Voilà le chapitre 12 ! Je vous souhaite une bonne lecture ^^

Ludy : Je suis désolée, c'est sûr que ça doit faire bizarre ! Mais justement, c'est ce qui fait que ça va se débloquer dans notre monde et que il va se passer un peu plus de choses ;-) Alors, pour personne ne vas mourir, euh... Personne que je n'aime en tout cas XD J'espère que la suite t'aura un peu plus plu !

Oh ! Ta seconde review m'a fait trop plaisir ! Je suis super contente que tu vois l'intérêt au fait que Naruto meurt, et je ne te spoilerai rien pour te laisser découvrir la suite, mais ton message me fait vraiment chaud au coeur ! Merci !


Chapitre 12

Cela faisait maintenant trois jours qu'il suivait exactement le même emploi du temps qu'Arthur. Il avait rapidement sympathisé avec Jules, qui n'était autre que Gaara, et avait appris les petites habitudes de son ami d'enfance/rival/petit-ami. Il était donc seul, en terrasse du Café Rolicco, un coca avec une rondelle de citron en face de lui. L'homme était toujours là, et c'était toujours le même. L'un des deux blonds dont lui avait parlé Arthur était ici tous les jours, et Ludovic l'aurait ignoré s'il n'avait pas eu ce comportement pour le moins singulier : il semblait chercher quelqu'un, ou plutôt l'attendre, mais l'expression de son visage était teintée de lassitude et d'un soupçon de tristesse, comme une vieille habitude que l'on ne pourrait plus satisfaire. Il lui était donc venu à l'idée que cet homme attendait Arthur, ce qui signifiait qu'il l'intéressait, mais qu'il n'était pas au courant de son enlèvement. Ludovic ne voulait pas tirer de conclusion trop hâtives, et venait tous les jours, attendant de voir si le second blond faisait également son apparition, ou si la personne qu'attendait le quarantenaire arrivait. Un coup d'œil à sa montre lui indiqua 18h46. C'était à peu près l'heure à laquelle Arthur quittait les lieux, et il fit de même, suivant soigneusement le même emploi du temps.

Il rentra donc chez lui, et arriva pile à l'heure pour le repas. Loïs venait souvent manger le soir, et il appréciait toujours autant sa compagnie. Si tous le monde avait quelque chose de différent par rapport à celui qu'il était à Konoha, Shisui n'avait pas perdu son extraordinaire gentillesse, et son amitié pour Itachi s'était ici transformé en quelque chose de plus fort.

« Comme moi avec Naruto...» songea t-il.

Repenser au blond le fit souffrir. Il lui manquait terriblement, il avait l'impression que son coeur saignait sans discontinuer. La bonne humeur de son frère l'arracha à ses sombres pensées, et lui permit d'être plus efficace.

- Dis, frérot, tu voudrais pas m'apprendre à tirer ?

Son aîné lui lança un regard interloqué, tout comme ses parents et Loïs.

- Comment ça ? Pourquoi est-ce que tu voudrais apprendre à tirer ?

Il avait déjà anticipé toutes les questions auxquels il aurait à répondre pour obtenir ce qu'il voulait, et s'était donc préparé un petit scénario qu'il espérait crédible. Il avait besoin d'apprendre à tirer avec une arme à feux, car à Konoha cela n'existait pas, et s'il voulait libérer Arthur il risquait d'avoir besoin de ce genre de compétences. Il prit un petit air gêné. Faire apparaître des émotions qu'il ne ressentait pas, autre que la colère ou la haine, était pour lui un exercice particulièrement difficile. Il était bien plus doué pour l'absence totale d'émotions.

- Et bien...

Il prit une profonde inspiration, comme si prononcer ces mots lui coûtait.

- Il va bientôt y avoir une fête foraine, et il y aura un stand de tir. Si on arrive à atteindre la cible plusieurs fois en son centre, on gagne une énorme peluche, et je voudrais impressionner mes potes en gagnant la grosse peluche. Peluche que j'aimerais offrir au petit frère d'un ami, parce que c'est bientôt son anniversaire et qu'il est vraiment adorable.

La moue gênée se fit suppliante, avec des petits yeux de chien battu. Il se découvrait des talents d'acteurs qu'il n'aurait jamais soupçonné. Ses parents, d'ordinaire si perspicaces, ne virent même pas le mensonge et louèrent son initiative d'offrir la peluche, riant de l'orgueil dû à son âge, plaisantant sur le fait qu'il voulait surtout impressionner les filles qui seraient dans les parages. Il sourit avec eux, se défendant mollement juste quand il le fallait, parfaitement insensible aux gentilles moqueries. Il venait d'obtenir ce qu'il voulait, peu importe ce que sa famille croyait. Son frère avait cédé au regard de cocker, et il nota mentalement l'information, elle pourrait lui être utile à l'avenir.

- Mais comment savais-tu qu'Arnaud savait tirer ?

Il lança un regard surpris à sa mère.

- Ben, si le PDG d'une des plus grosses boîtes d'armes à feux du monde ne savait pas se servir de ce qu'il fabrique et ne savait pas comment ça fonctionne, ce serait inquiétant !

Il ajouta mentalement "Et tous les yakuzas savent tirer...". Chacun fut satisfait de son raisonnement, et il fut convenu que ses leçons commenceraient dès le lendemain, ce qui le fit sourire, soulagé. Plus tôt il commencerait, plus tôt il aurait un niveau acceptable et plus tôt il pourrait aller chercher Arthur. À condition de savoir où il se trouvait.

Le lendemain, il arriva en avance devant l'entreprise de son frère, bouillant d'impatience et d'excitation. Il allait enfin pouvoir tenir une arme ! En découvrir une nouvelle sorte, apprendre à l'utiliser ! C'était une sorte de nouveau défi, et l'idée l'enchantait. Arnaud le guida vers le sous-sol, où un véritable complexe d'entraînement sportif et de tir s'étalait. Il lui donna un pistolet de taille normal, pour ce qu'il en connaissait grâce aux films d'actions, l'équipa de lunettes de protection, et le positionna face à une cible. Il lui expliqua comment bien tenir son arme, le système de sécurité, et le rassura :

- Donc comme je te l'expliquais, c'est ce qu'on appelle un airsoft, ça tire des billes, pas de vraies balles, mais la prise en main est la même, c'est un airsoft spécial pour s'entraîner, pas un jouet pour enfant. Regarde le point que tu veux viser, ne t'inquiète pas, personne ne réussit du premier coup, si tu arrive à atteindre la cible ce sera déjà super. Je t'aurai bien dit de viser comme si tu voulais lancer un couteau, mais je ne pense pas que tu saches... Tu y vas quand tu veux.

Il inspira profondément, se concentra sur le centre de la cible, exactement comme s'il voulait lancer un shuriken, expira lentement, et tira. L'arme eut un mouvement en arrière, la bille siffla, et frappa la cible de plein fouet. Pile en son centre. Son frère se tourna vers lui, stupéfait.

- Comment t'a fait ? J'ai jamais vu ça ! Du premier coup !

Il ne fallait surtout pas que son frère se doute qu'il avait l'habitude des armes, et que le principe restait sensiblement le même. Il accentua la surprise qu'il ressentait, et s'exclama :

- Ouah la vache ! J'en sais rien, c'est pas ce qu'on appelle la chance du débutant ? Je peut recommencer ?!

Son frère aquiesca, suivant chacun de ses faits et gestes. Ludovic visa le bord de la cible, tout en haut, exactement comme s'il visait la tête d'une personne. Il voulait atteindre le dernier cercle, le plus à l'extérieur, pour que son frère croit à un coup de chance et ne se doute de rien. Il tira, mais la balle n'atteignit jamais la cible. Avec une grimace sincèrement déçue, il vérifia sa position, visant un cercle plus à l'intérieur, et recommença. Cette fois-ci la bille atteignit la cible, deux cercles plus haut que ce qu'il visait. Il s'entraîna pendant deux heures, suivant à la lettre chacun des conseils de son aîné. Lorsque Arnaud lui proposa de rentrer, il était partagé entre la satisfaction de s'être pas trop mal débrouillé, et la frustration de ne toujours pas être plus efficace que ça. Il savait qu'il lui faudrait des heures et des heures d'entraînement acharné, mais son coeur voulait voir Arthur tout de suite, devoir attendre le tuait à petit feux.

Il quitta son frère et reparti suivre l'emploi du temps de son ami. Le blond quarantenaire était toujours là. Quelque chose dans son regard ressemblait à Naruto, et Ludovic ne pût en détacher les yeux. Il se secoua, jurant intérieurement. Il fallait qu'il se reprenne s'il voulait être efficace, voir Naruto partout ne l'aiderait en rien.

Il continua ainsi pendant encore une semaine. Il allait en cours, agissait comme si de rien n'était avec Gwenvael, sympathisait avec Jules, puis suivait l'emploi du temps d'Arthur, constatait que le même blond était toujours là, ne voyait pas l'ombre du second blond, ce qui le rendait plus que suspect à ses yeux, il était de plus en plus persuadé qu'il s'agissait de Deidara, ou plutôt Guillaume, et enfin il partait s'entraîner pendant une ou deux heures au tir. Son niveau était devenu plus que satisfaisant. Ce n'était certes pas Lucky Luke, mais il restait néanmoins efficace et précis.

Il décida qu'il était prêt.

Il fallait maintenant qu'il se fournisse en armes, avant de pouvoir commencer à chercher activement où était détenu Arthur. Il ne pouvait plus retourner à Konoha, et cela lui convenait parfaitement, il n'avait plus rien à y faire. La seule chose qui le dérangeait était qu'il aurait eu du temps supplémentaire pour réfléchir à tout ça et pour s'entraîner, ce qui aurais légèrement allégé son emploi du temps blindé. Il comptait les jours depuis la disparition d'Arthur, et il en était déjà à deux mois et deux semaines. Le temps filait beaucoup trop vite, et chaque minute, chaque seconde qui s'écoulait diminuait les chances de le retrouver en bon état, aussi bien physiquement que mentalement. Il partit se coucher, comme tous les soirs, et attendit que toute la maisonnée soit endormi.

Il alluma ensuite son ordinateur, fit les manipulations nécessaires, et le fantôme qu'il était désactiva la surveillance dans les deux derniers étages du bâtiment principal de l'entreprise de son frère. Il n'aurait pas beaucoup de temps. Il pirata ensuite l'ordinateur d'Arnaud, passa en revue les stocks, et fit disparaitre quelques armes. Il choisit deux pistolets semblables à ceux qu'il avait utilisé pour s'entraîner, une quantité qu'il jugea suffisante de munition, et un poignard sans fioriture mais qu'il devinait d'une efficacité mortelle. Alors qu'il allait s'en aller, il remarqua un dossier secret. En un instant, son contenu défilait devant ses yeux.

Sans surprise, il découvrit que son frère fournissait les yakuzas de sa famille, et quelques autres, mais il trouva aussi d'autres armes. Avec plaisir, il vit des shurikens dans le lot, et en fit disparaître quelques-uns de la base de donnée. Une fois sa commande achevée, il contrôla que toutes les données s'étaient synchronisées sur tous les supports électronique, et coupa l'ordinateur de son frère, sans remettre la sécurité. Il espérait que cela passerait pour une panne d'électricité, ou un quelconque problème technique. Il éteignit finalement son ordinateur, satisfait. Il avait toujours appris vite, surtout quand il avait besoin des connaissances en question dans un délai le plus court possible. Il se leva et s'habilla en silence, puis attendit.

Une heure plus tard, il quittait sa maison à pas de loups, et partait vers l'entrepôt non loin de l'entreprise. Après avoir figé l'image renvoyée par les caméras de surveillance, il se glissa à l'intérieur, ombre parmi les ombres, et repéra rapidement ce qu'il voulait. Il n'avait pu utiliser la même technique précédemment, car les systèmes de sécurité étaient trop performants pour lui, mais ceux-là étaient moindres, et il avait besoin de beaucoup plus de temps. Il avait pris soin de s'équiper de gants neufs qu'il n'avait pas touché à mains nues, pour ne pas y déposer d'empreintes digitales, un bonnet emprisonnait ses cheveux, et un foulard revenait devant sa bouche. Il était paranoïaque, certes, mais il ne voulait surtout pas avoir d'ennuis avec la police, et avait donc réfléchi à tous ce qui pourrait laisser une trace de son passage : caméras de surveillances, empreintes digitales, ADN, contenus dans les cheveux et la salive. Il ne pensait pas baver sur les cartons, mais s'il éternuait... Il trouva une palette déjà entamée, et prit ses deux pistolets, soigneusement emballés dans des cartons. Un rapide coup d'œil teinté d'habitude lui indiqua qu'ici, tout était informatisé.

Il chercha ensuite le poignard et les shurikens parmi la multitude de montagnes de cartons et de palettes. Il finit par repérer les shurikens qu'il avait fait disparaître, dans une annexe moins visible. Ils étaient dans des cartons, par lot de cinquante, et plusieurs palettes de cartons étaient déjà ouvertes. Il voulait vingt shurikens, mais en faire disparaître vingt d'une boîte n'aurait pas été discret. Il en pris donc un seul à chaque fois, piochant dans les cartons des différentes palettes, afin que cela passe pour une défaillance de la machine. Il ne lui manquait plus que le poignard. Il les trouva finalement dans le hangar principal, et se servit prestement avant de s'en aller. Une fois de nouveau dans l'ombre bienfaitrice de la ruelle mal éclairée, et après avoir vérifié qu'aucun animal ne se trouvait dans le périmètre surveillé, exactement comme il l'avait fait avant de figer les caméras, il les réactiva.

Personne ne saurait jamais rien. Il prit le chemin du retour, pressé de retrouver la chaleur de sa couette. Alors qu'il passait non loin de la rue où était l'appartement d'Arthur, il vit deux personnes discuter, s'abritant dans l'ombre. Étant donné qu'il agissait exactement comme eux, il sut tout de suite qu'il y avait quelque chose de louche. Il se rapprocha de quelques pas furtifs, et reconnu avec stupeur le blond quarantenaire et Olivia, la fille qu'Arthur avait rencontré sur internet. Lui qui commençait à croire le premier réellement innocent, il redevenait plus que suspect. Il tendit l'oreille, cherchant à capter leur conversation.

- Je te l'ai dit et répété Nathanael, je n'ai plus aucunes infos...

Elle avait baissé d'un ton sur un signe du blond, et il ne comprenait plus qu'un mot sur cinq.

-... fait... que je peut... Je sais !

- Je te paye pour... Arthur !

Ludovic sursauta. Ses intuitions étaient confirmés, ils en avaient après Arthur. Mais il ne savait toujours pas pourquoi, ni s'ils étaient en lien avec les ravisseurs ou non.

- Je n'obt... réponses... lassé... ?

Le brun jura entre ses dents. Il ne comprenait rien à ce qu'ils se racontaient, et il ne pouvait pas s'avancer plus sans se faire repérer à coup sûr, malgré tous ses talents de ninja. Ils discutèrent encore quelques minutes, sans qu'il puisse comprendre autre chose que des syllabes éparses et dénuées de sens, puis Nathanael sorti quelques billets qu'il tendit à la jeune fille, et ils se séparèrent. Ludovic attendit qu'ils aient disparu à chaque coins de rues avant de reprendre sa route a son tour et de rentrer chez lui rajouter quelques éléments à son carnet. Sa tête bourdonnait de questions auxquels il ne pouvait toujours pas donner de réponse. Qu'est-ce que tous ces gens voulaient à Arthur et pourquoi ? Étaient-ils complices des ravisseurs ou étaient-ce encore d'autres gens ? Où était Arthur ? Comment allait-il ? Il se coucha, impatient de se réveiller bien que soulagé à l'idée d'offrir quelques heures de répit à son cerveau fatigué.

Le lendemain matin, un samedi, il prétendit aller à la fête foraine avec ses amis. Au lieu de cela, quelques minutes plus tard, il se tenait devant la maison abandonnée.

Là où l'enfer avait commencé.


Voilà, j'espère que le chapitre vous a plu !