Bonjour,
Voilà, c'est le dernier chapitre! Mercii à ceux qui m'ont lue!
Bisous
CHAPITRE 12 : Où l'on voit le bout du chemin
La culpabilité la rongeait... Quand elle y pensait un peu trop, les images d'une Molly inquiète ou d'un Sirius affolé lui arrivaient en rafales. Ce n'était que quelques heures après être retournée dans le manoir de son enfance qu'elle avait pris conscience de ce qui lui arrivait… Son père ne la laissait jamais seule : un elfe de maison qu'elle ne connaissait pas la suivait comme son ombre. Durant tout ce temps à ne rien faire, elle avait pu réfléchir longuement et c'est alors qu'elle s'était aperçue qu'elle aurait pu au moins laisser une lettre à Sirius pour lui expliquer la situation. Pourquoi n'y avait-elle donc pas pensé ? Peut-être pensait-il même qu'elle l'avait trahi, qu'elle avait trahi l'Ordre et Dumbledore. Elle était maintenant seule pour affronter Voldemort et cela ne la réjouissait guère. Son père avait prétendu qu'il attendrait qu'elle ait accouché avant de l'obliger à aller le rejoindre. Elle ne voulait pas que les choses se passent ainsi,… surtout pas… Pourtant, un retour en arrière n'était pas possible… Alexis était entre les mains des mangemorts et elle n'avait pas le droit au faux pas… Mélie était continuellement angoissée, imaginant des plans pour récupérer le journal, tous plus farfelus les uns que les autres… Par moment, elle se disait que ce serait si simple d'en finir avec la vie,… Mais aussi vite que cette pensée pénétrait son esprit, un dégoût d'elle-même apparaissait. Comment pouvait-elle seulement songer à ce genre de choses quand il y avait Alexis, l'enfant à naître, Sirius, peut-être même le reste des sorciers...
Peut-être est-ce pour tout cela que, seulement quelques jours après ce retournement de situation, les premières contractions s'emparèrent d'elle… Plus tôt que ce qui était prévu…
Elly !
Oui ?
L'elfe de maison la regardait avec inquiétude, ne comprenant pas ce qui arrivait à la jeune femme.
Va prévenir mon père, je sens que le bébé arrive !
Elle ouvrit de grands yeux globuleux, surprise avant de répondre :
Je ne peux vous quitter, cela m'a été interdit… Je serai punie si je le fais...
Mélie soupira, exaspérée, les forces s'échappant d'elle peu à peu mais elle n'avait pas le choix, elle n'obtiendrait rien de ce côté-là de la part de l'elfe :
Bon,… Alors aide-moi à regagner mon lit et trouve un moyen de prévenir ton maître !
Elly ne savait plus vraiment quoi faire… Cela voyait à son air perdu, et les larmes commençaient à poindre à ses paupières. Elle ne souffrit pas bien longtemps car alors qu'elle tergiversait encore, Robert Rogue débarqua dans la chambre comme il le faisait régulièrement pour vérifier que tout allait bien :
Que se passe t-il ici ?
L'elfe couina, terrifiée :
C'est Mélie, maître, elle dit qu'elle est en train d'accoucher !
L'homme se tourna vers sa fille, allongée sur le lit, qui lui destina un regard des plus glacials. Il resta cependant impassible. Il n'était pas assez crédule pour ne pas comprendre que sa fille s'était moquée de lui, deux ans auparavant, pourtant l'attachement qu'il lui portait l'empêcher d'aller la dénoncer à Voldemort ou même de lui en parler en face : ce serait comme admettre que son propre sang avait trahi… Et ça, il n'en avait pas le courage… Pourtant, une petite vengeance personnelle s'imposait :
Bien,… Elly reste près d'elle mais ne l'aide en aucune façon, je crois que la laisser se débrouiller seule, lui servira de leçon !
Père !
Le cri de la jeune fille était suppliant, mais Rogue ne broncha pas. Elle l'avait bien cherché à aller batifoler avec des sang-de-bourbes et des traîtres-à-leur-sang… Si en plus ça donnait des enfants,… Quelle horreur… Pourtant malgré ces pensées, l'idée que sa fille ait pu trahir bien plus directement le Seigneur des Ténèbres ne lui traversait pas l'esprit… Il sortit de la pièce, sans un mot. Ce n'était pas un faible… Du moins le croyait-il…
Robert Rogue fumait tranquillement un cigare, confortablement installé dans un des nombreux fauteuils de son salon quand un elfe de maison s'approcha de lui :
Maître ?
Oui, que veux-tu ?
Elly, m'envoie vous dire, que votre fille a mis au monde des jumeaux !
Il manqua s'étouffer en entendant ces paroles. Un ne suffisait donc pas ?? Furieux, il sortit à grand pas de la pièce et se précipita dans la chambre de Mélie :
Qu'est-ce que j'apprends ? Il y en a deux ?
La jeune femme leva son visage vers son père avant de le tourner vers deux berceaux installés près du lit :
On dirait bien oui…
Tu ne crois quand même pas que tu vas les garder avec toi ! Je vais m'en débarrasser et vite fait !
Le visage auparavant lumineux de Mélie devint un masque d'horreur :
Non… Non ! Vous ne pouvez pas faire ça !
Oh que si je le peux !
Il saisit sa baguette et envoya un sort de lévitation sur les deux berceaux. Les corps emmaillotés s'élevèrent dans les airs. La mère de ces petits êtres, épuisée, tenta de se lever mais ne réussit qu'à s'écrouler à terre tandis que les deux enfants étaient emmenés loin d'elle. Elle cria, hurla, pleura mais rien n'y fit… Robert Rogue était parti…
Ce dernier, se rendit dans sa propre chambre, prêt à leur jeter un simple Avada Kedavra pour se débarrasser de ses horreurs. Il n'avait pas eu la cruauté de le faire devant leur mère, il lui restait tout de même un semblant d'humanité… Il les déposa donc sur le grand lit. La tache qu'il allait effectuer ne lui plaisait guère, ce n'était pas un fou sanguinaire, mais il n'avait pas le choix… Certaines choses devaient être faîtes et celle-ci en faisait partie. L'un des bébés se mit à geindre, mais l'autre le regardait fixement, le mettant mal à l'aise. Il fallait qu'il se dise que c'était comme tuer un lapin, ou même un chat, pas grand-chose en réalité… Quand il leva sa baguette devant lui, il s'aperçut que sa main tremblait légèrement,… Cela le troubla au plus au point… Il essaya de réfléchir à la situation… Il s'apprêtait à assassiner (oui c'était bien le mot à employer) ses propres petits-enfants sous prétexte que leur père n'était qu'un traître-à-son-sang... Sa fille le détesterait jusqu'à la fin de sa vie… Cela valait-il vraiment le coup ?... Non,… Il était faible, trop faible… Abaissant sa baguette, il se détourna du lit et attrapa une plume et un bout de parchemin sur le bureau posé contre le mur. Il écrivit d'une main qui ne tremblait plus cette fois :
Black, voilà tes enfants,…
Cela lui sembla bien assez clair. Sans perdre un instant, pour ne pas changer d'avis, ou regretter son geste, il transplana, les jumeaux calés contre son torse… Il faisait nuit quand il arriva au Terrier, personne ne le verrait ainsi… Il déposa ses paquets près de la porte et frappa trois coups secs avant de s'en aller précipitamment… Ce qui se passerait ensuite,… Cela ne le regardait pas…
Mélie se tenait droite contre les coussins de son lit quand Robert Rogue entra dans la pièce. Elle lui lança un regard chargé de haine, avant de l'ignorer superbement. Pas de crise de larme ou de hurlements,… rien,… rien que ce silence glacial… Remarque, c'était aussi bien, il avait toujours eu horreur du bruit… Il se décida finalement à parler :
Tu devrais plutôt être contente, et me remercier, j'ai amené ta progéniture à son père !
Il vit le regard de sa fille s'éclaircir et l'espoir s'épanouit sur son visage creusé par la fatigue :
Vous lui avez dit pourquoi je n'étais pas restée auprès de lui ?!
Tu ne crois tout de même pas que je lui ai parlé, j'ai juste mis un petit mot comme quoi c'était ses enfants, c'est tout !
Son visage exprimait le dégout à ces mots et celui de Mélie s'était quelque peu rembrunie, elle soupira :
Pourquoi ne les avez-vous pas tués, finalement ?
Il ne répondit pas et se contenta d'ajouter :
Dès que tu seras complètement remise, tu retourneras auprès du Seigneur des Ténèbres !
Mélie Rogue,… Cela fait si longtemps… Oh, mais que m'amènes-tu donc là ?
Tom Jédusor se pencha vers Alexis qui le regardait avec curiosité :
Je te présente Alexis, ta fille !
Je croyais ne jamais la voir, vu comme tu la cachais !
Tom, je ne la cachais pas !
Voldemort sourit tout en soulevant la gamine au poids plume, pour l'installer sur ses genoux.
J'ai de grands projets pour vous deux…
Alexis est encore très jeune.
Oui, bien sûr, mais je vais prendre en main son éducation !
Cela me fait penser que tu n'as pas encore la marque des Ténèbres, ne crois-tu pas qu'il serait grand temps que tu sois marquée.
Mélie ne montra rien des émotions qui l'habitaient, mais l'horreur d'être ainsi salie tourbillonnait en elle. Elle n'était cependant pas au bout de ses peines. Voldemort rajouta de ce ton doucereux qu'elle exécrait par-dessus tout :
Je me demande maintenant s'il ne faudrait pas aussi marquer notre fille :
Oh non, pas elle !
Pourquoi ? Cette marque n'est pas une honte, ce serait plutôt une reconnaissance de ma part… Elle n'a même pas fait ses preuves, peut-être n'est-elle qu'une vulgaire cracmol et je lui fais là un honneur…
Justement vous devriez attendre encore un peu, ne crois-tu pas ?
Le mage noir fixa quelques instants la petite chose qui gigotait sur ses genoux, avant de déclarer :
Non, au contraire, elle dégage une grande force magique. Le plus tôt sera le mieux…
Le véritable cauchemar débuta alors pour Mélie. Elle vit sa propre fille se faire marquer et elle-même reçut cette ignoble marque sur le bras. A présent, elle ne devait plus uniquement servir le Seigneur des Ténèbres dans son lit mais aussi au même titre que les autres mangemorts. Il l'envoyait en mission, pour détruire la vie de personnes… Rien qu'en y pensant, elle se dégoutait,… Au nom de quoi pouvait-elle accepter cela ? Au nom de quoi laissait-elle des moldus et des sorciers confondus mourir sous ses yeux ? Elle ne tuait jamais, elle n'en avait pas le courage, ni la force… Elle s'y refusait, même pour garder sa couverture. Ses « camarades » mettaient cela sur le fait qu'elle était jeune et qu'elle était une fille.
Voir sa fille s'enticher de son véritable père n'était pas beaucoup plus agréable. Certes, elle n'était ainsi pas malheureuse, mais que se passerait-il si elle venait à tuer Voldemort. Quelle serait sa réaction ? L'amour qu'elle lui portait n'était en rien comparable avec sa relation avec Sirius. Cette petite fille de deux ans était complètement obnubilée par le mage noir qui lui portait une attention toute particulière. Il la destinait à devenir à son image et parfois, Mélie allait même jusqu'à se demander s'il n'allait pas lui créer des Horcruxes à elle-aussi. Cette idée sortait cependant rapidement de son esprit : Voldemort était trop assoiffé de pouvoir, et dans ces moments-là, Tom Jédusor n'existait plus, il se taisait.
Il aurait fallu qu'elle détruise au plus vite le journal mais encore aurait-il fallu qu'elle puisse accéder jusqu'à lui… Elle avait tenté un nombre incalculable de fois, par des stratagèmes divers de se rendre chez les Malefoy, mais il refusait toujours, n'y voyant là aucun intérêt. Les jours passèrent, puis les semaines, les mois et même les années. Et rien ne semblait avancer… L'horreur était de plus en plus présente… Oh ça oui, mais Mélie n'avançait pas d'un pouce dans sa quête et n'avait aucune nouvelle de l'Ordre, de Dumbledore, de Sirius ou de ses enfants. Qui aurait cru que cela serait si dur de se rendre dans un simple manoir et d'y récupérer un simple objet.
L'idée finit par germer dans son esprit, par le plus grand des hasards, quelques jours avant l'anniversaire des sept ans d'Alexis. Cela faisait quoi ? Cinq ans qu'elle était coincée ici ? Elle se trouvait donc dans la chambre de sa fille quand elle avait aperçu des petites boîtes roses bonbons soigneusement rangées sur une étagère. Naturellement, elle les connaissait mais n'y avait jamais prêté attention.
Alexis ?
Oui ?
A quoi te servent toutes ces boîtes ?
La petite fille ne voulut tout d'abord pas répondre, faisant mine de ne pas avoir entendu la question, et malgré toute l'insistance de sa mère, elle ne répondit pas. Quand Mélie voulut s'en approcher, un cri d'Alexis la stoppa net dans son élan…
Je ne te comprends pas !
Il n'y a que moi et papa qui avons le droit d'y toucher !
La jeune femme fronça les sourcils mais elle savait que quand sa fille se mettait dans cet état, il ne servait à rien d'insister. Se promettant tout de même de revenir quand l'enfant jouerait dans une autre pièce, elle sortit dans la chambre, lui souhaitant bonne nuit. A cet âge on était assez naïf pour croire qu'un simple couvercle pouvait préserver du monde extérieur, un secret…
Elle revint dès le lendemain, alors qu'Alexis batifolait dans le parc du manoir. Elle s'empressa d'ouvrir les boîtes de peur que quelqu'un ne la surprenne. Elle rit intérieurement en songeant qu'elle se comportait comme une petite fille qui commettait une bêtise et qui en avait conscience. Elle vit ainsi que pleins de petits cadeaux étaient rassemblés dans ces rangements. Juste ça ? Pourquoi ne voulait-elle donc pas qu'elle le sache ? Cependant, l'obstination de sa fille l'aida à former un plan dans sa tête… Tout d'abord, elle devait se rendre auprès de Voldemort…
Tom ?
Mélie avait pénétré dans le bureau du Seigneur des Ténèbres et celui-ci semblait pencher sur divers papiers.
Que veux-tu ?
La jeune femme prit place dans un des fauteuils confortable avant de répliquer :
Pourquoi Alexis m'interdit-elle d'ouvrir les boîtes roses qui sont dans sa chambre ?
Il redressa la tête, portant son attention sur la femme qui lui faisait face et répondit un fin sourire sur les lèvres :
Des enfantillages… Elle y enferme tous les cadeaux que je lui offre et a même interdit aux elfes d'y toucher sous peine d'être Avada Kedavrisé… Ce sont les mots qu'elle a employé…
Oh…
Mélie ne montra pas son trouble, mais enchaîna :
Ça me donne une idée…
Ah oui ?
Le journal Horcruxe est bien chez les Malefoy ?
Oui, en effet, pourquoi ?
Es-tu sûr que tu peux avoir une totale confiance en Lucius ?
Il ne sait pas ce qu'est vraiment ce que je lui ai confié…
Elle prit un petit air malicieux :
Certes, mais il doit se douter que c'est quelque chose de très puissant, non ? Imagine qu'il décide d'en savoir plus… Ou qu'un des mangemorts qui passe chez lui, le découvre et l'emporte ?...
Ce ne sont que des hypothèses qui ont peu de chances de se réaliser…
Il faut mieux être extrêmement prudent quand on parle d'un bout d'âme…
Il la regarda pensif…
Quelle est ton idée dans ce cas ?
Pourquoi ne pas confier le journal à Alexis !
Le mage noir manqua s'étouffer à ces mots :
Confier un Horcruxe à une gamine, tu es devenue folle !!
Mélie resta impassible avant d'expliquer :
Non… Ecoute-moi avant de te décider… Tu lui offres pour son septième anniversaire… Elle le mettra dans une de ses petites boîtes et le gardera jalousement. Personne ne sera qu'il est là sauf nous trois. Elle n'a pas conscience de ce que c'est mais pour elle c'est plus précieux que tout… De plus, qui irait s'intéresser à la chambre d'une petite fille et aux jouets qu'elle contient.
Mais justement, ce journal pourrait paraître insolite dans une chambre d'enfant…
Il suffira de lui jeter un petit sort pour qu'il ait l'apparence d'un journal intime de petite fille ! Qu'en dis-tu ?
Voldemort prit le temps de réfléchir durant de longues minutes… Mélie savait qu'elle avait pris des risques mais elle voyait là sa dernière alternative, sa dernière chance… Si ce plan échouait…
Bien ! C'est d'accord ! Nous allons faire ça !
Mélie se contint pour ne pas montrer sa joie… Elle voyait enfin le bout du chemin…
Cependant,…
Elle retint son souffle…
Je ne veux pas que Lucius sache que je lui ai repris le journal… Il pourrait penser que je ne lui fais plus confiance et je ne veux pas qu'il y ait de doutes dans mes troupes. Il faudra donc le lui subtiliser… Je sais où il est rangé, je te l'indiquerai et tu iras le chercher pendant que je ferai diversion…
Mélie sourit intérieurement : Il était en train d'orchestrer son propre assassinat et n'en avait pas conscience. Ce n'était pas elle qui s'en plaindrait… En sortant de la pièce, quelques minutes plus tard, l'image d'un Sirius rieur lui apparut… Bientôt, peut-être, elle serait à nouveau avec lui...
Dès le lendemain, ils se rendirent chez les Malefoy. Voldemort se fit inviter dans le bureau personnel de Lucius accompagné de Mélie, ayant choisi un moment où aucun mangemort ne traînait dans le manoir. Narcissa, d'après ce qu'ils avaient compris s'occupait du petit Drago.
Que puis-je faire pour vous, maître ?
Le ton condescendant de l'homme, ses courbettes soumises, étaient répugnantes aux yeux de Mélie, mais elle se montra imperturbable. Elle était là en tant que mangemort et compagne du Seigneur des Ténèbres, elle se devait de ne rien montrer de ses sentiments. Quelle importance qu'elle exècre cet homme ? Personne n'avait besoin de le savoir…
Voldemort commença à aborder un sujet qui ne la préoccupait guère quand ce dernier déclara d'un ton qui lui était très habituel quand il s'adressait à des mangemorts :
Mélie, laisse-nous quelques minutes…
Aux yeux de Malefoy, il demandait à la jeune femme de quitter la pièce pour pouvoir parler plus tranquillement, pour Mélie c'était le signal qu'elle allait devoir récupérer le journal et qu'il ne fallait pas se faire prendre…
Elle quitta donc la pièce, l'air de rien et se dirigea vers le salon. Il était vide à cette heure de la journée… Elle vérifia que personne ne traînait dans les couloirs adjacents puis se dirigea vers le centre de la pièce. Elle souleva l'épais tapis, à l'aide sa baguette, qui couvrait une partie du sol. Prudemment, sans bruit, elle tata le parquet pour déterminer ou se trouver la trapper censée cacher la cave où se trouvait le journal… Un sourire apparut sur son visage… Voilà, elle la tenait… Un petit sort et hop elle eut une vue vertigineuse sur un gouffre noir. Refermant derrière elle, elle descendit par l'étroit escalier mis à disposition des visiteurs qui auraient l'envie de se promener dans un endroit lugubre.
Lumos !
Elle retint un cri de frayeur en apercevant un corps avachi sur le sol dallé, vêtu de haillons. Voldemort avait pourtant dit que personne n'était prisonnier en ce moment au manoir Malefoy… Elle ferma les yeux un instant… Il ne fallait pas que son but lui échappe, il ne fallait pas qu'elle s'intéresse à cet homme ou du moins à ce qu'il en restait,… Il ne le fallait pas, surtout pas…
Son regard se porta sur un tas d'objets posé contre le mur. Le journal était placé là, comme s'il ne recelait aucune importance, comme s'il n'était qu'un vulgaire carnet abandonné. Elle s'en empara précipitamment et sans un regard en arrière remonta à la lumière… L'homme devait être inconscient car il n'avait pas réagi… Son regard l'avait évité, la peur de le reconnaître était trop présente… Son corps battait à cent à l'heure. Elle avait peur et elle frissonnait…
Après avoir réduit l'Horcruxe et l'avoir mis dans sa poche, elle retourna près du bureau de Lucius et attendit d'en voir sortir Voldemort. Cela ne tarda pas et elle lui fit un bref sourire pour lui faire comprendre qu'elle avait réussi.
Bien, je vais te laisser Lucius, je crois que tu as des choses à faire pour moi, à présent !
Oui, maître !
Viens, Mélie, on y va !
Ils quittèrent ainsi le manoir, et cette fois-ci, Mélie avait le cœur bien plus léger qu'il ne l'avait été depuis de nombreuses années.
La jeune femme avait décidé de passer à l'action le lendemain de l'anniversaire d'Alexis. Une fois que le cadeau lui aurait été offert. Ensuite, tout devrait s'enchaîner extrêmement vite, pour que personne n'ait le temps de se rendre compte de la disparition du journal…
Alexis reçut son cadeau avec une joie et curiosité. Elle s'empressa d'aller le ranger dans une de ses boîtes… De ce côté-là, tout avait coulé de source.
Elle eut du mal à dormir, retournant en boucle dans sa tête tout ce qu'elle devrait faire… Son estomac se serrait par moment, quand ce n'était pas la chair de poule qui apparaissait sur sa peau… Elle sentait la sueur dégoulinait dans son dos et elle dut se lever plusieurs fois pour aller vérifier que l'épée de Gryffondor était bien cachée au fond de sa valise… Pourtant quand le jour se leva, le calvaire de l'attente n'était pas terminé car elle devait encore patienter jusqu'au soir pour passer à l'action…
La journée passa lentement pour Mélie, les secondes s'égrenaient, le soleil monta dans le ciel avant d'entamer sa descente et ce n'était toujours pas l'heure… Elle regarda Alexis jouait, tenta de dormir un peu, mais ce n'était toujours pas l'heure… Elle mangea, donna des ordres aux elfes de maison, fit sa valise mais ce n'était toujours pas l'heure…
Finalement, sept heures sonna à la grande pendule du manoir et Mélie mangeait en « famille » quand elle décida qu'il était grand temps :
Excusez-moi, je reviens, je vais aux toilettes…
Certes ce n'était pas très poli mais elle n'avait rien trouvé de mieux pour ne pas être surprise pendant qu'elle subtiliserait le journal. Elle se leva et sortit de la salle à manger. Elle courut jusqu'à la chambre d'Alexis, s'empara du journal pour la deuxième fois en quelques jours et revint précipitamment dans sa propre chambre… Avec une hargne démesurée elle planta l'épée au cœur du carnet… Un cri suivit d'une masse informe, fantomatique s'en échappèrent. Terrifiée, elle était persuadée que toute la maisonnée l'avait entendu… Le cœur battant la chamade, elle attendit, guettant le moindre bruit de pas… Rien… Elle soupira, rassurée… Elle cacha le journal et retourna sans attendre auprès de Voldemort et de sa fille qui ne posèrent pas de questions.
Le repas se déroula ensuite tranquillement… Au moment du dessert, Mélie prétexta qu'elle ne se sentait pas très bien pour sortir de table plus tôt que les autres. Cette fois-ci, il fallait qu'elle se débarrasse de Nagini, le serpent. Cela ne serait pas trop dur normalement mais il faudrait ensuite qu'elle se dépêche d'accaparer Voldemort. Elle récupéra l'épée, restée dans la chambre et se rendit dans l'aile du manoir où l'ignoble serpent résidait. C'est elle qui avait demandé à ce qu'elle ne suive pas tout le temps son maître, n'étant pas une fanatique des reptiles… Elle se ferait d'ailleurs un détruire de couper la tête de cette horrible bête…
Quand elle parvint jusqu'à elle, Nagini se redressa, méfiante. Elle regarda approcher Mélie mais celle-ci sans attendre lui lança un puissant stupéfix. Cela ne la paralysa pas complètement mais ralentit ses mouvement et dressant l'épée devant elle, sans prendre le temps de réfléchir, elle enfonça la lame dans la chair du serpent. Celui-ci eut à peine le temps de réagir qu'il était déjà mort… Elle sortit en courant de la pièce, cacha l'épée dans un endroit où elle pourrait éventuellement venir la récupérée quand toute cette histoire serait terminée et retourna dans sa chambre où Voldemort se tenait déjà.
Mélie, que faisais-tu ?
J'étais partie en cuisine pour demander un médicament.
Elle s'approcha avec un petit sourire concupiscent aux lèvres, de son amant. Elle s'appuya langoureusement contre lui, et l'embrassa… Il répondit à son baiser avec empressement… Le voyant réceptif, elle le poussa contre le lit, commençant à le dévêtir, en profitant au passage pour lancer sa baguette à l'autre bout de la pièce. Elle s'installa à califourchon sur lui, ne montrant rien de sa peur. Son plan était précaire et elle le savait pertinnemment… Sa main se glissa sous le coussin, tandis qu'elle continuait de l'embrasser. Il ne s'aperçut de rien jusqu'à ce qu'une douleur lancinante s'empare de son corps et qu'une tache rouge apparaisse sur les draps blancs. Son regard qui commençait déjà à se flouter se posa sur le visage de Mélie. Il eut la force, parce qu'il voulait comprendre de pratiquer la légilimancie… Et tout ce qu'il put lire, pour la première fois, ce fut la simple vérité : La haine, l'horreur, le désespoir mais aussi la joie, le bonheur de l'avoir vaincu…
Pars en enfer !
Il sentit qu'une lame s'enfonçait entre ses côtes… Cette petite garce non seulement l'avait trahi, mais en plus elle s'amusait à le faire souffrir… Elle le laissait prendre conscience de ce qui lui arrivait,… Que ce qu'il fuyait depuis son adolescence lui tombait dessus au moment le plus improbable… Elle l'avait bien eu… Au moins, n'était-elle pas à Serpentard pour rien...
Au bout d'un moment, Mélie sut que c'était fini… Définitivement fini... Alors qu'elle reprenait à peine son souffle, les mains et le reste du corps couvert de sang, un bruit, un grincement attira son attention du côté de la porte… Une petite fille aux cheveux noirs et aux yeux d'ébènes la fixait… Le regard insondable…
Elle se mit alors à hurler, à hurler comme si elle était possédée. Sa mère se redressa, se précipita vers elle et transplana sans plus attendre… Quelques secondes après qu'elles aient disparu, les elfes de maison accourraient dans la chambre…
Elle atterrit devant la maison des Weasley… Sirius se tenait là devant elle… Comme si elle n'était partie que quelques minutes plus tôt… Il s'avança vers elle… Tout pouvait recommencer…
FIN
