Bonjour à tous et à toutes !

Alors, après mon long trip arround the USA, I'm back in Switzerland ! Et avec un long chapitre qui me force à monter le Rating de ma fiction à M... Donc nous passons à des choses plus intimistes, disons. Héhé
Dans la VO, ce chapitre n'avait pas du tout cette tournure, mais je pense qu'il plaira et surprendra la plupart d'entre vous... ;)

J'espère que l'histoire vous dira encore quelque chose et que vous apprécierez le chapitre !

Bonne lecture !

Disclaimer : Ces jeunes gens dépravés appartiennent à ce mégalo de Masashi.

Pairing : NaruSasu, ShikaKiba.

Résumé : Pour ses études en informatique, Naruto se voit contraint de rejoindre le Japon. Là-bas, il va avoir un accident qui lui fera perdre le sens de l'ouïe… Suite a un accord forcé, Naruto habite avec Sasuke. Ce dernier contrôle difficilement son attirance pour le blond et se met à agir n'importe comment...

Note de l'auteur : J'ai été inspirée de plusieurs choses pour écrire cette fiction, notamment un Doujinshi (The sleeping sound of snow, dont le lien est disponible sur mon profil) dans lequel Naruto devenait momentanément sourd. Cette histoire m'avait beaucoup touchée et ça m'a donné l'impulsion d'écrire cette fiction, par le biais de Naruto. Ah, une dernière chose ! Pour lire cette fic, je vous conseille de mettre la présentation en 1/2 au lieu de Full. :)


Situation : Naruto a retrouvé l'ouie. Sasuke quant à lui a réalisé ses véritables sentiments et décide d'enfin agir pour son bonheur...

« I wanna ride on a white horse, I want to ride on a white horse ! », chante Kiba à tue-tête, accompagné de Sakura et Ino qui lui tiennent les hanches. La soirée Golden Year marche bien, on dirait. Tous les cocktails à demi-prix, de la bonne musique et des gens intéressants, bien qu'ivres pour la plupart. Sans compter que les pistes sont pleines. Le deuxième nouvel an est apprécié de toutes les personnes qui ne pouvaient venir au véritable, pris par les dîners familiaux et autres obligations professionnelles. L'occasion de participer à une grosse beuverie sans remords, ou presque.

Voilà une semaine et demie que je suis à nouveau capable d'entendre. Ce soir est comme une découverte de ce travail que je pensais normal auparavant. Mais maintenant que je savoure chaque sons et chaque voix, je me rends compte de la richesse de cet endroit, de ce lieu si particulier. Ce n'est toujours pas facile de tenir sur mes deux jambes et je prends encore quelques médicaments chaque jours mais j'ai déjà l'impression d'être si grand, si adulte, comme jamais je ne l'ai ressenti. Cette renaissance était ce qu'il me manquait.

« Keep cool, Kiba, c'est pas le moment de chanter des conneries ! T'as des nouvelles de Shikamaru ? Je lui lance, attrapant le shaker pour mélanger la Marquisette * que l'homme baraqué un peu plus loin m'a ordonné.

« Ouais, il doit ramener son cul avec l'autre connard après. Là ils craquent des machins... J'sais pas exactement quoi... Me répond-il en se dandinant, secouant la tête de gauche à droite en cadence avec la musique.

- Okay, et vous montez au second floor après ? »

Kiba me fait un énorme sourire comme réponse tout en acquiesçant au rythme de la musique avant de finir d'une gorgée son verre. Sakura se détache alors de lui et s'avance vers le comptoir pour me parler, appuyant sa poitrine contre le bar. Ainsi, on pourrait presque croire qu'elle a un bonnet de plus. Peut-être est-ce le cas. Je n'ai pas vraiment fait attention à elle, et ce n'est pas maintenant que je vais commencer à détailler ses formes peu présentes.

« Dis Naruto, tu me fais un cocktail, tu sais, le vert et jaune ?

- Jewel three ?

- Voilà ! Merci. »

Je lui fais un rapide clin d'œil avant de me tourner, tout en me trémoussant légèrement sur la chanson rétro qui passe maintenant, chantonnant les paroles que je connais par cœur, juste à force d'entendre le morceau. Shizune vient se coller à moi pour prendre la bouteille de bridge alors que je m'empare de la bouteille de vodka verte. Je me saisis de sa taille avec ma main libre et la fais danser avec moi, souriant et riant aux éclats. Elle se prête au jeu et s'éloigne de moi, me tenant toujours la main, puis revient se coller en bougeant sensuellement sa poitrine, se voulant allumeuse. Je souris en comprenant son jeu et regarde un instant vers le haut, apercevant Haku qui nous observe. Un signe de main plus tard, il retourne à son paquet de clients avec un sourire en coin.

Je lâche Shizune pour saisir quelques tranches de citron afin de décorer le trembler pour Sakura. Puis je verse la vodka sur le fruit afin de la rafraichir, ajoute le colomba et sert le tout à la jeune femme devant moi. Je lui indique le prix à l'oreille et encaisse rapidement. Shizune finit son propre mélange et passe derrière moi en me mettant un coup sur les fesses, trottinant sur le morceau plus électronique cette fois. Je souris en coin et regarde les trois imbéciles devant moi sauter en poussant certains autres clients, qui les fusillent du regard. Pour ce qu'ils en ont à foutre...

« Tu me mets un Porn Star Naruto ? Me dit une voix bien connue sur ma gauche.

- T'as besoin de ce genre de films pour être satisfait ? Je réponds, regardant Sasuke d'un air ironique, quoiqu'intéressé, j'avoue.

- Non, je suis plutôt branché culture coréenne, pour tout te dire. Rétorque-t-il avec brio. Je souris, très amusé par ce petit jeu.

- Depuis quand t'es humanitaire ?

- Depuis que tes parents ont eu l'idée d'avoir un deuxième enfant. »

J'ouvre la bouche dans la première idée de répliquer, mais la surprise de sa répartie me laisse sans voix. J'éclate de rire avant de hocher du chef, m'appuyant sur mes mains, épaules détendues, tête proche de celle de Sasuke. Je lui dis alors d'un ton plaisantin :

« Je suis le troisième en fait. »

Les paupières de Sasuke s'ouvrent plus largement sous la surprise l'espace d'un instant, puis il clôt ses yeux en s'approchant encore, les rouvrant lorsque nos nez se touchent quasiment. Ainsi, ses yeux se mélangent entre eux, le noir que crée l'ambiance me paraît très dense, enveloppant toutes les personnes autour de nous deux. J'ai l'étrange impression d'être dans l'un de mes rêves, là où il y a une multitude de personnes, puis Sasuke dans son halo brumeux. Je me crispe pour un frisson et bouge un peu la tête pour dégager mon nez d'un cheveu.

« Peu m'importe. Si ce n'est toi. Murmure-t-il très doucement, étonnant que je l'aie entendu avec la musique. Quoique, celle là est un peu moins agressive, plus douce, plus adaptée... Le DJ a eu une bonne intuition.

- C'est vachement bizarre de t'entendre dire ça. Je lui confesse avec réticence, essayant de détourner mon regard en vain.

- Je sais... Dit-il en baissant la tête, faisant nos fronts se toucher, cette fois. Je continue à le regarder fixement.
- Tu penses que je vais te croire ?

- J'espère. Avoue-t-il avec sincérité, ça se voit à travers son regard sombre aux pupilles explosées par la pénombre. Je reste sceptique.

- Pourquoi ?

- En parler maintenant, ça n'aurait aucun sens.

- ... M'embrasser dans la réserve de boissons non plus ça avait pas de sens. Lui reprochai-je avec irritation mais surtout sans raison. Par habitude, sans doute...

- C'est bien pour ça que je ne veux pas t'expliquer mes pensées ici. »

Je me recule, cette fois moi-même gagné par la surprise après cette réponse, cette maturité. Sasuke a définitivement changé. Jiraya me rappelle à l'ordre d'une main puissante sur mon épaule, me tirant en arrière violemment et m'envoyant valser de l'autre côté du meuble.

« Va prendre des commandes p'tit ! Tu discuteras quand ton service sera fini, c'est la dure loi des jeunes salariés ! Hahaha ! Et il éclate d'un grand rire. Je le regarde avec dépit, me relevant et courant vers les clients qui attendent.

- Tu es un tyran ! Je me plains en préparant déjà la demande d'une femme aux mille couleurs de cheveux qui me regarde d'un air réjouis, visiblement bien loin de la compassion à mon égard. Non, elle a plutôt l'air tourné vers le plaisir sadique à me voir ramper. Rah la vicieuse !

- Je préfère le terme d'entrepreneur de perversion, si tu veux bien. Déclare mon patron sur un ton solennel, néanmoins souriant avec malice.

- Oui, Maître. » M'inclinai-je en signe de soumission cynique.

Jiraya émet un souffle satisfait, claque sa langue contre son palais et s'en va au second floor, là où il est habituellement. Shizune tapote mon dos, me montrant son soutient par ce geste rapide. Je reprends donc mes commandes et cours dans tous les sens pour satisfaire les clients qui sont très nombreux ce soir. Même Iruka a dû venir derrière le comptoir, lui qui ne s'occupe que de l'entretient habituellement. Tous les employés sont présents, et quelques serveuses vont même carrément sur les pistes pour prendre les commandes et nous les amener. Il est clair que la pause récréation est passée, d'autant plus que minuit approche. Après minuit, le Chill Out permettra exceptionnellement aux clients de se rendre librement au second floor. Du coup, ça a attiré les foules, forcément, cet endroit est tellement réputé ! Tout le monde veut voir à quoi ça ressemble. Je me demande d'ailleurs si Jiraya a bien fait de permettre une folie pareille. Les gens vont se déchainer.

« Naruto ? Tu as bientôt fini ? Me demande Shizune, secouant son shaker par dessus son épaule, la mine dégoulinante de sueur. C'est vrai qu'il fait très chaud, ici.

- Oui. » Lui répondis-je en me passant la main sur la nuque, sentant les boules de métal au passage. « Il me reste encore le rangement du local à boissons et j'vais dans la masse ! Tu fais le même horaire non ?

- Pas tout à fait, j'fais jusqu'à une heure et demie... Grommelle-t-elle en faisant la moue.

- Haku aussi non ? » Je lui demande avec un ton délibérément détaché.

Elle me fait un sourire, acquiesce et repart avec son plateau rempli de commandes. Je ne le lui ai jamais dit, mais son habit de travaille lui va bien. Il met en valeur sa poitrine généreuse, moule ses fesses galbées. Si je n'étais pas déjà focalisé de ton mon être sur Sasuke, sûrement que j'aurai fini par la trouver à mon goût.

Iruka vient emprunter la bouteille de tequila pourpre, il n'en a plus de son côté du bar et il lui en faut maintenant pour un client. Je m'en vais donc dans la réserve pour en prendre une nouvelle, ainsi que quelques bouteilles d'autres alcools forts réputés. C'est fou ce que les cocktails fonctionnent bien ce soir, même si habituellement, c'est également le cas. Le Chill Out est aussi connu pour ça, entre ses autres réputations célèbres.

Je me faufile entre les serveurs, passe la rambarde et vais me mettre au frais dans le local de boissons. Un soupir de soulagement plus tard, je me mets à arranger les caisses dans le chaos le plus total, m'empare des bouteilles manquantes et note le décompte sur le registre des caisses du local. En me relevant je prends le temps de m'appuyer contre la barre de fer des étagères pleines de caisses. Cet endroit est gorgé de souvenirs. Maintenant, lorsque je repense au baiser que j'ai échangé avec Sasuke ici il y a quelques mois, je ne ressens plus la même haine, ni la même rancœur. Uniquement une sorte de nostalgie.

Finalement je ressors de la pièce, la referme derrière moi et sens les boules de mes piercing me faire un courant froid dans le dos à cause du changement net de température. Un frisson plus tard, j'arrive au comptoir, salue Shizune et m'en vais vers les vestiaires du personnel pour me changer rapidement, ainsi que redonner un peu de piquant à mes tifs. Déjà que j'ai ces pansements à la con sur la gueule et sur les jambes... Heureusement que les cheveux cachent bien mon front et les côtés de mon visage. Au moins ça donne l'illusion que je suis plus ou moins normal. C'est presque une situation amusante en quelques sortes, puisqu'il y a quelques mois, j'étais déjà couvert de pansements et de bandages. Résultat de la collision avec le tram. A croire que les gros changements ne viennent pas sans douleurs.

Après une dernière inspection rapide de mon visage, je prends mes clics et mes clacs –en laissant mon sac à dos, je reviendrai plus tard pour lui – puis m'en vais me confondre dans les clients survoltés du Chill Out. Personne ne me reconnaît, c'est amusant. Lorsque je suis derrière le bar, la plupart des clients – ou du moins les habitués – me reconnaissent et savent mon prénom, à la longue. Mais si je les croise dans la masse comme ça, il n'y en a pas un seul qui replace ma tête. Je souris presque sournoisement alors que je m'amuse à saluer certains clients qui je sais, me connaissent lorsque je travaille et regarde leur mine étonnée, souriant de façon crispée. Leur visage ne signifient qu'une chose : « Mais où est-ce que je l'ai déjà vu lui ? » alors que je les ai servi toute la soirée. Finalement, j'arrive aux escaliers tournants qui s'élèvent vers le second floor, là où la bande attend mon arrivée. Je pousse quelques personnes ivres mortes qui bouchent le passage afin de m'en frayer un, puis poursuis ma route vers le haut, regardant le sol et les gens se mélanger à travers les marches grillagées violettes.
L'ambiance est assez déchainée ce soir. La musique que le Dj passe y est sûrement pour beaucoup, il sait alterner les morceaux langoureux aux balades plus calmes pour ensuite revenir sur une chanson endiablée. Il a le truc, visiblement, sait jouer avec les émotions et réactions des gens.

J'arrive en haut des escaliers dans plus de heurts et cherche des yeux mes amis. Pas facile avec tout ce monde, et encore, ce sera pire lorsque minuit aura passé. Un coup d'œil rapide à mon portable m'indique qu'il est minuit moins sept et que Kiba m'a écrit un texto. Je le lis rapidement et me dirige où il m'a indiqué que la bande avait élu domicile. Sasuke et Shikamaru ont voulu 'fêter' leur séparation en invitant tout le monde au second floor, sans savoir que l'entrée serait gratuite à partir de minuit pour tout le monde. Ça les a bien fait rire, mais au fond, je me demande si cette perte d'argent les a affectés plus que cela.

J'aperçois enfin ma petite troupe attablée sur deux des canapés centraux. Kiba me fait de grands signes ridicules, soutenu par Sakura et Ino qui ont l'air d'avoir beaucoup profité des cocktails aux prix réduits. Quelques zigzags entre les clients et un sourire à Haku plus tard, je m'installe aux côtés de mes amis autour de la table ronde remplie à en déborder, sur le canapé d'un rouge profond qui suit les contours de cette dernière. Un coup d'œil à Sasuke me permets de voir qu'il est très concerné par mes mouvements, en particulier ceux qui me font m'asseoir à ses côtés, entre lui et Kiba.

Nous entamons – ou du moins, c'est le cas pour ma part – la soirée sur des conversations simples, qui vont des résultats aux premières sessions d'examens jusqu'à la façon dont nous avons fêté le véritable nouvel an. Étrangement, aucune des personnes présentes ne fait référence à ma réentente ou à la cohabitation ambiguë que j'ai eue avec Sasuke. Il semblerait qu'un accord ait été fait dans ces buts-là. Ou peut être que je suis un peu trop focalisé sur moi...

« Merde ! » Crie très poliment Kiba en se redressant d'un coup. Il s'est renversé son Black Jack sur les genoux désormais trempes et maintenant le voilà qui file aux toilettes suivi de près par Shikamaru qui s'excuse et va l'aider. L'aider à quoi, c'est une autre question... Je coule un regard vers Sasuke qui se trouve à ma droite et constate qu'il a les mêmes pensées que moi, à en juger par son petit sourire satisfait. Ino et Sakura se mettent à chanter le morceau électrique que remix le Dj et elles se dandinent ensemble pour concorder le tout, quitte à bafouer le rythme originel.

De mon côté, je fais plus attention à Sasuke qui a posé sa main sur ma cuisse, comme ça, naturellement. Pas de préavis, pas de regard – si ce n'est celui qu'il a vers les deux jeunes givrées devant nous – mais une moiteur assez spéciale contre le tissu du jean. Une sorte de nausée amère s'empare de mon intérieur malgré les efforts pour garder mon attitude neutre... Pourquoi cette saloperie d'Uchiha est-elle si sûre d'elle ! Ne connaît-il pas le doute ? (Oh, s'il savait...)

Le décompte de minuit retentit soudainement dans la salle, faisant le silence maître du moment. Les oreilles de chacun sont uniquement focalisées sur le compte à rebours qui s'approche gentiment de zéro, pour finir sur un tumulte de 'Bonne année' mélangé à des éclats de rire et des verres qui s'entrechoquent. Puis la soirée reprend son rythme normal, excepté que le DJ passe quelques chants folkloriques pour marquer le pas, sans doutes.
Alors que j'allais poser ma propre main sur celle de Sasuke, Jiraya débarque avec son grand rire et son air déluré pour prendre place à nos côtés, me faisant sursauter et récupérer ma main subitement. Mon patron se place entre Ino et Sakura dont il ne se prive pas de mater allègrement.

« Enfin posé ! Fait-il avec soulagement tout en déployant ses bras autour des épaules des filles. Ce qui ne semble pas les déranger outre mesure. Dans l'état dans lequel elles sont, je doute que quoi que ce soit les touches vraiment, d'ailleurs.

- T'as fini de fouiner partout ? Je lui demande, jetant un rapide coup d'œil à la main de Sasuke toujours présente sur ma cuisse.

- Plus ou moins... Maintenant je dois faire ma tournée électorale, comme ils disent. Aller vers le client Naruto, c'est la clef du succès ! » Plaisante-t-il à moitié tout en buvant son verre. « Pas vrai les filles ? »

Elles ne répondent pas mais gloussent exagérément. Puis Sakura se redresse vivement, un sourire aussi ridicule que son attitude. Elle regarde vers nôtre droite. Machinalement et instinctivement, je dirige également mon regard vers cette direction, ce que je ne regrette absolument pas. Et j'éclate d'un rire franc et engagé, suivi de peu par le reste de l'attablée.

Devant nous, arrivant en titubant et rouges comme des briques, avancent Kiba et Shikamaru, habillés en costume traditionnel d'animaux. Ceux que l'on voit dans les défilés du nouvel an. En l'occurrence, ce sont deux charmants petits renards ainsi que leur queue bien touffue qui tentent d'arriver jusqu'à nous.

« Vos gueules putain bande de cons ! Se vexe Kiba en se tortillant sur place ce qui le rend doublement hilarant.

- Comment avez-vous déniché ça en allant juste aux toilettes ? Demande Ino en les détaillant avec amusement.

- Mais fermez-là ! Répète Kiba, visiblement peu imaginatif sur le moment. La honte et la rage y sont pour quelque chose à coup sur. On est allé aux chiottes et tout d'un coup une bande de grands gaillards nous ont choppé à la sortie, foutu ces tenues à la noix avant de nous relâcher dans la foule ! Et je v...

- C'était la grosse galère pour revenir là alors n'en ajoutez pas bordel. Coupe Shikamaru en se débattant avec sa queue qui se fait agresser par une jeune fille très intéressée par les animaux de la forêt. Surtout ceux qui sont aussi bien formés, je dirais.

Je me rejette en arrière, pris dans mon fou rire. L'image devant moi est tellement loufoque que je peine à reprendre mon souffle. Je n'avais pas calculé qu'en me poussant vers l'arrière comme ça, j'atterrirais directement dans les bras de Sasuke qui rit également, mais de façon contenu. Ce qui ne l'empêche nullement de poser sa main sur mon épaule en me gardant contre lui le temps de cette distraction.

« Voilà, alors au lieu de vous foutre de nos poires aidez-nous à nous débarrasser de ces trucs ! Ça tient monstre chaud en plus !

- Je dirais plutôt qu'on se fout de vos queues. » Ajoute subtilement Sakura en riant comme une crécelle en rut. Malgré tout, elle se lève en compagnie de Ino, délaissant Jiraya à son sourire fané et s'en vont emmener Kiba et Shikamaru plus loin pour les aider. La plaisanterie ayant assez perduré apparemment. Il ne reste plus que Sasuke, Jiraya et moi. De façon inattendue, cette combinaison me mets mal à l'aise, comme si quelque chose de mauvais allait se produire. Pourtant, tout le monde a l'air calme. Jiraya a reprit son sourire après sa déception passagère, Sasuke a fait en sorte que son bras autour de moi paraisse discret et de mon côté je m'efforce de garder le contrôle de la situation. Il fait très chaud dans cette pièce pourtant deux ventilateurs géants tournent lentement au dessus de nos têtes.

Jiraya prend tout d'un coup la parole, comme s'il venait de se souvenir de ce qu'il voulait dire :

« Et donc, tu es le fils de Fugaku Uchiha ? »

Il ne pouvait pas tomber pire comme sujet de conversation. Je sens Sasuke se crisper à l'entente du nom complet de son père. Il se rassied de façon plus droite dans le canapé rond et retire son bras de mon épaule pour venir le croiser avec l'autre sur sa poitrine. Ses yeux se ferment et s'ouvrent lentement avant qu'il ne réponde d'un ton neutre et glaçant.

« En effet. Je suis son fils cadet.

- Oh, ce doit être une grande opportunité d'avoir un grand homme comme lui comme père...Tu dois être très fier. »

Nouvelle crispation de Sasuke et nouvelle ride d'irritation sur son front.

« On ne peut pas dire que je sois fier pour tout dire.

- Je ne comprends pas. Il dirige la plus grande corporation du Japon pour ce qui est de l'armement informatique, et ça ne te fait rien de plus ? Interroge Jiraya sans la moindre agression mais avec un réel intérêt pour le jeune homme à mes côtés.

- Les gens savent de lui que ce que les médias disent de lui, ils sont et vous êtes bien loin de la réalité ! » Crache Sasuke avec dédain. Jiraya en reste bouche bée. Moi aussi. Mon patron essaie de reprendre la conversation mais je le coupe en posant une autre question :

« N'y a-t-il pas votre éditeur là-bas, Monsieur Jiraya ? »

La réaction ne se fait pas attendre, il blanchit d'un coup, regarde frénétiquement autour de lui. « Ne lui dis surtout rien ! » Chuchote-il avant de prendre la poudre d'escampette le plus rapidement et discrètement possible.
Sasuke, bien qu'encore irrité, me regarde avec curiosité. Une question muette est clairement sur son visage perplexe.

« Jiraya n'a pas publié son dernier roman chez le même éditeur qu'au début, du coup il redoute l'ancien éditeur plus que la mort elle-même. Un gars comme Jiraya rapporte beaucoup, ça fait mal de laisser partir un si beau morceau ! »

Sasuke ouvre la bouche un instant, se ravise et hoche la tête en appréciation sans plus de sentiments que ça. Pour le faire réagir – et aussi parce que j'en ai très envie – je tente à nouveau de mettre ma main sur la cuisse de Sasuke, en retour ce geste qu'il a eu pour moi tout à l'heure. Au moment où ma main entre en contact avec lui, il me regarde avec un air indéchiffrable. Ses pupilles sombres se sont fermées à l'instant où Jiraya a prononcé le nom du père de Sasuke. Pourtant, j'essaie de voir ce qu'il y a derrière les murs en bétons qui se sont dressés sur mon chemin. Je sais qu'il y a une brèche à quelque part, je vais la trouver.

Le temps joue contre nous.

« Narutooo ! Sasukeee ! On vous retrouve enfin ! Crie Sakura en tirant Ino par la main, laquelle entraine Kiba et Shikamaru à nouveau décemment habillés.

- On en a chié pour trouver un coin où s'arracher de ses costumes de malheur ! Déclare Kiba tout autant imbibé d'alcool qu'avant.

- Enfin, au moins maintenant on est tranquille, ça a fait des heureux, ces costumes. Pas sur qu'ils soient toujours aussi contents demain par contre... Déclare Shikamaru d'un air faussement. Je lui demande pourquoi.

« On les leur a vendu les costumes ! Ya pas de petit bénéfice, Naruto, tu devrais le savoir ! Répond-il sur un air complice.

- Ouais et on a encaissé une chié de pognon ! Du coup on veut aller au cinéma, de toutes manières le compte à rebours est déjà passé et on a bien besoin de décompresser. »

Je regarde Sasuke pour chercher son accord ou désaccord. Le fait qu'il prend sa veste me l'indique très bien finalement. L'idée me tente assez, mais je suis surpris que ce soit le cas pour Sasuke également, j'aurais pensé qu'il veuille plutôt rester ici. Enfin, je me lève également et suis ma petite bande bien en ligne vers la sortie. Pendant que nous marchons, je sens les doigts de Sasuke effleurer les miens. Ce geste m'arrache un frisson d'appréhension, de plaisir et de peur. Je réponds à ses petits quelque chose.

Arrivés aux portes d'entrée, je me sépare d'eux pour allez rapidement récupérer mon sac à dos aux vestiaires, puis nous sortons rapidement du bâtiment sombre. Dehors l'air est froid et figé, agréablement vivifiant pour l'ambiance lourde et fatigante du dedans. Je ne sais plus ai j'ai vraiment envie d'aller au cinéma, pourtant je continue de suivre les quatre puces qui nous mènent la danse, me mêlant du mieux que je peux à leurs délires sur les renards et sur le sexe.

« On prend le bus ! J'veux allez au cinéma de Komura ! » S'exclame Kiba d'une voix tonitruante, sous les gloussements incessants des filles ainsi que sous le regard patient de Shikamaru.

Nous tournons au coin de rue pour rejoindre l'arrêt de bus, mais alors que j'allais me diriger vers les sièges où les autres sont déjà, Sasuke me tire en arrière et me fais revenir sur mes pas brusquement. Les autres ne le remarquent pas, je crois. Je regarde Sasuke droit dans les yeux, mes mains accrochées à ses épaules. Il me relâche après m'avoir fais un bref sourire, puis se met à marcher dans la direction inverse. Vers chez lui ? L'autre arrêt de bus, à deux rues du Chill Out, est la ligne pour allez dans son quartier.

« Tu viens ? Ils vont déjà beaucoup s'amuser sans nous, t'en fais pas. J'ai pas envie d'aller au cinéma de toute façon. Puis, nous avons à nous parler pas vrai ? Dit-il d'un air qu'il veut détaché, mais je perçois parfaitement son trouble et sa gêne. Je souris franchement et un peu idiotement.

- Je te suis. » Je lui réponds, caressant d'un toucher papillon le dos de sa main avant de lui passer devant.

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Son appartement est tel que je l'ai laissé il y a quelques semaines.

Les meubles ont la même propreté, la même organisation maniaque qu'avant. Les sols sont resplendissants, les tapis coiffés, les décorations sobres et impersonnelles. Un sapin miniature est sur la console de l'entrée, quelques petites ampoules rouges et bleues luisant dans la pénombre de la pièce encore plongée dans l'obscurité. Le bruit des clés de Sasuke tinte dans la coupole de porcelaine où il les jette toujours négligemment.

Mais cette fois il prend son temps comme si il calculait son coup, faisant même attention d'arranger son porte-clé qui est à l'envers. Cette lenteur et cette précision me met la pression, sans que je sache vraiment pourquoi. Un sentiment intense et profond naît dans mes entrailles, dans mes jambes et résonne en écho dans ma gorge. Plus particulièrement, dans mes veines qui pulsent presque douloureusement. J'ai de la peine à maintenir une respiration régulière, me trahissant.

Sasuke se remet en marche soudainement et se dirige vers le séjour en me lançant un petit coup d'œil. Celui-là a un éclat très prononcé avec la lune qui éclaire quasiment à l'horizontale. Si je me penche en avant, je peux voir le bas du croissant. Elle est bleutée et place un filtre de même couleur sur tous les objets qu'elle rencontre, se mêlant avec sensualité aux courbes de Sasuke. Il paraît comme en surbrillance avec ce halo clair, contrastant avec sa silhouette sombre. Je le suis, avide et impatient d'un événement dont j'ai peur de réaliser la nature. Et l'impression que nous n'allons pas que discuter me hante sans que je ne puisse faire quelque chose pour l'oublier.

Toujours sans allumer une seule lampe, une seule bougie ou quoi que ce soit d'autre, il se dirige vers le secrétaire où est rangé une série d'alcools très chers et de très bon goût, pour ce que j'y connais. Sasuke réfléchit quelques secondes, calculant avec circonspection comme tout à l'heure, comme si la décision qu'il allait faire maintenant allait paralyser le reste. Finalement, il tend la main vers une bouteille au fond du meuble, noire avec un bouchon rouge. Je ne saurais dire le nom de ce breuvage, ni même dire s'il est de bonne qualité ou non, mais je suppose qu'à voir l'emballage et la façon dont Sasuke manie la bouteille, mon salaire au Chill Out ne suffirait pas à me l'offrir.

Il prend alors deux verres à champagne, étonnement, et rempli les coupes de la boisson violacée, presque noire avec la pénombre. Il porte le verre de sa main droite à ses lèvres, garde la tête en arrière un instant avant de me tendre ledit verre. J'hésite à peine avant de m'en emparer, peureux qu'il change d'avis. Pourtant, je n'ai pas l'impression que c'est ce qu'il aurait fait. Maintenant nous marchons sur des lames de rasoir : le moindre faux pas nous ferait basculer bien bas... Je frissonne en trempant mes lèvres dans le liquide glacé. Sûrement une sorte de boisson qui demeure froide, ce qui me confirme les flairs de prix

Sasuke boit de grosses gorgées, visiblement habitué à ce liquide un peu corcé. Il ne grimace même pas et garde cet air sérieux. Le voir coupé en deux avec uniquement la partie droite de son visage éclairé d'une lueur bleutée me rend un peu secondaire. Je m'imagine mille allégories, les deux facettes de sa personnalité, les oppositions que nous représentons si bien, les attirances qui nous hantent et nous pousse dans le chimérique présent, ce bleu qui le rend presque cadavérique alors que je bouts. Nous ne sommes pas assez honnêtes – ni assez saouls – pour dire que c'est du bon temps. Non. Je ne me sens pas bien, tendu, anxieux, nerveux, tremblant. Il en est sûrement de même pour Sasuke, sous sa carapace et ses deux litres d'alcool dans le sang.

Nous avons bien bu dans la soirée, moi moins que les autres, forcément, j'étais de service. Mais Sasuke en a siroté, des verres. S'attendait-il déjà à ce que nous nous retrouvions là, dans son salon, à siroter son alcool hors de prix ? Je me demande où est passé le semi-romantisme dont nous nous sommes permis au Chill Out. Je ne doute pas qu'il dort quelque part dans notre cerveau, très profondément ancré et soudé à la moelle épinière. Là, c'est un tout autre genre de sentiment qui règne en maître. Celui du désir. C'est le cas pour moi, du moins.

Après encore quelques gorgées du nectar fort, je pose mon verre avec précautions sur la table basse du coin salon, gardant mes yeux rivés sur Sasuke qui tient son propre verre devant son plexus. Ses yeux tombent indifféremment sur le sol un peu plus loin mais ses doigts qui jouent sup consciencieusement avec le bord du verre démontrent bien son appréhension. Je me sens soudainement ému, attendri par cette dernière hésitation. Je ne peux m'empêcher de sourire, un peu crispé. Je m'avance vers lui avec prudence, le dos vouté pour que j'aie toujours ses yeux en ligne de mire. Il réagit soudain et lève ses prunelles obscures vers moi. Avec la lumière de la nuit, ses iris s'éclaircissent considérablement et donnent l'impression d'être d'un bleu roi si profond, si intense, que je m'attends à tout moment à voir l'écume des vagues contre ses paupières.

Il me détaille longuement, passant ses yeux et ses doigts invisibles sur mon visage, mon cou, mes épaules. Sasuke ne sourit pas. Ne grimace pas. Il regarde et contemple en un spectateur détaché et nullement concerné par ce qu'il se passe ici et maintenant. Je ne veux pas qu'il se mette en retrait de cette façon. Aussi, je reprends mon avancée lente vers lui et me penche davantage en avant pour avoir mon nez en face du sien, en bonne position pour lui ravir un baiser.

C'est d'ailleurs ce que j'entreprends de faire. Rapprochant le reste de mon corps vouté vers lui, je passe mes mains épaisses sur ses hanches – il frissonne, sursaute très légèrement – et les descends à la naissance de ses fesses. Son visage se relève presque instinctivement et je suis satisfais de constater qu'il monte les yeux. Me regardant d'en bas alors que nous somme habituellement de même grandeur et que jamais, grand jamais il ne m'aurait regardé de façon si soumise en temps normal. Je me force à chasser cette pensée.

Ses mains serrent un peu plus le verre qui grince en une plainte muette. Je regarde sérieusement Sasuke en examinant chaque repli de peau que la lune me permet de voir chez lui. J'ai étrangement l'impression de le redécouvrir. Il fronce les sourcils mais bientôt, ce geste se transforme en toit de maison, lui créant une ride inquiète qui me surprend. Je plisse les yeux sommairement, juste pour atténuer le contraste de la lune sur son visage aux angles arrondis.

Je me penche finalement vers lui et ne réfléchit ni n'attend plus rien pour l'embrasser sans détour. J'attends quelques secondes, anticipe une réaction violente qui ne vient pas, commence à me réjouir et laisse le long et puissant frisson me parcourir alors que je bouge mes lèvres contre les siennes, mêlant coups de langue et simples pressions. Sasuke se détache de moi une fraction de seconde, lance presque son verre sur la table auprès du mien et après m'avoir lancé un brasier avec ses yeux, revient m'enflammer de ses lèvres et de ses mains volages. Il réceptionne on ne peut mieux mes avances.

Son impatience prend soudainement le dessus et c'est avec une brusquasse noble qu'il me pousse vers le grand canapé blanc à nos côtés. Je souris en coin et m'assied en maître sur le divan, le toisant d'un air supérieur que je lui ai emprunté. Mes yeux doivent tout dire de moi, je suis un très mauvais acteur, mais au moins il s'agit de sentiments et d'émotions résolument sincères. Sasuke s'assied à califourchon sur moi, félin, et me fixe longuement. Il est à nouveau contre la lumière ambiante et je devine ses traits plus que je ne les vois, mais je constate qu'il est amusé par la situation.

Je pose mes mains sur ses cuisses fines, appréciant et abusant de cette permission si désirée. Sasuke pose ses lèvres d'un geste aérien sur le haut de mon oreille gauche, soufflant sans le faire exprès dans mon lobe. Sa respiration un peu saccadée qu'il essaie de maîtriser me fait réagir au quart de tour, aussi je l'empoigne par dessous les cuisses, le soulève tout en le collant à moi au maximum. Je le serre si fort que j'ai l'impression que je vais le briser en mille morceaux. Je fais quelques pas avec lui, me laissant guider au fil de mes baisers malgré la vive douleur qui commence à se faire sentir dans mes chevilles encore endolories. Pour me soulager néanmoins quelques peu, je fais une halte contre le mur du long couloir afin de l'embrasser plus profondément, plus sauvagement comme j'ai l'habitude de la faire.

Sasuke ne doit pas être très accoutumé à mes méthodes d'ailleurs. Lui qui n'a vécu que dans la ville, il doit sûrement trouver mon style bourrin, un peu animal, trop spontané, imprévisible pour un être aussi ordré que lui. Je n'ai pas l'impression qu'il veuille prendre le dessus malgré cela, alors je suppose que ça n'est pas mauvais signe.

Comme s'il lisait dans mes pensées, mon partenaire monte ses mains dans mes cheveux afin de s'y accrocher avec enthousiasme, penchant la tête pour plus se sensations. Ses doigts bougent sobrement et de façon aléatoire dans mes épis rêches et en bataille, comme d'habitude. Lui a de très beaux cheveux noirs, et pourtant je suis certain qu'il ne les soigne pas plus que moi.

Sentant à nouveau le sang pulser normalement dans mes chevilles, je m'arrête deux secondes pour regarder Sasuke qui fixe toujours aussi sérieusement l'invisible, même si sa lèvre gonflée et ses pommettes plus foncées me montrent ses véritables pensées. Il fait un long soupir pour tenter de récupérer un temps soit peu d'air, lui qui respire spasmodiquement depuis quelques minutes. Encore un gros soupir et une grosse inspiration et il trouve le courage de me regarder dans les yeux. Mes entrailles s'en retournent complètement et mon cœur en reste enchevêtré. Il ouvre la bouche pour parler mais se ravise pour prendre ma main de la sienne qui est complètement moite.

Il s'avance vers moi et frotte son torse contre le mien, nous faisant tourner vers le couloir où il nous amène vers sa chambre. Je m'accroche à sa main, un peu penaud et trapus. Je ne me sens pas mal à l'aise, juste un peu déplacé dans cet environnement si strict. En fait, je ne réalise pas vraiment ce que je suis en train de faire, ce que nous avons déjà fait et pire que tout, ce que nous allons faire. Sasuke doit être dans le même état que moi. Cette scène, ces émotions ont dépassé le stade de l'entendement et de la patience, notre relation est plus profonde et complexe que toutes ces petites conquêtes.

J'entends nos cœurs qui ne sont plus aussi étrangers qu'au départ. J'écoute nos respirations et nos corps qui s'attirent et se repoussent juste pour sentir le manque obsédant. Mes oreilles qui avaient tout perdu ont découvert quelque chose à quoi je ne m'attendais pas.

Il recule dans sa chambre d'un simple coup d'œil en arrière et regarde ses pieds afin de ne pas tomber. Je souris sournoisement avant de le pousser de ma main libre sur le lit défait, passant nos mains dans son dos pour l'immobiliser. Sasuke me regarde avec fureur, je lui réponds d'un sourire. Lentement, je fais monter son autre main au dessus de sa tête, regardant ses yeux s'allumer d'une vigueur et d'un désir identique au mien. Cet homme est définitivement un mystère pour moi, il va bien falloir que je l'accepte dans toute sa complexité, dans ses comportements lunatiques et dans sa mécanique spécifique. Je l'accepte tout entier, s'il veut bien de moi à son chevet.

Je libère sa main dans son dos, m'assied sur lui et déboutonne sa chemise en tremblant. Sasuke quant à lui retire sa main de son dos, profitant de l'occasion pour me cogner avec son épaule en se relevant. Je ne peux m'empêcher de sourire plus largement à ce geste idiot.

Ma poigne se resserre davantage au dessus de sa tête alors que je me penche pour l'embrasser doucement du bout des lèvres, passant ma langue au travers pour toucher la sienne. Mon bras tremble violemment alors que tout mon poids repose sur lui. J'ai peur de m'effondrer sur lui alors je me baisse et utilise mes coudes comme appui. Sasuke attrape mon t-shirt au milieu de mon dos et le tire vers lui, ce que je le laisse faire, me redressant pour le faire passer par dessus ma tête.

A présent, torse nu sur lui, je me cambre vers son corps en ébullition pour gouter au reste de sa peau, au grain que son épiderme prend et change à certains endroits. Son cou doux et fin, son menton pointu, son ventre plat, son nombril granuleux. Chacune des places que je découvre a une saveur et un effet bien unique, j'apprends et retiens du mieux que je le peux tout ces contours et réactions. Sasuke est bien docile, ce qui me surprend. Je ne me fais pas trop d'illusion, je sais bien que ça ne durera pas, que bientôt il en aura assez et me fera subir ses châtiments. Jusqu'alors, je compte bien en profiter au maximum.

Au fur et à mesure que je le découvre, une multitude de frissons me parcourent l'échine. Sasuke quant à lui tourne la tête rapidement suivant certains endroits touchés ou embrassés, refusant de se laisser complètement aller. Il va pourtant bien falloir vue que...

Je rougis violemment encore plus que nécessaire et continue mon exploration. Je passe ma langue le long du contour que crée le pantalon de Sasuke sur son ventre en profitant de ses sursauts et petites exclamations étranglées comme d'une récompense. Il contracte ses abdos avec impatience et je m'amuse de repasser avec ma bouche sur ses zones sensibles, écartant le tissu de sa chemise sur mon passage. Je remonte vers son visage avec délice, un peu douloureusement aussi vu que mon membre éveillé est concis dans mon jeans et que les coutures appuient là où ça fait mal. Une grimace cachée plus tard, je l'embrasse à nouveau et me fait violemment mordre par un petit Sasuke très impatient et très frustré, visiblement.

« Tu ne tiens déjà plus ? Je lui demande d'une voix absolument plus grave que d'ordinaire, passant deux de mes doigts sous le bord du pantalon de Sasuke.

- Naruto... Tu vas t'en prendre une si tu te bouges pas. » Me répond-il, vraiment spolié. Une blague très douteuse me vient à l'esprit à cette réponse, mais je me décide à la garder pour moi. Ce soir on désinhibe nos raisons pour se laisser aller à nos pulsions, c'est pas pour tout foutre en l'air maintenant. Mon esprit a du mal à tourner.

Je me décide donc à plonger ma main entière dans son pantalon, ayant tout de même un poil d'appréhension quant à ce que je vais y trouver. C'est avec soulagement que ma main entre donc en contact avec un autre membre de bonne taille et d'envergure assez élevée. Je jette un coup d'œil à Sasuke, très taquin et fier de moi. Lui paraît être exaspéré même si je me rends bien compte qu'il apprécie avoir ma main sur cette partie de lui. Il bouge légèrement et se redresse sur ses coudes, me regardant comme pour me défier d'aller plus loin. Je vais me gêner, tiens.

Je change un peu de position avec ma main afin de pouvoir avoir mon visage près de cette partie de son corps, toujours en le matant dans les yeux. Je veux le provoquer, l'énerver, lui faire perdre raison et parole. Avec mes dents, j'agrippe la fermeture éclaire qui glisse par à-coups vers le fond, me laissant entr'apercevoir un sous-vêtement foncé, peut être bordeaux. Le bouton pression – Bon sang merci ! – éjecte peu après cela, finissant de libérer un temps soit peu le dessous. Ma main masse toujours avec fermeté son membre qui pulse légèrement contre ma paume. J'apprends également à connaître cette partie-ci, Sasuke le subissant avec plaisir visiblement. Ses hanches se mettent à bouger au rythme de mes pressions longues, tremblant de la même manière que moi avant. Désormais, je suis plus assuré de mes mouvements et de mes avances laïcises.

Sasuke grogne mais je fais la sourde oreille. J'irai à ce rythme juste pour l'agacer et le faire frémir d'empressement. Soudainement il repousse ma main de la sienne en me reversant sous lui d'une poigne que je ne lui aurais jamais soupçonnée. Il veut mener la danse, maintenant. Je proteste en me relevant et en attrapant ses côtés de mes bras épais. Mon partenaire saisi mes propres avant-bras et les écarte de lui, créant juste le déchirement de sa précieuse chemise. Ses yeux s'agrandissent un peu, ses iris éclatés par la convoitise. Je tire les lambeaux hors de son corps et les balance au sol.

Mon vis-à-vis en profite pour me désarçonner et me suçoter le cou à sa guise, laissant ses dents mordre assez avidement ma peau juste avant de l'embrasser tendrement. Il est à genoux sur moi qui suis en tailleur, le tenant près de moi, sentant son excitation au dessus de mon nombril. Ses mains griffent mon dos et mes épaules comme pour me punir alors que je palpe ses fesses allégrement, profitant sans m'en priver de ses formes généreuses. Le fait qu'il ait déjà son pantalon ouvert m'excite intensément sans que Sasuke s'en rende vraiment compte.

Empoignant les côtés fortement dans mes mains, je fais glisser ce vêtement à mi-cuisse. Sasuke fait le reste du travail en saisissant l'occasion de me mordre le téton droit. Je laisse une exclamation surprise sortir de ma gorge asséchée, le faisant sourire avec satisfaction. Il revient vers moi et reprend mon téton comme cible mais cette fois avec sa langue, ce que j'apprécie sans trop le montrer. J'ai un peu de fierté tout de même. Il alterne morsures et succions avec une dextérité que je jalouse car je sais qu'elle vient de l'expérience passée.

Sasuke lève les yeux vers moi alors qu'il passe sa langue sur ma peau lascivement. Ce regard bien qu'ambiguë ne laisse pas l'ombre d'un doute quant à la suite de notre nuit. Je frissonne violemment et sens à nouveau mon corps se contracter sous l'envie de lui. Nous avons tellement attendu...

Il semble à nouveau deviner mes songes puisqu'il descend presque brutalement ses mains vers mon entrejambe sans plus de cérémonies. Il passe d'abord sa main de façon volage sur mon jean tendu et plus que douloureux avant d'ouvrir le bouton de ses mains agiles. Son regard reste braqué là dessus et j'ai comme l'impression de me retrouver avec un gosse devant un présent pour son anniversaire. Sasuke retire ensuite son sous-vêtement sans que je comprenne pourquoi en premier lieu avant d'avoir l'étincelle. Il dégage mon pénis de son étau désagréable et je soupire de contentement. Mon compagnon écarte un peu plus les jambes afin de baisser mon niveau, puis en me regardant finalement dans les yeux, uni nos sexes entre ses mains fines.

J'expire longuement sur cette alliance si spéciale que je n'avais jamais fais jusqu'alors. J'avais toujours trouvé ce geste trop intime ou trop amoureux pour le faire avec les deux seuls amants que je n'aie jamais eu. Sasuke semble trouver la sensation également plaisante puisqu'il appuie son front contre mon épaule. Je sens son souffle chaud contre mon torse humide. Ses mouvements de va-et-vient se fait un peu flageolant, je décide donc de rendre l'acte encore plus intime qu'il ne l'est déjà à mes yeux. Je rejoins sa main active de l'une des miennes, l'aidant dans ses mouvements et le faisant émettre un très léger cri de bien-être. Ce qu'il fait alors me laisse pantelant : ses doigts viennent se mêler aux miens dans notre masturbation commune en resserrant la prise plus étroitement et plus intensément. Une exclamation silencieuse sort de ma bouche. J'embrasse son oreille en accélérant également la cadence, bougeant mes reins avec plus de ferveur. Son sexe est un peu plus long que le mien qui est plus épais. Voir le début de nos semences se mêler me confirme la complicité de notre geste et me rend mal-à-l'aise tout en m'excitant au plus haut point. Ce que nous partageons là est unique, extrême et prenant. Il nous tourne les tripes, nous change, nous injecte un peu de l'autre dans les veines.

Je me sens partir très loin avec Sasuke qui se contracte contre moi et soupire de plus en plus bruyamment. Il trouve cependant la force de relever la tête pour me regarder dans les yeux tout en venant quêter un baiser du bout de la langue. J'attrape avec violence l'arrière de sa tête de ma main libre pour l'embrasser avec passion et nécessité. Nous sommes si proches, si imbriqués l'un avec l'autre qu'il m'est difficile de démarquer ce qui m'appartient ou non.

Au dernier moment, alors que j'allais me laisser aller à mon plaisir, Sasuke se retire de notre étreinte et me fais basculer en arrière sans que j'aie le temps de penser autre chose. Il me regarde avec insistance. Je me sens perdu et sur le point d'exploser. Il passe le bout de son index le long de mon sexe encore hypersensible et je dois me faire violence pour ne pas jouir à ce contact papillon. Sasuke reprend ses baisers dans mon cou et sur mon torse, joue avec mon oreille et me touche où il veut, d'une seule main. Je me laisse faire, complètement ivre de ce qu'il se passe et bien peu en état de faire ou penser quoi que ce soit.

Un choc électrique me fait me relever d'un bond lorsque je sens que mon membre entre à l'intérieur d'un antre particulièrement chaud et étroit. Je pousse un cri bestial alors que Sasuke plante ses ongles dans ma peau comme auparavant, s'enfonçant toujours plus profondément sur moi, une expression de pure extase imprimée sur sa face. Ses yeux clos et crispés, sa bouche entr'ouverte sur un appel qui ne sort pas, ses soupirs alternatifs. Sa main qu'il ramène vers lui, un peu luisante de son propre fruit.

Je reste hypnotisé par le visage de Sasuke. Son corps se meut avec langueur et souplesse. Il fait plusieurs pénétrations longues et profondes avant d'accélérer le rythme avec ses déhanchements habiles. Mes mains restent suspendues au dessus du bassin de Sasuke, l'effleurant lorsqu'il monte son corps pour ensuite le redescendre rapidement. Je n'ose faire quoique ce soit, sentant toutes mes sensations et émotions se décupler à la cadence de ce qu'il nous fait. Sasuke s'attache soudainement à mes épaules, adoptant une position plus adaptée à son dos tout en cherchant malgré lui à trouver l'angle qui lui donnera le plus de plaisir. Pour le soulager mais aussi parce que je n'en peux plus de ne pas bouger, je passe l'un de mes bras autour de ses épaules, l'autre autour de son flanc afin de le ramener vers moi, de le coller à moi, son sexe entre nos corps ainsi comprimé et stimulé.

Je lève mes jambes pour un meilleur appui et commence à faire mes propres allez et retours en lui, profitant de chaque centimètres gagnés et perdus, me sentant en manque sitôt que je ne suis plus assez vigoureusement en lui. Sasuke apprécie le repos mais pas la position. Il me le fait savoir en se relevant sur ses coudes pour me mater dans les yeux, furibond mais perdu dans ses sens. Il se dégage donc de moi, me tourne le dos et recommence à bouger, en se jetant en arrière, sa tête juste à côté de moi. C'est donc en se regardant dans le blanc du regard que nous atteignons enfin la jouissance quasiment au même instant, moi lui caressant le membre avec fermeté et lui me procurant tout ce plaisir que j'accepte avec des soupirs sans fin.

Sasuke s'effondre contre moi, ferme les yeux et essaie de récupérer sa respiration, comme moi. Nous restons un moment l'un contre l'autre de cette manière, appréciant d'avoir encore ma hampe en lui. Les pulsations de notre orgasme encore frais courent encore dans notre corps, faisant se contracter Sasuke autour de moi, me faisant palpiter contre lui, comme un discours sourd. J'appuie ma tempe contre les cheveux humides de Sasuke, les pointes étant trempes. Il tourne finalement les yeux vers moi et me fais le plus chamboulant des sourires. Je lui souris en retour, mais un peu plus réservé.

Mon amant se détache finalement de moi et s'allonge sur le dos, tête plongée sur les coussins. Je m'essuie discrètement et rapidement le membre avec un bout du drap avant de me lever pour entrouvrir la fenêtre, à défaut de pouvoir l'ouvrir complètement. Je prends appui au rebord de ladite fenêtre et regarde au dehors la ville qui s'active, en bas. La lune a bien avancé dans son parcours. Je me demande ce qu'il va se passer maintenant, avec Sasuke. Je me tourne vers lui et le voit qui m'observe avec le même sérieux que d'ordinaire. L'euphorie n'aura pas été longue, mais je ne m'en offusque pas. Ce que nous avons vécu à l'instant a été bien trop fort pour n'avoir rien signifié du tout.

« Ça va ? Je lui demande, me sentant un peu con d'un coup.

- Tu m'as ruiné ma chemise. » Répond Sasuke avec un amusement assez mal retenu.

Je lui souris avec douceur avant de m'asseoir à côté de lui, posant ma main sur son épaule. J'essaie de ne pas penser et surtout, de ne pas penser à demain. Sasuke semble essayer de me déchiffrer puis s'écarte du bord pour indiquer son ancienne place.

« Dors avec moi Naruto. »

La question semble anodine et tout à fait banale, mais le fait qu'il me la pose m'émeut au plus au point, aussi je m'exécute sans rien dire et m'endors presque instantanément, la tête vide de toute inquiétude.

A suivre...


Voilà voilà !

Les gens qui m'en réclamaient tout le temps (et parfois de façon pas vraiment fine ! Genre, 'putain, tes histoires ont même pas de lemons quoi ! Trop nul !' Si, si..) auront été contents, surtout que comme je le disais avant, ce n'était absolument pas au programme de cette histoire, mais comme ça m'est venu assez naturellement... Bah... J'ai laissé mon instinct me guider.

A tout bientôt, merci encore de me lire, de m'écrire et de me suivre malgré mes longues absences !
Kelly