Titre : Les nœuds du destin
Auteur : ylg/malurette
Base : Saiyũki
Personnages/Couples : Cho Hakkai/Cho Kanan/Sha Gojyō
Genre : développement familial
Gradation : PG / K-plus
Légalité : propriété de Minekura Kazuya, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.

Thème : « le fil du destin » pour 6variations
Continuité/Spoil éventuel : post série spéculatif, dans la lignée de mon projet précédent pour 10 choix
Nombre de mots : 600+

oOo

Du vivant de Kanan, leur relation réelle devait rester secrète. Quand il l'a perdue, Gonō a eu besoin que quelqu'un, n'importe qui, soit au courant qu'elle ne tombe pas dans l'oubli. Il avait perdu quelque chose de si précieux…
La femme qu'il aimait, devine facilement Gojyō, tenant le petit doigt en l'air :
Sa femme, oui, et sa sœur aussi. Ils étaient liés par plus que le fil rouge des amoureux : liés par le sang, encore plus rouge. Rouge comme ses cheveux et ses yeux… De tous ceux mis au courant de la profondeur de leur lien, Gojyō est le seul à l'avoir accepté comme ça. Preuve peut-être qu'il a bien choisi la personne auprès de qui la confesser ? Maigre consolation.
Leur fil, Kanan l'a tranché net, laissant Gonō désespéré s'embrouiller dans ce qui restait, se pendre avec sa propre extrémité et sûrement pas recoudre ses plaies béantes avec.

Des années plus tard, un miracle et des mois de réadaptation, Hakkai contemple son pouce tendu. Peut-il y renouer un fil ?
Ça demandera un nœud compliqué maintenant qu'ils sont trois parties à unir. Car il est impossible de laisser Gojyō en dehors de cette relation. Ils lui doivent, à défaut de leur résurrection proprement dite à tous les deux, tout de même leur retour à la vie et à l'amour ensuite. C'est lui qui leur a permis de se sentir pas seulement des machines qui fonctionnent mais à nouveau des êtres sensibles en droit de vivre et d'aimer.
Ils en ont fait des tours, des détours et des boucles avant d'admettre que leur destin continuait à se dévider devant eux.

Mais voilà, après avoir été l'amant de Kanan et – dit en plaisantant – l'épouse de Gojyō, il ne sait plus trop à quel doigt attacher ce fil, pouce ou auriculaire ? Ni surtout qui est relié à qui dans ce sac de nœuds. Entre eux trois, ils sont passés par toutes les combinaisons, formant une pelote embrouillée qui se resserre de plus en plus. Ils ne pourront plus la démêler.

Il a pensé rester seul pour le restant de ses jours en expiation, il a pensé se trouver une nouvelle vie en dehors de tout ça, il a tenté de se donner à l'un et à l'autre successivement puis en même temps.
Les jeux de ficelle se déclinent de plusieurs façons, du jeu d'enfant seul comme il a appris à Gokũ pour l'occuper un peu, au jeu d'amants à deux qu'il n'a plus tenté depuis longtemps. Mais et à trois, est-ce possible ? Ils sont en train de l'apprendre.

Les attaches sont moins nettes mais plus solides ainsi. Gonō aidait Kanan à tresser ses cheveux autrefois : trois mèches identiques unies en une lourde natte, et nouées au bout, selon les jours d'un ruban coloré contrastant ou d'un fil discret se cachant dans la masse. Hakkai garde cette image en tête désormais : trois brins fragiles qui forment ensemble une corde solide.
Ils ne sont pas identiques toutefois, ils ont chacun leurs particularités, et ils se complètent. Ça a toujours été lui qui se collait aux travaux de ravaudage, pour l'une, pour l'autre, pour lui-même. Pour tous. Cette place lui convient.

Ils se tissent et se tricotent leur nouvelle vie, ensemble. Et si les mailles devaient s'effilocher et donner lieu à de nouveaux nœuds dans leur ouvrage, faire partir de nouveaux fils dans cette vie, mettre en route de nouveaux destins… Hakkai sait qu'un jour, ça sera lui qui élevera les enfants qui leur naîtra, sans se poser la question de qui les aura faits, et que ça sera bien ainsi.
Il n'y a même plus à convaincre Gojyō et Kanan : ils le savent aussi bien. La seule question qui reste, c'est, quand ?