Bonjour tout le monde ! Vous allez bien ?

Merci beaucoup, beaucoup, beaucoup à tous... Avec des lecteurs comme vous, impossible de se décourager !

Et que dire sur les reviews laissées pour le chapitre précédent ? Whaaah quoi ! C'est tellement encourageant, gentil... et intéressant en plus. Oui, parce que j'aime bien savoir ce que vous pensez =) Donc, un grand merci, encore une fois.

Tadaaam... Voici la minute des anonymes !

Lily Merci, me voilà rassurée ! La prochaine victime des colères d'Adèle ? Alors ça, héhé... Nul n'est à l'abri mais je vais tenter de protéger les Hobbits le plus longtemps possible ! =) Bonne lecture !

Zoom ça me fait super plaisir de te revoir par ici ! Merci beaucoup pour ces sympathiques compliments. Alors, pour les voix... Ben tu verras XD Non sérieusement, tu en sauras plus dans ce chapitre. J'espère que ça te plaira... A bientôt !

Gaa D'abord, merci pour cette super review qui fait bien plaisir, vraiment ! Ravie que tu aimes ce côté cocotte-minute, en tout cas moi, ça m'amuse beaucoup. Alors maintenant, pour ses réactions face à la chute de Gandalf : effectivement, dans l'idéal, puisqu'elle connaît bien le SDA, elle devrait savoir que sa mort est nécessaire pour la suite et donc ne pas tenter de le sauver, je suis d'accord avec toi. Seulement voilà, j'ai eu du mal avec cette idée au moment de l'écriture du chapitre. D'abord parce que Adèle s'est prise d'affection pour le magicien, et que face à de tels événements, je crois que c'est difficile d'agir avec raison. Ensuite, la disparition de Gandalf est le début de la dissolution de la Communauté : après la Moria, ils enchaînent les catastrophes (Aragorn le dit dans le livre, et il se sent terriblement coupable si tu te souviens)... Sans le pilier Gandalf, l'Ombre s'introduit plus violemment dans le groupe et dans ma façon de voir les choses, puisque Adèle connaît bien le SDA, elle le sait : elle sait que sans Gandalf, une autre tragédie va voir le jour... Malgré toute ses bonnes résolutions, elle veut éviter l'inévitable. Gandalf avait un côté très rassurant pour elle, un peu comme pour Frodon, d'autant qu'il était le seul à connaître sa situation. Bref... je sais pas si tu vois ce que je veux dire, je ne suis pas très douée pour expliquer ce que je pense sur ce coup-là. Cependant, je comprends tout à fait ce que tu veux dire et tu as raison. J'espère que ce point ne t'a pas trop dérangée quand même... En tout cas merci pour cette remarque, j'aime bien discuter de ce genre de trucs moi XD J'espère que ce chapitre te plaira !

Donc... Chapitre 12, retour chez les Elfes ! Mais dites-moi... On commence à faire pas mal de chemin dans l'aventure... Bonne lecture, on se retrouve plus bas !

Chapitre 12, La belle Lothlórien

- Adèle, reprenez-vous, nous ne pouvons nous attarder ici.

Le visage d'Aragorn était impassible. Pourtant, il était aussi dévasté que ses compagnons, même plus. Gandalf était un ami de longue date et ils avaient affronté beaucoup de dangers ensemble... Mais le Rôdeur s'obstinait à n'en laisser rien paraître, car il lui fallait guider les autres en lieu sûr le plus vite possible. Il l'avait promis à Gandalf.

Après l'avoir longuement fixé sans comprendre cette sévérité dans sa voix, Adèle lui obéit. Elle essuya ses larmes, arrangea ses cheveux et se releva. En sortant des mines de la Moria, elle avait failli s'évanouir à nouveau. Elle s'était effondrée mais Legolas l'avait rattrapée et avait aussitôt entreprit de la calmer : la douceur de la langue elfique avait réussi à atténuer sa peur. Cependant, elle se sentait encore faible, très faible. Tout lui paraissait flou, irréel et elle avait du mal à écouter les paroles des autres. Elle ne cessait de penser à Gandalf. Malgré ce qu'elle savait, elle ne pouvait s'empêcher d'être triste. Il lui manquait déjà.

Ils marchèrent, coururent presque, pendant longtemps. A plusieurs reprises, elle trébucha. Elle était fatiguée et avait l'impression qu'elle allait tomber à tout moment.

Enfin ils arrivèrent dans la forêt de la Lórien et aussitôt, Adèle sentit l'atmosphère particulière de cet endroit. Le temps y semblait figé, c'était très étrange comme sensation. Tous s'arrêtèrent, troublés. Gimli, lui, l'était à sa façon...

- Ne vous éloignez pas jeunes Hobbits. On raconte qu'une grande ensorceleuse vit dans ces bois, une sorcière Elfe aux terribles pouvoirs...

Adèle sourit en écoutant le monologue du Maître Nain. S'il savait... En réalité, il n'était pas le seul à se méfier de la Dame de la Forêt d'Or : hormis Legolas et Aragorn, qui avaient toute confiance en ces lieux, seule la jeune fille était tranquille. Elle connaissait l'ampleur de la sagesse de Galadriel et de Celeborn, elle n'avait pas peur d'eux, bien au contraire...

- Et bien voilà un Nain qu'elle n'envoutera pas si facilement !, poursuivait Gimli. J'ai l'œil du faucon et les oreilles du renard...

A peine avait-il dit ces mots que des Elfes les encerclèrent et les menacèrent de leurs flèches.

- Le Nain respire si fort que nous aurions pu le tuer dans le noir.

Le dit Nain faisait beaucoup moins le malin, avec autant d'archers autour de lui. Décidément, les Elfes étaient d'une froideur et d'une rigueur à toute épreuve... Perdue dans ses pensées, Adèle suivit sans discuter le groupe. A la nuit tombée, Haldir, le chef des Elfes chargés de surveiller les frontières de la Lorien, daigna enfin s'entretenir avec eux, mais en elfique, ce qui eut le don d'agacer Gimli.

- Voici donc la légendaire courtoisie des Elfes, ils parlent une langue qui nous est inconnue !

- Nous n'avons pas eu de rapports avec les Nains depuis les Jours Sombres... répondit froidement Haldir.

- Et vous savez ce que le Nain répond à cela ?

Gimli prononça alors dans sa langue des paroles dures, très dures, qui ressemblaient à des insultes, bien que personne ne soit en mesure de les comprendre. Personne, sauf Aragorn, qui n'appréciait pas vraiment la provocation.

- Cela non plus n'est pas très courtois !

Haldir ignora le Nain. Il les observa tous et regarda Frodon avec inquiétude.

- Vous apportez un grand danger avec vous. Vous ne pouvez aller plus avant.

- Mais n'importe quoi !, s'exclama Adèle malgré elle.

Les regards d'Aragorn et Legolas la dissuadèrent immédiatement de continuer à protester. Mais elle était fatiguée... Ils avaient affronté Caradhras, la Moria, les Orques, le Balrog... Et des Elfes se dressaient sur leur chemin ? C'était complètement absurde !

- Je suis curieux de savoir ce que faites dans cette compagnie, jeune fille. En tout cas, errer sur les routes ne réussit pas à vos manières, ou alors vous manquez cruellement d'éducation, répliqua sèchement le Galadhrim.

- Sachez que la Demoiselle Adèle est de la plus agréable compagnie ! Je vous conseille de retirer cet air dédaigneux de votre visage lorsque vous vous adressez à elle, ou vos oreilles pointues tâteront de ma hache !

- Gimli ! Veuillez me pardonner Seigneur Haldir, je ne voulais pas vous manquer de respect, c'est la fatigue qui a parlé à ma place... Nous avons affronté beaucoup de dangers avant d'arriver ici et votre froideur m'attriste car j'espérais trouver un peu de réconfort dans votre beau pays... Nous sommes tous exténués, et le chagrin me fait dire des sottises alors que vous ne cherchez qu'à protéger les frontières de la Vallée d'Or.

Tous les membres de la Communauté regardèrent Adèle avec une surprise non dissimulée. Ils ne s'attendaient pas à autant de diplomatie chez leur jeune amie... Haldir ne dit rien mais fit comprendre d'un regard à la jeune femme qu'il acceptait ses excuses. " Punaise Adèle, tu commences à gérer... A t'entendre parler, on pourrait croire que tu as toujours vécue en Terre du Milieu !", pensa-t-elle avec satisfaction. Oui, elle était très, très fière d'elle.

Puis, Haldir entraîna Aragorn à l'écart et les deux hommes se mirent à parler. Le Rôdeur faisait tout pour convaincre l'Elfe de les laisser passer en Lorien, mais la discussion semblait difficile...

- Ça va Gimli ?, demanda Adèle, qui s'ennuyait.

- Groumpff...

- Ne faites pas attention, ce sont des Elfes... Moi je vous trouve tout à fait charmant. Et merci de m'avoir défendue comme ça, vous avez été un véritable chevalier servant. Je suis très touchée, c'était vraiment gentil de votre part.

- ...

- Oh arrêtez de bouder, de toute façon il faut qu'on y passe par cette forêt ! Et puis je suis sûre qu'après quelques jours, vous ne voudrez même plus la quitter...

- Alors ça, jamais !, grogna Gimli.

Adèle sourit malicieusement, sachant qu'il regretterait déjà ses paroles à peine quelques heures plus tard...

- Allons, veuillez me suivre, leur dit enfin Haldir.

Ils marchèrent longtemps et la jeune fille commençait à fatiguer sérieusement. Elle avait l'impression que tout son corps était en plomb tellement elle éprouvait de difficultés à avancer. Mais elle ne dit rien car même si Boromir et elle étaient réconciliés, elle sentait que le Gondorien la surveillait. Elle ne voulait pas lui donner raison. Durant toute la marche, elle resta auprès de Gimli, qui avait toutes les raisons de se sentir malheureux : les Elfes de l'escorte ne cessaient de lui lancer des regards désobligeants et hautains tout en parlant de lui en elfique. Legolas, qui s'était senti gêné pour leur compagnon, parla en sa faveur du mieux qu'il put, mais cela ne suffit pas... Gimli étant très en colère, Adèle aurait bien aimé réussir à le distraire, mais elle était encore trop perturbée par la Moria et trop fatiguée.

Quand ils arrivèrent enfin devant Caras Galadhon, elle fut soufflée. Elle avait décidément du mal à se faire à ce monde enchanteur. Depuis quelques mois, elle évoluait dans des paysages qui semblaient tout droits sortis d'un conte. Dans des instants pareils, elle réalisait qu'elle vivait une légende... C'était quelque chose de difficile à comprendre. Et plus ils avançaient dans la cité des Galadhrims, plus Adèle devait se pincer pour se rappeler qu'elle ne rêvait pas. Elle ne savait plus où poser les yeux tellement elle était émerveillée par ce qu'elle voyait. C'était comme si toute la beauté du monde s'était concentrée sur ces terres... Comme tout était majestueux et féerique ! Et cette douce lumière, tellement parfaite, qui faisait luire les feuilles dorées des mellyrns ! Et ces escaliers, qu'on aurait dit parties intégrantes des arbres !

- Je vais vous mener au Seigneur Celeborn et à la Dame Galadriel, leur annonça leur guide.

Malgré elle, Adèle ressentit une boule envahir son estomac. Si elle savait à quel point les deux Elfes étaient sages et bons, il restait qu'elle savait aussi à quel point ils étaient impressionnants. Elrond et Arwen l'avaient mise mal à l'aise de par leur beauté et leur charisme, alors elle n'osait même pas imaginer défier le regard de la Dame...

Et effectivement, lorsque les deux protecteurs de la Lorien apparurent, elle crut encore rêver. Tant de lumière et de grâce émanaient d'eux... Celeborn était grand et fier, il avait des traits nobles et semblait d'une sagesse infinie. Sa seule présence imposait le respect et son regard pénétrant laissait transparaître tout son savoir. Quant à Galadriel... Elle était incroyablement belle, mais d'une beauté qui parut très étrange à Adèle, maintenant qu'elle la voyait de ses propres yeux. Son visage était d'une grande pureté, sans artifices, et ses beaux cheveux blonds formaient comme une couronne autour de sa beauté royale. Cependant, cette infinie beauté avait quelque chose de très dérangeant. Peut-être parce qu'on pouvait lire bien trop d'intelligence dans les grands yeux de la Dame... Tous deux vêtus de blanc, ils irradiaient. Chaque membre de la Communauté se sentit instantanément bien misérable face à tant de... perfection.

- L'Ennemi sait que vous êtes entrés ici. Tout espoir de passer inaperçus a désormais disparu, déclara gravement Celeborn. Neuf sont ici alors qu'ils étaient dix en quittant Fondcombe... Dites-moi où est Gandalf car j'aimerais vivement m'entretenir avec lui et je ne puis le voir de loin.

- Gandalf le Gris n'a pas passé les frontières de ce pays... Il a basculé dans l'Ombre, dit doucement la belle Galadriel.

Tous baissèrent la tête. L'absence du Magicien se faisait déjà lourde et sa perte était encore trop récente pour être affrontée. Adèle se perdit dans ses pensées. Galadriel savait-elle ce qui l'avait menée ici ? Y était-elle mêlée ?

- Que va devenir cette Communauté ? Car sans Gandalf, tout espoir est perdu..., dit Celeborn.

- Votre quête ne tient malheureusement qu'à un fil. Écartez-vous en un tant soit peu, et ce sera l'échec, entraînant la ruine de tous. Mais l'espoir perdure tant que la Compagnie existe. Ne laissez pas vos cœurs se troubler... A présent, allez prendre un peu de repos car vous êtes accablés par la labeur et le chagrin. Cette nuit, vous dormirez en paix, déclara Galadriel.

Adèle allait suivre ses compagnons avec soulagement, car elle était plus que troublée par l'étrange attitude de Galadriel, quand Celeborn la retint.

- Restez. Bien des points doivent être éclaircis en ce qui vous concerne.

Elle lança un regard angoissé à Aragorn, qui lui sourit avec un air qui se voulait rassurant. Cela ne fonctionna pas du tout, car Adèle s'approcha des deux Elfes en tremblant.

- Dites-moi... Qui êtes-vous et d'où venez-vous ?

Adèle se figea. C'était la question qui lui posait problème. Elle ne savait pas comment y répondre sans faire trop de... "dégâts".

- Vous êtes étrangère à notre monde. Je l'ai senti lorsque je vous ai vue, dit pensivement Galadriel.

- Oui, répondit Adèle, surprise.

- Voilà qui est surprenant. Mais pourquoi être venue jusqu'ici ?, reprit Celeborn.

- Je n'ai pas choisi... On m'a amenée ici, sans que j'en sois consciente. Et je ne sais pas qui, ni comment.

- On vous placée sur la route de l'Anneau, et c'est pour cela que le Seigneur Elrond a autorisé votre participation à sa destruction, comprit Galadriel.

- Mais qui voudrait lier une jeune fille à cette Guerre ? Et comment ?

- Je ne sais pas Seigneur Celeborn. Tout ce que je sais, c'est que je n'y comprends strictement rien, répondit Adèle, penaude.

- Et moi je suis dans le regret d'ignorer comment vous renvoyer chez vous. Car si j'ai confiance en le jugement d'Elrond, il ne me plaît guère de savoir une jeune fille courir à sa perte dans cette quête. Pourtant, si le Seigneur d'Imladris a estimé que vous deviez vous joindre à la Communauté, je ne puis m'y opposer. Si son choix peut paraître dangereux, il n'est sûrement pas dénué de sagesse. Après tout, par des temps aussi sombres, rien n'est réellement absurde.

- C'est surtout qu'il est persuadé, et Gandalf l'était aussi, que je suis liée à l'Anneau. J'espère qu'une fois qu'il sera détruit, le phénomène qui m'a amenée sur Arda me renverra chez moi.

- Je l'espère pour vous, mais rien n'est certain. Mais n'ayez crainte, nous vous aiderons. Nous ne nous opposerons pas à votre présence dans cette Communauté. Une personne digne de la confiance d'Elrond l'est aussi de celle du Seigneur et de la Dame de la Lorien, dit doucement Galadriel en s'approchant d'Adèle. Cependant, si vous désirez cesser de suivre vos compagnons, nous vous offrirons notre aide.

- Oh...

- Mais je crois que c'est trop tard désormais, n'est-ce pas ? Vous n'êtes plus seulement liée à l'Anneau, mais également à vos compagnons et vous ne pouvez vous résoudre à les laisser.

- Oui Galadriel... Et... Je crois vraiment que je n'ai pas le choix. Ce n'est pas une coïncidence si je suis arrivée pendant la Guerre de l'Anneau, et pas seulement parce que j'y suis liée...

- Que voulez-vous dire ?, demanda Celeborn avec intêret.

- Je... Dans mon monde, le votre est une légende, cette guerre également et...

- Oh... Cela signifie qu'il y a bel et bien un lien entre nos deux mondes. Lequel, je ne le sais, et ni depuis combien de temps il existe..., la coupa Celeborn.

- Nous n'en savons guère plus que vous, jeune Adèle, et je vous vois déçue de ne pas trouver les réponses à vos questions. Elles viendront en temps voulu et il vous faudra les affronter. Quant à ces voix, ne les repoussez pas. Les Valars savent ce qui se passe en Terre du Milieu et semblent avoir décidé de vous guider..., déclara Galadriel.

- Mais comment... Ah oui, vous savez lire dans les pensées, c'est vrai. Mais comment pouvez-vous savoir que ce sont les Valars et pas...

- Je ne décèle aucun mal en vous. Je sais reconnaître l'Ombre et ses méfaits, et ce n'est pas vous qu'elle a choisi de tourmenter.

- Mais elle tourmente déjà Boromir, n'est-ce pas ?, demanda Adèle avec crainte.

- Vous savez bien des choses, jeune fille... Je commence à comprendre pourquoi Elrond vous a fait confiance. Peut-être y a-t-il là également une des raisons de votre venue... Mais ne vous tourmentez pas trop, même si cela est difficile. Gardez espoir pour ceux qui le perdent, ajouta Galadriel en chuchotant la dernière phrase à son oreille.

- Prenez congé et reposez-vous. Vous êtes la bienvenue en Lorien, conclut Celeborn.

Adèle s'inclina, troublée. La sagesse des deux Elfes la laissait sans voix, tout comme cette situation complètement absurde et qui semblait empirer. Alors seuls les Valars avaient la clé, donc ? Ainsi que ceux qui l'avaient amenée ? Étaient-ils les mêmes personnes ? Elle était déçue que Galadriel n'ait pas su lui répondre. Adèle aurait voulu lui raconter plus, comme son cauchemar, ce que lui disaient les voix... Mais la Dame semblait vouloir garder une certaine distance, comme si il ne fallait pas qu'elle sache... Ou qu'elle lui réponde... Décidément, que ce soit pour Frodon ou pour elle, rien n'était simple dans cette histoire. Personne ne pouvait leur répondre ou leur dire quoi faire. C'était fatiguant mais pourtant, Adèle n'était pas en colère. Elle ne l'était plus. Elle sentait que quelque chose d'infiniment plus grand qu'elle était en jeu désormais.

Elle retrouva ses compagnons avec joie. On avait dressé une petite tente à part pour Adèle, quelques mètres plus loin que celle de ses amis, ce qui ne lui plaisait pas trop. Elle n'avait pas dormi toute seule depuis longtemps... La présence rassurante des autres allait lui manquer. Et puis elle trouvait ça un peu stupide qu'on se soucie de son intimité et de la convenance alors que cela faisait des semaines qu'elle voyageait avec neuf hommes sans que personne ne s'en soucie...

- Je crois que sans les ronflements de Gimli comme berçeuse, je n'arriverais pas à m'endormir...

- On vous croit..., répondit Pippin, déjà désespéré par la perspective des ronflements.

Ils passèrent la soirée ensemble, d'abord à parler de Gandalf, ce qui troubla fortement Adèle. Elle brûlait de tout dévoiler pour atténuer leur peine. Mais même sans la présence des voix, elle savait qu'elle n'en avait pas le droit. Elle n'avait pas plus le courage d'affronter les questions qui suivraient pour savoir comment elle savait tout ça.

- Adèle, que comptez-vous faire après notre départ ?, demanda Boromir, tirant ainsi Adèle de ses pensées.

- Quoi ?

- Une fois que nous serons partis... Savez-vous où vous vous rendrez ?

- Mais attendez, vous allez partir où ? ET ! Vous ne comptez quand même pas m'abandonner ici et partir pour le Mordor ?

- Et bien si... Enfin je ne sais pas, cela nous paraît logique, répondit Boromir, qui ne comprenait pas la surprise d'Adèle.

- Comment ça, "nous" ?

- Nous tous... Enfin Adèle, maintenant que Gandalf n'est plus là, tout sera plus dangereux.

- Aragorn !

- Je suis désolé Adèle, je suis de cet avis moi aussi.

- Nous le sommes tous, ajouta Legolas.

- Quoi ? Gimli ! Et vous... Mais enfin, qu'est-ce qui vous prend ?, demanda Adèle aux Hobbits, complètement consternée.

- Mais c'est pour votre bien, et non pour vous faire plaisir, vous comprenez ?, dit Merry, gêné.

- Mais vous êtes de vrais traîtres ! Je n'arrive pas à y croire ! Et vous pensiez sérieusement que j'allais accepter ça ?

- Pour être honnête, je pensais que vous le décideriez de vous même ! Pardonnez-moi, mais c'est tout ce qu'il y a de plus logique !, s'exclama Boromir.

- Et le capitaine du Gondor daignerait-il m'expliquer en quoi ?

- Gandalf n'est plus notre guide, Adèle ! Ce n'est plus la même chose ! J'avais déjà du mal à me faire à cette idée tant qu'il était là, mais il est hors de question que vous nous suiviez désormais ! Vous rendez vous compte que vous pouvez vous faire tuer ?

- Mais bien sûr que oui ! Non mais vous croyez quoi, que j'avais pas remarqué le problème quand on était dans la Moria ? Où soit dit en passant, je me suis pas trop mal débrouillée !

- Vous avez surtout eu une chance inouïe ! Croyez-vous vraiment que nous pourrons toujours vous protéger comme nous l'avons fait ? Vous n'êtes pas une guerrière, vous êtes là par un malheureux hasard et je ne tiens pas à ce que vous vous fassiez tuée ! D'autant qu'en vous protégeant, nous pouvons faillir à notre mission !

- Non mais sérieusement, vous pensez tous ça ?

Les autres ne dirent rien, ne voyant pas ce qu'ils pouvaient rajouter. Eux aussi, ils pensaient la chose évidente, même pour Adèle, et ils ne comprenaient pas sa réaction.

- Donc, en gros, vous me virez de la Communauté ?

- Adèle, soyez raisonnables..., commença Aragorn.

- Mais je suis raisonnable enfin ! Mais alors là c'est vraiment une décision stupide !

- Au contraire il n'y a pas mieux ! Votre place n'est pas dans une aventure pour le Mordor !, dit Boromir.

- Ah j'y suis ! Elle est à la maison, à faire des enfants et la cuisine ?

- Je n'ai jamais rien dit de tel !

- Oh ça va, vous l'avez pensé tellement fort que je l'ai entendu !

- S'il vous plaît !, s'exclama Aragorn, désolé du raffut qu'ils faisaient dans un endroit aussi calme que la Lorien. Adèle, je ne comprends pas votre refus. C'est la meilleure chose à faire, même s'il nous est dur de nous séparer de vous.

- Mais oui, on vous garderait bien avec nous, vous êtes tellement... Enfin, vous êtes vous. Mais comment pourrions-nous mener à bien notre quête en sachant que notre Adèle pourrait se faire tuer ?, dit Gimli avec gentillesse.

- Vous méritez de vivre au calme et loin du sang, ajouta Legolas.

- Donc vous êtes tous de cet avis ?

Ses amis hochèrent la tête en signe de consentement. Elle ne s'attendait pas à ça. Malgré tout, elle devenait reconnaître qu'elle comprenait leur inquiétude. Après tout, ils ne savaient pas...

- Très bien. Je ne sais pas quoi vous dire... Vous allez me laissez parler et ne pas m'interrompre d'accord ? Ensuite, vous aviserez...

- Il n'y a rien à aviser du tout, râla Boromir.

- Et bien vous n'aviserez pas alors, mais vous me laissez parler ! Et je parle surtout pour vous, Boromir ! Donc... Effectivement, je ne suis ni guerrière, ni aventurière et je vous avouerais qu'au début de tout ça, je ne savais absolument pas ce que je faisais là. Mais voilà, je suis là. Parce que Elrond et Gandalf l'ont décidé. Et Celeborn et Galadriel ne s'opposeront pas à ma présence dans cette quête, bien au contraire...

- Mais justement, pourquoi ? Oui désolée, je vous interromps, mais vous n'imaginez pas à quel point ce mystère m'agace !

- Je comprends, Boromir. Et bien... Alors là je ne sais pas comment vous le dire. Je... Je viens d'un autre monde, quelqu'un m'a amené ici et m'a amené sur la route de l'Anneau, tout le monde est convaincu que maintenant je suis liée à cette Guerre mais on ne sait pas pourquoi et Elrond et Gandalf pensent que malgré ma minable importance je dois avoir un rôle à jouer et que du coup je dois suivre la Communauté, lâcha Adèle d'une traite. Désolée, c'était brutal.

Les autres la regardaient avec un air éberlué. Manifestement, ils ne s'attendaient pas du tout à ça.

- Mais cela explique tout..., murmura Legolas.

- Comment ça ?

- Votre comportement. Je vous trouvais étrange. Vous ne l'êtes sûrement pas dans votre monde.

- Ah... Non, enfin peut-être... Bref. Ahem... ça va aller ?

- Mais cette histoire de fous ne change absolument rien au fait que désormais les choses ont changé. Sans Gandalf, votre particularité est un problème en plus !, affirma Boromir.

- Et si vous me laissez ici, c'est peut-être un atout perdu, on ne sait pas ! On peut discuter des heures comme ça ! Écoutez... Je sais que je suis un fardeau à vos yeux... Même si je fais de mon mieux. Mais vous n'avez pas le droit de me laisser tomber. Et si je ne pouvais jamais rentrer chez moi ? Et... Maintenant, après tout ce qu'on a vécu, je ne supporterais pas d'être laissée en arrière. Je ne suis peut-être pas aussi forte et aussi courageuse que vous, mais je ne manque pas de raisons de me battre et surtout, je ne veux pas vous quitter. Je suis persuadée que si je vous quitte, tout va aller de travers pour moi. Laissez-moi continuer, je n'ai rien à perdre...

- Juste votre vie, répondit méchamment Boromir.

- Je ne veux pas d'une vie faite de questions sans réponses. Si c'est pour errer loin de mon monde et des miens sans avoir le droit de comprendre ce qui m'est arrivé, autant vous aider à sauver la Terre du Milieu, vous ne croyez pas ?

Elle avait du mal à imaginer que c'était elle qui venait de dire ça. Elle, la petite Adèle. Celle qui, il y a encore quelques mois pensait que ses partiels étaient la plus grande épreuve du monde. Celle qui ne rêvait que de flirter avec Arthur, le beau brun du premier étage de son immeuble. Elle changeait, elle grandissait. Elle ne pensait plus de la même façon.

- Ces révélations changent beaucoup de choses, soupira Aragorn.

- Non mais vous plaisantez ?

- Écoutez Boromir, je pense la même chose que vous mais si Gandalf, Elrond et maintenant Celeborn et Galadriel pensent qu'il faut qu'elle fasse partie de la Communauté, je ne vois pas de quel droit je m'y opposerais !

- Et que ferons nous en cas d'attaque d'Orques avec une demoiselle en détresse au milieu de la bataille ?

- Les Hobbits ne savent pas beaucoup mieux se battre qu'elle, fit remarquer Legolas. Il faudrait lui donner quelques leçons...

Boromir éclata de rire, sous le regard offusqué d'Adèle.

- Dites, je vous ai aidé dans la Moria non ? Alors arrêtez un peu de vous moquer de moi !

- Je n'ai jamais dit que vous manquiez de courage ! Mais il y a des limites quand même !

- Bien... Nous devrions voter. Qui est contre la venue d'Adèle ? Boromir... Vous êtes seul. Dans ca cas, la question est réglée. J'espère de tout cœur que nous ne regretterons pas cette décision.

- Je n'arrive pas à y croire... Et dites-moi qui va se charger des leçons de cette jeune fille ? Vous Legolas ?

- Je crois que la patience d'Adèle envers les Elfes serait mise à rude épreuve..., dit Legolas en souriant malicieusement à la jeune femme.

- Et on la comprend ! Quant à moi, je ne crois pas qu'elle soit capable de se battre à la hache. Quoique ce serait surprenant et très drôle..., s'esclaffa Gimli.

- Je suppose que Boromir ne voudra pas. Et bien Legolas et moi nous nous en chargerons. Vous serez patiente avec un Elfe, pour changer un peu, Adèle. Si le débat est clos, j'aimerais me coucher, car je tombe de fatigue. Nous devrions profiter de pouvoir dormir en paix et en sécurité.

- En paix, c'est vite dit !, grogna Legolas en regardant Gimli.

- Et bien allez-donc dormir dans un de vos précieux arbres, je serais moi aussi plus en paix !

Pendant ce temps, Boromir était sorti, furieux. Adèle était triste de sa réaction, même si elle savait qu'elle était juste, au fond. C'était un homme trop franc, trop entier pour comprendre la difficulté de cette situation, c'est tout. Mais elle ne comprenait pas la dureté de ses propos et sa colère. Après avoir souhaité une bonne nuit à ses compagnons, elle commençait à se diriger vers sa tente quand Aragorn la retint par le bras.

- Oui ?

- Je vous connais, vous allez vous tracasser toute la nuit à cause de cette histoire. Sachez que même si je crois que c'est une folie et que j'ai peur pour vous, je suis heureux de vous savoir près de nous pour la suite. Vous m'auriez manqué. Je vous dis toujours que vous êtes surprenante, mais vous êtes surtout très attachante.

Pour toute réponse, Adèle se jeta dans ses bras. Elle se demandait vraiment ce qu'elle ferait sans lui. Très vite, il lui était devenu très cher, indispensable même. Lorsque quelque chose n'allait pas, elle cherchait son regard. Elle savait qu'elle pouvait lui faire une confiance aveugle.

- Et ne vous inquiétez donc pas pour Boromir, cela va passer. Ce n'est pas facile à accepter pour lui.

- Je ne comprends pas pourquoi il est aussi furieux...

- Il tient beaucoup à vous, il a peur qu'il vous arrive malheur.

- Mais vous aussi vous m'appréciez et pourtant..., dit Adèle en libérant Aragorn de son étreinte.

- Ce n'est pas la même chose, répondit-il en riant.

Sur ce, il l'embrassa sur le front et lui dit d'aller se coucher. Adèle jeta un dernier regard vers Boromir, isolé plus loin sur une sorte de banc. "Qu'il boude, tiens, après on dira encore que c'est moi le sale caractère...", ruminait-elle en entrant dans sa tente. Lorsqu'elle vit les bassines d'eau, les draps et le linge propre, sa mauvaise humeur s'en alla aussitôt. Oh joie de se démêler les cheveux correctement, d'avoir le temps de se débarbouiller, de ne pas avoir froid ! Elle était sur un petit nuage.

Pourtant, elle ne s'endormit pas tout de suite, comme l'avait prédit Aragorn. Elle n'aimait pas être en froid avec Boromir. Elle était tracassée. Et pas seulement par leur dispute et par l'attitude du Gondorien. Depuis un certain temps, un autre problème s'était présenté. Elle ne supporterait pas la perte d'un autre membre de la Communauté, surtout définitivement. Ce choix s'imposait à elle, tout doucement. C'était entre autres pour ça qu'elle tenait tant à rester dans l'aventure. Elle sauverait Boromir.


Bon...Ben j'espère que ça vous a plu.

Il ne se passe pas énormément de choses dans ce chapitre, mais bon, si je fais vivre des horreurs à Adèle à chaque fois, elle va finir par devenir aussi folle que l'ami Gollum, et ça j'y tiens pas.

J'espère que les propos de Celeborn et Galadriel paraissent un minimum plausibles... Je suis pas une experte en sagesse elfique... J'ai essayé de faire que leur attitude tienne la route ^^ Petite dédicace à Melior, qui avait tapé dans le mille pour les voix ;)

Ah et aussi, j'aimerais vous poser une question. Que pensez-vous de l'acteur qui joue Celeborn dans la trilogie ? Parce que moi, je trouve qu'il fait pas du tout elfique. (petite réflexion insignifiante qui m'est venue)

Donc... Chapitre prochain, vous aurez droit à une Adèle qui apprend à se servir d'une épée. Oui, je sais, le concept est difficile à imaginer. Et puis il y aura plein de trucs entre Adèle et Boromir, mais faut attendre... Mouahahaha ! Au fait, que pensez-vous de la réaction du capitaine du Gondor ?

Allez, à très bientôt... =)