Voilà la "dose" du jour . En réponse à la question de Christelle, je dirai que oui, vous apprenez que Hermione a perdu son bébé en même temps que Ron. Même si on peut le deviner un peu avant.
Merci pour vos reviews et désolée de ne pas avoir pris le temps d'y répondre.
A Lundi!
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Le soleil de ce dimanche matin, commençait à percer au travers des rideaux de la chambre de Ron. Le jeune homme ouvrit un œil, et ébouriffa ses cheveux d'un geste de la main. Cela faisait trois mois qu'il était revenu. Pour de bon cette fois… Mais sa formation d'auror lui prenait tellement de temps et d'énergie, qu'il lui semblait que son horloge interne était totalement déréglée. Finalement, cela l'arrangeait, quand il y pensait bien. Il partait très tôt le matin et revenait très tard le soir, la tête trop emplie pour pouvoir penser à autre chose. Pour se souvenir qu'à quelques mètres de lui, se trouvait celle avec qui il n'arrivait plus à avoir le moindre dialogue. Hermione elle-même, ne prenait pas la peine d'essayer de lui parler. Pourquoi faire finalement ? Elle lui avait dis tout ce qu'elle avait sur le cœur et lui… lui était bien trop fier pour s'excuser de son excès de colère.
Il jeta un coup d'œil à son horloge. Il était tout juste sept heures. Sept heures un dimanche matin, qui aurait cru que Ronald Weasley soit capable de se lever à une telle heure. Pourtant, c'est ce qu'il fit. Ouvrant ses rideaux tout à fait, il jeta un coup d'œil dans la rue. Il n'y avait personne. Personne d'assez fou pour ne pas profiter d'un matin bien au chaud sous la couette.
L'hiver avait perdu. Le printemps était là. Les températures n'étaient pas encore très clémentes, mais le soleil apparaissait de plus en plus fort. Même quelques fleurs faisaient leur apparition. Comme pour le convaincre que tout était bien fini et qu'il lui fallait reprendre le cours de sa vie.
Il sortit finalement de sa chambre. Marchant presque sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller tout ceux qui dormaient encore. Puis, l'instinct le fit s'arrêter devant la porte de la chambre d'Hermione. Elle l'avait laissé entrouverte. Comme elle le faisait à chaque fois qu'elle dormait seule en fait. Alors, la tentation fut bien trop grande pour l'homme qui poussa lentement la porte. Il la vit. Totalement endormie, sereine même. Complètement recroquevillée sur elle-même. Sûr que si ses yeux avaient été ouverts, elle aurait pu le voir. Seulement, il le regretta presque, elle ne sembla pas disposée à quitter les bras de Morphée.
Il referma cette satanée porte tentatrice et poursuivit son chemin rituel jusqu'à la cuisine. Là, comme un automate, il fit chauffer de l'eau pour son café instantané. Il n'aimait pas ce genre de mixture, mais d'habitude, c'était Hermione qui était douée pour le café du matin. Lui n'avait jamais su le doser. Et puis, il ouvrit la corbeille qui contenait le pain de mie. Il l'observa un instant et la referma finalement. Il n'avait pas faim.
- Salut vieux…
Il tourna son regard vers Harry et ne put s'empêcher de sourire en voyant les cernes qu'il arborait. Finalement, il y avait deux fous dans le même appartement.
- Déjà réveillé ? Lui demanda-t-il.
- Figures-toi que j'habite encore avec un ami qui n'a rien trouvé de mieux que de faire grincer la porte de la chambre de sa meilleure amie.
Sans doute aperçut-il un changement dans le visage de son ami, car il se mit aussitôt à sourire en le rassurant d'un vague :
- Je plaisante, tu n'as pas fais de bruit. Mais maintenant, je suis certain que tu es passé la voir.
- Je voulais juste voir si elle allait bien, se justifia Ron.
- On va toujours bien quand on dort…
Ron ne put qu'acquiescer d'un signe de la tête tandis qu'il versait de l'eau dans deux tasses distinctes. Il ne put à ce moment, s'empêcher de se dire que ça serait une des dernières fois qu'il aurait à faire ça. Sa sœur allait bientôt former une vraie famille avec son meilleur ami. Et partir vivre loin d'ici… Tandis que lui… lui resterait.
Comme si Harry avait pu lire dans ses pensées, il l'entendit lui dire :
- On déménage cette semaine.
- Tu auras besoin d'aides ?
- Pas de refus, je suis toujours surpris de voir le tas de bibelots qu'on a pu entasser avec Ginny.
Et ça n'était rien quand il pensait à tout ce qu'elle avait laissé chez leur parent. Mais après tout, Ginny n'était pas une fille pour rien, non ?
- Ron…
Le ton de la voix de Harry n'avait rien pour rassurer le jeune homme. Il leva son regard tout juste assez pour croiser celui de son ami et le laissa reprendre :
- Qu'est-ce que tu comptes faire ?
- Oh, ne t'inquiètes pas, je vais réussi à survivre sans vous.
- Ca je n'en doute pas. Quoique si tu as un problème, tu sais que tu pourras venir… Non ce que je veux dire c'est… avec Hermione…
- Qu'est-ce que tu veux que je fasse Harry ?
- Et bien lui parler serait déjà un bon point. Je veux dire, autrement que pour lui demander de bien vouloir te passer le sel…
- Je trouve que c'est déjà pas si mal comme dialogue.
Harry ne put s'empêcher de penser que réellement, Ron resterait toujours le même.
- Certes… Ecoutes, je sais que vous passez un moment très difficile mais…
- … ne t'engages pas sur ce terrain, Harry. Non, tu n'en sais rien pour la simple et bonne raison que tu n'es pas à notre place. Est-ce que tu sais ce que ça fait de perdre un enfant ? Non parce que le tien est en pleine santé.
- Et c'est inutile de m'agresser de si bon matin… Je n'étais pas au courant pour le bébé.
Toute la colère que Ron avait ressentie s'évapora comme neige au soleil. C'est d'une voix passablement plus calme qu'il reprit :
- Et bien maintenant tu sais.
- Je me doutais de quelque chose mais comme vous ne nous aviez toujours rien dis et que… ça ne se voyait pas, je pensais que je m'étais juste… trompé.
- Elle ne t'avait rien dis ? Et Ginny non plus ?
- Rien de rien… elles ont leur secret à elles tu sais…
- Je ne sais pas quoi faire…
Voilà il l'avait dis. Ce qui prenait quelque fois plus de place que sa formation d'auror. Ce qui était le seul problème qui ne semblait avoir de réponses. Il l'avait enfin avoué.
- Tu veux la retrouver ?
- J'en sais rien. Rien ne sera jamais plus pareil qu'avant… si tu savais à quel point je me suis senti trahi. Mais en même temps. Il m'arrive parfois de me dire que oui, sa réaction était des plus compréhensibles…
Ses yeux restaient fixés dans le vide, attendant une réponse qui ne semblait vouloir venir. Alors, il s'autorisa à dire avec un semblant de décontraction peu propice au moment :
- Je me suis toujours dis que tu avais les meilleurs conseils.
- Excuse-moi mais sur ce coup, je ne vois rien d'autre à te dire que… peut-être qu'en vous retrouvant tous les deux, les choses se débloqueront par eux-mêmes…
Voilà quelle était la réponse de son meilleur ami. Attendre… Comme s'ils n'avaient pas déjà trop attendu.
