Une fois sortie, je me tournais vers Roxane alors qu'il m'attendait pour le petit déjeuné. Je pensais avoir retrouvé une certaine sérénité mais le voir ne me faisait que ranimer mes anciennes blessures et qu'attiser ma haine.
J'avais de la chance d'avoir emmené des anti-stress avec moi. Il n'était pas nocif, c'était à base de plante et agissait en moins de 5 minutes pour mon plus grand plaisir. Je m'étais installée à table avant d'en prendre un et de respirer profondément. Après un bon café, j'étais prête pour la journée.
Buvez ! Demanda-t-il en me tendant une fiole, je ne voudrai pas que l'infirmière m'accuse encore de négligence
Merci, répondis-je n'ayant pas la force de me battre avec lui
Vous prendrez vos affaires et nous irons dans notre salle de classe où vous pourrez travailler en toute tranquillité, enchaina-t-il
D'accord, répondis-je en me plongeant dans mon bol de céréale, le moral plus à plat que jamais.
Tu as encore mal ? Demanda-t-il inquiet
…, je restais silencieuse en quoi cela le regardait
C'est en rapport avec l'appel de ce matin ? Demanda-t-il soudainement
Je levais les yeux furieusement vers lui. Il fut surpris mais ne dit rien. De quoi je me mêlais sincèrement ? Cela ne le regardait pas et ne regardait personne. C'était mon problème et même si cet appel m'avait affecté ? En quoi cela le regardait ? Il voulait en rajouter une couche peut-être ou peut-être je n'étais pas assez au fond du gouffre. Pauvre con. Il était totalement déplacé de sa part de me dire quoi que ce soit, de me demander quoique ce soit.
Je me levais, partant dans la chambre. Je n'avais pas à supporter son petit air satisfait plus longtemps. Roxane me suivit sans même comprendre abandonnant son bol de croquette.
Mais franchement de quoi je me mêlais. Mes mains tremblaient de rage, j'avais vraiment besoin de me défouler et de me sortir ses idioties de la tête. Quelques minutes plus tard il me demanda de le suivre jusqu'à sa classe. Elle était su glauque, si froide mais cela ne me gênait pas, elle reflétait exactement mon état actuel. Roxane était restée dans ses appartements. Il m'observait du coin de l'œil je le savais, je sortais, mes livres, codes cours et bien sûr stylos et brouillons.
Je me concentrais dans mon travail, c'était un moyen de faire abstraction de ce qui m'entourait sauf que je ne réussissais pas réellement à me mettre dedans. Qu'est-ce que j'en avais affaire des produits défectueux.
Alors que je relisais pour la énième fois j'entendais frapper à la porte et je vis un élève apparaitre vêtu de rouge et jaune l'air effrayer. Il me semblait si jeune alors que son professeur ne faisait que le fusillait du regard avec un sourire sadique
Miss Parker, commença-t-il. En plus d'être une incompétente vous n'êtes pas fichu d'arriver à l'heure, gronda-t-il
Je suis désolée monsieur, dit-elle faiblement
Vous avez risquez la vie de vos camarades ce matin par votre négligence et incompétence alors qu'il ne suffisait que de lire les instructions au tableau, réprimanda-t-il
Je ne supportai pas la façon dont il s'adressait à son élève. Il la prenait pour un chien ou quoi ? J'essayai de faire d'abstraction, ce n'était pas mes affaires, je n'avais pas à m'en mêler.
Je me rendais compte en levant les yeux qu'il se réjouissait de la situation qui lui était donné. Il se prenait pour le tout puissant, le dominateur et c'était une situation qui m'insupportait. Je n'avais qu'une envie lui faire ravaler ce petit sourire en coin qu'il pouvait afficher. D'ailleurs au lieu de sourire il ferait mieux de se brosser les dents ou mieux ne pas sourire du tout. Le voir s'acharnait sur cette pauvre enfant me faisait rager mais la tendance changea radicalement. J'allais prendre un plaisir à lui faire ravaler ce petit sourire et à lui faire taire une bonne fois pour toute
Dis petite, interpellai-je, tu as bien dit que tu étais en binôme, non ? Demandai-je
Oui, répondit-elle doucement
Et quel était ton rôle au moment des faits ? Demandai-je intrigué
Les faits ? Demanda-t-elle confuse
Dans la potion d'amnésie, qui était chargé de surveiller le chaudron pendant que l'autre avait pour mission de préparer mettre les brins de valérienne ? Demandai-je
C'était moi qui devait surveiller le chaudron mais je me suis rendue compte que mon binôme n'avait pas pris la valérienne, je me suis précipitée pour en prendre mais quand je suis revenue le chaudron avait explosé, expliqua-t-elle
Qui se charger de prendre tous les ingrédients ? Demandai-je
Retournez à vos occupations Miss Smith ! Ordonna-t-il sévèrement
Réponds-moi, demandai-je en gardant mon calme
Le … le Serpentard ! Répondit-il
Voyez-vous cela, commençai-je en souriant. Juste une question professeur pourquoi n'y a-t-il qu'un seul élève alors qu'il est évident que nous sommes en présence de deux responsables ?
Retournez à vos occupations Miss Smith, maintenant, ordonna-t-il
En vue de ma future profession, je me sens obligée d'intervenir, répliquai-je. Nous sommes en présence d'une discrimination assez nette passible d'une peine pénale, article L 259-6 du code de la vie magique. Mais bien évidemment vous étiez au courant. Le fait de punir un Gryffondor et protéger vos précieux Serpentards montre la discrimination auquel doit faire face la petite.
…, il me regarda fulminant alors que la petite me regardait bouche bée et impressionner
Alors petite, si jamais il devait te punir sans punir ton camarade, je te conseille d'envoyer une lettre à tes parents pour leurs faire part des agissements et du préférentisme de ton professeur qui est une forme de discrimination qui si je me souviens dans le monde des sorciers est puni par la perte d'emploi et bien plus dans les écoles, terminai-je alors qu'il me regardait furieux. Je sais ce qu'on ressent quand on est victime de discrimination professeur, dis-je en me plongeant dans mes souvenirs, je n'admettrai jamais que cela se passe sous mes yeux sans réagir
…, il se tua, incapable de répondre
Quoi qu'il en soit, que décidez-vous professeur ? Demandai-je en souriant
Hors de ma vue, ordonna-t-il
Avant que je n'oublie s'il y a eu des pertes de points vous devez les rendre ! Ordonnai-je, nous ne voudrions pas créer un scandale
Et les 70 points sont redonnés à Gryffondor, dit-il en ouvrant brutalement la porte de sa baguette
Son élève avant de partir me remercia heureuse d'avoir échappé à une punition. Une fois sortie, il m'empoigna assez férocement le bras mais il était hors de question que je me face faire. Il était furieux et cela n'allait pas aller en s'arrangeant. Je souriais nettement, j'étais heureuse d'avoir eu le dessus sur sa petite personne.
Lorsqu'il resserra son étreinte, je compris à quel point je l'avais énervé. Mon petit sourire vengeur s'effaça rapidement. Il était en train de me faire mal. Vraiment mal.
Je t'ai demandé de te mêler de tes affaires, petite idiote, dit-il sévèrement en resserrant son étreinte
Pour que vous puissiez lui parler comme un vulgaire chien ? Jamais, ripostai-je
Sans m'y attendre je reçus une gifle qui me fit perdre l'équilibre. Je ne m'étais pas attendu à prendre une gifle surtout que je n'avais rien fait de mal. La douleur me traversait alors que nous regard se croisaient. C'était un étranger et jamais je n'aurais pensé qu'il puisse me faire cela. Je le détestais, je le reconnaissais mais je n'avais rien fair pour mériter une telle punition. Pourquoi m'avait-il frappé ?
Il venait de me troubler de me déstabiliser. Je ne comprenais pas ce qui venait de se passer, j'essayai de raisonner de façon posé mais rien ne me venait à l'esprit. Je voulais juste pleurer, je voulais qu'on me fiche la paix. Je me levais rapidement avant de partir en direction de ma chambre. Je n'allai pas rester ici je ne voulais pas rester ici.
Je ne savais pas où j'en étais, je ne savais plus ce que je devais faire. Je m'enfuis. Je m'enfuis, je savais comment on était venu, il me suffisait de reprendre le même trajet. J'arrivai chez moi, je m'enfermais alors que je tremblais, je tremblais terriblement. Je pris mon téléphone mais ma mère ne répondait pas. Au moment où j'en avais le plus besoin elle ne répondait pas. Je me laissais glisser sur la porte avant de me rouler, je tremblais terriblement et soudainement j'eus chaud, très chaud. Je ne me sentais pas bien. Je ne savais pas vers qui me tourner, je me sentais si vulnérable, si faible.
Je pensais soudainement à l'infirmière, je ne savais pas pourquoi mais je sentais que je pouvais trouver en cette femme une épaule et une oreille attentive une chose dont j'en avais terriblement besoin. Il s'avérait que je n'avais plus de poudre. Je restais seule, terriblement seule je devais reprendre mes esprits. Je pris une longue douche froide. En me regardant dans le miroir, je constatais qu'il avait laissé la trace de ses doigts sur mon visage et de sa main autour de mon bras.
Je m'étais enroulée dans un long pull avant de m'asseoir devant la cheminée avec Roxane, je me laissais aller. Elle ne me jugerait pas, elle n'était pas du genre à me juger. Ma chienne était ma meilleure amie, celle sur qui je pouvais compter. Elle passait sa langue sur ma joue, voulant m'embrasser sûrement alors que je le serrais contre moi
Je voulais cesser de pleurer mais je n'y parvenais pas. Je ne voulais pas rester seule, j'avais si mal. Cela ne devrait pas m'affecter et pourtant j pleurais, je pleurais comme si c'était une personne que je tenais qui m'avait fait cet affront. Pourquoi ?
La couleur du feu changea et je vis deux paires de jambes apparaitre. Je n'avais rien fait pour cacher mon désarroi, et je n'osais regarder qui venait d'apparaitre mais je devais m'en douter à la réaction de Roxane.
Elle se mise en garde avant de commencer à grogner et à se faire menaçante. Je me levais, je n'avais rien à faire dans cette pièce et encore en présence de cette personne. Je ravalais mes sanglots évitant de croiser le regard de quiconque. J'étais tellement fatiguée et je n'arrivais plus à maitriser mes émotions. En me voyant partir, Roxane aboya quelques coups avant de me rejoindre.
Je m'enfermai dans ma chambre, saisissant mon ours en peluche d'un côté alors que Roxane se mise à mes pieds. Qu'on me fiche la paix ! C'était la seule chose que je demandai.
Devant mon désarroi, elle pleurait, Roxane pleurait. Je détestai la voir ainsi, j'aurai tellement me montrer forte pour elle mais je n'y arrivai pas. J'avais beau me dire que ce n'était rien mais cette gifle me choqua et son geste était incompréhensible.
J'entendais la porte s'ouvrir et moi je me recroquevillais sur moi-même. Elle n'aboyait pas. Si Roxane n'aboyait pas cela voudrait probablement dire que ce n'était pas lui. Je n'avais pas la force de regarder, ni la force de me tourner
Une main se posa sur mon épaule alors que je levais les yeux vers le ciel, c'était elle. Elle me fit un léger sourire avant que je ne lui saute dans ses bras
Que faites-vous ici ? Demandai-je avec une voix qui tremblait
Vous aviez oublié de prendre le jouet de Roxane et je voulais aussi vérifier votre état vue que vous ne laissez pas le professeur Rogue vous approcher ! Expliqua-t-elle
Je suis tellement désolée, lâchai-je
Expliquez-moi ce qui ne va pas ! Demanda-t-elle en resserrant son étreinte qui était douce et chaleureuse.
Je lui avais raconté l'histoire, je lui expliquai que cela partait d'un bon sentiment et que personne ne devrait être traité comme une sous-merde. Que c'était blessant et moi j'avais été formé à défendre les gens contre l'oppression. Je détestais la façon de s'adresser à la petite, j'expliquai qu'on pouvait être très influençable à cet âge.
Puis je lui avais parlé de l'appel de ma mère et de la façon dont elle m'avait rembarrée. J'étais tellement triste qu'elle ne soit pas là, je voulais croire que je comptais pour elle-même si tout me laissait penser le contraire.
Je ne m'étais vraiment pas attendu à cette gifle. Je n'avais rien demandé, c'était lui qui s'imposait dans ma vie et moi je devrais payer pour ça. Je voulais qu'il parte, qu'il dégage de ma vie. Je le détestais mais ce sentiment fut renforcé ses derniers jours. Je le haïssais, je n'avais qu'une envie le tuer de mes propres mains qu'importent les conséquences.
Plus je parlais et plus je soulageai ma peine. Je me sentais légère même si au fond ce sentiment d'être oppressait ne disparaissait pas facilement.
Chut mon enfant, chut, demanda-t-elle. Je vais lui en toucher deux mots mais vous ne portez plus attention à ce genre de bêtise, vous vous faites du mal
Ça va passer un jour ? Demandai-je alors que Roxane nous rejoignit
Quoi donc ? Demanda-t-elle
La douleur que je ressens ? Demandai-je en ne la lâchant pas
Mais oui, dit-elle avec conviction, il ne faut pas penser à ce genre de bêtise Madison voyons !
Elle me calma avant de m'allonger et de m'ausculter brièvement avant de m'emmener un bol de soupe au poulet. Elle avait aussi eu la gentillesse de ramener mes affaires. Je pourrais me remettre à travailler une fois que j'aurais tout oublié. Cela me prendra un peu de temps mais avec la semaine qui s'annonçait, cela sera vite oublié.
