Dans l'épisode précédent : grâce au plan de Luffy, les Mugiwaras se sont échappés discrètement du village. Mais dans la jungle, ils ont subi une attaque terrible qui les a séparés. Désormais Luffy et Nami vont de leur côté, et Sanji, Usopp et Zoro du leur.

Voilà, vous vous en fichez, je sais, mais j'ai eu envie de me la jouer un peu style « série américaine chiante » !^^ Et encore, vous avez échappé à la mise en page façon Guerre des étoiles, je me souviens des longs longs longs résumés avant chaque épisode de Star Wars… Ah… Ca y est je suis toute nostalgique maintenant ! Bon et bien, je vais vous laisser avec mon chapitre et moi je vais me faire une rétro Star Wars (4,5,6 bien sûr, les autres…). Ah si, quand même. Merci pour les reviews, c'est toujours un plaisir de les lire. J'espère que ce chapitre va vous plaire, j'ai eu pas mal de doutes, j'avais peur d'en faire trop (vous allez comprendre pourquoi). N'hésitez pas à me laisser un com pour me donner votre avis ! Bonne lecture à tous !

Chapitre X : Perdus

« Mais où est-ce qu'on est ? ».

Nami regardait autour d'elle, perdue. Près de la jeune femme, Luffy donnait des coups de pieds aux corps de deux tigres, étendus sur le sol, pour vérifier qu'ils étaient bien morts. Pendant l'attaque ils avaient été séparés de Zoro, Sanji et Usopp, et ils avaient dû s'enfuir, poursuivis par une horde de monstres préhistoriques. Courant sans faire attention, ils avaient débouché au sommet d'une falaise et étaient tombés, emportés par leur élan. Grâce à son « Gomu Gomu no Fuusen », Luffy avait amorti leur chute, gonflant comme un ballon. Leurs poursuivants avaient évité la chute sauf deux tigres qui étaient tombés avec eux avant de les attaquer. Mais le jeune homme en était facilement venu à bout. Et maintenant ils se retrouvaient seuls et perdus au milieu de la jungle.

« Au moins on a de quoi manger, dit Luffy en se tournant vers son amie.

- Mais… Tu es blessé !, réalisa soudain Nami en découvrant une longue entaille sur le bras de son capitaine.

- Bah c'est rien ça, on devrait plutôt…

- Laisse-moi voir ça, ordonna-t-elle en examinant sa blessure. C'est rien ? C'est super profond ! On est dans la jungle, ça risque de s'infecter cré…, commença-t-elle juste avant de s'interrompre. Hum, bon, ça devrait aller, heureusement que j'ai pensé à emporter le sac de Chopper », reprit-elle en se retournant, pour cacher son trouble, avant de sortir du désinfectant et un bandage.

Elle commença à s'occuper de lui, malgré la mauvaise volonté manifeste de son patient. Celui-ci se mit même à crier et retira son bras quand elle versa le désinfectant, provoquant le rire de son amie.

« J'arrive pas à croire que tu sois si douillet pour les trucs comme ça !

-Méheu, ça pique… », rétorqua le jeune homme avant de se rendre compte qu'il était ridicule et de se mettre à bouder.

Nami sourit, et acheva de bander l'avant-bras de Luffy, avant de voir qu'il regardait fixement la direction d'où ils étaient venus. « J'espère qu'ils vont bien », pensa-t-elle.

« Nami-swan ! Nami-swaaaan ! ».

Usoppe retint Zoro qui voulait se jeter sur le cuisinier pour le faire taire définitivement. Autour d'eux, des cadavres de monstres préhistoriques s'amoncelaient.

« Oy, calme-toi, dit le sniper.

-Mais il va nous faire repérer cet abruti ! On doit l'entendre jusqu'à Water Seven ! Eh, Ero-cook, tu la fermes où c'est moi qui vais te calmer ! ».

Sanji réagit enfin. Il se retourna, fou de rage, et s'approcha du sabreur, le poing serré.

« Qu'est-ce qu'on fout encore là ? Il faut retrouver Nami…

- Arrête un peu tes conneries ! Il y a plus urgent !

- Il n'a pas tort, Sanji ».

Les deux jeunes gens se faisaient face, ivres de colère. Usopp essayait de temporiser mais de loin, de peur qu'ils retournent leur rage contre lui (et par crainte de prendre un mauvais coup aussi).

« Comment ça plus urgent ? Il n'y rien de plus…

- Mais Nami ne risque rien, elle, lui rappela le sniper, elle est avec Luffy…

- Mais justement ! ».

Sanji devint livide. Son imagination, toujours aussi productive, lui montrait des choses horribles : Luffy sauvant Nami, à sa place, les deux pirates devant passer la nuit à la belle étoile, seuls, la reconnaissance de la navigatrice qui…

« Argh !, cria-t-il en s'arrachant les cheveux. NAMI-SWAN ! ».

« Bon on fait quoi maintenant ? ».

Nami et Luffy se regardaient. Ils n'avaient toujours pas bougé.

« On mange !, décréta le capitaine.

- On… Luffy, dit la jeune femme en essayant de garder son calme, ça n'est pas une priorité.

- Parle pour toi, marmonna Luffy.

- Je… Il faut qu'on décide de ce qu'on va faire ensuite, répondit-elle en sentant l'énervement « luffiesque » typique la gagner malgré ses efforts.

- On mange et on décide ensuite ! ».

La jeune femme serra les dents. « Ne t'énerve pas, se dit-elle, rappelle-toi ce que vous vous êtes promis, reste calme ».

« Ecoute Luffy, reprit-elle après avoir bien respiré, on doit… ».

Mais un sifflement puissant, dans son dos, l'interrompit. Avant même qu'elle ne se retourne elle entendit :

« Gomu Gomu no Pistol ».

Le poing de Luffy passa près de son visage, rasant sa joue, faisant voler quelques mèches de ses cheveux, avant de percuter quelque chose dans son dos, qui s'effondra bruyamment sur le sol. Elle se retourna lentement et regarda. Un gigantesque serpent, la gueule grande ouverte sur des crochets monstrueux, avait failli l'attaquer. Luffy s'approcha d'elle en rajustant son chapeau qui avait bougé.

« Ca va ?, lui demanda-t-il.

-Merci », répondit-elle simplement en le regardant avec gratitude.

« NAMI-SWAAAAN !

-Je vais le tuer, je te jure ! ».

Usopp eut toutes les peines du monde à empêcher Zoro de mettre sa menace à exécution.

« Laisse-tomber, pour l'instant il faut qu'on décide de ce qu'on va faire !

-Je peux pas réfléchir avec cet abruti qui hurle ! ».

Le sniper soupira et s'approcha prudemment du cuisinier qui criait le nom de sa nakama, désespéré.

« Sanji, il faut qu'on réfléchisse à…

- C'est tout réfléchi, on va chercher Nami-Swan !

- Et comment veux-tu qu'on la retrouver, crétin ?, lança Zoro.

- Je… Je sais pas mais…

- Attendez tous les deux, intervint Usopp. Réfléchissons. Luffy et Nami vont sûrement se rendre au sanctuaire comme prévu, surtout que c'est elle qui a la carte de l'île. Donc si on y va on les retrouvera là-bas ».

L'argument porta. Une faible lueur d'espoir apparut dans l'œil de Sanji, mais il hésitait toujours.

« Mais… Ca veut dire que d'ici là elle restera seule avec… ».

Il eut une vision de la nuit précédente, Nami dormant, sa tête appuyée sur l'épaule de Luffy.

« Pas question ! », cria-t-il.

Zoro s'apprêtait à sortir le Wadô Ichimonji pour régler le cas du cuisinier quand Usopp eut un éclair de génie.

« Mais Nami est avec Luffy alors que Robin, elle… ».

Sanji se retourna d'un coup. Robin. Sa mystérieuse déesse brune.

« Robin-chwan… Robin-chwaaan !

-Elle est en danger, et Anaïs aussi. Elles attendent sûrement que quelqu'un vienne les sauver… ».

Aussitôt la fertile imagination du blond s'emballa, il se voyait en prince charmant sauvant ces deux jeunes femmes, tandis que Zoro regardait Usopp avec un respect nouveau.

« Mais comment on va y aller, au sanctuaire ?, dit le sabreur. On ne peut plus suivre la piste de Mahel mainte…

-Par là ! », l'interrompit Sanji en désignant une direction dans la jungle.

Comment avait-il pu oublier la prêtresse ? Elle aussi était en danger, personne ne savait ce qui l'attendait au sanctuaire. Son imagination s'enflamma, et il rougit violemment en pensant à la récompense qu'il pouvait attendre des trois femmes quand il les aurait toutes sauvées.

« Ca va pas mieux, lui, commenta Zoro en voyant le blond piquer un fard et se mettre à ricaner tout seul en prenant une expression perverse.

- Comment ça par là ?, demanda Usopp. Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Mahel est dans cette direction, répondit Sanji.

- Mais comment…

- Mon instinct est infaillible quand il s'agit de trouver une jolie femme ! Elle est par là ! ».

Usopp leva les yeux au ciel en soupirant alors que Zoro poussait un grognement dégouté.

« Vous attendez quoi ? On a des demoiselles en détresse à sauver !, cria Sanji qui s'était déjà mis en route. Eh, tête d'algue, t'as pas intérêt à te perdre sinon je te botte le cul ! », ajouta-t-il, son entrain retrouvé.

« On fonce dans le tas !

-Ca veut dire quoi ça ! C'est… ».

Nami se retint avant de prononcer le mot fatidique, « débile », qu'elle pensait si fort.

« Excuse-moi, dit-elle à Luffy, en essayant de paraître convaincante, je ne devrais pas m'énerver comme ça.

-Non, non, c'est moi, répondit le jeune homme avec autant de sincérité, je suis désolé… ».

Ils se regardèrent, fatigués de cette comédie.

« Ca ne peut plus durer, lança Nami, ça me tue !

- J'en peux plus ! On laisse tomber !, dit Luffy en même temps.

- Je sais qu'on s'était juré de ne plus se disputer parce que ça énervait les autres mais là…

- Oh, et puis, ils sont pas là de toute façon », ajouta Luffy.

Ils sourirent malicieusement, leurs regards pétillèrent quand ils comprirent qu'ils étaient libres.

« Crétin !, hurla Nami. On ne peut pas foncer dans le tas ! On ne sait même pas où on est !

- Rabat-joie !, rétorqua Luffy sur le même ton, heureux comme un gosse. Y en a marre des plans et des stratégies à la con ! Moi je veux…

- Abruti !, cria la jeune femme qui ne s'était pas amusée comme ça depuis longtemps. J'm'en fous de ce que tu veux ! C'est moi qui aie la carte !

- Et à quoi elle nous sert ta carte pourrie ? ».

Ils prenaient tous les deux un plaisir immense à se disputer, ils ne s'étaient pas rendu compte jusqu'à présent à quel point ça leur manquait.

« Débile !

-Chieuse ! ».

Ils éclatèrent de rire et se laissèrent tomber sur le sol, essoufflés, mais heureux. Nami prit sa gourde d'eau dans son sac, en but une gorgée et la passa à son capitaine qui reprenait son souffle.

« Ca faisait longtemps !, dit la navigatrice en souriant largement.

- C'est clair ! Je me sens mieux ! Ca me prenait la tête de devoir faire attention à ce que je disais tout le temps…

- Et devoir résister à l'envie de te traiter de crétin ou de t'en coller une ! C'était horrible !

- C'est la faute des autres tout ça ! Ils sont chiants !, s'exclama Luffy. Est-ce qu'on empêche Sanji et Zoro de se battre nous ?

- Ou Franky de chanter ses chansons idiotes ? Et Usopp de dire des mensonges !, ajouta Nami en riant.

- Moi je dis, faut pas forcer sa nature ! Et puis c'est tellement marrant quand on se prend la tête comme ça ! Ca me manquait », conclut Luffy en la regardant.

Les deux jeunes gens se sourirent.

Sanji s'arrêta brutalement, sentant un long frisson glacé lui parcourir l'échine.

« Qu'est-ce qu'il y a ?, lui demanda Usopp qui le suivait. T'es tout pâle, ça va pas ?

- Je… Non… Euh, rien, laisse tomber… Merde !, s'écria le cuisinier qui s'était retourné. Il est où ?

- Hein ?

- Ce con de bretteur a encore disparu ! ».

Luffy tendit la main pour aider Nami à grimper une côté très raide. Ils écartèrent les branchages et avancèrent, s'apercevant qu'ils sortaient de la jungle. Ils étaient arrivés sur la côte de l'île et contemplaient l'océan, baignés par le soleil d'été. La corniche sur laquelle ils se trouvaient était très large, et ils pouvaient y marcher sans danger. La main en visière, ils admiraient la vue, magnifique.

« T'avais raison !, dit le capitaine à son amie.

- Je le savais bien que j'avais senti l'océan, répondit Nami, appréciant la légère brise qui lui caressait le visage après la moiteur de la jungle.

- Donc maintenant on fait quoi ?

- Laisse-moi réfléchir ».

Nami observa la position du soleil, qui commençait déjà à décliner.

« Hum, reprit-elle. A mon avis l'après-midi est déjà bien avancée. Vu la position du soleil, l'ouest est là, dit-elle en montrant une direction. Donc nous, comme on va vers le nord, on doit aller par là !, ajouta-t-elle.

- OK !

- Je pense qu'en suivant la côte ce sera plus simple, dit Nami en se mettant en route, on sera sûrs de ne pas rater le volcan.

- Allez ! On va botter le cul de… Euh, fit Luffy en se grattant la tête. De… De celui qui a enlevé nos amis ! On s'occupera de retrouver les autres ensuite ! C'est partit ! ».

Le capitaine était heureux d'avoir à nouveau un objectif, et il se mit en route d'un bon pas. Nami était plus inquiète. Dans la jungle, elle ne s'en était pas rendu compte, mais le soleil tapait très fort et elle commençait déjà à souffrir de la chaleur. Elle avait peur d'attraper une insolation. Cherchant une solution, elle ne s'était pas aperçue que Luffy s'était arrêté pour l'attendre, son chapeau à la main. Elle leva les yeux en le voyant, alors que le jeune homme posait son précieux couvre-chef sur sa tête, en lui souriant.

Sanji sentit une décharge électrique lui traverser tout le corps. Il suait à grosses gouttes.

« Qu'est-ce qu'il y a encore ? Pourquoi tu t'arrêtes ? ».

Le cuisinier se tourna vers Usopp.

« Une… Euh… Une drôle d'impression… Tu n'as rien senti toi ?

- Crétin, marmonna Zoro.

- Arrête de bouder, Marimo, t'avais qu'à pas te perdre », rétorqua le cuisinier en allumant une cigarette pour cacher son trouble.

Usopp se retint de rire. Pour retrouver le sabreur, ils avaient utilisé la nouvelle et géniale méthode de Nami, et avaient donc crié qu'ils avaient trouvé un plein tonneau de rhum. Zoro était alors réapparu comme une fleur, à la recherche dudit tonneau, provoquant l'hilarité de ses nakamas. Ca, et l'absence effective de rhum, l'avaient mis de très, très mauvaise humeur.

« Je boude pas, mais quand on dit à un mec qu'on a du rhum, faut en avoir, c'est tout, marmonna le jeune homme.

- Non mais je te jure, Zoro, faut que t'arrêtes avec le rhum !, lança Usopp en ricanant, avant de voir son nakama poser la main sur ses sabres, prêt à dégainer. Non mais attends, je déconne, le prend pas comme ça !

- On n'est pas seuls… ».

Zoro regardait autour de lui, sur le qui-vive. Sanji fumait, mine de rien, mais il était aux aguets. Usopp observait la jungle, s'attendant à voir débouler des monstres tous plus effrayants les uns que les autres.

« Ils-Ils sont…

- Tout autour de nous, dit Sanji, ils nous observent depuis qu'on s'est arrêtés.

- T'es complètement à la masse, love-cook, lança Zoro. Ils nous suivent depuis un moment déjà !

- Comment ça je suis à la masse ! Je vais t'en coller une, tu vas voir si je suis à la masse !

- Ca va les gars c'est pas le moment ! », cria Usopp dont les dents recommençaient à claquer.

Les deux pirates se toisèrent, mais résistèrent à l'envie de se battre. Leurs ennemis n'avaient pas l'air décidés à les attaquer, c'était déjà ça.

« Bon, love-sourcil, il dit quoi ton radar ? On est encore loin ? ».

Sans relever l'insulte ni le sarcasme, Sanji se concentra.

« On est tout près, dit-il, Mahel-chan est par là ».

Ils se remirent en route, prudemment. Usopp marchait entre ses deux amis, angoissé, alors que ceux-ci ne manifestaient aucune inquiétude particulière. Soudain Sanji s'arrêta. Le cuisinier sentait sa présence, Mahel était proche.

« Qu'est-ce qu'il y a, Sanji ? Pourquoi tu… ».

Le sniper s'interrompit. Quelqu'un approchait. Etonné, il vit Mahel sortir des fourrés. La prêtresse, son éternel sourire sur le visage, semblait en bonne santé. Elle fit quelques pas.

« Vous voilà, dit-elle simplement.

- Oh Mahel-chan, roucoula Sanji. Tu es si belle ! Tu es une déesse parmi…

- La ferme ! ».

Le cuisinier se tourna vers Zoro qui l'avait interrompu. Le sabreur avait dégainé ses sabres et fixait la femme.

« Qu'est-ce que t'as encore ? T'es vraiment un malade…

- Eh, Sanji…, commença Usopp en tremblant.

- Abruti ! Regarde-la, ta déesse ! ».

Le blond se retourna et contempla le beau visage de Mahel. Son sourire était toujours présent, mais il avait changé, il était cruel maintenant. Derrière elle, les buissons bougeaient, comme si quelqu'un ou quelque chose allait en sortir.

« Mahel-chan…

- Attends Zoro, c'est pas possible !, dit Usopp qui commençait à comprendre. Elle ?

- Vous êtes vraiment trop cons les gars, répondit le sabreur. Pour l'autre nul, je comprends mais toi Usopp ! ».

Le sniper regardait alternativement la prêtresse, qui les fixait maintenant avec mépris, et son nakama.

« Et bien, Roronoa Zoro, dit soudain la prêtresse. On m'avait dit que tu étais l'un des plus bêtes de cet équipage, mais on dirait que vous vous valez tous en fait ! ».

Usopp et Sanji sursautèrent. Au lieu de la douce voix suave qu'ils connaissaient, elle parlait maintenant avec un mépris non dissimulé, sa voix était devenue dure et sèche.

« Comment as-tu compris ?, demanda-t-elle à Zoro.

- Je t'ai vite trouvée suspecte. D'abord, tu connaissais trop de choses sur nous. Tu savais exactement ce qu'il fallait dire à chacun d'entre nous pour te faire aimer. Comme si tu t'étais renseignée, ou si tu avais lu nos avis de recherche par exemple. Mais comme les affiches n'étaient pas connues des autres villageois, ça m'a mis la puce à l'oreille.

- Pas mal, approuva-t-elle. Je me suis dit que j'en avais trop fait en te parlant de ton sabre, ajouta-t-elle en désignant celui de Kuina, mais il était trop tard, et comme tu n'as rien dit, j'ai cru que tu étais trop con pour t'en être aperçu ».

Le sabreur grogna, tandis qu'Usopp regardait autour de lui avec inquiétude en entendant les fourrés bouger. De son côté Sanji, bouche bée, fixait la femme comme s'il ne l'avait jamais vue.

« Enfin, de tout de façon, vous êtes tous plus bêtes les uns que les autres dans cet équipage. Sans cette archéologue, vous seriez vraiment complètement nuls !

- Où sont nos amis ?, cria Usopp. Est-ce qu'ils sont…

- Encore en vie ? On peut dire ça, même si je ne pense pas qu'ils survivent encore très longtemps…

- Espèce de… Argh ! ».

Usopp manqua s'étrangler quand il vit apparaître, derrière Mahel, un gigantesque tyrannosaure. Autour d'eux surgirent également des monstres préhistoriques qui les encerclèrent. Le sniper sortit son arme en tremblant, et Zoro raffermit sa prise sur ses sabres.

« Si vous vous rendez gentiment, leur dit la prêtresse, ils ne vous feront rien. En fait non, précisa-t-elle avec un rire cruel, ils vous feront mal, mais ils ne vous tueront pas !

- C'était ça alors, répondit Usopp. Je trouvais qu'ils avaient un comportement bizarre, ces dinosaures. Vous ne protégiez pas les villageois en fait, c'est vous qui contrôlez les monstres ! Mais comment ?

- Gamine, j'ai mangé un fruit du démon qui me permet de contrôler les animaux. Je m'introduis dans leurs esprits, et je les contrôle, et s'ils essayent de résister ils souffrent atrocement et finissent par mourir ! ».

Les pirates réalisèrent soudain. Chopper s'était plein de migraines, et il avait eu un comportement étrange avant de disparaître.

« C'est vous qui faisiez du mal à Chopper !, hurla Usopp, fou de rage.

-Ah oui, le renne. C'est très étrange. Malgré toutes mes tentatives, je n'ai pas réussi à le contrôler, comme si une part de son esprit m'échappait… ».

« Le fruit de l'humain », pensa le sniper. La partie humaine de Chopper l'avait protégé contre les incursions de Mahel.

« Espèce de…, gronda Zoro avant d'être interrompu.

- Oh Mahel-chan ! Ton intelligence est aussi incroyable que ta beauté ! Tu es une déesse parmi les déesses !

- Mais t'es con ou quoi ?, hurla Zoro avant de se demander pourquoi il avait ajouté le ou quoi. C'est elle notre ennemie !

- Je ne suis l'ennemi d'aucune femme, répondit-il en regardant son ami de haut, très classe. Et qui tu traites de con, abruti de sabreur ? », ajouta-t-il, beaucoup moins classe.

Alors qu'il allait se jeter sur le sabreur, Mahel fit un signe et les monstres se lancèrent à l'attaque.

« Hissatsu Himawari Boshi ».

Usopp lança cinq billes qui atteignirent toutes leurs cibles avant d'exploser. Ses adversaires hurlèrent de douleur avant de s'écrouler. Mais le jeune homme n'eut pas le temps de se réjouir, d'autres bêtes arrivaient. Le jeune homme cria en voyant un vélociraptor sauter vers lui, sûr que sa dernière heure était arrivée.

« Oni Giri ».

Croisant ses trois sabres, Zoro se jeta devant le sniper et trancha le raptor qui se jetait sur lui. Il se retourna et jeta un regard à Usopp pour voir s'il allait bien avant de reprendre le combat. Celui-ci se reprit rapidement et recommença à tirer sur leurs ennemis. Le sabreur de son côté rejoignit Sanji qui menaçait d'être débordé par le nombre d'adversaires. Ne quittant pas Mahel des yeux, le cuisinier enchaînait les attaques : Collier, Epaule, Côtelette, Selle, Poitrine, Gigot shoot. Mais le regard de la prêtresse rivé sur lui le déconcentrait. Il avait bien compris que cette femme était leur ennemie, que c'était elle qui était responsable de la disparition de ses amis, qu'elle avait sans doute fait du mal à Robin et Anaïs. Mais elle était si…

« Sanji attention !, hurla Usopp avant d'enchaîner : FIrebird Star ».

Il tira un projectile qui enflamma le tigre qui s'était jeté sur le cuisinier inattentif. L'animal tomba sur le sol en hurlant, mais un autre adversaire le remplaça et le sniper perdit son ami de vue. De son côté, Zoro était assailli par les dinosaures. Mais aucun n'était de taille à rivaliser avec lui, et il les tranchait tous les uns après les autres. Cependant il commençait à fatiguer. Et cet abruti de cuistot qui se battait n'importe comment. Ce con de lover était décidément un poids mort. La seule solution était d'atteindre la prêtresse, puisque c'était elle qui contrôlait les monstres. Le jeune homme, taillant toujours dans le vif, commença à se rapprocher sensiblement de sa cible, qui ne bougea même pas, son éternel sourire sur les lèvres. Soudain un grondement terrible s'éleva. Le tyrannosaure ! Comment il avait pu l'oublier celui-là ! Le dinosaure se jeta vers lui et tenta de l'écraser sous une de ses pattes. Zoro l'évita, mais il piétina plusieurs monstres au passage. Il faillit même avoir Usopp qui l'esquiva in-extremis en hurlant. Le monstre se retourna, sa queue balayant tout sur son passage, dont Sanji qu'il envoya valser près de Mahel. Le cuisinier, sonné, avait du mal à se relever. Zoro raffermit sa prise sur ses sabres. Ce monstre allait finir par tout détruire et avoir ses compagnons, il fallait en finir.

« Ichi Gorilla, Ni Gorilla : Nigorizake ».

Il concentra toute sa force dans ses bras. Ses biceps gonflèrent, faisant craquer les manches de son t-shirt. Il se jeta alors sur son adversaire et abattit ses lames avec une force incroyable, tranchant net le cou du tyrannosaure qui s'écroula bruyamment, faisant trembler le sol. Zoro n'eut pas le temps de souffler. Plusieurs raptors se jetèrent sur lui. Il rengaina l'un de ses sabres.

« Nitoryu : Takanami ».

Il sauta au milieu de ses adversaires et exerça une rotation sur lui-même, tranchant tous ses ennemis dont les corps s'amoncelaient maintenant autour de lui. Il ne prit pas le temps de reprendre son souffle et se précipita vers Mahel, le sabre au clair, afin de mettre fin au combat.

« Flanchet Kick ».

Alors que Zoro allait abattre son sabre, il évita de justesse le coup de pied de Sanji qui visait son estomac.

« Qu'est-ce que tu fous ?, hurla-t-il en voyant le cuisinier se placer devant la prêtresse et lui faire face.

- Je ne te laisserai pas toucher à un seul cheveu de Mahel-chan, espèce de brute !

- Mais t'es complètement con ma parole ! Elle a lancé ses bestioles sur nous ! Et tu la protèges ? Abruti de cinglé de lover à la manque !, rugit le sabreur.

- Je n'admets pas qu'on frappe une fe… », commença-t-il avant de s'écrouler, évanoui.

Derrière lui Mahel, une énorme pierre à la main, venait d'assommer Sanji. Elle le poussa du pied pour vérifier qu'il était bien inconscient, avant de l'enjamber pour se placer face à Zoro.

« Ca fait du bien quand il se tait, dit-elle en levant les yeux au ciel.

- …, répondit Zoro qui était d'accord mais ne voulait pas lui faire ce plaisir.

- Bon, passons aux choses sérieuses. Jette tes sabres ».

Le jeune homme la regarda attentivement, pour voir si elle était sérieuse. C'était le cas, apparemment. Il aperçut un mouvement à la frontière de son champ de vision. Un dernier raptor, un survivant de sa dernière attaque, attendait. Zoro ne bougea pas, attendant de voir ce que lui préparait son ennemie.

« Jette-tes-sabres, répéta lentement la femme.

- Cours toujours, marmonna le sabreur.

- Très bien ».

Elle leva une main. Un grondement sourd se fit entendre à la gauche de Zoro qui risqua un œil et vit un tigre à dents de sabre, tenant dans sa gueule le cou d'Usopp. Le sniper, livide, osant à peine respirer de peur de se faire décapiter, lança un regard désespéré à son nakama. Le sabreur soupira. Usopp. Pourquoi fallait-il toujours qu'il se fasse capturer ?

« Alors reprenons, dit Mahel avec un sourire cruel. Jette tes sabres, sinon ton ami… perdra la tête ? Hum, cette blague est nulle, désolée, ajouta-t-elle avec un petit sourire gêné. Voilà, bon garçon », dit-elle en voyant Zoro déposer ses armes sur le sol.

La prêtresses sourit et fit un signe de la main à l'attention du raptor. Celui-ci se jeta sur Zoro et le plaqua au sol. La tête du jeune homme heurta une pierre et il s'évanouit, le sang commençant à couler à flot de son front. Usopp voulut crier le nom de son ami, mais la proximité immédiate des fameuses dents tranchantes de son ennemi l'en dissuada.

« Nami regarda ça ! ».

Luffy et la jeune femme était accroupis sur la corniche, regardant l'océan à leurs pieds. En bas de la falaise, dans une crique, des dizaines de navires étaient échoués. Aucun ne semblait avoir subi d'attaques sérieuses, leurs coques étaient en bon état, les mâts n'étaient pas brisés, même les voiles étaient encore là sur certains, elles étaient juste déchirées et jaunies comme si les navires étaient là depuis des années. Les deux pirates remarquèrent qu'aucun des bateaux n'avait son pavillon.

« C'est un cimetière de navires », commenta Nami avant de se rendre compte que son ami ne l'écoutait pas.

Luffy, le regard fixe, les yeux exorbités, pâle, pointa du doigt l'un des navires. Nami regarda plus attentivement avant de pousser un cri. Là, derrière les épaves les plus anciennes, sans son pavillon, il y avait…

« Le Sunny ! ».