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Chapitre 11
Scène 55 – Harry
Harry ne s'arrêta de courir ni pour transplaner, ni en arrivant à Ste-Mangouste. Il traversa le lobby à toute vitesse et sprinta dans les couloirs, bousculant des infirmiers et quelques Médicomages qui lui hurlaient d'arrêter. Son esprit était vide de pensées mais plein d'une panique bouillante qui lui brûlait les yeux. Dans la liste, il y avait un nom qu'il avait reconnu pour l'avoir lu inscrit sur la blouse d'un infirmier. Il ne se souvenait plus de son visage, mais le nom Geralt Cadwallader lui avait sauté aux yeux. Pendant plus d'une semaine, il avait eut accès à la chambre de Draco. Il n'avait peut-être rien à voir dans cette histoire, mais Harry se refusait à risquer une seconde de plus la vie de Draco en le laissant à Ste-Mangouste.
Il déboula à toute vitesse dans le bon couloir et les Aurors braquèrent immédiatement leur baguette vers lui. Il fut forcé de ralentir, levant légèrement les bras pour leur montrer qu'il venait en paix, mais sa propre baguette crispée dans sa main ne devait pas les rassurer.
« Est-ce qu'il y a quelqu'un à l'intérieur ? » Demanda-t-il rapidement. L'un des Aurors fouilla rapidement dans sa poche pour prendre la longue vue et la braqua sur lui. L'œil au bout de l'appareil cligna plusieurs fois.
« C'est bon, c'est bien lui. » Fit celui qui le tenait.
« Non, il n'y a personne. » Répondit alors un autre Auror.
« Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda Brightwood.
« Ne laissez entrer personne d'autre que Ronald Weasley. » Commanda-t-il même si ces hommes n'étaient pas sous ses ordres. « Pas même le personnel de l'hôpital. Compris ? » Demanda-t-il en jouant des épaules pour atteindre la porte.
Les Aurors marmonnèrent et il s'enferma dans la chambre.
« Harry ? » L'appela la voix de Draco. Il se retourna pour le voir assis en train de lire. « Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda-t-il en voyant son expression paniquée.
« Est-ce que tu peux te lever ? » L'interrogea Harry sans lui répondre. Il contourna le lit pour atteindre la petite commode qui contenait ses affaires.
« Heu, oui. »
« Et marcher ? » Demanda encore Harry en fouillant dans les quelques vêtements qui se trouvaient dans le tiroir. Il y avait le pantalon de costume et les sous-vêtements qu'il portait lorsqu'il était arrivé à Ste-Mangouste, mais sa chemise et sa veste avaient disparu, sans doute confisquées par le ministère en guise de preuve.
« A peu près … Tu vas me dire ce qui se passe ? » Grogna Draco.
« Tu viens à Grimmauld. » Répondit Harry en se tournant vers lui, ses vêtements à la main. Il les tendit à Draco. « Enfile ça. »
« Quoi, maintenant ? » S'étonna Draco avec les yeux écarquillés.
Harry souffla, tentant de ne pas s'énerver. Il ferma une seconde les yeux et les rouvrit pour planter son regard dans celui de Draco, le suppliant de voir à quel point il était sérieux.
« Draco. Je répondrai à tes questions une fois à Grimmauld, d'accord ? Habille-toi et tais-toi s'il-te-plaît. » Demanda-t-il, observant ses sourcils se froncer et sa bouche se retenir de l'envoyer balader.
« Et pour la potion ? » Fit tout de même Draco en désignant le tube magique qui reliait son bras à la potion de régénération.
« On l'emmène. N'enlève pas le tube. » Répondit Harry avant de retirer son pull pour le tendre à Draco. « Enlève ta blouse, je vais t'aider à le mettre. »
Le blond souffla avec un air vaguement agacé qui ne suffisait pas à réduire son expression inquiète. Il tira sur sa blouse d'hôpital dont l'attache arrière céda facilement et la retira partiellement. Harry l'aida à défaire les nœuds sous ses aisselles qui fermaient ses manches et ils purent finalement l'enlever, découvrant alors l'épais pansement qu'il avait sur le torse. Harry détacha la poche de potion et la passa dans la manche droite de son pull avant que Draco n'y mette aussi son bras. Il l'aida à enfiler l'autre manche et à passer sa tête dans l'ouverture.
Draco se chargea lui-même de mettre son pantalon et ses chaussettes mais accepta l'aide d'Harry pour ses chaussures. Harry lui était reconnaissant d'avoir cessé de poser des questions et de ne pas lui avoir rendu la tâche plus difficile.
Alors qu'il terminait de lacer les chaussures de Draco, Ron entra dans la chambre. Il avait l'air essoufflé mais Harry ne lui laissa pas le temps de se remettre.
« Geralt Cadwallader, il est infirmier ici. » L'informa-t-il en aidant doucement Draco à descendre du lit avant de prendre sa baguette sous son oreiller.
« C'est noté. Vous pouvez y aller, j'ai fait vider les couloirs. » Dit Ron, s'attirant un regard particulièrement étonné de Draco qui avait peur de comprendre la situation.
« C'est lui qui … ? »
« On ne sait pas encore. » Le coupa Harry. « Mais dans le doute, tu viens à Grimmauld. Tu peux marcher tout seul ? »
« Ça devrait aller. » Répondit Draco avec une grimace. Il n'avait pas particulièrement mal mais ses jambes étaient faibles à cause de son immobilité forcée. Il se permit de se servir de l'épaule d'Harry comme appui alors que son autre main tenait la poche de potion.
Ils marchèrent doucement mais sûrement le long des couloirs qui menaient à la salle d'attente, suivis d'Aurors et précédés de Ron. L'hôpital semblait vide. Le peu de personnes qu'ils voyaient aux croisements des couloirs portaient la robe pourpre du Département de la Justice Magique.
Une fois dans l'entrée que les patients en attente avaient désertée, Ron jeta de la poudre de cheminette dans l'âtre qui s'illumina de flammes vertes.
« Je te rejoins à Grimmauld. » Informa-t-il son meilleur ami.
« Transplane devant la porte, je vais fermer tous les accès. » Répondit rapidement Harry en avançant dans la cheminée. Ron hocha la tête et regarda Harry et Draco disparaitre.
Scène 56 – Harry, Draco et Scorpius
Draco soufflait sur le canapé pendant qu'Harry modifiait les protections de la maison, la main sur le manteau de la cheminée. Grimmauld n'avait pas changé, comme si la maison était piégée dans le temps. Il y avait juste quelques nouveaux livres dans la bibliothèque, seule preuve qu'Harry avait continué d'y passer du temps ces dernières années.
La porte s'ouvrit sur Scorpius qui écarquilla les yeux en voyant son père et se précipita vers lui.
« Ne me saute pas dessus s'il-te-plaît » Supplia Draco en le voyant arriver, craignant pour sa blessure. Scorpius ralentit et s'assit à côté de lui pour l'enlacer, posant sa tête sur le côté droit du torse de son père.
« Tu as enfin pu sortir ? » S'étonna-t-il alors que Draco lui caressait les cheveux, la poche de potion posée sur ses genoux.
« Oui, enfin … Plus ou moins. » Répondit-t-il en jetant un coup d'œil à Harry qui semblait toujours concentré sur son enchantement.
« C'est le pull de Papa … » Remarqua Scorpius, et Draco pinça les lèvres au-dessus du crâne de son fils.
« Ca va être compliqué si tu nous appelles tous les deux comme ça. » Fit-il remarquer avec un sourire dans la voix.
« Je ne vois pas comment vous appeler d'autre … Tu veux que je t'appelle Maman ? » Railla Scorpius contre son père. Draco grimaça, son corps sursautant à cause d'un éclat de rire.
« Merlin non, pitié. » Rit-il en décollant son fils de lui. Harry se détacha de la cheminée et alla s'effondrer dans un fauteuil, fermant les yeux et retirant ses lunettes pour se pincer l'arête du nez.
« Harry, ça va ? » S'inquiéta Draco en regardant sa forme épuisée et ses mains tremblantes.
« Maintenant ça va. » Répondit l'interpellé avec un soupir. Il rouvrit les yeux et remit ses lunettes pour pouvoir les voir. Il pouvait enfin se permettre de souffler à présent que Draco était en sécurité.
Celui-ci plissa les yeux dans sa direction.
« Je suis à Grimmauld maintenant. Je peux savoir ce qui se passe ? Qui est ce Cadwallader ? »
Harry avisa Scorpius qui le fixait avec curiosité. Il se mordit les lèvres, hésitant à parler devant leur fils, mais Draco lui intimait de répondre du regard.
« Une des personnes qui versait de l'argent à Smith. » Dit-il finalement, refusant de citer aussi Ginny devant Scorpius.
« Combien de personnes ? »
« Une dizaine. » Répondit doucement Harry, son cœur se pinçant en voyant Draco serrer les dents.
« Quel succès j'ai, pour avoir dix personnes à mes trousses … » Murmura le blond en se laissant aller dans le canapé.
« Mais vous avez les noms, vous allez pouvoir les arrêter. » Réagit Scorpius en regardant tour à tour ses parents.
« Si c'était aussi simple que ça … » Soupira Harry. Sans preuve recevable par les supérieurs de Ron, celui-ci ne pouvait arrêter et interroger personne. Il allait devoir récupérer l'original du fichier de Joe Smith à Gringotts avant de procéder aux arrestations nécessaires.
Scène 57 – Harry et Draco
Harry referma la porte de Grimmauld après le départ de Ron et soupira, le front sur le bois frais. Il avait très mal à la tête et la voix énervée de son meilleur ami n'avait rien fait pour arranger les choses. La baguette à la main, il repositionna les protections de la maison sur la porte, empêchant quiconque d'y pénétrer.
Il grimpa ensuite doucement les escaliers. Scorpius et Draco étaient couchés et devaient sans doute dormir, si bien qu'il s'efforça d'aller jusqu'à la salle de bain sans faire de bruit. Il prit de quoi calmer sa migraine, ignorant le regard épuisé que lui renvoyait le miroir alors qu'il se brossait les dents, et se déshabilla. En sous-vêtements, il entra doucement dans la chambre principale de la maison Black et se dirigea en silence jusqu'à son armoire dans laquelle il prit un tee-shirt.
« Je ne dors pas. » Marmonna Draco depuis le lit. « Tu peux faire du bruit. »
Harry se retourna, à moitié dans son tee-shirt, et termina de l'enfiler. Il était minuit passé et cela faisait quatre heures qu'il était couché.
« Pourquoi tu ne dors pas ? » Demanda doucement Harry en marchant vers le lit. Il déposa ses lunettes et sa baguette sur la table de chevet.
« Je réfléchis. » Répondit Draco à voix basse. Harry se coucha, tourné vers lui, et sourit en constatant qu'il l'avait dans son lit pour la première fois depuis quatorze ans.
« C'est bien. » Le félicita-t-il avec amusement, s'approchant jusqu'à pouvoir déposer un baiser sur son épaule nue.
« Je me disais que la dernière fois que j'ai dormi dans ce lit, tu avais une gueule de bois et j'étais malade. » Continua Draco en ignorant le trait d'humour d'Harry. Celui-ci sourit contre son épaule. Ce souvenir lui était aussi revenu à l'esprit quelques jours plus tôt, Draco lui donnant une potion anti-gueule-de-bois alors qu'il avait lui-même l'air assez mal en point.
« Tu attendais déjà Scorpius. » Réalisa-t-il alors.
« C'est pour ça que j'étais malade, oui. » Répondit doucement Draco. Il tourna la tête vers lui et Harry recula un peu pour pouvoir le voir grâce à la lumière des réverbères qui filtrait à travers les rideaux.
« Tu le savais déjà ? »
« Oui. » Dit simplement Draco en soutenant son regard.
« Pourquoi tu ne me l'as pas dit à ce moment-là ? » Il n'y avait aucune colère dans la voix d'Harry. Il ne pourrait jamais se mettre à la place de Draco et affirmer que lui-même l'aurait fait immédiatement.
Le blond détourna le regard et sembla hausser les épaules.
« Je ne sais pas. La peur, sans doute. »
« Mmh … » Répondit simplement Harry en s'approchant à nouveau de lui, passant un bras au-dessus de son ventre pour l'enlacer sans toucher son pansement. Il nicha son nez dans son cou et inspira profondément. Draco ne sentait pas Draco, il sentait encore l'hôpital, mais la chaleur de son corps était familière et réconfortante.
« Je suis désolé … » Murmura Harry contre lui. Draco posa sa joue contre son crâne.
« Arrête … » Souffla-t-il sur ses cheveux. Harry lui embrassa le cou et après quelques minutes de silence, s'endormit.
Il fut réveillé quelques heures plus tard par des gémissements étouffés. Il n'était plus contre Draco mais il lui suffit d'ouvrir un œil pour voir que c'était lui qui émettait ces sons plaintifs. Il avait une main crispée sur le cœur et son autre bras était posé sur son visage pour s'empêcher de faire trop de bruit.
Son cerveau eut à peine le temps d'enregistrer ce qu'il se passait qu'Harry se réveilla brutalement et posa une main sur l'épaule de Draco, le cœur tambourinant dans sa poitrine avec panique.
« Draco, qu'est-ce qui se passe ? »
Celui-ci ne sembla pas l'entendre. Harry put voir une goutte de transpiration rouler le long de sa gorge jusqu'au matelas, et une autre partir de sa tempe pour se perdre dans ses cheveux. Son corps était crispé et n'avait de cesse de remuer, comme s'il se débattait contre la douleur.
Harry souleva la couverture et sortit rapidement du lit. Il enfila ses lunettes en faisant le tour pour atteindre la table de chevet du côté de Draco et s'agenouilla devant elle. A côté de lui, Draco gémissait toujours de douleur. Sa respiration était laborieuse et inégale, et une panique quasi-irrationnelle s'empara d'Harry qui fouilla les potions se trouvant dans le meuble de chevet alors qu'il savait avoir mis les antalgiques à l'avant. Il finit par mettre la main sur celle qu'il cherchait, et il retira difficilement le bouchon de liège avec ses doigts tremblants.
Il s'assit sur le bord du lit et força Draco à baisser le bras qui se trouvait sur son visage. Celui-ci était fermé, crispé, couvert d'une fine pellicule de transpiration qui faisait briller sa peau blafarde. Ses lèvres étaient sèches et gercées, mais Harry y posa tout de même le goulot de la petite bouteille de potion et aida Draco à soulever sa tête de son autre main. La potion disparut rapidement dans sa gorge malgré la difficile déglutition, et Harry reposa son crâne sur les oreillers avant de filer vers la salle de bain. Il y mouilla une petite serviette et revint dans la chambre pour la passer doucement sur le visage et sur la gorge brûlante de Draco qui semblait toujours se battre contre la douleur pulsante de son cœur en réparation. Il repoussa les cheveux qui lui collaient au front et aux tempes puis resta assis à côté de lui, lui tenant fermement la main en attendant de voir son corps se détendre sous l'effet de la potion.
Rapidement, les plaintes de Draco diminuèrent en intensité et son souffle se fit plus régulier. Il avait les doigts crispés autour de ceux d'Harry comme pour s'y accrocher.
« Papa ? » Murmura une voix paniquée depuis l'entrée de la chambre, et Harry tourna vivement la tête pour voir Scorpius en pyjama observer la scène avec les yeux écarquillés.
« Ça va aller. » Souffla-t-il. « La potion fait effet. » Tenta-t-il de rassurer leur fils qui s'approcha tout de même, ses pieds nus faisant grincer le parquet.
« Ça va Scorpius. » Croassa Draco d'une voix éraillée. « Retourne te coucher. » Continua-t-il, presque suppliant. Le garçon l'ignora et grimpa sur le lit pour s'installer à genoux à côté de son père. Il semblait vouloir le toucher mais avoir peur de poser les mains sur lui et de lui faire mal. Draco ouvrit à moitié les yeux et souleva la main qui tenait son cœur pour la tendre vers lui. Scorpius la prit rapidement et en silence puis s'allongea contre lui. Il ferma si fort les yeux que ses sourcils se froncèrent.
« C'est bon, c'est passé. » Chuchota Draco, tournant les yeux vers Harry. Son corps s'était détendu et son visage prenait peu à peu l'air hagard des personnes sous potion antidouleur. « Je peux avoir de l'eau ? »
Harry hocha la tête et lui proposa le verre qu'il avait préparé la veille sur la table de chevet. Draco lui lâcha la main et porta le verre à ses lèvres en soulevant un peu la tête.
« C'est toujours comme ça ? » Demanda-t-il doucement.
« Plus ou moins… » Soupira Draco en lui rendant le verre après en avoir bu la moitié.
Harry ne s'était pas rendu compte que la douleur était aussi forte. Il n'avait pas arrêté de déranger Draco pendant son séjour à l'hôpital, et il se sentit soudainement coupable de l'avoir réveillé et laissé ressentir cette souffrance qui semblait insupportable.
Il était cinq heures et demie du matin. Il aurait pu se recoucher de l'autre côté de Scorpius, il en avait largement la place, mais il sentait qu'il ne réussirait pas à se rendormir. Il avisa la poche de potion régénérante presque vide qui pendait au mur. Il lui faudrait la changer d'ici quelques heures.
Les paupières de Draco papillonnèrent. Il posa la main sur la cuisse d'Harry qui la prit délicatement dans la sienne, se forçant ensuite à rester immobile jusqu'à ce qu'il s'endorme à nouveau, la bouche entre-ouverte et le visage détendu. Scorpius sembla adopter la même expression, le sommeil l'emportant maintenant qu'il sentait que son père allait mieux. Ils étaient presque la copie l'un de l'autre et le tableau ne put que faire sourire Harry qui se leva doucement du lit. Il les embrassa tour à tour sur le front et quitta la chambre sans un bruit.
Mercredi
Scène 58 – James, Albus et Lily
James se fit une place à côté de sa sœur à la table de Poufsouffle sans adresser un mot à quiconque. Il n'avait envie de déjeuner ni avec sa maison, ni avec les Serdaigles, et il savait que les préfets de la maison de Lily aimaient accueillir d'autres élèves à leur table. La jeune Potter lui jeta un coup d'œil surpris avant de lui sourire malgré sa bouche pleine.
« Salut. » Fit son grand-frère avant de prendre une assiette qu'il remplit de toasts.
« Chalut. » Répondit Lily avant d'avaler sa bouchée. « Oh, salut Al' » Ajouta-t-elle en levant les yeux vers Albus qui venait s'installer de l'autre côté de James.
« Salut. » Répondit doucement le Serdaigle avec une mine endormie.
« Je vous manque ou bien vous avez décidé de changer de maison ? » Demanda Lily avec un petit coup de coude à James.
« Très franchement, j'hésite à demander à changer de répartition. » Grogna son plus grand frère en tartinant un toast d'une impressionnante couche de confiture.
« Moi j'aimerais bien créer une nouvelle maison. » Répondit pensivement Albus en se servant en jus de fruit. « Je l'appellerais … Weaslpotterfoy. »
« Malweaslter. » Proposa James avant de mordre dans sa tartine. Lily pouffa.
« Moi j'aime bien ma maison, mais je pense que je viendrais quand même. » Réfléchit-elle avant d'hausser les sourcils. « Hugo, tu viendrais à Malweaslter ? »
Leur cousin, qui avait lui aussi décidé de les rejoindre, lui envoya un regard hagard avant d'enjamber le banc devant eux. « Hein ? » Demanda-t-il.
« Notre nouvelle maison. » Répondit Albus. « Elle se situerait près de la bibliothèque, là où il y a une sortie vers la cour de la fontaine. » Cette cour donnait un accès direct vers les serres et le terrain de Quidditch.
« Excellent emplacement Al'. » Commenta James entre deux bouchées.
Hugo se contenta de froncer les sourcils avec un air vaguement perdu.
« Et donc ça serait une maison réservée à notre famille et aux Malfoys ? » Demanda-t-il, n'étant pas certain d'avoir tout compris.
« C'est vrai que si on lui donne ce nom-là, ça fait un peu cercle fermé … » Philosopha Lily. « Peut-être qu'on devrait lui donner un nom plus générique, mais classe ! »
« Comme quoi ? » Railla James. « Dragonlicorne ? » Demanda-t-il, faisant rire Albus alors qu'il était en train de boire son verre.
« C'est pas mal. » Fit sérieusement leur petite sœur. « Quoiqu'un peu gamin, si je peux me permettre. » Elle envoya un sourire moqueur plein de dents à James qui leva les yeux au ciel.
« J'aurais dit Scorpius si ça n'avait pas déjà été pris. » Poursuivit Albus après s'être essuyé le nez et la bouche avec une serviette.
« C'est vrai que son prénom fait un joli nom de maison. »
« Dans ce cas là, il doit bien y avoir une autre constellation qui conviendrait… » S'avança prudemment Hugo en essayant de s'intégrer dans le jeu des Potter.
« Un constellation, ça fait un peu … Sang-pur. » Nota Albus en prenant quelques toasts devant lui.
« Il n'y a que les Black et les Malfoy qui font ça. » Rétorqua James.
« Ils sont plutôt représentatifs des Sang-purs, quand même … » Osa Hugo avant de rentrer la tête dans les épaules en voyant l'expression furieuse de James. « Ce n'était pas une insulte. » Précisa-t-il alors.
Lily tapota le bras de son frère aîné comme elle l'aurait fait pour calmer un fauve.
« Du calme, du calme. » Demanda-t-elle. « Pourquoi pas Hydra ? C'est une créature magique, et en plus c'est une constellation. »
Tout le monde sembla réfléchir sérieusement à sa proposition.
« Il ne reste plus qu'à pouvoir créer une nouvelle maison, alors … » Souffla Albus avec le menton posé dans sa main.
« Hmm … » Acquiesça James dans la même position, observant avec attention son dernier morceau de toast.
Lily les regarda en souriant puis adressa un clin d'œil à son cousin qui semblait aussi perdu que d'habitude.
Scène 59 – Scorpius
Scorpius tourna doucement la page de son livre, ses yeux filant à toute vitesse sur les lignes du roman de ce que les moldus appelaient de la Science Fiction et que son père – Harry – lui avait prêté avant de partir. Son autre père – Draco – était en train de somnoler à côté de lui, son propre livre posé sur son ventre. Scorpius lui jeta un coup d'œil puis revint à son histoire.
Il avait déjà entendu parler de robots mais n'avait jamais rien lu à leur sujet. Il savait qu'ils existaient, mais aucun n'était aussi stupéfiant d'intelligence et mortellement dangereux que ceux qui rôdaient autour du héros de l'histoire. Le pauvre n'avait en plus aucun pouvoir magique pour s'en débarrasser et devait user de stratagèmes pour lui fuir et les détruire. Scorpius était passionné par l'intelligence de ce moldu et par le suspense qui se dégageait du roman, si bien que trois heures passèrent sans qu'il s'en rende compte.
Lorsqu'il leva les yeux de son livre, ce fut parce que son père entrait dans la chambre après avoir rendu visite à Ron Weasley.
« Tout va bien ? » Chuchota-t-il pour ne pas réveiller son père – Draco.
« Rien à signaler. » Répondit du même ton Scorpius. « Ce livre est génial. » Ajouta-t-il avec une pointe d'excitation dans la voix.
« Ravi qu'il te plaise. » Sourit son père. « James est un grand fan de cet auteur, il pourra t'en conseiller d'autres. »
« Je lui demanderai alors. » Promit Scorpius. « Tu dois parler à Papa ? » Demanda-t-il ensuite, se redressant légèrement.
« Oui, si ça ne te dérange pas. » Souffla Harry avec un air désolé.
« Pas de problème. » Sourit Scorpius en s'asseyant. « Je vais dans ma chambre. » Ajouta-t-il en descendant du lit. Il quitta la pièce pour laisser ses parents tranquilles et alla s'écrouler dans son lit pour continuer son livre.
Il était tellement absorbé qu'il n'entendit ni les murmures ni les pas dans la maison.
Scène 60 – Draco et Harry
Draco entra dans la salle de bain et accepta l'aide d'Harry pour se débarrasser de son tee-shirt qui lui collait au dos. Il se sentait vaseux et faible à cause de sa longue sieste, et ce fut un choc pour lui de découvrir son visage émacié et sa peau presque transparente dans le miroir.
« Merlin, quelle tête … » Lâcha-t-il alors qu'Harry déclenchait l'eau de la douche de pierre derrière lui. Il se tripota le visage et fit une grimace à son reflet. Tout pour détourner son attention du fait qu'il risquait de se retrouver bientôt nu devant son ancien amant. Cette situation lui paraissait très étrange, comme une chose qu'on espère trop longtemps et qui nous terrifie une fois obtenue.
« Je peux me laver tout seul, tu sais. » Dit-il, l'air de rien, à Harry qui réglait la température de l'eau. Il ne voyait que l'arrière de sa tête dans le miroir, jusqu'à ce qu'il la tourne pour lui jeter un coup d'œil.
« Je n'en doute pas, mais j'en ai envie. » Sourit-il simplement, et Draco se sentit forcé de lui rendre la pareille dans le miroir.
« Tu saurais remettre le tube magique si je l'enlève ? » Demanda-t-il alors en se tripotant l'intérieur du coude.
« Non, il vaut mieux que tu le gardes … » S'excusa Harry en tapotant justement le mur de la douche pour fixer un crochet sur lequel ils pourraient pendre la poche de potion de régénération.
Draco soupira en lâchant son bras et se débarrassa finalement de ses sous-vêtements, luttant contre la honte ridicule qu'il ressentait à l'idée d'être nu dans un tel état devant Harry. Lorsqu'il se retourna vers lui, celui-ci releva les yeux comme s'il avait été occupé à regarder précédemment ses fesses et lui offrit un large sourire.
Draco haussa les sourcils avant de rire de l'expression quasi-lubrique d'Harry puis désigna son pansement sur son torse.
« Impervius. » Lança aussitôt Harry.
« Merci. » Souffla Draco. « Tu restes habillé ? » Demanda-t-il en croisant les bras sur son torse, la poche de potion dans une main. Harry ricana et sembla mettre un point d'honneur à se débarrasser de ses vêtements le plus rapidement possible, faisant sourire Draco. Il le contourna pour se placer sous le jet d'eau chaude qui se déversait depuis le plafond de la douche de pierre sombre et accrocha la poche au crochet. Il resta alors immobile sous l'eau, dos à Harry, savourant le bonheur de pouvoir prendre une douche après plus d'une semaine sans se laver. Il était conscient qu'il avait de la chance, qu'un millimètre de plus et il aurait pu mourir ou rester en convalescence pendant des mois. Il n'avait pas envie de se plaindre, il voulait juste profiter du bonheur qu'il trouvait dans son malheur. Il était doué pour ça, cela faisait quatorze ans qu'il s'entrainait.
Harry entoura son ventre de ses bras, alignant son corps au sien et posant son front sur son épaule. Lorsqu'il sentit quelque chose contre ses fesses, Draco ne put rien faire pour empêcher tous ses muscles de se contracter sous la surprise.
« Potter, si tu crois que je vais faire quoique ce soit d'autre que de me laver sous cette douche … »
Harry l'interrompit en riant : « Même pas m'embrasser ? »
« Bon, t'embrasser d'accord. » Consentit Draco avec un sourire, posant les mains sur les avant-bras d'Harry. Celui-ci déposa un baiser sur son épaule et soupira.
« Je ne suis qu'un homme … »
« Oui, j'ai remarqué. » Ironisa Draco en faisant référence à ce qu'il sentait contre lui. Harry rigola et se détacha de lui.
« Désolé, je n'ai plus tes shampoings et savons fait-maisons, ils ont fini par tourner. » S'excusa-t-il en attrapant de quoi laver Draco, qui fut néanmoins touché de savoir qu'il les avait gardés assez longtemps pour les voir changer de couleur et moisir.
« Quel incroyable romantique tu fais. » Sourit Draco en se tournant légèrement. Il ne pouvait pas vraiment changer de position sans devoir déplacer la poche accrochée sur le mur.
« Ça me perdra … » Soupira dramatiquement Harry en se frottant les mains pour faire mousser le savon.
Draco ne répondit pas et regarda de nouveau devant lui, ne pouvant empêcher un sourire amer de tordre ses lèvres. Son propre romantisme l'avait déjà perdu une fois. Il était incapable d'ignorer son instinct de protection qui lui soufflait de se méfier et de ne pas retomber dans la même spirale de souffrance. Mais la faute ne revenait pas à Harry. Draco avait accepté de prendre ce risque en se liant à lui, il était injuste de le lui faire payer.
Les larges mains d'Harry lui massaient les épaules, la nuque et le dos et Draco cessa bien vite de réfléchir. Il posa sa tête contre la pierre noire et soupira de bien-être, l'eau et les doigts fermes mais relaxants d'Harry massant ses muscles endoloris. Il avait envie de se rouler en boule par terre et de s'abandonner à cette sensation mais la soudaine apparition des mains d'Harry sur son ventre et son torse provoqua des picotements dans son bas-ventre. Son souffle se bloqua dans sa poitrine et il se força à expirer avec calme. Il n'avait vraiment plus l'habitude d'être touché comme ça.
Ce fut presque pire lorsqu'Harry lui lava les jambes, et son cœur se mit à battre douloureusement fort. Il y posa une main, se concentrant sur sa respiration, si bien qu'il ne remarqua pas qu'Harry avait cessé de le laver.
« Tu as mal ? » S'inquiéta-t-il derrière lui, une main entre ses omoplates.
« Un peu. » Avoua Draco en relevant la tête, sentant que son visage s'était embrasé. Son foutu corps n'avait-il donc rien de mieux à faire que distribuer du sang aux mauvais endroits ?
« Je te lave les cheveux et on sort, alors. » Décida Harry avant de passer sous le tube magique pour venir se placer devant lui, le shampoing à la main. Draco le vit baisser les yeux puis les relever avec un air amusé. Il le maudit du regard.
« Tais-toi. » Commanda Draco avant qu'Harry ne puisse commenter son état, mais celui-ci ne fit que rire doucement, un air bêtement heureux sur le visage.
« Je suis juste content de toujours te faire de l'effet. » Dit-il avant de répartir du shampoing entre ses mains. Il reposa la bouteille pendant que Draco se mordait les lèvres puis la langue. Son corps était en feu et ce n'était définitivement pas le moment.
Harry s'appliqua à lui masser le crâne malgré la haute taille de Draco, et profita de sa proximité pour l'embrasser d'abord doucement, puis à pleine bouche, plaquant son corps musclé contre le sien qui lui semblait désagréablement frêle et disgracieux. Mais il avait attendu trop d'années pour à présent s'en soucier et il s'abandonna dans le baiser malgré le shampoing qui lui coulait sur les paupières.
Draco l'entoura de son bras libre, le forçant presque à s'écraser contre lui pour sentir toute la longueur et tous les reliefs de son corps qui n'avait absolument pas changé pendant tout ce temps. La sensation lui donnait envie de rire et de pleurer, et Harry semblait lui aussi incapable de choisir entre les deux. Son torse de ce dernier fut soudainement secoué de violents sanglots alors qu'il éloignait ses lèvres des siennes en riant.
« Tu m'as manqué … » Souffla-t-il, ses incroyables yeux verts forêt aussi humides que le reste de son corps.
Draco serra les dents, luttant contre ses propres larmes en caressant la nuque d'Harry. Il lui sourit malgré la douleur dans son cœur et la terreur d'être à nouveau blessé.
« Tu m'as manqué aussi … »
