Alors que Père Jasper guidait Watson et Holmes dans les sous-sols de son église, une tension presque palpable semblait se former et étouffer les trois hommes, les réduisant au silence durant leur marche. Ils entrèrent dans le bureau du Prêtre, puis celui-ci s'approcha de la bibliothèque, devant laquelle il hésita quelques instants avant de finir par la pousser, dévoilant une porte cachée. Il se tourna vers ses deux invités pour leur adresser la parole.
« Ce que je m'apprête à vous dévoiler est passible d'excommunication. Comme vous devez le savoir, c'est la pire des punitions pour un homme de Dieu. »
Le Prêtre attrapa son chapelet aux multiples icônes. De la croix catholique, il retira le plus long bras où était dissimulée une clef pour ouvrir cette porte. Il ne l'ouvrit qu'à moitié pour faire passer les deux amis avant lui. La pièce était grande, poussiéreuse, uniquement éclairée par des bougies. Elle était remplie de meubles contenant des dossiers et toutes sortes d'objets : des artefacts, des peintures...
Watson surveillait son ami de près. Holmes était livide, même s'il s'était soudainement redressé de son lit, aussi raide qu'un mort vivant, après la révélation d'une solution à leur problème, il semblait pouvoir s'écrouler à chaque instant. De plus, il devait mourir de faim, sa forme de prédateur ressortant petit à petit trahissait ce sentiment. Il gardait malgré tout son expression impassible, décidé à écouter ce que l'homme avait à leur dire jusqu'à la fin. Père Jasper les invita à s'asseoir à un bureau qui semblait réservé à observer différents objets à l'abri des regards. L'homme s'assit en face d'eux avant de prendre la parole.
« Avant toute chose, laissez-moi vous raconter mon histoire. Jamais encore je ne l'ai révélée hors de la sainte communauté. »
Holmes s'accouda à la table, plantant ses yeux aux pupilles oblongues dans ceux de l'homme face à lui, prêt à absorber chaque mot qui sortirait des lèvres du Prêtre.
« Je ne me suis pas toujours appelé Jasper. Je suis né le treize juillet mille cinq cent dix sous le nom de Gédéon. »
L'homme s'arrêta un instant avant de reprendre son histoire. Pour une fois, il apparaissait humain, presque vulnérable face aux deux hommes. Il semblait avoir du mal à mettre ses idées en place pour les exprimer.
« Monsieur Holmes... je devine qu'un esprit tel que le vôtre a déjà deviné que ces dossiers sur mon bureau sont ceux qui traitent de mon cas. »
Watson qui n'avait pas pris connaissance de leur contenu, lança un regard surpris et plein de questions vers le Prêtre, tandis que Holmes lui adressait un léger sourire presque amusé.
« Durant près de dix ans de ma vie, il s'est avéré que j'ai été prostitué dans une maison close mixte. Pas le genre de bouge mal famée, plutôt des maisons closes sélectives. J'ai toujours été turbulent et j'avoue que j'ai sûrement tout fait pour susciter la surprise, le dégoût de certaines personnes, surtout religieuses en fait, je me pensais au-dessus d'eux. Alors que je commençais à grandir mentalement, j'avais décidé d'arrêter cette vie de débauche et j'avais trouvé l'amour en la personne de Katia, une jeune femme absolument ravissante, elle était... parfaite à mes yeux. Je me souviens la première fois que je l'ai vue, m'être dit "il faut qu'elle m'aime ou je mourrai". »
Le prêtre eut un léger rire, serrant ensuite ses mains l'une dans l'autre, s'arrêtant un instant avant de continuer.
« J'ai été puni pour tous les tords que j'avais causés. Je m'étais fait détester par toute la communauté religieuse de la ville et un jour, je me suis réveillé avec ceci. »
L'homme retira ses gants puis les bandages pour montrer les trous béants dans ses mains à travers lesquels il était possible de voir.
« J'ai tout d'abord été effrayé, puis ai pensé à une bénédiction... il m'arrivait d'être dans de telles transes que les gens parlaient de lévitation, le sang de mes stigmates a toujours été guérisseur. Puis un jour, deux hommes sont venus me voir, en pleine nuit, ils m'ont enlevé et m'ont interrogé pendant des heures, des jours, ils étaient sûr que j'étais un cas de Troisième Hypothèse...
- Troisième Hypothèse?
- Il y a deux sortes de miracles docteur Watson. Les bons et les mauvais. Et cela, les gens ont tendance à l'oublier, il y a une réciproque à toute chose... un cas de Troisième Hypothèse est extrêmement rare, encore plus rare que les miracles. J'y reviendrai tout à l'heure, pour l'instant, laissez-moi continuer mon histoire. Comme je le disais, ces hommes m'ont interrogé, ils avaient déjà choisi leur camp. Comme ils le répétaient si bien, "les putains ne font pas de miracles"... et pourtant, il a été prouvé plus tard, bien après ma mort, que mon cas relevait du miracle, mais il était trop tard. »
L'homme s'arrêta encore un instant avant de reprendre son récit.
« Un autre cas de Troisième Hypothèse avait été suspecté et prouvé dans une vieille demeure habitée. Une apparition Élémentaire avait été prise pour une apparition mariale et c'était La Troisième Hypothèse... les gens qui venaient se faire toucher par la grâce, se faire soigner, tombaient encore plus malades de maladies inconnues et mourraient dans des conditions et des souffrances atroces. Des centaines de gens sont morts en adoration devant cette chose... lorsqu'ils en ont pris connaissance, les membres de la Congrégation pour la Cause des Saints ont voulu exorciser ce lieu, et pour cela, ils avaient besoin de martyrs. »
Père Jasper se tut un instant avant de reprendre son récit. Il baissa les yeux vers ses mains jointes qui saignaient dans un flot régulier, n'arrivant visiblement plus à soutenir ni le regard de Holmes ni celui de Watson.
« Il est dit que seul le sacrifice d'un martyr peut exorciser La Troisième Hypothèse d'un lieu... mais aussi annuler les méfaits dont elle a été à l'origine, comme la création de nouveaux démons... les fous, les fous... ils ont oublié que pour être un martyr, il faut choisir de le devenir... on ne peut pas obliger les gens à le devenir... ceux qui le font sont coupables... en tuant des innocents, on ne fait qu'agrémenter la puissance du mal... il y a une différence entre un martyr, qui choisit de souffrir et mourir pour une cause et un sacrifice... même si sacrifice veut dire "rendre sacré", lorsqu'un sacrifice est commis pour un Être Élémentaire, seul en résulte son pouvoir croissant, même si celui-ci a été commis pour le faire fuir. J'en ai été le témoin. »
Le prêtre serra ses poings et les mâchoires. Son expression était neutre, vide, on aurait dit une statue ou un pantin. Holmes, lui, ne bougeait pas d'un centimètre et écoutait chaque parole.
« Cet endroit n'était pas une résidence familiale... c'était un orphelinat et un refuge. Ils ont égorgés des femmes enceintes, des enfants, des bébés qui ne savaient même pas encore marcher... c'était un massacre sanglant... pour que leur sang innocent lave le sol et les murs de cet endroit, mais cela n'a fait que les souiller encore plus. Et j'ai été le dernier sacrifié. On parle de la moindre statue qui pleure du sang, mais ce massacre, le monde l'a-t-il su? Non... ce qui a survécu ou repris vie là-bas n'avait plus rien d'humain. »
Les mains de l'homme commençaient à trembler. Il vit soudain une goutte de sang tomber sur le bureau. En relevant les yeux vers le visage du prêtre, Watson vit sur la joue du vampire une traînée de sang remontant à son œil droit alors que son expression restait parfaitement neutre. Le médecin commençait à ressentir l'envie de partir de cet endroit, entendre ce genre de témoignage lui posait un poids sur le torse qu'il semblait incapable de supporter seul.
« Quand je suis mort, j'ai eu une apparition. Cet Élémentaire s'est présenté à moi et m'a parlé. Il m'a proposé de revivre. Cela me paraissait impossible, pourtant, il m'a dit que si je le désirais, il me redonnerait la vie, mais que je devrais vivre la nuit, me nourrir de sang, que je craindrais les rosiers sauvage, l'aubépine et les parfums car j'avais eu une vie "légère"... allez savoir pourquoi mais j'ai accepté de revenir à la vie. Après tout ce que je venais de vivre, implorant, humilié à genoux, mon orgueil était mort et lors de ce massacre dont j'ai été le témoin, au milieu des cris, du chaos dans cette demeure, ce qu'ils n'ont pas vu ni entendu étaient les cris qui m'appartenaient mais ils ignoraient que ce qui s'était arraché à moi devant leurs yeux était mon âme. »
Il s'arrêta encore quelques instants, essuyant du revers de sa main la trace presque sèche sous son œil.
« Quelques jours plus tard, je revivais au monde de la nuit. Vampire je me suis réveillé, et vampire je suis resté chaque nuit depuis. Je suis évidemment parti de chez moi. Durant plusieurs décennies, je n'ai pas vu de vampire. D'un côté, cela me rassurait. Après tout, qu'est-ce que les ténèbres peuvent bien dire aux ténèbres? Je ne suis revenu chez moi que soixante ans plus tard, j'ai aussi revu Katia. C'était devenu une très vieille femme, mais pourtant, mon cœur battait toujours la chamade quand je la voyais et que je m'étais nourri.
- Pourquoi êtes-vous devenu un homme de Dieu après tout cela?
- Parce que je ne connaissais aucun de ces secrets. Je ne comprenais rien à ce qui m'arrivait et je savais que la réponse à mes questions se trouvait dans les archives du Vatican, les dossiers secrets de la religion. Il faut devenir un des leurs pour connaître ces secrets. Je ressens aussi le désir que les choses changent. Que la traque contre les créatures telles que les vampires, les loups garous, les elfes et tous les autres s'arrêtent un jour. Ils ont tous le droit de vivre. Je me suis éloigné du chemin que j'avais choisi d'emprunter mais votre ami m'a rappelé que je travaille au contact des gens et si je décide de garder ces secrets que je m'étais promis de révéler au monde, je ne vaux pas mieux que ces assassins. Mais ce n'est pas tout, j'ai aussi appris à faire preuve d'humilité. J'ai arrêté de me braquer en disant que chaque religieux était mauvais. »
Le Prêtre s'arrêta encore quelques instants.
« Avec le temps, j'ai découvert que la religion n'avait pas que de mauvais côtés. Les gens qui viennent dans mon église ne cherchent pas toujours Dieu. Je vous l'ai déjà dit, beaucoup ont besoin d'espoir, ils ont besoin de bases sur lesquelles s'appuyer. Ils ne sont pas assez forts pour vivre d'eux-même, à travers la religion ou l'espoir, ils apprennent à vivre, à survivre, à être heureux. J'ai vu beaucoup d'âmes se sortir de situations atroces grâce à la puissance de leur ferveur qui est devenue la force qu'ils n'avaient plus. Il y a encore de bons enseignement à tirer de cette religion, j'en suis persuadé, mais beaucoup de choses doivent changer. Je sens au fil du temps que cette Église commence à céder au mal et à la facilité à cause de l'immense pouvoir que leur situation d'hommes de Dieu leur apporte. Ils commettent le pire des péchés, ils commencent à se prendre pour Dieu. Mais assez parlé de cela, maintenant, je vais vous exposer certains de ces secrets, celui qui nous concerne tous. »
Holmes sourit légèrement, cette partie lui était plus intéressante que la précédente.
« Savez-vous quel est le plus ancien cas de Troisième Hypothèse jamais relevé à ce jour?
- Surprenez-moi mon Père.
- Judas d'Iscariote. »
Le détective souleva un sourcil à l'intention de l'homme face à lui.
« Croyez-vous que c'est Dieu qui a rendu la vie à Judas? Non, Dieu n'a jamais existé et ça, tous les religieux les plus haut placés le savent. Celui qui a rendu la vie à Judas était La Troisième Hypothèse. Alors que Judas était pendu, elle est venue le voir et lui a dit qu'il n'était pas autorisé à goûter à la vie après la mort et qu'il marcherait sur ces terres pour l'éternité. Elle lui a de nouveau insufflé la vie, créant ainsi le premier de ses enfants connu à ce jour. Le tout premier vampire. Fasciné par les croix plus qu'effrayé, sa peau brûle au contact de l'eau bénite, il est possible de l'assassiner avec un pieu en bois de peuplier, arbre où Judas s'est pendu et il ressent une aversion puissante envers l'argent, pour la simple et bonne raison qu'on paya Judas de trente pièces d'argent pour trahir Jésus. Au fil du temps, ses émotions, ses sentiments ont été remplacés par un désir de domination et de puissance. À ce que j'ai pu apprendre Monsieur Holmes, Dracula ainsi que vous, êtes les fils de Judas. »
Le logicien se mit à ricaner à cette image qu'il trouvait presque amusante. Watson, lui tentait de comprendre le Prêtre.
« Il y a plusieurs sortes de vampires?
- Autant que La Troisième Hypothèse a pu en créer. Je vais vous expliquer. Comme je l'ai dit, Dieu n'existe pas et tous les religieux les plus haut placés le savent mais ne le disent pas, c'est le culte du secret, ils ne tiennent pas perdre leurs ouailles. Le bien et le mal ne sont que des points de vue, ils sont en équilibre. Ce monde est en fait influencé et non contrôlé par des forces surnaturelles, ils ne sont pas des Dieux: ce sont des Élémentaires. Ce sont des esprits primitifs et indestructibles, sous peine de détruire le monde dans lequel nous vivons et dont l'équilibre est fragile. Il est tout de même possible de les expulser, de les exorciser d'un endroit, pour cela, un homme doit se sacrifier, devenant ainsi un martyr... et cela, pour que ses actes soient nuls et non avenus, il en va de même pour ceux qu'ils ont pu créer, eux reprendront leur vie là où ils l'avaient quittée. Mais ce n'est qu'une hypothèse, qu'une histoire, je n'ai jamais eu de preuves d'expulsion d'Êtres primitifs, d'Élémentaires et les soi-disant "preuves" que j'ai pu avoir remontent à des siècles. L'Élémentaire auquel nous sommes confrontés est une chose en grande partie mauvaise et elle est très puissante. On ne peut vaincre le mal que par le mal, seul un de ses enfants direct pourrait l'inciter à lever sa malédiction sur ceux qui étaient innocents et n'ont pas fait le choix de devenir ce qu'ils sont à ce jour... mais encore une fois, cela n'est qu'une théorie. En vérité, j'ignore ce qui pourrait arriver, mais cela me parait vraisemblable. »
Lorsque le Prêtre se tut, il fallut près d'une minute pour que le lourd silence entre les trois hommes ne soit brisé par Holmes.
« De toutes façons, je présume que nous n'avons pas d'autre solution que celle-ci... tout cela me parait... invraisemblable. Quelle ironie d'entendre cela sortir de la bouche d'un vampire... encore plus ironique quand on sait que ce-dit vampire est, plutôt était un homme de logique qui ne laissait aucune place à l'improbable... je suppose que lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, aussi improbable soit-il, est nécessairement la vérité. »
Le logicien se tut à son tour. Le médecin, lui, observa en silence son ami d'un regard soucieux. Holmes ne semblait pas pouvoir rester en place. Il gigotait, s'accoudait à la table, les secondes suivantes, il s'adossait à son siège. Il semblait être pris d'un sentiment complexe mêlant le souci en pensant à ce qui pouvait se passer, la colère de se sentir impuissant, l'agacement que tout ne puisse rentrer dans l'ordre plus vite et comme il le désirait, que tout soit long, trop long; et l'amusement aussi, devant le ridicule de la situation. Il avait beau s'être fait à son statut surnaturel, cela ne voulait pas dire qu'il l'acceptait totalement, lui et toutes les explications surnaturelles sur le monde qui allaient avec. De plus, la faim ne devait rien faire pour améliorer son état.
« J'ai dit ce que j'avais à dire. Je vous avoue que j'ignore si nous serons capable de retrouver cette chose dans cet endroit maudit où sa force a été aperçue avec sûreté pour la dernière fois à ce que j'ai pu entendre, mais l'espoir fait vivre... je pense qu'il est possible de l'expulser et je ferai ce qui doit être fait pour cela. »
Père Jasper regarda à tour de rôle Holmes puis Watson. Ce dernier tourna la tête vers son ami pour poser une main sur son bras. Le détective semblait perdu dans ses pensées mais il hocha la tête pour ainsi montrer qu'il était d'accord. Les trois hommes sursautèrent en entendant le bruit sec et bref que deux mains qui tapent l'une dans l'autre.
« Bravo... vous êtes satisfait? »
Le Prêtre serra les mâchoires en voyant l'homme qui lui adressait la parole. Il se redressa de son fauteuil en même temps que Holmes, qui entraîna le médecin en lui tirant sur le bras. Le logicien se mit légèrement en avant pour se placer devant Watson, gardant ensuite les bras le long du corps pour l'empêcher de tenter de bouger sur les côtés. Il reconnaissait parfaitement cet évêque qui parlait avec Père Jasper lors de leur arrivée à l'église, il sentait que cet homme n'avait rien de bon. Le Prêtre sortit de derrière son bureau pour avancer vers son supérieur et occasionnellement, empêcher Holmes de lui sauter à la gorge, la faim et la méfiance n'ayant jamais fait bon ménage.
« Cet endroit est maudit et nous le savons parfaitement, nous avons le devoir de venir en aide à ces gens!
- Qu'importe ces gens! Nous sommes les gardiens consacrés d'un savoir millénaire, nous avons renoncé à tout, y compris à notre propre salut pour le sauvegarder! Nous étions conscients de tous les sacrifices que cette mission exigerait de nous, jusqu'au sacrifice de nos âmes! Vous plus que quiconque devriez le comprendre! Tout ceci représente le mal nécessaire afin de perpétuer le bien! C'est pourquoi personne ne doit savoir, personne ne comprendrait!
- Mais ils peuvent comprendre!
- La Congrégation pour la Cause des Saints a l'autorité sur ce qui doit être révélé ou pas! Vous n'êtes qu'un échelon de cette congrégation! Personne hors de l'Église ne doit connaître ces secrets!
- Vous vous croyez mieux placé que le reste du monde pour savoir ce qu'ils peuvent et veulent savoir? De plus, vous leur mentez en leur imposant un Dieu dont vous savez qu'il n'a jamais existé!
- Si j'étais vous, je ne jugerais pas. Vous n'êtes pas le mieux placé. "Les putains ne font pas de miracles", vous vous rappelez? »
Le Prêtre se tut un instant. Il semblait tomber des nues, empreint d'une totale incompréhension, il semblait surpris, dépassé par tout cela. Son expression neutre et sa voix calme se changèrent en une grimace crispée de colère et une voix enragée.
« C'est n'importe quoi! Cette fois, ça suffit! Vous avez totalement perdu le contact avec le monde extérieur! Vous restez assis dans vos fauteuils avec vos secrets et vos lois que vous pensez au-dessus de tout et ça n'a plus rien à voir avec la véritable religion catholique! Au Diable votre doctrine, votre congrégation! Ces gens sont notre salut! Ces gens sont en vie, ils sont réels! Vous vous moquez de ce qui est bien et de ce qui est mal! Il y a bien longtemps que vous ne faites plus la différence!
- Vous tentez de tuer notre religion!
- Non, c'est inexact, ce sont uniquement vos lois stupides que je tente de tuer! Auriez-vous donc oublié sur quoi se fonde notre religion? La Bible ne fait que raconter des histoires, mais ces histoires sont faites pour aider les gens à trouver la bonne direction: Aime ton prochain! Ait une bonne conduite et c'est tout! Et lorsque l'on veut en faire une traduction littérale juste pour asseoir son pouvoir, hé bien, on finit avec tout ça! Une congrégation secrète et des meurtres en masse! Les gens perdent la foi parce qu'à cause de votre attitude, ils ne voient plus en quoi la religion les concerne! Ils en sont venus à rejeter même l'idée de religion et lorsqu'ils n'ont plus de mythologie pour les aider à vivre leur vie, ils sont capables de n'importe quoi! Écoutez, je suis fier d'être catholique, mais je suis catholique dans le monde réel! Et il est temps que vous aussi viviez dans ce monde, le temps est venu de changer! »
Père Jasper resta silencieux plusieurs secondes après avoir fini de dire ce qu'il avait à dire. Il passa les mains sur sa soutane, reprenant son expression et sa voix neutres.
« Maintenant, je vous prierai de quittez ces lieux. Ce qui devra être fait sera fait, que vous le vouliez ou non. »
L'évêque resta silencieux. Les paroles de l'homme face à lui ainsi que son aura le troublaient profondément. Il semblait peser le pour et le contre de la situation.
« Je ne vous demande pas de m'approuver, que vous soyez de mon côté ou de l'autre, cela ne changera rien. Mais à présent, quittez ces lieux, je ne désire plus vous voir, mon Père. »
Toujours perdu dans ses pensées, l'homme âgé tourna les talons pour quitter la pièce sans ajouter un mot, comme envoûté. Quelques secondes après son départ, le Prêtre se tourna vers les deux hommes en sa présence. Holmes était toujours posté devant le médecin, les yeux vitreux, les lèvres entrouvertes, il semblait être dans un état de faim qui devenait dangereux.
« Vous devriez vous nourrir Holmes, avant de commettre un acte que vous regretteriez. »
Le Prêtre tendit une main vers le logicien en avançant vers lui mais Watson sortit de sa cachette derrière son ami pour se poster à ses côtés.
« Non. Je m'occupe de cela cette fois-ci. », interrompit le Père Jasper en levant une main.
Alors que Holmes allait le stopper de quelques paroles, celles-ci restèrent coincées dans sa gorge. Sa quasi-résurrection d'un état critique lui avait laissée des séquelles, il était faible et avait besoin de repos ainsi que de se nourrir. Le parfum doux et fruité du sang juste sous la peau mettait tous ses sens en éveil, il ne pouvait pas le refuser. De plus, il savait que Watson n'était pas en état de supporter un nouveau prélèvement, inutile de mettre sa vie en danger plus qu'elle ne l'était déjà.
« Bien... demain soir, nous partirons pour cette demeure, elle se trouve dans les campagnes qui entourent la métropole. Comme je vous l'ai dit, je ne sais pas ce qui nous attend, ce qui va se passer, si je serai en mesure de la revoir, encore moins si mes actions auront un quelconque effet. Jusque là, reposez-vous, je ne sais pas de quoi demain sera fait. »
Elle s'est fait attendre cette suite x)... désolé mais bon, les vacances, tout çaaaa... et puis ces derniers temps j'ai eut des problèmes au bras et à la main, je n'ai aussi pas trop la tête à écrire ces temps-ci, beaucoup de boulot donc le rythme sera moins soutenu qu'avant je le crains.
J'ai l'impression que ce chapitre a ni queue ni tête, que c'est pas cohérent, mais bon j'ai écrit une partie y'a plus d'un mois et j'ai pas relu le début ni le chapitre d'avant... enfin bref pas grave, j'avais dit que ce chapitre était complexe, il est aussi complètement loufoque mais c'est pas grave de toute façon si on aime pas le loufoque, je suis pas le bon auteur...
La phrase que mon homme avait dit et qui m'avait fait réfléchir (j'avais dit que je l'indiquerais quand je l'aurais écrite dans la fic) était qu'il y a deux sortes de miracles, les bons et les mauvais et j'avoue que je n'y avait pas pensé avant qu'il ne me le dise x).
A bientôt :)
