Salut les filles !
Je n'ai qu'une chose à dire, vive les vacances ! Finalement ce chapitre arrive dans les temps. Merci pour les nouvelles alertes et mises en favoris, c'est très agréable de voir que mon histoire vous convient. Les reviews sont toujours aussi agréables, donc je suis très contente :)
Malou: je mets un petit mot pour toi car je réponds à toutes mes reviews, et que toi je ne peux pas le faire. Alors merci pour tes compliments, et je suis contente que mon imagination te convienne.
La vie chez les Darcy reprend un cour normal. je vous laisse découvrir la suite.
L'incident créé par Dunhill n'eut pas beaucoup d'impact sur la vie à Pemberley, et fut vite oublié. Elizabeth avait maintenu qu'il ne méritait pas qu'on pense à lui, ni que son acte les perturbe. Il allait être puni, et de leur côté, ils devaient continuer à vivre comme avant, du moins dans leur cas, apprendre à vivre tous ensemble. Mary et Kitty devaient s'adapter à leur nouveau lieu de résidence ainsi qu'à l'autorité de leur beau-frère : il agissait avec les deux jeunes filles comme avec Georgiana. Elles se devaient donc de se plier à ses demandes, à ses convenances, et aux habitudes instaurées bien avant leur arrivée. En contrepartie, il était tout aussi généreux avec elles qu'avec Elizabeth et Georgiana. Mary s'était donc vu offrir son propre piano, et Kitty avait pu se choisir des nouveaux chapeaux, des nouvelles paires de chaussures et un manteau.
- Tu les gâtes beaucoup trop, lui dit Elizabeth.
Ils étaient blottis l'un contre l'autre, totalement nus sous les épaisses couvertures du lit de Darcy, après avoir fait l'amour. Et comme souvent, ils discutaient beaucoup après, repus physiquement, mais insatiable de complicité et de dialogue.
- Je les traites comme n'importe quel autre membre de la famille, rien de plus, dit-il en souriant.
- Elles n'ont pas l'habitude, tout comme moi, d'avoir des présents, et surtout pas des aussi conséquent.
- Tu n'aimes pas ce bracelet ? demanda-t-il en levant le poignet de son épouse en l'air devant leurs regards. Je trouve pourtant que la couleur des saphirs s'accorde très bien à tes yeux.
- C'est l'illustration parfaite de ce que je disais ! Tu n'es pas obligé de me faire des cadeaux tout le temps.
- Je ne suis pas obligé c'est vrai. C'est un plaisir de le faire, et ce n'est pas tout le temps.
- Depuis notre mariage, j'ai reçu une jument et la selle pour la monter, ce bracelet, des robes, chapeaux et autres fanfreluches, et…
- Et tu m'as offert des chemises, un nouveau costume pour Londres, 3 nouveaux chiens de chasse et des livres. Et je ne m'en plains absolument pas !
Elle lui fit une petite tape sur le torse tandis qu'il riait d'avoir retourné la situation à son avantage. Elle se réinstalla ensuite contre lui, et lui caressa le ventre.
- Tu n'as pas épousé mes sœurs William, dit-elle plus sérieusement.
- Je le sais très bien… Mais elles ne peuvent pas trop compter sur leur père, comme tu le sais.
Elizabeth fit une grimace, sachant pertinemment ce qu'il voulait dire, le sujet Mr Bennet ayant été source de dispute, et encore très récemment. Ils avaient reçu de ce dernier une lettre la veille annonçant qu'il partait pour la France. Elizabeth l'avait lu à ses sœurs le jour même, lors du déjeuner :
Mes filles,
Me voilà en route pour la France, terre de la révolution, afin de voir un peu le monde et de rencontrer de nouvelles personnes. Je ne sais quand vous aurez à nouveau de mes nouvelles, mais ne vous inquiétez pas pour moi, j'irais bien. Je vous espère heureuse à Pemberley.
Votre père.
- Il est donc parti cette fois… dit Mary.
- Tu en doutais ? dit Kitty d'un ton sec. Il a été très clair sur ses intentions pourtant.
- Kitty… Nous ne pouvons lui en vouloir de voyager un peu, tenta Elizabeth
- Si on peut ! répondit-elle en se levant. On en a le droit même ! De ne pas nous emmener ! De partir si vite comme s'il n'était pas touché par leur décès ! De nous laisser derrière lui comme si nous n'étions rien.
La colère de la jeune fille remonta et eut l'effet d'une bombe. Elle allait mieux depuis son arrivée à Pemberley, mais cette lettre faisait tout remonter à la surface.
- Je ne te permets pas de dire des choses aussi stupide Kitty ! s'énerva Elizabeth. Nous ne gérons pas de la même façon c'est tout !
- Il n'a pas versé une larme et à peine sont-elles enterrées, qu'il nous laisse tomber ! Il se moque de notre sort ! cria Kitty en pleurant
- Cela suffit Catherine, dit Darcy d'un ton ferme mais sans crier. Soit vous vous rasseyez calmement, soit je vous conseille de quitter cette table pour reprendre vos esprit.
Kitty choisit de quitter la table et de partir en courant de la pièce. Georgiana la regarda faire, regardant ensuite les autres personnes attablées : Mary, tête basse mangeait son potage, William regardait Elizabeth, qui elle regardait son poing serrer la lettre de Mr Bennet. N'osant dire un mot, ni rejoindre Kitty, elle recommença à manger en silence, comme ses voisins de table.
Ils avaient eu suite à ce repas une conversation assez houleuse sur Mr Bennet, et ils avaient fini par conclure qu'il valait mieux que chacun garde son opinion, et surtout qu'ils évitent d'en parler.
- Tu cherches à compenser les actions de mon père ?
- Non. Je veux simplement qu'elle sache qu'elles ont une famille, et qu'on ne les délaisse pas.
- Encore un peu de la fameuse générosité Darcy !
- Du tout. Mais à ce sujet Lizzy… commença-t-il en se redressant dans le lit, la forçant à se relever également. Je dois te parler d'une chose convenue avec Charles et ton père.
- Je t'écoute, dit-elle assise enroulée dans un drap.
- Et bien tu sais déjà ce que je pense de ton père et ses actes, et Charles est plus ou moins d'accord avec mes propos.
- Aimable comme il est, et associé à ton éloquence, il a dû te dire oui pour te faire plaisir.
- Du tout, il est juste raisonnable lui.
- Oh et je ne le suis pas ?
- Non tu es partiale, car très attachée à ton père, ce qui est tout à fait normal. Mais cela t'empêche de le voir clairement.
- Détrompes toi. Je le sais sarcastique, peu loquace, débonnaire et plutôt solitaire.
- Tu as oublié beaucoup de qualificatifs bien plus négatifs mais passons. Veux-tu savoir le contenu de ma conversation avec Charles ou non ?
Elizabeth fit la moue mais lui fit signe de la main de continuer.
- Merci. Mais je devrais commencer par le début : au moment des fiançailles, Charles comme moi souhaitions renoncer à vos dot à Jane et toi. Ne prends pas cet air choqué avant que j'ai terminé. Nous ne manquions de rien, ni l'un ni l'autre, et nous souhaitions que ton père en fasse un autre usage, comme augmenter la dot de tes sœurs.
- Je n'ai donc participé en rien ? Je veux dire, tu n'as pas reçu ma dot ?
- Ton père a lourdement insisté, par pur orgueil je pense, et je le respecte. Dons si, tu es bien arrivée sous ce toit avec ta dot, même si cela ne joue en rien sur nos vies.
- Ne diminue pas ma très modeste contribution. Ça compte pour moi. Arriver sans un sous vaillant, et que tu ne puisses pas utiliser cet argent m'aurait rabaissée.
- Alors n'y penses plus, car j'ai bien reçu l'argent de ton père. J'en reviens, si tu me le permets, à l'accord que nous avons conclu avec Bingley. Nous avons décidé de doter tes sœurs, en plus de la dot de ton père.
- Et mon père a accepté ?
- Nous avons su lui montrer les avantages que cette démarche procurerait à ses filles.
- Tu as surtout dû donner une opinion si directe qu'il n'a pas osé te dire non !
- Non, c'est Charles qui lui a parlé. Pour justement qu'il ne se sente pas acculé par mes manières que tu sembles trouver abruptes.
- Elles ne semblent pas abruptes, elles le sont. Tu as une façon de t'exprimer parfois qui empêche les autres de répliquer quoi que ce soit.
- Ce doit être mon charisme naturel…, dit-il pour explication.
- Et c'est ta modestie qui parle actuellement, répliqua-t-elle
- Non, mon réalisme ma chérie.
Elle se mit à rire et décida de reprendre la conversation d'origine.
- Et puis-je savoir le montant que vous allez donner ?
- 2000 livres chacun
- Grand dieu ! C'est faramineux, pour l'un comme pour l'autre !
- Pas tant que ça… Et puis c'est pour la bonne cause. En étant avec nous, tes sœurs vont fréquenter des personnes d'un cercle plus élevé que celui que vous aviez à Meryton. Une bonne dot peut aider à avoir les faveurs de certains hommes.
- Ou attirer des Wickham…
- Ils ne sont pas si nombreux que cela.
Elizabeth s'allongea sur son mari, en appui sur ses mains de chaque côté du visage de Darcy de façon à le surplomber. Elle plongea ses yeux dans son regard interrogatif de prime abord, mais rempli de tendresse et d'amour pour elle. Elle ne voulait pas se disputer avec lui, ni même avoir une conversation compliquée avec lui. Elle ne pouvait pas comprendre, n'ayant pas baigné dans un certain luxe, et n'avait jamais eu beaucoup d'argent à sa disposition comme lui. Elle savait également qu'il voulait faire au mieux, et qu'il faisait ça en grande partie pour elle. Aussi elle préféra calmer ses nerfs et prendre un ton plus taquin en détournant la conversation.
- Ma mère aurait-elle eu le temps de t'apprendre ses talents de marieuse ?
- Seigneur, ne me rappelle pas ce dont elle était capable ! rit-il.
- Tu ne sais pas tout… Si Jane s'est retrouvée malade à Netherfield, c'était à dessein. Elle pensait qu'il était hors de question que Jane voit Miss Bingley et pas Charles qui était à la chasse.
- C'est donc pour cette raison qu'elle est arrivée à cheval sous la pluie ?
- Oui, rien de tel qu'une fièvre et un gentleman aimable. Elle comptait bien sur le fait qu'elle soit gardée au domaine.
- Quelle ingéniosité !
- Je ne te le fais pas dire.
Darcy déplaça sa main droite de sous la couette vers la joue de son épouse, la caressant du pouce.
- J'ose croire que tu es heureuse aujourd'hui, avec moi, et dans cette demeure, dit-il redevenu sérieux. Ce que nous souhaitons faire avec Charles n'est que pour permettre à tes sœurs, si le cas se présente, de ne pas passer à côté de de la stabilité matérielle ou de l'amour pour une histoire d'argent.
- Je sais William. Ca me parait juste démesuré mais uniquement parce que sur ce point, nous ne sommes pas du même monde.
- Maintenant si, et tu dois t'y faire. Même si je sais que l'idée de ressembler à une Miss Bingley te répugne. Mais tu n'as pas son caractère, donc tu seras préservée de la vanité et la superficialité.
- Je t'aime William, dit Elizabeth de but en blanc.
Il fut surpris de ces quelques mots, qu'il entendait pour la première fois, et resta bouche bée. La franchise de sa femme avait frappée.
- Je t'aime pour tout ce que tu viens de dire, tout ce que tu fais pour moi et pour mes sœurs, et tout ce que tu feras encore pour nous. Je n'aurai pu rêver meilleur mari. Je suis plus que comblée et je ferai tout pour te prouver tous les jours que tu es l'homme le plus merveilleux que je connaisse.
William ne put lui répondre. Non pas parce qu'il ne pensait pas lui-même aimer cette femme à en perdre l'esprit, mais parce qu'il en était incapable. Ce qui se dégageait d'elle en cet instant le bouleversait complètement. S'il n'avait pas appris à cacher ses émotions, si on ne lui avait pas appris à être maitre de lui-même en toute circonstance, il lui aurait répété inlassablement qu'il l'aimait pendant des heures, et à le lui prouver physiquement avec ardeur jusqu'à épuisement. Mais il n'était pas encore capable de se livrer ainsi avec elle, malgré ses efforts. Il avait déjà beaucoup avancé dans l'intimité, mais il demeurait certaines barrières. Alors pour toute réponse, il prit son visage fin et doux entre ses mains, le rapprocha du sien et pressa sa bouche contre ses lèvres, espérant faire passer tout ce qu'il ne pouvait pas lui dire.
Pendant les jours qui suivirent Elizabeth ne vit pas beaucoup son mari, chacun étant bien occupé par ses propres taches. Elle avait vu le décorateur pour refaire le boudoir, reçu les couturiers pour la confection des robes qu'elle et les demoiselles porteraient durant la Saison, et elle préparait également l'arrivée de la famille pour Noël. C'est d'ailleurs sur ce sujet que Georgiana souhaita lui parler un matin, alors qu'elle préparait le plan de table avec Mrs Reynolds. Toujours assez intimidée par sa sœur, Georgiana entra dans la salle de réception le cœur battant.
- Miss Georgiana, votre leçon est finie ?
- Oui Mrs Reynolds, Mary est pleine gamme en ce moment. Lizzy, j'aimerais m'entretenir avec toi, quand tu auras un moment.
- Bien sûr, Georgiana. Vous pouvez nous laisser, Mrs Reynolds, je finirais seule ensuite.
- Bien madame.
Georgiana attendit que l'intendante fût hors de vue avant de commencer à parler.
- Et bien je me demandais si nous serions nombreux à Noël.
- Tout dépend de ce que tu entends par nombreux. Mais dis-moi de quoi veux-tu me parler exactement ?
- Je me demandais si Eleonor et Laurine étaient sur la liste des invités.
- Oui, elles sont invitées. Je dois avouer qu'au début non, je n'ai appris leur existence que récemment, mais je l'ai invitée en même temps que je la remerciais pour ses condoléances et elle a accepté.
- C'est très bien. J'avais peur que tu ne souhaites pas sa présence.
- Et pour quelle raison ?
- Les militaires appellent ça une guerre de territoire il me semble. Vous pourriez vous quereller pour le statut de Mrs Darcy.
- Les choses sont claires entre elle et moi, dit Elizabeth le sourire aux lèvres. Ne t'inquiète surtout pas de notre entente.
- Parfait. Je te laisse terminer, William doit m'attendre pour nous accompagner en ville Kitty et moi.
- Sans moi ? Ma compagnie semble vous plaire, c'est agréable, plaisanta Elizabeth.
- C'est une surprise que tu découvriras bien assez tôt, dit Georgiana en sortant à son tour.
Elizabeth pensa immédiatement à un cadeau de noël, et elle essaya de deviner ce que cela pourrait être tout en finissant son plan de table.
Quelques jours plus tard, les Darcy accueillirent les Bingley, qui venaient passer du temps auprès d'eux une semaine avant Noël. Ils étaient arrivés les bras chargés de cadeaux, et il avait fallu le travail de 3 valets pour tout décharger, faisant plusieurs aller et retour entre le grand salon et la voiture. Elizabeth avait choisi elle-même le sapin qui devait être coupé pour trôner dans ce salon, le plus grand et le plus garni qu'elle eut vu dans le bois du domaine. Elle avait prévu de le décorer le soir même, souhaitant attendre l'arrivée de Jane pour le faire en famille presque complète.
Les retrouvailles furent riches de cris et de joie entre les sœurs Bennet. Darcy, Georgiana et Charles les regardèrent avec gaieté s'enlacer, s'embrasser et parler toutes en même temps.
- Viens Jane, je vais te montrer vos chambres et te faire visiter la maison, dit Elizabeth. Kitty et Georgiana reçoivent la visite de Fanny Forbs. Mary a ses leçons, et je suppose que ces messieurs peuvent tout à fait se passer de nous jusqu'au diner.
- Vous supposez bien, dit Charles. Darcy et moi avons des affaires à voir ensemble.
Elizabeth regarda son mari, se demandant de quoi retournaient ces affaires. Darcy lui sourit, les yeux pleins de malice, avant qu'elle n'entraine sa sœur dans les dédales de sa demeure.
Elles mirent plus d'une heure à faire le tour de la maison, bras dessus, bras dessous, ne cessant de parler de tout et rien. Jane trouva la demeure plus que magnifique, et félicita Elizabeth pour sa bonne tenue.
- J'ai surtout la chance d'avoir Mrs Reynolds. Je ne pense pas encore à tout, même si je me suis fait une liste, qui est cachée dans mon bureau. Elle m'est d'une aide plus que précieuse.
Au retour au salon, elles prirent le thé seules. L'un des majordomes les avaient prévenu que les messieurs étaient allés au chenil, et que les demoiselles prenaient le thé dans le boudoir de Georgiana. Elles vinrent à parler de leur sœur, Jane annonçant que les deux lui avaient écrit.
- Mary ne tarit pas d'éloges sur sa nouvelle vie. Elle semble plus que ravie de ce que Mr Darcy fait pour elle, et elle lui voue une admiration sans borne. Elle disait être touchée par sa gentillesse et sa générosité, dont elle ne soupçonnait pas l'existence.
- Et pourtant dieu sait qu'il a ces deux qualités.
- Tu prêches une convertie Lizzy.
- Et que dis Kitty ?
- Elle est plus perturbée encore. Bien sûr elle n'a rien à redire sur sa vie, loin de là, mais elle semble toujours un peu écorchée. Elle n'est pas encore remise.
- Il lui faut du temps, elle était si proche de Lydia avant son mariage.
- Tu as raison. Mais le positif, c'est qu'elles ne cherchent pas à vous fuir, elles disent toutes les deux être heureuses ici.
- Tant mieux, j'aurai été peinée du contraire.
Elles parlèrent encore et encore, jusqu'au retour de Charles et Darcy. Les jeunes filles les rejoignirent peu après, Miss Forbs étant repartie chez elle. Elizabeth proposa alors de se préparer pour le souper, et ils se séparèrent pour regagner chacun leur chambre.
Une fois prêt, Darcy alla rejoindre sa femme. Elle était prête, mais regarder la neige tomber dehors, debout devant l'une de ses fenêtres.
- Je n'avais pas vu qu'il neigeait, dit-elle en se tournant vers lui.
- Tu étais bien trop occupée à discuter avec ta sœur. Il neige depuis le début de l'après-midi, se moqua-t-il.
- Ce n'est pas facile de vivre loin d'une personne qui m'est si proche depuis tant d'année !
- Je le sais. Et d'ailleurs, je pense que vous ne serez plus éloignée très longtemps.
- Que veux-tu dire ? demanda Elizabeth dont la curiosité était piquée au vif.
- Peux-tu garder un secret ?
- William ! s'écria-t-elle
- Bingley veut faire une surprise à Jane, tu ne peux donc rien lui dire.
- Oh… Je serais muette… Dis-moi à présent.
- Bingley veut acheter un domaine par ici. Je lui ai parlé de ceux que je connaissais, et nous irons en voir chaque jour dès demain. Il se peut qu'une fois la Saison terminée, nous remontions tous dans le Derbyshire ou ses alentours.
Elizabeth sauta au cou de son mari, trop heureuse de cette nouvelle. Il lui rendit son étreinte avec force, riant à gorge déployée de l'impulsivité et la spontanéité de son épouse.
- Cela te fait plaisir donc ?
- Quelle question, bien sûr ! hormis mon père, c'est elle qui me manquait le plus depuis notre mariage.
- Si tout se passe bien, elle ne te manquera bientôt plus autant, voire plus du tout.
Elizabeth détacha ses bras et les déposa sur le torse de Darcy.
- Il ne manquerait alors plus rien à mon bonheur.
Il se pencha pour l'embrasser, et ils durent se faire violence pour redescendre avec leur famille, emportés qu'ils étaient par l'ardeur de leur baiser.
La soirée sa passa comme Elizabeth l'avait pensée. Ils mangèrent, et ensuite les femmes et filles de la maison entreprirent de décorer le sapin. Charles et William tout en discutant les observèrent rire, se chamailler et s'entraider dans la joie, pour rendre ce sapin digne du plus beau Noël que la nouvelle famille voulait vivre. William n'aurait pas pu rêver d'une scène plus belle entre sa femme et sa sœur, s'entendant comme si elles se connaissaient depuis toujours, et son cœur se gonfla d'amour et de bonheur que sa vie soit devenue si belle.
- Mes sœurs vous saluent, dit Charles à son ami.
- Vont elles bien?
- A merveille. Elles sont à Londres, et elles nous attendent pour la Saison.
- Leur avez vous parlé de vos projets? souffla Darcy
- Non. Elles le sauront quand ce sera fait, mais je sais que c'est leur vœu le plus cher de me voir m'établir.
- Elles l'ont mentionné oui.
Darcy se rappela de la joie non feinte qu'avait eu Miss Bingley lorsque son frère avait parlé de s'installer en Derbyshire, avant de trouver Netherfield. Elle n'avait jamais caché son inclination pour le maitre de Pemberley, bien qu'il ne l'ait jamais encouragée. Elle serait certainement toujours heureuse que Bingley s'installe, mais elle devrait composer avec le fait que Darcy ne soit plus disponible. Cela le fit sourire, imaginant la jeune femme faire des courbettes à Elizabeth, tout en tentant de ne pas être mortifiée par leur mariage. Il sortit de ses pensées pour continuer à regarder les femmes de la famille s'affairer à rendre le sapin brillant et coloré. Dans l'intimité de la chambre d'Elizabeth, tandis qu'elle se brossait les cheveux devant sa coiffeuse, il observa le reflet de sa femme dans le miroir, depuis l'embrasure de la porte commune des 2 chambres. Son regard, quelque peu éteint depuis les décès de sa mère et sa sœur, venait de retrouver sa brillance et ce petit éclat qui avait certainement contribué à le faire tomber amoureux d'elle. Il fut heureux que les Bingley soit parmis eux, et plus encore que son ami cherche à s'installer dans la région.
- Si tu veux m'espionner, tu serais mieux assis sur le lit. L'angle de vision serait bien meilleur, dit Elizabeth en s'attachant les cheveux.
- Je vois très bien d'ici, mais merci de ta proposition.
Elizabeth se leva et alla vers lui, pour caler sa tête sur son torse et enlacer sa taille. Aussitôt il passa un bras autour de son cou, tandis que sa main libre caressait son dos.
- Je suis heureux de voir que la présence de ta sœur te rende ta joie de vivre. Elle m'a manquée.
- Jane est une source de bien être. Elle est si agréable.
- Je pense aussi que de vous retrouver toutes les quatre est aussi très bénéfique.
- C'est vrai. Je crois que ça nous a fait du bien à toutes.
- Je le crois aussi.
Elizabeth releva son visage et s'éloigna un peu pour capter les yeux de son époux. Comme toujours, il émanait d'eux tout les sentiments si forts qu'il lui portait, et Elizabeth ne put que lui faire un grand sourire, avant qu'il ne l'emporte comme une mariée sur le lit.
Tadam ! les amoureux avancent, la saison se prépare et les soeurs Bennet sont réunies... tout va bien dans le merveilleux monde des bisounours :)
à la semaine prochaine !
