- NON MAIS QU'EST-CE QUI VOUS A PRIT ?
Hurla pour la énième fois Yamapi tout en faisant les cent pas devant le canapé. A mesure qu'il criait ses bras se levaient, poing serrés pour se rabattre avec fureur contre ses hanches, les frappant presque sur leur passage.
- VOUS AURIEZ DU M'APPELER DES QUE CA A RECOMMENCE !
"Mais on l'a fait..."
Masuda ne le quittait pas des yeux, se répétant toujours la même phrase depuis le début son ainé. Il aurait voulu lui hurler ce qu'il pensait haut et fort mais à quoi bon ? Dans l'état où était Tomohisa, aucun des mots qu'aurait put dire un de ses amis ne l'aurait calmé. Yamashita était comme devenu fou, complètement encerclé par sa colère et sa peur qui donnaient un mélange des plus explosifs.
- VOUS ETES COMPLETEMENT INCONSCIENT OU QUOI ?
-...
- ET SI L'UN DE VOUS S'ETAIT FAIT TUE ?
-...
- COMMENT POUVEZ-VOUS ETRES AUSSI STUPIDES ?
Bien sûr, Yuya, Ryo ou Massu aurait put se rebiffer. Mais quelque part, si Yamapi leur criait autant dessus c'était avant tout parce qu'il s'en voulait contre lui-même. Il s'en voulait d'être sorti juste une journée et demi et d'être revenu pour apprendre qu'en son absence Sarutobi avait fait d'une pierre deux coups. Il était le leader, le pilier du groupe. Si lui échouait ou faiblissait, qui pourrait encore tenir debout ? Et il avait fait une erreur, une erreur monumentale...qui avait manqué de coûté la vie à Ryo. Les trois jeunes garçons assis sur le canapé cherchaient la réponse à leur principal question : Yamashita était en train de s'énerver pour quoi exactement ? Le fait que Sarutobi est refait son apparition ? Ou le fait qu'il s'en soit prit à Ryo ? La réponse était dur à trouver puisque Tomohisa ne regardait aucun de ses trois amis. Tout ce qu'il semblait voir était sa colère, qu'il hurlait à chaque seconde de chaque minute depuis bientôt plusieurs heures. En réalité, il répétait la même chose depuis bien longtemps mais aucun n'avait le courage de le lui faire remarquer. Après tout, si ça pouvait le soulager...Il y en avait un autre que ça aurait pu soulager, s'il avait put réussir à sortir un seul petit mot. Masuda leva lentement des yeux graves vers son voisin, Yuya, qui était sagement assit entre ses deux ainés. La tête baissé, il avait les mains jointes et n'avait pas prononcé un seul mot depuis que la cassette avait été mise en route. Ni quand Massu avait appelé Ryo en hurlant, ni quand c'est Yamapi qui était arrivé, complètement perdu. Ni quand c'est ce dernier qui s'était précipité pour éteindre la télé. Ni quand Tomohisa avait commençé à hurler, réclamant de savoir ce qui s'était passé en son absence...Depuis, Yuya était là, du moins physiquement. Pourtant les rares fois où Masuda avait croisé son regard, il n'y avait vu que du vide, un néant exorbitant. Il aurait voulu le prendre dans ses bras, le secouer violemment et lui hurler de dire quelque chose, de réagir. Mais il n'osait pas car il savait que s'il faisait la moindre erreur avec ce petit corps, cet esprit fragile, il le briserait...Il fut sortit de ses pensées par la voix criarde de Yamapi.
- POURQUOI VOUS NE M'AVEZ PAS APPELE NON DE DIEU ?
- On l'a fait...
Les deux plus jeunes assis sur le canapé écarquillèrent les yeux en se tournant vers Ryo. Chacun avait en tête la réaction plus que horrible de Tomohisa lorsque Nishikido était arrivé, la moitié du visage violacé. Chacun avait aperçu cette lueur de déchirement dans les yeux du leader, cette lueur de culpabilité. Et depuis ce n'était que cris...A présent, Ryo avait les yeux levés vers son cadet, d'un noir de jais. Il semblait déterminé à aller jusqu'au bout de ses idées et c'est sûrement ce qui énerva le plus Yamapi.
- Quoi ?
- Quoi quoi ?
- ARRETES DE FAIRE CA ?
Les sourcils de Nishikido se froncèrent alors qu'il passait le bout de sa langue contre le creux de sa joue.
- Faire quoi ?
- TU LE SAIS TRES BIEN ! ON DIRAIT QUE TU TE FICHES DU DANGER ! VOUS AURIEZ PU VOUS FAIRE TUER EN SORTANT D'ICI ?
- Et alors qu'est-ce que tu voulais qu'on fasse ? Qu'on attende le grand manitou Yamashita ? Qu'on ne sorte plus d'ici sans une escorte ?
-...
- On ne peut pas rester toute notre vie cloîtrer ici ! Il faut qu'on sorte, qu'on lui montre qu'il ne nous a pas encore eu...
Terrorisant tout le monde, Yamapi éclata soudain de rire, les yeux exorbités alors qu'il levait ses mains vers le ciel. Il hurla plus fort que jamais, faisant se ratatiner Yuya et Takahisa dans leur coin tandis que Ryo le défiait des yeux.
- MAIS VAS Y ! TE GENE PAS ! VAS LUI DIRE QU'IL N'A BLESSE AUCUN DE NOUS ! T'AS QU'A LUI DIRE QUE TEGOSHI VA TRES BIEN APRES TOUT ! QU'AUCUNE DE SES ACTIONS N'A EU DE CONSEQUENCE SUR LUI ! QU'IL SOURIT ET RIT AUTANT QU'AVANT ! QU'IL PEUT REVENIR LE VIOLER SANS PROBLEME, APRES TOUT TEGOSHI N'EN A RIEN A FAIRE !
Soudain inquiet, Takahisa tourna les yeux une deuxième fois vers son voisin qui semblait s'être raidit dans son coin, les mains devenues blanches à force d'être serrées aussi fort. Glissant son regard vers son visage, les lèvres de Masuda s'entrouvrirent en constatant que celles de Yuya étaient pinçées et que ses yeux étaient fermés avec force. Autour d'eux les cris continuaient pourtant le son semblait beaucoup plus lointain que précédemment aux oreilles de Takahisa. Lui, tout ce qu'il voyait, c'était celui qu'il aimait qui semblait apparemment souffrir. Son cœur rata un battement lorsque plusieurs gouttes de sang perlèrent sur la lèvre inférieur de Tegoshi. Tout se passa très vite. Fou d'amour, Masuda se jeta presque sur lui pour lui attraper la mâchoire d'une main et tourner son visage vers lui. Sous la surprise, les yeux de Yuya se rouvrirent et leurs regards s'accrochèrent pour ne plus se quitter. Celui de Tegoshi était perdu, larmoyant et ses lèvres s'entrouvrirent. Avec une tendresse infinie, Takahisa passa son pouce sur sa lèvre inférieur, essuyant les quelques gouttes de sang qui y perler. Sursautant, Yuya voulut instinctivement reculer mais Masuda le tenait fermement. Son regard se durcit quelque peu et il ne relâcha pas sa prise sur le visage du plus jeune. Ce dernier commença à trembler lorsque Takahisa s'approcha...pour déposer un baiser sur son front. Lorsqu'il eu finit, il laissa tranquil son cadet qui semblait sur le point de s'effondrer. Il leva un regard dur vers Yamashita qui les avait observé en silence ainsi que Ryo. Tomohisa semblait soudain gêné et Masuda serra les dents.
- Eh ben qu'est-ce qui se passe ? Tu viens de te souvenir qu'on était présent ?
Yamashita ferma les yeux, se pinçant les lèvres alors que Takahisa enchainait.
- Quoi ? Tu viens de te rappeler qu'il y a des mots à ne pas prononcer ?
-...
- MAIS REPONDS ! C'EST BIEN TOI QUI NOUS CRIS DESSUS DEPUIS TOUT A L'HEURE NON ? ALORS CONTINUES ! ON LE MERITE, ne ?
-...
- TOUT LE MONDE SAIT QU'ON A CHERCHE CE QUI NOUS ARRIVE ! ON NE DEMANDE QUE CA, SOUFFRIR ENCORE ET ENCORE !
A bout de nerf, Masuda se releva d'un geste rapide sous l'œil surprit de tout le monde. Se retournant, il tendit une main à Yuya qui releva doucement les yeux vers ses doigts tendus. Le regard de Takahisa se fit implorant lorsqu'au bout de plusieurs minutes, Tegoshi n'avait toujours pas fait un geste.
- Tego...s'il te plait...
Avec une lenteur insoutenable et plusieurs tentatives inachevées, Yuya leva finalement une de ses mains pour frôler celle de son ainé. Ce dernier s'autorisa son plus beau sourire tout en enlaçant ses doigts avec ceux de son cadet. Aussitôt, la force déployée par Masuda suffit à propulser Tegoshi sur ses jambes. Takahisa commença dès lors à les entrainer vers sa chambre. Il ne s'arrêta qu'une seule fois, juste à côté de Yamapi. Sa voix s'éleva dans un murmure ferme et dur.
- Nous n'y sommes pour rien si Sarutobi s'en est prit à celui que tu aimes ! Penses un peu à ce que nous ressentons...ce que je ressens...à chaque fois qu'il s'en prend à Tegoshi...Nous devons rester unis et ne pas penser chacun de notre côté. C'est bien ce que tu nous a fait comprendre plusieurs fois, ne ? Tes pensées ne s'appliquent-elles qu'à nous ? Elles ne touchent pas notre leader ? Le pilier ne doit pas s'effondrer...sinon toute la fondation s'écroule...
Laissant Yamapi en proie avec lui-même alors que Ryo le fixait toujours d'un regard noir, Masuda partit sans aucun autre mot. Les yeux de Tomohisa croisèrent rapidement ceux de Yuya avant que ce dernier ne les baisse, écarlate. Le cœur de Yamashita sembla alors se briser tandis que Tegoshi suivait Takahisa. Lorsque les deux plus jeunes s'enfermèrent dans la chambre, Yamapi se prit la tête dans ses mains, fermant les yeux. Il souffla bruyamment et Ryo se crut bon de renchérir.
- Ouai en effet ! T'as vraiment merdé sur ce coup !
La porte était à peine fermée que déjà Masuda relâchait la main de Yuya, effrayé à l'idée que ce dernier ne supporte pas le contact. Tandis que Takahisa partait chercher quelque chose dans son placard, Tegoshi resta à côté de l'entrée, ne sachant pas quoi faire. Lorsque l'ainé revint alors vers lui, les yeux de Yuya se plissèrent en aperçevant ce qu'il tenait dans les mains. Masuda lui envoya un léger sourire gêné avant de s'assoir sur son lit et de faire signe à Tegoshi de le rejoindre. Ce dernier fronça les sourcils avant d'accéder à sa demande, se postant tout près de lui. Ses yeux se posèrent aussitôt sur ce qu'il tenait pour remonter vers son visage, semblant l'interroger des yeux. Takahisa lui adressa son plus beau sourire en fronçant son nez.
- Pas de réponses s'il n'y a pas de questions !
-...
- S'il n'y a pas de questions formulées avec des mots !
Aussitôt, Yuya poussa un léger grognement en le quittant des yeux, ronchonnant. Lorsqu'il se tourna de nouveau vers lui, le sourire de Masuda s'était étiré. Tegoshi poussa un soupire avant d'entrouvrir légèrement les lèvres, pointant du doigt ce que tenait son ami.
- Je peux savoir pourquoi tu tiens une peluche dans tes mains ?
- Pour te la donner...
Répondit Masuda le plus naturellement du monde. Sans qu'il ne comprenne pourquoi, Yuya se retrouva avec un lapin en peluche dans les mains. Apparemment, il avait du en voir des vertes et des pas murs et être lavé des centaines et des centaines de fois. Ses oreilles pendaient mollement sur ses joues alors que la moitié de ses moustaches avaient été arrachées. Pourtant il avait les yeux les plus attendrissant du monde et sa texture était presque aussi douce que les cheveux de Masuda. Tegoshi ne savait pas trop s'il avait été blanc ou rose car sa couleur était plus délavée qu'autre chose. Curieux, il releva les yeux vers Takahisa qui souriait d'un air nostalgique. Ce dernier plongea son regard dans le sien, attendant une autre question. Yuya n'était pas vraiment d'humeur à jouer et se pinça les lèvres, à bout de nerf. Plusieurs minutes passèrent et ne supportant pas d'avoir de réponses, Tegoshi capitula enfin, d'une voix presque agressive.
- Tu me prends pour un gamin de 5 ans ou quoi ?
- C'était ma peluche avant...
- Comment ça avant ?
- Maintenant c'est la tienne...
Ahuris, Yuya fit des grands yeux avant de s'exclamer.
- Mais j'en veux pas de ta peluche !
Feintant d'être blessé, Masuda lui lança un regard de chien battu. Aussitôt, Tegoshi fixa son regard ailleurs, fulminant. Le couvant des yeux, Takahisa ouvrit de nouveau la bouche, un léger sourire sur le visage.
- Lorsque j'avais 3 ou 4 ans, j'ai eu un accident...oh rien de bien grave mais j'ai du aller à l'hôpital et on ne peut pas dire que j'étais très courageux. Je pleurnichais partout et je refusais que quiconque me touche. Le médecin est alors sorti pour m'acheter ce lapin en peluche. Quand il est revenu, j'ai piaillé comme une poule pour qu'il me le donne et il m'a fait des points de sutures sur le front sans même que je ne le remarque !
- Une poule ? Vraiment ?
- Tegoshi ! Enfin bref, tu sais ce qu'il m'a dit après ?
-...
- "Ce lapin est magique, il a le pouvoir de soulager le cœur des gens. Si un jour tu souffres ou que tu as mal, prends-le dans tes bras et il pansera tes plaies..."
Masuda le regardait avec une telle innocence dans les yeux que Yuya fut complètement incapable de le renvoyer sur les roses avec des mots blessants. Il ne put que rester là, inerte, les lèvres entrouvertes. Le regard et le cœur complètement dépendant du sourire éblouissant de Takahisa. Soudain, le sourire de son ainé s'étira et il éclata de rire, amusé.
- Ça y est tu as le même air !
Perdu, Yuya fronça les sourcils.
- He ? Que qui ?
- Cet air si perdu lorsqu'on se trouve devant la chose qu'on aime le plus et celle qu'on trouve la plus belle...Je l'ai si souvent eu alors que tu riais et souriais devant moi...
Masuda avait quelque peu reprit son sérieux et ils s'observèrent un long moment, Tegoshi toujours aussi remué. Finalement le plus jeune détourna les yeux.
- Tu t'y crois trop mon lapin !
Takahisa eut un léger rire avant de coller ses lèvres contre son oreille, murmurant. Ses bras enlaçèrent Yuya qui sursauta mais son étreinte fut plus que rassurante et douce.
- Si je te donne cette peluche aujourd'hui, c'est parce qu'elle m'a aidée à des moments où je n'aurai pas du avoir besoin d'un tel truc à mon âge ! Maintenant tu en a beaucoup plus besoin que moi donc je veux qu'elle prenne soin de toi comme elle l'a fait avec moi !
Tegoshi s'était laissé aller à tripoter le bout des oreilles de la peluche quand il plongea des yeux inquiet dans ceux de son ainé.
- Mais qui va s'occuper de toi alors ?
Masuda eut un air quelque peu triste en fixant le lapin et haussa les épaules. Aussitôt, Yuya s'exclama avec un air dur et déterminé.
- Moi !
- He ?
- Moi je m'occuperais de toi !
- Mais tu ne peux même pas t'occuper de toi pour l'instant...
Répondit Takahisa en éclatant de rire. Il s'arrêta aussitôt qu'il aperçut cette lueur désespérée au fond des yeux de Tegoshi, envoyée par son cœur comme un message d'alerte. Masuda prit une profonde inspiration avant de sourire tendrement tout en passant sa main dans cheveux de Yuya, les ébouriffant quelque peu.
- D'accord...je compte sur toi pour t'occuper de moi ! T'as intérêt à ne pas me laisser mourir de faim.
- Haii !
L'espace d'une seconde, Masuda crut que Tegoshi allait enfin esquisser un sourire. D'ailleurs, l'espace d'une seconde, Yuya le crut aussi. Il se sentait tellement bien là, avec la peluche dans les mains et le corps de Takahisa contre le sien. Pourtant il ne se passa rien sur son visage, juste dans son cœur. Son impassibilité lui donna envie de pleurer, de crier, de s'énerver mais le sourire de Masuda s'étira et il le sentit déposer ses lèvres sur le coin des siennes avant de murmurer.
- Tout ce que je veux c'est que tu restes près de moi...
Yuya ferma doucement les yeux, posant sa tempe contre le front de Takahisa. Finalement ses bras se ressérèrent autour de la peluche, presque jusqu'à l'étouffer. Le rire de Massu résonna faiblement à ses oreilles, pour ne pas lui percer les tympans.
- Je croyais que tu étais trop grand pour avoir une peluche ?
Un grognement de Yuya fut sa seule réponse et il se mit à rire encore plus. Au bout de quelques minutes il se redressa, posant son dos contre le mur, ses fesses sur la tête du lit. Tegoshi le regarda un long moment avant de venir à quatre pattes vers lui, tenant toujours le lapin entre ses doigts. Masuda lui envoya un coup d'œil taquin, observant le déhanchement de son corps, avant d'ouvrir grands les bras. Yuya lui tira la langue tout en posant son propre dos mais contre le ventre de Takahisa. Ce dernier l'encercla alors avec ses bras et le serra doucement, glissant ses lèvres dans les cheveux soyeux et doux de Tegoshi. Presque instinctivement, ses yeux se fermèrent alors qu'il en humait l'odeur envoûtant.
- Tu sens si bon...
Yuya se demanda s'il était le seul à noter cet once de désir qui perlait dans la voix de son ainé et ses yeux s'adoucirent alors qu'il serrait le lapin en peluche contre lui.
- J'ai utiliser ton shampoing baka !
- Je sais...
Tegoshi comprit qu'il souriait alors que son souffle dans ses cheveux le chatouillait. Cette conversation avait un air de déjà vu, mais dans le sens inverse qu'aujourd'hui. Yuya aurait tellement voulu revenir à cet instant et il n'était pas le seul...Soudain, Masuda murmura à son oreille, semblant hésiter à poser la question qu'il voulait.
- T...Tego...
- Hm ?
- Je...je peux te demander quelque chose ?
- Ça dépend quoi...
Takahisa marqua une pose, profitant juste de l'étreinte qu'il avait sur le corps de celui qu'il aimait, de l'odeur de ses cheveux, de sa peau. Il aurait préférait ne pas vouloir savoir mais pourtant ça le perturbait depuis plusieurs heures.
- Dans la vidéo...
Aussitôt, Masuda sentit Yuya se crisper au maximum dans ses bras et il ferma les yeux, se pinçant les lèvres. Il détestait lui rappeler ça mais il voulait comprendre.
- Pourquoi...pourquoi tu m'as appelé ?
-...
- Je veux dire...enfin...je n'étais pas là et tu le savais...alors pourquoi ?
Tegoshi ne disait plus un mot, n'avait plus aucune réaction pourtant Masuda aurait put jurer qu'il sentait que son souffle s'était accéléré suite à sa question. Le cœur en suspend, il raffermit sa prise sur Yuya tout en posant ses lèvres contre son oreille.
- Je suis désolé de te parler de ça...tu n'es pas obligé de répondre...
- Je ne voulais pas que tu partes...
Takahisa fut coupé dans son élan par le souffle rapide et faible de Tegoshi. Fronçant les sourcils, l'ainé posa ses yeux sur les mains de Yuya qui étaient en train de trifouiller les oreilles de la peluche. Un silence pesant s'était installé, seulement brisé par la respiration rauque de Tegoshi. Après un long moment, le plus jeune sembla enfin avoir le courage d'ouvrir de nouveau la bouche.
- Plus...plus il me touchait...et plus tu semblais partir...ton image disparaissait...je me retrouvais tout seul...alors...
- Tu m'as appelé...
Yuya acquiesça, les larmes aux yeux. Masuda glissa ses lèvres sur sa peau, la caressant avec toute la tendresse du monde. Lentement, il commença à bercer Tegoshi, le faisant tomber dans un état réconfortant mais qui le faisait peu à peu sangloter.
- Et après ?
- Tu...tu n'as pas répondu...
- Est-ce que j'ai disparu ?
Tegoshi acquiesça de nouveau, cette fois des larmes coulant sur ses joues satinées. Takahisa le serra à l'en perdre la tête et accéléra légèrement le tempo des basculements. Ses propres yeux commençaient à briller lorsqu'il murmura d'une voix ferme et déterminée.
- Je répondrais...
- He ?
- La prochaine fois que tu m'appeleras...je répondrais, je te le promets...
- Mais si tu n'es pas là ?
- Qu'importe, je le saurais...
- Moi aussi...
- He ?
- Si tu m'appel, je répondrais...
- Tego...
- Moi aussi je répondrais un point c'est tout !
S'accordant un pâle sourire, Masuda posant son front contre les cheveux chatouillant de son cadet. Fermant les yeux, il ne dit plus un mot, simplement bercé par leurs respirations unis.
Apparemment épuisé, Takahisa s'était endormit très vite. Lentement, pour ne pas le réveiller, Yuya se défit de son emprise avant de l'allonger lentement sur son lit. Il l'observa un long moment, agenouillé à ses côtés. Finalement, il déposa un baiser sur son front avant de sortir de la chambre, la peluche dans les bras. Ses yeux tombèrent alors que Yamapi, assit sur le canapé, cherchant apparemment une chaine potable à regarder. Sentant son cœur s'accélérer, Tegoshi voulut revenir sur ses pas avant que son leader ne remarque sa présence mais c'était trop tard.
- Salut toi...
Lui aillant tourné le dos, Yuya se retourna lentement vers lui. Yamashita était accoudé au dossier du canapé, le regardant. Il paraissait aussi gêné que lui. Pourtant le plus vieux tapa légèrement à côté de lui, faisant signe à Tegoshi de le rejoindre. Ce dernier approcha doucement avant de s'assoir à ses côtés, les jambes repliées sur le canapé. Leurs regards se croisèrent, hésitant. Soudain, Tomohisa aperçut le lapin dans les bras de Yuya alors que ce dernier apercevait Maya dans les bras de son leader. Le plus vieux esquissa un léger sourire alors que les yeux de Tegoshi pétillèrent. Maya sembla renifler plusieurs fois la peluche avant de s'en approcher, la caressant avec sa patte. Finalement elle fourra complètement sa tête sous l'une de ses oreilles et s'y lova. Yuya posa alors sa main sur son petit front et commença à lui brosser le poil dans un certain sens, en paix. Yamashita qui l'observait depuis le début, ouvrit la bouche.
- Tu as décidé de ressortir un vieux doudou ?
- Non, c'est celui de Massu, il dit qu'il panse les plaies.
Le ton de Tegoshi était tel qu'on sentait qu'il n'y croyait pas vraiment. Tomohisa fronça les sourcils avant d'hocher la tête, songeur.
- Hm, j'en suis persuadé aussi !
Surprit, Yuya releva les yeux vers lui.
- He ?
- Quoi ? Tu n'y crois pas toi ?
- Ben...ce n'est qu'une peluche...
- Que tu tiens fermement contre ton cœur depuis que tu es arrivé.
Ajouta Yamapi avec un sourire tendre. Tegoshi le fixa un moment avant de sembler s'intéresser plus à Maya, endormit contre lui. Le sourire de son leader s'étira.
- Et puis ce n'est pas n'importe quelle peluche...c'est celle de Massu. Celle qu'il t'a donné. Ça change tout, ne ?
Penchant la tête sur le côté Yamashita observa Yuya baisser un peu plus la tête avant de rire.
- D'accord ça va ! Ce n'est qu'une peluche ! T'es content là ?
Tegoshi ne répondit pas mais releva les yeux vers lui, une lueur maligne dans le regard. Tomohisa crut bon de rajouter.
- N'empêche que tu l'as tiens serrée contre toi depuis tout à l'heure ! On dirait que tu crois que je vais te l'arracher !
- YAMAPI !
- Ben quoi ? C'est vrai !
Yuya émit un grognement d'exaspération et reporta son attention sur Maya alors que Yamashita se pinçait soudain les lèvres, beaucoup plus sérieux. Il commença à se gratter l'arrière de la tête, regarder sur le côté.
- Au faite je suis désolé pour tout à l'heure...
Doucement, Tegoshi releva les yeux vers lui, le voyant en pleine fuite volontaire de son regard. Yuya se redressa, plissant les yeux.
- Yamapi, serais-tu gêné ?
- HE ? Tss, jamais de la vie ! Je suis le leader moi !
- Mais il t'arrive de réagir n'importe comment parfois !
Si Tegoshi l'avait giflé, Yamashita aurait sûrement eu la même expression qu'en cet instant et les yeux de Yuya pétillèrent. Tomohisa finit par prendre un air menaçant, s'approchant dangereusement.
- Fais gaffe Tegoshi ! Je sais que tu es très chatouilleux !
- Tu oserais prendre le risque de faire du mal à ces deux adorables petites choses ?
Demanda Yuya tout en surélevant la tête du lapin en peluche et celle de Maya, complètement somnolente. Collant son menton à elles, il ferma les yeux et ses lèvres s'étirèrent au maximum. Yamashita se figea alors. Bien sûr, ça n'avait rien d'un sourire...et pourtant...Le cœur bouleversé il ne put rien répliquer à ça et se contenta de le fixer, le temps que Tegoshi revienne à sa position initial pour froncer les sourcils. Finalement le plus jeune agita sa main devant les yeux du plus vieux.
- Yamapi ça va ?
Revenant brutalement à la réalité, il dut se défaire de l'image de Yuya en train de lui sourire pour vraiment revenir parmi eux et ferma les yeux, souriant tendrement.
- Oui ça va, je repensais juste à quelque chose...
- A quoi ?
-...
- Yamapi dis !
- Un animal tout mignon en train de sourire...
- He ? Maya ?
- Non...
- Alors qui ?
- Vas te coucher sinon tu seras fatigué demain matin !
- YAMAPI !
Et c'est sous les protestations du plus jeune que Yamashita parti de la pièce, les yeux brillants dans l'obscurité alors que Yuya demandait finalement la réponse à Maya, totalement endormie.
Effectivement, le lendemain Yuya était épuisé. Pourtant, Yamashita ne lui fit aucune remarque, sûrement à cause du regard noir qu'il lui lança comme avertissement... Il était à peine onze heure lorsque le portable de Masuda se mit à sonner. Aussitôt il devint blanc comme un linge et raccroche précipitamment. Tout le monde se tourna vers lui alors qu'un sourire naissait progressivement sur son visage.
- C'était Shige...il dit qu'avec Koyama ils ont trouvés un nouveau témoignage.
Écarquillant les yeux, Yuya se précipita vers lui, le cœur tambourinant dans sa poitrine.
- He ?
- Ils ne sont pas sûr, ils disent qu'on doit rester calme...Ils veulent un coup de main pour retrouver ce gars et interroger d'autres voisins.
- Je suis partant !
- Idem !
- Moi aussi !
- Non Tegoshi, toi tu restes là !
- HE ?
Tegoshi commença à regarder ses trois ainés se préparer avec des yeux exorbités, fou de rage.
- MAIS VOUS POUVEZ PAS ME LAISSER DERRIERE ! CA ME CONCERNE TOUT DE MEME ! MASSU !
Takahisa ferma les yeux, sachant que des trois il était le plus faible face aux demandes de Yuya et ce dernier le savait aussi. Respirant profondément, il s'approcha de Tegoshi et le prit par les épaules tout comme son cadet, plongeant un regard déterminé dans celui énervé du plus jeune. Yuya s'accrocha désespérément à sa veste comme pour le retenir alors qu'il ouvrait la bouche.
- Écoutes, tu dois rester ici pour ta propre sécurité...et il faut bien que quelqu'un reste près du téléphone...
- MAIS...
- Et si j'appelais ?
Le coupa Masuda, les yeux brûlant. Yuya fronça les sourcils.
- He ?
- Tu m'as dis que si je t'appelais, tu répondrais, tu te souviens ?
- Oui mais...
- Tegoshi !
Tegoshi semblait plus terrifié que énervé à présent mais il ne voulait plus relâcher la veste de Masuda. Des larmes commençaient à perler dans ses yeux et Takahisa s'approcha de lui avant de le prendre dans ses bras, collant ses lèvres avec douceur contre sa tempe.
- Je t'appelerais...
- Promis ?
- Promis.
Sentant le cœur de son cadet s'affoler, Masuda resta contre lui un long moment, ses mains frottant son dos avec une chaleur. Finalement il embrassa furtivement sa tempe et commença à s'écarter quand soudain, Yuya l'attrapa par le col. Surprit, Takahisa se retrouva coincé alors que Tegoshi s'approchait de lui, frôlant ses lèvres des siennes. Le monde sembla se figer autour d'eux tandis que chacun pensait que le plus jeune allait se contenter de ça. Pourtant, lorsque les mains de Yuya lâchèrent le col de Masuda, ce fut pour glisser le long de son cou et grimper sur les bords de son menton. Ses lèvres se mirent à caresser les siennes avec un peu moins de timidité pour finalement en dessiner le contour avec le bout de sa langue. Ses yeux s'étaient fermés donc il ne pouvait pas voir la flamme d'amour fou qui s'enflammait dans le regard de Takahisa. Des voix résonnèrent à leurs oreilles.
- Oua c'est qu'il se débrouille pas mal ce petit ! J'aimerai bien l'embrasser aussi !
- Ryo tu te tais et tu fermes les yeux !
Comme Nishikido ne faisait absolument rien pour se cacher du spectacle des deux amoureux, Yamapi se chargea de plaquer violemment une de ses mains sur ses yeux, le faisant protester. Lui-même ferma les siens alors que Masuda sentait la chose la plus belle sur ses lèvres. Un sourire. Discret, presque imperceptible. Il aurait put s'envoler sans se faire voir pourtant Takahisa ne vu et ne sentit que lui. Les yeux de Yuya se rouvrirent lentement et ils s'observèrent amoureusement du regard. Celui de Tegoshi brillait de mil feux alors que celui de Masuda hurlait tout l'amour qu'il possédait pour son cadet. Lentement, Yuya entrouvrit les lèvres et Takahisa ne se fit pas prier pour s'y aventurer, fou de passion. Les bras de Tegoshi s'enroulèrent autour de son cou et il se mit sur la pointe des pieds. Leurs souffles rauques et rapides se joignirent dans une danse sensuelle et passionnée alors que leurs langues se pressaient l'une contre l'autre. Ils durent plusieurs fois se quitter pour reprendre leurs respirations. A chaque fois, Yuya émit un grognement de frustration, aussitôt amortit par un sourire amusé de Masuda. Avant de toujours se rejeter l'un sur l'autre, toujours plus près, toujours plus intensément. Finalement, ils restèrent un long moment l'un contre l'autre. Ce fut Takahisa qui se dégagea lentement, posant son front contre celui du plus jeune alors qu'il essayait de retrouver son souffle. Il offrit son plus beau sourire à Tegoshi qui en esquissa un plus réservé mais tout aussi beau. Aussitôt, Masuda sembla fondre en larmes alors qu'il encadrait le visage de Yuya avec ses mains, baisant son nez, ses pommettes, ses lèvres, son front. Tegoshi le laissa faire avant de se presser contre lui lorsqu'il s'arrêta, le souffle court. Se prenant dans les bras l'un et l'autre, Takahisa murmura à l'oreille de son cadet.
- Merci...
- Dis merci à Booba ! Il panse mes plaies avec amour !
- Booba ?
- Ton lapin !
- Tu donnes toujours des noms sans me prévenir avant !
S'exclama Masuda, éclatant de rire. Doucement, il s'écarta de Tegoshi, non sans caresser longuement ses joues au passage.
- BON ON Y VA LA ?
Un sourire fut arraché à Yuya alors qu'il manquait de rire et Takahisa reprit aussitôt possession de ses lèvres. Lorsqu'il le lâcha, il fit également un pas en arrière en soufflant.
- Si je ne pars pas maintenant, je ne partirai jamais...
- Alors ne pars jamais !
- Je t'appelerais !
- T'as intérêt sinon je te quittes pour Booba...ou Maya !
Takahisa éclata une fois de plus de rire avant de se faire attraper le bras par Yamapi, plus qu'à bout de nerf.
- Bon allez on s'en va avant que vous n'aillez l'idée de couchez ensemble sur la table du salon !
- YAMAPI !
- Oh ne me fais pas ce regard outré ! T'es un vrai pervers malgré tes airs de gros nounours ?
- GROS ?
- Ah on se casse vite !
Et la porte claqua sur un dernier regard entre Masuda et Yuya, aussi amoureux l'un que l'autre.
Tegoshi était seul depuis plusieurs heures. D'après les dernières nouvelles qu'il avait eu de Yamapi, ils s'étaient répartis chacun une parcelle de la route sur laquelle l'accident avait eu lieu. Il y avait plusieurs habitations que les policiers n'avaient pas jugés bon de vérifier...Puis Ryo avait appelé, réclamant un baiser ! Yuya lui avait raccroché au nez. Maintenant il ne manquait plus Masuda, qu'il attendait avec impatience. Lorsque le téléphone sonna pour la troisième fois, Tegoshi se jeta presque dessus, le renversant. Se raclant la gorge il porta le combiné à ses oreilles en essayant de reprendre son calme.
- Moshi moshi ? Massu ?
- Hum je ne crois pas...
Le corps entier ainsi que le cœur de Yuya se figèrent alors que son regard perdait toute lueur de vie en quelques secondes. Un ricanement s'entendit à l'autre bout du fil.
- Tu reconnais ma voix du premier coup à présent...ça doit être bon signe. Alors dis-moi, as-tu aimé ma petite cassette ? On a passé un très bon moment toi et moi...que dirais-tu de recommencer un jour prochain ?
- Allez vous faire foutre !
Cracha avec véhémence Tegoshi, les larmes aux yeux. Sarutobi se mit à rire encore plus en faisant grincer ses dents.
- Oh que des insultes...c'est Massu qui ne va pas être content...
Les yeux de Yuya s'écarquillèrent alors que son cœur commençait à tambouriner dans sa poitrine, lui hurlant ses battements aux oreilles.
- He ?
- Tu veux lui parler ?
Il entendit un bruit de froissement puis un gémissement de douleur avant qu'une respiration rauque et saccadée ne résonne à l'autre bout du fil. Tegoshi crut qu'il allait s'effondrer avant de murmurer, en larmes et d'une toute petite voix.
- Massu ?
Il y eu une pause déchirante avant que la voix claire de Takahisa ne réponde, semblant difficile à faire sortir de sa bouche.
- Quoi...quoi qu'il te dise...ne le fait pas...
- Massuuuu...
-...
- MASSU !
- Désolé, temps de communication terminé...quel dommage !
Yuya crut qu'il allait s'arracher les cheveux et serra de toutes ses forces le téléphone.
- NE LUI FAITES PAS DE MAL, PITIE !
- Ça ne dépend que de toi...
- He ?
- Si tu fais ce que je te dis, je relâcherais Massu...sans aucune autre blessure que celles qu'il a déjà bien entendu !
Tegoshi ferma ses paupières avec tellement de forces qu'il en vit des étoiles et manqua de s'écrouler. Se forçant à reprendre sa respiration, il murmura.
- Qu'est-ce je dois faire ?
- Tout d'abord raccroches le téléphone...
Alors que ses paupières papillonnaient, Yuya exécuta la demande avant de sentir son portable vibrer. Serrant les dents, il le sortit avant de décrocher.
- Bien maintenant vas dans la cuisine...
Lentement, Tegoshi alla jusque la cuisine.
- Maintenant va vers le four...
Lentement Tegoshi alla vers le four.
- Ouvre le gaz...
Lentement Tegoshi ouvrit le gaz.
- Maintenant...meurs...
Fermant les yeux, Yuya laissa couler plusieurs larmes sur son visage avant de s'assoir avec lenteur contre une des étagères, juste à côté du four. Déglutissant difficilement, il murmura.
- Massu ?
- Je vais le laisser partir, une fois que je serais sûr qu'il n'aura plus aucune chance de venir te sauver...
- Il...il va bien...?
- Tu me connais, je suis un très bon hôte quand je reçois des invités !
Tegoshi se pinça les lèvres férocement, se cachant le visage dans ses mains. Refusant d'en entendre plus, il écarta l'appareil et le posa sur le sol alors qu'il commençait à sentir que sa tête lui tournait. Ses paupières papillonnèrent lorsque sa vision devint floue et ses larmes se bousculèrent lorsqu'il sentit le contrôle de son souffle lui échapper. Un dernier murmure lui échappa alors que ses pensées s'embrouillaient.
- Massu...
A suivre...
