Harry, dos au mur, assit contre la fenêtre de l'infirmerie, regardait la neige couvrir les alentours. Il aurait voulu dormir, mais il craignait de croiser Laurence dans un rêve, aussi il préférait rester éveillé. Harry faisait le bilan de sa maigre vie :

Ses parents avaient été assassinés par un puissant mage noir, qui avait été lui-même détruit en tentant de tuer Harry. Sa cicatrice brûlante témoignait de cet épisode tragique. Il avait été confié à son seul reste de famille les Dursley, qui s'étaient empressé de s'en défaire. L'orphelinat, quel sinistre endroit pour grandir. Rempli de privations, vexations et punitions, qui ont entrainés sa fuite, Londres… sa vie sous les ponts, sa misère, sa faim perpétuelle, puis lui, Laurence. Un policier ! Si Harry avait su que le plus terrible des vices se cachait dans les rangs de la vertu… Sa découverte du trottoir, sa survie journalière, ses clients, son appartement. Bref William… Et Rogue. Rogue qui l'avait sauvé ! Car oui, jamais il n'aurait pu continuer ainsi ! Tôt ou tard un fou l'aurai battu à mort, poignardé, noyé… A Poudlard un monde de possible s'ouvrait à lui ! Il était sorcier ! Il aimait se sentir magique, surtout lorsqu'il serrait sa baguette entre ses doigts… Ron, Hermione, pouvait-on rêver meilleurs amis ? Toujours joyeux, toujours présent, toujours bienveillant. Et Draco…qui apaisait ses peurs et ses appétits. Les vacances de Noël… Toute la journée de la veille tournait dans son esprit à le rendre malade. Il voulait occulter, tout oublier. A quoi bon ?

Rogue entra dans l'infirmerie à cet instant, coupant le fils des pensées de Harry. Harry leva les yeux vers lui.

- Professeur ?

- Il parait que vous refusez de vous nourrir. Je vous croyais plus malin.

- Je n'ai pas faim.

Rogue considéra Harry un instant, puis s'avança vers lui les bras croisés.

- J'ai modifié leur mémoire.

- A qui ?

- A tout ceux que vous avez eu la bêtise de croiser hier soir ! Savez-vous le temps que cela m'a pris ? Jusqu'au chauffeur de taxi il m'a fallu remonter ! Croyez-vous que j'ai tant de temps à perdre ?

Harry fut surprit par cette attaque de son sauveur.

- Je n'ai rien demandé, dit Harry sourdement.

- Parce que si vous croyez que je vais toujours surgir lorsque vous êtes en mauvaise passe vous vous trompez aussi !

- Eh bien parfait, comme ça la prochaine fois n'intervenez pas ! Laissez faire les choses ! Et sachez que je ne vous ai ni appelé, ni…

- Petit arrogant ! Sans moi à l'heure qu'il est vous seriez soit mort soit…

- Soit quoi ?

Harry s'était redressé, la rage circulait dans son corps et sa cicatrice semblait crépiter avec lui.

- Allez au bout de votre idée, professeur.

- Ne prenez pas ce ton avec moi !

- Je n'ai pas demandé à être sauvé ! Tout comme je n'ai pas demandé à être orphelin !

Rogue resta interdit.

- Vous allez pleurnicher ?

- Laissez-moi tranquille !

Harry aurait voulu courir vers lui et le mettre dehors, mais il s'en sentait incapable, il sentait qu'au moindre effort il tomberait et il ne voulait pas faire ce plaisir à Rogue.

- Les Dursley vous ont rejeté car se sont des moldus ignares, ils ont peur de la magie ! De tout ce qui touche à la magie… C'est pour ça que vous vous êtes retrouvé dans cet orphelinat d'où vous avez eu la sottise de vous enfuir ! Tout ce qui vous ai arrivé est de votre faute !

Harry n'aurait pas été moins choqué que si on venait de le gifler.

- C'est donc ce que vous pensez de moi ? Que c'était mérité ma vie à Londres ?

- Oui.

- Il n'y avait plus rien à dire. Harry s'installe de nouveau devant la fenêtre ignorant royalement Rogue.

- Mangez !

Rogue tourna les talons et quitta l'infirmerie, Harry lui ne savait plus que faire, aussi il décida de ne pas bouger de son observatoire et passa le reste de la journée a contempler la neige et la course du soleil.

Les jours suivant la situation devint de plus en plus critique pour Harry, il refusait toujours de manger et restait enfermé dans son mutisme assit devant la fenêtre. Aucunes paroles, aucune présence n'arrivait à le faire sortir de son tourment. Dumbledore s'inquiéta tant qu'il décida de recourir à l'issue qu'il redoutait tant.

Le jour du nouvel an, une heure avant que le soleil n'apparaisse Dumbledore se rendit à la grille et ouvrir à un gros chien noir qu'il salua, le chien lui rendit son salut et tout deux se frayèrent un chemin dans l'épaisse couche de neige. Quelques minutes plus tard Dumbledore introduisait le gros chien dans son bureau.

- Le voyage n'a pas été trop pénible Sirius ?

- Non, je n'ai eu aucun problème.

Le gros chien avait laissé place à un homme au visage émacié, un barbe taillée en pointe et vêtu simplement.

- Quelle était cette urgence dont vous vouliez me faire part ? demanda Sirius en prenant place dans le siège que lui offrait Dumbledore.

- Voilà, il se trouve que j'ai une bonne nouvelle et aussi une mauvaise.

Comme Dumbledore ne semblait pas pressé de continuer Sirius prit un peu plus ses aises.

- Si c'est au sujet de Voldemort, je n'ai pas eu de nouveaux renseignements, depuis que Peter, fichu rat, m'a échappé je ne sais rien… Lupin n'informe de temps en temps, mais rien d'intéressant.

- Il ne s'agit pas de Voldemort… quoi que… Non Sirius si je t'ai fait venir si rapidement c'est que… Nous avons retrouvé Harry.

- Harry ? répéta sans comprendre Sirius.

Une seconde passa, puis deux et enfin Sirius comprit. Il se redressa brusquement dans son siège le visage tendu et ému.

- Harry, Harry POTTER ? Harry Potter est ici? s'écria Sirius abasourdit.

- Oui, il est ici.

- Vous l'avez retrouvé quand ? Hier ? Comment va-t-il ? Mais où était-il ? On l'a cherché partout !

- Je vais répondre à toutes tes questions, mais avant je veux que tu m'écoutes sans m'interrompre et s'il te plait Sirius sans trop me juger sévèrement, si j'ai fais ce que j'ai fais c'est que cela me semblait bon pour lui.

- Je vous écoute.

Sirius s'installa dans les profondeurs moelleuses du siège et attendit avec impatience. Dumbledore lui expliqua alors comment Harry s'était retrouvé de l'orphelinat à la rue et de la rue à la prostitution. Il objecta toutes questions de Sirius et continua. Il continua son récit, en passant par la découverte de Rogue, l'arrivée de Harry depuis aout à Poudlard et ses excellentes aptitudes depuis qu'il était arrivé à l'école. Puis il continua son récit avec les événements de la veille au soir. Si Sirius avait déjà été choqué, outré ou même révolté, le sentiment qu'il eut à cet instant n'avait plus rien à voir.

- Où est-il je veux le voir !

- Il dort encore… Mais si je t'ai fait venir c'est pour lui montrer que sa famille ne l'a pas entièrement rejeté, il y a toi.

- Moi ! A qui vous n'avez pas jugé bon de m'avertir de son retour !

- Je ne voulais pas que Harry soit trop rapidement submergé de nouvelles choses.

- De nouvelles choses ? Je ne suis pas assez important pour fêter son retour, mais pour le consoler après avoir vécu l'enfer…

- En effet Sirius, coupa sèchement Dumbledore. Il a vécu l'enfer. Son enfer… Il n'avait pas besoin de savoir que son parrain avait été accusé d'avoir livré ses parents à leur meurtrier, ni que ce même parrain était en cavale dans le pays !

- Mais maintenant cela semble le bon moment ?

- Ce n'est pas le bon moment, mais c'est le moment où il a le plus besoin de toi. Il a besoin d'un reperds paternel, Rogue s'y dérobe alors que Harry…

- Rogue ? ROGUE ? Mais pourquoi Rogue !

- C'est lui qui l'a découvert à Soho…

- Où est Harry ?

Dumbledore soupira, décidément Sirius ne lui facilitait pas la tâche.

- A l'infirmerie.

Sirius se leva d'un bond et courrait presque jusqu'à la porte.

- Mais je t'en pris Sirius, ne lui saute pas dessus !

Un chien noir gigantesque pénétra doucement dans la pénombre de l'infirmerie. Harry dormait dans son lit au milieu du dortoir, il était dans le seul lit occupé. Le chien noir s'assit devant le visage endormit de Harry. Doucement le chien bouscula Harry du bout de son museau. Avec tendresse il recommença jusqu'à ce que Harry s'étire et s'éveille. Harry ouvrit un œil, puis l'autre et sursauta légèrement en découvrant le chien, son souffle chaud fit instantanément de la buée sur les lunettes qu'il venait de mettre.

- Bonjour toi, dit Harry en passant la main dans les poils du chien.

- Bonjour Harry.

Dumbledore rentra dans la pièce.

- Harry je voudrais te présenter Sirius.

- C'est votre chien ? demanda Harry en se relevant pour mieux caresser le chien.

- Non. Harry ce chien ne m'appartient pas, il n'appartient à personne d'ailleurs.

- Il est magnifique, dit Harry en continuant ses gratouilles tout autour de la tête.

- Il a l'air d'apprécier le compliment et tes caresses.

- Oui, on dirait…

- Harry, Sirius voulait te rencontrer et j'ai eu beau essayer de le persuader d'attendre ton réveil, il n'en fait qu'à son bon vouloir, aussi pardonne son impétuosité.

- Je lui pardonne. J'ai toujours rêvé d'avoir un chien. Je pourrais peut-être m'en occuper. On doit le nourrir, le laver et le sortir ce chien non ?

- Oh non… il s'occupe très bien de lui-même.

- Oh, fit tritstement Harry.

- Harry, si j'ai fait venir Sirius c'est pour qu'il te... enfin tu verras bien. Bon je vous laisse tout les deux.

Une fois Dumbledore sortit Harry bondit hors de son lit et s'agenouilla devant Sirius.

- Tu aimes jouer ? Je vais chercher une balle à te lancer ! s'enthousiasma Harry en fouilla la salle du regard.

Harry courut vers une table de nuit.

- Harry, bonjour.

Harry se figea, puis se tourna lentement, à la place du chien amical se dressait un homme d'environ trente ans, brun aux cheveux ondulés. Il ouvrit grand la bouche.

- Vous êtes un chien ?

- Non, sourit Sirius. Je suis un humain, un sorcier et animagi… Je peux me transformer en animal à ma guise.

- Mais uniquement en chien ?

- Eh oui… Viens t'assoir près de moi Harry. On doit parler.

Harry s'installa sur le lit en face de celui sur lequel Sirius s'était assis.

- Harry, je suis ton parrain.

- Mon ?

- Oui. Tes parents m'avaient choisi pour m'occuper de toi…

- Mes parents ? Vous connaissiez mes parents ?

- Oui, je vais tout t'expliquer. Mais que dirais-tu de manger durant notre entretient ?

Harry acquiesça, a bien y regarder il mourrait de faim. Aussi durant les trois heures qui suivirent Harry et Sirius discutèrent en dégustant un petit déjeuner. Au terme de la journée Harry savourait la joie d'avoir un parrain attentif et rieur, bien que l'apparence de Sirius montrait à quel point Azkaban l'avait changé, Harry ne lui en trouvait que plus de force. En quelques jours il récupéra totalement, certes ses joues étaient toujours creuses, mais sa lèvre tuméfiée était moins endolorie et une fine croute s'était formée. Il ne voyait presque plus les traces de coups que lui avait porté Laurence sur son corps et il souriait. Sirius qui n'avait cessé de l'abreuver de récit sur ses parents lui jura que l'été prochain Harry viendrait vivre chez lui. Harry allait connaitre un vrai été ! Il était pleinement heureux. La veille du retour des élèves Sirius quitta le château sous forme canine, Harry l'avait accompagné jusqu'à la grille. En revenant vers l'école la forme noir et immobile de Rogue l'attendait sur les marches. Harry se surprit de ne pas avoir croisé Rogue durant ces deniers jours. Bien que leur dernière entrevue n'avait pas été très productive, Harry essaya de laisser ce souvenir amer de coté et de saluer poliment le professeur.

- Vous êtes enfin disposé a venir travailler ?

- Professeur ?

- Vous cours particuliers avec moi.

- Maintenant ?

Harry pensait à la tarte à la mélasse qui devait l'attendre comme toute les fins d'après-midi devant le feu de sa salle commune.

- Oui, maintenant, à moins que vous n'ayez quelques inconfort à être en ma présence, ou a travailler…

- Non, non allons-y !

Harry suivit docilement le professeur dans son cachot et s'installa derrière sa table prêt a se servir de son chaudron.

- Non Potter, pas de potion aujourd'hui… Essayons de travailler votre esprit.

Harry redoutait plus que tout les cours d'occulmencie, il n'en ressortait jamais rien de bon. Mais il savait que c'était pour son bien, aussi il se leva de sa table et vient se placer devant son professeur. Rogue semblait surprit et même un peu déçu que Harry obéisse si facilement à ses injonctions. Harry lui sourit simplement, il vida son esprit et se concentra les yeux clos.

- En bonne disposition on dirait, constata Rogue.

Harry ne répondit pas, il ne voulait pas perdre l'état de sérénité dans lequel il était.

- Un, deux, trois.

Rogue attaqua sournoisement en essayant de passer par les souvenirs d'enfance, Harry para l'assaut, Rogue tenta une seconde fois, mais Harry le repoussa un peu plus fort. Déconcerté Rogue s'arrêta brusquement.

- Pour que vous excelliez il vous faut donc une semaine de repos !

- Ce n'était pas du repos, mais une convalescence, corrigea Harry en ouvrant les yeux.

- Appelez ça comme vous voulez… Mais si j'avais su qu'il fallait presque vous faire violer pour obtenir ce résultat je vous aurez livré moi-même à cet homme.

Harry pâlit brutalement, il avait tellement tout fait pour oublier cette nuit que ce rappel brutal le déstabilisa totalement. A quoi donc jouait Rogue ? S'il voulait mettre mal à l'aise Harry, il y parvenait ! Rogue saisit l'état de Harry pour plonger dans ces souvenirs les plus précieux. Harry n'eut pas le temps de l'arrêter, Rogue fouraillait ses souvenirs, il retournait ses pensées sans ménagements. Rogue entrevit alors ce que Harry avait réussi a dissimulé jusqu'à présent un endroit où il avait caché tout les instants volés avec Draco. Rogue y pénétra et sans vergogne détailla tout, Harry essaya de l'en empêcher, mais la puissance dont faisait preuve Rogue était écrasante. Rogue découvrit les baisers et les moments plus intimes des deux jeunes hommes, soudain en découvrant l'éclatante vérité, Rogue s'extirpa du crâne de Harry. Harry avait du mal a respirer l'effort dont il avait du faire pour essayer de contrer Rogue l'avait épuisé. Rogue ses yeux sombres encore plus enfoncé dans son visage fixait Harry avec stupéfaction.

- Vous et le jeune Malfoy ?

- Qu'est-ce que ça peut bien faire ?

- Etes-vous stupide ou seulement inconscient ?

La dureté des paroles de Rogue firent ouvrir les yeux à Harry. Son professeur paraissait plus que choqué, il regardait Harry avec surprise et presque affection.

- Pourquoi dites-vous ça ?

- Pourquoi ? Mais parce que le jeune Malfoy est fils de mangemort ! Voilà pourquoi !

- Mange-quoi ?

- Vous êtes donc si ignorant monsieur Potter ? Ignorez-vous que les parents de votre petit ami sont des partisans du Seigneur des Ténèbres. Celui même qui a assassiné votre mère !

Harry ouvrit la bouche horrifié.

- Moi j'imaginais que vous batifoliez avec Weasley, si j'avais su que vos goûts en matière d'homme penchaient pour les assassins et les manipulateurs…

- Je… J'ignorais. Il ne me l'a pas dit.

- En effet ! Vous devriez cessez de le voir ! Sur le champ ! Il pourrait essayer de vous manipuler pour vous amener jusqu'au Mage Noir !

- N'est-il pas mort ?

- … Seuls les idiots le croient mort !

Harry fut encore plus horrifié, horrifié et terrorisé.

- Vous pensez que Draco fait tout ça dans le seul but de me livrer à…

- Probablement, sachez que Draco n'avait jusqu'à vous, jamais eu gout pour les hommes…

Harry recula d'un pas. Puis deux, furieux il leva un visage déformé par la rage.

- Vous mentez !

- Non, je ne me le permettrais pas.

- Vous mentez ! Draco tient à moi ! Il…

- Il vous utilise !

- Comment le savez-vous ?

- C'est évident ! Jamais sinon il ne se serai jeté dans cette ignominieuse situation ! Un Malfoy avec un homme, pire un Potter !

Harry sentit une part de lui se déchirer. Il recula un peu plus.

- Je ne veux plus vous voir. Ni vous entendre !

- Potter ne soyez pas sot, Draco vous utilise, il se joue de vous, il ne vous aime pas ! Et ne vous aimera jamais !

- VOUS MENTEZ !

Harry sortit en trombe de la salle de classe remonta au rez-de-chaussée et s'élança à corps perdu dans la neige en traversant le parc. Il voulait appeler Sirius. Il voulait le revoir. Il s'arrêta à la grille, il eut beau appeler Sirius, il ne revint pas. La tête contre la grille il pleura à chaudes larmes. Hurlant sa tristesse. Non Rogue devait mentir, Draco ne lui ferait jamais ça. Draco ne pouvait pas… Et si Harry avait été à sa place, fils de mangemort, il aurait fait tout pour eux, tout… jusqu'à changer sa sexualité, jusqu'à tromper… Alors Harry s'agenouilla dans la neige, laissant son jeans s'imbiber d'eau glacé. Il resta là jusqu'à ce que la nuit fut noire, puis il rentrant au château et se rendit directement à son lit. Demain il réfléchirait… demain.