Chapitre 12 : Retour à Tokyo
Le retour à Tokyo se fit dans le calme. Ryô avait réussi à installer sa partenaire de sorte qu'elle ne soit pas gênée pendant la durée du voyage. Lorsqu'ils arrivèrent, il était encore relativement tôt et décidèrent de passer au Cat's Eyes, où Ryô avait discrètement prévenu Umibozû qu'ils rentraient plus tôt. Ce dernier avait été très évasif en expliquant que Kasumi avait dû le pressentir car le café était très décoré. Toute fois Ryô n'en apprit pas davantage.
Ainsi, lorsqu'ils franchirent la porte du café.
— Surprise ! s'écrièrent Miki, et Kasumi.
Umibozû était resté derrière le comptoir bien tranquillement. Il y avait une guirlande sur laquelle était inscrit « Félicitations à la vainqueur. », des ballons flottaient ci et là et un bouquet de Lys Star Gazer reposait sur le comptoir en attendant son futur propriétaire. Ryô et Kaori en restèrent bouche-bée.
— Ryô, c'est toi ? questionna Kaori.
— Non, je n'y suis pour rien, dit-il en l'invitant à s'asseoir au comptoir lui évitant ainsi de devoir poser sa jambe à terre.
— Alors, vous avez bien profité de votre séjour, questionna Miki tentant de les focaliser sur un autre sujet car ne voulant pas vendre la mèche trop vite.
— Ryô n'a pas reçu trop de coup de massues ? demanda Kasumi.
— Vous avez plutôt bonne mines. L'air de la montagne semble vous avoir fait du bien, enfin presque, souligna Umibozû en remplissant des flûtes de champagne qu'il distribua.
— Le séjour fut somme toute agréable, dit Kaori.
— En tous cas, il avait plutôt bien commencé, souligna Ryô en valant d'un trait la flûte de champagne.
— Mais quand même… À quoi rime ce décor ? questionna Kaori.
— Il parait que tu as brillé lors d'un concours, répondit Kasumi évasive.
— Les nouvelles vont très vite, fit Ryô un peu suspicieux tandis qu'Umibozû le resservait.
— Une de mes connaissances m'a envoyé la une du journal local. J'avais hâte de savoir qui allait gagner cette année, tenta Kasumi.
— Oh ! Tu savais qu'il y avait ce genre de concours ? questionna Kaori naïve.
— Oui, j'y ai même participé par le passé. Mais c'était il y a très longtemps, rétorqua-t-elle en se frappant mentalement avec la sensation d'en dire trop. Si cela continuait ainsi, elle allait se faire démasquer.
— Pour ma part, je lève mon verre à Kaori, fit Miki tentant de sauver la mise de Kasumi.
— À Kaori, reprirent Umibozû, Kasumi et Ryô en trinquant.
— Alors dis-moi, en quoi consistait ce concours ? interrogea Miki avide d'en apprendre plus.
— À la base, c'est une sorte de concours de « charité. » Un concours de biathlon où le vainqueur remporte une somme d'argent pour l'établissement qu'il représente et le concours n'est ouverte qu'aux femmes, non professionnel.
— Qui représentais-tu ? demanda Umibozû.
— Un orphelinat. Leur représentante a rencontré des difficultés qu'elle n'a pas pu résoudre seule autrement qu'en abandonnant.
— En effet, laissa échapper Kasumi.
Ryô l'observa, intrigué.
— Mais encore ? Dis nous en plus, la poussa Miki.
— En fait un gang de yakuza, plus une bande de jeunes malfrats que des vrais yakuza d'ailleurs, la Salamandre venimeuse, sévissait en ville et alentour. Ils voulaient à tout prix faire mains basses sur certains petits établissements pour s'en débarrasser tout bonnement. Le chef de la bande a obligé les juges à rajouter une clause à la règlementation du concours. Le vainqueur obtenait le pouvoir sur les autres établissements concourant. Bien évidemment cette règle n'avait pas était rajouté légalement… intervint Ryô.
— Sa représentante blessée durant un entraînement, la Salamandre a cherché à me faire renoncer par tous les moyens. Mais Ryô était là et leur a mis les points sur les I.
— Excepté avec leur chef, absent du quartier général lors de mes deux visites. La première était une simple présentation de courtoisie la seconde, un sauvetage.
— La Salamandre venimeuse avait kidnappé un enfant pour m'empêcher de participer, éclaira Kaori.
— Les saligauds, laissa entendre Kasumi.
— Finalement, le jour du concours est arrivé… Trop vite, je n'avais eu qu'un assez bref aperçu du circuit et de ce qui m'attendait. La représentante de la Salamandre venimeuse a été remplacée au pied levé par un homme travestie en femme.
— C'était vraiment un piètre déguisement, fit remarquer Ryô les bras croisés et hochant la tête.
'C'est bien vrai', se retint Kasumi.
— Je n'ai pas eu le temps d'en avertir les juges que le départ a été donné. J'ai été la première à partir. Tout s'est relativement bien passé du début de la course jusqu'à la dernière séance de tir.
— C'est pourtant bien là que tu t'es fait tirer dessus, laissa échapper Kasumi
— Comment sais-tu cela ? interrogea Ryô non moins étonné que Kaori, tandis qu'il finissait sa deuxième flûte de champagne..
— Ha ! J'y suis ! Toi, c'est toi qui m'a aussi soutenu affirma kaori en la désignant du doigt.
— Je ne vois pas de quoi tu veux parler, tenta Kasumi innocemment.
— Je me disais bien aussi que cette silhouette m'était familière, dit Ryô pensif. Après tout, il n'y a pas beaucoup de différence entre un justaucorps et une combinaison de ski. J'aurai dû reconnaitre la callipyge volante.
— Ryô, fit la voix menaçante de Kaori.
— Je crois que je me suis grillée, dit Kasumi en tirant la langue.
— Tu peux nous expliquer, demanda Kaori.
— Megumi est une amie d'enfance. Quand Ikaku et sa bande l'ont fait abandonner, elle a fait appel à moi. Mais lorsque je suis arrivée à Nozawa Onsen, j'ai vu que Kaori était la nouvelle représentante. J'ai tout de même participé à la course par esprit de compétition.
— En tous cas, toutes mes félicitations, Kaori. Tu m'as beaucoup impressionné. Avoir un 20/20 aux séances de tir pour une amatrice, bravo, souligna Umibozû relevant son verre pour la féliciter.
— Je suis loin d'être pro. Comme je l'ai expliqué à chaque fois, j'étais portée par la cause que je défendais.
— Tu ferais mieux de te méfier, Ryô, tu as une rivale de taille, ironisa Umibozû.
— Et très charmante de surcroit, renchérit Miki levant son verre à son tour.
— Qui a fait changer de camp bien des gens, rajouta Kasumi en imitant ses amis.
— De toute façon il n'y a que moi qui sait tirer les meilleurs coups, s'exclama Ryô avec orgueil et à moitié ivre après avoir fini d'un trait sa troisième flûte de champagne.
— Je voudrais bien voir ça, rétorqua Kaori d'un air de défi.
— C'est quand tu veux ma grande, répartit-il une flamme dans les yeux.
— Ah ouais ?
— Ouais !
— Alors prouves le moi, dit Kaori en sifflant sa flûte à son tour et sans le quitter des yeux.
— Quoi ? Ici ? Là ? Tout de suite ? bégaya Ryô.
— Oui ! affirma-t-elle.
Ils se regardèrent avec défi, leurs visages à quelques centimètres l'un de l'autre.
— Veuillez m'excuser, mais vous vous rendez compte de ce que vous dites, intervint Miki avec malice.
— De Ryô, cela ne m'étonne pas mais toi, Kaori… Je ne te connaissais pas si entreprenante, rajouta Kasumi pour enfoncer le clou.
— Si ça continue vous allez vous embrasser, renchérit Umibozû rouge de confusion.
Ryô et Kaori se regardèrent autrement et réalisèrent avoir parlé plus fort qu'ils ne le pensaient.
— Moi ? Embrasser une furie pareille ? Jamais, fit Ryô en détournant la tête boudeur et croisant les bras avec dédain.
— Tu vas voir ce qu'elle te dit la furie ! s'écria Kaori en abattant une massue sur sa tête.
'Non mais quel idiot !' songea Kasumi en se cachant le visage.
Miki soupira et leva les bras, dépitée.
'Ouch', pensa Umibozû.
Ils ne changeraient jamais. Néanmoins, il avait ressenti un bref sourire sur leurs deux visages avant le coup de massue. Un échange fugace de complicité. Un changement était en cours entre ces deux là et il se garda bien d'en faire mention.
Note de l'auteur: Voilà cette petite fiction est terminée. J'espère qu'elle vous aura plu, pour ma part, elle me trottait dans la tête depuis quelques années maintenant. N'hésitez pas à me faire part de vos impressions ami(e)s lecteurs (lectrices).
A une prochaine aventure...
