Bonjour à tous !

Et non vous ne rêvez pas, c'est bien un nouveau chapitre de cette fic que vous lisez. Je crois qu'aucune série d'excuses ne serait suffisante pour pardonner mon retard... Presque dix mois quand j'y pense j'en ai honte.

Pour être toute à fait honnête, j'ai eu une grosse panne d'inspiration concernant cette fic et les fanfictions en général, j'ai même eu un gros black out concernant la lecture à laquelle je ne me suis remise qu'il y a quelques semaines alors que pourtant j'adore ça. J'avais pris une direction avec cette histoire qui, après avoir pris du recul, ne me plaisait pas du tout et sur un coup de tête j'ai effacé tout ce que j'avais écrit... Pas très mâlin je sais. Aujourd'hui, j'ai trouvé ma ligne directrice si je peux dire et je sais maintenant où je vais avec cette fiction. Je ne sais pas si cela facilitera la publication ou non mais c'est déjà un grand pas parce qu'il y a quelques temps j'avais perdu goût à écrire cette histoire. Alors même si l'inspiration me fait encore parfois cruellement défaut je sais où je vais. Je suis aussi désolée de l'absence de signe de vie de ma part, j'ai plusieurs fois pensé à poster une petite note pour vous informer, ce qui aurait sans doute été la moindre des choses. Après un certain temps cependant je me suis dit qu'il vallait mieux attendre d'avoir quelque chose à publier pour ne pas vous donner de faux espoirs lors de la réception d'une alert. A tort ou à raison, je l'ignore.

Concernant ce chapitre... Je sais qu'il est plus court que les autres et qu'il ne s'y passe pas grand chose pour ainsi dire... J'ai commencé le chapitre 12 et je peux vous dire qu'on en apprendra plus sur le passé d'Edward si ça peut vous intéresser. Je ne sais pas quand je le publierai mais en tout cas il est en court.

Je voudrais remercier les gens qui au cours de tous ces mois m'ont l'aissé des reviews et m'ont ajouté en alert ou favorite ça me touche toujours autant. Je ne sais pas s'il restera encore quelqu'un après ce gros trou dans la publication mais si jamais c'est le cas merci à vous et n'hésitez pas à me laisser votre avis. J'espère qu emon écriture n'aura pas trop souffert de cette absence d'inspiration.

Bonne lecture,

Lily.

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Chapitre 11 :

On Tour

De : Isabella Swan

A : Rosalie Hale

Date : 06-06-2009

Objet : En direct d'Ecosse

Salut Rose,

Je t'écris d'Ecosse, de Glasgow plus précisément, où nous avons atterri il y a quelques heures à peine. Passer du Danemark au Royaume-Uni est toutefois moins dépaysant que de passer du Japon à Paris, comme cela a été le cas il y a deux semaines. Nous sommes désormais dans la partie européenne de la tournée, où nous allons restés pour plus d'un mois puisque le groupe participera à quelques grands festivals très connus ici.

Je ne suis pas du genre à cultiver les clichés mais à l'instant où je t'écris ce mail, il pleut. On a souvent de l'Ecosse une image d'un pays tout le temps sous les nuages, où les habitants ont un accent terribles et où la boisson traditionnelle et la bière. De ce que j'en ai vu pour le moment, il semble que mes apriori se confirment. Il va sans doute faire beau demain et nous avons prévu une ballade dans la campagne près de Glasgow puisque le concert n'a lieu que dans deux jours. Un peu de détente dans ce rythme infernal n'est pas de refus et puisque nous voyageons dans le monde entier, autant profiter du temps qu'il nous ai donné pour visiter. Je pense que les paysages vont être magnifiques, je prendrai des photos pour te montrer tout ça.

Ce soir, nous avons eu le droit à un repas typique, du moins d'après ce que j'ai compris des paroles du restaurateur. Il faut avouer que le fait que les écossais roulent les "r" est un peu perturbant au début mais je pense que je finirai par m'y habituer. Puis j'aime bien, ça a un petit côté rustique. Pour en revenir au repas, nous avons eu le droit à la spécialité du chef : de la pense de brebis mariné dans la menthe. Non non, tu n'as pas mal lu et il ne s'agit pas d'une erreur de ma part. Je dois t'avouer que l'expérience a été assez... particulière. C'était un test culinaire de première pour moi et jamais je n'aurais cru dire ça un jour mais la nourriture américaine me manque. D'accord, nous ne sommes pas les meilleurs en matière de gastronomie mais qu'est-ce que je ne donnerais pas pour un bon cheese burger !

Sinon, l'écriture de mon numéro avance doucement mais sûrement. J'ai eu le droit aux recommandations d'Emmett qui me conseillait de raconter toutes les bêtises qu'il dit ou tout ce qui arrive d'un peu drôle sur la tournée. J'avoue qu'il en arrive de belles avec la fine équipe que nous avons là, mais Leah lui a rappelé que s'il voulait détruire leur crédibilité, il n'y avait pas meilleur moyen. Peut-être que je suivrais son conseil... Pas au point de mettre tout ce qui se passe ou de remplir mon numéro de ça Mais puisque ma mission est de faire partager aux lecteurs mon expérience avec les CW, cela pourrait être une idée, comme une sorte de bêtisier à la fin d'un film, si tu vois ce que je veux dire.

Autrement, quoi de nouveau sous le soleil de New-York ? Ton suivi de la saison de Formule 1 se passe-t-il toujours pour le mieux ? J'avoue que je regarde avec moins d'aciduité, bien que je ne rate pas un Grand Prix, je ne m'attarde pas jusqu'à des heures impossibles pour suivre les Friday practice et les qualifications je ne les suis aussi que de très loin. Déjà que je pique une crise lorsqu'ils me font rater un GP alors imagine la tête qu'ils feraient si je devais suivre toutes les étapes !

Bien, j'espère que tout le monde va bien. Ne manque pas de passer le bonjour à Charlie, Angela et Jacob pour moi,

A bientôt,

Bella.

xxx

18 juin 2009, Londres

POV Bella

(Mumford and sons - the cave)

Parfois, le hasard faisait bien les choses et c'était un fait dont j'avais pu me rendre compte lorsque j'avais appris que Rosalie serait à Londres en même temps que moi. En effet, le "NY Culture" l'avait envoyée suivre le Grand Prix de Formule 1 de Silverstone en Angleterre, ce qui nous offrait la possibilité de passer un week-end ensemble. Emmett n'avait eu de cesse de me taquiner toute la semaine, sur le fait que j'avais l'air d'un gamin à qui on a promis un jour dans un parc d'attraction. Il avait en parti raison, j'éh tais vraiment impatiente de revoir Rose. Après tout, nous ne nous étions pas revu depuis que j'avais quitté New-York, près de quatre mois plus tôt. Il était donc normal que je sois surexcitée à l'idée de revoir ma soeur, non ?

La tournée avec les CW avait poursuivi sa course folle et j'avais pris le rythme des voyages incessant et du décalage horaire dont nous étions la proie. Je ne pouvais pourtant pas dire qu'une routine s'était installée. Comment aurais-je pu connaître la routine alors que je parcourais le monde aux côtés d'un groupe de musique génial ? Cependant, j'avais réussi à me faire au rythme de vie érintant des concerts. Parfois, je regrettais de ne pas rester dans un pays suffisamment longtemps pour avoir la possibilité de le visiter. Seulement, je n'allais pas me plaindre, j'avais un job de rêve, bossais avec des personnes géniales et vivais de plus près cette vie de star de la musique que je n'avais fait qu'imaginer étant petite.

C'était donc impatiente que je faisais le pied de grue dans le hall de l'hôtel où nous étions descendus. Rosalie était arrivée quelques minutes auparavant seulement et nous nous étions fixé rendez-vous ici afin de lui laisser le temps de poser ses affaires dans sa chambre. Je trépignais littéralement, n'ayant de cesse de regarder la foule de clients qui se pressaient dans l'atrium du Landmark London Hotel. Je finis par apercevoir ma soeur, sortant tout juste des ascenseurs et je me dirigeai vers elle, tentant de ne pas sautiller. Je sais, j'avais l'air d'une gamine mais je m'en moquais.

Arrivée à la hauteur de Rosalie, je lui sautai littéralement dans les bras. Heureusement qu'elle m'avait aperçu, sinon elle en aurait probablement fait une attaque. Elle me rendit mon étreinte tant bien que mal mais je l'écourtai vite, ne voulant pas la mettre mal à l'aise. Nous échangeâmes un sourire complice avant que ma soeur ne déclare :

- Et bien, tu as l'air en forme, ça te réussis la vie de rock-star on dirait !

- Gnia gnia gnia, pipai-je, telle une enfant boudeuse. Toi aussi tu as l'air en forme, tu es venues sur le Vieux Continent pour reluquer des pilotes sans peur et sans reproche ?

Arrête, tu sais bien que je suis là pour les voitures !

- Oui bien sûr... Tu ne me la feras pas à moi.

Rose me tira la langue et je me demandai alors où était passée notre image de journaliste carriériste féministe à ce moment-là. Cela dit, ce n'était pas nouveau pour ma soeur et moi de nous comporter comme des enfants. Cependant, il n'y avait bien qu'entre nous que nous laissions exprimer cette part immature de notre personnalité. Nous avions tout de même une réputation à préserver.

Je proposai à Rose d'aller boire quelque chose au bar de l'hôtel, ce qu'elle accepta. Nous nous dirigeâmes ainsi vers le "Winter Garden", restaurant du Landmark tout en discutant du voyage de Rosalie, cinq heures d'avion qu'elle avait effectué entre la porte des toilettes et un voisin ronflant comme une moissonneuse-batteuse. Nous commandâmes toutes deux un café et prîmes place à une petite table.

- Quand dois-tu te rendre à Silverstone ? demandai-je alors, poursuivant la conversation.

- Pas avant demain matin pour les essais libres, m'informa Rose. J'ai donc toute une journée à te consacrer.

- Quel honneur ! ris-je. Tu veux que l'on se promène dans Londres au hasard des rues où que l'on se fasse une journée touriste ?

- Etant donné que nous ne sommes là que pour quelques jours et que c'est ma première fois ici... Je dirais une journée touriste, répondit-elle. On aura bien l'occasion de revenir pour faire une visite plus poussée de la ville.

- On fait ça alors, j'ai vu que l'hôtel offrait des guides sur les attractions touristiques, on pourrait y jeter un oeil.

Rosalie acquiesça et nous poursuivîmes notre conversation. Nous fûmes bientôt rejointe par Alice, qui fut apparemment ravie de revoir ma soeur et elle se joignit à nous pour le petit déjeuner.

- On pourrait se faire une virée shopping à Bond Street ? proposa Alice au bout d'un moment.

- Avec Bella, on pensait plutôt visiter les attractions touristiques, répondit Rose. C'est ma seule journée de libre du week-end alors on aimerait en profiter.

- Oui, je comprends, soupira tristement Alice.

- Tu es la bienvenue cela dit, ajoutai-je. Tu as sûrement déjà fait tout ce que nous avons prévu mais si ça te dis, tu peux te joindre à nous.

- C'est vrai ? Merci les filles ! s'enthousiasma Alice. Bon, pour fêter ça je paye ma tournée, que voulez-vous boire ?

Rose et moi échangeâmes un regard de conivence avant de répondre à Alice. Cette dernière approuva et nous quitta quelques instants pour aller passer commande au bar. Je vis Rosalie la suivre des yeux avant qu'elle ne dise :

- J'ai croisé Emmett dans l'ascenseur tout à l'heure.

Je restai un instant circonspecte à sa déclaration. Bien sûr, je n'avais pas oublié la confidence de ma soeur avant mon départ de New-York début Mars, sur son béguin pour Emmett. Elle m'avait assuré que cela passerait et je l'avais aussi cru. Cependant, si elle venait à m'en parler c'était que quelque chose s'était passé, elle n'aurait pas mentionné ce fait s'il s'était agit d'une chose anodine.

- Et.. Que s'est-il passé ? finis-je par demander, prudemment.

- En substance, rien de bien intéressant, m'informa Rosalie, les yeux perdus dans le vague. Je pensais que le revoir ne me ferait rien puisque j'avais réussi à me persuader que ce que j'éprouvais pour lui n'avait pas de raison d'être.

- Mais ça n'a pas été le cas, n'est-ce pas ?

- Non, sa vue ma troublée. Au début, c'était de la gêne puis j'ai eu envie d'entammer la conversation. Nous avons seulement échangé des banalités affligentes. Il semblait gêné lui aussi mais je ne saurais dire pourquoi. Sûrement à cause des circonstances de notre dernière rencontre.

- La nuit que vous avez passé ensemble ?

- C'est ça.

- Tu sais ce que tu vas faire ?

- La même chose que la dernière fois, laisser couler.

Je regardais longuement Rosalie, songeuse. Si elle était encore troublée à la vue d'Emmett, cela signifiait que ses sentiments étaient plus forts que ce qu'elle n'avait cru. Seulement, pouvais-je lui reprocher de ne prendre aucune initiative ? Après tout, Emmett et elle se connaissaient depuis quelques semaines et surtout, ne s'étaient pas vu depuis près de quatre mois. Quant à Emmett, je ne savais pas ce qu'il en était pour lui. Il était vrai que je l'avais vu moins souvent avec une fille, ces derniers temps. Depuis le début de la tournée, en fait, je n'avais pas eu souvenir de l'avoir vu rentrer avec quelqu'un. J'avais mis cela sur le compte du rythme infernal de la tournée mais... Se pourrait-il qu'il soit aussi tombé sous le charme de Rosalie ?

Notre conversation fut interrompue par le retour d'Alice et elle ne reprit pas, un accord tacite entre Rose et moi. Je savais qu'elle n'aimait pas parler d'elle, il devait déjà être dur de se confier à moi alors à Alice. Bien sûr, elles s'appréciaient beaucoup toutes deux mais il y avait une différence entre l'affection mutuelle qu'elles partageaient et la confiance établie entre Rose et moi depuis longtemps. La discussion reprit donc et Alice et moi fîmes part à Rosalie des dernières anegdotes concernant notre vie sur les routes.

Au bout d'un moment, nous fûmes à nouveau interrompues par l'arrivée d'une quatrième personne. Une voix nazillarde s'éleva derrière Rose et moi et à son entente, je me figeai.

- Ca alors, Swan, Hale, c'est une bonne surprise!

Non, il ne pouvait pas s'agir de la personne à laquelle je pensais ! J'échangeai un regard avec Rosalie dont la mine troublée confirma mes doutes. Pourquoi sur les centaines de pays que comptait cette planète, nous devions nous retrouver dans le même que Jane Volturi ?

- Jane, quel plaisir, finit par déclarer Rosalie en se retournant vers elle. Je ne m'attendais pas à te trouver là.

- Enfin, Rosies chérie, tu te doute que je suis là pour le Grand Prix, affirma Jane de sa voix la plus doucereuse. Au fait les filles, je tenais à vous présenter à quelqu'un, bien que je pense que les présentations pour vous ne soient pas nécessaire.

Je vis en effet que Jane était au bras d'un homme que je n'avais pas remarqué jusque là. En reconnaissant son "compagnon" je grimaçai intérieurement. Il n'était autre que l'un des pilotes courrant pour le Grand Prix de Silverstone, plutôt bien placé sur la grille à l'occasion de la dernière course. Je ne dirais pas son nom pour garder intact le peu de dignité qu'il lui restait après avoir été pris dans les filet de la fille Volturi. Quelque part, je n'étais pas vraiment surprise de voir ce qui se jouait devant moi. Ca n'était pas la première fois que Jane usait de ses charmes auprès des sportifs de haut niveau afin d'obtenir des informations privilégiées. Généralement, lorsqu'une photo d'elle avec une nouvelle conquête était publiée dans la presse people, j'avais le droit à une tirade féministe de Rosalie, affirmant qu'il ne fallait pas s'étonner si les journalistes sportifs féminins n'avaient aucune crédibilité. Il fallait reconnaître que Rose n'avait pas tort, il était dur d'être une femme dans ce milieu composé à 99% d'hommes, ce qui n'avait fait que renforcer la hargne féministe de ma soeur, sûrement.

A nouveau, j'échangeai un regard avec Rosalie et je pus voir son dégoût. Nous nous contentâmes d'adresser un sourire faussement hypocrite à Jane et son... compagnon, avant que tous deux ne s'en aillent, devant sûrement juger notre compagnie inintéressante. Cela dit, je n'allais pas les retenir, au contraire.

Le regard curieux d'Alice fut la première chose que nous vîmes lorsque nous nous retournâmes. Elle nous demanda de qui il s'agissait et Rosalie entreprit de lui raconter sa grande histoire d'amour avec l'héritière des Volturi. Alice écouta attentivement et finit par poser une main sur l'épaule de Rose, compatissante. Je m'étais toujours demandée d'où était née la haine entre Jane et Rose, cela remontait à l'université et s'était sûrement par esprit de compétition qu'elles avaient commencé à se haïr. Elles visaient toutes les deux la même profession et les places dans le domaine du journalisme étaient chères. Pour ma part, j'avais toujours trouver l'attitude hautaine et méprisante de Jane tout à fait agaçante et j'avais choisi de la haïr à mon tour, par soutient sororal pour Rosalie. De toute évidence, Jane me le rendait bien.

Après cet "incident" et notre petit déjeuner fini, Alice, Rosalie et moi décidâmes de nous mettre en route. Il était déjà dix heures et si nous voulions pouvoir faire un maximum de choses, nous ne devions pas tarder. Nous avions élaborer un plan de route et désirions en faire le maximum. Nous savions également que la fin d'aprés-midi de Dimanche, après la course, serait un nouveau temps libre avant que nous ne repartions et nous choisîmes de retarder notre visite à Trafalgare Square et Westminster Abbey.

Nous quittâmes donc le quartier de Marylebone afin de nous rendre - après plusieurs correspondance - à la station de métro Waterloo. La première étape de notre périple était le London Eye, cette grande roue offrant une vue panoramique de Londres. C'était ainsi un moyen de voir tous les grands monnuments emblématiques tels que Big Ben ou le London Bridge. Nous allâmes ensuite voir le film 3D que proposait l'attraction et prîmes quelques photos des unes des autres avec les sublimes lunettes 3D avec lesquelles, même une beauté fatale comme Rose avait l'air ridicule. Nous filâmes ensuite en direction de Picadilly Circus avant de finir sur Abbey Road, Rosalie et moi désirant faire la mythique photo des Beatles marchant sur le passage piétons. Nous avions même poussé le cliché jusqu'au bout en nous mettant pied nus, heureusement qu'un radieux soleil d'été brillait ce jour-là.

La journée fut bercée de conversations et d'éclat de rires. C'était comme si, toutes les trois, nous nous étions toujours connu. J'aimais cette complicité naturelle qui s'était petit à petit installée entre nous et j'étais sûre d'une chose. Une fois la tournée finit, les CW feraient toujours partie de ma vie. Du moins était-ce sûr pour Alice.

Mon coeur se demandait ce qu'il en serait d'Edward. Notre relation avait retrouvé cet équilibre précaire des premières semaines, nos longues conversations au sujet de la musique ou de la vie de manière générale, les moments ou nous nous liguions pour faire tourner Emmett en bourrique, les regards et les sourires échangés à la volée. Que se passerait-il entre Edward et moi après la tournée ? Reprendrions-nous chacun notre route ou resterions nous amis ? Il s'agissait de questions récurantes dans mon esprit et aucune ne trouvait de réponse. Peu importait, finalement, il me restait encore un peu plus de cinq mois à passer avec le groupe, j'avais bien le temps de penser à l'après.

Une partie de moi pourtant, espérait que tout ne s'arrêterait pas avec la fin de la tournée. Que quoiqu'il arrive, les CW - et peut-être Edward en particulier - feraient partie de ma vie...

Seul le temps m'apporterait une réponse...

xxx

20 juin, Londres

POV Edward

Le hall du Landmark London Hotel était presque désert alors que minuit était passé depuis quelques temps déjà. J'avais quitté ma chambre afin d'aller boire quelque chose au bar, un cahier sous le bras, afin d'écrire les paroles qui me trottaient dans la tête depuis le matin. C'était une chose assez habituelle pour moi, j'aurais sûrement pu passer ma vie à écrire. Il y avait parfois des jours où je ne faisais que ça, noircissant des pages et des pages, extériorisant les mots qui flottaient dans mon esprit. C'était un besoin vital, lorsqu'une idée me trottait dans la tête, je devais la coucher sur le papier afin de l'exorciser, telle une catharsis. Tant que je n'écrivais pas, les paroles me restaient dans la tête, se transformant petit à petit en lithanie entêtante. J'avais parfois l'impression de jouer aux artistes torturé mais les choses étaient ainsi.

J'étais donc l'un des seuls clients encore debout lorsque je pénétrai dans le restaurant de l'hôtel. Il n'y avait que quelques personnes, leurs conversations à mi-voix bercée par la douce musique flottant dans l'air. En parcourant les lieux du regard, je fus surpris de trouver Emmett, assis sur l'un des tabouret du bar, un verre à la main et le regard perdu dans le vague. Après notre concert de ce soir, j'avais pensé qu'il irait directement dans sa chambre mais je m'étais apparemment trompé.

Voire mon frère ainsi me laissa perplexe. Il n'avait pas seulement l'air songeur, il était préoccupé et c'était très rare de sa part. Je n'entendais pas par là qu'Emmett n'avait jamais de préoccupations, tout être humain en avait. Seulement, il était plutôt du genre à vivre l'instant présent, pensant aux conséquences de ses actes seulement une fois ceci effectuées. C'était pour cette raison que son humeur maussade et son air inquiet me surprenaient. Je décidai donc d'aller le rejoindre pour savoir de quoi il était question.

- Hey Em', salut ! l'interpelai-je.

Il releva les yeux vers moi et m'adressa un sourire forcé. J epris place à ses côtés et fit signe au serveur avant de lui demander un verre.

- Alors, qu'est-ce que tu fais là . interrogeai-je mon frère.

- Je prenais un verre avant d'aller dormir, répondit-il simplement. Et toi, une idée en tête ?

- Oui, effectivement, souris-je.

Le barman m'apporta ma commande et un silence s'installa entre Emmett et moi. Je prêtai l'oreille à la chanson diffusée dans le bar et reconnus "Better together" de Jack Johnson. Mon regard se posa à nouveau sur Emmett, reparti dans ses réflexions.

- Quelque chose ne va pas ? lui demandai-je finalement.

Il releva les yeux vers moi et hésita un instant avant de soupirer.

- Il y a cette fille... commença-t-il, guettant ma réaction. Je ne sais pas ce qu'il se passe, ça faisait longtemps qu'une fille ne m'avait pas fait tourner la tête comme ça.

Je le regardai, d'abord interdit. Une fille ? Je ne comprenais pas exactement de quoi mon frère était en train de me parler. Son discours était confus, autant qu'il semblait l'être en cet instant. Je ne me souvenais pas qu'Emmett m'est un jour parler d'une femme. Au début de notre "célébrité", il s'était souvent venté de ses prouesses sexuelles, à notre grand dame. Ce n'était généralement que pour évoquer ses performances au lit ou un point notable de son physique qu'Emmett parlait d'une femme. Il pouvait être pris pour un courreur de jupon de bas étages mais je savais qu'il avait ses raisons. Alors l'entendre parler d'une femme qui le troublait autant été quasiment inédit.

- Calme-toi Em' et raconte-moi tout, l'incitai-je posément.

- Ok, tu te souviens de la nuit que j'ai passé avec Rosalie avant notre départ de New-York ?

- Oui je me souviens mais...

Je m'interrompis en faisant le rapprochement avec la précédente déclaration de mon frère. Je me souvenais parfaitement de ce matin, avant notre départ, où il m'avait avoué avoir passé la nuit avec Rosalie. J'avais effectivement remarqué l'alchimie qui opérait entre ces deux-là. Lorsqu'Emmett m'en avait parlé, je m'étais dit que Rosalie n'était "qu'une fille de plus" puisqu'elle semblait être aussi du genre à enchaîner les histoires d'un soir. Du moins, c'était ce que m'avait appris Bella lors de l'une de nos nombreuses conversations. Je pensais que l'aventure entre Rosalie et Emmett n'aurait duré qu'une nuit mais il semblait que je m'étais une nouvelle fois trompé.

- C'est Rosalie, c'est ça ? demandai-je.

- Ouais, c'est Rosalie, confirma Emmett en se passant une main dans les cheveux. Je sais que c'est ridicule parce qu'elle et moi on est pas du genre à tomber amoureux ou à avoir une histoire sérieuse... Je pensais que ça passerait avec les semaines loin d'elle. Sauf que quand je l'ai vu jeudi dans l'ascenseur. Tout m'est revenu comme une grande claque et je me suis rendu compte qu'elle... me plaisait vraiment.

Je restai à nouveau muet aux révélation d'Emmett. Ainsi donc, il était amoureux de Rosalie Hale, ou du moins, souhaitait-il avec elle plus que l'aventure d'une nuit. C'était une chose que je ne l'avais jamais entendu dire mais quelque part, cela ne me surprenait qu'à moitié. Une réelle alchimie opérait entre Rosalie et mon frère. Ils ne cessaient de s'envoyer des piques et de se chercher, Rose aimait faire passer Emmett pour un grand monogamme en série et il aimait lui rappeler qu'elle n'était qu'une féministe pure. Leurs échanges pouvaient s'apparenter à un match de tennis, nous faisant souvent rire.

- Le pire c'est que je pense n'avoir aucune chance, déclara alors mon frère, me sortant de mes pensées.

- Pourquoi dis-tu cela ? m'étonnai-je franchement.

- Enfin Edward, ça se voit comme le nez au milieu de la figure qu'elle ne voudra jamais s'engager, elle respire la méprise des hommes !

- Tu ne t'aies jamais dit que c'était une façade ? Qu'elle cachait sans doute une peur de s'engager émotionnellement ?

- Oh si, j'y ai pensé... Et justement, si elle est morte de trouille autant que je le suis, elle va me renvoyer paître, soupira Emmett.

- Tu devrais quand même essayer de lui parler, dis-je alors. Tu n'as pas grand chose à perdre après tout , non ?

Emmett me fixa un instant, méfiant.

- Et c'est toi qui dit ça, "Monsieur-je-fantasme-sur-Bella" ?

- Hey, ce n'est pas vrai ! me récriai-je.

Je savais pertinament qu'il ne me croyait pas, je ne me croyait pas moi-même. Le fait été que les mois avaient beau passer, mon attirance pour Bella et ce que je ressentais pour elle n'en démordait pas. J'avais cependant pris la décision de ne rien tenter envers Bella. Les trois derniers mois m'avaient montré que je n'étais pas prêt à sacrifier l'amitié que je partageais avec elle , je préférais laisser les choses évoluer d'elles-même.

- Tu ne peux pas comparer mon histoire avec Bella à celle que tu as avec Rosalie, repris-je plus calmement.

- Une histoire ? On a passé qu'une seule nuit ensemble, me rappela Emmett.

- Peut-être mais, je pense que tu devrais y réfléchir.

Il se contenta d'hausser les épaules et je sus que la discussion était close. Un nouveau silence s'installa entre nous avant qu'Emmett ne déclare :

- Les filles Swan et Hale sont diaboliques.

Je ne pus m'empêcher de rire. Il avait probablement raison, d'une certaine façon.

- Au fait, Jazz t'as parlé de ce qu'Alice et lui on prévu lors de notre tournée américaine ?

Je regardai Emmett, soudain intéressé.

- Non, quoi donc ?

- Figure-toi qu'Alice et lui veulent renouveler leurs voeux de mariages, m'annonça mon frère.

Je souris à sa déclaration. Cela faisait aujourd'hui cinq ans qu'Alice et Jasper étaient mariés. Ils s'étaient connus au lycée et étaient très vite tombés amoureux, certaines personnes avaient affirmé qu'ils s'étaient mariés trop tôt, ils n'avaient pas vingt-et-un ans à l'époque. Seulement, pour avoir vu naître leur histoire, jamais je n'avais douté de sa longévité. Ce qu'il y avait entre Jasper et Alice, chacun de nous espérait le trouver un jour.

- C'est encore pour faire la fête, ça, affirma Emmett.

- Tu sais où ils vont vouloir faire ça ?

- Non, Jazz m'a juste dit qu'ils en avaient parlé... Ca se trouve, ils ne le feront même pas.

Je haussai les épaules avant de boire une nouvelle gorgée de mon verre. Ma soeur et mon beau-frère étaient bien loin des préoccupations qu'Emmett et moi pouvions avoir. J'osais espérer qu'un jour, je trouverai aussi cette plénitude dans une histoire, qu'à nouveau je serai prêt à faire confiance et à offrir mon coeur à quelqu'un?. Mon coeur me souffla le nom de Bella et je ne cherchais pas à le faire taire. Peut-être cette petite voix avait-elle raison, peut-être que cette personne que je cherchais tant était Bella.

Mais ça, seul le temps me le dirait...