Il ne m'est pas coutume de faire un petit blabla d'auteur mais vu le temps que j'ai mis à posté ce chapitre, c'est un geste naturel.
Excusez l'humble mortelle que je suis ! Pour dire vrai il y a eu quelques mauvais timing entre moi et mon cher beta reader (merci à toi d'ailleurs de te faire saigner les yeux pour que cette histoire soit lisible). Nous avions tous deux à faire puisque nous changeons de ville ! Pour la première fois je vais avoir un chez moi sans Papa Maman. J'en suis excitée !...Et un peu angoissée. M'enfin qui vivra verra.
J'en profite pour vous remercier, très cher lecteurs et lectrices, pour vos critiques constructives, vos encouragements et votre éternel bonne humeur et bienveillance auprès de ma fanfiction. Vous êtes son essence même finalement. MERCI !
Shizuo et Izaya n'avait jamais été aussi près l'un de l'autre depuis des mois. Dix mètres les séparaient sans qu'aucun des deux n'en aient conscience. Au rez-de-chaussée de l'immeuble de l'entreprise, notre blondinet s'éventrait pour avoir un job et s'infiltrer. Dans les films, l'infiltration d'un agent semblait trépignant et excitant, ici, Shizuo avait dû se battre contre l'administration de l'entreprise pour d'écorcher un entretien d'embauche.
Il était assis dans un hall lumineux et sobrement décoré. Les autres prétendants au poste de garde du corps étaient assis bien droit dans leurs sièges en attendant sagement leur tour. Notre héros, lui, était avachi dans ce si confortable fauteuil de cuir souple et élégant. Il avait remis sa tenue de barman. Un veston noir, un nœud papillon noir, des chaussures noires, un pantalon à pinces noires et une chemise blanche pour mettre un peu de lumière dans cette tenue si triste. La grande porte en bois laquée s'ouvrit et un petit homme à l'air de majordome l'appela. Il le conduisit dans un bureau aussi lumineux que le hall où un homme d'affaire au sourire ravageur l'attendait.
-Monsieur, chanta-t-il gaiment en attrapant sa main pour la serrer avec poigne. Enchanté, je suis David Coolman le DRH de la boite Q.I.
David Coolman était un trentenaire aux cheveux noirs et aux iris bleu. Son charme et son charisme naturel avait était ses plus fidèles alliés pour gravir les échelons, même si papa l'avait bien soutenu. Il avait accepté de reprendre la direction des ressources humaines, toutefois ses ambitions étaient bien plus vastes que le recrutement et le licenciement des employés. Il voulait le beurre, l'argent du beurre et le cul de la laitière. Déjà millionnaire, grâce à son pédigrée, et engagé dans une relation plus que professionnelle avec la femme du PDG, il ne lui manquait plus que le beurre.
-Je suis Shizuo Heiwajima, je viens postuler pour le poste de garde du corps.
-Ou agent de sécurité, ajouta-t-il avec un sourire commerciale.
-Euh…oui.
Le blondinet se souciait peu de quel poste il occuperait, tant qu'il était dans la boîte. Coolman lui offrait toujours un sourire éclatant de blancheur. Son costume n'avait pas un pli et sa cravate était retenue à sa place par une petite épingle en or qui valait au moins deux mois de salaire au bar de Tabernoucle. Fort heureusement, notre petit enquêteur en herbe était insensible à l'intimidation implicite, mais ostentatoire, des bureaucrates. A vrai dire, il n'était sensible à aucune intimidation.
-Bien, commença Coolman en s'asseyant élégamment sur son fauteuil. Pourquoi je vous prendrez-vous et pas un autre ?
Coolman adorait poser cette question, il ne se souciait gère des formalités d'emplois ennuyeuses à mourir, il voulait voir ce que ses (ex)futurs-employés avait dans le ventre. Peu importe qu'ils ne réussissent pas à garder un job, peu importe leur casier judiciaire. Il n'aurait pas non plus affirmé que c'était des éléments nécessaire pour les « agents » de l'entreprise mais il ne l'aurait pas non plus nié.
-Je ne pense pas être mieux que les autres qui attendent, je sais juste que ce genre de travail nécéssite une certaine force physique. Et je suis plutôt fort dans mon domaine.
Shizuo avait détesté l'idée de mettre en valeur son côté mutant cependant Safia avait trouvé que ce serait un bon argument pour être recruté plus vite. Le gamin retint une grimace de dégout en évoquant son incroyable capacité physique.
Le parfait commerciale eu un petit sourire amusé.
-Vraiment ?, ricana-t-il comme s'il attendait une preuve.
Le cerveau protozoaire digéra et compris l'invitation à une démonstration de force.
Sous le regard médusé de Coolman, le blondinet à l'air hagard s'empara avec une main de l'anse en fer de la chaise et la plia sans le moindre effort.
-Oh mon Dieu !, s'exclama-t-il comme s'il venait de gagner au loto. Vous êtes un mutant, c'est ça ?
Coolman s'était levé de sa chaise et passait sa main dans ses parfaits cheveux bruns, excité par ce qu'il venait de voir. Il avait enfin trouvé son homme de main, celui qui allait lui donner le beurre.
Il reçut comme réponse un hochement de tête vaguement suspicieux. Le sourire un peu trop émerveillé du commerciale n'égaillait aucunement Shizuo.
-Un mutant ! Haha ! Parfait ! C'est parfait ! Monsieur vous êtes engagé mais pas comme garde du corps…, précisa-t-il avec un clin d'œil.
Shizuo sentit ses entrailles grogner méchamment n'augurant rien de bon. D'un côté cela voulait dire qu'il se rapprochait de son fléau.
Et Dieu sait qu'il n'avait pas tort. Dans les sous-sols du bâtiment un brunet amaigris se réveilla dans une salle bruyante. Dans d'autres circonstances il aurait sauté de joie. Le bruit était synonyme de vie, d'humain, de contacts. Cependant l'opération infligée à notre pauvre petit démon lui donnait la nausée et le bruit ne faisait qu'amplifier le goût de la bile dans sa gorge. Il réussit à saisir un seau mit au pied de son lit et vomit allègrement. Il entendit à peine l'infirmière signaler que le « sujet 401 » était réveillé. On déposa des vêtements propres au pied de son lit avant de refermer les rideaux blancs qui encerclaient son nouvel espace d'intimité. Son nouveau style vestimentaire était dépourvu de fourrure blanche. C'était un simple pantalon blanc et un sweatshirt noir.
Une fois habillé, il s'aventura à l'extérieur. Des centaines de personnes s'affairaient dans tous les sens. Certains habillés tout en blanc, certains habillés comme lui. Des ordinateurs surpuissants étaient disposés au centre de la pièce et affichaient des lignes de codes et des cartes. Sa tête le faisait atrocement souffrir, il se sentait différent, vidé et exténué.
Une trentenaire aux cheveux sévèrement révélés sur la tête se précipita vers lui.
-Asseyez-vous 401, vous devez être fatigué après l'opération que vous venez de subir.
L'ancien lui aurait protesté mais son corps obéis immédiatement à l'ordre. Sans hésitation.
-Ouvrez la bouche, ordonna-t-elle en allumant une petite lampe de poche.
Encore une fois il obéit sans ciller.
-Toussez.
Ses poumons se contractèrent automatiquement pour obéir.
-Bien, vous pouvez rejoindre les autres dans la salle commune nous allons vous distribuer vos tâches journalières.
Sans lui prêter plus d'attention l'infirmière partit sans même vérifier si notre brunet obéissait. L'ancien lui aurait profité de ce moment d'inattention pour faire le tour de la salle, se faufiler partout et analyser son environnement et les êtres qui le composaient. Cependant le nouveau ne jeta même pas un regard autour de lui et se dirigea vers la salle commue.
Pendant qu'il suivait les indications et sentit comme un manque. Il lui manquait quelque chose. IL n'arrivait pas à savoir quoi…à se souvenir… Il débarqua dans un bureau soigneusement rangé. Trop rangé.
Un vieil homme au regard perçant l'attendait. Ce regard lui disait quelque chose mais le brunet ne put dire quoi. IL avait l'impression d'avoir déjà vu cet homme, ce regard, oui ce regard lui rappelait un mauvais souvenir, mais lequel ?
-Bonjour 401, le salua l'homme. Je vais commencer par te poser des questions de routine, pour vérifier que l'opération se soit bien déroulée.
Il hocha la tête.
-Bien, te souviens-tu de ton vrai nom ?
Il réfléchit intensément en fronçant les sourcils, essayant de retirer quelque chose de la brume qui envahissait son esprit. Ce fut un échec total.
-Je…non, avoua-t-il à contrecœur.
-Je ne le sais pas non plus, je t'ai récupéré dans la rue, perdue parmi les ordures. Je t'ai récupéré, préparé, soigné et nourris jusqu'à ce que tu puisses rejoindre les autres. Je suis ton sauveur vois-tu, conclu-t-il en ouvrant ses bras. Cependant tu n'es pas le seul que j'ai sauvé, c'est pour cela que tu portes comme nom un chiffre. Tu es 401, susurra-t-il en se rapprochant de lui.
Il le prit par l'épaule et le fit se retourner pour contempler son environnement.
-…et ceci est ta maison et nous somme ta famille.
Notre pauvre « sujet 401 » le cru et n'eut pas la volonté de protester, de pointer les erreurs dans son récit. Il n'eut pas la force de se rebeller parce qu'il savait que tant qu'il n'aurait pas retrouvé sa mémoire il devrait le croire. Cette absence de volonté n'était pourtant pas anodine.
