Salut à tous !
Je tiens à m'excuser pour ce retard de presque une semaine. J'ai eu quelques soucis personnels et je me suis plus concentrée sur ça qu'autre chose. Et j'ai eu aussi un gros manque d'inspiration. J'ai dû recommencé ce chapitre deux fois car la première version partait dans une direction qui m'était compliquée à suivre pour les prochaines chapitres. J'avais déjà les idées mais ça a été difficile de les mettre en place. Je suis vraiment, vraiment, désolée...
J'espère que ce chapitre vous plaira, je ne pense pas qu'il vaille cette semaine de retard mais j'espère que vous l'aimerez tout de même.
Je suis encore vraiment désolée.
Je tiens aussi à prévenir que ce chapitre contient de la violence et surtout abordera des thèmes difficiles à lire.
/!\ Disclaimer : La série Once Upon A Time et ses personnages ne m'appartiennent pas /!\
Dangereuse Attraction
chap 12
Regina se réveilla dans un chambre, d'hôpital vu les murs totalement blancs. Sa gorge était sèche et ses yeux mirent du temps à s'habituer à la luminosité de cette chambre. Une fois avoir repris ses esprits, elle appela une infirmière qui arriva en moins d'une minute. « Ils ne veulent pas me contrarier apparemment. » pensa la brune. L'infirmière lui fit boire un verre d'eau avant de prendre la parole :
- Comment vous sentez-vous madame le maire ?
- Si on enlève le troupeau d'éléphants qui m'écrasent le crâne, je me sens plutôt bien. Par contre, j'aimerai savoir pourquoi j'ai mal comme ça, qu'est-ce que je fais ici ? Il m'est arrivé quelque chose ? Demanda la brune.
- Vous ne vous souvenez pas ? Tenta la femme.
- Non.
- Ok… Écoutez, le Sheriff Swan ne devr-
- Swan ? Où est passé Graham ?
- Emma Swan est le nouveau Sheriff.
- Pourquoi ? Graham a démissionné ? L'infirmière, consciente qu'il se passait quelque chose d'anormal ici, se recula pour sortir de la chambre.
- Je vais chercher le Dr. Whale.
_.-._.-._
L'infirmière parcourut le dédale de couloir à la recherche du docteur et elle le découvrit flirtant avec l'hôtesse d'accueil. Celle-ci esquissait des petits sourires gênés et essayait tant bien que mal de se débarrasser de lui. L'infirmière leva les yeux au ciel et vint à son secours.
- Dr. Whale ! Appela-t-elle.
- Oui ? Fit l'homme en se retournant.
- Madame Mills est réveillée, informa la femme rousse.
- Bien, allons la voir.
- Je dois vous prévenir qu'elle a perdu la mémoire. Elle ne se souviens pas pourquoi elle est ici. Et ne connais pas le Sheriff Swan, elle croit que le Sheriff Humbert est toujours en vie.
- Malheureusement, j'avais raison… Son cerveau a trop souffert, déclara l'homme, l'air dépité. Bon, allons la voir pour la mettre au courant de la situation.
Les deux se mirent en route pour la chambre attribuée au maire. Whale allait frappé à la porte pour informer de son arrivé mais elle s'ouvrit en grand et Henry les bouscula, en pleure, pour courir vers la sortie. Emma apparut à son tour et s'élança à sa suite en criant son nom.
- Et merde… J'aurais aimé les appeler avant qu'ils ne l'apprennent de eux mêmes, déclara Whale. Bon, vous pouvez disposer. Je vais aller parler au maire. Vous, allez les chercher et ramener les moi. J'aimerai discuter de cette situation avec eux.
_.-._.-._
Lorsque Regina se retrouva seule dans sa chambre d'hôpital, elle réfléchit à la situation. « Qu'est ce que je fais dans un hôpital ? Que m'ait-il arrivé ? » Alors qu'elle était perdue dans ses pensées, une femme blonde et un enfant firent irruption dans sa chambre. Le petit garçon se jeta sur elle et l'enlaça de ses petits bras.
- Maman ! Tu es enfin réveillée ! S'enjoua-t-il.
- Qui êtes-vous ? Demanda Regina. L'intéressé se dégagea et s'assit sur sa mère.
- Bah, c'est moi maman, Henry.
- Je ne sais pas qui vous êtes.
Les larmes se mirent instantanément à couler sur les joues de l'enfant et sortit en courant de la chambre. La blonde, jusque là restée silencieuse, observa quelques secondes la femme allongée sur le lit, ne comprenant ce qu'il lui arrivait, avant de s'élancer à la suite de son fils qui avait déjà parcouru les mètres le séparant de l'ascenseur. Regina n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il venait de se passer qu'un homme pénétrait à son tour dans sa chambre.
- Bonjour, je me présente, je suis le Dr. Whale.
- Je sais qui vous êtes, idiots, déclara Regina en roulant les yeux. Puis-je savoir ce que je fais ici ?
- Oui, bon, j'aimerai d'abord que vous me disiez si vous vous souvenez du nom de Rumplestiltskin ? Regina paniqua en entendant l'homme devant elle prononcer ce nom qu'il était censé avoir oublié.
- N-non, tenta-t-elle.
- Bon, vous vous souvenez au moins de notre monde, fit le docteur qui voyait très bien derrière ce mensonge, visiblement soulagé. Ça va être plus facile. Écoutez moi bien, votre Majesté, Regina s'agita encore plus à ce titre, la malédiction a été brisée.
- J-Je ne vois pas de quoi vous parlez docteur.
- Regina, arrêtez ça voulez-vous ? Vous voyez la femme qui était avec votre fils ? C'est la Sauveuse.
- Non, non ! Ça ne fait pas 28 ans ! Et je n'ai pas de fils !
- Wow ! S'inquiéta l'homme. Vous avez perdu au moins dix ans de souvenirs.
- Quoi ? De quoi me parlez-vous ? Demanda Regina, utilisant sa voix froide de Méchante Reine, voulant faire obéir l'homme.
- Vous allez m'écouter très attentivement, madame le Maire. Ça fait 28 ans que vous avez lancé le Sort noir. Lorsque ça en faisait 18, vous avez demandé de l'aide à Mr. Gold pour adopter Henry. Dix ans plus tard, vous avez découvert que votre fils avait en faite été mit au monde par Emma Swan qui se trouvait être la fille de Blanche-Neige et du prince Charmant, ce qui fait donc d'elle la Sauveuse.
- Qu-Quoi ? S'étonna la brune. Je ne comprends rien.
- Il y a maintenant un mois, Emma a brisé la malédiction. Vous vous êtes fait enlevé par Jefferson qui vous a torturé en vous infligeant de très nombreuses décharges électriques.
- Pardon ?
- Emma vous a sauvé et vous étiez jusqu'à présent plongé dans le coma. Ces décharges ont très gravement touchés votre cerveau, vous avez donc perdu la mémoire.
- C'est incompréhensible ! S'énerva Regina.
- Votre Majesté, calmez-vous. Vous verrez, petit à petit, les souvenirs vont vous revenir. Mais pour cela, il faudra que vous soyez entourée des personnes qui vous sont proches et que vous soyez dans un environnement que vous connaissez.
- Et qui sont ces personnes ? Demanda la brune.
- Votre fils, Henry et Emma Swan.
- Vous voulez dire que La Sauveuse est mon amie ?
- Je ne dirais pas amie mais elle est la seule personne a vous avoir défendu lorsque le sort a été brisé.
- Si vous le dites…
_.-._.-._
Emma couru à la suite de son fils jusqu'à l'extérieur avant que celui-ci ne se laisse tomber à terre pour exprimer sa tristesse. La blonde l'enlaça de ses bras protecteurs et le réconforta de longues minutes avant que ses pleures ne cessent peu à peu. Henry se dégagea alors de sa mère et sécha ses larmes.
- Elle ne m'a même pas reconnu… Souffla-t-il.
- Eh gamin ! Le Dr. Whale nous avait prévenu, mais il va falloir qu'on soit la pour ta mère. Tu veux bien faire ça pour elle ? L'enfant hocha la tête. C'est bien, elle sera fier de toi ! Tu sera son Sauveur !
Le petit sourit et bomba le torse avant de se remettre debout pour pénétrer une seconde fois dans l'hôpital dans l'optique de rejoindre sa mère adoptive. Emma rit devant cette vision et se dépêcha de marcher à ses côtés. Une infirmière vint à leur rencontre et leur demanda d'attendre devant la chambre du maire car le docteur voulait leur parler. Ils s'installèrent donc sur les fauteuils et attendirent patiemment que l'homme sorte de la chambre.
- Je suis désolé, commença Whale en les rejoignant, madame le Maire a perdu tous ses souvenirs depuis l'adoption de Henry, déclara-t-il.
- Qu'est-ce qu'on peut faire ? Demanda Henry.
- Restez avec elle, parlez lui de moment que vous avez passé ensemble. Plus vous lui raconterez plus elle aura de chance de se souvenir. Je vais la garder cette nuit en observation mais dès demain, elle pourra rentrer chez vous et je te conseille de lui montrer ta chambre, Henry.
- D'accord, on peut aller la voir ?
- Oui mais ne restez pas trop longtemps, elle est encore très fatiguée. L'enfant pénétra dans la chambre de sa mère et Emma allait le suivre mais le docteur la retint.
- Je serais vous, je ferez attention Sheriff.
- Pourquoi ?
- Elle sait que vous êtes la Sauveuse mais elle n'a pas changé avec l'amour de Henry puisque pour elle, il n'existe pas. Elle pourrait très bien s'en prendre à vous.
- Merci, je saurais me défendre. L'homme lui offrit un petit sourire disant : « Ne la sous-estimez pas. » avant de partir pour s'occuper d'un autre patient.
Emma prit une grande inspiration avant d'entrer à son tour dans la chambre du maire. Henry était assis à côté du lit et il essayait de lui rappeler ses souvenirs oubliés mais c'était sans compter sur l'arrivée de la blonde. A la vue de la Sauveuse, Regina se leva immédiatement et la plaqua au mur.
- Comment osez-vous venir ici alors que, d'après ce que j'ai compris, vous m'avez tout enlevé ? S'énerva-t-elle.
- Regina ! Calmez-vous ! Tenta Emma. Regina apporta ses mains autour du cou du Sheriff et serra. Regina, ne faites pas ça ! Je comprends très bien que vous m'en voulez ! Mais laissez-vous au moins le temps de vous souvenir ! La vue d'Emma se floua et ses poumons la brûlaient à chaque inspiration.
- Je n'ai pas besoin de mes souvenirs pour savoir que vous êtes la Sauveuse et que vous êtes donc un danger pour moi !
- Maman ! Stop ! Intervint Henry. Ce n'est pas toi ! Ce n'est PLUS toi ! Tu as changé ! Voyant que sa mère adoptive ne réagissait pas, il sortit pour aller chercher le Dr. Whale.
- Regina… J'ai confiance en toi, calmes-toi… Regardes-moi, les yeux du maire, jusque là rivé sur son cou, se levèrent pour rencontrer ses émeraudes.
Emma sentit les mains autour de son cou se desserrer, tandis que la brune était absorbée par ces yeux verts, ce regard rempli de peur mais aussi de tendresse et d'amour. Regina connaissait cette femme, elle en était maintenant certaine et cela allait bien plus loin qu'une simple connaissance. La femme devant elle devrait être en train de crier, d'essayer de se dégager de son emprise mais au lieu de cela, elle la regardait intensément et attendait simplement que la brune arrête d'elle-même. Une amie ne réagirait certainement pas de cette manière. Puis, le maire se rappela des paroles d'Emma quelques secondes plus tôt « J'ai confiance en toi. » Regina laissa tomber ses mains le long de son corps. Non, elle ne pouvait pas faire souffrir cette femme, elle en était tout bonnement incapable. Elle ne remarqua la larme qui avait coulé sur sa joue que lorsque le pouce de la blonde vint l'effacer tendrement. Sans vraiment réfléchir, Regina s'approcha d'elle jusqu'à se loger dans ses bras, la tête contre sa poitrine. Elle sentit des bras l'entourer et caresser son dos. Ce geste doux contrastait avec le rythme chaotique des respirations de la Sauveuse qui reprenait peu à peu son souffle. Whale pénétra dans la chambre à ce moment, s'attendant à devoir maîtriser sa patiente mais il resta silencieux face à ce qu'il voyait. Les deux femmes l'ignorèrent et restèrent ainsi de longues minutes.
- Je savais que vous ne me feriez pas de mal, déclara Emma une fois le docteur sortit de la pièce.
- Je ne me souviens toujours pas de vous…
- Je sais, je sais…
- Je suis désolée… Je sais que vous êtes la Sauveuse mais… Mais je n'arrive pas à vous détester. Comment est-ce possible ? Demanda Regina, espérant pouvoir trouver des réponses.
- Je n'en sais rien… Ce sont vos sentiments, Regina. Vous avez perdu votre mémoire mais peut-être que eux sont restés… Je n'en sais vraiment rien. Mais je suis certaine que vous comprendrez lorsque vous aurez recouvert la mémoire.
- J'espère. Regina se sépara peu à peu de l'étreinte d'Emma et sécha ses larmes. C'est assez gênant… Je ne me rappelle plus de vous, j'ai voulu vous tuer il y a deux minutes et j'ai finalement fini dans vos bras, sourit la brune.
- Oooh… Bah vous verrez qu'on a vécu bien pire en terme de gêne ! Rit la blonde, ce à quoi Regina répondit avec un froncement de sourcil.
- De quoi parlez-vous ?
- Oh, là, non ! Je ne vais certainement pas vous en parlez, je tiens tout de même à ma vie !
- Miss Swan ! Réprimanda le maire.
- Ah ! Vous voyez ! Vous avez déjà mon surnom, c'est cool !
- Répondez à ma question ! Tenta Regina même si elle arrivait bien mal à cacher son amusement.
- Non ! Je préfère vous laisser vous en souvenir seule !
- Que vous êtes agaçante ! S'exclama Regina en levant les yeux au ciel.
- Et ça ne va certainement pas s'arranger avec le temps !
Les deux femmes se jaugèrent quelques secondes avant de partir dans un fou rire aussi soudain qu'insensé.
_.-._.-._
Henry attendait calmement dans les couloirs de l'hôpital lorsqu'il entendit des rires résonner de derrière la porte de la chambre de sa mère. Rassuré, il décida de laisser ses mères seules quelques minutes en préférant aller s'acheter de quoi goûter. Il porta ensuite son Saint Graal et rejoignit la chambre du maire. Les deux femmes étaient en train de discuter, Regina allongée dans son lit car affaiblie par les efforts qu'elle avait dû donné pour dominer la blonde, et Emma assise sur le fauteuil à côté. Henry monta sur les jambes de sa mère biologique et se cala pour manger son goûter.
- Où étais-tu passé ? Demanda Emma.
- Quand je vous ai vu vous battre, je suis allé chercher le Dr. Whale et quand il est sortit de la chambre, il m'a dit d'attendre dehors, que tout allait bien mais j'en étais pas vraiment persuadé, raconta Henry. Alors, j'ai attendu face à la porte, prêt à courir chercher de l'aide si j'entendais des cris mais je vous ai entendu rire alors je suis allé me chercher à manger. J'ai rien mangé depuis ce midi.
- Tu ne dois pas tenir ça de moi, jeune homme, déclara le maire.
- Je confirme, ça vient de moi, rit Emma. J'ai toujours faim. Mère et fils se firent un clin d'œil avant de se frapper dans les mains. Regina sourit face à cette complicité.
- Vous êtes sur que tu es mon fils ? Demanda-t-elle alors.
- Bah oui, pourquoi tu dis ça maman ?
- Je ne sais pas… Si j'ai bien compris, vous vous connaissez depuis à peine quelques mois et pourtant j'ai l'impression que vous avez toujours vécu ensemble…
- Oh mais t'inquiètes pas ! C'est pareil avec toi ! Tenta l'enfant.
- Henry… Réprimanda la blonde.
- Mais… Em'… Je veux pas dire ça…
- Tu lui dois la vérité, gamin, continua Emma, oubliant la présence de l'autre femme.
- Mais je n'ai pas envie qu'elle croit que je suis toujours comme ça.
- C'est ta mère, Henry.
- Je suis là, je vous signale, s'agaça la brune.
- Disons que, commença son fils, je n'ai pas été des plus aimants ces derniers temps, Regina fronça les sourcils.
- Henry, ce n'est pas en disant des choses comme ça que tu vas l'aider. Le petit soupira puis reprit.
- Dès que j'ai comprit que tu étais la Méchante Reine et que Emma est rentrée dans notre vie, je n'ai pas été très sympathique avec toi. J'étais même blessant mais je ne m'en rendais pas compte. J'étais tellement persuadé que tu étais la Méchante Reine que je ne voyais plus que ça et que je ressentais ton amour comme une sorte de stratagème pour m'empêcher de faire éclater la vérité sur la malédiction… Je suis désolé.
- Eh bien… Je ne sais pas trop pourquoi je vais te dire ça puisque je ne me souviens plus, mais ce n'est rien. Je pense que j'y étais aussi pour quelques chose.
Regina sourit à son fils et un silence confortable s'installa mais il fut brisé par la sonnerie d'un téléphone. Celui d'Emma plus précisément. La concernée s'excusa avant d'ouvrir le message qu'elle venait de recevoir.
- Bon, Henry, il est l'heure. Grand-mère t'attend devant.
- Déjà ? S'exclama-t-il en reposant les pieds à terre.
- Grand-mère ? Demanda Regina.
- Oui, Mary Margaret, répondit Emma.
- Ah, oui… C'est vrai… Je vais maintenant être obligée de me coltiner Blanche-Neige à toute les réunions de familles… C'est affreux.
- Mais nan ! Ne dites pas ça, rit la blonde avant de se lever et de chuchoter à l'oreille du maire. Pour être totalement honnête, je la trouve exaspérante au possible, Regina pouffa puis le Sheriff se redressa. MAIS ! C'est ma mère, donc pas un mot de ce que je viens de dire ! La brune lui offrit un sourire qui en disait long sur ses intentions mais Emma la contra. Nan, nan, nan ! Ne me faites pas ce petit sourire mesquin ! Rit la blonde.
- Quelqu'un veut bien m'expliquer ce qu'il se passe ici ? Demanda Henry.
- Rien, rien, gamin. C'est entre ta mère et moi, Emma fit un clin d'œil à Regina avant d'aller prendre son manteau qui était accroché au porte-manteau. Viens t'habiller.
L'enfant obéit, Regina se leva pour lui dire au revoir et celui-ci se jeta dans ses bras. Les souvenirs des premiers jours après son adoption revinrent alors à la brune qui se dégagea vivement.
- Henry ? S'étonna-t-elle.
- Maman ! Tu te souviens ! S'enthousiasma l'intéressé.
- Mais… Mais… Non… Je suis désolée, je ne me souviens juste de tes premiers jours chez moi.
- C'est déjà super !
- C'est déroutant… Pour moi, tu n'as encore que quelques mois et je te vois là…
- T'inquiètes pas, tu vas vite te souvenir de tout et on reprendra notre vie la où on l'avait arrêté.
- Henry a raison, affirma Emma, c'est très bon signe si vous commencez déjà à vous souvenir après à peine quelques heures. Bon, Mary s'impatiente, déclara-t-elle en regardant son téléphone. On doit y aller.
- A demain, maman !
- Je reviens vite, rajouta la blonde avant de disparaître derrière la porte.
Étant seule, Regina se mit à repenser à son après-midi. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi elle n'avait pas réussi à tuer la Sauveuse. Malgré sa mémoire défaillante, Regina savait que quelque chose les liaient. Elle savait aussi que ce lien allait bien plus loin qu'une simple amitié, étaient-elles amantes ? Possible. Alors que la maire érigeait toutes sortes de théories sur ce qu'elles avaient pu vivre ensemble, Emma fit son entrée dans la chambre et retourna s'asseoir près du lit.
- J'ai vu Whale, commença-t-elle. Il m'a dit que c'était très bon signe si vous commencez déjà à vous souvenir.
- J'espère vite retrouver ma mémoire car je n'aime pas voir souffrir Henry.
- Le gamin est un grand bonhomme, rit Emma, en sortant, il était déjà en train de concocter des plans pour son Opération Bring Back Mom Memories.
- Il y a quand même quelque chose qui m'intrigue, rapporta Regina.
- Quoi donc ?
- Comment avez-vous brisé la malédiction ?
- A vrai dire, je n'en sais rien. J'ai pas trop eu le temps de vous en parler.
- Mais que faisiez-vous lorsque s'est arrivé ? Demanda la brune.
- Alors là, je préfère que vous vous en souveniez vous même.
- Encore ?
- Oooh que oui ! Regina fit mine de bouder ce qui fit rire Emma qui se leva pour s'asseoir sur le lit. Ne faites pas cette tête ! J'aimerai bien pouvoir tout vous dire mais je tiens à ma vie.
- C'est si grave que ça ? Tenta le maire.
- J'espère que non mais disons que nous n'avons pas pu en parler et que je préfère attendre que vous vous souveniez.
- Bon, s'exclama Regina voulant changer de sujet voyant que la blonde ne serait pas coopérative, alors comme ça vous trouvez votre mère exaspérante ? Quelle fille indigne vous faites ! Emma rit à cette déclaration.
- Oh mon Dieu, oui ! Mais bon, si j'avais vécu mon enfance avec elle, je ne l'aurais pas vu comme ça.
- Je ne pense pas. Du peu que j'ai pu voir de vous, vous êtes une femme forte et je ne pense pas que votre mère vous l'aurez enlevé.
- Malheureusement, elle ne m'aurait rien enlevé du tout. Je suis comme ça à cause de ce que j'ai vécu, sans ça je ne serais pas la femme que je suis aujourd'hui…
Regina fut bouleversé par le regard empli de tristesse qu'arborait maintenant Emma, mais alors qu'elle voulait lui répondre une infirmière fit irruption dans la chambre, apportant son plateau repas.
_.-._.-._
Emma tenta de faire bonne figure le reste de la soirée mais elle était trop fatiguée pour combattre. Elle tomba donc peu à peu dans le sommeil, la tête appuyée contre le lit du maire. Elle venait de passer un mois à courir après les habitants qui voulaient profiter du coma de la Reine pour se venger mais elle devait aussi s'occuper de Henry et de la paperasse de la mairie qui lui avait été confiée, en tant que Sheriff. Sans oublier, les nuits passés aux côtés de la brune. Et pour couronner le tout, l'affaire Jefferson était dans une impasse. L'homme s'était réveillé après deux semaines de coma et Emma avait tout de suite su qu'il ne mentait pas lorsqu'il disait qu'il ne se souvenait de rien et qu'il n'aurait, de toute façon, rien tenté contre sa Majesté. C'était encore une coup de Gold. Mais comme pour l'affaire de l'incendie, ce serpent savait très bien se cacher.
Regina l'observa de longues minutes, essayant de se rappeler que pouvait bien représenter cette blonde à ses yeux, en vain, avant de sombrer elle aussi. Son sommeil fut ponctué de nombreux rêves ou cauchemars, tous plus réels les uns que les autres lui prouvant qu'il s'agissait en faite de certains de ses souvenirs. Elle avait revu les premières années de Henry. La fierté qu'elle avait ressenti quand il avait prononcé son premier mot : « Mama ». La peur qu'elle avait eu lorsqu'elle avait cru le perdre car il était fiévreux et le soulagement lorsque le médecin lui avait affirmé qu'il ne s'agissait que d'une simple petite maladie. Lorsqu'elle se réveilla, Regina avait retrouvé quatre ans de sa vie perdue, mais ce n'était pas assez. Pas assez pour découvrir que représentait la blonde, endormie la tête sur son lit, pour elle.
La brune regarda l'heure, 8h, et décida d'aller se rafraîchir en attendant que le Dr. Whale vienne prendre de ses nouvelles. Elle se leva tant bien que mal, essayant de ne pas réveiller Emma et se glissa dans la salle de bain de sa chambre. Elle était étonnée que son corps lui réponde aussi bien après un mois de coma mais ne s'en formalisa pas.
Emma se réveilla en sursaut lorsque son cauchemar la tira de son sommeil en la faisant s'écrouler à terre. Elle émit un petit cri étouffé et se releva en s'appuyant sur le lit. Son sommeil n'était pas vraiment de tout repos mais elle ne s'en plaignait pas car elle vivait cela depuis sa dernière famille d'accueil. Depuis qu'elle avait fuit, en pyjama et avec à peine 10$ sur elle, cette maison qui représenterait à jamais le passage de sa vie qui avait fait d'elle la femme qu'elle était aujourd'hui. Solitaire. Renfermée. Torturée. Brisée. Depuis cette nuit d'octobre, elle ne passait pas une seule nuit sans être tourmentée. Pourtant, en arrivant ici, à Storybrooke, ses cauchemars avaient peu à peu diminuer jusqu'à cesser complètement mais avec l'incendie et la vue du corps inerte du maire, ils étaient revenus. Plus terrifiants jour après jour. Elle n'en avait jamais parlé à personne, même pas à Mary-Margaret lorsqu'elle était encore sous l'emprise de la malédiction, alors qu'elle était supposée être sa meilleure amie. Mais tous ça, c'était trop dure. Le raconter à quelqu'un se serait accepter de dévoiler une période de sa vie qu'elle essayait coûte que coûte d'oublier.
Emma se frotta les yeux pour effacer les dernières traces de son sommeil et en les rouvrant, elle découvrit le lit vide de Regina. Alors, elle paniqua. Elle se redressa en vitesse et regarda autour d'elle, en appelant la brune.
- Regina ? Regina ? S'inquiéta-t-elle.
- Quoi ? Lui répondit-on. La blonde se retourna et vit la tête du maire dépasser de la porte de la salle de bain.
- Rien, Emma souffla de soulagement, j'ai juste eu peur en ne vous voyant plus dans votre lit. Bon, je vais prévenir le docteur que vous êtes réveillée.
- Faites donc.
_.-._.-._
Lorsque la porte de sa chambre se ferma, un sourire étira les lèvres de Regina. Emma s'était inquiétée pour elle. Elle sortit de la salle de bain en secouant la tête, elle était le Sheriff, non ? Elle ne faisait que le travail que lui donnait ce titre. Et pourtant, la brune ne pouvait qu'espérer que la Sauveuse s'inquiétait réellement. Regina leva les yeux au ciel face à cette pensée idiote et parcourut sa chambre du regard à la recherche de quelconques habits qu'elle pourrait se mettre. Elle vit un sac posé sur une chaise au fond de sa chambre et en l'ouvrant, elle y trouva un jean et un pull à col roulé. Ce n'était pas dans ses habitudes de porter des jeans mais elle passa outre et retourna dans la salle de bain pour finir de se préparer. Elle en sortit pile au moment où le Dr. Whale faisait son entrée.
- Bonjour, madame le maire, comment vous sentez-vous ? Demanda-t-il.
- Bien mieux, même si j'ai toujours mal à la tête et que mes muscles me font souffrir.
- C'est normal, les douleurs disparaîtront d'ici un ou deux jours, affirma l'homme.
- Par contre, commença Regina, je trouve ça étrange que mon corps me réponde instantanément malgré le mois dans le coma que j'ai passé.
- Ça aussi, c'est normal, sourit le docteur, lorsque vous étiez endormie, nous avons fait un peu travailler les muscles de vos jambes et de vos bras pour qu'ils ne soient pas atrophiés par le manque d'exercice. Et il semblerait aussi que votre magie, je suppose, grimaça-t-il, a prit le relais pour maintenir votre corps en bonne santé.
- Ma Magie ? S'étonna la brune. La magie est revenue ?
- Gold, déclara simplement le blond.
- Je vois, soupira Regina. Où est Miss Swan ? S'enquit-elle en réalisant que la blonde n'était pas revenue.
- Hum… Elle est en train de se faire ausculter par un de nos médecins, rapporta Whale.
- Pourquoi ? S'inquiéta le maire.
- Je l'ai trouvé particulièrement blanche et fatiguée lorsqu'elle est venue me chercher. J'ai préféré la faire ausculter plutôt que de risquer qu'elle ne s'évanouisse. J'ai l'impression que ça fait des semaines, voir même des mois qu'elle n'a pas dormit une nuit complète.
- Vous pensez que c'est à cause de ce qu'il m'est arrivé ?
- Non, je ne pense pas, je crois que ça remonte à bien plus loin que ça.
- Mais que vous a-t-elle dit ? A vous ? Demanda Regina.
- Elle m'a simplement dit qu'elle était fatiguée avec tous ce qu'elle avait dû faire pendant ce mois, mais je pense qu'il y a plus que ça.
- Tous ce qu'elle a dû faire ? S'étonna le maire. A Storybrooke ? Elle n'est que Sheriff.
- Oui, mais avec la fin de la malédiction, beaucoup voulaient se venger de vous et la mairie lui a donné tous les dossiers dont vous aviez la charge.
- Pas étonnant qu'elle soit fatiguée !
- En effet… Bon, vous pourrez partir d'ici une petite heure, informa le docteur.
- Merci.
Le Dr. Whale salua Regina et sortit de la chambre. La brune ne resta pas longtemps seule puisque la porte s'ouvrit une dizaine de minutes plus tard, sur Emma accompagnée de leur fils.
- Salut maman ! Salua Henry en l'élançant. Comment tu vas ?
- Bien, tu sais que j'ai eu des souvenirs cette nuit ?
- C'est vrai ? S'enthousiasma l'enfant.
- Oui, sourit sa mère, je me souviens de tes 4 premières années.
- C'est super !
- Oui mais j'espère juste retrouver toute ma mémoire assez rapidement.
- T'inquiètes ! Avec Emma, on va t'aider. Regina leva son regard sur la blonde.
- C'est vrai ? Le Sheriff hocha la tête pour seule réponse. Merci.
- Pas de quoi ! Bon, gamin, si tu lui racontais ce que tu as fait ce mois-ci ?
- Oh oui !
Emma rit devant l'innocence de son fils et s'assied sur le fauteuil sur lequel elle avait dormi cette nuit. Henry et Regina s'assirent sur le lit, face à face, et le brun raconta toutes les merveilleuses choses qu'il avait vu ces derniers jours. Emma, rattrapée par son manque de sommeil, ne tarda pas à s'endormir.
_.-._.-._
Emma était au milieu d'une maison qu'elle ne connaissait que trop bien. La maison de sa dernière famille d'accueil. La pièce où elle se trouvait, sa chambre, était plongée dans le noir, malgré un trait de lumière qui s'échappait de derrière les volets et éclairait ainsi son lit. La peur prit peu à peu le pas sur les autres émotions de la blonde. Elle reconnaissait cette scène. Elle l'avait déjà vécu des milliers de fois.
Comme elle s'y attendait, la porte de sa chambre s'entre-ouvrit et un homme pénétra dans ce lieu qu'Emma considérait maintenant comme sa prison. La blonde, allongée dans son lit, tenta de se faire la plus petite possible mais l'homme fit quand même valser sa couette sur le sol. Il maintint alors l'adolescente contre le matelas et monta sur elle. Emma avait pour habitude de ne rien faire pour l'énerver, sachant qu'il pouvait faire bien pire, mais pas ce soir. Emma voulait s'échapper à ces soirées qu'elle endurait depuis bientôt 7 mois.
Non, ce soir, Emma avait décidé de se défendre. Alors que l'homme faisait descendre son pantalon de pyjama, la blonde empoigna le couteau qu'elle avait caché sous son oreiller et frappa le seul endroit qu'il lui était offert. Le bras. L'homme s'écroula au sol, sans un cri, sans un bruit, et Emma bondit de son lit. Elle savait qu'il n'était pas mort et qu'il voudrait se venger, elle ne pouvait donc pas rester ici. Sans réfléchir, elle sortit le porte-monnaie qui se trouvait dans la poche arrière de l'homme et y vola les seuls dollars présents. Elle ouvrit ensuite la fenêtre de sa chambre et sauta sur l'arbre se trouvant juste en face. Elle se rattrapa à une branche mais celle-ci se brisa sous son poids. Elle chuta au sol, la douleur irradiant sa colonne vertébrale mais en voyant la tête de l'homme passer par sa fenêtre, elle passa au dessus et se mit à dévaler les mètres qui la séparaient de sa liberté. Elle enjamba le portail et se mit à courir le plus rapidement possible, voulant rallonger au plus vite la distance entre elle et cette horrible famille.
Les rares personnes se trouvant dans la rue à cette heure tardive la dévisagèrent. En effet, voir une ado de 16 ans courir comme une dératée, habillée d'un pyjama couvert de sang, n'était pas un spectacle très courant même pour ce quartier malfamé. Après avoir parcouru 5 kilomètres, Emma s'arrêta sur un banc et sourit. Elle n'avait que 10$ en poche mais elle était heureuse. Elle pouvait enfin vivre.
