Chapitre 12 L'animal

BELLA

J'ignorais où je me trouvais.

J'ignorais où j'essayais de me rendre à une telle allure.

J'ignorais si les Cullen étaient en train de me chercher désespérément et pour être franche, ça m'était bien égal.

Tout ce que je savais, tout ce qui existait à ce moment là était ce terrible besoin de m'évader et la faim, brûlante, insupportable, qui me tuait à petits feux.

Je me rappelais vaguement m'être arrêtée sur le seuil d'une petite maison isolée. C'était une belle petite famille. Les trois gamins s'amusaient et se chamaillaient dans un joyeux vacarme lorsque j'avait pénétré leur demeure. J'avais senti leur petit coeur palpiter au rythme de leur plaisir, leur petit corps doux et chauds, remplis de vie.

L'aîné avait eu le temps de crier à l'aide et ses parents étaient apparus dans l'encadrement de la porte de la pièce. J'était incapable de voir l'expression de leur visage, ma vision étant trop floue, brouillée par la faim et ma folie grandissante.

La mère ne s'était pas défendue et le père avait bien vite abandonné.

Mais ce n'était pas assez. Il m'en fallait plus, toujours plus ! Cette brûlure intense que je ressentais de mon estomac jusqu'à chacun de mes membres n'allait jamais disparaître. Je ne voyais qu'un moyen de l'estomper un petit peu. Un placebo à moitié efficace :

La chasse.

Je courais. Encore et encore. Ne ressentant ni fatigue ni remords.

Cette foutue petite maison n'avait qu'à ne pas se trouver sur mon chemin.

Il y en avait eut d'autres. Des couples d'amoureux dans les buissons de l'unique parc de Forks. Un ou deux ivrognes en costume cravate, rentrant à la maison d'une démarche incertaine. Des adolescents traînant près des limites de l'école, fumant et buvant en cachette.

Aucun n'avait pu m'échapper. Ils étaient tous condamnés à la seconde où je posais mon regard sur eux.

Soudain, une crampe monumentale me tordit les entrailles et je dut m'arrêter un instant, la main fortement appuyé sur mon abdomen.

La faim... La faim...Cette faim qui n'allait jamais partir !

Je grognai de rage. Je ne pouvais plus endurer. C'était trop pour moi.

"On est tous passés par là." m'avait dit Edward.

Moi je n'allais pas y arriver. C'était au dessus de mes forces. Les Cullen devaient être des anges ! Comment avaient-ils pu résister à la tentation ? Cet appel de la chair si doux, si infiniment voluptueux ? Comment avaient-ils seulement été capables de ne pas imaginer le sang d'un innocent sur leurs lèvres coulant dans leur gorge avec une lenteur qui vous torture de plaisir ?

Un craquement sec tout près de moi me tira de mes rêveries. Quelqu'un semblait se frayer un chemin parmi les branches et les arbres de la forêt dans laquelle je me trouvais à ce moment là. Une forme floue et sombre émergea alors des broussailles.

Je ne pouvais voir qui c'était. Il n'y avait que le battement de son coeur qui comptait. Il battait si fort et si délicieusement que j'eut l'impression qu'il se trouvait dans ma propre poitrine. La forme ouvrit la bouche mais ce qu'il déclara parvint à mes oreilles comme un son indistinct. Un chaos de consonnes et de voyelles.

L'animal en moi se déchaîna à nouveau. La forme hurla et s'effondra mollement à mes pieds. Telle une grotesque et énorme poupée de tissu.

EDWARD

Le soleil était à son zénith à présent. Bella était restée introuvable et la panique m'envahissait de plus en plus. Bientôt (si ce n'était déjà fait) elle allait attaquer des humains et expérimenter le goût ferreux et terriblement exquis du sang qui coule dans leurs veines. Elle serait alors incontrôlable. C'est toujours plus facile de résister à quelque chose qu'on ne connaît pas.

J'essayais de suivre sa trace à partir des pensées des citoyens mais personne ne semblait l'avoir vu. Elle avait dût rester loin du centre ville, pour l'instant.

Tout à coup, j'entendis une voix que je connaissait. Elle provenait de la forêt.

"Bella ! Mais qu'est-ce qu'elle fait ici, nom d'un chien ? Mais... elle est couverte de sang !"

Quelqu'un l'avait retrouvé ! Je me mis à courir vers la provenance des pensées. Je ne crois pas avoir jamais couru aussi vite de toute ma vie.

"Ça ne vas pas du tout ! Qu'est-ce qu'elle a ? Qu'est-ce qu'il lui a fait !?"

Je me raidis, soudainement très nerveux. Je m'approchais de plus en plus. Il fallait qu'il tienne encore un peu. Juste le temps pour moi d'arriver et de l'empêcher de...

" Bella ? ! Qu'est-ce que tu fais ? ! Arrêtes ! Arrrrrrghhh !"

Finalement, j'arrivai tout près d'elle mais elle ne s'apperçu pas tout de suite de ma présence, trop occupée qu'elle était à regarder le tas de guenilles ensanglantées qui gisaient sur le sol. Un visage en sortait. Livide, effrayé. Mort. Mon coeur qui n'avait pas battu depuis près de 100 ans se serra.

Les habitants de Forks avaient du se rendre compte que quelque chose d'anormal faisait du grabuge dans les bois. Quelqu'un avait probablement appelé les autorités.

Charlie Swan devait s'être porté volontaire sans se douter qu'il allait tomber sur sa fille.

Salut !

Ce chapitre était assez court... je m'en excuse mais je crois que j'ai écrit tout ce que j'avais à dire et à exprimer.

Il ne reste plus que trois chapitres à cette fic en comptant l'épilogue.

Sur ce, à bientôt !

x-x-x

Moonsonata

PS: Il ne me reste plus que 26 reviews avant de fêter ma 100e review ! Faites un petit effort ! LOLL Je n'ai jamais réussi à atteindre la barre des 100 !