Revival : Oui, Inexcusable, je sais.

Disaclaimer : L'Univers et la plupart des personnages appartiennent à Christopher Paolini. Longue vie à Deus Chris pour avoir inventé une Alagaesia persécuté, mère de toute mes Imaginations

Note : Chapitre dédié à Marie pour ses quelques mails qui me font toujours trés plaisir et LoveItachi et ses fanfics regorgantesde Bonne Humeur.


Chapitre 12

« Abéron »

Evoque sa puissance, chante sa grâce / dont la lumière est la robe, et la voûte céleste l'espace / Les Nuages de Tonnerre naissent de ses chariots de rage, / Sombre est le chemin sur les ailes de l'Orage.

Robert Grant, Cantique anciens et modernes

Les enjeux du divertissement étaient simples, guidés par leur maître mot à eux quatre. Intense. Il fallait que l'adrénaline coule dans leurs veines à chaque seconde, que le sang n'arrête jamais sa course effrénée dans les valves de leur cœur. Toujours plus vite, toujours plus loin. Chaque jour devait dorénavant être synonyme de défis à relever, de paris à entreprendre et de combats à gagner. Il était beaucoup plus excitant de se battre pour mourir que de fuir pour finalement s'éteindre aussi. Ainsi, les règles de ce dangereux jeu avaient été fixé : Prendre un maximum de risques pour un résultat optimal et ce, sans la moindre égratignure. Chaque victoire était récompensée par un nombre précis d'entailles dans le bois de leur dague, correspondant aux résultats de leur propre performance ; et évidemment plus la proie était importante, plus la récompense était élevée. La mort d'un soldat valait donc une demi-entaille tandis que celle d'un Kull surentraîné correspondait à deux entailles. De la même façon, sortir indemne de la bataille était récompensé par un bonus d'une entaille, tandis que le contraire en coûtait une demie au blessé. Et si par malheur la plaie était handicapante – ce qui correspond aux mains, aux jambes, aux yeux et à l'entrejambe, le malheureux joueur partait avec un désavantage de deux entailles sur le prochain combat.

Dans cette soif d'aventure qui ne serait manifestement jamais assouvie, les trois Vardens et Zéphyr avaient quitté Charis peu après le rétablissement complet d'Allan. Ils avaient dès lors déniché vivres et montures pour leur périple et s'étaient mis en route, leur enthousiasme en bandoulière. Le voyage avait ainsi commencé, inlassablement ponctué par diverses embuscades de soldats impériaux et d'Urgals hurlants. Malgré leur apparente insouciance, les quatre compagnons savaient qu'aucune proie ne devait sortir vivante de l'affrontement, au risque que Galbatorix ne découvre leur position exacte. Aussi, quand la rumeur qu'un dragonnier – on parlait même d'une dragonnière ! – arpentait l'Empire sans maître ni lois, sans serments ni allégeance, ils décidèrent d'éviter les villes et villages et de ne s'approcher des bourgs qu'en extrême nécessité, et uniquement à la faveur de la Nuit.

Lentement, les jours passaient et les entailles sur les manches de leur dague se multipliaient au fil des assauts. Même Zéphyr avait sa propre dague, soigneusement rangée dans la botte droite de sa dragonnière ; et il était de loin le tueur le plus acharné et le plus cruel, déchiquetant avec soin ses adversaires trépassés. Malgré la cible de choix qu'il représentait pour les attaquants, le dragon était indétrônable. Loin derrière, les Jumeaux rivalisaient pour la seconde place. Par souci d'équité, Tanja n'utilisait sa magie qu'en dernier secours, et sa force et son agilité de dragonnière semblaient profiter à son frère autant qu'à elle-même. Juste derrière, et malgré sa précédente blessure, Allan était au plus haut de sa forme et restait celui auquel on soustrayait le moins d'entaille.

La traversée de l'Alagaesia dura prés d'un mois et demi, uniquement retardée par les affrontements inoffensifs contre l'Empire. Quelque soit leur nombre, leur races et leurs desseins, les quatre compagnons se lançaient sur leur adversaires, intrépides comme le Vent, un surplus d'Intense leur battant les tempes. Ils savaient qu'à chaque fois, leur destin était le sort de leur lame. Que tout n'était que de simples jeux, provoqués exprès, pour ne pas s'ennuyer par cette trop forte chaleur estivale et qu'il fallait les gagner au risque de perdre une nation entière. Et puis ils étaient puissants, invincibles ; sans peur et sans foi, ne craignant pas d'égorger une escadrille complète de soldats endormis, les uns après les autres, silencieux comme la Nuit, discrets comme le Loup. Ils été des Vardens, Enfants de la Liberté.

Et en l'absence d'un quelquonque danger à l'horizon, les trois adolescents échafaudaient alors des stratégies plus rocambolesques les unes que les autres pour détrôner, torturer puis tuer Galbatorix ; ou s'adonner à d'interminables parties de vol. Zéphyr parlait à Wolfang et Allan sans complexe et jamais Tanja ne ressenti la moindre gêne quand ses deux compagnons volaient de longues heures sur Zéphyr. Son frère et son ami méritaient de découvrit les joies du vol et la beauté des cieux au crépuscule ou à l'aube. Elle savait qu'aux yeux de l'immense dragon vert, elle restait la privilégiée, la préférée, la moitié, et cela lui suffisait amplement.

Puis, Aberon apparut, tel un joyau dans la lumière matinale, et bien plus majestueux que dans leurs souvenirs. Des tourelles blanches, toits d'ardoises éclatants, sur les hauts remparts aux drapeaux colorés et chatoyants claquant dans le vent marin, la capitale était un trésor d'architecture, d'une pureté humaine inégalable. Tanja retint un frisson à l'ouverture des gigantesques portes de bois, et son cœur s'ébranla davantage à la clameur d'espoir et d'allégresse des Surdans. Les villageois s'écartaient sur leur passage, criant leurs remerciements futurs. Le monde fourmillait d'ardeur et de véhémence, le toisant avec attention, cherchant scrupuleusement qui des trois adolescents sales et bronzés étaient l'heureux élu, le nouveau dragonnier.

« Par Vraël » murmura Tanja en serrant machinalement la main de son frère

Wolfang la saisit par le cou et laissa échapper un rire cristallin, même si lui aussi n'était pas très à l'aise. Et pourtant, Dieu sait s'il aimait être le centre des attentions, féminines, de préférence. Zéphyr, quand à lui, se pavanait comme un paon, s'appliquant à faire miroiter chacune des émeraudes qui lui servait d'écailles sous le soleil de plomb. Soudain, une ombre les survola, attirant leur regard à tous. D'un mouvement commun, la foule leva les yeux vers le ciel et la silhouette luisante de Saphira déclencha une nuée de cris enthousiasmes. Deux dragons au Surda, des années que cela n'était pas arrivé ! La bête les survola une nouvelle fois, et ralentit sa course à la hauteur des trois jeunes Vardens. Bien que Saphira était plus grosse que Zéphyr, Tanja ne fut guère surprise de la taille de l'imposante dragonne – elle avait trop longtemps fréquenté Thorn pour s'étonner de la grandeur de griffes qui ornait chacune des pattes de saphir ou de l'épaisseur des épines d'ivoire dressées sur sa queue – mais c'est la dureté du regard du dragonnier qui la chevauchait qui la déstabilisa. Yeux noisettes scintillants, Eragon toisait la jeune femme d'un regard dur et perplexe, un de ceux qui brise le plus confiant et fait frissonner le plus preux. La confrontation dura quelques instants avant d'être interrompu par la voix forte de Wolfang.

- Eh Dragonnier ! Le périple a-t-il était agréable sans notre si admirable compagnie ?

- Et vous, Vardens, la Chasse a été bonne, on dirait… répondit le garçon

- Très fructueuse, oui. Et dans tout les sens du terme …

Allan jeta un regard complice au garçon blond et Tanja se jura dès lors qu'elle les ferait avouer les mystérieux événements qui avaient précédé son arrivée.

- Je vois, je vois, répondit très sérieusement Eragon; Vous feriez mieux de vous hâter, Reine et Parents vous attendent.

Tanja hocha la tête d'un air entendu et regarda le palais qui se découpait au loin. Zéphyr décolla, les trois Vardens sur son dos et quelques instants plus tard, ils atterrissaient dans la Cour Centrale. Les soldats, dans leur armures brillantes au soleil, sonnèrent les trompettes que l'on leur avait remit pour l'occasion et le silence se fit. Imitée des deux garçons, Tanja sauta sur le sol pavé et s'avança vers l'esplanade bordée d'arbres fruitiers.

Tous était présents, plus resplendissant que jamais. Nasuada, dans une élégante robe pervenche, s'avançait pour les accueillir, laissant rayonner son sourire ; le Roi Orin qui questionnait Arya, l'ambassadrice des elfes ; Jormündur qui ne quittait pas des yeux ses enfants chéris, imitait par Ambor et Kallen, les parents d'Allan ; leur fille, la belle Alicia, avait remonté ses superbes cheveux roux et attendait légèrement en retrait avec quelques nobles Surdans et Vardens. Eragon, qui avait atterri dans une cour inférieure quelques instants auparavant, gagna d'un mouvement souple les cotés d'Arya.

« Lequel est le dragonnier, déjà ? » demanda le Roi Orin en levant la tête vers l'Elfe. « Le blond semble puissant et courageux mais le roux à l'air davantage réfléchi. »

Nasuada, non loin de là, dissimula son rire sans problème mais Arya eu plus de mal. Elle répondit cependant avec toute la patience royale dont elle était fille et déclara dans un sourire charmant :

- Ni l'un, ni l'autre, Roi Orin. La Dragonnière s'appelle Tanja. C'est la fille de Jormündur, le chef du Conseil Varden.

- A oui, j'oubliai, répondit le petit homme d'une voix rêveuse.

Les trois Vardens contemplèrent la foule d'un air apeuré et teinté de fierté et s'avancèrent vers les leurs, le regard droit.

- Deux entailles que je fais pleurer mon père, Allan, murmura Wolfang en secouant les mèches blondes qui lui tombait devant les yeux.

- Tenu, mon Ami, répondit le grand roux en tapant dans la paume du Varden, les De Troïl sont bien trop fier.

C'est Wolfang qui remporta les deux entailles promises grâce à son père qui ne sut cacher ses yeux ambrés brillants de cristaux larmoyants. Les retrouvailles furent longues et émouvantes et le festin en leur honneur fut gargantuesque. Les trois compagnons et Zéphyr furent présenté à chaque membre du gouvernement Varden et Surdan et tous les félicitèrent pour « leur courage et leur ténacité dans l'adversité ». Arya adressa un sourire franc à Tanja qui, connaissant l'habituel réserve de l'elfe depuis la perte de son compagnon, fut fort flattée. Eragon quand à lui se montra plus distant avec la jeune dragonnière et les présentations furent écourté par Alicia qui sauta au cou son amie, avec toute la grâce digne qu'elle possédait.

« Oh, Tan', tu étais occupée peut être. Eragon, désolé … »

Le Dragonnier assura qu'il avait fini et se retira, un sourire légèrement béat sur les lèvres. Tanja laissa échapper un rire sarcastique et releva les formidables effets de la chevelure d'Alicia sur la gente masculine. La jeune rousse sourit légèrement et s'enquit aussitôt de la santé de son amie.

La nourriture était plus que sophistiqué en ses terres surdannes et prospères et la bière coula à flot jusque tard dans la Nuit. Euphorique, tel une luciole à la tombée du jour, Tanja ne vit pas la soirée défiler, ni les verres posaient devant elle se remplir puis se vider les uns après les autres. Le sentiment d'intemporalité et d'invincibilité, de non conséquence lui rappelait vaguement quelque chose mais elle n'avait pas le temps d'y songer que Roran la servait de nouveau. Les quatre compagnons narraient leurs exploits sous le regard captivé d'une foule empoisonnée. Le monde riait, buvait, vivait en l'honneur d'une Alagaesia nouvelle et prochaine. Pleine d'espoir et de promesses. Puis, la salle se vida peu à peu et ne resta que les plus jeunes et les plus ivres qui s'évertuèrent à vider les cuves disponibles pour la soirée, largement aidé de Zéphyr qui – fidèle à sa race – finit complètement ivre et manqua d'écraser une Katrina apeurée qui préféra quitter la chaleur de bras de son prince charmant pour la sécurité de son lit.

A l'aube, Tanja, débraillée, se réveilla allongée sur une longue table de bois brut et massif contre le torse nu d'Allan. Non loin de là, Roran dormait aussi, une bouteille à la main, imité d'Eragon qui était allongeait à plat ventre sur le sol, un fin filet de bave sur le menton. Surprise de ce pitoyable tableau dont elle faisait partie intégrante, Tanja se dégagea doucement de l'étreinte d'Allan et s'éloigna à pas de loup en reboutonnant sa chemise et tentant vainement de remettre de l'ordre dans ses cheveux miel. Dans la cour, elle tomba sur Wolfang roulait en position fœtale contre les écailles émeraudes de Zéphyr. Le sourire aux lèvres, elle décrocha sa besace de la selle du dragon et erra quelques instants à la recherche d'une salle d'eau. Chose faite, Tanja se glissa dans l'eau chaude après s'être complètement dénudée. La chaleur contre sa peau abimée lui faisait du bien. Chaque pore de sa peau allait maintenant être lavé de toutes les atrocités passées. Un grincement l'a sorti de ses pensées et une silhouette, cheveux en bataille, se découpa dans l'embrasure de la porte.

- Wolfang, grogna la jeune femme. Tu pouvais attendre que je sorte.

- C'est la seule salle d'eau que j'ai trouvé dans le coin, dit le garçon d'une voix ensommeillée. Et moi aussi j'ai à faire, figures toi.

Tanja ne dit rien ; elle avait encore trop mal à la tête pour entamer une querelle avec son frère. Aussi, elle ne poussa qu'un faible grognement quand son frère entra dans l'eau.

La pièce était sombre et la lumière de ce début de journée ne passait que faiblement derrière l'épaisse tenture qui habillait les fenêtres de merisier. Les deux adolescents se lavèrent tout en échangeant leur opinion sur leurs fréquentations de la veille. Ainsi, Orin était un rêveur immodéré, bon Roi, mais piètre guerrier ; Caffel, son conseiller, était trop souriant être honnête ; Roran était facile à vivre et ivrogne émérite ; sa Katrina, un peu trop niaise mais tout de même gentille, Allys, l'intendant d'Orin, une force tranquille qu'il est préférable d'avoir dans son camp et Eragon s'était révélé étrangement distant mais cela les laisser plus indifférent qu'autre chose.

Un long moment après, quand le palais et ses habitants commencèrent à s'éveiller, Tanja quitta la tiédeur de l'eau et s'enroula dans une épaisse serviette blanchâtre. Après autorisation, elle alluma une bougie, illuminant ainsi la salle d'eau. La pièce était riche et spacieuse, doté d'une baignoire bien plus grande qu'ils ne l'avaient imaginé.

« Et bien » s'exclama Wolfang en faisant quelques brasses, « le palais révèle bien des surprises ! »

Tanja l'approuva tout en commentant la beauté d'une armoire de chêne. Elle ouvrit sa besace d'un geste brusque et la vida sans ménagement sur le sol carrelé. Au milieu des paquets de fruits séchés, des dagues entaillées et des bandages usés, la recherche d'un vêtement propre était vaine. Elle enfila alors négligemment la chemise « empruntée » à Murtagh le soir de sa fuite et se dirigea vers la porte dans la perceptive de trouver des vêtements un peu plus décents.

« C'est à qui, ça ? » demanda Wolfang d'une voix dure.

Tanja ne se retourna pas, elle savait que son frère était sortit de l'eau et l'impudeur dont il faisait souvent preuve la mettait mal à l'aise.

« Ne commence pas Wolfang. Je vais à la maison chercher des vêtements propres et je n'ai pas trop envie de me balader nue dans Aberon. »

Et sans attendre de réponse, la jeune fille s'enfuit dans le dédale des couloirs du palais.

Habillé de façon plus décente – elle avait revêtu un pantalon de cuir noir et une chemise blanche ample, Tanja gagna les nouveaux appartements de Nasuada. Malgré la splendeur des lieux, Farthen Dhûr et sa dureté enivrante lui manquait. Ici, bien que délicieusement agréable, tout était trop blanc, trop pur. Les soldats qui gardaient l'entrée la saluèrent et la laissèrent passer. Après trois petits coups secs, la porte s'ouvrit et Alicia salua son amie.

« Nasuada m'a engagé » expliqua t'elle. « Je voulais m'impliquer politiquement dans la vie Vardenne. Et c'est le seul moyen que j'ai trouvé. Notre Reine t'attend dans le petit salon. »

Tanja suivit la jeune femme rousse à travers les différentes pièces plus luxueuses les unes que les autres pour finalement s'arrêter dans une vaste salle lumineuse aux murs flamboyants. Nasuada, dans une robe gris perle, invita la dragonnière à s'assoir.

« Tu peux disposer Alicia, merci »

Cette dernière se retira après avoir fermé la fenêtre et déposé une carafe d'un liquide brunâtre et odorant sur une table basse.

- Oh mon amie, dit la grande fille noire en prenant la main de Tanja, comment vas-tu ?

- Je pourrais aller pire, répondit elle dans un sourire. La vie à Uru'baen n'est guère plaisante mais je m'en suis relativement bien sortie là bas.

Je te crois volontiers, mais je demanderai tout de même à Angela de t'examiner si tu le veux bien. Il serait dommage que notre dragonnière parte affaiblie !

- Désolé des problèmes que j'ai causé, Nasuada, j'aurai du me battre plus vaillamment, ne pas me laisser capturer par Murtagh et …

- Oh ce n'est pas bien grave. Tu t'es défendue comme tu l'as pu et Murtagh est vraiment très fort … et puis au moins, tu as bénéficié d'une formation digne de ce nom. Tu pourras peut être égaler Murtagh un jour … A présent, racontes-moi ton périple, de ton enlèvement à ta fuite puis ton voyage en compagnie de ton frère et de son compagnon.

Tanja s'exécuta tant bien que mal, parfois aidée de Zéphyr qui était dehors – la salle était bien trop petite – et rajoutait certains éléments que sa dragonnière avait omit. Nasuada écouta passivement, souriant lors des victoires ou fronçant les sourcils lors des tortures de la part de Galbatorix. Elle ne fit aucun commentaire sur le stratagème inconscient employé par Tanja lors de son échappée et s'alarma un peu quand elle apprit la prolifération de Kulls prés des frontières surdannes. Deux heures plus tard, quand la voix de Tanja s'éteignît enfin, elle demanda à voir sa nuque afin d'examiner le tatouage qui avait volé les mots de sa dragonnière deux mois auparavant.

- Et tu dis que Murtagh en possède un également …

- Oui, pour qu'il ne puisse par être localisé lors de sa prétendue mort, mais j'ignore si il fonctionne encore.

Nasuada hocha la tête, dans ses pensées. Il fallait qu'elle demande à Arya si ces techniques de magie ancestrale pouvaient être utilisées à des fins positives, pour détourner le sort de la petite Elva par exemple.

- Penses-tu que Galbatorix prépare une offensive ? demanda t'elle ensuite.

- Je ne sais pas trop, répondit franchement Tanja. Murtagh avait parfois des missions à la frontière elfique et aussi du coté de Ceunon, mais il partait seul et je pense qu'il s'agit plutôt de missions de reconnaissance. Par contre, certains gardes parlaient fréquemment des Beors mais je ne sais rien de plus à ce sujet.

- Il rassemble donc une armée batarde et compte encercler le Surda par le Nord et l'Ouest …

Tanja doutait que Nasuada lui adressait réellement la parole, complètement perdue dans ses pensées, les yeux dans le vide. Soudain, elle se leva jusqu'à son bureau et déplia d'un geste brusque une grande carte d'Alagaesia qui s'étendait de la Crête aux Beors, du DuVeldenvarden au Surda, laquelle elle contempla pendant de longues minutes avant de se retourner vers Tanja, lui déclarant d'une voix alerte et déterminée.

« Je réunie le Conseil demain, à l'aube. Sois présente, en compagnie d'Eragon s'il te plait »

Tanja hocha la tête en souriant et se leva, sachant que Nasuada allait lui demander de disposer. Elle salua sa Reine, et s'éloigna de quelques enjambées avant de revenir sur ses pas : le protocole exigeait, et criait blasphème. Elle posa un genou sur le sol et présenta son épée à sa reine, Mère des Vardens.

« Moi, Tanja de Troil, Fille de Jormündur et d'Elsia, je m'engage à servir ma Reine, Nasuada, Fille d'Ajihad, défendant ainsi la cause des Vardens, au péril de ma vie. Je m'engage de la même façon à démembrer l'Empire et protéger les miens, jusqu'à la mort. »

Elle fit une brève pause.

« Et Zéphyr aussi » rajouta t elle, confuse.

Nasuada, amusée, regarda pendant un instant la mine sérieuse de sa cadette puis, entrant dans le lourd jeu du protocole, se saisit de l'épée et la porta au dessus des épaules de la jeune femme.

« Moi, Nasuada, fille d'Ajihad et Reine des Vardens, rend en cet instant, officiel ton statut de dragonnière des Vardens. Puisse ma demeure être tienne et ton destin, prospère. »

Elle donna le deux coups réglementaires du plat de l'épée sur les épaules de sa guerrière et la pria de se relever.

- Il va falloir remettre ça devant le Peuple Varden et la Nation surdanne … l'informa Nasuada

- Entendu, répondit Tanja dans un sourire avant de s'éloigner de nouveau.

- Et, Tanja, Fais attention à toi d'accord ?

La jeune femme se retourna brusquement, surprise de la soudaine inquiétude dans la voix de son amie. Elle esquissa un sourire qu'elle surprit tremblant et acquiesça d'un air confiant avant de s'enfuir dans le labyrinthe lumineux qu'était le palais surdan. Tanja réalisait enfin son importance au sein de la nation Vardenne : Elle assisterait légalement au conseil, à la droite de son père, et ne serrai pas obliger de se cacher comme elle l'avait toujours fait avec Allan et Wolfang durant ce cinq dernières années.

Lorsqu'elle quitta la fraicheur des murs de pierres blanchâtres pour l'air moite de la Cour Supérieure, le soleil était déjà à son zénith et Eragon livrait bataille à Arya devant quelques spectateurs allègres. Après avoir salué Roran qui somnolait sur un banc, Tanja s'assit contre le mur de la salle d'armes, renonçant à trouver Zéphyr, Allan et Wolfang – sans doute ensemble, et ramena son attention sur les deux guerriers qui se battaient furieusement. Ils maniaient tout deux l'épée d'une grâce remarquable, même si Eragon, qui n'était qu'une sorte de demi-elfe, se mouvait étrangement, comme un oisillon qui apprendrait à voler, qui n'aurait pas encore totalement conscience de ses atouts naturels. Mais c'était un beau combat, attaques parfaitement exécutées, parfaitement parées.

Tout était redevenu normal. Le bruit des lames s'entrechoquant sous le soleil de plomb habituel aux étés alagaesiens, une partie de chasse à l'Urgal programmé pour la nuit prochaine avec son frère et le meilleur ami de ce dernier, les courses dans les couloirs pour échapper au colères parentales et/ou gouvernementales. La routine reprenait, inchangée, ou presque. S'ajoutait maintenant à son existence batailleuse et immodérée, un imposant dragon, un royaume à sauver des griffes d'un méchant tyran et quelques cicatrices. Tout pour ne plus jamais se morfondre un après midi de pluie, quand le champ d'entrainement est détrempé, que son amie de toujours, grande dame vardenne, est prisonnière de ses royaux devoirs et que deux abrutis courent les jupons inaccessibles. Tout pour avoir le cœur battant et les yeux pétillants ; pour avoir l'âme ardente et la raison persécutée.

Tout pour se sentir Vivre.


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Prochain chapitre : Chapitre 13 « Pour le meilleur des Mondes »