Emotions partagées

Vous allez avoir droit à un beau chapitre à l'eau de rose, un chapitre totalement inutile ou presque par ailleurs… Pourquoi ? Parce que j'ai envie d'en écrire un, n'est ce pas là une superbe raison ? Désolée pour tout ce retard (il va encore en avoir, je le crains…) mais mes obligations scolaires ne me laissent vraiment pas beaucoup de temps en ce moment même si j'essaye de faire de mon mieux (vous comprendrez si vous allez sur mon blog, c'est trop long de tout raconter ici).

Réponses aux reviews :

Jane Scrout : J'aime bien frustrer les gens moi (c'est marrant les reviews qu'on reçoit après, lol !), et puis ça permet de redémarrer plus facilement ! Pour ce qui est de la tempête, oui, il va y en avoir un peu plus, peut-être pas dans ce chapitre mais assez rapidement. Bisous !

Ankh An-Ki : Moi aussi, j'adore tout ce qui se rapporte au celtisme d'une façon ou d'une autre. D'ailleurs, une bonne partie des éléments que j'utilise dans ma fic viennent de là, en passant ! Gros bisous !

LaskaMalefoy : Merci beaucoup, Miss ! Malheureusement, je ne peux pas faire plus de fautes ou mes revieweurs vont me faire ma fête… Il va donc falloir faire sans ! En attendant, bon courage pour la suite de ta fic : tu t'es beaucoup améliorée depuis le premier chapitre... Gros Bisous !

Elaviel : Whoua ! Trop reviews rien que pour moi ! Chouette alors ! Non, Hermione ne va pas se jeter tout de suite sur Draco (si en fait, elle lui demande de l'accompagner pour pouvoir lui sauter dessus dans un coin sombre et lui faire l'amour sauvagement après l'avoir attaché avec des menottes dans la salle sur demande lol… Tellement Hermione comme comportement !) Mais ça avance un peu dans ce chapitre…Bisous !

Lolaboop : Qui t'a dit que Orion était le fils de Sirius ? J'ai dis qu'il y avait un rapport entre eux, mais pas forcément un lien père/fils ! Et si Remus ne lui dit pas tout, c'est qu'il a certainement ses raisons. Remus sait toujours ce qu'il faut faire… Je ne vais pas te dire ce qui ce passe dans ce chapitre : il est là pour ça. J'étais très contente que tu te sois mise au second chapitre de ta fic, j'ai laissé une review d'ailleurs il me semble ! Bisous et à bientôt !

Farfalina : Chouette ! Une nouvelle lectrice ! Merci beaucoup pour tous tes compliments… Pour ce qui est de Draco et d'Hermione, ils ne sont pas encore ensemble, mais ils sont de plus en plus proches. Laisse leur un peu de temps… Désolée si tu n'aimes pas tellement le couple Harry/Ginny, personnellement je l'apprécie assez, mais si ça peut te rassurer, il est assez secondaire dans ma fic. En espérant te revoir bientôt… Gros bisous !

Tatacia : En voilà une courageuse, surtout que ma fic doit avoir largement dépassé le cap des 100 pages maintenant ! En tout cas, ça me fait super plaisir que mon histoire t'ait plu, j'espère que la suite ne te décevra pas. Gros bisous !

Ewilan59 : C'est vraiment trop gentil à toi… Si tu m'obliges à mettre la suite, alors je n'ai pas le choix, lol ! Gros bisous !

Une fan du couple Dray Mione : Merci beaucoup pour tes deux reviews, j'espère que l'évolution des choses continuera à te plaire tout autant. Mais étant donné ton pseudo, je n'en doute pas, lol ! Gros bisous et à la prochaine !

Titi-anaelle-malfoy : Je suis drôlement contente de te revoir, toi ! Pour recevoir les chapitres au moment où ils sortent, je suppose que le plus pratique c'est les Authors Alert ou les Story Alert (j'ai vu que avait sorti ça, c'est plutôt une bonne idée d'ailleurs !). Quand à Draco, je suppose qu'il faut nous résigner à l'abandonner aux griffes d'Hermione… Snif ! En tout cas, j'espère que ma fic continuera à te plaire ! Gros bisous !

Merci à toutes, vos reviews m'aident vraiment à tenir le coup en ce moment où je suis un peu à bout de nerf ! Chapitre 12, enfin…

Si l'on en croyait ce qu'il se murmurait dans les couloirs sur elle, Hermione était une sorte de statue de glace, préférant la compagnie de vieux bouquins poussiéreux à celle de ses congénères humains et qui n'aimait rien tant que la solitude et le silence de la bibliothèque. Ce n'était pas totalement faux, on pouvait même dire que, pour une fois, ces rumeurs contenaient un fond de vérité. Hermione n'aimait définitivement pas errer sans but précis dans les couloirs en compagnie de filles gloussantes pour qui savoir si la couleur de leurs chaussures était bien assortie à celle de leur sac à main constituait le but ultime de la réflexion. Déjà, le seul sac qu'elle traînait avec elle était une sorte de vieille besace dont les coins baillaient largement, laissant dépasser de vieux grimoires couvoirs de signes bizarres. Ensuite, le gloussement féminin typique ne faisait vraisemblablement pas parti des dons que lui avait accordé la nature.

D'un autre côté, la préfète-en-chef n'aimait pas tant que ça la solitude : elle aimait étudier, apprendre, se rassasier avidement de toutes les connaissances du monde ; et ce n'était pas une voie sur laquelle elle avait réussit à entraîner de nombreux amis ou simples connaissances. Si elle avait été passionnée par le Quidditch, les choses auraient certainement était plus simples, mais tel n'était pas le cas. Aussi, la jeune fille s'était elle résignée à vivre plus ou moins en recluse entre les rayons d'histoire de la magie médiévale, parce que c'était là où on avait le plus de lumière le soir, même en hiver.

Mais en réalité, elle se trouvait plutôt sociable : à peine montée dans le train qui les menait à Poudlard tout au commencement, elle avait saisi la première occasion qui c'était présentée à elle pour se faire de nouveaux amis, et c'était Trevor, le crapaud de Neville, qui la lui avait offerte. Le petit garçon à l'air perdu l'avait attendrie, et elle s'était sentie très mûre en dépit de ses onze ans. Aussi avait elle prit les opérations en main pour l'aider à retrouver le fugueur… La suite était connue. Elle avait tant souffert d'être rejetée par Harry et Ron, au début ! Et puis il avaient appris à se connaître, et elle avait finit par avoir du mal à se séparer d'eux.

Pourtant, ses devoirs de préfète-en-chef devaient s'effectuer seule, ou en compagnie du préfet-en-chef. Jusqu'à récemment, cette idée même était totalement inconcevable. Mais, depuis, bien des choses s'étaient passées, elle avait apprit à considérer le beau Serpentard qui partageait sa vie autrement que comme une sorte d'insecte nuisible qu'il s'agissait d'écraser virtuellement dès qu'il avait le malheur de se trouver sur son passage, et le jeune homme semblait avoir plus ou moins suivi la même évolution de son coté.

Mais il y avait autre chose, quelque chose de bien plus grave sur laquelle elle n'avait pas prise. Elle avait peur, horriblement peur. Ce genre de peur qui vous coupe le souffle et les jambes si vous tentez d'aller à son encontre. Seuls la présence de son homologue lui paraissait à même de combattre les noirs fantômes des Mangemorts qui semblaient se cacher dans tous les coins tandis qu'elle exécutait, solitaire, ses devoirs de préfète-en-chef. En tout cas, n'importe qui plutôt que de se retrouver seule une fois de plus…

Elle surveillait sans relâche le visage de son homologue, le cœur battant. Celui-ci la scrutait, sans ciller. Un sourire léger comme un courant d'air courrait sur ses lèvres, un peu moqueur et sarcastique. Il avait appuyé son menton sur le dos de sa main et semblait attendre quelque chose, mais Hermione n'avait pas la moindre idée de ce dont il s'agissait.

« Draco ? Tu veux bien ? », répéta t'elle, un peu gênée, en se trémoussant sur sa chaise.

« Bon, d'accord… », finit-il par concéder avec une lueur victorieuse dans ses yeux aux reflets d'ardoise.

La préfète-en-chef réussit à lui accorder un sourire bancal, sentant d'hors et déjà qu'elle allait regretter sa décision. Mais elle savait également que, si elle avait eut la possibilité de rejouer toute la scène, elle aurait adopté exactement la même attitude.

« Alors allons-y ! », dit-elle avant qu'un silence trop gênant ne s'installe.

Comment réussissait-il, lui, à avoir l'air à l'aise dans toutes les situations ? Elle n'en avait pas la moindre idée, mais lui enviait cette capacité à un point assez phénoménal. Lui n'avait pas les pommettes qui s'embrasaient pour un rien, ni les yeux qui fuyaient pour un oui ou pour un non, et il avait encore moins cette fâcheuse tendance à s'enfuir dans sa chambre dès qu'il se retrouvait dans une situation un peu embarrassante. Etait ce parce qu'il n'avait aucune conscience du bien ou du mal ? Ou parce qu'il était bien au dessus de tout ça ? La jeune fille avait tendance à pencher plutôt pour la seconde opinion…

Elle attendit Draco qui allait chercher sa robe de sorcier, torturant de ses doigts fébriles le revers pourpre de sa manche. Lorsqu'il sortit enfin de son antre, il arborait un petit sourire tordu qui impliquait bien des choses :

« J'ai eut une idée… Ca te dirait d'aller dans la Salle sur Demande avec moi après notre ronde ? », proposa t'il sur le ton de la conversation.

Hermione manqua de s'étrangler en se remémorant ce qu'elle avait fait avec Orion la dernière fois qu'elle était allée dans la Salle sur Demande. Le lieu privilégié des réunions de l'A.D. semblait être devenu l'endroit préféré des couples en al d'intimité, évinçant en cela la tour d'Astronomie qui avait détenu ce titre pendant des siècles… Malefoy ne pouvait ignorer cela ! D'autant plus que le regard dont il la couvait n'avait vraiment, mais alors vraiment rien d'innocent.

« Pour… Pourquoi faire ? », réussit-elle à balbutier en sentant son visage devenu aussi rouge que les rayures de sa cravate.

Le grand jeune homme prit tout son temps avant de répondre, ce même petit sourire moqueur collé sur les lèvres : « J'ai envie de jouer un peu de piano. Comme tu n'as plus de copain, donc plus d'obligations, je pensais que ça pourrait t'amuser. Pourquoi, tu pensais à quoi ? »

« RIEN ! Absolument rien… », asséna t'elle un peu trop vite.

« Oh, je vois… Et le rouge sur tes joues, c'est à cause du feu, n'est-ce pas ? », rétorqua t'il, moqueur.

« Oui, c'est exactement ça ! », finit-elle sur un ton outragé en tournant les talons pour s'éloigner à grandes enjambées.

Il ricana doucement avant de la rattraper sans difficultés. « Oh, te fâche pas, Her-mignonne ! », susurra t'il à son oreille.

« Je ne suis PAS fâchée », dit-elle d'un ton boudeur en pointant son petit menton d'un air décidé, sans tourner les yeux vers elle.

Il ne prit aucune précaution pour étouffer le nouvel éclat de rire qui fusait de sa gorge. Hermione poussa un long soupir, appréciant assez malgré elle ce petit échange de piques. D'aussi loin qu'elle se souvienne, elle avait toujours eut quelqu'un avec qui se disputer. Le frère cadet de Lia d'abord, puis Ron. Et maintenant Draco… Ce dernier était encore plus tordu que les deux autres réunis, plus dangereux aussi, et par là même encore plus intéressant à combattre. Elle savait qu'en faisant ça, elle dansait sur une corde raide au-dessus d'un précipice sans fond, mais cela faisait parti de l'intérêt de la chose.

Elle l'attendit dans le couloir menant aux cachots des Serpentards, n'osant pousser l'effronterie jusqu'à pénétrer dans le domaine réservé de ses pires ennemis. Sans compter que le préfet aurait sans doute eut beaucoup de mal à expliquer sa présence. L'embryon de lien qui se tissait peu à peu entre eux était encore bien trop fragile pour le soumettre à une si rude épreuve. Lui-même adopta volontiers la même attitude lorsqu'ils arrivèrent devant la tour des Griffondors.

Hermione franchit rapidement la porte de la Grande Salle, saluant aimablement la grosse dame en robe rose au passage. Ainsi qu'on pouvait s'y attendre, ni Harry ni Ginny n'étaient visibles. Seul Ron traînait une tête d'enterrement sur l'un des canapés recouverts de velours rouge. Son amie vint s'asseoir près de lui, un peu embarrassée tout de même par la situation : si elle savait que le plus jeune des fils Weasley aurait sans doute du mal à accepter la forme nouvelle des relations qu'entretenait son unique sœur avec son meilleur ami, elle ne s'était jamais doutée que cela prenne de telles proportions.

Elle posa une main réconfortante sur l'épaule du rouquin et le secoua légèrement pour le sortir de sa torpeur.

« Allez, Ron, ce n'est pas si terrible, si ? »

« Si, ça l'est ! », répondit-il d'une voix d'outre-tombe, « Je n'ai rien contre Harry, mais sa relation avec Ginny la met en danger ! »

Hermione fronça les sourcils, hésitant à comprendre.

« Que veux-tu dire par-là ? Nous le côtoyons depuis des années, nous l'avons accompagné dans des situations bien pires alors que nous étions plus jeunes que ta sœur… Tu ne lui as pas retiré ton amitié pour autant, n'est-ce pas ? »

Le jeune homme haussa les épaules : « Non, bien sûr que non, voyons ! Mais ce n'est pas pareil, Mione, Gin est ma petite sœur ! C'est donc à moi de la protéger, d'autant plus que je suis le seul frère qui lui reste à Poudlard… »

« Oh, arrête ça ! », s'exclama la jeune fille en lui donnant une petite tape sur le bras, « Gin est largement capable de se défendre par elle-même des vicissitudes de l'existence, crois-moi ! »

« Non, non, je refuse de croire ça ! », la coupa Ron en ajoutant avec emphase : « Ginny est une jeune fille naïve, fragile… Je ne peux pas permettre qu'un homme quel qu'il soit la fasse souffrir… »

« Il est vrai que Harry est un véritable bourreau des cœurs ! Il n'y a qu'à voir ses victimes qui se traînent sur son passage en poussant des cris de désespoirs… », ajouta Hermione d'un ton sardonique.

Ron s'interrompit avant de lui jeter un regard suspicieux. Puis il rougit légèrement avant de dire d'une voix un peu gênée : « Je suis un peu ridicule, non ? »

La jeune fille sourit : « Oui, en effet. Mais si tu en as conscience, c'est déjà moins grave… Laisse Ginny vivre sa vie, Ron. Tu ne peux pas la garder dans une prison de verre. Et elle aime vraiment Harry, tu sais. Alors laisse leur une marge de manœuvre, attend de voir comment tout ça va se passer. »

Il hocha docilement la tête avant de soupirer : « J'ai honte de dire ça, mais je crois que ce qui me gêne le plus là-dedans, c'est que je vais vraiment me retrouver tout seul… »

Hermione se mordit la lèvre inférieur en percevant le reproche masqué, puis l'entoura de ses bras. « Mais non, Ron. Nous t'aimons toujours autant, tu sais. C'est juste que nous grandissons… L'an prochain nous aurons chacun nos vies, nous ne pouvons pas vivre uniquement les uns aux travers des autres. Surtout, n'hésite pas à venir nous voir si tu en as besoin. Harry et moi serons toujours là pour toi, Ron, quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, nous serons là. Tu es notre ami, et rien ne pourra jamais changer ça. »

Il avait posé son front sur son épaule, se laissant bercer par sa chaleur. « Promets le moi, Mione… », dit-il doucement en s'agrippant à elle comme un enfant.

« Je te le promets. »

Elle se détacha délicatement de lui avant de déposer un baiser sur son front.

« Reste avec moi, s'il te plaît… »

« Je ne peux pas, Ron, pas ce soir. J'ai des devoirs auxquels je ne peux pas échapper… Mais je passerai tout demain avec toi, si tu veux. »

Le jeune homme lui adressa un pauvre sourire qu'elle lui renvoya gentiment avant de franchir le tableau dans l'autre sens. Malefoy était là, qui l'attendait, les bras croisés, le dos appuyé contre le mur. En la voyant arrivé, il se redressa et marcha vers elle.

« Et bien, tu en as mis, du temps ! Que s'est il passé ? », demanda t'il d'une voix impatiente.

« Désolée, Ron n'allait pas très bien », lui répondit-elle avec un soupçon de lassitude.

« Tu vas rester avec lui, ce soir ? » Sa voix était dure, de nouveau, au point qu'elle s'arrêta pour se retourner vers son partenaire.

« Non, voyons ! », s'exclama t'elle en fronçant les sourcils, « Je t'ai dit que je passerai ce soir avec toi ! »

Il paru un peu surpris, puis un sourire suffisant apparu sur ses lèvres. « Ah, c'est bien ! », dit-il simplement sans qu'elle sache exactement ce qui se cachait derrière ses mots.

Les Poufsouffles et les Serdaigles n'eurent droit qu'à une très brève visite. Hermione s'en sentit un peu honteuse, même si cela ne semblait guère affecter Draco qui observait à présent un silence strict. Et puis, après tout, les Poufsouffles étaient réputés pour leur obéissance, tandis que les Serdaigles ne pensaient qu'à travailler ! C'est du moins ce que la préfète-en-chef se répéta en guise d'excuse…

Soudain, son alter ego s'arrêta brusquement :

« Dis-moi, tu n'as pas envie d'étrenner une de ces magnifiques parures dont t'a fait dont notre bien-aimé directeur ? »

Elle stoppa sa marche pour se retourner vers lui : « Que veux-tu dire ? », demanda t'elle, un peu désarçonnée par cette brusque intervention.

« Fais toi belle pour moi, ce soir ! Toutes les filles aiment se pomponner, non ? Et tu es une fille. Enfin, je crois… », reprit-il.

Elle le foudroya du regard avant de répondre durement : « Et pourquoi ferais-je ça ? »

Il l'observa d'un œil moqueur, se délectant de sa fureur contenue, puis fit la chose à laquelle elle s'attendait le moins. Soudain, il se jeta à ses pieds en entourant ses bras de ses genoux puis déclara sur un ton mélodramatique au possible, de manière extrêmement bruyante :

« Oh, ma dame, ma vie, Soleil de mes nuits, votre plus humble serviteur vous supplie à genoux de lui accorder l'infini honneur de votre présence, ce soir… Voyez, la plus douce des fleurs, comme je suis à vos pieds, comme je vous vénère et je vous respecte… Je n'ose vous le dire, ma bouche est trop impure pour les mots que je prononce, et pourtant, transporté par votre beauté pareille à celle des étoiles, je me laisse aller à un orgueil sans mesure… Soyez ma muse, prenez en pitié dans votre immense mansuétude le pauvre artiste qui vous supplie respectueusement… »

« Arrête ça tout de suite », s'indigna t'elle, atrocement gênée, « Tu es ridicule ! »

Il lâcha ses genoux et, les yeux levé vers elle, continua sur le ton de la conversation : « Effectivement, je suis ridicule. Alors si tu voulais bien faire cesser mes souffrances en accédant à ma requête, j'en serai véritablement ravi. Mais sinon, je peux toujours continuer… »

Elle poussa un long soupir douloureux et tenta de s'éloigner, mais l'hériter Malefoy ne l'entendait pas de cette oreille. Il raffermit immédiatement sa prise sur elle, et la respectable préfète-en-chef de Griffondor manqua de se retrouver les quatre fers en l'air. Draco haussa un blond sourcil, prit une grande inspiration, puis sourit d'un air véritablement diabolique avant de reprendre encore plus fort.

« Non, non, je t'en supplie, ne m'ôte pas la lumière de ton visage, ô mon ange, ou je ne saurai survivre à un tel… »

Ainsi qu'il fallait s'y attendre, la jeune fille finit par craquer…

« Arrête, arrête ça tout de suite ! », supplia t'elle en se bouchant les oreilles de ses mains, « Je vais me changer ! Tu es content maintenant ? »

« Oui ! », affirma le garçon avec un sourire réjouit en se relevant. Puis il s'inclina légèrement devant elle avant de lui présenter un bras comme un parfait gentleman. Hermione y glissa le sien, non sans lui jeter un regard intrigué.

« A quoi tu joues, exactement ? », demanda la jeune fille en le surveillant du coin de l'œil.

« Je joue, c'est exactement ça. Tu es tellement marrante quand tu ne sais plus quoi faire… En fait, j'ai remarqué que je te gênais encore plus quand je me comporte bien que quand je te traite en Sang-de-Bourbe », répondit-il avec orgueil.

Elle haussa les épaules d'un air dédaigneux et passa majestueusement devant lui tandis qu'il lui tenait la porte menant à leurs appartements après qu'il eut donné le mot de passe à la dryade. Aussitôt qu'ils furent entrés, Hermione se précipita dans sa chambre. Monseigneur Malefoy voulait t'il qu'elle se pomponne comme une de ses groupies gloussantes ? Très bien ! Et bien, il allait en avoir pour son argent, pensa t'elle en disparaissant à demi dans son armoire si bien garnie !

Elle n'en sortit qu'une heure plus tard. Elle avait hésité un long, un très long moment avant de se résoudre à passer la porte. Jamais elle n'avait été aussi bien habillée. A vrai dire, elle trouvait même que sa tenue était exagérée ; mais en même temps, elle ne cessait de se répéter que son colocataire avait vécu toute sa vie dans le luxe des réceptions officielles, deux choses qui lui étaient totalement étrangères. Et puis, s'il n'était pas content, cela revenait au même ! N'avait il pas dit clairement qu'il voulait qu'elle soit belle ? Ce soir-là, elle était belle, elle le savait au plus profondément d'elle-même.

Elle avait choisit une robe de satin blanc, une vraie robe de princesse de conte de fée. Le décolleté assez avantageux était constitué d'un drapé des plus élégants, tandis que deux bretelles très fines se croisaient dans son dos, généreusement découvert jusqu'à la chute des reins. Quand elle avait vu ça, Hermione avait failli l'enlever tant elle se sentait nue. Mais à force de se regarder, encore et encore, elle avait fini par s'y habituer. D'autant plus que cette merveilleuse tenue était admirablement coupée, et comportait une étole assortie. La jupe était très longue, glissant le long de ses hanches, de ses jambes, jusqu'à la pointe de ses pieds. Il n'y avait aucune décoration, ni dentelle, ni broderies, juste la perfection immaculée du tissu…

Il n'y avait guère à hésiter. Si elle ne mettait pas cette robe aujourd'hui, alors elle ne pourrait jamais la mettre, ce qui constituait un véritable crime. Laisser cette merveille pendue inutilement dans une armoire ? Allons donc… C'est l'argument qui l'avait emporté. Elle n'avait au fond pas grand-chose à perdre, pensa t'elle en remontant ses cheveux dans un chignon flou, avant de draper sur ses épaules l'étole de mousseline.

Lorsqu'elle entra, enfin, Draco Malefoy cru bien que son cœur allait s'arrêter. Elle était juste… Parfaite. Que sa colocataire soit belle, cela n'était pas une découverte. Qu'elle puisse devenir divine quand elle s'habillait un peu, elle le lui avait déjà prouvé lors d'une mémorable nuit de Samhain. Mais qu'elle manque de lui donner une crise cardiaque simplement en entrant dans une pièce, ça, il ne s'y attendait pas. En plus, elle avait fait ça pour lui, juste et uniquement pour lui.

Il devinait chacune de ses courbes sous le tissu, encore plus nettement que si elle avait été nue devant lui. Il aurait pu rester des heures simplement à la contempler. Et après, des heures à lui faire l'amour, bien sûr… Si cela n'avait tenu qu'à lui, elle ne serait plus jamais sortie de cette pièce. Aucun homme n'était digne de poser les yeux sur elle. Excepté lui-même. Et à ce moment, à ce moment très précis, Draco décida qu'Hermione Granger serait à lui. Qu'il poserait sa marque sur elle, pour toujours. Elle était faite pour lui, elle était aussi, presque aussi parfaite que lui, Sang-de-Bourbe ou pas.

Il la fixait, sans ciller, son regard d'argent posé sur elle comme le regard d'un serpent prêt à se jeter sur sa proie. Il en était presque terrifiant, mais elle, sous ce regard, se sentait terriblement femme. Finalement, non seulement elle n'avait rien à perdre, mais en plus elle avait tout à y gagner. Plus jamais il ne la regarderait de la même façon, elle le savait. Elle savait aussi que non seulement elle dansait sur une corde raide, mais que en plus elle s'était à présent éloignée du bord au point que plus aucun retour ne soit possible. Il fallait avancer, avancer sans regarder en bas, sans regarder en arrière, les yeux fixés sur l'autre rive. Mais sur l'autre rive, justement, elle ne savait pas ce qui l'attendait. Elle était cachée par la brume, elle n'était même pas sûre de pouvoir y trouver le salut. Mais elle avancerait, quand même.

Il s'avança vers elle en souriant, et, de nouveau, lui présenta son bras. Tous deux sortirent de la pièce en silence, conscients de la présence l'un de l'autre. Les couloirs étaient plongés dans l'ombre, seule la baguette que tenait Draco de sa main libre dispensait un peu de lumière, juste assez pour ne pas butter dans le noir. Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept étages. La tapisserie la plus stupide et la plus inutile de Poudlard, représentant Barnabas le Follet en train de tenter d'apprendre à une troupe de troll à danser. Hermione s'était toujours demandé si celui qui avait fait cette tapisserie avait cherché à illustrer l'étendue de la bêtise humaine ou si, aussi fou que Barnabas lui-même, avait éprouvé une réelle admiration pour cet acte… Elle se désintéressa de la question pour observer Draco qui faisait des allez et retour devant le mur lisse.

Le front plissé par la concentration, les sourcils froncés, il semblait attendre quelque chose de très précis. Mais il avait rarement paru aussi adorable… Par trois fois, il passa et repassa devant l'emplacement de la porte avant que celle-ci n'apparaisse enfin. La jeune fille frissonna dans sa robe légère, guère adaptée aux couloirs glaciaux, et resserra dans un geste inutile l'étole autours de ses épaules. Son compagnon s'arrêta alors, et lui sourit pour la première fois depuis qu'ils avaient quitté leurs quartiers :

« Entre », dit-il presque gentiment, « je ne voudrais pas que tu prennes froid pour moi. »

Un instant, Hermione hésita à rétorquer, mais le besoin de chaleur fut plus fort. Elle se glissa à l'intérieur de la pièce que Draco avait arrangée pour eux.

Elle ignorait s'il avait choisi sciemment chacun des détails, ou s'il s'était contenté d'imaginer les grandes lignes, mais le résultat était magnifique. La Salle sur Demande était devenue une sorte d'auditorium privé, dont le plafond haut et voûté assurait une acoustique parfaite. Sur une petite estrade de bois sombre et patiné trônait, maître incontesté, un magnifique piano à queue, sans doute le plus bel instrument qu'elle ait jamais vu. Sur le siège recouvert de velours pourpre, une pile de partitions était posée. Sans doute les morceaux favoris de Draco… Une partie avait visiblement était emménagée pour le public. Elle. Il y avait là un confortable canapé, dans le même style que le siège que celui du pianiste, à côté duquel on avait installé un guéridon couvert d'une collation des plus alléchante : des sucreries, des petits four, une théière fumante d'où s'échappaient les effluves caractéristiques du thé à la bergamote qu'elle aimait tant, deux tasses en porcelaine de Chine si fine qu'elle paraissait presque translucide. Et surtout, régnait dans la pièce coquette une chaleur délicieuse, au point qu'elle puisse se sentir à l'aise dans ses légers atours.

Draco entra juste derrière elle, et regarda autours de lui d'un œil satisfait. Tout était là, à sa place, cossu, luxueux et confortable comme il les aimait. Quand au piano, il paraissait aussi parfait qu'Hermione elle-même. Il soupira d'aise avant de s'approcher de l'instrument. D'un doigt léger, il caressa les touches d'ivoire, et une volée de notes pures et profondes emplit la pièce instantanément. Son sourire s'élargit alors qu'il se débarrassait de robe de sorcier pour être plus à l'aise, puis il choisit l'une des partitions avant de s'asseoir au piano.

« Sonate au Clair de lune, Mozart… », annonça t'il d'un ton satisfait en se tournant vers la jeune fille qui s'installait à son tour.

« Un Moldu ? », s'étonna t'elle.

« Le piano est un instrument moldu », dit doucement le pianiste en passant un doigt léger sur le bois verni de l'instrument, « les moldus n'ont pas que des inconvénients. Nous leurs empruntons beaucoup de leurs inventions, mais nous les améliorons. Il faut bien qu'ils justifient leur existence, sans quoi nous les aurions éradiqués… »

Hermione ouvrit la bouche, mais ne trouva rien à répondre. Elle se contenta donc de lisser sa robe sur ses genoux tandis que le jeune homme posait ses mains sur le clavier. Et il commença à jouer…

Elle était incapable de dire s'il jouait bien ou non, elle-même n'ayant jamais pratiqué cet instrument, mais en revanche elle pouvait dire qu'elle aimait le voir jouer. Ses mains aux longs doigts fins se promenaient doucement sur le rythme lent de la musique. Draco avait les yeux clos, un sourire si léger qu'il en était presque imperceptible posé sur les lèvres. Il semblait en dehors du temps, un ange inaccessible dont on aurait coupé les ailes. Tellement paisible. Les muscles de ses épaules roulaient subtilement sous son éternelle chemise de soie, et la jeune fille mourrait d'envie de le toucher.

Etait-ce la musique, lente et profonde, très douce en même temps, qui la rendait si… bizarre ? Elle se sentait lourde, comme si son cerveau était anesthésié mais tous ses sens n'en étaient que plus exacerbés. Elle aimait cette sensation, étrangement, elle profitait de chaque seconde qui passait, comme d'une goutte d'eau précieuse dans un désert sans fin. Vite, trop vite, le morceau s'arrêta.

« Un clair de lune, encore, de Debussy… Tu es la lune, Hermione. Viens… », l'appela Draco dans un souffle.

Comme envoûtée par sa voix qui se mêlait aux notes du piano, elle se leva et alla se poster derrière lui. Elle savait exactement ce qu'il voulait. Ce qu'elle aussi voulait. Elle posa ses mains sur se épaules, très légèrement, comme des ailes de papillons, et lui communiqua l'énergie qu'elle tirait de la pièce. Elle tissait ainsi un lien entre eux deux, bien plus profond que tout ce qu'ils avaient expérimenté jusqu'alors dans leurs entraînements avec le professeur McGonagall. C'était une sensation très étrange, très déstabilisante aussi.

Jusqu'ici, Hermione avait toujours utilisé les éléments pour distribuer sa force, elle n'était pas entrée directement en contact avec les garçons. Mais en « entrant » dans Draco, elle pouvait sentir les mêmes choses que lui. La chaleur de ses paumes sur ses épaules, au travers de la chemise de soie, si fine et si douce. Son souffle, très léger. La sensation des touches lisses sous ses doigts, et le piano qui répondait docilement à ses injonctions tactiles… C'était magique, et en même temps assez terrifiant, presque plus intime que s'ils avaient couché ensemble. Pourtant, elle n'avait pas envie de se séparer de lui. Il joua encore un moment pour elle, au travers d'elle, jusqu'à ce qu'elle sentit sa fatigue, les courbatures dans ses épaules, ses doigts gourds.

Ils se sourirent, puis sortirent. Hermione enroula son bras autours de celui de Draco, tout comme Pansy avait l'habitude de le faire, mais cette fois-ci, le jeune homme éprouvait une toute autre sensation. Lorsque c'était la vert et argent qui s'accrochait ainsi à lui comme une moule à un rocher, il se sentait comme un animal prit au piège. Hermione, elle, l'accompagnait, comme une autre partie de lui-même, appuyée contre lui, frissonnante sous la mousseline trop légère qui recouvrait ses épaules nues qu'il devinait sous le tissu irisé.

« Draco ? », dit-elle soudain, rompant le silence confortable.

« Oui ? »

Elle prit quelques instants avant de répondre, les sourcils froncés : « Tout à l'heure, tu as dit à Orion qu'il ne s'était rien passé entre nous. Et pourtant, nous nous sommes embrassés, n'est-ce pas ? »

Il baissa les yeux vers elle et rétorqua calmement : « En effet. Quel rapport ? »

Elle lui donna un léger coup sur le bras et fronça un peu plus son joli petit nez : « Et bien, je veux dire, tu considères vraiment que ce n'est rien, ça ? »

« Les baisers n'ont que l'importance qu'on leur accorde, Hermione. », dit-il d'un ton dogmatique, comme on parle à un enfant.

Elle poussa un petit cri indigné et le lâcha avant de s'arrêter brusquement. « Alors ce baiser n'avait aucune importance à tes yeux ? », reprit-elle un peu plus fort.

« Non. »

C'était faux. Le baiser, plus ou moins forcé, qu'ils avaient échangé avait à présent de l'importance aux yeux de Draco. Mais Hermione, elle, ne devait pas le savoir. Il ne se sentait pas prêt. Il préférait mille fois qu'elle le haïsse et le méprise plutôt qu'elle n'exige de lui quelque chose qu'il se refusait à lui donner. Il était prêt à avoir une aventure avec elle, mais rien d'autre. Quelle que soit sa beauté, son intelligence, son esprit, et, il le savait, sa bonté fondamentale, elle restait d'abord et avant tout une Sang-de-Bourbe. Autant dire un tabou, une moins que rien…

Il se sentit un peu coupable en voyant les grands yeux ambrés s'emplir de larmes et sa lèvre inférieure trembler tandis qu'elle le fixait d'un air de reproche. Mais il ne fit pas un geste pour la retenir tandis qu'elle s'éloignait de lui à grandes enjambées, se contentant de la suivre à quelques pas derrière. Il voyait les épaules fragiles tressauter légèrement alors qu'elle tentait de réprimer ses sanglots, et le lien encore légèrement présent entre eux lui permettait de percevoir la douleur de la jeune fille. Mais soudain, elle butta contre quelque chose et il se précipita en avant pour la rattraper avant qu'elle ne tombe.

« Miss Teigne ! », s'exclama t'il en voyant la fautive, maintenant toujours Hermione d'une main, « Vite ! Derrière l'armure, il ne faut pas que Rusard nous trouve ! »

« Pourquoi ? », protesta t'elle en tentant d'échapper à sa poigne tandis qu'il la poussait dans l'ombre, « Nous sommes préfets-en-chef, nous avons parfaitement le droit de nous retrouver dehors ! »

« Sauf ton respect, ma belle, tu n'as pas exactement la tenue adaptée à une ronde… Même un crétin comme Rusard aura du mal à avaler ça ! »

Prenant conscience de la véracité de ses propos, elle se laissa docilement faire tout en essayant de s'éloigner le plus possible de lui, autant que le permettait le recoin exigu qui constituait leur unique refuge. Draco se glissa à son tour à côté d'elle. Le cœur battant, tous deux entendirent les pas traînants de Rusard se rapprocher, et ses grommellements indistincts devenir de plus en plus clairs. Soudain, le Serpentard prit conscience que quelque chose clochait… Sa robe ! Si blanche dans la pénombre, le vieillard ne pourrait manquer de les repérer ! Il attira sa compagne tout contre lui et la drapa dans sa propre cape noire.

« Qu'est ce que tu fais ? Lâche moi, tout de suite ! », protesta immédiatement la jeune fille en se débattant contre son torse.

« Chut ! Ta robe ! »

Ainsi qu'il l'avait escompté, elle se calma immédiatement et se fit aussi discrète qu'une petite souris tandis que Rusard, tout proche à présent, encourageait sa chatte…

« Allez, ma toute belle, trouve les, ces petits corniaux… Que je les suspende par les pouces avec des pincettes, que je les fouette, que je les écorche… Allez ma douce, ils ne sont pas loin… »

Hermione sentait son cœur qui battait à tout rompre dans sa poitrine. Mais la présence de Rusard n'était pas ce qui l'agitait le plus. Elle sentait sur sa taille, brûlante comme un fer rouge, la main de Draco. Et son souffle qui faisait se soulever une mèche de cheveux rebelle échappée sur son front. Et ses yeux clairs qui luisaient comme ceux d'un chat dans la pénombre. Et sa chaleur qui l'entourait comme une couverture moelleuse et rassurante. Et ses battements de cœur à lui, si proches, contre sa joue. Et sa bouche aux lèvres parfaitement dessinées, à quelques centimètres à peine de la sienne quand il baissa la tête pour lui intimer le silence. Il était proche, si proche, trop proche…

Un baiser n'a que l'importance que tu lui accordes, un baiser n'a que l'importance que tu lui accordes, un baiser n'a que l'importance que tu lui accordes, un baiser…

Presque malgré elle, elle fit glisser ses mains sur son torse dont elle devinait sans peine les muscles bien dessinés au travers de la fine soie de sa chemise, jusqu'à son cou. Il avait la peau si douce… Son souffle s'était fait plus rapide, elle le sentait contre sa joue, et sa main avait encore resserré sa prise sur sa taille… Elle se haussa sur la pointe des pieds. Et leurs lèvres se touchèrent.

Les lèvres de Draco étaient douces, bien plus douces que dans son souvenir. Il traça le contour de sa bouche de sa langue, et elle dû se raccrocher à son cou pour ne pas défaillir. Doucement, il la pressa contre le mur, de façon à ce qu'elle se retrouve coincée entre son corps, dur et chaud, et les pierres indifférentes. Son autre main était venue s'entremêler à ses boucles brunes, lui renversant la tête en arrière. Et elle, elle se laissait faire, comme une poupée de chiffon. Ce baiser, elle l'avait voulu. Elle l'avait même provoqué. Et Draco embrassait délicieusement bien…

Un baiser n'a que l'importance que tu lui accordes, un baiser…

Sa langue vint quêter un passage vers sa bouche, pressante, caressante ; et elle le lui accorda sans plus de résistance. Il se précipita en elle comme un serpent, et elle lui répondit avec autant d'enthousiasme. Finie, la timidité ! Alors comme ça, leur premier baiser n'avait eut aucune importance ? Et bien, le second en aurait, lui ! Ils s'agrippaient l'un à l'autre, se caressant, se cherchant, se refusant l'un à l'autre. Elle savait qu'elle ne tarderait pas à manquer d'air, et lui aussi sans doute, mais cela n'avait aucune importance.

Draco fit glisser une de ses mains dans son dos, se repaissant de sa chair douce et chaude sous ses doigts. Qui aurait pu croire que Ste Hermione puisse être aussi sexy ? Si elle embrassait déjà bien lorsqu'elle y était forcée, ce n'était rien par rapport à maintenant ! Par Merlin, il aurait dû la provoquer à ce sujet bien plus tôt… Il laissa échapper un léger gémissement, mi de plaisir, mi de douleur lorsqu'elle lui mordit la lèvre inférieure. Féroce, la petite… Mais…

« Ahah ! Je vous tiens, mes précieux, je vais vous… », rugit Rusard avec une lueur féroce dans ses petits yeux habituellement ternes.

Hermione se détacha brutalement de son compagnon, tentant de masquer son décolleté qui lui semblait soudain outrageusement provoquant. Mais après quelques secondes d'égarement, le préfet avait réagit.

Ses yeux s'étaient réduits à deux lames fines et dures dans son visage pâle lorsqu'il le baissa vers le concierge. Le jeune homme le dévisagea avec morgue, comme s'il le défiait de lui adresser la parole, ou encore plus de lui faire un quelconque reproche… Mais l'horrible vieillard ne l'entendait pas de cette oreille. Se dressant sur ses ergots comme un coq de combat, il répondit avec autant de dureté à l'héritier Malefoy.

« Et bien, mes jolis, on s'est égaré loin de sa tour ? Quel dommage, vraiment, quel dommage… Avoir sorti une aussi jolie robe pour se retrouver dans le bureau du directeur… », commença t'il d'un ton mielleux à en être insultant.

« Nous sommes préfets-en-chef ! », protesta Hermione d'une petite voix.

« Depuis quand les robes de soirée constituent-ils l'uniforme de Poudlard ? », rétorqua le vieil homme avec un sourire des plus déplaisants.

« Comme ma collègue vous l'a dit, nous sommes préfets-en-chef. Nous avons parfaitement le droit de nous habiller comme il nous plaît, et de sortir à l'heure qu'il nous plaît… Alors, laissez nous passer ! », ordonna Draco avec une autorité glaciale. Jamais Hermione n'avait vu un tel rictus sur son visage parfait. Il semblait plus âgé ainsi. Il ressemblait atrocement à son père…

« Le jeune Malefoy, tiens donc… Quelle surprise ! Mais les temps ont changé, jeune homme ! Vous pouviez peut-être influencer mes décisions jadis, mais vous avez perdu ces capacités le jour où votre père a rejoint une petite île au large de l'Ecosse… », rétorqua Rusard d'un ton perfide en se désintéressant totalement d'Hermione, qui se faisait aussi petite que possible.

« Le nom de mon père n'a peut-être plus d'influence, mais son argent en a encore, lui ! Rappelez-vous qu'il reste toujours des places libres à l'Institut Laurens pour qui peut y mettre le prix… », lui répondit doucereusement Draco avec un sourire diabolique, se penchant encore plus à l'oreille de son adversaire.

Rusard recula de quelques pas en dévisageant le jeune homme d'un air terrifié, son visage ayant brusquement perdu toute couleur.

« Partez ! », siffla t'il, « Partez, et que je ne vous revoies plus jamais sur mon chemin ! »

Draco lui adressa une petite révérence moqueuse sans le quitter du regard, puis, entraînant Hermione par la main, il regagna leur tour sans demander leur reste.

« Andoban ! », dit-il à la Dryade endormie. Celle-ci regarda d'un air offusqué leurs doigts entrelacés, mais leur céda néanmoins le passage.

« Que s'est-il passé, qu'est ce que tu lui as dit ? », exigea Hermione aussitôt la porte refermée.

Son colocataire lui lança un de ces regards perçants dont il avait le secret, puis sourit légèrement : « Si tu ne le sais pas, ne compte pas sur moi pour te l'apprendre. Où en étions nous ? »

Elle le considéra d'un œil glacial pendant quelques secondes avant de rétorquer : « Les baisers n'ont que l'importance qu'on leur accorde.Et jen'ai plus envie de t'embrasser, maintenant ! »

Puis elle bâtit en retraite et claqua la porte de sa chambre.

Ouf ! Enfin fini…Voilà un chapitre assez bizarre, mais je crois que je l'aime bien. Et vous ? Review please !