Moi : Salut la compagnie ! n_n

Ryuga : Yo.

Kyoya : Salut.

Chris : Salut ! n_n

Moi : Bon, message d'avertissement : le chapitre d'aujourd'hui est un chapitre dur, veuillez donc prévoir de quoi vous sentir mieux !

Ryuga : Je confirme, elle y est pas allée de main morte.

Chris : Pas étonnant.

Moi : Héhéhé ^^

Kyoya : En dehors de ça, il est bien ?

Ryuga : Ouais, je trouve même qu'il y a un vrai effort d'écriture.

Moi : Tu sous-entends que je fais pas d'effort dans mes autres chapitres ?! è_é

Ryuga : Non mais là t'as vraiment mis le paquet !

Moi : Oh…merci n_n

Kyoya : *regarde sa main gauche, puis Ryuga*

Moi : Disclaimer ? ^^

Chris : Wonderinn ne possède pas MFB !

Moi : Merci Chris ! Bon chapitre n_n

Kyoya : *sourire sadique* Ce qu'il y avait dans mon texto, Mélanie ? Ton petit secret bien évidemment.

Ryuga : *lève les yeux au ciel en souriant*


Réponse aux reviews :

Marius : Moi j'adore Error, c'est un fouteur de merde absolu ! Détruire les AUs pour le fun, c'est vraiment un comportement de connard XD
J'aime trop incruster Lust, rien que pour emmerder Kyoya ! Mwhahahahaha ! XD
Mais faut pas pleurer parce qu'UnderBey est bientôt fini ! Mon nouveau projet est tout prêt, plus qu'à écrire ! Je pense qu'il va beaucoup te plaire n_n
P.S : J'adore bébé Shinsou, vraiment j'aime trop sa petite tête de blasé et son alter est trop pété ! Perso, je trouve très marrant tous les memes avec Shinsou et Aizawa ! Il y a de quoi douter quand même, ils se ressemblent beaucoup XD
Re P.S : (Moi : Bon, il y en a marre ! ALYSSA ! Alyssa : *descend en courant* Oui, quoi ? Moi : On a besoin de retrouver Marimo ! Sanji : TT_TT Alyssa : Je pars à sa recherche et je vous le ramène au plus vite ! Ce sera pas long, avec mes capacités je vais le retrouver vite ! *s'en va* Moi : Ça va aller Sanji, elle va te le retrouver ton Zoro ! n_n Sanji : Merciiiiiii TTvTT)

NekoGardenFox : Je trouve plutôt qu'Ink ressemble à un mélange de Jack et Dynamis ! Jack pour le côté artiste passionné et Dynamis pour le côté bienveillant (oui parce que je l'ai pas bien montré mais Ink est très bienveillant ^^') !
Bah pour Error, c'est surtout qu'il prend un plaisir immense à faire chier Ink ! Est-ce que ça vous étonne si je vous dis que le fandom les ship souvent ? Il y a même un AU où ils ont un gosse qui s'appelle PaperJam XD
Si j'avais fait venir Horror, il y aurait eu une tentative de meurtre envers ce pauvre Kyoya et je crois qu'il aurait pas supporté ! Il a été légèrement traumatisé par HorrorTale ^^'


À son réveil, Kyoya se sent comme dans un nuage de coton. Il est engourdi et son cerveau nage dans un brouillard épais. Il a vraiment du mal à revenir dans le monde réel. Petit à petit, le vert reprend ses esprits et sent plusieurs membres de son corps être douloureux. Il commence à avoir froid aussi, très froid. En fait, l'ambiance autour de lui est même glaciale. Ça a pour effet de le ramener plus vite et il lance des regards paniqués dans tous les sens. Là où il est, l'obscurité est totale et le jeune homme doit attendre que ses yeux s'habituent pour discerner vaguement des formes. Il n'y a pas grand-chose à voir cependant, excepté une porte. Un endroit froid, obscur et où règne une odeur particulièrement prononcée de moisi… Une cave. Oui, le lion est persuadé d'être dans une cave. Il y a bien une cave dans le manoir actuel de son paternel. C'est là qu'il doit être. Ça ressemble bien à son père de lui faire ça.

Enfin revenu à lui, Kyoya essaie de se relever mais il se trouve dérangé par quelque chose. Quelque chose le gêne dans ses mouvements. En essayant d'avancer vers la porte en face de lui, il sent immédiatement ce qui l'entrave. Des chaînes. Il a les poignets menottés et est retenu près du mur par de lourdes chaînes. Il peut se mettre debout, mais ne peut pas trop s'éloigner du mur. Selon ses estimations, plutôt brouillonnes à cause du chloroforme qui lui brouille encore un peu les sens, il doit pouvoir avancer d'un mètre, mais clairement pas plus. Ses bras sont douloureux à cause de ça. Les menottes sont très serrées et atrocement froides. Kyoya est sûr d'avoir les poignets violacés sous les menottes. Il a tellement froid… Rapidement, le vert remet ses pensées en ordre et prend les choses en main. Il doit bouger. Il ne doit surtout pas rester statique sinon il risque l'hypothermie. De plus, il n'a ni bu ni mangé depuis un moment, et son ravisseur ne risque pas de le nourrir correctement ou de le faire boire en quantité recommandée pour être en bonne santé. Ce serait trop beau.

Kyoya fait donc les cents pas près du mur, autant que ses chaînes le lui permettent, et souffle sur ses mains pour les réchauffer. Maintenant qu'il a retrouvé toute sa tête, l'angoisse lui enserre le cœur. Depuis combien de temps est-il là ? Il n'a aucun moyen de le savoir. Il ne peut pas rester éloigné de Ryuga trop longtemps, il doit le soigner ! Six heures, ça passe extrêmement vite. Et comment l'empereur dragon va-t-il réagir en se rendant compte que le vert ne revient pas ? Il va s'inquiéter, c'est sûr. Kyoya lui avait dit qu'il ne mettrait pas plus d'une heure. L'adolescent commence à sentir son sang pulser dans ses veines. Il veut s'enfuir. Il doit absolument s'enfuir ! Le vert se tourne et regarde ses chaînes, lourdes et froides. Il doit absolument économiser son énergie, mais il veut tester la résistance de ses entraves. Il veut voir si elles sont rouillées et s'il pourrait les arracher en y mettant assez de force. Kyoya tire donc sur les chaînes, les testant, mais s'arrête très vite. Il ne pourra pas. Il sent qu'elles sont cassables, mais pas pour un jeune homme de sa carrure. Il n'a pas assez de force. Il n'aura jamais la force nécessaire. Et ce n'est même pas la peine d'essayer d'enlever les menottes, il sent qu'elles sont trop serrées pour qu'il le fasse. Même s'il se faisait saigner volontairement pour lubrifier les menottes, il ne pourrait pas. Il ne peut pas se libérer seul…

La porte de la cave émet soudain un grincement plaintif et le vert se retourne brusquement dans sa direction. La silhouette impressionnante de son père pénètre dans la cave et appuie sur un interrupteur près de la porte. L'unique lampe du plafond s'allume, aveuglant Kyoya qui s'était habitué à l'obscurité ambiante.

-Alors, comment vas-tu mon fils ? Demande le géniteur de l'adolescent rebelle avec un immonde ricanement.

-Je suis là depuis combien de temps ? Grogne Kyoya.

-Toujours aussi malpoli, dit son père en croisant les bras. Tu as dormi pendant un peu plus d'une heure.

-Laisse-moi partir, gronde le lion.

-Certainement pas. Tu croies que je me suis donné tout ce mal pour te laisser t'en aller comme ça ?

-Laisse-moi partir ! Je dois retourner auprès de Ryuga !

L'énervement et la panique montent en Kyoya à toute vitesse et il essaie de se ruer sur son père, une grimace haineuse sur son visage. Évidemment, les chaînes l'en empêchent et son enfoiré de géniteur le regarde s'énerver avec un amusement sadique. Pourtant, au milieu de l'amusement, et même s'il est empli de rage, le lion décèle une lueur de haine et de dégoût dans le regard de son père.

-Je ne t'ai jamais vu t'énerver autant pour une personne ne faisant pas parti de ta famille, finit-il par lâcher froidement. Je crois que je commence à comprendre pourquoi tu traines avec ce danger public alors que tu es censé le détester.

-En quoi ça te regarde ? Lui demande Kyoya avec un grondement animal, ayant cessé de tirer sur ses liens de fer.

-Je suis ton père.

-Tu as cessé d'être mon père le jour où tu as tué ma mère, ordure.

-N'essaie pas de changer de sujet. Je ne te laisserai pas partir, et encore moins si c'est pour que tu ailles retrouver cet homme.

-Laisse-moi m'en aller ! Tu vas juste me tuer si tu me gardes ici !

-Allons, ne dis pas de bêtises Kyoya. Je n'ai aucunement envie que tu meures. Je vais te donner à manger et à boire, juste assez pour que tu restes en vie.

-Tu n'comprends pas ! Si je reste loin de Ryuga trop longtemps, je vais finir par mourir !

-Tu ne trouves pas un peu trop mélodramatique, mon fils ? Je veux bien que tu…aimes ce danger, mais n'exagère pas non plus.

-Tu ne peux pas comprendre. Tant pis pour toi, tu vas juste réussir à me tuer.

Tategami père fronce les sourcils, perplexe que son fils insiste autant sur le fait qu'il va mourir s'il le garde dans la cave, mais ne s'en formalise pas. Son fils est juste prêt à tout pour sortir et fuguer encore une fois.

-Je repasserai dans une heure ou deux pour t'amener de l'eau, dit le géniteur de Kyoya. Je vais te laisser la lumière.

-Trop gentil, je suis flatté, ricane le lion en fusillant l'homme face à lui de ses orbes bleues.

-J'espère que le temps passé ici va te remettre les idées en place, gronde son père, du dédain dans ses yeux.

-Si tu espères que je vais soudainement arrêter d'aimer Ryuga, lâche l'affaire, répond Kyoya avec toute sa moquerie, bien décidé à faire comprendre à son père qu'il ne pourra pas le briser. Je n'arrêterai jamais. Et tu devrais te méfier. Je sais pas pourquoi, je sens que lui et mes amis vont venir me chercher dès qu'ils se rendront compte que j'ai disparu.

-Penses-tu réellement que des enfants me font peur ?

-Ryuga n'est plus un enfant lui. Et pour les autres, je te rappelle qu'on parle « d'enfants » qui ont infiltrés plusieurs fois des organisations importantes. Qui es-tu à côté ? L'Académie HD, c'était autrement plus difficile à pénétrer que ce manoir.

Le businessman fronce les sourcils et tourne le dos à son fils, quittant la cave. Au fond de lui, le père de Kyoya est très énervé. Effectivement, les saletés d'amis de son aîné sont des acharnés, ayant déjà défait des organisations malfaisantes sans aucun dégâts importants. À côté, libérer le jeune homme aux cheveux verts d'un manoir, certes immense mais ridiculement petit à côté de la tour de l'Académie HD ou du QG de la Nébuleuse Noire, paraît vraiment simple. L'homme cruel va tout faire pour empêcher cela. Il gardera son fils et en fera son digne héritier. Hors de question de le laisser s'enfuir une nouvelle fois.

Resté seul, Kyoya s'est assis, voulant économiser son énergie. Il est fatigué, il a chaud à cause de sa montée d'adrénaline mais des sueurs froides courent le long de son dos, ses poignets lui font un mal de chien vu qu'il a tiré fort sur ses chaînes en s'énervant et ses narines le brûlent légèrement à cause du chloroforme. Pourtant, le vert ne se laisse pas aller au désespoir. Il s'en est souvenu pendant son altercation avec son père, de la capacité de Gingka à avoir envie de sauver tout le monde. C'est sûr et certain que le roux va vouloir venir à sa rescousse. Son rival éternel ne peut pas être au courant comme ça, mais le lion sait que Ryuga viendra le trouver. Ce n'est pas vraiment dans le caractère de l'empereur dragon de demander de l'aide, mais il a beau être fier, il n'en est pas pour autant con. Kyoya sait que le blanc ne pourra pas s'en sortir tout seul, et il sait aussi que son crush en a lui-même conscience. L'adolescent rebelle soupire et souffle sur ses mains. Maintenant, il ne peut plus qu'attendre et espérer.


Cela fait maintenant deux heures que Kyoya a quitté le manoir abandonné, et Ryuga est désormais très inquiet. Le vert devrait être rentré depuis longtemps… Quand la première heure est passée, le dragon s'est dit que le jeune homme ne tarderait plus. Après encore une demi-heure, il a commencé à s'inquiéter mais a pensé que Kyoya avait peut-être croisé quelqu'un qui l'avait retenu. Mais maintenant, ça fait deux heures et ce n'est pas du tout normal que le lion tarde autant. Le blanc ne tient plus. Il doit partir à la recherche de l'adolescent, il est sûr qu'il lui est arrivé quelque chose. Précipitamment, Ryuga rassemble donc les quelques affaires qu'il avait éparpillées pendant son attente et court jusqu'à l'extérieur. La colère et le peur se mélangent en lui. Si quelqu'un a vraiment osé s'en prendre à l'une des seules personnes que l'empereur dragon aime, cette personne vient de signer son arrêt de mort. Clairement, provoquer la fureur du blanc est une mauvaise idée.

Ce dernier suit le chemin qu'il a déjà arpenté en compagnie de son coup de foudre, le ventre tordu par le stress. Il essaie au maximum de canaliser ses émotions mais c'est vraiment dur. Il aime Kyoya si fort, il ne supporterait pas de le perdre… Ça n'arrivera pas. Oui, l'empereur dragon se le jure en serrant les poings. Il ne laissera personne lui arracher le lion. Personne.

Ryuga finit par arriver à l'extérieur de la ville et se sent de plus en plus énervé et angoissé. Il n'a rien trouvé qui pourrait lui donner un indice sur l'endroit où le jeune homme a disparu. Il ne va pas tarder à péter un plomb, il le sent. Kyoya n'est pas du genre à se laisser faire, ça rend la situation encore plus inquiétante.

Perdu dans son énervement et ses réflexions, le dragon ne remarque pas le sac de Kyoya au sol et se prend les pieds dedans. Quand il s'en rend compte, il se jette dessus et le ramasse sans la moindre petite once de douceur. Ryuga sent son cœur faire des loopings et ses dents grincent tellement il les serre de rage. Il a vu la lanière déchirée. Il ne peut plus y avoir le moindre doute. Quelqu'un s'en est pris au vert. Et il a bien une idée de qui ça peut être. C'est forcément l'horrible père de Kyoya, ce meurtrier qui devrait être en prison plutôt que dans un manoir. On peut ajouter « kidnapping » sur sa liste de crimes maintenant. Le dragon tient le sac bleu par sa lanière déchirée et ressent l'irrépressible envie de frapper quelque chose. De préférence, le géniteur de son crush. Là, actuellement, il ne l'a malheureusement pas sous la main et jette donc son dévolu sur un pauvre arbre qui se prend un magistral coup de pied. En fait, Ryuga a mis tellement de force dans son coup de pied que l'arbre se retrouve secoué violemment et que son écorce s'enfonce sous le choc. C'est sûr, l'empereur dragon est maintenant furieux. Il n'a plus qu'une idée en tête : retrouver Kyoya et buter son paternel. Le meurtre n'est toujours pas légal mais le blanc est clairement trop enragé pour en avoir quelque chose à foutre. Cet homme pourri jusqu'à la moelle ne mérite que ça.

Rapidement, le blader légendaire de l'été rassemble ses pensées. Il a tout intérêt à retrouver Kyoya vite, pour lui comme pour le vert. Ça fait déjà deux heures depuis la dernière fois que l'adolescent l'a soigné. Plus que quatre heures avant que la maladie de Némésis ne recommence à le tuer. Il doit vraiment faire au plus vite. Et tout seul, il ne pourra pas faire assez vite. Oui, ça lui écorche sa fierté, mais c'est pas le moment de penser à sa fierté ! Il a quand même le sens des priorités. Sa priorité, c'est d'aller chercher Kyoya. Et si pour ça il a besoin de Gingka, aussi insupportable soit-il, et bien il demandera l'aide du rouquin. Ce dernier est peut-être très con, mais quand il faut sauver un pote, ses neurones se réactivent. Heureusement.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, l'empereur dragon est donc arrivé au B-Pit, le sac de Kyoya toujours dans sa main. Il rentre sans même prendre la peine de toquer, surprenant Madoka qui rangeait des pièces de toupie dans le magasin.

-Ry-Ryuga ?! M-mais qu'est-ce que t-tu… ? Bafouille la mécanicienne.

-Pas le temps, je dois voir Gingka, la coupe le dragon. C'est urgent.

-I-il est en bas… lui répond la jeune fille en pointant son escalier en colimaçon du doigt.

Sans un mot de plus, Ryuga dévale les escaliers. Inquiétée par ce comportement étrange, Madoka le suit. En bas, Gingka est affalé sur le canapé, visiblement en train de lire quelque chose sur son téléphone. Il est vite arraché à sa lecture par le blanc qui jette le sac de Kyoya sur la table basse devant le canapé. Le roux sursaute, relève la tête et pose vite son téléphone en voyant l'expression sérieuse de son rival.

-Kyoya a des ennuis, dit-il sans détour. Des très gros ennuis.

-Des ennuis… ? Répète Madoka, de plus en plus inquiète.

-C'est grave à quel point ? Demande Gingka, son expression la plus sérieuse sur le visage.

-Très grave, répond Ryuga. Il a été kidnappé. Il est sorti faire des courses il y a environ deux heures, mais il n'est pas revenu alors qu'il m'avait dit qu'il ne mettrait pas plus d'une heure. Tout ce que j'ai retrouvé de lui, c'est son sac, et la lanière a été déchirée.

-Et si vous restez séparés trop longtemps… commence le roux.

-Alors je mourrai, et Kyoya mourra après moi, termine le dragon, ses poings serrés à l'évocation de l'idée que le vert pourrait quitter ce monde.

La jeune fille aux yeux bleu ciel ramène ses mains devant sa bouche, comme pour étouffer un cri resté coincé dans sa gorge, tandis que Gingka perd toutes ses couleurs. Pour que Ryuga vienne le trouver, c'est forcément grave, mais le rouquin n'imaginait pas que c'était à ce point.

-Tu…tu as une idée de qui a fait ça ? Demande le blader légendaire de l'automne en se levant comme un ressort.

-Oui, je suis pratiquement sûr que c'est son propre père qui l'a enlevé, répond le blanc, les yeux emplis de haine.

-Qu-quoi ?! S'étranglent Gingka et Madoka.

-Trop long à expliquer. Sachez juste que son père est un être sans cœur, et que si on va chercher Kyoya, cette pourriture n'hésitera sans doute pas à nous faire du mal, ou tout du moins à essayer, explique Ryuga. Kyoya est vraiment en danger.

-On doit faire quelque chose, et très vite ! S'exclame le roux. Kyoya t'a…soigné quand pour la dernière fois ?

-Juste avant de partir, donc il y a environ deux heures. Je n'ai plus que quatre heures devant moi, et le soleil ne va pas tarder à se coucher.

-Tu…tu sais où le père de Kyoya pourrait l'avoir emmené ?

-Kyoya m'a dit que son père a un manoir dans les beaux quartiers de la ville, mais je ne sais pas où précisément…

Ryuga serre une nouvelle fois les poings. Il avait oublié ce détail. Quel imbécile ! Il a envie de se frapper, comment a-t-il pu oublier un truc si important ?! Derrière lui, il entend des bruits de touches de clavier. Il se retourne et voit Madoka en train de pianoter à toute vitesse sur le clavier de son ordinateur. La mécanicienne n'a pas perdu de temps. Gingka et lui se mettent de chaque côté de la jeune fille et regarde son écran.

-J'ai déjà entendu le nom de Tategami Corporation, alors j'ai tapé ça, dit Madoka. Et…voilà, c'est là ! Mr. Tategami, PDG de la Tategami Corporation, habite un manoir qui se trouve…ici !

Elle appuie sur une touche et un petit point se met à clignoter sur l'écran de son ordinateur, accompagné de coordonnées. Alors c'est là…

-Ça risque d'être compliqué de se faire discrets dans les beaux quartiers… fait remarquer la mécanicienne.

-C'est surtout qu'on va pas s'en sortir à nous trois, enfin nous deux, parce que toi Madoka tu vas rester en retrait, soupire Gingka.

-Mais tu proposes quoi alors Gingka ? Demande Madoka.

-Appeler quelqu'un qui sait mieux construire les plans d'action que moi, répond le roux en attrapant son téléphone sur la table basse.

Gingka s'éloigne pour passer son coup de fil, sous les yeux intrigués de son amie. Ryuga est plutôt occupé à se ronger les ongles jusqu'au sang. C'est une image, bien évidemment. Quelques instants plus tard, le rouquin revient, rangeant son téléphone dans la poche de son pantalon.

-T'as appelé qui, alors ? Demande l'empereur dragon, ayant du mal à tenir en place.

-Tsubasa, répond Gingka. C'est le plus raisonné d'entre nous, et son métier l'a habitué au danger. Je lui ai dit que c'était vraiment urgent, il devrait arriver d'une minute à l'autre.

Les trois doivent donc attendre un moment, au grand dam de Ryuga qui n'en peut clairement plus et a juste envie d'aller chercher l'adolescent dont il est tombé amoureux. Au passage, ni Madoka ni Gingka ne percutent que c'est la première fois qu'ils voient le dragon vouloir sauver quelqu'un. Vraiment aucune jugeote. À peine cinq minutes plus tard, l'argenté débarque dans l'entrée du B-Pit et dévale les escaliers pour se planter devant son ami qui l'a sollicité. Il est évidemment assez surpris de voir Ryuga, mais Gingka l'a tellement inquiété avec son ton sérieux inhabituel qu'il passe vite à autre chose. Le rouquin lui résume la situation et Tsubasa a du mal à cacher son inquiétude. Il sait que Kyoya n'est pas quelqu'un qui se laisse facilement faire, alors qu'il ait été enlevé si aisément donne une idée très inquiétante des capacités de son géniteur.

-Alors, qu'est-ce qu'on fait Tsubasa ? Finit par demander Gingka, espérant que son ami ait un plan élaboré, comme souvent.

-J'ai déjà entendu parler de cet homme, répond l'argenté. C'est ton père qui m'en a parlé. Il n'a évoqué que son aspect « homme d'affaires », évidemment, mais apparemment même là c'est un homme cruel et froid. On ne doit pas le prendre à la légère, je suis persuadé qu'il est vraiment dangereux.

-Il l'est, lâche Ryuga d'une voix grave et glaciale, emplie de haine. Je ne peux pas vous dire ce qu'il a fait dans le passé, parce que je ne sais pas si Kyoya voudrait que je raconte ça sans son accord, mais croyez-moi. Son père est vraiment un monstre.

-Dans les beaux quartiers il y a beaucoup de caméras, c'est une évidence, alors voilà ce qu'on va faire. Je sais que le temps joue contre nous, mais il ne faut pas y aller tout de suite, explique Tsubasa. Attendons que la nuit tombe. Ce n'est pas pour les caméras, juste au cas où des gens pourraient nous voir. On sera moins identifiables. Pour les caméras, j'ai un brouilleur. Il y a sûrement des codes pour ouvrir des portes dans le manoir, tu sauras gérer ça Madoka ?

-Bien sûr, affirme la jeune fille. Vous pouvez compter sur moi.

-Bien. Je suppose que le père de Kyoya a un petit comité d'accueil, mais ça m'étonnerait que ce soit des bladers cette fois, dit l'ex agent infiltré. Il faudra éviter les confrontations, on est clairement pas de taille, sauf si on s'y retrouve contraints.

-Laissez-moi faire s'il faut vraiment se battre, ajoute Ryuga.

-Et le plus important : on ne se sépare pas. On reste groupés, conclue Tsubasa.

Les trois autres hochent la tête et Tsubasa s'installe avec eux pour patienter jusqu'à la tombée de la nuit. Il est presque 20H et la nuit tombe dans à peu près une heure. Ryuga s'appuie contre un mur et soupire. Le temps d'arriver au manoir, il sera sûrement 21H30. Il n'aura donc plus que deux heures. Pour lui, c'est largement suffisant pour sauver Kyoya. Peu importe qui se mettra dans son chemin, rien ne l'empêchera de ramener le vert dans le manoir abandonné. Leur manoir abandonné.


Au même moment, dans la cave du manoir qu'il a fui quatre années auparavant, Kyoya est replié sur lui-même au sol. Il a froid, beaucoup trop froid. Il manque d'énergie et n'a pas réussi à rester debout, faisant les cents pas pour se réchauffer. Il n'arrive plus qu'à souffler sur ses mains, s'inquiétant de voir le bout de ses doigts prendre une couleur violacée. Sa bouche est pâteuse et la soif commence à le tirailler. Pendant tout son après-midi avec Ryuga, il était tellement bien qu'il en avait oublié de boire, et ça ne l'avait même pas dérangé, mais maintenant qu'il est dans une situation horrible, sa gorge s'assèche de plus en plus douloureusement. L'air froid qu'il respire lui fait mal au nez à cause du contraste entre ses cloisons nasales légèrement brûlées par le chloroforme et la température si basse dans la cave. L'adolescent en vient à espérer que son père arrive vite, avec l'eau qu'il lui a promis à sa dernière visite. Et il se déteste pour ça.

Bien sûr, Kyoya a deviné que ça fait partie du plan de son père. Ce dernier a visiblement compris que la douleur physique n'a effectivement aucun impact sur son fils aîné et a donc décidé de tester autre chose. La torture psychologique, avec une petite dose sadique de douleur « classique » tout de même. Le lion n'aime pas du tout ça. Il est fort, psychologiquement comme physiquement, mais la soif est un besoin tellement primaire que le plan de son taré de père commence à se montrer efficace.

Justement, en parlant de lui, la porte de la cave s'ouvre dans son grincement toujours plaintif. Le vert se redresse aussi rapidement qu'il en est capable et darde son regard bleu océan plein de haine sur son paternel. Hors de question de lui montrer qu'il craque. Jamais.

-Alors mon fils, comment ça va ? Demande Tategami père avec un sourire malsain.

Kyoya ne répond pas, se contentant de fusiller son géniteur des yeux. Il refuse de lui parler, et de toute façon sa gorge est tellement sèche que sa voix est sûrement rocailleuse et ne doit pas être capable de porter bien loin.

-Mmh, tu es vraiment un enfant têtu, soupire l'homme aux yeux orageux. Enfin, même si tu fais le fier, je vois bien que tu es déshydraté et je sais que tu ne dois pas te sentir bien.

Avec dédain, le père du lion lance donc une bouteille d'eau à moitié remplie qu'il cachait dans son dos à son fils. Malgré son besoin oppressant de s'hydrater, le jeune homme ne se jette pas sur le liquide salvateur. Non, ça ferait bien trop plaisir à ce connard. Il prend doucement la bouteille et l'ouvre pour boire à peine quelques gouttes. C'est suffisant pour le soulager. Et c'est aussi suffisant pour énerver son père, agacé de constater que son fils est bien plus dur à briser qu'il ne le pensait. Cependant, il a encore un tour dans sa manche. Alors que Kyoya referme la bouteille pour la poser près de lui, son paternel sort un deuxième objet de derrière son dos. Une statuette en or massif représentant un lion dévorant une gazelle.

-Dis-moi Kyoya, est-ce que tu te souviens de ça ? Demande sadiquement le géniteur de l'adolescent affaibli.

Le vert redresse la tête et, dès que ses yeux se posent sur l'objet, la haine et la rage explosent en lui. Malgré la fatigue et la douleur, il tente de se ruer sur son père, s'écorchant les poignets à cause des menottes de métal froid, cherchant à tuer cette ordure qu'il ne veut pas considérer comme son père, ou même simplement comme un être humain. Celui-ci, très satisfait de son coup, se relève et s'éloigne vers la porte.

-Je vois que tu n'as pas oublié, ricane-t-il. Je vais te la laisser là.

Sur ces mots, il dépose la statuette sur une table poussiéreuse dont Kyoya a remarqué la présence après sa première visite, puis s'en va définitivement. La douleur dans ses poignets et ses bras est affreuse, mais avoir cet objet infernal dans son champ de vision est bien pire. Cette horreur qui lui rappelle la mort de sa mère à chaque instant…

-Je t'en supplie Ryuga, si tu t'es rendu compte que j'ai disparu, dépêche-toi de venir, sanglote Kyoya, complètement à bout. J'ai besoin de toi… J'ai tellement besoin de toi…


Il est 21H30, la nuit est maintenant tombée sur MetalBey City. Devant le manoir Tategami, deuxième du nom, quatre silhouettes se tiennent dans l'ombre. En tête, Tsubasa observe le garde devant le portail faire sa ronde. Il a activé son brouilleur et attend maintenant le bon moment pour agir. Ils n'auront pas de seconde chance. Après quelques instants, le garde est déconcentré par un chien aboyant dans un des jardins voisins. C'est maintenant. L'argenté fonce sur le garde et lui cogne la tête de toutes ses forces. Le garde s'effondre au sol, complètement sonné, tandis que Tsubasa fait signe aux autres de le rejoindre. Il pointe du doigt le boitier du digicode de l'entrée et Madoka dégaine son ordinateur rapidement. Elle le connecte au boitier et le pirate très rapidement. Comparé aux systèmes de sécurité de l'Académie HD ou de la Nébuleuse Noire, c'est un jeu d'enfant. Le portail s'ouvre donc et les quatre se faufilent dans le jardin. Ils ne vont pas tarder à tomber sur le comité d'accueil, Ryuga passe donc devant.

Une fois dans le manoir, l'empereur dragon, l'argenté, le roux et la mécanicienne se font discrets, très rapides et rasant les murs pour rester dans l'ombre. Au détour de certains couloirs, ils tombent sur des gardes que le blanc met K.O. sans la moindre difficulté. Ce dernier semble d'ailleurs trouver le bon chemin très facilement. En réalité, et même s'il ne s'en rend pas compte, il est guidé par le lien qui le mène vers Kyoya.

Après plusieurs minutes, les quatre arrivent enfin devant une porte verrouillée par un digicode, qui semble mener au sous-sol. Madoka s'empresse de la pirater et ils pénètrent tous dans le couloir sombre qui s'étend devant eux. Ryuga court maintenant, sentant au plus profond de lui que le lion est tout proche. Enfin, il finit par arriver devant une vieille porte en bois. Il le sait, Kyoya est derrière. Il l'ouvre d'un violent coup de pied, pas nécessaire puisqu'elle n'était pas verrouillée mais incroyablement défoulant, et écarquille les yeux devant le spectacle qui s'offre à lui. Le vert est bien là, enchaîné au mur du fond de la cave, assis, les genoux repliés contre son torse et la tête baissée.

-KYOYA ! S'écrie Ryuga.

L'adolescent relève enfin la tête et se redresse contre le mur aussi vite que possible, regardant Ryuga comme s'il n'osait croire à sa présence.

-Ryuga… Je savais que tu viendrais, répond faiblement le lion, sa voix parvenant aux oreilles du blanc comme un murmure.

L'empereur dragon fait un pas en avant, prêt à courir délivrer Kyoya de ses entraves, mais un grand bruit se fait entendre derrière lui, suivi du cri perçant de Madoka. Ryuga se retourne presque immédiatement et voit son rival aux cheveux de feu être projeté contre un mur avec une force colossale, l'assommant violemment. Il fait un pas en arrière, retournant dans le couloir, et la colère l'envahit quand il voit le père de Kyoya, approchant avec un regard sans vie, sans âme. C'est lui qui a jeté Gingka contre le mur, comme si le rouquin n'était qu'une feuille morte, et vient maintenant vers Tsubasa qui protège la pauvre Madoka, terrifiée et en train de pleurer. Cet homme n'a vraiment aucune race.

-Hé, connard ! L'appelle Ryuga, craquant ses poings. Laisse les gosses tranquilles et viens te mesurer à un adversaire qui peut te rendre tes coups.

Le père de Kyoya regarde le blanc avec ses yeux gris emplis de haine, mais pas une haine aussi grande que celle que le jeune adulte éprouve à son égard. Il passe à côté de Tsubasa et Madoka, les ignorant complètement d'un seul coup, et avance vers le dragon. Ce dernier recule dans la cave, prêt à se battre. L'argenté se précipite aux côtés de Gingka pour s'assurer qu'il n'est pas gravement blessé et se mord la lèvre. Il n'a plus le choix. Il active son boitier d'urgence, un équipement donné par l'AMBB qui envoie automatiquement un signal contenant les coordonnées GPS de la position de Tsubasa à la police et aux urgences. Son ami n'est pas blessé, juste inconscient, mais il a très bien compris que Ryuga compte se battre au corps à corps contre le père de Kyoya.

En parlant de ça, les deux adultes se font face, prêts à se battre, sous le regard horrifié de Kyoya. Est-ce que le dragon est vraiment capable de mettre son père hors d'état de nuire ? Oui, il est fort, mais son géniteur n'est pas ce qu'on peut appeler un homme faible. Le vert est mort de peur à l'idée que quelque chose puisse arriver à Ryuga, et sous ses yeux en plus ! Il ne veut pas voir ça, mais en même temps il ne peut pas détourner le regard. Ce serait encore pire d'entendre simplement le combat sans le voir.

-Je vais définitivement t'empêcher d'approcher mon fils, gronde le père du lion.

-J'aimerais bien voir ça, répond Ryuga, son regard froid rivé sur son adversaire.

Le père de Kyoya déclenche le début de l'affrontement en tentant de mettre une droite au blanc, mais ce dernier l'avait senti venir. D'un mouvement souple, il se baisse et met une balayette dans les jambes de l'homme sans cœur pour le faire chuter. Tategami père tombe sur le sol froid de la cave avec un grognement de douleur étouffé et Ryuga ne perd pas un instant pour lui décrocher un coup de poing dans le visage. Le nez du père de Kyoya se brise, déversant une quantité non négligeable de sang. Sous l'effet de la rage et de la douleur, l'adrénaline monte en flèche dans le corps de l'homme aux yeux gris qui dégage le jeune adulte avec un coup de pied dans le ventre. Il a tapé en plein dans la tâche et l'empereur dragon étouffe un hurlement de douleur dans sa gorge. Cette saleté est affreusement douloureuse quand elle prend un choc. Profitant de l'étourdissement de Ryuga, le géniteur de Kyoya l'attrape par le col de son imperméable et le jette contre la table sur laquelle se trouve la statuette qui autrefois était un chandelier. Ladite statuette tombe contre le sol de la cave avec un bruit sourd, suivie par Ryuga qui grogne, un peu sonné. Et malheureusement, il ne réagit pas assez rapidement. Le père de Kyoya se jette sur lui pour le maintenir au sol et enserre son cou halé de ses fortes mains, l'étranglant avec un sourire sadique.

Derrière eux, le lion observe la scène avec horreur et tire de toutes les forces qu'il lui reste sur ses chaînes, pleurant sans même s'en rendre compte. Non, il refuse que ça arrive ! Il ne peut pas laisser son père tuer l'homme qu'il aime sous ses yeux, comme il a tué sa mère. Ses putains de chaînes ne le retiendront pas ! Même s'il doit s'arracher les mains, il se libérera de ses entraves !

Ryuga se rend compte très rapidement qu'il ne pourra pas se libérer de la prise de son agresseur. Il est très fort, et lui se sent faiblir vitesse grand V. Sa maladie pompe ses forces, il n'arrive déjà presque plus à respirer et sa vue commence à se brouiller. Il ne peut pas mourir comme ça… Il ne peut pas mourir tout court ! Il est venu sauver Kyoya de ce père démoniaque, et il le fera ! Si seulement il pouvait…mais oui ! Le dragon se rappelle soudainement que la statuette en or est tombée derrière lui. S'il pouvait l'attraper… Ryuga tend le bras derrière lui, tâtonnant pour trouver l'objet et se concentrant sur sa respiration de plus en plus douloureuse et faible. Presque, il sait qu'il y est presque… Trop occupé à l'étrangler, le père de Kyoya ne cherche même pas à l'en empêcher. Il veut juste le tuer, regarder la vie le quitter et entendre ses poumons siffler péniblement. Il veut sa mort, lente et douloureuse.

Dans un dernier effort, l'empereur dragon se recule et sent la statuette froide dans sa main. Il la saisit et, soudain envahi par une force qu'il sent couler dans ses veines comme l'eau d'une rivière dans des rapides, il frappe le père de Kyoya en plein dans le crâne. Le choc est violent, le crâne de l'homme aux yeux orageux se brise et il retombe mollement sur le côté, du sang se déversant rapidement de la plaie. Ryuga a entendu l'os crânien se briser comme une coquille d'œuf. Il sait ce qu'il vient de faire. Il vient de tuer le père de Kyoya, et il ne le regrette absolument pas. En revanche, il se sent de plus en plus partir. Il a dépensé trop d'énergie, la maladie de Némésis est en train de l'achever. Non…il ne peut pas échouer si près du but…

Son attention est attirée par un grand bruit derrière, mais il n'a même pas la force de se retourner. Il sait juste que ça vient de là où est Kyoya. En effet, derrière Ryuga, le vert est lui aussi empli d'une force complètement surhumaine et tire sur ses chaînes, sollicitant ses muscles comme jamais avant. Le lien, sentant que les deux bladers qu'il a liés sont en grand danger, donne une force incroyable au vert, comme il l'a fait juste avant avec le blanc pour que ce dernier tue son agresseur. Les chaînes, pourtant lourdes, commencent à se briser et, après une minute d'effort intense, les maillons se rompent. Emporté par sa force, Kyoya chute en avant et s'écorche les bras, mais il se relève presque aussitôt et court au chevet de Ryuga. Il le sent partir. Il ne laissera pas ça arriver. Il se jette à ses côtes, ignorant totalement la douleur dans son corps, ses poignets cisaillés et dégoulinant de sang, et retire sa mitaine droite à toute vitesse avant de poser sa main sur le flanc droit de Ryuga, sous sa chemise. Ce dernier sent bien les mains gelés du lion et revient à lui comme s'il avait reçu un électrochoc. Un peu perdu, il regarde autour de lui et finit par tomber sur le visage de Kyoya, trempé de larmes mais éclairé d'une expression de soulagement et de bonheur. Il a réussi…

-Ryuga, Kyoya, vous allez bien ? Demande Tsubasa, aidant un Gingka revenu à lui mais très sonné à se tenir debout.

-J'suis un peu sonné, mais ça aurait pu être pire, répond Ryuga, la voix rauque à cause de la strangulation qu'il a subie.

-Je suis fatigué et j'ai faim, mais ça va aussi, ajoute Kyoya, la main appuyée contre la tâche qui se résorbe bien plus vite que d'habitude.

-Et…et lui ? Hésite Madoka, restée dans l'encadrement de la porte et pointant du doigt le père de Kyoya.

-Mort, dit simplement le dragon. J'ai entendu son crâne se briser.

L'argenté hoche la tête et regarde le cadavre avec une neutralité un peu inquiétante. Son calme olympien peut parfois être légèrement perturbant. Entendant du bruit à l'étage, Tsubasa précise qu'il a alerté la police et les urgences, puis monte en aidant son ami roux à marcher, suivie de près par la mécanicienne qui n'a qu'une hâte : rentrer se coucher pour se remettre de ses émotions. Restés seuls, Kyoya et Ryuga se regardent en silence et se rendent vite compte que la tâche est déjà résorbée. Tous deux sont très étonnés puisqu'ils s'étaient habitués à ce que cela soit long. C'est encore une fois une action du lien, qui a accéléré la guérison grâce au rapprochement des deux bladers. Une fois guéri, le dragon se redresse et regarde les poignets violacés et sanguinolents de l'adolescent avec inquiétude.

-Il faut t'enlever ça, dit-il en prenant les mains de Kyoya, pas rassuré par leur froideur largement au-dessus de ce dont il a l'habitude.

-Je sais, mais j'ai pas la clé, soupire le vert. Je sais même pas où elle est…

La capacité de réflexion de Ryuga n'a aucunement été affectée par la tentative de meurtre du père de son crush sur sa personne et il a immédiatement dans l'idée que cet enfoiré la gardait sur lui. Il se traine donc jusqu'au cadavre, pas très loin de lui, et fouille ses poches jusqu'à entendre un petit tintement métallique. Il avait raison. Il sort une petite clé des poches de pantalon du corps sans vie de son agresseur et se dépêche d'enlever les menottes du lion. Enfin libéré, Kyoya masse ses poignets endoloris, portant des marques violettes et rouges et essaie de se relever. Malheureusement, la force surhumaine qu'il avait l'a quitté et il est de nouveau très faible, affamé et fatigué. Avant qu'il ne retombe par terre, Ryuga le rattrape et le soutient pour l'aider à sortir de la cave. Ils ont tous les deux besoin d'air.

À l'extérieur, les gyrophares des ambulances et des voitures de police les aveuglent momentanément. Très vite, deux ambulanciers viennent les voir et s'empressent de vérifier leur état. Le premier, s'occupant de Kyoya, le couvre d'une chaude couverture, désinfecte et bande ses poignets meurtris et lui donne de l'eau et des petits gâteaux pour ralentir son hypoglycémie. Le second fait un check-up rapide à l'empereur dragon et lui donne juste du lait chaud avec du miel pour soulager sa gorge endolorie par l'étranglement. Les deux ambulanciers s'éclipsent ensuite et Tsubasa, Madoka et Gingka rejoignent leurs amis. Le rouquin va bien, mis à part qu'il a très mal à la tête, mais sinon il n'a pas de dégâts physiques importants. Les cinq se rassurent mutuellement, tous contents que personne ne soit gravement blessé, mais se retrouvent interrompus quand un agent de police s'approche d'eux. Vu ses vêtements, c'est même un inspecteur, grand et plutôt jeune.

-Nous avons trouvé le cadavre de Mr. Tategami dans la cave, le crâne défoncé par une petite statuette en or, dit-il sans détour. Lequel d'entre vous l'a tué ?

-Moi, monsieur, répond Ryuga avec une voix toujours un peu rauque. J'ai pas eu le choix…

-Il vous a étranglé, pas vrai ? Demande l'inspecteur en se doutant déjà de la réponse. Je l'entends à votre voix.

-Oui, confirme le blanc.

-Est-ce qu'il…va avoir des ennuis ? S'inquiète Madoka. Il n'avait vraiment pas le choix !

-Bien sûr que non, il ne sera nullement inquiété, la rassure-t-il. C'est un cas flagrant de légitime défense.

-Et…pour le reste ? Hasarde Tsubasa. Nous nous sommes quand même introduit dans une propriété privée et avons attaqué des gardes…

-Vous avez attaqué des gardes pour vous défendre. Quant à la violation de propriété privée, on ne vous en tiendra pas rigueur, répond l'inspecteur. Je suis jeune voyez-vous, mais j'ai beaucoup entendu parler de Mr. Tategami. Je sais qu'il avait un grand nombre de policiers dans sa poche, que c'était un homme cruel, et il a kidnappé son propre fils. Je ne devrais pas vous féliciter pour votre comportement, mais je le fais quand même. Vous êtes tous très courageux. Rentrez vous reposer, vous en avez besoin. Nous prendrons vos dépositions demain, rien ne presse.

L'inspecteur salue les jeunes gens et s'éloigne pour parler à des agents. Les cinq amis soupirent de soulagement et une voiture de police les ramène tous au B-Pit. Là, ils se séparent. Tsubasa rentre chez lui, complètement exténué, et Ryuga et Kyoya prennent la route du manoir abandonné. Le blanc aide toujours le lion à marcher, et après une demi-heure, ils sont de retour au bercail. Ils montent très vite se coucher, dans la chambre de Kyoya, après avoir vite fait pris une douche chacun. Il est 23H et la journée a été beaucoup trop éprouvante.

Assis sur le bord de son lit, Kyoya regarde ses blessures bandées et tourne la tête vers Ryuga. L'empereur dragon est en train de finir de se déshabiller, debout à côté du lit.

-Hé…merci de m'avoir sauvé, finit par dire l'adolescent.

-Tu pensais vraiment que j'allais te laisser mourir dans cette cave ? Ricane le blanc.

-Non, bien sûr que non, mais t'as risqué ta vie pour moi, ajoute le vert. T'as tué mon père, je me sens libéré d'un poids énorme ! Je sais qu'il pourra plus jamais me faire de mal. T'as jamais fait ça pour personne…

Ryuga regarde le lion, éclairé par les doux rayons de la lune, et sent son cœur partir en triple salto. Il serait prêt à risquer sa vie tous les jours pour Kyoya s'il le fallait. Il veut le protéger, parce qu'il l'aime comme un fou. Il a bien cru qu'il allait le perdre aujourd'hui, mais il a juré qu'il ne laisserait jamais rien ni personne lui enlever l'adolescent rebelle. Il le veut auprès de lui pour toujours…

-Kyoya… répond-il enfin en venant s'assoir près du jeune homme. Je veux pas te perdre. J'aurais jamais supporté de te perdre. Quand je me suis rendu compte que ton père t'avait enlevé, j'ai eu envie de hurler de rage et j'ai pas hésité une seconde à venir te chercher ! Je n'hésiterais jamais à venir te sauver si tu étais en danger une nouvelle fois. Parce que…parce que je t'aime Kyoya.

Kyoya rougit en écoutant les mots de l'empereur dragon, mais il est tellement fatigué qu'il ne trouve même plus la force de répondre. Ryuga voit bien que le vert a vraiment besoin de sommeil et l'aide à se glisser sous la couette. Lui aussi il est complètement crevé… Allongé et bien installé, le dragon sent que le sommeil va venir très vite. Cependant, alors qu'il sent déjà son esprit s'embrumer, Kyoya utilise ses dernières forces pour venir se glisser dans ses bras et, avant de laisser retomber sa tête sur le torse musclé de l'empereur dragon, l'embrasse doucement. L'instant d'après, l'adolescent a déjà sombré dans un sommeil bien mérité. Ryuga sourit et entoure Kyoya de ses bras pour réchauffer son corps encore très froid et le garder au plus près de lui, puis se laisse à son tour tomber dans les bras de Morphée.


Moi : Fin du chapitre ! Et oui, ils sont enfin en couple ! \^^/

Ryuga et Kyoya : Ouaaaais -_-

Chris : C'est fini les rabat-joie de service ?

Moi : Ouais, vous êtes relous hein !

Kyoya : Nan mais tu nous as mis méga cher ! è_é

Ryuga : Oui, je me suis fait étrangler !

Moi : Oui, je sais ! Mais la fin est trop mignonne, pas vrai ? *v*

Ryuga et Kyoya : *rougissent un peu*

Chris : *ricane* Héhé.

Moi : Le prochain chapitre sera normalement léger ! C'est même sûr ^^

Kyoya : Super…

Moi : Kyo, tu me gonfles ! Retourne tripoter ta main gauche et tais-toi !

Kyoya : *grogne*

Moi : Laissez les reviews de l'amour, je sens que vous allez avoir des choses à dire ! À dimanche ^_^

Chris : Bye bye !

Ryuga : Salut.

Kyoya : *joue avec la mitaine de sa main gauche*

Chris : Et allez, il recommence ! Ryuga, tu sais pourquoi il fait ça toi ?

Ryuga : *détourne les yeux* Non… Non, je sais pas.

Chris et moi : *chuchotent* Mythooooo XD