Les Parfaits Serpentards
Chroniques de la Troisième année : Partie II
Severus venait juste d'entrer dans la Salle Commune de Serpentard dans l'intention de faire passer un message aux Deuxième années, lorsqu'il perçut soudain une légère brise s'élever au-dessus de lui.
Presque instinctivement, il leva les yeux en direction de Harry et Mercredi. Ces derniers se trouvaient en compagnie de Pugsley, Ginny et Hermione, devant quelques chaises en bois et un large chaudron qui mijotait sous les flammes rougeâtres d'un feu magique.
De façon subite, une silhouette se matérialisa derrière Mercredi et se jeta sur elle sans crier gare.
La main de Harry jaillit alors tel un éclair, et saisit le bras de l'assaillant dans une forte poigne. Il tordit ensuite vicieusement le membre, jetant l'assaillant au sol, tout en assénant un violent coup de pied à une chaise qui se trouvait à sa portée. La chaise éclata en mille morceaux avec le son plaintif du bois fendu.
Harry attrapa au vol l'un des morceaux les plus gros – un pied de la chaise à l'extrémité pointue – et l'abattit à une vitesse inouïe vers son opposant à terre, arrêtant la descente du pieu juste au niveau de la poitrine de la silhouette au sol.
« Marcus. » soupira Harry.
Marcus esquissa un large sourire de petit enfant. « J'ai réussi à te faire faire quelque chose ! » se réjouit-il d'une voix tout proprement enchantée.
« Rien que Rogue n'ait déjà vu. » le rectifia Mercredi, d'un ton amusé.
« Que fais-tu ici ? » demanda sommairement Harry.
« Pourrais-tu me laisser me relever ? »
« Non. Je n'ai pas encore décidé de ta punition pour avoir enfreint ma règle. »
« Ce n'est pas la première fois que j'attaque Mercredi. » protesta Marcus en faisant la moue.
« L'autre règle. »
« Oh. » La moue du vampire fit place à une grimace pleine d'appréhension. « Cette règle-là. »
« Parle. »
« Lucius Malefoy a tenté d'investir par effraction le Département des Mystères du Ministère de la Magie. Il a tenté d'accéder à la Salle des Prophéties.
« Hmm. » fit Harry d'un ton songeur en se relevant et en esquissant un geste négligent de la main pour réparer la chaise cassée.
Marcus sembla se mettre sur ses pieds tel une ombre qui aurait décidé de se lever du sol.
Severus les rejoignit. « Marcus. » salua-t-il succinctement avec un hochement de tête à l'intention du nouveau venu.
« Severus. » lui fut-il répondu sur le même ton.
« Des suggestions ? » interrogea Harry à l'intention du Professeur de Potions.
Severus ne put empêcher une mine affectée d'apparaître sur son visage. « Cela m'était sorti de l'esprit. Une prophétie a été formulée à votre encontre. »
« Celle que vous avez révélée à Voldemort et qui l'a incité à attaquer James et Lily. »
Cela exigea toute la maîtrise de soi dont était capable Rogue pour s'empêcher de rougir et d'afficher une mine abasourdie. Il hocha faiblement la tête, extrêmement embarrassé.
« Il se pourrait donc que cela soit plus important que ce que j'ai été porté à croire. » inféra Harry d'un air pensif.
Marcus fronça les sourcils d'un air de concentration et se mit à humer les volutes émanant du chaudron. « L'odeur me semble familière. »
« Cela devrait l'être. » murmura Mercredi.
« C'est la recette secrète de Grand-mère ! » s'exclama Marcus en reconnaissant finalement l'arôme. « Comment diable êtes-vous parvenus à tomber dessus ? »
« Nous ne sommes pas tombés dessus. » répondit Mercredi. « Elle a été offerte à Ginny. »
« C'est pas juste. » se mit à bouder Marcus à la manière d'un petit garçon. « Est-ce que je peux en avoir un peu ? » demanda-t-il en tendant le bras vers le chaudron avec gourmandise.
Ginny asséna une tape bien sentie sur ses mains avec sa louche. « Non ! » déclara-t-elle d'un ton sans appel. « Vilain vampire. »
Marcus se mit de nouveau à bouder, avant d'esquisser une mine surprise lorsque des cris terrorisés d'élèves retentirent soudainement dans la salle suite aux mots de Ginny.
« Oh, je vous en prie. » fit-il en reniflant avec dérision. « Il est évident que je travaille pour Harry et Mercredi, et je me vois mal déambuler comme je l'ai fait à la seule fin de vous tuer en leur présence, non ? »
Les élèves qui avaient crié eurent la décence d'afficher des expressions embarrassées.
« A moins que Harry le veuille, bien sûr. » acheva Marcus d'une voix pleine d'espoir.
« Tout le monde s'est révélé être merveilleusement ouverts d'esprits ces derniers temps. » commenta Harry d'un ton sec.
« On ne me laisse jamais m'amuser. » se plaignit Marcus en esquissant de nouveau une moue désenchantée.
La porte de la Salle Commune s'ouvrit à la volée, et Albus, Minerva, et deux Aurors entrèrent en accourant, baguettes brandies.
« Il y a un Vampire à Poudlard. » lança Minerva à la ronde.
« Ne bougez plus ! » s'écria l'un des Aurors, en pointant sa baguette vers Rogue.
« Crétin ! » rugit Rogue, en s'efforçant d'ignorer les gloussements modérément discrets de Pugsley.
« C'est Rogue, idiot. » dit l'autre Auror en admonestant son partenaire.
« Il est rassurant de constater que la légendaire sécurité dont bénéficie Poudlard continue toujours de préserver avec la même efficacité le caractère sacro-saint de cette école. C'est dire, il n'aura fallu que quelques minutes après qu'un Vampire soit parvenu à accéder à l'une des Salle Communes de l'école, et après avoir eu le temps de mener à bien toute une conversation, pour que le Directeur, la Vice-Directrice, un Auror et un idiot n'apparaisse. » nota Harry de sa voix soyeuse. « Fort heureusement, il se trouve que ce Vampire travaille pour moi. Marcus, veux-tu bien désarmer les Aurors je te prie. »
Marcus disparut en un éclair, et quand il réapparut au même endroit qu'il avait quitté un instant plus tôt, il tenait deux baguettes dans sa main.
Les Aurors se mirent à pâlir drastiquement.
Harry secoua sa tête avec commisération. Mercredi agita sa baguette, et envoya un Patronus messager.
« Harry, » commença Albus.
« Directeur. » l'interrompit Harry. « Nous étions justement en train de parler de vous. Quel est donc le contenu exact de la prophétie à mon sujet que vous avez entendu le Professeur Trelawney formuler ? »
Albus se raidit visiblement. « Ce n'est pas une information que je suis à même de partager présentement. » finit-il par dire avec une nuance consommée de regret dans sa voix. « Peut-être vous en ferais-je part lorsque vous serez plus âgé. »
« Ooooh. » fit Marcus de sa plus belle voix de petit enfant. « Trèèèès mauvais choix. Harry et Mercredi fonctionnent sur la confiance, et vous venez juste de jeter à la fenêtre tout crédit qu'ils auraient pu vous accorder à l'avenir. »
« Silence, Marcus. » l'intima Mercredi d'une voix neutre.
Harry regarda Dumbledore droit dans les yeux, un regard intense que le vieux sorcier soutint sans broncher.
Après une trentaine de secondes, Harry soupira et mit fin à l'échange de regard. « Vous me cachez délibérément des informations me concernant. » statua-t-il. « Je ne peux l'accepter. »
« C'est pour le mieux. » répondit Albus avec tristesse.
« Cela fait deux ans et demi que nous sommes là et vous n'avez toujours pas la moindre idée de qui nous sommes, n'est-ce pas ? » déclara Mercredi. « Vous continuez de croire que nous finirons par agir selon vos visions ? »
« C'est la dernière fois que je le répéterai, » déclara Pugsley, ses yeux s'assombrissant dangereusement et sa voix se faisant austère. « Nous sommes des Addams ! »
L'arrivée précipitée et bruyante de Kingsley Shacklebolt dans la Salle Commune empêcha Albus de répondre. « Par Merlin, je crois bien que je vais avoir besoin d'installer quelques balais devant les portes pour ne pas avoir à courir autant. J'ai l'impression que la distance ne fait que s'accroître davantage à chaque fois. » haleta-t-il sous le coup de l'effort avant d'aviser ses Aurors.
« Collins, auriez vous l'obligeance de m'expliquer pour quelle raison un Vampire détient vos baguettes ? »
« Il s'en est emparé, Monsieur. » répondit obligeamment le dénommé Collins.
« Oh. » répondit Kingsley. « Tout va bien en ce cas. Du moment que nos baguettes nous sont confisquées, nous devrions toujours rester là les bras ballants à paraître totalement inutiles. Il n'y a pas mieux pour impressionner les gens m'a-t-on dit. Il vous reste au moins vos baguettes de rechange, n'est-ce pas ? »
Collins baissa la tête et secoua sa tête d'un air penaud.
« Dans mon bureau, tous les deux ! » ordonna Kingsley d'une voix cinglante.
Les deux Aurours firent vivement volte-face et quittèrent la pièce d'un pas déconfit.
« Harry, » poursuivit Kingsley en se tournant vers eux, « vous êtes conscient, j'imagine, qu'un vampire se tient juste à côté de vous ? »
« Marcus, Kingsley. » dit succinctement Harry en faisant les présentations. « Kingsley, Marcus. »
« Salut. » dit Marcus, avec un petit geste de la main.
« Est-ce que je ne vous connaîtrai pas, par hasard ? » s'enquit Kingsley d'un ton inquisiteur.
Marcus haussa les épaules.
« Vous êtes la personne qui m'a empêché de tomber de ce pont lorsque je pourchassais Malefoy. »
Marcus plissa son nez. « Harry a dit que vous étiez un bon flic. Il voue une sainte horreur à l'incompétence. »
« Auror. » le corrigea distraitement Hermione. « Flic est un idiotisme digne d'un Américain. »
« Mais je suis Américain. » fit observer Marcus en bombant le torse.
« Et un Arménien, un Africain, un Australien.. » se mit à énumérer Pugsley sur le bout des doigts, une expression de concentration sur son visage.
« Je te remercie. » rétorqua Marcus avec froideur. « J'ai un peu roulé ma bosse, je l'admets. »
« C'est ce que j'ai cru comprendre. » murmura Mercredi.
« Arrêtez ça ! » s'exclama le Vampire d'une voix plaintive.
Mercredi laissa une subreptice expression amusée transiter sur son visage.
« Il suffit. » intervint Minerva de sa voix sévère. « J'avais l'impression que les Vampires ne pouvaient pas pénétrer le sol de Poudlard sans l'expresse permission du Directeur. »
« Rien de plus vrai. » approuva gaiement Marcus. « Je suis heureux que nous ayons pu éclaircir ce point. »
Minerva le foudroya du regard, en adoptant une expression dangereuse que Rogue se rappelait avoir vu pour la dernière fois lorsque les Weasley avaient coloré ses cheveux d'un vert Serpentard.
« Par Alucard, elle est torride. » s'extasia Marcus d'une voix admirative, dans un chuchotement parfaitement audible à l'intention de Harry. « Je parie qu'elle doit être une vraie furie sous l'édredon. »
Minerva devint complètement blanche, puis rouge, et vira de nouveau au blanc, tandis que toute l'assistance affichait des expressions proprement choquées.
« Marcus. » commença Pugsley d'une voix lente et mesurée. « Tu es sans aucun doute, l'homme le plus courageux que j'ai rencontré de ma vie. »
« Pardon ? » s'étonna Marcus.
Minerva se mit soudainement à pousser un grognement furieux et dégaina sa baguette. Elle retira quelques poils de la barbe d'Albus et les transforma en pieux. « Venez donc ici. » lui ordonna-t-elle, d'une voix effroyablement calme.
« Fuis. » lui suggéra vivement Pugsley.
Marcus sourit de toutes ses dents et disparut.
Minerva ferma les yeux un instant et exécuta subitement avec sa baguette un geste acéré qui fendit l'air à la façon d'une escrimeuse. Un monceau de la cape de Marcus apparut au bout de sa baguette. Voyant qu'elle avait manqué de peu sa cible, elle tourna alors vivement sur ses talons et se rua vers la sortie, la porte de la Salle Commune se refermant avec fracas derrière elle.
Pugsley tomba alors à genoux et se mit à rire à gorge déployée. Son rire fut rapidement rejoint par ceux de Ginny et Hermione – même Harry et Mercredi esquissèrent un léger sourire, tandis que les autres élèves présents éclataient de rire à leur tour.
Kingsley se roulait de rire au sol, agrippant son ventre pour l'empêcher d'éclater semblait-il.
Les yeux d'Albus pétillaient avec amusement bien qu'il frottât son menton à l'endroit où plusieurs de ses poils de barbe avaient été sommairement arrachés.
« Nous n'avons toujours pas déterminé la raison de la présence d'un Vampire dans mon école. » rappela Albus.
« Et nous n'avons toujours pas déterminé le contenu de la prophétie me concernant que vous connaissez. » répliqua Harry, son amusement s'estompant comme le brouillard en une journée d'été.
« La sécurité des élèves est primordiale. » répondit Albus d'un ton inflexible.
« Cela expliquerait donc pourquoi vous avez caché la Pierre Philosophale ici ? » ironisa Daphnée qui se trouvait parmi un groupe de Troisième années. « Ainsi que pourquoi vous avez engagé un professeur possédé par Voldemort, pourquoi vous avez tenté de nous envoyer tous à notre mort lors de l'incident du Troll, autorisé Ombrage à torturer quelques-uns d'entre nous, et que vous n'avez pas fermé l'école lorsqu'il a été confirmé qu'un Basilic se trouvait parmi nous, et pourquoi vous n'avez pas levé le petit doigt pour nous protéger des Détraqueurs ? »
« Miss Greengrass. » commença Albus sur un ton d'avertissement.
Rogue dissimula un sourire; prendre ce ton avec sa filleule ne fonctionnait jamais, bien au contraire. Il suspectait que Daphné avait décidé de saisir cette occasion pour se montrer à son avantage.
Daphné roula des yeux à l'endroit du Directeur. « La seule personne qui ait un problème avec le Vampire semble être vous. » rétorqua-t-elle. « Ce n'est pas parce qu'il est considéré comme une créature noire qu'il en est malfaisant pour autant ! »
« Kingsley. » dit Albus en adressant un regard à l'Auror.
« Ne me regardez pas comme ça, Albus. » dit Kingsley en levant les mains en l'air. « Un homme assez courageux pour parler comme ça au Professeur McGonagall dépasse de loin mes capacités – même s'il est un Vampire. Harry, il se tiendra bien, n'est-ce pas ? »
« Je ne formulerais pas les choses ainsi. » marmonna Pugsley.
Harry renifla avec dérision. « Il ne causera aucun problème en ces lieux. » assura-t-il paisiblement.
« C'est bien ce que je pensais. » conclut Kingsley en hochant la tête pour lui-même. « Vous ne pourriez pas, je suppose, le persuader de venir me rendre visite au Département des Aurors un jour ou l'autre ? Il m'est soudainement apparu que quelques-uns de mes Aurors sont en cruel manque d'entraînement. »
Harry acquiesça. « Je vais le prêter à Remus en premier lieu; il a brisé ma règle au sujet de sa venue à Poudlard. »
« Quelle était-elle ? » s'enquit Kingsley avec curiosité.
« C'est interdit. » répondit succinctement Mercredi.
Kingsley se mit à ricaner doucement. « Eh bien, envoyez-le-moi dès que vous en aurez l'occasion. »
Harry opina du chef, et Kingsley fit un signe de la tête à l'intention du Directeur. « Albus. » dit-il en s'en allant, laissant le vieil homme se débrouiller seul.
Albus émit un long soupir et suivit l'Auror.
« Je pense que je vais aller lui parler. » déclara doucement Rogue.
« Essayez donc. » lui recommanda Harry. « Les personnes incapables de changer nous sont d'aucune utilité. »
Rogue décida qu'il ne voulait vraiment pas savoir ce que sous-entendaient ces mots, et suivit le Directeur jusqu'à son bureau. Pour tenter de remonter le moral de Dumbledore, il accepta même un de ses Sorbet Citron.
Ils étaient vraiment écœurants.
« A quoi jouez-vous donc, Albus ? »
Le Directeur soupira. « Je ne sais plus. » avoua-t-il. « La situation n'est guère ce qu'elle devait être, et je me trouve dans l'incapacité de composer avec comme j'en avais l'habitude auparavant. »
« Cessez donc de jouer. » conseilla Severus. « Harry et Mercredi, vous contrecarrent de la même façon qu'ils le font avec le Ministère, en rendant tout public. Toute manipulation de votre part est portée à l'attention de tous, et l'opinion commune vous donne tort. »
« Ils ne connaissent pas tous les faits. » protesta Albus.
« Exactement. » acquiesça Severus. « Ils n'ont que des informations provenant d'une seule partie. Et à cause de cela, vous êtes en train de perdre. Les élèves discutent ouvertement de votre retraite prochaine. »
« Ma retraite ? » répéta Albus, complètement effaré.
« En effet. » dit Severus de la façon la plus douce qu'il lui était possible. « Vos ingérences et vos jeux sont en train de convaincre les gens de votre sénilité – et votre refus de traiter Harry et Mercredi différemment, ne fait que renforcer cette opinion. »
« Ce sont des enfants ! »
« Non, ce ne sont pas des enfants. » gronda Severus. « Ils ont traversé bien plus d'épreuves que vous ne pouvez l'imaginer, vu des choses auxquelles votre raison se refuserait à croire, auxquelles ma raison se refuse à croire, et pourtant j'y étais ! Ils sont des adultes piégés dans des corps d'enfants. »
Albus secoua obstinément sa tête en signe de dénégation. « Il le faut, je dois faire ce qui est le mieux. »
« Albus. » déclara Rogue avec finalité en se levant de son siège. « Je vous conjure de changer vos méthodes, j'ai assisté à la façon dont ils s'occupent des personnes qui se mettent en travers de leur chemin, et vous ne méritez pas ça – du moins pas encore. »
« Je pense que je saurai parfaitement me débrouiller, je vous remercie. » répondit froidement Albus.
Severus soupira. « Lucius Malefoy a été découvert au Ministère, à la recherche d'une prophétie la nuit passée. » informa-t-il, et esquissa avec tristesse un geste de la tête à Albus, avant de quitter la pièce. Ce n'était pas la première fois qu'il avait tenté de raisonner Albus, mais ce serait certainement la dernière. C'était aussi la dernière information dont il lui ferait part désormais.
Il se dirigea vers ses quartiers avec l'intention de mettre fin à sa soirée et prendre une nuit de repose bien méritée.
« Oncle Sev ! »
Severus s'arrêta et se retourna. « Daphné ? » demanda-t-il, en se demandant la raison qui lui valait d'être ainsi appelé par sa filleule dans les couloirs de l'école.
Daphné lança un sort d'intimité plutôt réussi. Il esquissa un léger sourire et consolida son efficacité d'un geste de sa baguette.
« Harry a décidé qu'il voulait savoir ce que dit cette prophétie. » expliqua-t-elle d'une voix précipitée. « Ils vont se rendre au Ministère pour s'en emparer. »
« Et tu veux que je les en empêche ? » interrogea-t-il avec curiosité.
« Non, je veux que tu y ailles aussi pour que je puisse vous accompagner ! »
« Ils vont entrer par effraction au Ministère. » fit-il observer. « Ta mère approuverait difficilement que je t'aide à commettre une telle chose. »
Daphné sourit d'un air innocent et battit des cils à son intention. « Je ne lui en dirais rien si tu en fais de même. » dit-elle. « Tu n'as pas l'intention de les laisser y aller seul, non ? »
« Tu feras exactement ce qu'on te dit. » ordonna-t-il en cédant. « Sans quoi, tu verras pourquoi j'ai une telle réputation dans cette école, et le fait que tu sois ma filleule ne te sauveras en rien, est-ce que je suis clair ? »
Daphné pâlit et hocha vivement la tête.
« Allons-y. » dit-il. « Ou sont-ils ? »
« En train de voler les chevaux invisibles. »
« Les Sombrals ? »
Daphné acquiesça.
« Suis-moi. » Il marcha d'un pas résolu, tout en désactivant les protections empêchant les élèves de quitter l'école après le couvre-feu, et se dirigea vers l'enclos où les Sombrals étaient gardés.
Marcus et Harry étaient les seules personnes ne chevauchant pas un Sombral. Pugsley avait Hermione derrière lui, et elle semblait l'étreindre de toutes ses forces. Mercredi avait Ginny derrière elle.
Harry leur adressa un regard. « Vous vous portez garant d'elle ? » demanda-t-il en avisant Daphné.
« Oui. » répondit-il d'une voix qui se voulait ferme.
« Ne me décevez pas. » dit Harry d'une voix basse.
Rogue déglutit avec difficulté et hocha la tête.
Harry claqua des doigts et un Sombral s'avança jusqu'à eux.
Il s'approcha de la créature ailée et monta la créature d'un geste fluide, avant de tendre sa main vers Daphné. Elle lui adressa un sourire et elle sauta sur le cheval en s'aidant de son bras tendu.
Harry se retourna et sauta sur le dos du plus grand Sombral. Il se cabra de façon spectaculaire, avant d'étendre ses ailes et de s'envoler en un seul mouvement plein de grâce.
Marcus sourit de toutes ses dents, laissant découvrir ses crocs luisant, et disparut dans la nuit.
Mercredi et Pugsley poussèrent tous deux des cris identiques, et leurs chevaux ailés s'envolèrent derrière le Sombral Alpha. Une seconde plus tard, son propre Sombral s'envola – sans nul besoin d'incitation de sa part.
« Oncle Sev. » l'appela Daphné dans le mugissement du vent et les battements puissants d'ailes du cheval ailé. « Que voulait-dire Harry par là ? »
Il se retourna vers elle. « Cela signifie que si tu fais la moindre erreur, j'en payerai le prix. »
« Je ne te décevrai pas. » jura-t-elle avec ferveur, les yeux résolus.
« Si j'avais pensé que ce serait le cas, tu ne serais pas là. »
Daphné répondit silencieusement en resserrant son étreinte autour de lui. Il appliqua un charme visant à réchauffer l'air autour d'eux, et se prépara pour un long voyage. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus monté de cheval, et il espérait que sa position soit adéquate pour lui permettre de supporter les conséquences musculaires d'une longue chevauchée.
La vitesse des Sombrals était tout bonnement remarquable tandis qu'ils parcouraient la campagne Anglaise avec la célérité du vent. Devant eux, il pouvait distinguer que contrairement à Hermione, Ginny était aux anges. Elle avait ses mains levées en l'air, et elle hurlait à pleins poumons.
Mercredi avait un léger sourire sur son visage, et elle faisait effectuer nombre de figures acrobatiques à son Sombral pour contenter la jeune sorcière rousse. Pugsley avait une expression quelque peu résignée tandis qu'il maintenait son Sombral dans une trajectoire droite et constante.
Au devant d'eux, Harry semblait avoir une discussion animée, probablement avec Marcus.
Au bout d'un moment, Harry descendit en piqué et ils se retrouvèrent à voler au-dessus d'une rivière. La rivière s'agrandit pour devenir un fleuve tandis qu'ils arrivaient à Londres, et il ne leur fallut que quelques instants pour atterrir à côté d'une cabine téléphonique à l'apparence distinctive pour tous sorciers.
Marcus apparut à leurs côtés tandis qu'ils descendaient de cheval. Harry sembla communiquer quelque chose au Sombral Alpha, avant que les créatures ne quittent les lieux à tire d'aile.
« Prêts ? » demanda Mercredi.
Lorsque tout le monde eut hoché la tête en signe d'assentiment, ils se serrèrent tous dans la cabine, excepté Marcus, qui avait de nouveau disparu.
« Un tour bien utile, ça. » marmonna Daphné avec une légère pointe d'envie.
« En effet. » acquiesça Pugsley.
Severus composa le numéro d'accès, et la cabine se mit à descendre.
Marcus réapparut en bas, tandis qu'ils arrivaient à l'Atrium. « Par là. » déclara-t-il dans un chuchotement qui n'étouffait en rien la gaieté de sa voix.
« Est-ce que l'aise avec laquelle il nous est possible d'entrer ici interpelle quelqu'un d'autre que moi ? » interrogea Daphné.
« Un garde est censé être posté ici. » informa calmement Harry. « Il est présentement inconscient. »
« Les avantages d'avoir un Vampire dans l'équipe. » ajouta Marcus avec malice.
« Je crois que je vais me taire à présent. » dit Daphné d'une voix légèrement gênée.
« Sage décision. » murmura Pugsley avec un sourire facétieux.
« Rendez l'ascenseur silencieux. » ordonna Harry, en entrant le monte-charge grinçant et chuintant du Ministère.
Pugsley hocha la tête en appliquant le charme idoine, et les portes de l'ascenseur se refermèrent dans un silence absolu. Mercredi pressa le bouton indiquant le Département des Mystères, et ils se mirent à descendre rapidement.
Ils émergèrent dans une vaste salle circulaire pourvue de portes à chaque recoin. Lorsqu'ils refermèrent la porte derrière eux la salle sembla tourner autour d'eux.
« Mignon. » commenta laconiquement Mercredi. « Hermione ? »
Hermione sembla se secouer puis indiqua une porte à leur droite.
« Excellent. » la félicita Mercredi.
Hermione esquissa un énorme sourire enchanté et il put percevoir la perplexité de Daphné.
« Il y a un enchantement qui randomise les portes à chaque fois qu'on accède à cette sale. » lui expliqua-t-il dans un murmure. « Mercredi s'assurait que Hermione continue bien d'entraîner ses protections mentales. »
Ils entrèrent dans une immense pièce où se trouvaient des milliers d'horloges. Tous types d'horloges, de l'horloge de grand-mère aux réveils de voyage. Tout au bout de la pièce se trouvait une immense cloche de cristal d'où émanait une étincelante clarté.
Harry fit lentement quelques pas, avant de s'arrêter net. « Silence. » intima-t-il dans un murmure presque inaudible.
Harry se mit soudainement à courir, Mercredi sur ses talons. Ils tournèrent à l'angle pour découvrir un large corridor au bout duquel un serpent géant se dressait de toute sa hauteur au-dessus d'une personne au sol. « Nagini. » dit-il d'un ton paisible.
Harry se mit alors à siffler quelque chose d'une voix perçante tandis que Mercredi et lui s'avançaient vers le serpent. Nagini sembla siffler quelque chose en retour, et Mercredi lui lança sans autre forme de procès un puissant sort de découpe.
Nagini parvint à éviter le sort, et prit la fuite.
Harry s'approcha de l'homme et tomba à genoux auprès de lui.
« Papa ! » hurla avec horreur Ginny.
Harry poussa un soupir et lança un sort de soin, suivit d'un charme de léthargie. « Ginny, il a été mordu. Je l'ai placé dans un état léthargique, afin d'arrêter le poison temporairement. Il va avoir besoin d'un traitement approprié, quand nous aurons terminé. »
Ginny effleura de ses doigts tremblants le visage livide de son père. « Merci. » dit-elle avec reconnaissance à Harry.
« Séparez-vous, trouvez le serpent. » ordonna Harry.
Ils prirent tous des directions différentes et se séparèrent. Daphné entreprit sa marche vers un couloir vide, mais il la retint par l'épaule. « Nous restons ensemble. » commanda-t-il. « Nagini est le serpent de Voldemort. »
Daphné déglutit avec difficulté, et acquiesça d'un signe de tête mal assuré.
Aussi silencieusement que possible, leur baguette brandie, ils empruntèrent le couloir. La lumière de la salle était inconstante, à leur plus grand agacement, transformant les ombres dansantes en simulacres de serpents.
« Diffindo. » incanta brusquement Daphné, mais son sort ne fit que frapper une ombre et créer un large trou dans le sol de marbre.
« Doucement. » lui dit Rogue d'une voix qu'il voulait rassurante.
Sans crier gare, une silhouette informe jaillit de sous les étagères, à une vitesse dépassant l'entendement.
Il eut à peine le temps de lancer un charme du bouclier, tandis que Daphné le frappait d'un autre Diffindo. Le sort ne fut pas assez puissant pour causer le moindre dommage, mais il fut suffisant pour ralentir légèrement le serpent.
« Bien joué. »
Elle parvint à lui adresser un petit sourire malgré la situation dangereuse dans laquelle ils se trouvaient.
Le serpent se redressa de nouveau prêt à frapper encore, lorsqu'une forme indéterminée s'abattit sur lui. Il se secoua violemment, afin de se libérer de l'étreinte de son assaillant. Mercredi atterrit telle un chat, et se jeta sur le serpent, son couteau scintillant à la lumière éclatante de la salle.
Nagini émit un sifflement étrange, comme de l'air s'échappant d'un ballon, et elle s'effondra, sa trachée coupée.
Mercredi essuya sa lame sur le cadavre du serpent et hocha la tête en direction de Daphné. « Joli sort. » dit-elle à son intention.
« C'est toujours toi qui t'amuses. » se plaignit Marcus avec sa moue de petit garçon.
« C'est vrai. » acquiesça Mercredi.
Harry se rendit auprès du serpent mort et sortit un flacon de sa poche. Il versa son contenu sur la tête de Nagini, et hocha la tête lorsqu'elle se mit à émettre une intense fumée noire.
« Continuons. » ordonna-t-il.
La pièce suivante était glaciale, bien plus que la précédente, et était dominée par d'immenses rangées d'étagères, chacune contenant des centaines d'orbes de verre recouvertes de poussière.
« Pointe-moi vers la Prophétie de Harry Potter. » murmura Harry. Sa baguette tourna dans la paume de sa main avant de s'arrêter en direction d'un rayon vers leur droite.
Harry se mit à courir, Mercredi une fois de plus à ses côtés, sa baguette dans une main et son couteau dans l'autre.
Ils s'arrêtèrent au rayon numéroté quatre-vingt-treize, et Harry circula parmi le rayon d'un pas mesuré avant de lever soudainement les yeux vers une étagère en hauteur. Mercredi grimpa alors gracieusement les étagères et s'empara d'une orbe de verre qui se trouvait sur l'étagère sur laquelle le regard de Harry s'était arrêtée. Elle la lança à Harry, et lorsque celui-ci l'attrapa, une voix traînante s'éleva dans la pièce.
« Très bien, Potter. Maintenant tourne-toi, doucement, et donne-moi ça. »
Peu importait ce à quoi Lucius avait pu s'attendre, ce n'était probablement pas ça – le couteau de Mercredi fendit l'air à toute vitesse la pointe dirigée vers son front.
Lucius fit un bond catastrophé sur le côté, et s'écrasa contre une des étagères. D'autres silhouettes noires apparurent à ce moment. « Potty, Potty. » fit l'un des Magemorts d'une voix de bébé. « Donne-nous donc la prophétie bien gentiment, on a besoin de savoir ce qu'elle dit. »
« Bellatrix Lestrange. » dit Harry d'une voix glaciale. « Je suis content que vous soyez là, j'avais besoin d'offrir un présent à Mercredi. Votre mort lente et les symphonies des cris d'agonie que vous chanterez entreront dans la légende. »
Bellatrix eut une expression ahurie, alors que Mercredi déposait un baiser sur la joue de Harry. «Merci. » dit Mercredi avec gratitude. Elle leva les yeux vers la servante favorite du Seigneur des Ténèbres. « Viens ici. » intima-t-elle, sa voix acquérant soudainement une note de pouvoir.
Les yeux de Bellatrix devinrent noirs et elle se mit à faire quelques pas en direction de Mercredi d'un air machinal.
« Bellatrix ! » s'écria Malefoy.
Bellatrix secoua sa tête et s'arrêta, une expression confuse sur son visage.
« Rogue. » fit Malefoy avec mépris en remarquant sa présence. « Notre Seigneur te fera payer chèrement ta trahison. »
« Votre Seigneur sera mort bien avant cela. » dit Harry, sa voix toujours aussi glaciale. « Rogue est l'un d'entre nous à présent. »
Rogue hocha la tête en signe d'assentiment. Il était un suiveur né, et il l'assumait entièrement à présent. Il préférait de loin suivre le Chef de Clan que les Seigneurs des Ténèbres ou de Lumière.
« Hmm. » fit Harry. « Vous êtes douze, et nous sommes huit. Il ne nous reste plus qu'une chose à faire en pareil cas. »
« Vous rendre. » suggéra Malefoy avec un hochement de tête entendu, sa baguette brandie de façon menaçante.
« Pas le moins du monde. » répondit tranquillement Harry. « Tuez-les tous. »
Surgi de nulle part, Marcus apparut et égorgea de ses crocs le Mangemort le plus proche. Le sang jaillit dans l'air, et éclaboussa Malefoy, qui se pétrifia.
« Un Vampire ! » s'écria l'un des Mangemorts – un Lestrange au soin de la voix s'il ne faisait pas erreur.
« Diffindo ! » s'exclama Bellatrix. Harry esquiva le sort avec la plus grande sérénité et le sort alla s'écraser contre l'étagère qui se trouvait derrière eux. Le sort semblait avoir un endroit sensible de la structure en bois, car la partie supérieure de l'étagère vacilla vers l'arrière avant d'aller s'écraser contre la rangée suivante d'étagères, ce qui créa une réaction en chaîne et toutes les étagères de la pièce se mirent à tomber tels des dominos.
« Courrez. » ordonna Harry. « Retournez tous à la porte. »
Ils coururent tous à toute vitesse, Ginny et Pugsley prenant les devants, et Harry et Mercredi fermant la marche derrière Rogue et Daphné. Dans leur course effrénée vers la sortie Harry et Mercredi ne manquèrent pas de lancer à intervalles réguliers des sorts aussi noirs que ceux que les Mangemorts à leurs trousses leur lançaient.
« Alohomora ! » s'écria Rogue, afin d'assurer l'ouverture de la porte avant qu'ils ne l'atteignent. Ils se précipitèrent tous à travers la porte ouverte, pour retourner à la salle aux horloges.
« Collaportus. » incanta prestement Harry, en scellant ainsi la porte derrière eux. « Ginny, occupe-toi de ton père, Pugsley, aide-là. A la prochaine salle, vous prendrez la seconde porte à votre gauche. Il y a un immense réservoir d'eau dans cette salle. Si un des Mangemorts, parvient jusqu'à vous, détruisez-le et appréciez le spectacle. »
« Entendu, Harry. » acquiesça Puglsey, ses yeux scintillants de noirceur.
« Pugsley. » l'interpella Harry. « Ne perds pas nos objectifs de vue. »
« Je n'oublierai pas, Chef de Clan. » répondit Pugsley d'un ton formel.
« Bien. » dit Harry. Il adressa un regard aux autres. « Vous autres, vous venez avec nous. Nous prendrons la première porte à droite. »
« Faramineuse idée ! » se réjouit Marcus.
« Tu as du sang sur ton menton. » lui fit observer Hermione.
« Désolé. » s'excusa-t-il en essuyant son menton avec sa robe.
Ils arrivèrent à la salle principale aux multiples portes, et se séparèrent en deux groupes selon les instructions que Harry leur avait données.
Rogue suivit Harry et Mercredi, alors qu'ils pénétraient une salle aux proportions bien plus immenses que la précédente, dans laquelle une imposante arche pourvue d'un voile trônait en son centre. De légers murmures semblaient s'élever de derrière le voile de l'arche de façon inexplicable.
« Ignorez les murmures. » décréta Harry. « Ce sont juste les morts. »
« Oh, juste les morts, tout va bien alors. » marmonna Daphné avec sarcasme.
Harry se rapprocha d'eux. « Ils seront bientôt là. Lorsque vous combattrez, battez-vous avec tout ce que vous avez. Il n'est nullement question d'employer des sorts de stupéfaction ou des sorts d'entrave, usez des sorts les plus noirs à votre disposition – sauf contre Bellatrix et Malefoy, ils ne doivent pas être touchés – est ce que c'est clair ? »
« Oui, Chef de clan. » répondit automatiquement Severus.
Un souffle de vent subit signala l'arrivée des Mangemorts, et Harry plongea sur sa droite, effectuant une roulade d'un mouvement gracieux, et lorsqu'il retomba sur ses pieds il lança un vicieux maléfice faisant bouillir le sang de sa victime. En mourant, le masque du Mangemort tomba, révélant aux yeux de tous le visage de Dolohov.
« Vous n'êtes pas supposés le tuer ! » s'écria un autre Mangemort – Nott, lui semblait-il – complètement pris de court par la tournure des évènements.
« Tuez-les tous ! » commanda Harry d'un ton implacable.
Une impressionnante et éblouissante volée de maléfices jaillit de leurs baguettes; un feu nourri qui fut rapidement retourné par les Mangemorts. Rogue poussa Daphné sur le côté, et lança quelques sorts de son propre répertoire aux mages noirs. Il connaissait parfaitement la façon dont se battaient les Mangemorts, pour en avoir été un assez longtemps pour se souvenir de leurs méthodes.
Les deux Mangemorts qui leur faisaient face se concentrèrent sur lui, en ignorant complètement Daphné. Le premier sort qu'elle lança décapita le Mangemort le plus proche, et tandis que le Mangemort prenait un instant pour regarder son collègue tombé, le propre maléfice de Rogue eut soin de le faire rejoindre son partenaire.
Daphné devint blanche comme un linge et baissa le regard vers sa baguette et la main qui la tenait, les yeux écarquillés d'horreur. Son corps se pétrifia, complètement sous le choc de ce qu'elle venait de faire.
Harry apparut alors à ses côtés en un éclair, et saisit le visage de Daphné de sa main, afin de la forcer à le regarder dans les yeux. De façon presque impossible, sa filleule sembla pâlir davantage. Mercredi apparut derrière eux, créant un bouclier d'une main tout en lançant des sorts avec sa baguette de l'autre.
Le rose finit par retourner aux joues de Daphné, et le regard plus résolu, elle hocha fermement la tête en direction de Harry.
Harry se retourna sans un mot, et prit le contrôle du bouclier de Mercredi. Cette dernière se mit à sourire joyeusement et elle se précipita en un éclair vers les Mangemorts devant elle. Elle sauta, tournoyant dans les airs, son couteau apparaissant dans sa main et elle le plongea dans le corps du premier Mangemort qui se trouvait sur sa trajectoire, avant d'effectuer un gracieux salto arrière pour éviter un autre sort et atterrir aux pieds d'un autre mage noir. Elle esquiva un sort à bout portant du Mangemort, et pivota sur elle-même et son pied jaillit vers lui, et d'un geste expert, elle fit tomber le Mangemort. A peine eut-il touché le sol, qu'elle avait enfoncé sont couteau dans son cœur.
Rogue inspecta ses alentours, pour constater qu'ils ne restaient plus que deux Mangemorts en vie.
Bellatrix avait perdu son masque, et semblait presque saine d'esprit dans son expression choquée. Mercredi se précipita vers elle, tandis que Harry lançait un sort vers la jambe de Malefoy. Le sort fit mouche, et Malefoy s'effondra au sol avec un glapissement de douleur.
Bellatrix hurla de rage, tourna vivement sur elle-même et disparut avant que Mercredi ne pût l'atteindre.
« Etablissez un champ anti-transplanage. » instruisit Harry à l'intention de Rogue.
Ce dernier obtempéra sans hésiter. Il s'efforça d'ignorer le joyeux Vampire qui jouait avec sa nourriture dans un coin. Hermione était pâle, mais avait une expression triomphante sur le visage. Il y avait un corps à ses pieds, la tête manquante se trouvant plusieurs mètres plus loin.
Harry se dirigea d'un pas tranquille vers Lucius, qui grognait de douleur. Il baissa les yeux vers le Mangemort pendant un moment, avant de fixer du regard Rogue.
Harry tendit sa main en direction de Mercredi. Cette dernière s'avança jusqu'à lui et scruta le regard de Harry pendant un long moment, l'étudiant avec un soin méticuleux.
Harry croisa son regard d'un air neutre, une expression impavide sur son visage. Presque avec réticence, elle lui présenta un couteau. Rogue remarqua que ce n'était pas celui qu'elle utilisait d'ordinaire; c'était une lame émoussée dont l'apparence n'était pas sans rappeler celles qui se trouvaient dans le donjon des Serpentards.
Harry s'agenouilla, et sans la moindre once d'hésitation visible, il plongea le couteau dans le cœur de Malefoy. Lucius poussa un unique râle, avant que ses yeux ne roulent dans leurs orbites.
« C'est terminé. » dit doucement Harry. « Allons-nous-en d'ici. »
« Bellatrix a réussi à fuir. » rappela Daphné.
« Oui. » dit Harry avec un léger sourire. « Elle a bien réussi à nous échapper, n'est-ce pas ? » Puis son regard balaya la salle du regard avant de se poser sur la jeune sorcière aux cheveux broussailleux. « Hermione ? »
Hermione les rejoignit d'une démarche ferme et assurée malgré son visage pâle.
Harry se leva et l'étreignit, avant de l'embrasser fermement. « Bienvenue dans le clan, mon amie. » proclama-t-il solennellement, avant de la libérer.
Mercredi s'avança ensuite, et elle l'embrassa à son tour. « Bienvenue dans le clan, mon amie. » répéta-t-elle.
Le visage de Hermione s'illumina comme jamais. « Merci. » souffla-t-elle d'une voix pleine de révérence. « Merci. »
« Tu es une Addams désormais. » statua Harry.
« Je suis une Addams. » acquiesça-t-elle avec une fierté manifeste.
« Et le clan s'agrandit une fois de plus. » déclara doucement Marcus. « Bienvenue, Hermione. » Il l'embrassa aussi.
Hermione se borna à lui lancer un sourire radieux.
« Nous aurons une discussion avec toi au sujet de la mort. » l'informa Harry avec douceur.
Hermione opina et alla ouvrir la porte donnant sur la sortie.
« Je m'attendais à ce que Black fasse son apparition. » avoua Severus, tandis qu'ils se dirigeaient vers la salle dans laquelle se trouvaient Pugsley, Ginny et Arthur. Ils laissèrent derrière eux le corps de Lucius, avec la dague toujours fichée dans son cœur.
« Il ne rentrera pas de son séjour en Belgique avant un mois. » révéla Harry d'un air absent.
Rogue manqua trébucher. « Est-ce que Black s'est échappé de prison l'année dernière en même temps que les autres ? »
« Bien sûr que non. » renifla Mercredi. « Cela fait sept ans qu'il est sorti. »
Severus ne put s'empêcher d'éclater de rire, nullement aussi surpris qu'il aurait pu être en droit de l'être face à cette révélation.
Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte qui donnait sur la salle dans laquelle se trouvait Pugsley et Ginny, Harry toqua d'un coup bref, suivit d'une série de coups plus longs. La porte s'ouvrit et Pugsley, Ginny sortirent suivis d'un Arthur Weasley flottant à leur suite.
Derrière eux, le sol était inondé, et ils pouvaient distinguer un corps recouvert d'une étrange substance qui ressemblait de façon saisissante à un cerveau.
« Ne jamais menacer sa famille. » recommanda Pugsley avec un sourire. « Elle l'a frappé avec un vicieux maléfice de chauve-furie et a attendu qu'il s'écrase contre le verre et le brise. »
Ginny esquissa un sourire innocent. « Rien n'est plus important que la famille. »
Mecredi s'approcha d'elle et l'enlaça légèrement. « Bon travail. » la félicita-t-elle.
Le sourire de Ginny se fit plus large.
« Marcus, retourne Arthur à Poudlard. Nous arriverons sous peu. »
« Entendu. » déclara Marcus en leur adressant un salut très peu protocolaire.
« Oh, et Marcus. » le rappela Harry.
Le Vampire se retourna à moitié vers lui.
« Bon travail. »
Le sourire de Marcus se fit aussi large que celui de Ginny, révélant ses crocs encore couverts de sang, et il disparut en compagnie d'un Arthur Weasley toujours dans un état léthargique.
« Allons-y, nous aussi. » instruisit Harry.
Le vol de retour brilla singulièrement par son manque d'évènements remarquables. La facilité avec laquelle ils avaient quitté le Ministère de la Magie était pour le moins déconcertante en elle-même.
Lorsqu'ils arrivèrent à Poudlard, ils se dirigèrent sur le champ vers l'infirmerie. Marcus avait pris ses aises dans un lit, ignorant les regards noirs de Minerva avec une sérénité frôlant l'admiration. Albus et Molly étaient assis de part et d'autre du lit sur lequel reposait Arthur, qui avait regagné quelque couleur sur ses joues mais qui demeurait inconscient.
Molly leva les yeux lorsqu'ils entrèrent, et bondit sur ses pieds en les apercevant. Elle contourna le lit et s'approcha d'eux d'un pas vif. Ses mains semblaient lui démanger lorsqu'elle parvint à leur niveau, mais elle parvint à se maîtriser avant de saisir Harry dans une étreinte malvenue. Elle regarda désespérément autour d'elle et s'empara du premier enfant à sa portée – qui se trouvait être Pugsley. Elle le prit dans une étreinte à rompre les os, tout en regardant Harry dans les yeux. « Merci. » murmura-t-elle. « Merci d'avoir sauvé mon mari. »
Harry inclina sa tête avec grâce.
Molly relâcha Pugsley, qui avait un regard amusé. « Merci. » lui souffla-t-elle, avant de se tourner vers Ginny qui fut commise d'office pour être la seconde victime de son étreinte.
Ginny dut bien vite se débattre légèrement contre l'impressionnante étreinte de sa mère afin de regagner son droit le plus élémentaire de respirer.
« Est-ce que tu vas bien ? » lui demanda Molly d'une voix anxieuse.
Ginny hocha la tête avant de prendre plusieurs inspirations, puis elle lança un sourire qui se voulait rassurant à sa mère. « Parfaitement bien. »
« Tu es toute grandie. » constata Molly avec tristesse.
« Pas tout à fait, maman. » répondit Ginny. « Il me reste encore quelques années. »
Molly sourit et la relâcha. Elle retourna ensuite en leur compagnie au chevet d'Arthur qui commençait à se réveiller.
« Hors de mon chemin. » ordonna Poppy d'une voix sévère en entrant en trombe dans la pièce. Elle scanna Arthur à l'aide de sa baguette magique avant de présenter une fiole de potion à ses lèvres.
Arthur la but faiblement, avant de se redresser sur son séant. La couleur retourna à son visage, et il parut visiblement aller un peu mieux.
« Ce n'était pas une hallucination alors; ma fille et ses amis m'ont vraiment sauvé d'un serpent géant au Ministère. » dit-il en balayant du regard toutes les personnes qui se trouvaient à son chevet.
« Que faisiez-vous donc là-bas ? » interrogea Harry.
« Albus m'a demandé de vérifier une prophétie. »
« Tout seul ? » demanda Mercredi d'une voix polaire.
Arthur hocha la tête avec hésitation au ton de Mercredi.
« Aucun ami des Addams ne se retrouve jamais seul. » gronda Pugsley, en adressant un regard dangereux au Directeur.
« Vous saviez que les Mangemorts en avaient après la prophétie. » déduisit Harry d'une voix paisible. « Nous n'admettons pas cela. »
« Excusez-moi. » intervint une Molly perdue. « Mais de quelle prophétie parlez-vous donc ? »
Harry mit sa main à la poche . « Celle-ci. » dit-il, en retirant une petite sphère en verre et en l'exhibant aux yeux de tous.
« Harry. » voulut intervenir Albus avec alarme.
Harry l'ignora et la fit tomber au sol où elle se brisa. La voix éraillée de Sybil Trelawney se mit alors à résonner dans toute la pièce.
« Celui qui a le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres approche…il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois…et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal, mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore…et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit…Celui qui détient le pouvoir de vaincre le Seigneur des Ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois… »
« C'est tout ? » demanda Pugsley avec déception. « Harry doit tuer Voldemort ? Mais nous le savions déjà, ça. Cette soirée aura été un vrai gâchis. »
Albus lui lança une expression stupéfaite.
« Ce n'était pas un gâchis total, Pugs, au moins nous avons pu tuer quelques Mangemorts. » souffla Mercredi.
« Je suis heureux que M. Weasley aille bien. » déclara Harry à Molly. « Restez ici ce soir, et vous pourrez parler à Ginny demain matin. Il nous faut discuter de ce qui s'est passé aujourd'hui avant d'aller nous coucher. »
« Quant à moi, je vais dormir au donjon aussi. » déclara Marcus. « A moins que Minnie n'ait une meilleure idée ? »
'Minnie' semblait en effet avoir une bien meilleure idée, une idée qui impliquait Marcus et un pieu en bois à travers son cœur.
« Bonne nuit. » répondit Harry, tandis qu'ils prenaient congé d'eux
« Daphné. » déclara soudainement Harry sur le chemin les menant au donjon. « Tu as bien agi. »
« Merci. » répondit celle-ci, avec un sourire éclatant. « Et merci, pour ce que tu as fait. »
Il reçut l'expression de sa reconnaissance avec un hochement de tête serein.
« Viens avec moi. » déclara Severus à l'intention de Daphné, lorsqu'ils arrivèrent au donjon et qu'il fut temps pour le groupe de se séparer.
« Severus ? »
Rogue se tourna vers Marcus.
Le vampire lui asséna brusquement un coup de poing au nez, un coup si violent qu'il put sentir son cartilage se briser. Marcus tendit alors sa main vers son nez et entreprit de tordre vicieusement, jusqu'à ce qu'il puisse sentir l'os craquer de nouveau. « Je t'en prie, ne me remercie pas. » déclara le Vampire de son ton guilleret, en disparaissant après avoir lancé un sort à son nez qui élimina la douleur.
Severus tituba jusqu'à ses quartiers, suivi par une Daphné qui avait du mal à contenir son sourire hilare, et il s'effondra sur son fauteuil. Pour l'heure, il résolut d'ignorer le coup de poing, jusqu'au moment où il pourrait coincer Marcus, et extraire des mots d'excuse de sa personne, à l'aide d'une paire de cisailles et de quelques potions intensifiant significativement la douleur.
Il remplit deux verres de whisky pur feu, et se focalisa sur quelque chose de bien plus important que sa vengeance prochaine. « Comment te sens-tu ? »
« Etant donné le fait que j'ai tué quelqu'un il y a moins d'une heure ? » compléta Daphné d'elle-même. « Parfaitement bien. »
« Vraiment ? »
Elle se recroquevilla dans son fauteuil et but une lampée de son whisky. Elle toussota en avalant le puissant alcool, mais elle se résolut tout de même à prendre une autre gorgée.
« Harry a fait cette même chose de l'esprit que tu sais faire. »
« La Légilimancie ? »
« Oui, c'est ça. Il s'est rendu directement dans mon esprit, et m'a parlé. Il m'a fait valoir que c'était eux ou moi, et que j'avais tout intérêt à ce que ce soit eux. J'ai comme l'impression qu'on a discuté pendant des heures. » Elle leva les yeux vers lui et poussa un soupir. « Je vais devoir parler à Mercredi à présent. Je n'ai fait que repousser cette discussion à plus tard, jusqu'à présent. »
« Sois honnête. » lui conseilla-t-il.
Elle opina du chef et termina son verre. « A présent que te voilà satisfait de constater ma bonne santé mentale, puis-je aller au lit ? »
« Ouste. » ordonna-t-il en pointant du doigt sa porte.
Elle esquissa un large sourire facétieux et alla l'enlacer affectueusement. « Merci. » dit-elle avant de se lever et de sortir. Elle marqua une pause sur le seuil de la porte. « Ton nez est beaucoup mieux à présent. » ajouta-t-elle avec effronterie.
Severus se dirigea vers le miroir et s'inspecta. Il cligna des yeux à plusieurs reprises devant le reflet que lui renvoyait le miroir. Son nez était devenu complètement normal. Le nez crochu qu'il avait dû endurer tout au long de sa vie avait complètement disparu.
Lorsqu'il fut couché dans son lit cette nuit-là, Severus avait songé à la dernière chose qui s'était produite durant cette mémorable soirée. Il avait tenté de déterminer la raison pour laquelle Harry avait tué Lucius.
La réponse lui était venue juste avant de s'endormir.
Harry l'avait fait pour lui – afin qu'il pût avoir une chance avec Narcissa.
Il avait grogné en réalisant que c'était aussi la raison de la violente reconstruction nasale que Marcus lui avait fait subir. Il n'allait certainement pas le remercier, il se contenterait seulement de planifier une vengeance un peu plus légère que prévue.
Après tout, il avait une réputation à maintenir.
NdA : Bonne année ! Bonne santé ! Tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. Puisse-t-elle être source de bonheur et de réussite pour vous tous !
Ceci dit, j'espère que le chapitre vous aura plu. Toutes mes excuses si vous trouvez que le chapitre n'est pas d'une qualité égale aux précédents au niveau du style d'écriture. Mais bon ca fait cinq mois que je ne suis pas content de ce chapitre peu importe le sens dans lequel je le tourne, à un moment donné il a bien fallu que je m'avoue vaincu, mais je vous promets un magnifique chapitre de la mort qui tue pour le prochain. Je suis certain que ce sera aux yeux de tous un des meilleurs chapitres de l'histoire et je suis très impatient à l'idée de me pencher dessus. D'ailleurs une fois le prochain chapitre de Spolié terminé je retournerai à cette histoire pour vous faire partager ce fameux chapitre le plus vite possible.
Bref, prochaine parution : Spolié chapitre 6 intitulés À feu et à sang !
A bientôt et encore bonne année à tous !
Ysfrael.
