Under The Gun
Inspiration: Twilight par S. Meyer & A Friendly Game Of Poker par Mrs Witter
Création de Lex Lina
xoxo
Chapitre Douze
Bring It On Baby !
« Le poker limit est une science, le no limit est un art. Dans une partie Limit, vous tirez sur la cible, en no limit la cible est vivante et vous tire dessus en retour. ». Jack Straus (Joueur de Poker Américain – 2 fois champion WSP)
Chansons choisies pour ce chapitre :
Aerosmith – Dream On
Lianne La Havas – Don't Wake Me Up
Shaka Ponk – Dot Coma
xoxo
Retour au JWTC, Camp Gonsalves, Okinawa…
« Oui… Mais je sais aussi qui tu es, Cullen. On a déjà eu cette conversation… Et tu sais que je ne veux pas être une de tes conquêtes ou une de celles que tu appelles lorsque tu es en manque. Je ne suis pas de celles qui se complaisent dans ce genre de situation et je sais que tu n'aimes pas faire de compromis autant que je n'apprécie pas les promesses non tenues. Alors, ne me fais pas perdre mon temps. ».
Edward reste immobile, prenant le temps de digérer ces propos, somme toute injurieux, à son encontre. « Tu uses de moi de la même façon et pourtant cela ne gêne en rien ton éthique. ».
La jeune femme réajuste son maillot de corps. « Je pense que je ferais mieux d'y aller. Puis, n'as-tu pas un sac à préparer ? Je finirais surement par trouver quelqu'un… Un vrai mec qui ne se défile pas à la moindre difficulté. ».
Le cœur du soldat bat fort, très vite et intensément…. Si fort que le jeune homme s'étonne que l'organe ne saute pas de son torse et tombe au sol dans un splash sanglant. Il se retient de crier, d'hurler qu'il en a marre de cette pression, qu'il ne sait pas quoi, ni comment, faire pour qu'elle comprenne où il veut en venir ou ce qu'il ressent. Il sait que ce n'est pas en restant immobile qu'il fera taire Bella.
Mais Edward ne bouge pas. Il grommelle quelques propos incompréhensibles… Bien que les termes 'garce' et 'putain de Seal' parviennent clairement aux oreilles de la personne concernée… et la garde blottie contre la porte. Sa voix est rauque quand il demande. « Est-ce vraiment ce que tu veux ? ». Ses mains agrippent les poignets de Bella et resserrent leurs étreintes à mesure que sa colère augmente. Ils seront surement bleutés demain mais tous deux préfèrent ignorer ce détail. Il répète. « Tu es sûre ? Que je te montre qui je suis vraiment ? Que je passe mes nerfs sur toi ? ».
Bella se crispe. Elle sait que diriger toute la colère qu'il possède sur elle, est un jeu qui risque de se retourner contre elle. Mais, Cullen a besoin d'évacuer. Ces sentiments, cette détresse, qui le minent, ne feront que le bouffer petit à petit. La jeune femme ne comprend toujours pas pourquoi, elle a autant besoin de lui pour continuer à vivre et se sentir humaine. « Parce que tu penses en être capable ? ».
Edward fulmine. Sa fureur est clairement visible par la tension de sa mâchoire et de son cou. Ses yeux verts irradient. « OK. N'oublies pas que c'est toi qui l'as voulu, Swan. ». Les bras de Bella retombent mollement quand il la relâche.
Elle frotte ses poignets endoloris et le titille un peu plus. « Bla, bla, bla… ».
Le soldat fait un pas en arrière, avant de revenir vers elle et de ses deux mains, il déchire le tissu lui protégeant la poitrine. Les yeux de Bella s'écarquillent alors qu'il entreprend de lui retirer son treillis sans ménagement. Son boy short et sa brassière rejoignent rapidement le reste de ses vêtements à terre.
Ne voulant pas être en reste, Bella tire sur ses plaques militaires, montrant le nom inscrit dessus… E.A. CULLEN… Delta Forces… et murmure. « Je sais qui tu es Cullen. N'en doute jamais. ». Elle finit son geste en arrachant le dog tag, laissant une marque rouge sur son cou.
Sans même hésiter un instant, Edward descend son propre pantalon, prenant le temps de le retirer totalement avant de lui saisir les jambes et la pénétrer, comme si le fait qu'ils soient reliés était aussi important que l'air qu'ils respirent. Et, bien que le soldat ai tout autant envie de l'étriper que de lui donner du plaisir, il fera peut-être en sorte, qu'elle jouisse avant lui.
Par pur réflexe, le dos de Bella se cambre, ses jambes entourent la taille d'Edward et ses paupières papillonnent, appréciant le déferlement de sensation qu'il lui procure. Quand elle ouvre enfin ses yeux, son regard ne croise jamais celui de l'homme qui la possède. Il murmure. « Bella. ». La jeune femme tourne son visage d'un côté puis de l'autre, montrant clairement son déni.
Edward décide de changer de tactique. Il la tient fermement contre lui et fait les quelques pas qui le sépare de son lit. La posant sur le matelas, le Delta l'encadre de ses deux mains à plat, d'un côté et de l'autre du visage de la jeune femme. « Bella… ». Bella ne parvient pas à poser son regard sur les yeux verts qui la scrutent. Elle tourne, une nouvelle fois, sa tête sur le côté. Il continue son va-et-vient, profond et passionné. « S'il te plait, regardes moi. ». Son soupir provoque un souffle chaud contre la peau nue de Bella et elle finit par poser son regard sur lui. Elle ne peut résister plus longtemps.
Sa mâchoire est si masculine. Ses lèvres qui ne demandent qu'à être couvertes de baisers ou à en procurer. Ses cheveux sombres sont en bataille et couvrent une partie de son visage. Comment est-ce qu'il parvient à éviter la tonte réglementaire de l'armée est une parfaite énigme. Mais, elle en est ravie car cette coupe improbable, tant par sa couleur que par le fait que ses cheveux semblent être un constant défi gravitationnel, fait partie de lui.
Elle tente encore de l'ignorer mais quand Edward se penche un peu plus, posant son avant-bras juste au-dessus de son épaule, l'enserrant, la dominant de tout son corps, Bella sait que c'est peine perdue.
Alors que son corps est occupé à assouvir son appétit, comme lors de leur première fois, des dizaines de questions se bousculent dans la tête du soldat. Mais, il y en a une qui tient principalement le haut de l'affiche… Pourquoi ?
Pourquoi fait-elle cela ? Pourquoi accepter qu'il se déchaine ainsi ? Pourquoi l'inciter à aller plus loin, à se dépasser pour mieux l'ignorer ensuite ?
Ces interrogations le taraudent tant que le soldat reste un instant sans bouger, ne sachant s'il doit se soumettre à son désir ou résister et céder à la pression de son esprit.
On ne devrait pas faire ça. Pas comme ça.
Dans un cas comme dans l'autre, il sait qu'il finira par le regretter. D'aussi loin qu'il se souvienne, la jeune femme est une constante invariable et unique dans sa vie mais, leur relation tient plus du mirage que d'une véritable possibilité. Comme un flocon de neige, elle semble toujours à portée de main et pourtant quand on croit la tenir, Swan a déjà filé entre vos doigts.
Bien qu'emplit de doutes, c'est son corps qui finit par prendre une décision. La femme qu'il détient est douce, chaude et ferme, si parfaitement faite pour lui que tous ses sens semblent se réveiller et sortir de l'état comateux dans lequel ils étaient plongés depuis son arrivée à Okinawa. En un simple frisson, qui parcourt tout son corps, Edward se laisse porter par son désir de la posséder encore et encore.
Ses reins mènent une parfaite cadence. Ses mains étreignent les hanches de la seal, laissant des marques rosées sur sa peau ivoirine, l'obligeant à l'accepter profondément en elle.
Cela dépasse la simple notion de sexe. Tant de colère, de frustration et de promesses font qu'ils sont rapidement hors de contrôle, s'accrochant l'un à l'autre dans un acte désespéré. Aucun mot d'amour ou de dévotion n'est murmuré ou susurré entre eux alors qu'elle griffe son dos. Edward grimace quand sa sueur brule les plaies que la jeune femme vient de lui offrir, l'incitant, d'autant plus, à mordre tout ce qu'il peut atteindre.
Le lit bouge violemment quand les mains de Bella s'accrochent aux barreaux qui la surplombent, cognant le mur à chaque va-et-vient. Les cuisses de cette dernière se resserrent autour de la taille d'Edward, au grand plaisir de celui-ci, montrant clairement que sa résolution de lui tenir tête s'effrite petit à petit. Ils sont complémentaires tout en étant si différents, emplis de sentiments bruts qui ressurgissent à chacune de leurs altercations.
Edward ferme les yeux, profitant de l'instant, grognant aussi pour ne pas se laisser trop emporter car il ne veut pas que cela s'arrête. Bella est tout aussi active et concentrée que lui. Le crissement du lit métallique, les sons gutturaux qui sortent de leurs gorges et le claquement de leurs peaux qui se joignent, ne font qu'accroitre leur passion.
Puis, vient le moment où la jouissance de Bella culmine. Ses ongles se plantent dans les avants bras de son partenaire quand tous les nerfs de la jeune femme sont saisis, la menant à l'orgasme. Ses lèvres laissent échapper un soupir de contentement, à la limite du ronronnement et son sexe se contracte en spasmes réguliers, incitant Edward à faire de même.
Le Delta jouit peu de temps après elle puis, il pose son front en sueur contre l'épaule de la jeune femme. Sa respiration est profonde et l'air chaud provoque une chair de poule sur la peau nue de Bella.
Quand son esprit et sa raison reprennent le dessus, Edward ne peut s'empêcher de se maudire. Bien qu'il ne regrette jamais le moment qu'il vient de passer en sa compagnie, ils l'ont fait pour de mauvaises raisons et d'une façon qui est contre tous ses principes. Il était en colère et Bella s'est laissée faire. Cette partie de jambes en l'air était plus que phénoménale mais il l'a prise sans ménagement, sans lui offrir le plaisir et le respect qu'elle mérite. Tout cela sans lui demander son accord, sans même savoir si elle voulait de lui ainsi… Le soldat passe une main lasse sur son visage.
Putain…
Bella se lève, lui offrant une vue agréable sur son magnifique postérieur. Des « tsk…. » se font entendre quand elle inspecte les lambeaux que sont devenus ses vêtements. Des marques plus ou moins violacées, sur ses cuisses, ses hanches, ses bras et son cou montrent la violence de leurs ébats. Edward ferme les yeux. Il a déjà eu à faire pas mal de choses regrettables dans sa vie mais jamais il n'a porté la main sur une femme et là…. Là…. Déjà qu'elle ne veut pas reconnaitre publiquement qu'ils se connaissent plus qu'intimement, voilà que ce soir, il l'a pratiquement violée sur place.
Putain… Je l'ai projetée contre un mur, lui ai arraché ses vêtements… Elle va me tuer.
Sa main passe encore et encore dans ses cheveux. « Je… Je suis désolé Bella. Même en colère, je n'aurais pas dû… ».
Bella soulève son menton et sourit. « C'est bon, t'inquiètes. Je suis fière de toi Cullen… Putain… ». Elle grimace quand sa tête fait un moulinet, faisant craquer ses cervicales. « Déjà que j'étais crevée… ». Son sourire est éclatant. « Je vais avoir du mal à m'en remettre. ». N'ayant aucunement honte de sa nudité, elle montre ce qui reste de ses affaires. « Par contre, je n'en dirais pas autant de mon t-shirt. Il est tombé pour la cause. ».
Edward indique du doigt le petit vestiaire où sont disposés tous ses vêtements. Il se lève et pose sa main sur le bas du dos de la Seal, l'accompagnant jusqu'au meuble. « Tu ne m'en veux pas ? ». Sa main large montre les marques qu'il trace sur le corps de sa partenaire.
Enfilant un maillot de corps, elle rit. « Tu crois que tout ça vient de toi ? Te méprends pas gamin. J'avais déjà la moitié de ces bleus avant d'arriver ici. Il y en a des bien plus coriaces à mater dans ce camp. ». Saisissant ensuite un short, Bella le fait glisser sur ses jambes avant de se tourner vers lui. « Il ne faudrait pas qu'on se rende compte que je porte un maillot des Deltas…ça ferait jaser. ».
Edward sourit, ce sourire en coin qui la fait toujours un peu fondre, bien qu'elle n'y cède jamais totalement. « C'est même de la trahison, ne penses-tu pas ? ».
Il contemple sa tenue d'un air appréciateur. Le débardeur siglé à l'effigie des Deltas est bien trop grand pour elle et révèle un 'side boobs' plus que séducteur dont son regard vert émeraude à bien du mal à se détacher. Le jeune homme l'entend à peine quand elle soupire. « Maintenant que j'y pense, c'est la première fois qu'on le fait dans un lit. ». N'obtenant aucune réponse, Bella pose une main sur sa hanche. « Hep Cullen ! Tu m'écoutes là ? C'est plus haut que ça se passe ! ». Son index et son majeur indiquent d'abord sa poitrine avant de remonter vers ses yeux.
Pris en flagrant délit, Edward aurait pu effectivement être courtois et remonter son regard mais lorsqu'elle fait un nœud avec le bas de son maillot, dévoilant son ventre ferme qu'il léchait et mordillait quelques minutes plus tôt, le visage de la Seal est une nouvelle fois oublié. Il parvient tout de même à dire. « Ouais, hum… oui. Pourquoi ? Les endroits publics ne te conviennent plus ? ».
Installée au bord du lit, Bella sourit, enfilant ses boots, impeccables malgré la boue dans laquelle ils pataugent tous depuis plusieurs jours. « Je n'ai pas dit ça. ».
Edward s'allonge mollement près d'elle et baille avant de continuer. « Je serais prêt à désacraliser tout endroit qui semble à ta convenance, si tu m'en donnes l'occasion Swan. ».
Elle ne se tourne même pas vers lui quand elle finit de nouer ses lacets. « Mon dieu, c'est romantique et que tu es sûr de toi, Red. Putain… La classe internationale…. Un débardeur, un short et des rangers… J'ai plutôt intérêt à filer rapidement car je mérite vraiment la cour martiale avec une tenue pareille. À plus tard. ».
Voilà, comme à chaque fois, une fois son service rendu à la nation, la Swan saute du navire plus vite qu'un rat en cas d'incendie…
Alors que la Seal s'apprête à se lever du lit, la main d'Edward la retient par le poignet. Il demande, sa voix réprimant un nouveau bâillement. « C'est déjà l'heure du couvre-feu. Tout le monde est dehors maintenant. C'est le meilleur moment pour se faire griller…. Alors… Hum… Tu restes avec moi ? ».
Elle réprime un sourire et fait mine d'être contrariée avant de s'assoir près de lui, au-dessus des couvertures. « Dix minutes… pas plus. ».
Encore surpris que la jeune femme ai accepté et dans un ultime effort, Edward attrape son oreiller et le pose sur les genoux de Bella, où sa tête l'y rejoint. Avant même qu'elle ne le rejette, il murmure. « S'il te plait, laisses moi faire… ». Il n'a même pas à forcer pour fermer les yeux. « Juste pour cette fois… ». C'est le paradis. Elle lui gratte doucement la tête et il s'endort aussitôt. Sa peau est encore chaude et c'est dans un parfait contentement qu'il souffle. « Tu restes avec moi… ».
Comme d'habitude, Edward ne l'entendra pas murmurer. « Toujours. ».
Deux heures plus tard, Edward se réveille en sursaut, pas vraiment surpris d'être seul dans le baraquement. Une serviette autour du cou et son nécessaire de toilette dans la main, le jeune homme se dirige sans un mot vers les douches communes. Il ne lui reste que vingt minutes avant d'affronter, une nouvelle fois, le terrain. Mais, c'est la première fois depuis qu'il est à Okinawa, que son esprit est totalement au repos. Il s'asperge d'eau au-dessus d'un lavabo et sourit. Rien ni personne n'est mieux que Bella pour lui remettre les idées en place.
L'eau sortant du pommeau de douche est brulante et rougit sa peau à mesure que les souvenirs ressurgissent. Leurs baisers passionnés quand ses lèvres réclamaient brutalement celles de la jeune femme. Ses mains glissées dans ses cheveux pour l'attirer un peu plus contre sa peau.
Argh ! Stoppe ça Edward ! À part si tu veux être surpris pour comportement indécent dans les douches communes…
Une fois prêt et pris d'une vigueur nouvelle, il effectue son parcours sans sourciller. Le mécontentement sur le visage froid de son père biologique l'incite à courir encore plus vite, évitant les arbres à droite et à gauche, à sauter plus haut, franchissant les lits de rivières aisément et à atteindre ses cibles, et cela avec une agilité qu'il n'a jamais procuré depuis qu'il est en service dans ce trou.
En fin de journée, le soldat rejoint le reste de son équipe. Jasper et les autres sont assis sur un banc entre le tarmac principal et les dortoirs. Ils discutent tout en observant les allées et venues des avions et hélicoptères. Alors qu'Emmett lui déboite l'épaule en le félicitant pour son parcours impeccable, leurs voix sont couvertes par le bruit d'un Chinook qui reste en vol stationnaire avant de se poser non loin d'eux.
La porte d'un baraquement, situé juste à côté d'eux, s'ouvre avec fracas. Toute une bande de soldats semble se chamailler joyeusement. Ils portent des sacs et se dirigent allègrement vers le tarmac.
Edward reconnait automatiquement les paquetages tout droits venus de Forks et le logo de leur division est aisément reconnaissable. Un aigle, un fusil, une ancre et un trident. Des Seals. Son cou se tord afin de voir le soldat qui l'intéresse le plus dans cette équipe.
Emmett passe devant son champ de vision alors qu'il interpelle bruyamment leurs frères ennemis. Sam et James s'approchent, après que Bella ai fait un signe de tête positif, et Emmett, accompagné de Jasper, font les quelques mètres restant. Ils se tapent dans le dos amicalement avant de discuter.
Trop loin pour entendre correctement leur conversation, Edward regarde Bella qui semble concentrée sur un dossier, qu'elle lit consciencieusement. Est-ce le poids de son regard qui fait qu'elle finit par lever la tête vers lui ? La jeune femme essaie de se remettre à lire, mais peine perdue, en moins de temps qu'il ne faut pour dire 'Cullen' ses yeux dorés sont encore sur le Delta qui la reluque. Un discret sourire s'inscrit sur son visage. Elle détourne sa tête, se mordant la lèvre avant de crier quelque chose à l'encontre des mecs de son équipe qui se comportent comme des chiots impétueux quelques mètres plus loin. Ils se tiennent au garde-à-vous un moment, s'infligeant des coups de coudes dès que leur cheftaine a le dos tourné.
Gamins…
Edward est surpris d'entendre la voix de son meilleur ami. Jasper se tient juste à côté et observe la même scène que lui. Son accent texan rend sa voix trainante, sexy selon les dires de Victoria mais étant un mec, il est difficile de juger. « Ils ont reçus une mission. ».
Malgré une tentative grotesque de paraitre désintéressé, Edward finit par demander. « Et le camp ? ».
Cette fois, c'est Emmett qui répond. « Putain, ils ont réussi à le valider. Et en battant un record en plus. James et Swan ont même finis les parcours des jumeaux quand ceux-ci étaient trop cassés pour continuer. Ces mecs sont déjà tellement soudés et opérationnels qu'ils ont déjà une assignation avant la validation de leur grade d'officiers. ».
Alex soupire. « Surtout que Masen était furieux. En plus d'être un con fini, il semble que le Colonel soit un misogyne de la pire espèce qui soit. Durant tout le stage, Swan s'est fait insultée et réprimandée pour des conneries. Mais, elle a tenu… C'est une vraie machine. ».
Emmett fait mine de boxer un adversaire invisible, contenant à peine le mépris qu'il ressent. « Ce qui est dingue est qu'elle s'est interposée quand James et Sam ont voulu la défendre. ».
Laurent qui n'avait rien dit jusque-là, passe sa langue sur ses lèvres comme le prédateur qu'il est. « Plus je passe dans le temps et plus je suis amoureux ! ».
Tout le groupe sait qu'il est obsédé par la Seal et qu'il rêve d'une chance de l'ajouter à son tableau de chasse. Emmett rigole. « Ouais mais Laurent, il y a un truc que tu oublies. Jamais, elle n'ira poser son regard sur toi. ».
« Dans ce cas, je l'obligerais. Mettre Swan à genoux serait un tel délice… ». Il joint ensuite le geste à ses propos en simulant un acte sexuel d'un balancement de ses hanches vers ses mains qu'il maintient devant lui comme pour retenir la tête de la jeune femme. « Oh ouais. Je salirais l'image si parfaite de l'immaculée petit ange qui se pavane constamment devant nous. ».
Edward se redresse brutalement et pousse leur dernière recrue contre le préfabriqué d'un baraquement, avant de l'attraper par le col. « Je ne sais pas ce qui passe dans ta tête. Mais, évites de dire ou même de penser à ce genre de chose si tu tiens à la vie. ».
On voit clairement que le soldat a du mal à respirer en raison de la tenaille qui le maintien à quelques centimètres du sol. Comprenant qu'il a tiré sur une des cordes sensibles du petit prince Cullen qu'il déteste au plus haut point, Laurent insiste. « Quoi ? Tu aimerais y gouter aussi, hein Cullen ? Mais vu ta réputation, on peut dire que j'ai plus de chance que toi de me la faire…. Peut-être qu'une fois que je serais passé dessus… Je t'en laisserais un peu. ».
Bien qu'il soit retenu par Jasper, Edward bloque maintenant la tête de son frère d'arme entre son avant-bras et le mur. « Je t'ai dit de fermer ta grande gueule ! ».
Jasper saisit son poignet afin qu'il relâche son étreinte autour de la gorge de son collègue. « C'est bon, Edward… Il cherche juste à te chambrer. Ne t'en fais pas. Laurent sait très bien qu'un seul geste déplacé et il risquera bien pire que la cour martiale. ».
Edward s'écarte et retourne s'assoir sur le banc alors que Laurent remue ses épaules, remettant de l'ordre dans sa tenue. Il grommelle quelque chose, l'œil menaçant en direction de celui qui a été désigné comme le chef de leur équipe. Vladimir lui tape sur l'épaule, murmurant quelque chose à son oreille. Laurent sourit, d'un air mauvais et persiffle. « Ce n'est pas fini Cullen. ». Avant qu'une quelconque autre menace soit mise à exécution, Vladimir l'entraine plus loin. Ils s'écartent et se dirigent vers la cafétéria.
Emmett grommelle, s'installant auprès de ses amis. « Je me demande encore pourquoi est-ce qu'il a été intégré dans notre équipe… Ce mec est barjo. ».
L'incident est vite oublié quand Edward remarque Bella qui s'apprête à monter dans le Chinook. Elle est la dernière encore sur le tarmac et son regard inquiet est tourné vers lui. Le jeune homme, encore remonté par sa brusque colère, hausse discrètement les épaules, pour lui signifier qu'il n'y a rien de grave. Alors qu'elle a déjà un pied sur la machine de guerre, un nouveau sourire apparait sur son visage quand elle le tourne par-dessus son épaule. Sa main lui montre quelque chose… un objet brillant… Ses dog tags.
Il marmonne. « Pourquoi ? » avant de poser son regard sur ceux qu'il porte autour de son cou. Deux médaillons sont aux couleurs des Deltas alors que…
Un dog tag noir ? Qu'est-ce que… ? Quand est ce qu'elle a… ?
Ses doigts retournent fébrilement le métal. Difficilement, il déchiffre les inscriptions qui lui importent le plus… I.M. SWAN…. SEAL
Ça veut dire quelque chose ça, pas vrai ?
Fin de flashback
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Retour en terre Volturi… Château de Volterra.
La numéro deux dit à haute voix. « Concentrez-vous ! On doit sortir de là ! ».
Voilà une des bonnes raisons pour lesquelles Bella prévoit toujours ses missions bien à l'avance. Et, cet après-midi n'a rien de différent. Bien qu'ils soient largement moins nombreux, les américains ne s'en sortent pas trop mal mais la jeune femme sait bien que son petit groupe ne tiendra jamais la cadence.
De nombreuses capes Volturi sont maintenant à terre mais des renforts arrivent sans discontinuer. Ils ont beau monter les escaliers, à toute vitesse, que les gardes sont presque à leur portée.
Une fois à un nouveau palier, une attaque surprise fait que l'équipe improvisée se retrouve entre deux feux. Bella hurle une insanité avant de shooter à tout va. Une poussée d'adrénaline l'incite à avancer sans hésitation. Là, on remarque toute son expérience car les personnes qu'elle protège n'ont qu'à rester les yeux ébahis et à éliminer tout garde qui passerait hors de son champ de vision.
Un des volturis est touché directement dans la poitrine. Il recule et la gravité aidant, se retrouve à valser par-dessus la rambarde. Ses collègues, moins courageux, battent en retraite et la voie se retrouve dégagée.
Bella passe une main lasse sur son visage en sueur. Comme on dit, le silence est assourdissant. Ses tympans font encore échos des balles qui ont fusés de toutes parts. Sa langue passe doucement sur ses lèvres craquelées et ses paupières se referment un instant avant que son esprit ne recommence à tourner à plein régime.
Cette passe d'arme était brutale mais aucune blessure n'est flagrante sur leurs tenues. Bella reste le nez en l'air, à l'affut. « Crétins comme ils sont, ils suivent la procédure à la lettre. Il y a cinq hommes par étages et dix supplémentaires à chacun des paliers passés. Si vous remarquez le moindre mouvement, aucune hésitation et tirez. ». Tout le monde hoche la tête et la jeune femme continue. « On avance au même rythme. Je veux atteindre le toit en moins de six minutes. ».
Alors qu'ils montent les marches à vive allure, Rosalie, peu habituée à une telle demande physique, commence à montrer des signes de faiblesse. Ses joues rougies par l'effort et son souffle haletant indiquent qu'elle ne tiendra plus longtemps.
Lorsqu'elle glisse sur une des marches en pierre, Bella est déjà en train de déclencher la barrière de sécurité. Ses yeux s'écarquillent quand elle réalise que Rosalie risque gros. Rester bloquée de l'autre côté ou être coupée en deux par la grille métallique.
James est le premier à réagir. Il bondit jusqu'à la jolie blonde et bloque la grille avec son épaule. Jasper et Edward viennent rapidement l'aider tandis que Bella se dépêche de glisser le pass dans la fente magnétique contrôlant cette partie de l'escalier.
La grille continue sa descente et la numéro deux se jette sur son amie. Sa tête cogne durement contre la paroi mais elle tient tête, arrachant Rosalie d'un cruel destin.
CLANG !
Le pare-feu tombe tel un couperet sur la pierre froide. Rosalie tient la cape de Bella, de ses deux mains, si fermement que Jasper a des difficultés à desserrer les phalanges blanchies de l'espionne. Bella l'aide à se redresser. « Ça va ? ».
La réponse est mal assurée mais positive. Rassurée, la jeune femme penche sa tête et essuie son nez sanguinolent avec le tissu de sa cape. Elle pose un œil inquiet vers le seal appuyé contre le mur. « Hunter, je pense que ton épaule est déboitée. ».
Il lâche un petit rire, dont l'humour n'est vraiment pas présent. « Ah c'est donc cela. ». Il pose doucement sa main sur son épaule brulante. « Ca explique la douleur alors… Et pourquoi j'arrive à me gratter le genou sans me baisser. ».
Bien qu'il ait déjà vu Mel Gibson le faire dans un de ses films, James n'est pas certain d'être capable de remettre seul sa clavicule. Bella se rapproche de lui et indique le mur de son menton. « Je peux te fixer ça, enfin… Si tu veux bien. Sinon, Jasper peut t'aider. ».
Connaissant la procédure, James hoche la tête négativement. « Tu peux le faire, princesse. ». Il prend appui contre le mur et pose son front sur la pierre froide. « J'ai une totale confiance en toi. Vas-y. ». En quelques mots, elle lui rappelle comment contrôler sa respiration et avant même qu'il ait le temps de réaliser que la jeune femme est derrière lui, la main de Bella réajuste l'articulation.
Clap…
Le poing du seal est serré et retient fermement les cris de douleurs qui menacent de s'échapper de sa gorge. « Putain de fils de pu- ».
Bella sourit. « Et voilà. Fermes la, Hunter… Je sais que ça fait un peu mal mais tout de même… ».
James semble prêt à lui indiquer sa façon de penser mais pourtant, la douleur diffuse, semblable à la sensation d'une pointe brulante enfoncée dans une plaie, cesse tout aussi rapidement que Bella agit. « Le jour où cela t'arrive, je veux être au premier rang afin de voir si tu souffres en silence. ». Il fait quelques tourniquets avec son bras et réajuste sa queue de cheval.
Elle se tourne vers lui. « Allez… J'attends. ».
Le seal grommelle quelque chose, les yeux dirigés vers le sol.
Bella tend l'oreille. « J'ai pas bien compris ? ».
Comme s'il venait d'avaler quelque chose de citronné, il marmonne plus clairement. « Merci Chef. ».
Avec un petit sourire, elle tape sur son épaule encore endolorie. « Tout le plaisir était pour moi ! On recommence quand tu veux… Allez ! On peut repartir. Ça ne sert à rien de trainer là. ».
Mais son humour ne reste pas à mesure qu'elle reprend sa place à la tête de la troupe. La numéro deux se retourne prestement, cachant la colère qui menace de faire son apparition. La situation est de plus en plus désespérée. Ses yeux scrutent les alentours. Rosalie est à bout de souffle et les deux deltas commencent à être épuisés. Sans parler de James dont le bras n'est plus fiable sans véritable soin.
Ils montent encore deux étages et évitent un nouvel escadron. Bella récupère les armes et munitions sur les corps sans vie des Volturis qu'ils ont abattus avant de les distribuer. Ses paupières la brulent. Sa voix est rauque quand elle donne de nouveaux ordres. « Edward, tu passes devant. Je supporte Rosalie. Jasper fait de même avec Hunter. ». James lève la main pour l'en dissuader. Elle se fait autoritaire. « On ne discute pas et on continue. ».
Ce n'est pas comme ça que la suite de sa mission devait se dérouler. Maintenant, il n'y a pas que sa vie en jeu mais aussi celles de ses compagnons. Durant des mois, son esprit n'avait l'unique et seule idée que de mourir quand il serait temps. Elle peut sentir les battements de son cœur dans sa poitrine, dans ses oreilles mais, sa main est encore sûre.
Pour combien de temps ?
Une fois en haut des marches, sur le dernier palier, une embuscade plus dure que les précédentes les attend. Au bout de quelques minutes et, avec un grand sentiment de satisfaction, Bella maintient fermement la tête d'un garde. Il s'agite moins à mesure que la vie s'échappe de son corps. La jeune femme se tourne, lâchant sans ménagement le corps qu'elle détient. Son regard doré scrute ses compagnons, à la moindre trace de blessures.
Puis, soudainement, une angoisse profonde la submerge. Le souffle de Bella sort de sa gorge d'une manière erratique, ébranlant son corps de frissons. Voici donc ce qu'elle ressent à la vue de celui qu'elle aime, qui reste immobile, un genou à terre.
Sa main tremble quand elle la tend pour aider Edward à se redresser et qu'il tousse une salive mélangée à du sang. Ses yeux sont brillants de larmes douloureuses et il grimace quand il appuie sa main contre son flanc droit. « Ca fait un mal de chien. ».
Jamais elle n'aurait dû le laisser passer devant. La numéro deux retrouve son calme, essayant d'évacuer la détresse qui la mine. « Où est ce que tu es touché ? Dis-moi ! Dis-moi ! ». D'une main plus ferme, elle commence à défaire la veste du jeune homme. Un impact et plusieurs lignes sanglantes imprègnent le tissu de sa chemise. Rien que ces mouvements font que la respiration d'Edward devient saccadée et, son corps se secoue de spasmes. Bella place sa main sur le tissu avant de le palper doucement. « Est-ce que tu as senti la balle ? Est ce qu'elle est ressortie ? ».
Hochant la tête positivement, Edward parvient à montrer ses blessures. « Des éraflures… Rien que ça. Ne t'inquiète pas. ». Ce n'est pas profond mais l'emplacement promet de s'ouvrir encore plus si ce n'est pas recousu rapidement. Malgré tout, elle n'a pas le temps de faire un état plus détaillé. La seule chose à faire maintenant est de le sortir de là avant qu'il n'atteigne un stade critique.
James passe en tête, suivi de près par Rosalie. Aidée de Jasper, Bella aide Edward à franchir le couloir qui mène vers le toit. Ils poussent tous un soupir de soulagement quand ils parviennent enfin à l'air libre. Mais, Jasper déchante rapidement. En parfait tacticien, il décèle, tout de suite, un souci conséquent. Seule une passerelle permet de quitter le complexe. « Tsk… On a un sacré problème, là. ». Il montre l'issue du doigt. « Un seul passage… Totalement découvert… Le temps de parcourir cette distance, on va être méchamment exposés. Puis, on doit sauter là-bas pour rejoindre le parking. ».
Rosalie se ronge les ongles. « Comment alors ? Qu'est-ce qu'on doit faire ? ».
Bella lui offre un visage détendu, malgré la pression. « James, tu passes en premier. On te couvre sur tout le chemin et tu trouves une planque pour tirer. Ensuite… ». Elle pose sa main sur l'épaule de son amie. « Tu passeras avec Jasper. Il t'aidera. Ne t'inquiète pas. Tu m'as déjà prouvé tes capacités lors de notre première escapade avec Demetri. Et, je serais juste derrière avec Cullen. ». Elle regarde au loin. « Qui est le con qui a eu cette idée de créer une passerelle panoramique avec une putain de balustrade en verre ? ».
James sifflote en vérifiant son matériel. « Faut pas leur en vouloir ! Je parie que la vue est belle quand on ne vous tire pas dessus. OK… Laissez-moi juste le temps de trouver un emplacement sûr. ».
Après que Jasper et Bella se soient placés afin de le couvrir, Rosalie installe Edward à côté d'elle. Ses yeux sont clos et elle prie tous les dieux possibles afin que cet épisode ne soit déjà qu'un mauvais souvenir… Pas de chance, son tour va venir et bien plus tôt qu'elle ne l'imagine.
Un dernier coup d'œil lancé en direction de Bella et, James resserre machinalement sa queue de cheval. « Bon, ben c'est parti. ». Son torse emmagasine de l'air et une fois ses poumons emplis, il se concentre. Le soldat part à toute allure vers la passerelle, expirant et inspirant calmement tout en gardant un rythme intense.
Les balles fusent dès qu'il est à découvert, démontrant bien que le passage est extrêmement dangereux. Les rambardes en verre n'offrent pas l'abri espéré et, à mesure qu'il avance les impacts de balles fragilisent et éclatent peu à peu les panneaux. Zigzaguant afin d'éviter d'être abattu comme un lapin, il saute et bondit tel un diable et atterrit sur la passerelle en un joli carpé. Un garde, en cape sombre, a moins de chance que lui, ou de talent cela dépend d'où on se place, et est abattu par Jasper au moment où il finit son saut près du seal blond. Ce dernier le regarde avec surprise.
De l'autre côté, toujours sur un des toits du Château, Bella grommelle. « Qu'est-ce qu'il attend ? Il se prend pour Nadia Comaneci ou quoi ? Mais putain, tu veux une note ? ». Bien que trop loin pour entendre celle qui est plus proche de lui que quiconque de son propre sang, James lève les bras comme un gymnaste en fin de prestation avant de déguerpir vers son point d'observation. Un bruit, situé entre un gloussement et un éclat de rire contenu, s'échappe de la gorge de Jasper, quand il remarque la mine outrée de la jeune femme. Elle gronde. « Il va passer un certain temps au trou, ça va le détendre. ».
Le seal a juste le temps de s'installer sur un pylône publicitaire que d'autres Volturis débarquent en masse. Il fait signe au reste de l'équipe situé de l'autre côté, si près et pourtant si loin du but, et désigne l'emplacement de certains tireurs. Bella hoche la tête avant de faire signe à Jasper afin qu'il se prépare à franchir la passerelle.
Rosalie retire ses chaussures et sort l'arme que son petit ami lui a donnée avant de partir en mission de sauvetage. Sa respiration est lourde et presque haletante, au point de gonfler et dégonfler ses joues, à la limite de l'apoplexie. « Je ne sais pas si je vais y arriver Bee… C'est pas moi ça ! ».
Bella retire la sécurité du flingue en souriant, dégageant cette confiance dont ses troupes ont besoin avant de partir au combat. « C'est comme lors de nos entrainements. Je ne te demande pas de viser. Juste de faire du bruit et d'éviter de tuer notre Walker à côté de toi. ».
Un peu plus rassurée, la jeune femme semble décidée. C'est le moment que le texan choisit. Il saisit la main tremblante de Rosalie sans ménagement et l'oblige à quitter le coin où elle se terrait. Il se penche un peu pour vérifier où sont placés les gardes, replaçant vite sa tête quand il est pris pour cible et que des éclats de briques ricochent près de leurs visages. « Rosalie, c'est à nous ! Courage ! Je sais que tu en es capable car tu étais incroyable en voiture ce midi ! Emmett n'a pas tari d'éloges à ton sujet. Montres moi qu'il ne se trompe pas. ».
Ils parviennent à traverser la passerelle en courant, tirant vaguement dans la direction de leurs adversaires. Les mains toujours enlacées, le couple saute. Leurs jambes battent l'air comme s'ils pédalaient et leurs mains se séparent juste avant de retomber au sol. Jasper est vite sur ses pieds, tuant ou blessant les gardes qui se présentent devant lui. Rosalie finit plus lourdement mais parvient à retrouver un certain équilibre. Le renfort de Bella et James aide énormément, incitant les gardes à battre en retraite pour éviter les balles qui atteignent si précisément leurs cibles. Cette accalmie offre du temps à l'espionne afin qu'elle puisse entreprendre de traverser le parking.
Bella sourit presque mais, elle déchante quand Edward essaie de se relever en grimaçant. Elle comprend rapidement qu'il sera incapable de franchir la distance sans qu'elle le soutienne. Surtout qu'elle doit couvrir leurs arrières en même temps. Il réprime un cri de douleur une fois totalement debout et s'agenouille aussitôt. Son teint est cireux et sa peau perlée de sueur. La plaie, qu'il maintient de sa main, ensanglante tellement le tissu qu'on pourrait croire que sa chemise était, au départ, d'un bordeaux presque noir.
La jeune femme grommelle quelque chose d'incompréhensible et glisse doucement ses doigts dans les cheveux humides de sueur afin de les écarter du visage d'Edward. « Il faut te sortir de là, Red. ». Le delta ne comprend pas où elle veut en venir mais réalise rapidement que quelque chose ne va pas dans son comportement. « James va vite être débordé. Il serait plus simple de leurs couper la route… ». Elle ne le regarde déjà plus et parle plus pour elle-même. « Réfléchis Swan… Allez, allez. ». Prise d'une nouvelle volonté, Bella pose son regard vers lui. Elle embrasse son front, puis ses lèvres, craquelées et sèches. « il faut que tu traverses rapidement cette putain de passerelle. Je pense que si tu t'accroches au câble de ma dague, on a une chance que tu passes de l'autre côté et cela va maintenir ta plaie en place. ». Décrochant un de ses bracelets, elle commence à rapidement faire le tour du torse d'Edward.
Bien qu'il ait du mal à respirer, Edward demande. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? ». Son teint déjà pâle vire au livide. « Comment va-t-on se tenir à deux sur ce fil ? Swan réponds-moi ! ».
La jeune femme finit de l'emmailloter et resserre son bracelet contre lui. « On ne peut pas se permettre de perdre du temps, Cullen. Il faut quelqu'un pour te balancer de l'autre côté. Et je n'y arriverais pas si je saute avant toi. ». Elle sourit. « Puis, il me reste l'autre dague… ». Son regard doré se détourne de lui.
Son esprit menace peut être de le faire sombrer dans l'inconscience, mais il n'est pas idiot. Les mensonges sortant de la bouche de la jeune femme sont trop flagrants. Est-ce qu'elle compte se sacrifier… pour lui ? La compréhension redonne vie à ses joues rosies par la colère. Le jeune homme secoue sa tête, à plusieurs reprises, refusant d'admettre l'évidence. Son comportement le rajeunit de plusieurs années tant il ressemble à un gamin boudeur, prêt à taper du pied. « Non. ». Il secoue encore sa tête. « Je refuse… ».
Elle soupire. « Cullen, ne fais pas le difficile. ».
Il tente de la convaincre. « Tu…. Tu vas passer avant moi. Je me débrouillerais pour les retenir. ».
« Avec quoi ? Ta bite et ton couteau ? Tu ne tiens même plus debout. ». Bella lui prend le visage entre ses deux mains. « Cullen, écoutes. Et, écoutes bien car je ne le répèterais pas. Il n'y a pas d'autre moyen pour que tu t'en sortes. ».
Edward essaie de se redresser, alors qu'il est déjà emmailloté dans le fil. Son bras reste collé contre lui, protégeant la partie de son corps blessé et cela gêne ses mouvements. « Putain, ne me fais pas un coup pareil, Swan. Pour une fois, laisses moi agir comme un putain de mec envers toi. Je suis censé te protéger et pas l'inverse ! ».
Un sourire tente de percer le visage fatigué de la numéro deux. « C'est bien essayé mais ce n'est pas le moment de faire le macho…. ». Elle inspire profondément, et remarque du coin de l'œil, les autres qui font des signes pressants cachés de l'autre côté. « J'ai mon autre dague. Puis, s'il t'arrivait quelque chose, je ne suis pas sûre d'être capable de m'en remettre. ».
La main valide d'Edward tire vainement sur les liens qui l'entravent. « Bella... Ne fais pas ça. Je ne te laisserais pas décider à ma place. Tu me dois bien ça. ».
La jeune femme se lève et se dirige vers ce qui reste de la passerelle. Rosalie et Jasper lui font de grands signes afin que le couple se décide à les rejoindre. Tout autour d'eux, elle parvient à discerner les gardes Volturi qui montent les escaliers et se rapprochent dangereusement d'elle. James snipe toute personne passant à sa portée mais les italiens sont encore tellement, tellement nombreux.
Il reste peu de temps. Elle soulève son compagnon et passe sous son aisselle afin de l'aider à marcher. Elle s'arrête dès qu'ils arrivent au bord de la passerelle, qui est la limite avant d'être totalement à découvert. Sa main passe derrière sa tête et récupère une de ses dagues. Bien entendu, c'est celle qui est encore complète. La lame de l'autre étant profondément enfoncée dans la nuque d'Aro Volturi. Mais ça, c'est un détail qu'Edward ne soupçonne pas… Du moins pas encore.
Calculant sa trajectoire, Bella soulève sa Charlie's Angel intacte et la lance, avec précision juste au milieu du pylône où se trouve le reste de son équipe improvisée. Le fil arachnide accroché au manche luit sous la lumière, juste au-dessus de la passerelle, comme une ligne de vie.
Puis, elle se tourne vers Edward. Des larmes ont coulés sur ses joues, creusant de fines tranchées sur sa peau poussiéreuse. « Ne fais pas ça. ».
Elle les essuie de son pouce. « Je connaissais mon destin avant même d'avoir posé le pied en Italie. J'ai choisi ce qui m'arrive. ». Le martèlement des gardes se rapproche. Encore une minute voire deux et ils parviendront jusqu'à eux.
La voix rauque d'Edward interrompt le cours de ses pensées. « S'il te plait… Je t'en supplie Bella, ne fais pas ça. ».
Bella se penche et le soulève, retenant une grimace. « Je vais faire diversion, le temps que vous puissiez filer. Rose sait comment rejoindre mon second garage. ». Sans même attendre une réponse, elle pose ses lèvres violemment sur celles d'Edward. « Tu n'es pas en mesure de parlementer, Cullen. Je ne suis pas sûre d'être en mesure de tenir ma promesse cette fois… Mais je vais tenter de vous rejoindre. ».
Ces propos retentissent comme un couperet dans l'esprit du blessé. Une promesse qu'elle lui avait fait quand ils étaient encore des bleus. Il essaie encore de se débattre bien que cela soit peine perdu. Elle a déjà fait son choix. Son attention capte le fait qu'elle lui explique encore, et encore, qu'elle aura plus de chance à s'en tirer seule, et qu'au pire, il lui reste encore une dague.
Passant son bras sous celui d'Edward, Bella fait quelques pas avec lui, l'entrainant au début de la passerelle. Son regard doré scrute le visage de celui qu'elle aime. Beau et adorable… Mais surement pas fait pour elle aux vues des événements, bien qu'elle l'ait voulu de tout son être. Ses sourcils se froncent tant cette pensée est désespérée.
Ce n'est pas le moment de faire le coup de la dépressive.
Elle doit émettre des ondes négatives car Edward finit par le sentir et tourne son visage vers elle. Ses yeux verts expriment une rage froide et sa voix est à peine contenue, bien que haletante. « Je te l'ordonne. Tu me dois bien ça. Tu as promis que tu ne me laisserais pas. ».
Bella sourit. « Cullen, je ne crois pas que cela marche pour ce type de situation. ».
Il murmure, l'obligeant à s'arrêter. « Bella. Tentes de traverser avec moi. ».
Un premier garde arrive et appelle la cavalerie. Bella comprend qu'ils n'ont plus assez de temps et pousse le jeune homme, l'obligeant à continuer seul. « Dépêches toi Cullen. Ils arrivent et je ne pourrais pas les retenir très longtemps. ».
Edward se tient sur la passerelle, et maintenant qu'elle n'est plus là pour le soutenir, son équilibre est plus que précaire, mais il résiste. « Nan, je reste avec toi. ».
Elle secoue sa tête et bien que des balles commencent à fuser dans leur direction et que les gardes les plus téméraires accourent sur la passerelle, prend le temps de le contempler. « Ne m'obliges pas. Je serais juste derrière. ». Voyant qu'il est décidé, Bella contourne son regard pour faire signe à Jasper. Celui hoche la tête négativement et entreprend de venir sur la passerelle à son tour mais trop tard.
D'une main tremblante, Bella clipse son bracelet dans le poignet d'Edward et appuie sur le bouton inverseur du mécanisme. Edward a tout juste le temps de dire « Non ! » que le câble commence à rembobiner le fil arachide dans le bracelet, attirant irrémédiablement Edward vers le côté sécurisé de la passerelle. Il se cogne contre le mur de l'immeuble d'en face avant de remonter à l'aide de Jasper qui entreprend de tirer sur le câble. Une fois sur le parking et dans son élan, il entraine le texan à terre. Pendant ce temps la jeune femme accroche le bijou qui lui reste sur la rambarde et bloque le manche, à la lame brisée, dans sa ceinture. Avec un peu de chance…
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, le Delta se retrouve à l'abri où le reste de l'équipe, qui les attendaient, le délivre des fils qui maintiennent son corps. Mais tous relèvent leurs têtes quand James saute de son point de tir en hurlant à pleins poumons.
La scène se déroule comme au ralenti. Bella retire ses désert-eagles de ses holsters et au lieu de viser les Volturi qui se précipitent sur elle, elle prend le temps de baisser ses armes. Elle murmure quelque chose, le visage embué de larmes et tire à plusieurs reprises. Son esprit ressasse l'adage que la division 13 a pour habitude de clamer avant une mission. « N'ayez aucun scrupules quand vous croisez l'ennemi car je suis pire que l'enfer et donc celle qu'il faut craindre…».
BANG ! BANG ! BANG ! BANG ! BANG !
Au début, Rosalie ne réalise et ne comprend absolument pas son geste. Pourquoi tirer dans le vide ? Pourquoi est-ce que Jasper se jette sur James et Edward afin de les retenir ? Le plus dur est fait… La voiture est à quelques mètres et s'ils parviennent à semer le reste de leurs poursuivants, ils pourront quitter cet enfer. Mais pourquoi ?
BANG ! BANG ! BANG ! BANG ! BANG !
Le bruit infernal du verre qui éclate lui offre un dur retour à la réalité. Tout autour de Bella, la passerelle se délite. Les cordes d'acier, les plaques de verre, les tubes, tout explose au contact de ses balles. Certains gardes ont rapidement compris son action mais ils sont trop nombreux sur la passerelle pour pouvoir reculer.
C'est dans un brouhaha d'enfer et un nuage presque atomique de poussière que le seul lien qui permettait aux gardes de les poursuivre s'est effondré…. Entrainant Bella, plus de cinquante mètres plus bas.
xoxo
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Merci à mes correctrices Zalihata et Daria
À bientôt !
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