bonheur autour de toi ? ironisa Clay.
— Le bonheur ? J'aurais appelé ça le mensonge, corrigea-t-elle sans la moindre agressivité dans la voix, ne souhaitant pas réanimer la discorde entre eux. En affirmant que SAMCRO était ce qu'il y avait de mieux pour Opie et les enfants, et donc pour elle, j'ai menti, Clay. Il y a un meilleur, ailleurs. Loin de la violence et de l'illégalité. »
Clay posa un regard inquisiteur sur sa fille. Elle avait parlé d'une voix clame et sans reproche : elle ne souhaitait pas se battre avec lui. Elle était juste honnête. Et Clay n'eût pas le courage, ni même l'envie d'essayer de la corriger, ou de se mettre en rogne. Après tout, il savait qu'elle désapprouvait nombre de ses choix. Elle le lui avait dit ce soir-là, après la victoire de Kip : elle voulait que les choses s'arrangent entre eux, mais pas au prix du sacrifice de ses convictions.
— « Sauf qu'il n'y a pas d'ailleurs pour Opie, fit le Près en reportant son regard sur le grand biker barbu. C'est Opie et SAMCRO. Il a ça dans le sang. Et si Donna veut faire partie de l'équation, il faut qu'elle l'accepte, affirma-t-il, sans avoir besoin de convaincre sa fille, elle savait malheureusement que c'était trop vrai : Opie était le Club, comme le Club était chacun d'entre eux.
— Merci frangine, les interrompit Jax en venant l'embrasser. Il va être beau comme un prince avec ça ! s'exclama-t-il enthousiaste en exhibant l'un des pyjamas sur lequel avait craqué Charlie dans la boutique.
— Remercie son Papy : j'ai juste fait la mule ! protesta Bax. Comme on sait bien qu'il ne foutra jamais les pieds dans une boutique de layette, commença-t-elle en adressant un regard en coin à Clay.
— Y'a votre mère pour ça, bougonna-t-il en souriant, avant de rejoindre le bar. J'espère que vous m'en avez laissé un, tonna-t-il de sa voix bourrue.
— Et remercie Donna, parait que j'y connais absolument rien en bébé, et qu'il ne faut surtout pas me laisser seule avec Abel ! s'indigna-t-elle en levant les yeux au plafond.
— C'est bon à savoir, rit Jax. Tu m'expliques ? demanda-t-il en désignant Donna de la tête.
— Pas envie, grommela Charlie. Vois ça avec ton Près.
— J'en ai sauvé un de la débâcle, lança Donna victorieuse en s'approchant de Bax, un cookie survivant dans les mains.
— Heureusement que je peux compter sur la solidarité féminine, parce qu'avec cette bande d'égoïstes… grinça Charlie amusée.
— Fallait bien que je trouve un moyen de te remercier pour…, hésita Donna. Pour cette journée. M'avoir changé un peu les idées, dit-elle reconnaissante.
— Tout le plaisir était pour moi ! s'exclama Charlie. Je te rappelle que j'étais punie, commença-t-elle, en criant le dernier mot à l'adresse de son père, qui lui renvoya un sourire moqueur. Et qu'en plus, je n'aurais jamais pu me débrouiller toute seule dans ces boutiques. Nan, mais franchement, vous saviez vous que la taille des vêtements de bébé, ça se comptait en mois et pas en années ? demanda-t-elle ahurie, incapable qu'elle avait été de faire la différence entre les tailles naissance, trois et six mois.
— Oui, répondirent en cœur les bikers.
— Ah bah oui, mais c'est normal ça : vous avez tous des gosses, se renfrogna-t-elle de mauvaise foi. Et toi t'en es encore un, balança-t-elle à Juice qui avait marmonné un vague « pas moi ». Et toi, n'la ramène pas, si tu n'veux pas en prendre aussi pour ton grade, prévint-elle Kip en le voyant ouvrir la bouche.
— Oh, il te reste un cookie, bébé ! fit Opie gourmand en voyant le biscuit dans les mains de sa femme.
— Ne touche pas à mon cookie, le gros ! le menaça Charlie en lui faisant les gros yeux, attrapant la friandise au vol. C'est ma récompense pour avoir sorti ta femme aujourd'hui !
— D'abord, ce n'est pas une tâche douloureuse dont tu doives être récompensée que de sortir avec ma magnifique femme, répondit-il en se dressant de toute sa hauteur devant Charlie, lui chipant le cookie au passage. Ensuite, je ne suis pas gros ! protesta-t-il en enfournant le biscuit tout rond dans sa bouche.
— Mon cookie ! s'indigna Charlie en lui tapant le torse. »
Elle le regretta aussitôt quand Opie la chargea d'un coup sur son épaule, comme s'il soulevait un vulgaire sac de pommes de terre, l'emmenant hors du Club, sous les rires de ses frères et de sa femme.
— « Excuse-toi, maintenant, exigea-t-il en emmenant la jeune femme vers le garage.
— Va mourir ! cracha-t-elle obstinée. Pose-moi, Ope !
— Retire ce que tu as dit : je ne suis pas gros, asséna encore le barbu.
— T'es gros, mec ! maintint Charlie. Putain, lâche-moi Opie!
— Excuse-toi, Bax, ou ça va mal finir, lui conseilla Jax qui les avait suivis, toute la troupe hilare sur les talons ; Clay en retrait, adossé à la porte du Club, un sourire satisfait sur les lèvres.
— Hors de question ! soutint Baxie, refusant de se soumettre à la menace, tandis que le bruit d'une Dyna se garant sur le parking se fit entendre, sans que personne à part Clay n'y prête attention, tous trop absorbés par le spectacle comique.
— Sois raisonnable, sweet heart, lui recommanda Chibs.
— Prospect, viens ici, ordonna Opie.
— Non ! hurla Bax en gigotant dans tous les sens, comprenant ce qu'Opie avait l'intention de faire. Winston, repose-moi par terre, putain de merde !
— Allume le robinet, Mi-couille, demanda Opie au Prospect hilare.
— Je te l'interdis, le somma la jeune femme. Kip, ne fais pas ça !
— Mi-couille, insista le grand barbu d'un air plus que convaincant.
— Holy shit, Kip, on est potes, non ? le supplia Charlie en voyant le rouquin poser la main sur le robinet. Allez, fais pas le con, mec !
— Tu l'veux ou pas ton top-rocker, Prospect, cria Juice, enflammé par l'agitation générale.
— Juice, espèce de… beugla la jeune femme. »
Les mots de Charlie se transformèrent en un hurlement strident quand Opie la planta sous le jet d'eau glacé. Elle profita que l'étau des bras du barbu se desserrât, pour fuir le plus loin possible de la douche froide improvisée. Mais le mal était fait, elle était déjà trempée jusqu'aux os, son jean lui collant désagréablement à la peau, tandis que ses chaussures émettaient de sinistres couinements mouillés, et que son débardeur blanc était devenu transparent maintenant qu'il était détrempé. Le réalisant, elle rabattit les pans de sa chemise pour cacher sa lingerie ainsi exposée, et recula précautionneusement en voyant qu'Opie tenait toujours le tuyau d'arrosage dans les mains, le regard perfide.
— « Harry Winston, pose ça tout de suite ! gronda-t-elle en continuant de faire marche arrière, se débarrassant en vitesse de ses tennis noyées, au cas où elle aurait à courir pour sauver ce qui pouvait lui rester de dignité. T'as eu ta vengeance, maintenant ça … s'interrompit-elle en se heurtant brutalement dans un corps derrière elle. Salut Happy, fit-elle prise au dépourvu, en faisant volte-face pour tomber nez à nez avec le biker de Tacoma. »
Charlie déglutit avec difficulté en levant des yeux hagards vers l'homme tatoué de partout. Figée par la surprise, elle ne parvint pas à sortir un seul mot, se contentant de fixer le biker dans les yeux, si proche d'elle, qu'un coup de vent aurait suffi à la plaquer contre l'homme.
— « Salut Bax, répondit-il simplement de sa voix grave en baissant le regard ; et Charlie réalisa alors que dans la précipitation, elle avait lâché sa chemise et laissait de nouveau à découvert plus qu'il n'était convenant d'en dévoiler, sous la transparence humide de son maillot blanc.
— J'ignorais que tu étais en ville, rétorqua-t-elle mal à l'aise en se couvrant précipitamment.
— J'ignorais que tu étais de retour, renchérit l'homme d'une voix posée et sans émotion.
— Salut mon frère ! tonna Tig en les rejoignant, sauvant la jeune femme de son embarras, pour venir serrer Happy contre lui. »
Charlie en profita pour s'éclipser en vitesse, passant devant Clay sans s'arrêter, malgré le regard intrigué de son père, et fila jusque dans l'une des chambres. Sans plus se soucier d'être trempée, elle s'assit sur le lit, essayant de reprendre son souffle et ses esprits. Si elle continuait à se comporter de manière aussi empruntée dès qu'elle croisait Happy, elle ne tiendrait pas longtemps face aux questionnements de son père. Bon sang, était-il possible qu'il lui fasse encore un tel effet après sept ans ? D'accord, Happy était torride. Le côté tatoué, dangereux et peu loquace ajoutait encore à l'espèce d'aura inquiétante qui se dégageait de lui, et Charlie adorait ça. Mais quand même, ce n'était pas une raison pour qu'elle perde ainsi tous ses moyens. Bordel, qu'elle détestait être surprise ! Il fallait qu'elle revienne vite dans le clubhouse et qu'elle fasse bonne figure pour ne pas trop semer le doute chez les bikers. Mais avant, il fallait absolument qu'elle reprenne le contrôle de ses hormones.
OoOoOoOoO
— « C'était quoi, ça ? lui murmura Donna à l'oreille en lui adressant un regard suggestif, quand elle les eût rejoints dans le club, séchée et changée. »
Depuis sa mésaventure de l'autre jour, elle avait laissé un sac de fringues au Club, et elle en avait été bien avisée : on n'est jamais trop prudent, parait-il.
— « Quoi, il te fait pas flipper, toi, Happy ? rétorqua Charlie sur le même ton, avec tant de naturel qu'il ne fût pas dur pour Donna d'être parfaitement convaincue.
— Un peu, ouais.
— La douche était bonne ? la provoqua Opie, hilare, attablé avec Jax.
— J'te tuerai dans ton sommeil, connard ! grinça-t-elle presque sérieuse. Donne-moi une bière, demanda-t-elle au Prospect derrière le bar. Merci, traître ! cracha-t-elle quand il lui tendit la bouteille décapsulée.
— Il est des nôtres ! clama joyeusement Opie en levant sa bière, hilare.
— Tu n'arriveras pas à me faire craquer, Ope, répliqua la jeune femme parfaitement maitresse d'elle-même. Mais crois-moi, mon gros, ma vengeance sera terrible ! le menaça-t-elle.
— Tu recommences… la prévint-il.
— De ? Oh, celui-là m'avait carrément échappé, avoua-t-elle sans plus se soucier du grand barbu, se promettant intérieurement de lui préparer une vengeance de son cru.
— En tout cas, tu gueules comme une gonzesse ! s'exclama Juice.
— Ça alors, mais comment c'est possible ? ironisa Charlie en levant les yeux au ciel.
— Bax, je vais y'aller, l'informa Donna en l'embrassant.
— Déjà ?
— J'ai des gosses à élever, tu te rappelles ? lui répondit-elle avec humour, reprenant les mots que la jeune femme avait eus à son égard un peu plus tôt. Ils vont sortir de l'école.
— Les gosses, quelle plaie ! soupira Charlie en levant les yeux au ciel.
— Un vrai bonheur, protesta la mère. Tu verras quand tu en auras.
— Nope, j'laisse ça aux autres, revendiqua la jeune femme avec détermination. On s'refait ça très vite ?
— Avec plaisir !
— Mais pas avec mon fric, intervint Clay.
— Faut savoir c'que tu veux, mon vieux ! rétorqua Baxie. Ou je harcèle tes mécanos, ou je soudoie mes amis avec des séances de shopping !
— Mon vieux ? répéta Clay en lui adressant un regard noir mais amusé.
— Quels amis ? rétorqua Opie hilare en attrapant sa femme par la taille.
— Moi ! affirma Donna droit dans les yeux de son mari. Va falloir partager, mon p'tit pote, le prévint-elle, en adressant un sourire à Bax.
— Dieu merci, l'Impala est bientôt réparée, soupira Opie.
— Alléluia ! s'écria Charlie.
— T'es vraiment pas partageur, bébé, reprocha Donna à son mari. Tu m'raccompagnes à la voiture ?
— N'en profitez-pas pour refaire des bébés, vous deux, leur cria Charlie en les regardant s'éloigner. Je n'visais personne quand j'disais que je laissais ça aux autres.
— Eh Jax, c'est quoi Croco ? demanda brusquement Juice, se rappelant des mots de son amie le matin même.
— Grande gueule, p'tits bras ! scandèrent tous les bikers en chœur, alors que Charlie gratifiait le jeune portoricain d'une œillade taquine.
— Et qu'est-ce qu'on fête là ? demanda celle-ci. Vous m'avez l'air bien enjoués.
— L'arrivée d'Hap ! clama Tig en buvant à la santé du biker de Tacoma.
— C'est vrai que ça s'fête : le boys band des psychopathes s'est reformé ! railla-t-elle en levant sa bière en direction d'Happy et Tig, avant de boire à leur santé.
— Si tu veux, il reste une place, répondit posément Happy.
— Bax ! gronda Clay quand sous le coup de la surprise, sa fille recracha sa gorgée de bière sur le bar. Tu pourrais te tenir !
— Vous, là ! Qui êtes vous et qu'avez-vous fait du mutique et taciturne Happy ? s'exclama-t-elle ahurie ; le biker de Tacoma, aussi légendaire pour son sadisme que pour sa parfaite impassibilité, venait de faire de l'humour : il y avait de quoi s'étrangler.
— Eh ben, mon vieux, tu nous l'auras faite passer par toutes les couleurs aujourd'hui, s'exclama Chibs hilare. Blanche comme un linge tout à l'heure, et rouge tomate maintenant qu'elle s'étouffe !
— Ben, y reste… commença Happy, un sourire sadique sur les lèvres.
— Nan ! l'arrêta-t-elle en levant une main. J'te prierai de m'épargner le bleu aujourd'hui. En fait pas qu'aujourd'hui d'ailleurs, ne prends surtout pas ça pour une invitation, se rattrapa-t-elle en voyant le sourire d'Happy s'étirer largement. C'est bon, j'ai donné !
— J'vois ça !
— Un vrai arc-en-ciel, cette petite, affirma Chibs en entourant ses épaules d'un bras.
— Ça c'est parce que j'mets de la couleur dans vos vies, Chiby, chantonna-t-elle d'une voix niaise. Clay ! gronda Charlie, quand son père cracha sa gorgée de bière sur la table, à l'image de ce qu'elle avait fait quelques instants avant. Tu pourrais te tenir ! parodia-t-elle sous les ricanements des bikers.
— Foutue gamine, grommela-t-il. T'auras ma peau à force de sortir des conneries pareilles !
— Merde, si j'avais su dès le départ que c'était si simple…
— Ferme-là ! ordonna Clay à sa fille, amusé.
— Bax, j'crois qu'il y'a quelqu'un pour toi, dehors, l'informa Kip avec un sourire narquois en montrant la vidéo de surveillance.
— Oh, quelle merde, soupira-t-elle.
— Quand on n'sait pas maîtriser son cul, on assume, fillette, la sermonna Clay avec un sourire entendu. »
Elle est belle, elle est mignonne,
C'est une bien jolie review,
Dedans la fenêtre on peut l'écrire
Qu'elle soit grande ou bien petite.
Elle donne toujours le sourire,
On dirait un matin d'noël
Avec son bouton qu'est toujours bien en bas,
C'est la review du Bon Lecteur.
Paroles de FernandEdeinnel
A suivre, Chapitre 6 : Bloody Sunday part 3 / Chaos
