L'elfe maudite d'Eryn Vorn

Bonjour tout le monde ^^ J'espère que ce chapitre vous plaira et aussi que l'attente n'a pas été trop longue... :s sur ce il ne me reste plus qu'à vous souhaiter

Une bonne lecture !


Chapitre 12 :

Ma très chère Nana

Cela fait bien des décennies que je n'ai pas eu de nouvelles de toi ou de mon petit frère Fandir. Comment allez-vous ?La vie à Eryn Vorn n'est pas trop difficile sans… Ada ? J'ai fais bien du chemin depuis ce jour fatidique, et aujourd'hui je peux de nouveau voir normalement grâce à l'Ultime Alliance qui a vaincu le Seigneur Noir. Le seigneur Elrond envoie des émissaires un peu partout dans les différentes contrées d'Arda pour certaines raisons dont il ne m'a pas fait part. Alors j'en profite pour t'écrire cette lettre, et pour te dire ce qui m'est arrivé depuis tout ce temps.

Après mon départ, j'ai fais un long voyage jusqu'à Imladris. Je me suis dirigée vers ce lieu car Ada m'avait dit une fois que dans cette Cité vivait un guérisseur du nom d'Elrond, et que sa réputation n'était plus à faire. Heureusement que mon fidèle Faeralag était avec moi, car quand je suis passée par le Fourré des Trolls je fus blessée. Pas gravement, je te rassure, et puis le Seigneur Elrond m'a prodigué rapidement des soins. D'ailleurs il n'a pas volé sa réputation de guérisseur. Et en parlant de Troll, je te souhaite de ne jamais en rencontrer, ce sont des créatures peu raffinée. Enfin, quand je suis arrivée blessée, le Seigneur Elrond m'a donc soignée et m'a recueillie au sein de sa Cité. Au départ il ne m'a pas fait confiance, ce qui d'un côté est normal. Mes débuts à Imladris furent quelque peu perturbés, mais je me suis rapidement adaptée à la situation. Le Seigneur d'Imladris est un grand homme.

Puis j'ai rencontré sa femme, la Dame Celebrian. Elle est patiente, douce, et d'une beauté à couper le souffle. Elle fut là pour moi quand je n'allais pas bien. Elle me conseilla beaucoup et m'aida à vivre avec mon handicap. J'ai voulu apporter ma contribution au fonctionnement de la Cité comme chaque elfe là-bas le fait, alors j'ai appris quelques rudiments sur les soins, ce qui par la suite m'a servis car j'ai pu aider les guérisseuses lors des accouchements de la Dame de Rivendell. La cité d'Imladris compte désormais trois pensionnaires en plus. Eh oui trois ! Dame Celebrian a mis au monde deux jumeaux, et si tu veux mon avis ils ont l'air d'être les garnements les plus turbulents que je n'ai jamais rencontrés, mais ils n'ont pas leur pareil pour redonner du baume au cœur. Après eux est venue la magnifique Arwen, tellement belle que la Cité l'a surnommée l'Etoile du soir.

J'ai aussi rencontré les parents de Celebrian, le seigneur Celeborn et la Dame Galadriel, deux personnes très respectables. En particulier la dame de Lumière, ainsi que l'appelle son peuple. Elle est arrivée peu de temps après moi, et grâce à elle j'ai pu accepter un peu mieux ma malédiction, grâce à ses sages paroles acquises au fil des âges. J'espère qu'un jour tu la rencontreras, c'est une personne douce, réfléchie mais aussi plutôt troublante, dois-je avouer. Elle arrive toujours à dire les mots justes, comme si elle pouvait lire dans les esprits.

J'ai aussi lié une grande amitié avec un des gardes de la Dame Galadriel. Il se nomme Rùmil. C'est un homme dont la compagnie est plaisante mais je ne le vois que comme un ami, bien sûr. Tu connais mon caractère, et tu sais que je ne pense pas encore à me fixer. J'ai encore tant de choses à découvrir. Maintenant que je peux de nouveau voir par mes propres yeux, et non par l'intermédiaire des yeux des autres, je compte bien en profiter. Et le premier endroit où je veux me rendre se trouve être la merveilleuse forêt de la Lorien. Rùmil m'en a si souvent parlé, et avec des mots qui font rêver… Oui, on peut dire que Rùmil est un grand charmeur, chose qui au début ne m'a guère plut. Je pensais qu'il était comme tous les autres elfes d'Eryn Vorn, qu'il ne jurait que par ma soi-disant beauté. Mais je me suis rendue compte qu'en réalité c'est une sorte de poète. Il aime jouer sur les mots, ce qui le rend amusant et sa compagnie plaisante, même si parfois son côté charmeur reprend un peu le dessus. J'aime la façon dont il me parlait de la Lothlorien, et il m'a d'ailleurs promis de me la faire visiter. La dame Celebrian part rendre visite à ses parents en Lorien dans quelques jours, et j'ai demandé à faire partie du convoi, ainsi je pourrai voir la Lorien de mes propres yeux.

Je dois aussi te parler d'un grand elfe que j'ai rencontré à Imladris. Un elfe noble et droit, fier et arrogant, un peu trop pour certaines personnes mais je peux t'assurer qu'une fois que tu as dépassé son apparente froideur, c'est un homme bon. Il se nomme Glorfindel, le tueur de Balrog, dont tu as dû entendre parler. Ce que je m'apprête à te dire ne te plaira peut-être pas, mais il faut que tu saches que je suis devenue soldat à la solde du Seigneur Elrond. Ce n'est pas facile tous les jours pour une femme d'être parmi des hommes qui ne vous acceptent pas vraiment, mais j'ai réussi à me faire ma place avec l'aide du Seigneur Glorfindel. Un sourire se dessine sur mes lèvres en me souvenant de notre première rencontre. C'était le jour du départ de la troupe d'Imladris pour la bataille de Dagorlad. Je m'étais pris une sacré réprimande ce jour-là. Notre relation n'était pas bien partie. J'avais eu affaire à son côté arrogant. Mais après de très longues négociations, j'ai réussis à me faire accepter comme élève. Et durant plus de trois ans il m'a entraînée sans relâche. Non, je te rassure, ce n'est pas un tortionnaire, c'est moi qui m'entraînait durement afin d'être à la hauteur de ce qu'il attendait de moi, et aussi pour lui prouver que je pouvais y arriver. Et au fur et à mesure que les jours, les semaines et les années passèrent, j'ai gagné son respect et nous nous sommes liés d'amitié. Oh, ce ne fut pas facile car c'est un elfe avec un fort esprit et il est difficile de lui faire quitter ses préjugés, mais grâce à mon acharnement j'ai réussis à atteindre mes objectifs, sauf celui de le battre lors d'un duel à l'épée. Je ne puis te dire le nombre incalculable de défaites que j'ai subies. Mais je l'aurais un jour ! Tu verras, un jour je le battrais !

Je fus envoyée à ma première patrouille quatre ans après le début de mon entraînement. Et grâce à cela, j'ai pu visiter diverses contrées. Un jour, j'aimerais me rendre au Rohan, le pays des chevaux. Je suis certaine que Faeralag se plairait beaucoup là-bas. J'ai lu dans un livre de l'immense bibliothèque du Seigneur Elrond qu'il y a un château d'or sur la terre des dresseurs de chevaux. Le château d'or de Méduseld. Mais ce que je veux contempler le plus, dans les Terres des Hommes, c'est la magnifique Cité de Minas Tirith. Il est dit dans les livres que lorsque le soleil se couche, ses rayons d'or se reflètent sur la cité blanche. Ce doit être un spectacle majestueux à voir.

Comme tu peux le constater j'ai vécu quelques aventures, mais j'en ai encore tellement à vivre. J'aimerais beaucoup rentrer à Eryn Vorn pour vous revoir, toi et Fandir. Vous me manquez énormément. Mais je ne sais pas si ça serait une bonne idée. Je ne sais pas si les gens de la Cité ont oublié ce que j'ai fais, ou même s'ils l'oublieront un jour. Mais sache que j'aimerais vraiment que ce jour fatidique ne se soit jamais produit, que tout ceci ne soit jamais arrivé. J'aimerais que l'on soit tous réunis comme autrefois… J'aimerais voir à quel point mon petit Fandir a grandit et est devenu un bel elfe. Je parie que toutes les jeunes demoiselles elfes lui font les yeux doux. J'espère qu'il est gentil avec toi, et qu'il t'aide comme il me l'a promis. A présent je dois te laisser, car mon devoir de rôdeur m'appelle. (J'ai un entraînement, et je vais essayer de terrasser le plus d'elfes arrogants que je pourrais, et je le ferai pour toi.) Dis à Fandir que je l'aime de toute mon âme.

Ta chère petite fille qui te portera toujours dans son cœur


Eäreda déposa sa plume sur le bureau, prit délicatement la lettre qu'elle venait d'écrire comme si c'était une relique sacrée, puis elle prit une grande inspiration avant de relire les mots qu'elle avait couchés sur le parchemin. Une vague d'émotion la traversait. Un mélange d'angoisse, de tristesse et d'espoir. L'espoir que sa mère ait pardonné sa faute. L'espoir qu'elle puisse entamer une nouvelle relation aimante et sans haine. Les larmes lui montèrent aux yeux tant les émotions étaient intenses. Elle roula la missive, la déposa sur le secrétaire et se dirigea vers la fenêtre. Elle appuya ses mains sur le rebord de cette dernière et observa la cité elfique d'Imladris. Le temps s'était écoulé à une vitesse impressionnante pour la jeune elfe. Il s'est passé plus de deux millénaires entre la victoire de l'Ultime Alliance et aujourd'hui, et la cité n'a pas changé durant tout ce temps. Toujours aussi belle, toujours aussi calme et rassurante. Un véritable havre de paix.

Elle observait un petit groupe d'elfe quand la jeune elfe fut tirée de ses pensées par le son d'un cor, signal indiquant le départ imminent de la garnison pour la Lorien. Le voyage de la dame Celebrian allait commencer. Elle avait été invitée par ses parents à venir les voir aux Bois d'Or. Le seigneur Elrond ayant des affaires importantes à régler, il ne pouvait pas accompagner son épouse, c'est pourquoi il faisait escorter sa femme pour le voyage. Eäreda roula la missive et enlaça un ruban autour. Elle alla prendre son arc, son carquois et ses dagues puis sortit en courant vers la place principale, place de tous les départs.

Elle ne mit pas de temps pour rejoindre l'esplanade où tout le monde l'attendait. Il semblerait qu'Elrond ait déjà souhaité un bon voyage au convoi. Elle se dirigea vers ce dernier le sourire aux lèvres.

« Suis-je encore en retard ?

- Cela devient une habitude qu'il va falloir arrêter, jeune elfe, lui répondit le seigneur d'Imladris en soupirant.

- Cette fois-ci j'ai une bonne raison. Votre émissaire pour Eryn Vorn est-il déjà partit ? demanda-t-elle, l'inquiétude se lisant sur son visage.

- Non, pas encore. Aurais-je quelque chose à lui remettre de votre part ?

- J'aimerais, si cela est possible, qu'il remette cette missive à ma mère. C'est… important pour moi. »

Elrond vit la jeune elfe détourner le regard, mais il avait pu apercevoir la tristesse dans ses yeux.

« Bien sûr, je la lui donnerai avant son départ. »

Eäreda remercia le seigneur des lieux et se dirigea vers la troupe encerclant la Dame Celebrian, juchée sur sa monture.

« Encore à la traîne, Eäreda. J'espère que tes petites jambes fluettes n'auront pas trop de difficultés à suivre le rythme… »

Eäreda regarda l'elfe qui avait prononcé ces paroles. Ce dernier, ainsi que sa troupe, avait le sourire aux lèvres et la regardait avec dédain.

« Tes pitreries n'amusent que ta cour, Dagnir. Sans elle, tu es aussi désemparé qu'un morceau de viande devant un warg affamé », répondit-elle sur un ton de défi.

Le sourire sur le visage de Dagnir et de ses comparses disparut rapidement. Le chef de la troupe s'avança, menaçant, vers la jeune elfe qui restait droite et fière. Leurs regards étaient ancrés l'un dans l'autre, et au bout d'à peine quelques secondes Dagnir commença à ressentir un léger malaise, ce qui le stoppa dans son avancée à quelques centimètres d'Eäreda. Il entendit alors la voix de Celebrian s'élever.

« Il suffit Dagnir ! Eäreda, venez près de moi. »

Non sans jeter un dernier regard à son adversaire, Eäreda se dirigea vers la femme du Seigneur Elrond et cette dernière donna le signal du départ. La troupe se mit en marche, quittant ainsi la tranquillité de la cité elfique pour un long et périlleux voyage. A peine cinq minutes après leur départ, Eäreda fut interpellée par Celebrian.

« Vous devriez faire plus attention la prochaine fois, jeune elfe. J'ai entendu dire que Dagnir n'est pas un tendre… fit-elle d'une voix douce et attentionnée.

- Sauf le respect que je vous dois, ma Dame, j'aurais très bien pu régler ce léger soucis toute seule. Ce n'est pas la première fois que je dois faire face à ce genre d'esclandre. Si je veux me faire une place parmi les soldats, je dois montrer que je ne suis pas une petite elfe sans défense.

- Je comprends ce que vous voulez dire. Sachez seulement, et écoutez bien mes paroles jeune Eäreda, qu'il faut savoir faire la différence entre se faire une place et être arrogant. Sur ce, il me semble que le chef de la garnison vous quémande. »

Eäreda salua les paroles de sa Dame d'un signe respectueux et avança jusqu'à la tête de la troupe. Une fois en tête, Valacar lui donna les dernières recommandations.

« Nous allons descendre vers le sud jusqu'à Ost-in-Edhil, ce qui nous prendra quatre jours si nous gardons ce rythme, et si nous ne faisons que peu d'arrêts. Ensuite, nous traverserons les Monts Brumeux pour rejoindre la Nimrodel. Fais particulièrement attention quand nous traverserons ces montagnes maudites, on ne sait jamais sur quoi on peut tomber. Puis, une fois les Monts Brumeux traversés et la Nimrodel atteinte, nous la longerons pour atteindre la Lothlorien. Tu as tout retenu ?

- Oui, monsieur. Je serai sur mes gardes. Où dois-je me placer ?

- Tu n'as qu'à te poster en fin de convoi. »

La jeune elfe inclina la tête respectueuse et se dirigea vers son poste désigné. Le temps passa et l'heure du déjeuner arriva. Ils ne s'arrêtèrent que pour manger un morceau de lembas puis ils repartirent. Le chef de la troupe voulait à tous prix atteindre la Nimrodel le plus rapidement possible, c'est pourquoi il imposait un rythme assez soutenu à sa garnison et aux voyageurs.

Un elfe sûrement un peu plus jeune qu'Eäreda était posté à côté d'elle. Elle était amusée par ce dernier, car il donnait l'impression de mener un combat intérieur, comme pour se convaincre de quelque chose. La jeune elfe voulut décrisper son visage et engagea la conversation.

« Je me nomme Eäreda, et vous ?

- Je sais qui vous êtes, vous êtes le sujet de bien des conversations, vous savez. Je me nomme Dairiun (Horreur des ombres de la nuit). »

Eäreda regarda d'un peu plus près l'elfe à côté d'elle. C'était un elfe de petite taille, et brun comme tous les elfes d'Imladris. Elle avait comme l'impression d'avoir son petit frère qui marchait à ses côtés. Mais le nom de l'elfe ne correspondait pas à l'image que dégageait son corps, car il faisait chétif, voire à peine sortit des jupons de sa mère, chose qui intrigua beaucoup Eäreda.

« Vous paraissez bien jeune pour faire partie d'une garnison comme celle-ci.

- Ne vous y trompez pas. Je suis peut-être plus petit que vous en taille, mais je suis plus âgé que vous ne l'êtes. Peut-être de seulement quelques décennies, mais elles sont bien réelles… »

La jeune elfe mit sa main devant sa bouche pour étouffer son rire, car il ne devait pas savoir quelle âge elle a. Il lui faisait définitivement penser à son petit frère Fandir.

« Etes-vous né avant ou après la bataille de l'Ultime Alliance, par simple curiosité ?

- Quelques années après. Je suis le fils du grand Aranrùth. Vous avez dû en entendre parler, il a fait partie du bataillon qui alla à Dagorlad.

- Désolée, je ne connais pas cette personne, sans vouloir vous offenser, ajouta-t-elle précipitamment en voyant le visage offusqué du jeune elfe.

- C'est un grand guerrier, et durant la bataille il perdit un de ses bras. Il veut alors que je continue sur sa lancée, il veut que je devienne un grand guerrier dont tout le monde à la Cité pourra chanter les louanges.

- Et vous, est-ce bien ce que vous voulez ? »

Eäreda vit le jeune elfe se redresser à sa question. Elle avait vu juste. Cet elfe n'avait pas été assez formé pour pouvoir être efficace en temps de crise, sûrement que son père l'avait jugé apte parce qu'il plaçait de grands espoirs en lui. Mais pour elle, il n'avait tout simplement pas l'esprit assez fort pour tuer, pour faire face à la mort, pour accepter ce que cela signifie. Elle savait très bien qu'ôter une vie n'était pas chose aisée à faire et à accepter. Elle en avait fait l'amère expérience… Sans qu'elle ne s'en rende compte son visage s'était rembrunit, et elle entendit la voix du jeune Dairiun s'élever :

« Vous allez bien, demoiselle Eäreda ?

- Hum, oui, oui, je vais bien. Mais vous n'avez pas répondu à ma question, il me semble ? » La jeune elfe était un peu surprise de voir un soldat qui était attentionné envers elle.

Dairiun n'eut pas le temps de répondre car ils reçurent l'ordre de faire une halte pour la dame Celebrian. C'était la fin de la journée, et la Dame de Rivendell avait demandé à faire une halte afin que les soldats puissent se reposer, trouvant l'allure assez intense et maintenue depuis trop longtemps. Eäreda prit un pain de lembas et alla s'installer un peu à l'écart de la troupe. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit le jeune elfe qui était quelques instants plus tôt avec elle dans la procession venir s'installer auprès d'elle. Dairiun vit l'interrogation dans son regard et lui répondit :

« L'air est plus respirable par ici, fit-il en lui montrant d'un signe de tête le groupe de Dagnir venir vers eux.

- Comme c'est touchant ! Regardez, on dirait que notre jeune demoiselle s'est trouvé un ami qui lui correspond en tout point. J'espère juste pour toi qu'il ne s'enfuira pas en courant dès qu'il verra un ennemi, Eäreda…

- Le courage ne se mesure pas au nombre des années, très cher Dagnir, mais aux actions que l'on peut mener. Quelles actions as-tu réalisées pour prétendre être plus courageux que cette personne à côté de moi ? » Eäreda attendit la réaction de son adversaire.

Réaction qui ne mit pas de temps à arriver. Dagnir dégaina son épée et lança une attaque vers Eäreda, qui réussit à contrer son attaque non sans difficultés car il avait plus de forces qu'elle. Leurs épées respectives étaient l'une contre l'autre, entamant une mélodie funèbre chaque fois que l'un prenait le dessus sur l'autre. Ils se fixaient dans les yeux et ne voulaient pas lâcher du terrain, cherchant à déterminer qui était le plus fort des deux. C'était un combat d'esprit à esprit, l'un combattait pour sa fierté masculine et l'autre se battait pour se faire une place dans un monde d'homme.

Mais après presque une minute de duel visuel, Dagnir commença à ressentir un malaise, malaise qu'il n'arrivait pas à expliquer. Plus il regardait dans les yeux de l'elfe devant lui, plus il sentait ses forces l'abandonner, comme si son énergie vitale était aspirée dans ce regard d'or.

« Rengainez vos épées, maintenant ! » ordonna le chef de la garnison.

Une fois que les deux elfes se furent exécutés et qu'ils lui firent face, Valacar leur dit d'un ton sec qui ne souffrait aucune réplique.

« Je vous rappelle que vous êtes ici pour protéger la Dame Celebrian, et non pas pour vous entraîner ! Vous devez être en alerte en permanence, j'ai un mauvais pressentiment… fit-il en regardant vers les Monts Brumeux qui n'étaient plus qu'à un jour de marche. Nous n'avons pas besoin que vous vous éloigniez de votre mission pour des broutilles, pour risquer d'attirer une quelconque créature !

- Bien mon commandant » répondirent à l'unisson Eäreda et Dagnir.

Quand le chef de la troupe se fut éloigné, Eäreda pensa que Dagnir n'allait pas en rester là, mais à sa plus grande surprise il s'éloigna, accompagné de ses camarades. Elle n'eut pas le temps de réfléchir davantage car le signal du départ était donné.

La jeune elfe tourna son regard vers les montagnes qu'ils longeaient depuis un moment déjà et ressentit un frisson qui parcourut tout son corps.

« Cette montagne n'est pas normale. Il faudra être prudents quand on la traversera… » pensa-t-elle.

Plus la jeune elfe regardait la montagne, son manteau de neige avec juste à son sommet des nuages noirs, menaçants voire presque terrifiants, plus son mal-être augmentait, jusqu'à ce qu'une voix la sortit de ses pensées.

« Damoiselle Eäreda, ils ont déjà repris la marche, venez, ils ne vous attendront sûrement pas. »

Elle posa ses yeux sur Dairiun puis les reporta sur les Monts Brumeux avant de se retourner pour rattraper la garnison au petit pas de course.


A bientôt pour le chapitre 13 ;)