12.

D'une précision impitoyable, passant juste par l'espace ouvert de l'unique fenêtre ouverte de la salle de réunion, le tir avait foudroyé Shionne, lui explosant l'épaule, sans la tuer, mais libérant son otage !

Toujours entre le trio et son général, Alguérande demeura à sa place.

- Je n'ai pas fini mon rapport ! J'ai encore à parler !

- Et votre ange gardien va nous flinguer les uns après les autres ? grinça Bhéron Schreiber, qui est-il ?

- Cela ne vous regarde pas, siffla Alguérande !

Pour sa part, Joal Hurmonde s'était approché de la fenêtre, qu'un garde avait prestement fermée alors que Shionne était dirigée vers une cellule médicale.

L'œil de lynx du général de la Flotte terrestre s'emplit d'une lumière, alors que ses lèvres esquissaient un sourire, à la vue d'une silhouette noire en haut d'un immeuble face à celui du QG, en cape, gravity saber sorti, et ayant procédé au tir.

« Comme je le disais : des cervelles brûlées… De remarquables combattants, nos meilleurs ! ».

Joal se reprit alors que les gardes s'étaient également assurés en menottes de l'absence de liberté de Bhéron Schreiber et de Uzal Kob.

- Gardes, maîtrisez ces hommes, je les entendrai plus tard. Mettez aux Arrêts cette Shionne Ouleffe. Commandant Waldenheim, asseyez-vous et faites-moi enfin votre rapport !

Du haut de son poste d'où il n'avait pas manqué un geste de ceux dans la salle de réunion du QG de la Flotte, ni un de leurs mots via son oreillette, Albator rengaina son gravity saber.

- Tu as l'instinct des Militaires et des Pirates, mon grand garçon. Oh oui, tu es au complet, au possible ! Et je suis heureux d'avoir pu t'appuyer d'un tir !


Par prudence, le grand Pirate balafré se retira prestement de sa position, rejoignant le spacewolf invisible sur le toit de l'immeuble pour se retirer en sécurité sur l'Arcadia, devant à présent attendre avec patience la fin de la réunion sur son sol natal.

Mais, juste avant de monter dans son spacewolf, il marqua un temps d'arrêt.

- Je ne pars pas trop tôt ? Est-ce qu'Alguérande est sauf ?

- Alguérande ne t'avait demandé d'être présent que pour ce cas de figure précis, même s'il n'imaginait pas que le sursaut viendrait de sa copine d'études, répondit Clio. Maintenant, romps ta position ! Alguérande se porte garant du reste, ou du moins, il souhaite mener au bout, sa mission, comme il n'a cessé de le répéter !

- Je le lui dois. Je n'aurais même pas dû intervenir. Mais face aux traîtrises en face, je ne pouvais ne pas agir, et Alguérande savait que ces fruits pourris auraient aussi tué le général, car s'il n'est que dureté, il hait par-dessus tout la traîtrise et s'est donné pour mission de rendre son prestige à la Flotte de la Terre ! Rien de neuf, de là-haut ?

- Pour l'instant. Je ne peux que suivre, avec les sursauts de caméras ce qui se passe dans ce QG. Reviens, c'est tout ce que je te prie !

- Tu es bien catégorique, mystérieux… Toshy !

- Mes circuits sont électroniques, mais mon âme est vivante, j'ai aussi mes propres prémonitions. Ce n'est pas fini, Albator ! Mais pour l'instant : retour au bercail, et que ça saute !

- A tes ordres, souffla Albator en se remettant aux commandes, et dirigeant le jet invisible jusqu'à son cuirassé de guerre vert.

Tout en pilotant, Albator ne put s'empêcher d'avoir malgré tout un regard en arrière, vers la Terre, qu'il quittait, pour l'orbite terrestre.

- Clio, tes presciences ? Toshiro, tes scans ? Que me cachez-vous, tous les deux ? Ne me défendez pas contre moi-même, je dois être près de ma famille, toujours !

- Là, le petit va s'en sortir, jetèrent d'une voix ses deux amis.

- Dépêche-toi, Albator. Tu iras retrouver les tiens, plus tard, pria Toshiro.

- Non… Tu es trop calme… Si Algie dégomme administrativement parlant des fous meurtriers… Il sera plus que jamais dans le collimateur de toute la bande dont il n'a décapité que trois têtes ! Je rentre au château, Toshiro !

- En ce cas, je te rejoins, murmura Clio.


Sur le seuil de la salle de réunion, Bhéron se retourna soudain, échappant aux deux gardes qui l'entouraient, se saisissant de l'arme de celui le plus proche de lui, mettant en joue Alguérande.

- Encore ? C'est lassant ! commenta ce dernier.

L'ancien Instructeur de l'Académie eut un petit rire alors que Truffy avait pris son élan depuis la table où il se promenait.

Mais le gloussement se transforma en cri irréfléchi quand en plein saut le chat devint lion pour le plaquer au sol, lui soufflant rageusement au visage.

- Ne jamais contrarier mon gros chat ! ricana Alguérande en flattant l'échine du grand félin. Avez-vous encore besoin de moi, général ? ajouta-t-il alors que cette fois Bhéron était bel et bien emmené.

- Non, assez d'émotions pour ce jour. Nous poursuivrons plus tard. Rentrez chez vous, je vous y ferai appeler.

- A vos ordres, général !