Il y a longtemps que je n'ai rien publié sur cette fic, alors j'ai écris un roman :D, dites moi si ça vous plaît toujours ;) bonne lecture.
Ca fait du mal
Ca fait du bien
Ce soir là, après le repas dans la grande salle - durant lequel elle évita soigneusement le regard de Drago - , Hermione dit à Harry et Ron qu'elle les retrouverait dans la salle commune et qu'elle devait aller faire un tour à la bibliothèque. En réalité,elle ne feuilleta que vaguement quelques livres et couvrit une page de gribouillis incompréhensibles.
Elle ne retourna vers la salle commune des Gryffondors que très tard, avec une impression étrange et diffuse qui lui resta sur l'estomac (elle allait d'ailleurs perdurer durant les quelques jours qui suivirent cette déclaration et cet accord pour le moins étrange, pas très glorieux, mais qui semblait convenir à chacun des deux; jusqu'à ce qu'elle prenne la décision). Les murs des couloirs qu'elle traversait lui semblaient transparents, gondolés, plus immobiles mais mouvants, près à s'accrocher à elle, à la saisir si jamais elle daignait s'arrêter pour repenser à ce qu'elle venait de vivre.
Elle savait qu'elle allait sans doute souffrir, que cette relation n'engendrerait rien de bon, autant pour elle - et étrangement - que pour lui. Mais par le plus grand des hasards (ou simplement pour une raison qu'elle ne connaissait pas) cela lui était complètement égal. A force de réfléchir, elle trouvait parfois quelques explications qui lui convenaient et qu'elle retourna dans sa tête jusqu'à arriver devant le tableau de la grosse dame.
« songebulle » souffla - t- elle au tableau pour clore sa réflexion.
Elle retrouva Harry, pelotonné dans un canapé rapiécé et usé jusqu'à la corde, l'air complètement hébété. Il annonça à Hermione que Ron était parti se coucher et qu'il lui souhaitait bonne nuit. Puis il bredouilla quelque chose d'incertain à propos d'un sortilège et d'une journée dont il avait tout oublié. Hermione s'était souvenu que les victimes de ce sortilège se rappelaient rarement de leurs actes et encore moins de leurs paroles. Avec un certain soulagement, elle lui expliqua qu'elle lui avait jeté un sort en cours de sortilège et qu'il avait plutôt bien réagi à celui - ci.
Elle n'eu pas eu le temps ni le loisir de lui en dire plus (mais voulait - elle vraiment lui dire plus de chose à propos de ce qui s'était passé?) car Ginny avait fait son entrée, sa chevelure flamboyante laissant derrière elle comme une aura orangée. Elle semblait venir du dehors car ses cheveux goûtaient par terre et une fraîcheur certaine se dégageait de son corps. Elle avait l'air passablement énervée et jeta son sac au coin du feu avant de s'avachir dans le fauteuil le plus proche de la cheminée avec un bruit sourd, sans même enlever son manteau.
« Tu permet Hermione? »
Harry eu l'air complètement désarçonné et ne semblait même pas savoir lui - même ce qu'il allait faire ni ce qui le poussait à se lever si brutalement à la vue de Ginny. Hermione acquiesça, sembla se souvenir soudainement qu'elle avait un devoir de potion à rendre pour le lendemain et fila précipitamment dans le dortoir des filles.
Une semaine et demi plus tard, un jeudi, bien après ce qui va suivre.
Le temps n'a pas de limites. Est - ce que le cœur sait que le temps n'a pas de limite? Ou combat - il seulement cette atmosphère lugubre dans un demi - sommeil attendant que ses yeux s'ouvrent? Mais le cœur ne voit rien. Il se contente de sentir les fluctuation de l'univers, de l'autre et de lui-même. Le cœur, notre sixième sens.
O°o°O
Debout contre une armoire, Hermione avait mal au dos. Une écharde pointue s'enfonçait sournoisement entre ses omoplates. Mais cette douleur n'était qu'artificielle. Elle disparu bientôt, remplacée par des frissons remontant dans sa nuque tandis que Drago la fixait, appuyé nonchalamment contre le mur opposé, un air de supériorité qui n'avait rien à faire là planté dans son regard froid.
Alors qu'il bouillait de l'intérieur.
Cela faisait une heure maintenant qu'ils étaient chacun de leur coté, immobiles et tendus comme des arcs, parce que le cœur ne voit pas, le cœur sent, et même si nous ne le voulons pas, nous aimons.
O°o°O
Le cours de potion avait paru vraiment passionnant à Hermione, Harry et Ron qui avaient parfaitement réussi tous les trois leur potion de survoltage. Neville avait collé son chaudron au plafond et le professeur Rogue avait enlevé 20 points à Gryffondor. Ils étaient néanmoins sortis en riant, plaisantant sur le visage irradié de lumière de Goyle quand le mélange de Neville avait délicatement coulé sur sa joue.
Alors qu'elle passait le pas de la porte en souriant, Drago avait saisi le bras d'Hermione, essayant de lui tordre. Elle l'avait regardé, impassible, sachant pertinemment qu'il cherchait sa douleur aussi bien physique que mentale et qu'il serait frustré de ne voir qu'une sourde indifférence se dessiner imperceptiblement sur son visage fermé.
Malgré la douleur qui irradiait sournoisement et silencieusement dans son épaule, elle se força à avoir l'air neutre, calme et surtout placide.
Harry et Ron virent qu' Hermione ne les suivaient plus et se retournèrent d'un air féroce. Ils s'apprêtèrent à dire quelque chose, mais Hermione murmura « je m'en occupe » avec un air si ferme et décidé, sans appel, qu'hébétés, il tournèrent les talons. Ils lui jetèrent des regards suspicieux derrière leurs épaules mais finirent pas tourner au coin du couloir le plus proche sans omettre d'ajouter qu'elle avait intérêt à être de retour avant le dîner en sous entendant que sinon Drago n'aurait plus beaucoup de robes à mettre.
Hermione et Drago se regardèrent sans que leurs regards se lâchent, lui un sourire narquois faisant remonter les coins de sa bouche, elle les yeux neutres et impassibles.
Pansy sortit la dernière, accompagnée d'une de ses amis au nez particulièrement porcin. Ses cheveux blonds ondulaient doucement autour de son visage, mais celui - ci ne pouvait avoir une expression autre que hargneuse, comme un chien près à mordre, ce qui contrastait étrangement.
Drago relâcha tranquillement le bras de Hermione qui se douta qu'elle aurait un bleu d'une taille impressionnante le lendemain. Mais elle conserva son regard indifférent.
Depuis la nuit dernière, j'ai compris. Alors fais ce que tu veux tu ne m'auras pas.
Puis elle regarda, en essayant d'avoir l'air le plus tranquille et détendu possible, Drago prendre la main de Pansy tandis que son amie (qu'Hermione venait de nommer cochon - avec - perruque) gloussait bruyamment en se glissant derrière Hermione, l'empêchant de partir.
Et le cœur d' Hermione battait si fort qu'il lui faisait mal.
Si tu le veux, tu sais que tu n'as pas le choix.
Hermione fit ce qu'elle pensait qu'il était juste de faire. Sa main se glissa doucement dans sa poche pour se resserrer autour de sa baguette magique. Le bois tendre réagi à la poigne dure de sa propriétaire en vibrant de manière imperceptible. Drago, trop occupé à toucher les cheveux de Pansy, puis sa joue, puis sa bouche, ne remarqua rien.
Hermione savait ce qu'il allait se passer et se demandait quelle raison il allait donner à Pansy pour lui faire jouer cette comédie, cette mascarade écoeurante.
Elle se concentra de toute ses force sur le couple, et laissa une douleur sourde, prenante s'emparer de son cœur au point de le faire battre comme s'il courait son dernier marathon. Elle se rendit compte qu'elle avait vraiment mal. Mais pas encore assez, alors encore un peu, encore un peu de douleur.
Parcequ'elle avait promis. A elle-même. Que maintenant, ce serait lui qui tomberait, qu'elle lui ferait mal, que son cœur lui appartiendrait, que désormais elle ne s'abaisserait plus.
C'est pour cela que la veille, après avoir mangé rapidement ses côtelettes de veau, elle avait filé à la bibliothèque. Un mot du professeur Mc Gonagall lui avait permis d'accéder à la réserve sous le regard soupçonneux de Madame Pince (« c'est pour ma recherche sur la métamorphose des poires en lustre auto - luminescents! ») et de chercher dans les lourds exemplaires une formule dont elle avait entendu parler.
Le professeur de défense contre les forces du mal leur avait parlé le lundi d'un sortilège dont il suffisait de prononcer les mots pour que, lorsque l'on souffrait, ce sentiment s'arrête temporairement. Il était utilisé pendant la guerre contre Voldemort afin de tuer sans ressentiment ceux qu'un jour on avait aimé, et qui maintenant n'était plus que des ennemis. Certains devenaient alors tueurs délibérés, hargneux, d'autres fous après avoir vu ce qu'ils avaient fait.
Mais Hermione voulait Drago plus que n'importe quoi d'autre, et ça la rendait déjà folle. Alors elle avait cherché toute la soirée, s'abîmant les yeux sur des écritures fines, en arabesques, en caractères gras, écoutant certains livres hurler, d'autre chanter bruyamment lorsqu'elle tentait de les ouvrir; et avait trouvé la page qu'elle cherchait, l'arrachant vivement avant que Madame Pince ne l'éjecte d'un coup de balai( "On ferme!").
C'est pour cela qu'en cet instant ou la douleur était à son comble, ou les lèvres de Drago et de Pansy s'étaient emmelées et paraissaient ne plus vouloir se détacher tant leurs souffles forts semblaient ralentir le temps dans le couloir, en cet instant précis qui était celui indiqué dans le livre (attendez que la douleur devienne insupportable pour votre esprit) que Hermione fit tourner sa baguette d'un tour dans sa poche et hurla dans son esprit :
« Détacho! »
Elle sentit aussitôt une douce chaleur l'envahir, couler entre ses doigts, parcourir avec une lenteur exaspérante son cerveau et ses veines, ses muscles. Elle se souvenait parfaitement de la raison pour laquelle son cœur ralentissait doucement son mouvement incessant et brutal et regardait avec une tranquillité non feinte et exemplaire, presque joyeuse, les mains de Drago se glisser entre les pans de la robe de Pansy. Puis elle le vit lever le visage, les joues rougies par ce sentiment de force feinte.
Parce que c'est la fille debout à ta droite que tu as envie d'embrasser.
Elle regarda placidement son visage narquois devenir contrit, crispé par l'indifférence profonde qu'elle lui communiquait.
Mais il dû trouver bon de lui parler.
« Alors Granger? Qu'est-ce que ça fait de voir que l'amour existe? »
Hermione partit alors d'un grand rire incontrôlable qui s'engouffra dans sa gorge et effraya sincèrement le cochon à perruque qui sursauta derrière elle.
« Tu n'aimes pas cette espèce de guenon, elle n'est pour toi que le reflet de ce que tu détestes. Tu dois me haïr à un tel point que tu t'oublies pour avoir envie de te tromper toi-même, de te faire cet affront alors même que tu en as mal, que tu en as envie de vomir. »
Cette tirade était sortie sèche de sa bouche, elle n'avait eu qu'à laisser les mots couler sur sa langue pour lui cracher au visage.
Alors Drago l'avait saisie par le bras une seconde fois, là ou sa poigne avait broyé sa peau fine et sensible et l'avait entraînée dans une salle de classe vide, la jetant au sol.
« Comment oses - tu? » Avait -il hurlé, manquant de tomber à son tour tant sa fureur l'ébranlait.
Se massant le bras, Hermione savait que le sortilège qu'elle avait utilisé ne durait que quelques minutes et qu'il allait arriver à son terme dans quelques instants, aussi elle se blindait émotionnellement aussi fort qu'elle le pouvait car elle ne voulait surtout pas verser la moindre larme devant lui, ni pour lui.
« Répond moi, Granger! »
Ses mains fébriles avaient saisi son visage et serraient ses joues rouges entre ses doigts. Hermione pouvait voir son visage crispé par la colère et la haine. Elle leva la tête, le regard plein d'un défi insolent, poussa ses mains de son visage et posa ses lèvres sur les siennes.
Il ne la repoussa pas, au contraire. Il l'attrapa par la taille pour la serrer contre lui, pour sentir ses formes se mêler aux siennes. Son parfum lui vint au narines, sensible et doux, mais persistant.
Dit moi que je ne suis pas rien pour toi, idiote.
Puis les émotions douloureuses revinrent dans le cœur d'Hermione. Et le cœur sent, le cœur ne voit rien. Celui d'Hermione sentit distinctement le cœur de Drago battre à tout rompre dans sa poitrine, à tel point qu'elle avait envie de poser sa tête sur son torse pour le sentir cogner dans ses oreilles.
Je suis en train d'aimer sa bouche sur la mienne.
Il la repoussa aussi fort qu'il pu et Hermione alla buter contre une armoire. Tandis que ses mains tremblantes le faisait s'appuyer nerveusement contre le mur opposé, il se mordit violement la lèvre. Jusqu'à la faire saigner.
Je crois que je suis amoureux d'elle. Et merde. Merde.
