11
Le sacrifice
Essoufflée, écorchée, épuisée et tremblante, elle remonta la bute en courant, glissant sur la boue froide et collante. Arrivée au sommet, elle s'arrêta, cherchant son air. Un souffle violent fit brutalement plier les arbres et un tremblement secoua le sol. Elle s'accroupit en regardant le ciel, puis scruta les frondaisons autour d'elle. A moins qu'elle ne se trompe, le vaisseau qui les avait abattus venait de se poser.
Elle ne désirait qu'une chose : s'arrêter, s'étendre, panser ses plaies et s'endormir, mais elle pressentait un danger. Depuis un long moment, quelque chose pulsait dans son crâne, comme un signal d'alerte. Prudente, vigilante, elle avait préféré s'engouffrer dans la forêt sitôt s'était-elle remise debout après le crash. Avec un pincement au cœur toutefois. Car elle avait ainsi laissé Marine et Kiki derrière elle, ainsi que les autres femmes, et tous les autres réfugiés du vaisseau. Mais elle sentait le danger. Comme un sixième sens.
Au début, elle avait attribué ça à sa grossesse, qui exacerbait ses sensations, ses sens, sa sensibilité. Mais, au final, elle avait deviné que c'était autre chose. Une force qui avait sommeillé en elle pour se réveiller ensuite lentement.
A gestes fébriles, elle attrapa une pleine poignée de boue et s'en tartina le corps, recommençant jusqu'à ce que sa peau soit entièrement brune et collante. Elle avait retenu ça de leur errance sur Terre : la boue ne protégeait pas seulement des rayons du soleil, elle camouflait également, et ce vaisseau ennemi, qui les avait attaqués, ressemblait étrangement à Pacifitia, il devait donc être doté des mêmes armes, comme des capteurs infra-rouges par exemple. Et rien de tel, pour échapper à ça, que de la boue froide.
Fermant les yeux, elle en appliqua sur son visage et dans ses cheveux pour ne pas oublier son crâne. Elle aurait pu abandonner. C'était tellement plus facile, et la tentation avait été si forte, durant longtemps. Lorsque Cassios était mort, la tristesse l'avait enveloppé comme une cape de plomb impossible à retirer. Grâce à lui, elle s'était sentie vivante, importante, aimée. Puis il était parti, il s'était sacrifié pour eux.
Et puis elle avait senti bouger en elle. L'enfant qu'elle portait vivait et grandissait dans son corps. Mais ce n'était pas seulement son enfant. C'était aussi celui de Cassios. Alors, portée par cette alerte insistante et par son désir de protéger son petit, elle avait fui dans les bois, fui le feu et l'ennemi. Abandonner les autres derrière elle, potentiellement blessés, lui avait fait mal, mais elle savait maintenant qu'elle avait bien fait.
Résolue, elle se recouvra de boue autant qu'elle le put, même si la pluie qui tombait inlassablement ne l'aidait pas à rester camouflée, puis se redressa et courut encore. Elle avait repéré l'endroit où le vaisseau ennemi avait atterri, et avait le sentiment que ses camarades ne se trouvaient pas loin.
...
Ils avaient tenté de se regrouper autant que possible. De s'armer autant que possible. De se faire le plus discrets possible. Mais ils savaient tous que c'était inutile. Comment échapper à des hommes forcément bien mieux armés ? Certainement entraînés ? Et assurément en bien meilleure forme ?
Jabu aurait préféré prendre la fuite, plutôt que de rester à cet endroit à attendre qu'ils les trouvent, mais plus de la moitié d'entre eux étaient intransportables, et Angelo, revenus parmi eux avec les autres initialement partis pour dépecer et découper l'animal mort découvert par Ikki, avait refusé d'abandonner ceux qui ne pourraient les suivre. Alors ils s'étaient regroupés, armés de bâtons, de bouts de métal, de couteaux, et attendaient dans le crépuscule et le froid, dans la boue.
Depuis que le vaisseau avait atterri, c'était le calme absolu dans la mangrove. Ils n'entendaient que la pluie qui tombait, plus forte et plus vive à chaque minute. Il leur sembla attendre des heures durant.
- Peut-être qu'ils ne nous ont pas localisé, hasarda Kanon, tendu.
- Pourquoi atterrir si près de nous dans ce cas ? répliqua Angelo la mâchoire serrée.
- Peut-être parce qu'ils avaient simplement trouvés un bon site d'atterrissage.
- Ils sont sans doute équipés d'infra-rouge, lança Marine, en arrière, Kiki serré contre elle. Ils nous ont forcément repérés.
Le silence revint, plus effrayé qu'auparavant. Ils étaient épuisés, blessés, acculés. Comme des bêtes traquées. Et, comme des bêtes traquées et affaiblies, bien décidés à lutter pour leur survie.
Aiolia, tout en protégeant Shun de son corps, scrutait les bois qui s'enténébraient, un bâton de fer dans les mains. Ikki était à ses côtés, ne tenant qu'une lourde masse de bois, l'uniforme distendu par la présence de la petite créature qu'il avait adopté. Derrière lui, Shiryu tremblait sans cesser de regarder autour de lui, effrayé. Shun, quant à lui, s'était redressé et, adossé à l'arbre géant sous lequel ils s'abritaient tous, luttait contre la douleur qui s'éveillait dans sa jambe brisée.
Et puis, ils vinrent.
...
Lorsque Sion découvrit le dernier enregistrement audio capté par Olympus un peu avant qu'ils ne soient tous réveillés et découvrent que la Terre avait éclaté en des milliards de débris flottant dans l'espace, il n'en crut pas ses yeux. Un message entrant, d'un expéditeur non-identifié, émit depuis la base lunaire de l'Alliance. Le rapport disait que le vaisseau avait, comme à son habitude, envoyé un accusé de réception automatique vers l'envoyeur, mais que ce-dernier n'avait pas abouti. Et, un instant, il se demanda pourquoi. Avant de comprendre.
Ce message avait été envoyé quelques secondes seulement avant que le soleil n'explose. Une chance qu'il leur soit parvenu sans être détérioré ou complètement détruit par les émissions radios de l'étoile mourante. D'une légère pression du doigt, il l'ouvrit.
Le visage triste d'une femme apparu alors sur le petit écran encastré dans la console. Sion se pencha pour mieux entendre sans avoir à monter le son de peur que d'autres l'entendent.
La femme, ravagée par une triste intense, se mit à parler d'une voix calme.
- Je m'appelle Andromède Hicks. Comme vous, je suis née, j'ai grandi, et je vis sur la Base lunaire. Je lui ai voué ma vie. Mon mari a donné la sienne pour elle. Il y a eu tant de sacrifice … pour des mensonges.
Elle s'arrêta, se lécha les lèvres et reprit, des larmes dans les yeux.
- Le Directeur de l'Alliance et les Docteurs des Instituts terriennes nous ont toujours menti. A nous. Des clones.
Sion retint son souffle. Elle était un clone ? Lorsque lui et ses camarades avaient quitté la Terre pour Espérance, le clonage n'était qu'un projet afin de repeupler la planète et installer des colonies sur la lune et sur Mars. C'était pour cette raison que lui et ses hommes en avait arrêté plus de la moitié avant le départ : afin de fournir assez de matière génétique aux Archiscientistes de l'Alliance. Il avait enfin l'information qu'il désespérait d'avoir. Ce projet avait fonctionné. Cette femme dont il voyait le visage était un clone.
- Oui, continuait-elle à travers l'écran – voix venue de très loin, d'un autre temps et d'un autre espace. Nous sommes les clones. Ils nous ont menti. Tous. Depuis toujours ils nous disent que les clones, ce sont eux, ces corps sur Terre retenus dans des caissons de verre. C'est faux. Tout est faux.
Soudain, un éclair de lumière illumina violemment son visage et elle ferma les yeux avec une brève grimace, avant de se reprendre. En sourdine derrière sa voix, Sion entendit alors des rafales, qu'il identifia immédiatement comme des tirs de lasers. Il comprit alors que ce message était une émission pirate. Et que, avant l'explosion du soleil, ç'avait été l'anarchie sur la Base lunaire.
- Depuis peu, j'appartiens à Icare, reprit la femme avec plus de détermination. Et grâce à des logiciels espions, nous avons capté des rapports en provenance des Instituts terriennes. Ceux qui sont retenus dans ces caissons … frigorifiés sur Terre … ce sont eux, les humains. Nous sommes leurs clones. Les mêmes souches reproduites à l'infini par implantation embryonnaire. Ils ont fait de nous des êtres stériles afin de contrôler les naissances, puis l'aspect des fœtus … afin de déterminer eux-mêmes qui méritait de vivre.
Il y eut une autre explosion, des cris lointains, et soudain le visage de cette femme, Andromède Hicks, se crispa de douleur et de souffrance. Un instant, ses yeux quittèrent la caméra et ses lèvres tremblèrent. Qu'avait-elle vu ?
- En ce moment, reprit-elle d'une voix tremblante, des hommes sont en train de mourir pour que je puisse transmettre ce message. Des hommes de valeur, courageux. Pour que vous sachiez. Nous ne sommes … même pas leurs enfants. Nous ne sommes qu'une brève reproduction de ce qu'ils sont. Nous avons appris récemment que le programme de cryogénisation des Instituts dégénérait et que, par conséquent, les humains retenus ainsi captifs depuis des centaines d'années, étaient livrés à eux, sur cette Terre mourante et hostile. Des hommes. Des femmes. De vrais humains.
Sion retint son souffle. C'était ce qu'il avait craint. Soudain, une alarme stridente lui vrilla les tympans et il sursauta.
- A tous les Pilotes, disait la voix calme de Ava. La procédure d'atterrissage est lancée, rendez-vous tous en salle de débarquement. Attention, présence hostile extérieure détectée, armures et armes recommandées. Instruction de votre Général : ordre de capturer les fugitifs, tirez à vue si nécessaire.
- Pas maintenant, pas maintenant ! grommela Sion en se concentrant sur l'enregistrement vidéo qui défilait toujours.
- … veux nous cacher la vérité jusqu'au bout, continuait la jeune femme. Le Directeur lui-même, lorsqu'il apprit la vérité, fit exécuter l'humain dont il était issu, un jeune Ingénieur du nom de Seiya Yukimura, afin d'être le seul. L'unique. Il sait, que le soleil mourant n'en a plus que pour quelques heures, et pourtant il garde cette information secrète. Son but est de s'enfuir à bord de navette de courte-distances, emportant avec lui des centaines d'échantillons génétiques viables afin de cloner la race humaine à l'infini. Mais nous ne sommes pas la race humaine. Nous n'en sommes qu'une pâle copie. Nous allons l'en empêcher.
L'image trembla brusquement. Sion comprit alors que la caméra devant laquelle parlait Andromède Hicks était secouée par une nouvelle explosion. Puis, la pièce dans laquelle elle se trouvait s'assombrit brutalement et des silhouettes projetèrent leurs ombres mouvantes sur le mur derrière elle. A leur aspect général, Sion devina qu'il s'agissait de soldat. Il les entendit crier, lui ordonner de se taire ou elle serait immédiatement exécutée, d'arrêter cette transmission interdite. Elle n'obéit pas. Continua de parler, continua d'affirmer que les derniers humains, les derniers représentants de la véritable race humaine étaient en danger sur Terre, luttant pour survivre.
Sion sursauta et retint son souffle lorsque la jeune messagère reçut, sans autre forme de procès, un tir laser en pleine poitrine. Pour la faire taire, les soldats n'avaient rien trouvé d'autre. Le souffle coupé, Sion continua de regarder l'écran, hagard. Andromède Hicks s'était écroulée. Sur le mur, en plus des ombres de ses meurtriers, il y avait désormais une large tâche de sang et d'éclaboussures.
Il se leva brusquement. Il fallait qu'il montre ça au Général Sage sans plus attendre ! Mais de nouvelles voix étouffées sur l'écran le retinrent un instant. Les soldats recevaient de nouvelles instructions. Sans plus se préoccuper d'être pris sur le fait, il augmenta le son de l'enregistrement. Les voix disaient qu'il y avait eu intrusion dans la salle d'embarquement, que des hommes, se revendiquant membres d'Icare, hurlaient haut et fort que leur vie abominable prendrait fin ici, et que le Directeur ne s'enfuirait pas. Sion comprit, avant de voir ce monde derrière l'écran être ébranlé, qu'ils avaient orchestré un attentat à la bombe, et que la jeune femme avait servi de diversion. Tout trembla sur l'image, il y eu des cris terrorisés, et tout devint noir.
Le cœur battant à cent à l'heure, Sion resta un instant immobile. Puis, prit d'une impulsion, il actionna le bouton d'appel et demanda :
- Ava, peux-tu me dire d'où est parti le vaisseau abattu ?
- Analyse des données téléchargées avant le crash, en cours, répondit la voix claire de l'intelligence artificielle. Analyse terminée. Pacifitia, vaisseau de guerre de classe 1 de l'Alliance, montée et assemblée sur la Base ionienne de l'Alliance ; premier voyage programmé : Io-Terre. Arrivée à destination.
Ava se tut. Sion fronça les sourcils. Io ? Il y avait une colonie sur Io ?! Il ferma les yeux. Une colonie qui avait, elle aussi, disparu après la destruction du système solaire.
- Que s'est-t-il passé ensuite ? demanda-t-il avec calme.
- Aucune donnée, répondit Ava.
Sion en haussa les sourcils de surprise.
- Comment ça aucune donnée ?! demanda-t-il, un peu agressif. Il y a forcément une trace du décollage depuis la Terre ?!
- Aucune donnée, répéta patiemment Ava.
Il y eut une secousse, signe qu'Olympus venait d'atterrir. Il commençait à manquer de temps. Brusquement, il demanda à l'intelligence du vaisseau de lui afficher le rapport. Une page remplie de donnée apparue immédiatement sur l'écran et il se pencha pour mieux y voir. Ce que Ava lui avait dit apparaissait clairement, suivit de la mystérieuse annotation : « Mama off ».
Il se figea. C'était son rôle, en tant que lieutenant, de connaître toutes les subtilités d'un rapport de pilotage et des données inscrites. Mama devait être le nom de l'intelligence artificielle de Pacifitia. Off signifiait tout simplement qu'elle avait été déprogrammée. Impossible. Sauf si …
Sauf si la navette s'était élevée à la conscience ?
Il en frémit avant de se rappeler que ladite navette n'avait pratiquement pas riposté durant le bref combat qui avait précédé le crash, ce que n'aurait pas manqué de faire un vaisseau de guerre ne répondant plus qu'à son libre-arbitre. Non, cela signifiait simplement que quelqu'un avait pris les commandes de Pacifitia et sciemment désactivé l'intelligence. Mais pour la remplacer par quoi ?
- Qui pilotait Pacifitia ? demanda-t-il à Ava.
- Capitaine Milo Kostas, matricule 103-2-817, Pilote de grade dix.
- Milo !
Inutile d'attendre davantage. Inutile de chercher plus longtemps. La réponse était ici. Il connaissait Milo, puisqu'il l'avait lui-même emmené en salle d'analyse, à l'Institut, conformément aux instructions qu'il avait reçu avant d'être envoyé, avec les autres, dans l'espace. Le meilleur Pilote qu'il ait jamais connu, et le plus fou aussi. Le seul Pilote a jamais avoir atteint le grade dix.
Déjà, il courrait hors de la salle, dans les couloirs. Cette Andromède Hicks avait dit la vérité. Ils étaient humains.
Ils avaient tiré sur leurs anciens camarades, ceux qu'ils avaient eux-mêmes condamné à des centaines d'années de sommeil congelé. C'était donc bien Kagaho, dans cette corvette de combat, que Yuzuhira avait abattu.
Les mâchoires serrées, il courut.
...
Ils avaient surgi des ombres de la nuit qui tombait. Tous, ils retinrent leur souffle et levèrent leurs armes. Leurs bras tremblaient. Aiolia banda les muscles de ses jambes, pour qu'elles ne le trahissent pas. Il était épuisé. En colère. Prêt à protéger les autres, prêt à protéger Shun incapable de se défendre seul dans son état, incapable même de se lever pour fuir.
Mais, en face d'eux, il y avait des soldats. Le corps recouvert d'une combinaison noire et terne, qui se fondait parfaitement dans la nuit, et armés de fusil semblable à ceux que des hommes avaient brandi face à eux avant qu'ils n'atteignent Pacifitia, alors qu'ils étaient encore sur Terre, ils les avaient encerclés sans bruit. Leur tête était recouverte d'un casque que la pluie rendait luisant, et la visière sombre les empêchait de voir leur visage. Marine avait raison. Vu la facilité et la discrétion avec laquelle ils étaient sortis des arbres, pas le moins du monde surpris de les voir sur leur route, ce casque était certainement doté d'une vision infra-rouge. Manifestement, ils ne les avaient pas cherchés longtemps.
Il y eut un souffle d'air chaud, un grondement, le sol trembla ainsi que les arbres autour d'eux, et une voix dit :
- Shiryu ?!
Ils se figèrent tous. Quelques têtes se tournèrent vers Shiryu qui, surprit d'avoir été ainsi interpelé par un soldat dont il ne voyait pas le visage, s'était figé, bâton levé et sourcils arqués.
Et ledit soldat, vers l'extérieur droite de la ligne armée qui leur faisait face, retira justement son casque. Aiolia retint son souffle et vacilla presque sous la surprise. Le visage de Dohko se révéla dans la nuit pluvieuse, tout aussi surpris qu'eux, un grand sourire aux lèvres.
- C'est toi Shiryu ! lança-t-il avec joie.
Aiolia entendit le garçon, caché derrière Ikki, retenir difficilement un hoquet surpris. Plus personne ne bougeait, dans un camp comme dans l'autre.
Impossible !
Dohko était mort sur Terre, noyé par la crue qui les avait fauchés !
...
Sion se dépêcha d'enfiler sa combinaison de kevlar en grommelant. Il n'avait pas été assez rapide, et tous les autres ou presque étaient sortis à la rencontre de ceux qu'ils prenaient pour des clones évadés, et qui étaient en fait leurs camarades humains. Il devait faire vide, ou alors il serait trop tard !
Il gagna la salle de débarquement au pas de course en terminant de fermer sa combinaison, descendit dans le sas de sortie. Passa la porte restée grande ouverte. Et se figea. Face à lui, Milo. Et une arme laser qui le regardait droit dans les yeux.
Sans vraiment s'en rendre compte, il leva les bras, le souffle coupé. Et attendit.
Milo, face à lui, trempé, le fixait intensément. Son bras ne tremblait pas. La lueur dans ses yeux était intense et décidée. Un éclair illumina le ciel sombre, puis il y eut une nouvelle secousse. Le cœur thermonucléaire de Pacifitia n'allait pas tarder à s'effondrer sur lui-même, et à exploser. Que faire ?!
- Milo, souffla Sion prudemment. Qu'est-ce que tu ?
- Je dois aller le retrouver, le coupa Milo d'une voix sûre. Il est resté là-haut.
Sion fronça les sourcils. Et regarda plus précisément. Les yeux de son interlocuteur étaient complètement dilatés, signe qu'il était sous le choc.
- Qui ? tenta-t-il doucement.
- Camus, répondit immédiatement Milo en haussant un peu le ton. Il est là-haut ! Il est seul, je dois le rejoindre.
Le cœur serré par la honte, Sion déglutit. Evidemment, certains étaient morts durant l'attaque qu'ils avaient mené. Evidemment.
- Je suis désolé, souffla-t-il en faisant un pas hors du sas.
Milo releva davantage son arme, dont le cœur rougeoyant au fond du canon se révéla à Sion. Il stoppa encore, soudainement indécis. Dans sa douleur, Milo serait-il capable de le tuer ?
- Je ne veux pas le laisser seul, reprit ce-dernier d'une voix encore plus sûre. Je veux le rejoindre. Laisse-moi passer.
Sion comprit. Si Milo était face à lui, c'est parce qu'il avait l'intention de s'emparer d'Olympus.
- Je ne peux pas te laisser faire ça, tenta-t-il durement, il y a encore des membres de mon équipage à bord. Je ne peux pas …
- Tu es mort, le coupa Milo. Tu n'es pas réel.
Durant un court moment terrible, Sion cru qu'il était vraiment menacé, puis il comprit. Milo l'avait vu mourir. Plus précisément, il avait vu son clone mourir.
- Ce n'était pas moi, répondit-il avec plus de douceur. C'était un clone, Milo. Avant de partir, Dohko et moi avons accepté d'être cloné, et Kagaho lui, est resté. Tu ne !
- Laisse-moi passer.
Un sifflement monta de l'arme que Milo tenait, signe qu'il avait commencé à appuyer sur la gâchette. Sion frémit. Pour lui, il était déjà mort. Alors qu'est-ce qui l'empêcherait de tirer ?
- D'accord, concéda-t-il, mais d'abord laisse-moi faire descendre ceux de mon équipage qui sont restés à bord. Tu veux bien ?
Milo ne répondit rien, mais, après quelques secondes terribles, le sifflement de l'arme cessa. Sion fit quelques pas en arrière, remonta dans le sas, les mains toujours levées, sans quitter Milo des yeux. Lentement, prudemment, il tendit la main droite et actionna l'intercom général du vaisseau.
- A tous les membres d'équipage, annonça-t-il d'une voix aussi sûre que possible. Ici le capitaine Sion Tsering qui vous ordonne d'évacuer immédiatement le vaisseau. Je répète, sortez du vaisseau immédiatement !
Il coupa la communication, leva de nouveau la main, et attendit. Milo lui faisait face toujours face, mais regardait le ciel.
- Et si tu ne le retrouves pas ? lui demanda-t-il, attirant de nouveau son attention sur lui. Que feras-tu ?
- Je le chercherais jusqu'à ce que je le retrouve, répondit tout naturellement Milo d'une voix terriblement calme. Mais je sais où il est. Je le vois.
Il leva de nouveau les yeux vers la voûte du ciel. Et sourit.
- Il me fait signe, précisa-t-il.
Il y eut un nouveau souffle, et la secousse qui s'ensuivit fut plus brutale que les précédentes. Sion tangua sur ses pieds, surpris. D'après son expérience en astrophysique, le cœur thermonucléaire en avait pour quelques minutes seulement avant d'exploser. Et soudain, il comprit qu'il tenait la solution. Que c'était leur seule chance.
- Milo, reprit-il vivement, écoutes-moi. Il y a un cœur au milieu de l'épave, un minuscule soleil. Tu dois l'emmener avec toi. Il y a un canon de capture gravitationnel sur le flanc gauche d'Olympus. Avec ça tu devrais pouvoir …
Des pas retentirent derrière lui et Sion se décala sur le côté juste à temps pour voir apparaître Alone et Sasha, qui terminaient tout juste de zipper la fermeture de leur combinaison.
- Capitaine ? lui demanda le jeune navigateur, essoufflé. Que se passe ?!
Il se figea, les yeux écarquillés, en voyant Milo, et leva les mains à sa tour. A ses côtés, la jeune médecin de bord fit de même, le souffle coupé.
- Restez calme, leur dit Sion sans quitter Milo des yeux. Il est … en état de choc, ne tentez rien.
D'autres pas dans leur dos et Asmita, le Scientifique de bord, apparut, suivit de près par Albafica, Astrophysicien. Tous deux se figèrent à leur tour.
- Vous êtes les derniers ? leur demanda Sion sans bouger.
- Oui, répondit Asmita avec prudence. Tous les autres sont sortis avec le Général.
- Milo ? demanda Albafica, les sourcils froncés. Mais que ?
- Sortez, répliqua durement Milo, les yeux très sombres. Maintenant.
- Faites ce qu'il dit, ordonna Sion en s'éloignant du sas.
- Mais ! tenta encore l'Astrophysicien avant d'être poussé par Asmita.
Ils s'éloignèrent tous les cinq, en gardant Milo à l'œil. Dès qu'ils sortirent complètement d'Olympus, la pluie froide et violente les cingla, leur arrachant gémissements et grognements. Milo entra dans le sas à son tour tout en les gardant en joug.
- Bienvenu Pilote, l'accueillit immédiatement le vaisseau. Mon nom est Ava. En attente de vos instructions.
- Prépare le décollage, ordonna Milo.
- A vos ordres.
- Ava ! lança Albafica, surpris. Mais !
Il se tourna vers Sion et lui demanda :
- Pourquoi lui obéit-elle ?!
- C'est un Pilote de grade dix, répondit Sion en regardant la porte du sas se refermer. Dans un vaisseau de première classe comme celui-ci, ça place son autorité au-dessus de celle d'un général.
Aucun des quatre autres lui répondirent. Ils se contentèrent de regarder le vaisseau, détrempés par la pluie. Puis les réacteurs se mirent à siffler et gronder.
- Eloignons-nous ! lança Sion en les entrainant à l'abri.
- Il ne va quand même pas réellement décoller ?! lui demanda Sasha, stupéfaite.
- Il en a l'intention j'ai l'impression.
- Combien de temps ça va lui prendre de chauffer les moteurs ? demanda Asmita à son tour.
- Quelques minutes à peine. Ils n'étaient pas éteints depuis dix minutes.
Impuissants, sous l'abri relatif des arbres, tous les cinq regardèrent Olympus s'extraire de la gravité d'Espérance.
Sion regarda s'élever la navette en espérant que Milo avait compris ce qu'il lui avait demandé.
...
- Dohko ?! lança Angelo, éberlué. Mais ! C'est impossible tu ! Tu es mort !
Dohko tourna vers lui son visage souriant.
- C'était un clone ! lança-t-il comme s'il s'agissait d'une évidence. Un clone voyons !
Shiryu cligna des paupières, stupéfaits. Aucun ne répliqua. Aiolia fronça les sourcils. Comment ça un clone ? Non, Dohko était mort ! Noyé !
- Bah faites pas vos étonnés comme ça ! s'amusa Dohko. Qu'est-ce qu'il vous arrive ?
- Vous nous avez tirés dessus, gronda Kanon en réponse, raffermissant sa prise sur son arme improvisée. Dante est mort !
- Et Hyôga, gronda Aiolia pour l'appuyer.
Le sourire sur le visage de Dohko s'effaça.
- J'suis désolé, souffla-t-il, les cheveux dégoulinants d'eau de pluie. On pensait … on ne se doutait pas que …
- Ça suffit, gronda une voix grave et autoritaire. Mettez-les aux arrêts.
Tous les soldats se tournèrent vers l'un d'eux, au centre de la ligne. Il y eut un silence, seulement troublé par un coup de tonnerre lointain, et Dohko demanda :
- Général ?
- Aux arrêts ! aboya l'homme en réponse.
Aucun des soldats ne bougea.
- Mais Général, tenta prudemment Dohko, vous … vous savez qui ils sont, ils …
- Le Docteur dont nous avons reçu le message disait qu'il s'agissait de produits non-purifiés, de clones ! rugit son supérieur en réponse.
- Il avait tort ! lança une nouvelle voix derrière le vacarme de la pluie.
Ils tournèrent tous la tête et virent apparaitre entre les arbres un Kagaho tremblant de fatigue, couvert de boue jusqu'aux genoux et dégoulinant de pluie.
- Il avait tort, répéta-t-il en s'avançant. Leur mémoire a été effacée, et une fois que les caissons de cryogénisation ont été incapables de les retenir plus longtemps, les Docteurs et Titulaires des Instituts les ont abandonnés sur Terre.
Dohko cligna des yeux, stupéfaits. Autour de lui, tous ses camarades baissèrent leurs armes. Certains retirèrent même leur casque. Sur tous les visages se lisaient la stupéfaction. Seul l'homme du milieu, que Dohko avait appelé Général, tenait toujours son fusil droit.
- Non, dit Dohko avant de balbutier : ils nous ont dit … leur but était de les cryogéniser pour … en attendant notre retour ! Le temps qu'Espérance soit prête !
- Ils ont menti, révéla Kagaho en s'arrêtant à quelques pas d'eux, avant de hausser les épaules. Menti … ils s'en sont servi pour créer des clones à l'infini et contrôler la race humaine. Comme des animaux de laboratoire.
Aiolia sentit la fatigue lui monter à la tête et la douleur l'empêcha de se concentrer sur les mots qu'il entendait. Il n'en comprenait pas un sur deux mais, quelque part, dans son esprit, sa mémoire altérée, raisonnait la vérité. Une vérité qu'il n'arrivait pas à saisir. Dans le vêtement d'Ikki, la petite créature couina.
- Non ! rugit brutalement l'homme qui avait gardé son casque et son fusil. Non ! Ce sont des clones ! Des clones ! C'est leur faute si tout ce que nous avons entrepris n'a servi à rien ! Leur faute ! Nous avons travaillé à la terraformation d'Espérance, afin d'y installer la race humaine, mais il n'y a plus de race humaine ! Elle a disparu !
- Mais pas à cause d'eux, tenta Dohko. Le soleil a explosé ! Ils ne sont responsables de rien !
- Ça suffit !
Et tout en rugissant ainsi, c'est vers son propre soldat que le Général Sage tourna son arme. Shiryu retint un cri, Dohko fit un pas en arrière, les yeux écarquillés, alors que le cœur du canon devenait rouge et sifflait. Mais, avant que le coup parte, avant qu'aucun d'eux n'ait pu faire un geste, une ombre furtive couleur de boue jaillit des ombres des arbres en poussant un cri de colère et tomba sur le dos de l'homme qui s'apprêtait à tirer. Et cela, sans que les capteurs d'aucun d'entre eux ne les avertisse. Dohko fit un bon en arrière, stupéfié. Puis l'arme tira. Sous l'impact, le Général avait appuyé sur la gâchette.
Malheureusement, le canon de l'arme était enfoncé dans le sol, et le laser tonna dans une explosion de chaleur, brûlant les jambes de ceux qui se trouvaient trop près ; brûlant le Général qui se mit à hurler de douleur. Le torse de sa combinaison avait pris feu, recouvert de plasma liquide.
Immédiatement, certains soldats vinrent en aide à leur supérieur. Son frère jumeau, Hakurei, délogea la jeune femme recouverte de boue du corps du Général qui hurlait toujours et se débattait, puis la porta à bout de bras en la tenant par le cou. Ikki rugit et s'élança en avant pour venir en aide à la jeune femme. De son gourdin massif, il frappa le soldat à l'épaule qui, dans un grondement de colère, laissa tomber sa proie.
Aiolia vit Geist tomber au sol. Elle gémit de douleur et porta une main à son ventre arrondi. Il vit rouge immédiatement et s'élança à son tour, pour frapper un soldat penché au-dessus du corps qui brûlait et hurlait toujours.
Dohko, tétanisé de surprise, ne put que les regarder se jeter les uns sur les autres. Se battre, se frapper.
- Arrêtez, tenta-t-il d'une voix étouffée.
Heureusement, ses propres camarades armées ne se servirent par de leur fusil à impulsion. Les autres n'étaient pas armés comme eux, et ils le savaient. Avaient-ils hontes, eux aussi, de ce qu'ils avaient fait là-haut ?
Un hurlement le fit sursauter et il vit Hakurei tituber en arrière, une main sur le cou, alors qu'un flot de sang s'échappait de sa carotide sectionnée. Une petite créature aux écailles violettes avait jailli du vêtement d'Ikki alors que ce-dernier était en difficulté face à son ennemi, et l'avait mordu avant de disparaître à nouveau dans son cocon.
Hakurei tomba, gargouilla quelques brefs instants, les yeux révulsés, puis mourut. Là, Dohko, réalisa que le Général Sage avait cessé de hurler et que son corps, toujours léché par les flammes nourries de plasma, était immobile.
C'est alors qu'une détonation terrible les secoua tous et ils se figèrent. Levèrent les yeux au ciel. Dohko retint son souffle. Olympus était en train de décoller.
- Plus personne ne bouge ! rugit Yuzuhira, ivre de colère, en pointant son fusil sur un Shun blessé et tétanisé. Sinon je l'éclate, c'est clair ?!
Aiolia sentit la colère gonfler son corps, mais il ne bougea pas. Tout en se battant, lui et les autres s'étaient éloignés des blessés, de ceux incapables de se défendre seuls. L'un de ces soldats en avait profité.
Selon eux, selon Dohko, ils se connaissaient tous, du moins s'étaient connus. Mais il ne s'en rappelait pas. S'en fichait. Pour lui, ces inconnus n'étaient rien. Seuls comptaient ses camarades, ceux avec lesquels il avait traversé tant d'épreuve ; seul comptait Shun. Il montra les dents.
Dohko fit un pas vers elle.
- Pose ce fusil, ordonna-t-il avec autant d'autorité que possible.
Elle darda sur lui un regard plein de douleur et de colère.
- Ces salopards ont tué Cheshire ! hurla-t-elle.
- C'est moi qui l'ais tué, s'interposa Kagaho en avançant vers elle. Laisse Shun. Il n'y est pour rien.
Le garçon adossé à l'arbre, un bras levé vers le canon de l'arme que la jeune femme pointait sur lui, retint un sanglot. Son visage était terriblement pâle, et sa jambe encore tordue dans un angle impossible l'empêchait de se redresser. Kagaho serra les mâchoires. Il venait de prendre sa défense. De prendre la défense de ce petit con qui ne l'avait jamais regardé.
- Laisse-le, répéta-t-il néanmoins.
Un souffle d'air brulant, suivit d'un grondement profond, ébranla le ciel, tandis qu'Olympus, au-dessus de leur tête, se déplaçait. Mais qui la pilotait ? La seule personne qui en soit capable était étendue là, dans la boue, toujours en train de brûler. Soudain, Dohko sentit son cœur battre d'inquiétude. Sion était dans le vaisseau !
Mais, comme s'il lui suffisait justement de penser à lui pour le faire apparaitre, Sion se materialisa. Près de lui se trouvaient Alone, Sasha, Asmita et Albafica. Tous sains et saufs.
- Soldat ! rugit le capitaine en les rejoignant. Je vous ordonne de poser votre arme.
- Je n'ai pas d'ordre à recevoir de vous, gronda Yuzuhira, les yeux larmoyants.
Sion baissa les yeux sur les corps de Sage et Hakurei, les deux frères. Puis se redressa.
- Je suis le plus haut gradé désormais, dit-il gravement. Et je dirige cette section à partir de maintenant. Baissez, votre, arme.
Un sanglot échappa à Shun. Yuzuhira le regarda dans les yeux. Puis elle pleura, et abaissa son arme. Immédiatement, Kagaho fut sur elle pour la lui prendre. Elle braqua sur lui un regard empli de haine.
- Tu l'as tué, dit-elle les dents serrées.
- Et vous, combien des leurs avez-vous tués ? répliqua-t-il aussi méchamment que possible.
Il l'attrapa et l'éloigna de Shun, qui sanglota de soulagement. Immédiatement, Aiolia le rejoignit et s'accroupit à ses côtés.
- Qui pilote ? demanda Dohko à Sion.
- Milo, répondit ce-dernier avec une grimace désolée.
- Quoi ?! lança Angelo.
Sasha s'était accroupie près des corps du Général et d'Hakurei.
- Ils sont morts, dit-elle d'une voix blanche.
Alone porta une main à sa bouche et hoqueta avant de pleurer en silence. Sion regarda les corps, puis releva les yeux pour regarder les vivants. Les plus blessés, évidemment, étaient les rescapés du crash de Pacifitia, mais durant la brève altercation, quelques-uns de ses hommes avaient reçu des coups. Deux ou trois nez en sang, rien de bien grave. Il eut honte, soudain, en voyant l'état des autres.
- Mais qu'est-ce qu'il fait ?! lança Dohko à côté de lui.
Sion releva les yeux. Olympus présentait son flanc gauche à l'épave de Pacifitia. Son cœur fit un bon dans sa poitrine et il ouvrit la bouche de stupeur. Milo l'avait entendu, alors, finalement.
Tous, stupéfiés, ils virent les canons gravitationnels tirer une bulle de capture d'un bleu pâle translucide, avant que le vaisseau ne s'élève, emportant avec lui un énorme morceau de la carcasse fumante. Au milieu des débris de métal encore brûlants, ils virent clairement luire une minuscules étoile jaune éblouissante, et furent forcés de porter leur main en visière pour protéger leurs yeux de la lumière.
Une vague rouge s'échappa du cœur pour souffler les nuages et faire tomber sur eux un souffle chaud. Puis un grondement retentit, qui n'avait rien à voir avec le tonnerre. Sion soupira d'inquiétude. Milo allait-il avoir le temps de porter le cœur de Pacifitia hors de l'atmosphère d'Espérance avant qu'il n'explose ?
...
Les nuages sombres s'espacèrent devant lui. L'horizon disparut. L'attraction terrestre cessa d'exercer sur lui une quelconque force, et il se sentit brusquement flotter. Et l'alarme ne cessait de lui vriller les tympans.
- Explosion imminente, répéta encore Ava, dois-je désarrimer les canons gravitationnels ?
Milo ne répondit pas. Il s'en fichait. Olympus trembla violemment lorsqu'une nouvelle décharge venue du cœur thermonucléaire à nu la frappa de plein fouet.
Il soupira.
Camus, face à lui, sourit et lui tendit la main, l'invitant à le suivre. Alors il tendit la main lui aussi, et dit :
- Tu étais là ?
...
L'explosion fut si violente, si lumineuse, qu'ils crièrent, autant de peur que de douleur. Le souffle qui balaya les arbres les jeta tous au sol. Un long gémissement sembla venir des entrailles de la planète, alors que des vagues gigantesques venaient s'écraser sur les littoraux.
Aiolia protégea Shun de son corps.
Ikki se recroquevilla sur lui-même et tourna le dos, pour protéger la créature dans son vêtement qui couina de peur.
Angelo protégea Geist autant qu'il put, tandis que la jeune femme, recouverte de boue, entourait son ventre de ses bras.
Marine fit de même avec Kiki, aidée par Shina.
Mû et Shaka se soutinrent l'un l'autre.
Sion s'accrocha à Dohko, entrainé par le souffle.
Tous résistèrent autant que possible.
Puis la nuit revint, plus intense et plus lourde après cette explosion de lumière. Il y eut quelques secondes de silence, terribles, et la pluie retomba brusquement, tel un rideau.
Dès cet instant, le monde tel qu'ils l'avaient tous connus, cessa d'exister.
Hé
Hé
Hé hé hé hé ! dit-elle après des mois de silence radio.
Donc ... j'ai une excuse ! Je sais, c'est hypocrite, mais je vais quand même expliquer : je voulais d'abord terminer une autre fic avant de terminer celle-ci, seulement terminer l'autre m'a pris plus de temps que prévu, alors ... voilà :P
Et en plus je vous publie ça qui est, je vous le dis, je dernier chapitre. Voui voui. Le dernier. La prochaine publication, ce sera l'épilogue, et après bye bye ! Gné hé hé hé !
Qu'est-ce que vous en dites, de ce chapitre ? Rapide, brouillon, trop long à venir ouiiiiii je sais. Mais que voulez-vous ... Pour être honnête, écrire des fics ne me plait plus autant qu'avant, j'aimerais terminer cette période de ma vie d'écrivain et me concentrer entièrement à des romans, du coup je suis en train de bâcler la fin de mes fics en cours. Tu parles d'un professionnalisme -_-
Bref !
J'espère quand même que ça vous a plu :P
Et là, la mort de Camus a pris tout son sens hein ? XD
Bisous à tous, vous nem fort, et vous dis à très bientôt (écrire un épilogue, c'pas dur hein, donc il viendra vite ;))
